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22 juin 2012 5 22 /06 /juin /2012 07:00

Les guerres secrètes du Mossad

Yvonnick Denoël

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Ecrire sur l'un des plus mystérieux des grands services sercrets est une véritable gageure et c'est pourtant le défi que Yvonnick Denoël, spécialiste des conflits non officiels, de la « guerre couverte » pour reprendre une expression employée au XVIIe siècle, a choisi de relever. Le cinquième ouvrage qu’il consacre à ce sujet passionnant, Les guerres secrètes du MOSSAD, analyse les événements survenus au Moyen-Orient depuis les années 70. Les divers Etats de la région n’ayant pas trouvé de solution de coexistence durable, les services secrets sont au cœur d’un « grand jeu » régional, où les affrontements cachés sont permanents. Toutefois, l’auteur ne se contente pas de retracer les actions du Mossad. Une courte introduction décrit clairement les structures de ce dernier, ainsi que ses différences avec ses homologues de même nationalité, le Shin Bet et l’Aman (spécialisé dans le renseignement militaire). Les chapitres, qui suivent un ordre chronologique, traitent ensuite chacun d’un problème majeur, souvent sur une décennie. Ils permettent de retracer avec clarté l’histoire des luttes clandestines d’Israël, de la fin des années 60 à nos jours.

Le grand mérite de cet ouvrage réside dans sa capacité à dépasser l’événementiel pour décrire, à travers une suite de récits, l’évolution géopolitique de la région, en y intégrant les mutations dues aux avancées technologiques, qui ouvrent actuellement sur la cyberguerre. Tout commence avec le détournement des avions d’El Al en 1968 et le massacre des athlètes israéliens à Munich en 1972. Au fil des pages, on évolue à travers les circuits de fourniture d’armes et de matériel. On aborde les luttes avec le Hezbollah et le Hamas, on comprend les difficultés et les limites du sabotage des « flottilles de Gaza ». Missions, assassinats, stratégies financières, écoutes et autres « coups tordus » sont évoqués à travers les actions des agents en Europe, en Amérique du Sud ou en Afrique.

L’auteur nous fait également pénétrer dans les coulisses du Mossad à travers quelques figures d’ « honorables correspondants », les sayanim, très souvent authentiques hommes d’affaires, parfois extrêmement médiatiques, comme le producteur de Pretty woman. Surtout, en arrière-plan, demeure constamment présente la question de l’arme nucléaire. Tour à tour, l’auteur décrit la coopération avec la France, la maîtrise de la technologie de l’atome, qui donne un avantage fondamental à Tel-Aviv, et les efforts pour empêcher les adversaires d’Israël d’acquérir ce niveau, ou tout au moins pour les retarder dans leur quête.

Au final, l’ouvrage se révèle aussi intéressant que bien documenté. Une parfaite maîtrise de l’écriture et le parti pris de présenter une succession de chapitres à la fois thématiques et chronologiques permettent à M. Denoël de réussir la gageure d’offrir un ouvrage spécialisé qui se lit comme un roman.

Jean-François Brun


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21 mai 2012 1 21 /05 /mai /2012 07:00

Reginald Teague-Jones

Au service secret de l'empire britannique

Taline Ter Minassian

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On dirait un roman d'espionnage, quelque part entre Agatha Christie et James Bond, mais c'est bien d'une solide et authentique biographie qu'il s'agit. Dans son avant-propos, l'auteur, enseignante à l'INALCO où elle a en charge l'histoire de la Russie et du Caucase, explique comment elle a découvert ce personnage étonnant à l'occasion de recherches sur d'autres sujets, puis s'est passionnée pour cette vie littéralement "extra"-ordinaire ; quelles ont été ensuite ses difficultés pour retrouver dans les archives (India Office Records, British Library et Imperial War Museum à Londres, archives nationales britanniques à Kew et même SHD-Terre à Vincennes) les traces éparses d'une carrière aussi longue que mystérieuse. Car, de mystères, il n'en manque pas, à commencer par le plus important : la "fausse mort" et la "réapparition" sous le nom de Reginald Sinclair en 1922, après quatre années très denses vécues dans tout le Caucase, de la mer Noire à la Caspienne, par "l'espion qui avait disparu".

Taline Ter Minassian distingue donc deux grandes parties dans la vie de son héros.

De 1910 à 1922, son activité se développe dans le vaste espace qui, du Penjab à Bakou, constitue le "jardin" de l'empire des Indes et voit s'affronter les ambitions britanniques et russes (le "Grand jeu"), puis allemandes (on croise en particulier le célèbre Wassmuss), mais aussi ottomanes puis kémalistes. Dans ce contexte déjà trouble, Tatars, Géorgiens, Arméniens parmi d'autres cherchent à obtenir la reconnaissance d'un indépendance aussi récente que fragile et les représentants de Londres s'efforcent de contenir la progression bolchevique. Entre les généraux Dunster et Malleson, les divers gouvernements transcaspiens et des autorités locales parfois pour le moins pittoresques, Teague-Jones défend au mieux une influence britannique aux forts relents de pétrole.

Après l'épisode de l'exécution des "26 commissaires de Bakou", abondamment utilisé par la propagande soviétique naissante, et pour protéger sa vie comme celle de sa famille, Reginald Teague-Jones disparaît ... pour devenir Ronald Sainclair. Sous ce nouveau nom, il poursuit ses activités dans toute la zone d'intérêt de la vice-royauté de Delhi, en Syrie, en Iran, en Afghanistan et jusqu'au Thibet en 1935. Il est alors officiellement employé par des sociétés commerciales britanniques privées, mais derrière cette couverture n'en continue pas moins ses activités de renseignement et d'influence. Il réapparaît en 1941, à New York, au poste très officiel de consul britannique dans la mégapole multinationale. Il lui revient alors de participer à l'organisation, dans le cadre de la guerre mondiale, des rapports entre Londres et Washington dans le domaine de la guerre secrète. Au sein du British Security Coordination, il a en particulier en charge "les questions indiennes, juives et communistes", entre le MI6 et le SOE. Il reste une quinzaine d'années aux Etats-Unis après la guerre, officiellement en retraite mais s'intéressant toujours aux questions afghano-pakistanaises et à l'Asie centrale, avant de prendre sa retraite définitive en Angleterre où il décède, presque centenaire, en 1988.

De l'Inde en Turquie, d'Afghanistan en Transcapie, du "Grand jeu" anglo-russe à l'opposition entre l'URSS et les Occidentaux, "l'espion qui avait disparu" méritait bien cette somptueuse biographie. S'il faut absolument exprimer une critique, regrettons l'absence de cartes détaillées des régions traversées par Reginald Teague-Jones, car tous les lecteurs ne sont pas des habitués des noms de lieux et de vallées dans ces territoires. Mais il s'agit bien d'un livre remarquable, tout aussi indispensable à ceux qui s'intéressent aux questions de renseignement qu'aux curieux de géopolitique régionale et à tous ceux pour lesquels les ressorts des évènements les plus actuels trouvent leur origine dans des réalités plus anciennes.

 

Nous avons demandé à Taline Ter Minassian de bien vouloir nous préciser certaines étapes parmi les moins connues de la vie de ce personnage extraordinaire.

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Question : A partir de votre connaissance des archives de l'India Office Records, comment définiriez-vous le rôle réel de l'Indian Political Service aux marches de l'empire des Indes et la place de Teague-Jones dans cette organisation ?

Réponse : L'Indian Political Service était une caste de hauts fonctionnaires au sein de l'administration civile de l'Inde britannique (Indian Civil Service), dont Reginald Teague-Jones a vrai dire ne faisait pas partie, même s'il a fréquemment cotoyé certains de ses représentants comme Vivian Gabriel en particulier. Vous faites sans doute allusionn à l'Indian Political Intelligence (I.P.I.), le service de renseignement de l'Inde britannique, placé sous la double tutelle de l'India Office de Londres et du Government of India à Delhi (Delhi Intelligence Bureau). Ce service constitue une branche particulière au sein du système de renseignement britannique, au même titre que le MI5 auquel il sera finalement rattaché après la décolonisation de l'Inde. Sa vocation est plus particulièrement coloniale, puisqu'il est entièrement dévoué à la sécurité extérieure de l'Inde britannique. Les archives de l'I.P.I. sont actuellement les seules archives d'un service de renseignement britannique largement ouvertes à la consultation : on peut donc d'autant mieux appréhender le champ très diversifié des préoccupations de ses agents. Il s'agit de la surveillance des mouvements nationalistes en Inde mais aussi à l'extérieur, en particulier aux Etats-Unis, d'infiltration des agents russes en Inde ou de la propagande communiste en Afghanistan, en Azerbaïdjan et en Inde. Et pour répondre plus précisément à votre question, effectivement, l'I.P.I. se préoccupe de la situation en Afghanistan, en Perse, au Turkestan, régions où Reginald Teague-Jones va être amené à effectuer ses missions opérationnelles. J'aurais voulu pouvoir le resituer précisément dans l'organigramme de l'I.P.I., mais malheureusement ce n'est pas possible. Il n'existe pas dans ces archives quelque chose qui ressemblerait à un organigramme ou à des états de service, sauf pour Philip Vickery, son directeur jusqu'en 1947, avec lequel Reginald Teague-Jones conservera des relations jusqu'à la fin de sa vie.

Question : Pourriez-vous, en quelques mots, tenter une comparaison entre Teague-Jones le Britannique et Wassmuss l'Allemand, en tant qu'agents de leurs gouvernements mais aussi en tant qu'hommes ?

Réponse : En théorie, tout oppose ces deux agents, y compris leurs tempéraments contrastés : Wassmuss est un aventurier fantasque et exalté, Reginald Teague-Jones (qui peut parfois se laisser aller à l'exaltation) est plutôt pondéré et doté d'un authentique sens de l'humour britannique. Wassmuss est considéré comme un pionnier : ses méthodes de "subversion" parmi les tribus du sud de la Perse pendant la Première Guerre mondiale font de lui le premier agent opérationnel dans des affaires de rébellion dans l'histoire des services secrets modernes. Et il est clair que, chargé de poursuivre Wassmuss, Teague-Jones s'inspire de ses méthodes, à commencer par le déguisement. Wassmuss adopte le costume persan, travestit son accent. De même, Reginald Teague-Jones se déguise en marchand arménien pour passer de la Perse au Turkménistan, où il est assigné pour une mission solitaire en 1918. A propos de Wassmuss, les Britanniques l'appelaient le "Lawrence allemand". Mais Teague-Jones, lui, ne ressemble pas du tout à Lawrence : la situation qu'il trouve au Turkménistan ne laisse aucune place à un sentiment quelconque d'exaltation. Il essaie de remplir sa mission de la façon la plus loyale qui soit à l'égard de son gouvernement, mais il est confronté en Transcaspie à une réalité qui oscille en permanence entre le vaudeville et la tragédie.

Question : En mission informelle à Constantinople aux côtés du général Wrangel à la fin de l'année 1920, il semble avoir été particulièrement impressionné par le commandant de l'armée blanche. Sait-on exactement comment il le jugeait personnellement et comment il appréciait alors l'avenir éventuel des troupes contre-révolutionnaires ?

Réponse : En effet, on retrouve Reginald Teague-Jones à Constantinople en 1920, après tout un périple caucasien qui est raconté dans le livre. Il y travaille en principe pour le Comité britannique chargé des réfugiés et rencontre de nombreux Russes blancs, dont la baronne Wrangel. Naturellement, cette fonction au sein du British Refugee Relief Committee n'est qu'une couverture et sa mission comporte aussi un volet politique. Teague-Jones était chargé d'assurer la liaison avec le général Denikine, dont les armées semblaient en juillet 1919 sur le point de marcher sur Moscou. Durant cette période, qui laisse présager une victoire anti-bolchevique en Russie, Londres décide donc d'envoyer Teague-Jones à Constantinople pour assurer cette mission de liaison. Mais, à peine arrive-t-il sur place qu'il apprend la retraite de Denikine et des Blancs vers le sud, en direction de la mer Noire. S'agissant du gouvernement Wrangel, on sait que les Britanniques, contrairement aux Français, se gardèrent d'une reconnaissance officielle sans lendemain. D'ailleurs, les Anglais annoncent en avril 1920 qu'ils cessent tout soutien aux forces armées anti-bolcheviques. Je pense que si Reginald Teague-Jones a certainement compris les considérations pragmatiques qui dictaient cette politique, cela le désespérait à titre personnel. Car il semble tout-à-fait fasciné par le général Wrangel : autour de lui, beaucoup considéraient que si Wrangel avait eu depuis le début de l'offensive le commandement en chef, les Blancs auraient pu effectivement ouvrir une brèche vers Moscou. Sa rencontre avec Wrangel au large de la Crimée en octobre 1920 s'inscrit dans un contexte tragique dont Teague-Jones est pleinement conscient. Mais il nourrit, à titre personnel, une admiration profonde pour le général Wrangel, qui lui prédit pourtant sa défaite annoncée. De cette renconte historique avec Wrangel, Reginald Teague-Jones a voulu conserver un souvenir : il tire le magnifique portrait du général publié dans le livre.

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Question : Justement. Vous décrivez longuement les photos prises et les films tournés au cours de ses déplacements par Teague-Jones, devenu Ronald Sinclair durant l'entre-deux-guerres, d'Iran en Egypte et du Thibet en Thaïlande. Comment expliquez-vous une aussi abondante production de la part d'un homme aux missions mystérieuses et aux visages multiples ?

Réponse : La production iconographique de Reginald Teague-Jones tient à ses inclinaisons naturelles. Il ne s'agit pas d'une nécessité liée à ses activités dans les services secrets. Teague-Jones est d'abord un excellent dessinateur amateur. Il dessine en voyage de nombreux croquis, dessins, aquarelles, à la manière des voyageurs du XIXe siècle. Et il peindra jusqu'à la fin de sa vie. Il est ensuite un remarquable photographe : les quelques photographies publiées dans le livre permettent de se faire une idée de son talent de portraitiste et d'ethnographe. Les films, enfin, sont le complément et le prolongement animé de ces scènes de l'Orient colonial qui le fascinent et dont il pressent peut-être la disparition prochaine. Sa pratique de la caméra fixe est assez fascinante : elle restitue des scènes de rues, à Jérusalem ou au Caire durant les années 30, des paysages des campagnes égyptiennes à cette époque. A la manière d'Albert Khan, il y a là une ambition d'inventaire et un regard sur le monde colonial qui est extrêmement précieux pour les historiens.

Question : Enfin, après avoir longuement travaillé avec les services américains à partir de 1941, sait-on ce que Teague-Jones pensait de la place prise par les Etats-Unis en Asie et comment il appréciait leur rôle dans les affaires afghano-pakistanaises en particulier ?

Réponse : Aux Etats-Unis, Reginald Teague-Jones travaille au sein du British Security Coordination, basé à New York. Il sera assigné à diverses missions dans le cadre de ce poste, l'une d'entre elles consistant à enquêter sur l'action de l'India League of America, dont les Britanniques voyaient bien qu'elle agissait comme un puissant groupe de pression en faveur de l'indépendance de l'Inde. Teague-Jones ne pouvait qu'être exaspéré à titre personnel par la propagande anti-coloniale américaine et il perçoit parfaitement ses enjeux économiques et politiques. S'agissant de la politique américaine après 1947, on ne sait malheureusement pas grand chose du jugement qu'il portait. Retraité au début des années 1950, il reste aux Etats-Unis jusque dans les années 1960. Je me suis longtemps demandée s'il n'avait pas continué à collaborer d'une manière ou d'une autre avec les services américains, que les Britanniques durent former, au début tout au moins. Reginald Teague-Jones a continué jusqu'à la fin de sa vie à suivre assidument l'actualité de l'AfPak, mais durant les années 1970 il est, à juste titre, plutôt préoccupé par la menace que faisait peser l'Union soviétique sur la région.

En vous remerciant pour toutes ces explications, nous vous souhaitons très sincèrement plein succès pour ce livre.

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 19:32

Les services de renseignement des puissances européennes

(France, Allemagne, Grande-Bretagne, Italie)

International Intelligence History Association (IIHA)

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La conférence annuelle 2012 de l'IIHA se tiendra à Paris (Ecole militaire) du 1er au 3 juin 2012. Il est encore possible d'accueillir de jeunes chercheurs. Si vous souhaitez proposer une communication, contacter avant le 5 avril (délais extrêmement courts) le directeur exécutif de l'IIHA : roschinski@gmx.info

Le programme définitif sera arrêté fin avril. Les communications seront ensuite publiées sous la forme d'un article dans la revue de l'association, le Journal of Intelligence History

Urgence signalée.

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7 février 2012 2 07 /02 /février /2012 10:15

24, le chemin des solitudes

Merri

(préfacé par Alain Juillet)

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Sous un nom d'emprunt, l'auteur, à la fois acteur et témoin de la guerre de l'ombre, nous plonge au coeur des opérations spéciales et clandestines, avec une originalité percutante, en attribuant aux principaux protagonistes de ce récit dit de fiction ( ... ) des numéros plutôt que des noms. Au-delà des actions fulgurantes, au-delà des actions tragiques et cruelles, l'auteur donne un relief éminemment sociologique et psychologique à son livre, pour peindre l'état mental, spirituel même, de ces hommes de l'ombre qui, mus par une force intérieure si particulière, guidés par des convictions de loyalisme et d'attachement à la notion de servir, perdent en retour bien des espoirs et sont même gagnés par l'amertume, tant ils ont tout donné sans guère recevoir en retour. En tout cas, rarement la sérénité. Hantés par les souvenirs cruels, un certain détachement devant la nature humaine, ils se confortent dans l'esprit du clan, convaincus que seules l'action et l'amitié entre frères d'armes demeurent les ciments inaltérables de leur existence.

Un livre qui parlera immanquablement à tous ceux qui font partie d'une manière ou d'une autre de cette communauté, animée par l'humilité, la discrétion la plus totale, mais aussi torturée par une certaine solitude et vouée à la raison d'Etat. Une communauté dont les membres aspirent, légitimement, à pouvoir aussi extérioriser -et exorciser- toutes ces missions où la mort était au rendez-vous, tous ces traumatismes enfuis qui sporadiquement remontent et influent sur leur parcours de vie. A ce titre, l'auteur rend un bel hommage aux femmes, de la mère à l'épouse, "piliers" qui aident à amortir les fardeaux des hommes qu'elles accompagnent, d'une certaine manière, tout au long de la vie ... pour les plus solides et les plus fiables d'entre elles en tout cas. Une immersion parfaitement maîtrisée et un récit bien plus profond qu'il ne pourrait paraître.

P. Le Pautremat

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile