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16 mai 2013 4 16 /05 /mai /2013 07:00

L'espion aux pieds palmés

Bob Maloubier

  Maloubier936.jpg

C'est avec un ton très politiquement incorrect et un tas d'histoires cocasses à raconter que Robert « Bob » Maloubier  nous livre son autobiographie, l'histoire d'une vie bien remplie, à l'occasion de ses 90 ans cette année. Fondateur des mythiques nageurs de combat, espion renommé au sein de « la Piscine » ou encore pur aventurier à ses heures, ce fier « soldat des ombres » a participé de manière active à la re-création d'un outil de renseignement extérieur français dans l'immédiat après Seconde guerre mondiale. Il a exercé ses talents dans nombre de régions "exotiques", de l'Indochine au Nigéria ou à la Côte d'Ivoire. Cet ouvrage paru en mars 2013 aux éditions du Rocher trouve parfaitement sa place dans leur collection « Action » consacrée aux fictions mais aussi aux témoignages en rapport avec le monde de l'espionnage.

Le récit débute dans l'après-Seconde guerre mondiale avec les débuts du S.D.E.C.E. Le Service Action, qui n'existe que depuis 1940, est  rebâti sous l'impulsion de deux hommes, Didier Faure-Beaulieu dit « Morlane » et le colonel Fourcaud, tous deux anciens du B.C.R.A. de la France Libre. Bob Maloubier, ancien résistant et agent du S.O.E., est recruté par Morlane dès la fin de la guerre. Il est tout d'abord chargé de former les nouvelles recrues destinées à constituer le célèbre 11e bataillon de Choc, dont les débuts nous sont contés à travers des anecdotes parfois inattendues et souvent divertissantes, bien loin de la légende guerrière dont s'est emparée la conscience collective. Vient sa grande œuvre, la création des unités de nageurs de combat, inspirés des « frogmen » britanniques que l'auteur a eu le privilège de fréquenter dès leur fondation. L'école des nageurs de combat est fondée à Arzew en Algérie dans des conditions matérielles plus que sommaires, même si cela n'empêche en rien l'excellence de la formation qui y est dispensée et dont les recrues forment d'emblée une unité d'élite de l'armée française. On lui ordonne ensuite de prendre en charge la création d'une section chargée des missions d'assassinats, vite surnommée « Murder Incorporated » ; dont les agissements seront dissimulés par l'intermédiaire de la tristement célèbre organisation de la Main Rouge durant la guerre d'Algérie et dont le grand représentant reste le bandit Jo Attia. Les erreurs de ce dernier lors d'une mission contraignent Maloubier à prendre une retraite forcée au Gabon, où il travaille comme forestier puis comme homme-à-tout-faire dans une compagnie pétrolière durant quelques temps au tournant des années 60.

Il est ensuite rappelé par Jacques Foccart, l'éminence grise du Général de Gaulle en charge de l'Afrique, qui le place comme conseiller auprès du président congolais Léon M'Ba, dont il forme la garde personnelle. L'Afrique est désormais son théâtre d'opérations et l'auteur parcourt le continent en côtoyant les personnalités les plus importantes comme au Libéria et au Nigéria durant la guerre du Biafra pour protéger les intérêts de la compagnie pétrolière Elf. Il part enfin pour le Moyen-Orient où il poursuit sa carrière de "pétrolier" au Liban, en Iran ou encore aux Émirats Arabes Unis et au Koweït dans les années 80. Il termine son livre en donnant sa version des évènements du Rainbow Warrior et affirme offrir un point de vue unique du fait de sa participation directe à l'opération.

Qu'on ne prenne pas cet ouvrage pour ce qu'il n'est pas, c'est à dire un ouvrage historique sur le renseignement extérieur français. Il n'est question ici que de la vie d'un des espions français les plus connus, dans ses actions, ses anecdotes voire ses frasques, et de sa vision des services secrets français. On regrette aussi un style parfois confus (les noms et les endroits s'enchaînant de manière soutenue), ainsi qu'une sorte de frustration causée par notre impuissance à départager le vrai du faux dans les "barbouseries" et autres "affaires grises" présentées par cet Espion aux pieds palmés. Néanmoins il apporte un témoignage intéressant qui permet au lecteur, voire au chercheur, d'apprécier l'ambiance d'une période et d'un univers particulier entourés de mythes et de fantasmes. La lecture de cet ouvrage nous laisse un sentiment agréable, comme la vision d'un ancien James Bond, plein de glamour et d'idées reçues nuancées par des histoires dont le détail, et parfois le ridicule, nous présente un monde de l'espionnage moins enchanteur que ne le laisse penser son aura de mystère. On y voit aussi l'action d'un homme qui a donné beaucoup pour son pays, laissant le lecteur (parfois dubitatif : quelle est la part des souvenirs "embellis" ?) admiratif de « l'original » personnage qu'est indiscutablement Bob Maloubier.

Thierry Barroca

Editions de Rocher, Monaco, 2013, 375 pages. 21,90 euros.

ISBN : 978-2-268-07512-9.

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15 avril 2013 1 15 /04 /avril /2013 07:00

Opérations spéciales

20 ans de guerres secrètes

Colonel Sassi

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Comment devient-on un héros de guerre ? Telle pourrait être le fil rouge de cet ouvrage, qui date de quelques années mais mérite d'être mieux connu. C’est au cours d’une enquête sur les Hmongs que le journaliste au Figaro magazine  Jean Louis Tremblais a été amené à faire la connaissance du colonel Jean Sassi. Séduits par la richesse de ces échanges, le journaliste et l’ancien militaire ont décidé de publier le présent recueil, fait de guerres secrètes, d’exploits anonymes et d’une solide dose de courage. On suit ainsi l’histoire haletante du colonel Jean Sassi, commandeur de la légion d’honneur et décoré de 13 titres de guerre donc 5 étrangers. Il est devenu, par son volontarisme, son patriotisme et sa soif d’action, un véritable spécialiste de la guerre contre-insurrectionnelle. Fidèle jusqu’alors au principe du secret des Jedburghs, le colonel Sassi livre ainsi un témoignage précieux dans le but de « donner ma vérité, celle d’un soldat qui à fait son devoir pour la patrie, sans gloire mais dans l’honneur ».

Le jeune  Jean Sassi est versé lors de son service militaire au sein des Transmissions. Il assiste à « l’étrange défaite » de juin 1940 et rejoint très tôt la France Libre en Algérie. C’est là qu’il va rejoindre le BCRA, puis les équipes Jedburghs en Angleterre. Lors de son incorporation, le discours de son recruteur va le marquer particulièrement : « Ceux qui survivront n’auront aucun droit particulier, ni prime, ni décoration, ni avancement ni gloire. Quant à ceux qui seront tués, ils le seront dans l’anonymat, la solitude. Ils connaîtront la mort lente, infâmante, dans la douleur, la torture, l’épouvante, et jamais ne saura ni où ni quand ni comment. Ils crèveront come des chiens ! ». Solide entrée en matière ! D’autant que pour beaucoup ce discours sera prémonitoire. Il devient parachutiste et est chargé de structurer les maquis résistants du Sud de la France. Il se porte ensuite volontaire pour l’Extrême-Orient, où Anglais et Français luttent contre les Japonais. Il est ainsi formé  au combat dans la jungle au sein de la force 136, avec laquelle il poursuit les opérations bien après le 8 mai 1945. En 1946, il reste dans l’armée d’active et doit lutter contre une administration qui souhaite le voir rejoindre son corps d’origine, les Transmissions. Grâce à ses connaissances, son insistance et ses états de services, il devient néanmoins instructeur au sein du 11ème choc, l’antichambre du Service Action. Pas encore repu d’action, il rejoint les maquis autochtones, les fameux GCMA, en Indochine et prend le commandement du Groupement Commando n° 200. Il forme les combattants Hmong aux tactiques insurrectionnelles et contre-insurrectionnelles. Il poursuit là encore le combat contre le Vietminh jusqu’en janvier 1955, en dépit de la politique de Mendès-France. Pendant la guerre d’Algérie il est transmetteur dans un régiment parachutiste. A bout de force, usé par des années de campagne, son corps refreinera son envie d’action et sa volonté d’aider les réseaux Algérie Française. Il quitte l’armée le 1er janvier 1971 après 33 années de service.

Ce livre apporte déjà des informations complémentaires sur ce que furent les Jedburgh, leur rôle et leurs missions. Mais on voit également se transmettre ou s’oublier des savoirs insurrectionnels et contre-insurrectionnels, dont l’origine et le cœur sont, avec ces équipes de commandos-parachutistes, anglo-saxons. On peut suivre plusieurs expériences personnelles, comme celle qui voit deux Jedburg s’opposer en Indochine : l’un avec les Hmongs, Sassi lui-même, et l’autre, son homologue américain, chez le Vietminh ! On apprend aussi que le 11ème choc a influencé les débuts des célèbres bérets verts américains, etc. C’est la force principale de cet ouvrage, d’une part de faire (re)émerger une figure militaire majeure de notre histoire récente, et d’autre part, de nous donner à comprendre que cette figure est étroitement liée à l’institutionnalisation de pratiques nouvelles au sein de l’armée. Le livre est au format poche, il est muni de photos et de riches annexes. Une très belle et intéressante lecture.

Thibault Laurin

Editions Nimrod, Paris, 2009, 366 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-915243-47-5.

Nota : Nous avions chroniqué le 26 juin 2012 l'édition des carnets personnels du colonel Sassi, L'âme d'un guerrier (ici).

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6 avril 2013 6 06 /04 /avril /2013 07:00

Eric Meillan

Confessions d'un sale flic.

De la DST à l'IGS

Emmanuelle Tenailleau

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Livre étonnant que celui-ci, dans lequel Eric Meillan, "grand flic" à la retraite, raconte sa carrière à son épouse, qui en met en forme la version écrite en choisissant "de transcrire ce que me transmit oralement mon mari à la première personne au lieu du 'il' solennel qui tient le lecteur à distance". C'est donc (presque) toute la vérité en (presque) direct : la plupart des domaines de la sécurité publique et de la sécurité de l'Etat sont abordés. 

Cadre de la DST pendant une trentaine d'années, il nous fait d'abord part du quotidien d'un responsable "de terrain" pendant la dernière période de la guerre froide, à Nantes en particulier dont il devient chef de la brigade en 1981, une unité presque "oubliée", "dans un état pitoyable". Entre les activités de contre-espionnage et la reprise en main de la structure, il nous brosse une série de portraits de cadres "de la boîte", de personnages et personnalités, parfois exceptionnels et admirables, parfois lâches et veules ; il en présente aussi bien les missions que le fonctionnement interne ; il nous parle progressivement d'affaires d'espionnage économique en région ; revient sur les premières prises en compte à la fin des années 1980 des menaces informatiques. Les agents, cadres et traitants de l'ambassade d'URSS en France ne sont jamais bien loin, mais on y découvre aussi, au fur et à mesure que l'auteur accède à des responsabilités plus importantes, les petitesses de la vie intérieure du service : "le processus d'élaboration des décisions gouvernementales a lieu dans de petites salles obscures et veillottes. J'y observe, de temps à autre, les réactions claniques ou carriéristes, parfois déloyales, de certains hauts responsables. Parmi eux, j'ai croisé beaucoup d'énarques ... Ils semblent animés par le désir constant de s'implanter dans les hautes fonctions, quand bien même ils n'en possèdent pas les qualifications"... En 1993, il devient conseiller technique du directeur général de la police nationale : "Au ministère de l'Intérieur, place Beauvau, chacun vit les débuts de la cohabitation selon sa sensibilité, au gré de ses alliances et fidélités ... La droite réagit comme la gauche depuis 1981 : le haut fonctionnaire n'apparait plus comme objectif. Il devient aussi porteur de l'idéologie du pouvoir. Une méfiance entre les politiques et les fonctionnaires s'instaure au plus haut niveau".  Dieu qu'en termes galants ces choses là sont dites ! Et sur le rôle des cabinets et des "conseillers" ! En 2010, directeur de l'IGS, Eric Meillan "n'a jamais été convié à parler, sur le fond, au ministre en place" [N. Sarkozy] : "Une gangue s'est formée autour du ministre, composée de personnalité administratives. L'écran qu'ils constituent fait désormais obstacle aux responsables opérationnels"... On doute que cette évolution ne concerne que le ministère de l'Intérieur... On lira également (pp. 116 et suivantes) les pages consacrées aux interventions et écoutes, plus ou moins "sauvages". Et ce portrait de Claude Guéant : "Calculateur, [il] est aussi glacial qu'efficace. Il a survécu aux aléas politiques en ne contredisant jamais directement son autorité supérieure Toujours il essaie d'influencer ... On peut se demander si l'Etat comme il le conçoit ne resemblerait pas à un Etat tout puissant qui privilégierait la machine administrative à l'humain qu'elle est censée servir. Dans le fond, Claude Guéant est un homme de caste".

Bref, d'agent de la DST au cabinet du ministre de l'Intérieur puis à la direction des "Boeufs-carotte", l'auteur s'est élevé "au mérite" et semble visiblement regretter que cet "ascenseur social" de la République soit plus qu'en panne. C'est un peu une image de la fin (?), aujourd'hui, de l'ascension au mérite compromise dans la République qu'il nous offre, au terme d'une évolution qui n'a duré que quelques dizaines d'années simplement. Il nous propose un tableau (son tableau) des forces de l'ordre et de sécurité telles qu'il y a exercé pendant toute une carrière. C'est donc un témoignage éminemment personnel, qui ne reflète bien sûr que les idées et analyses de l'intéressé. Mais sa longue et belle carrière incite à penser que ses propos ne manquent pas de justesse et contiennent une très large part de vérité... 

Un ouvrage à lire, et à recommander.

Ed. La Boîte à Pandore, Paris, s.d. (2013 ?), 219 pages. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-87557-005-5. 

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:05

Les espions des lumières

Actions secrètes et espionnage militaire sous Louis XV

Stéphane Genêt

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Dans le cadre général de différents travaux récents sur les XVIIe et XVIIIe siècles d’une part et sur l’histoire du renseignement d’autre part, cet ouvrage, issu de la thèse de doctorat de l’auteur, est à la fois très dense, précis, facile à lire et riche de multiples informations nouvelles. Il s’intéresse à ces « espions d’armée » (qui conservent toujours dans la société « une connotation péjorative »), dont l’activité, nous dit l’Encyclopédie de 1778, est « une chose essentielle à un général … C’est là qu’il faut répandre l’argent à pleines mains ».

Le plan, très structuré, se décompose, après un préambule qui présente « L’espionnage dans la pensée militaire des Lumières », en trois partis principales : « L’espionnage militaire, une mosaïque », « L’agent à l’œuvre » et « Face aux espions ennemis ». Il nous est ainsi possible d’aborder tous les aspects du sujet, du recrutement plus ou moins forcé des espions, de leurs motivations et de l’organisation des réseaux (plus importants qu’on ne le soupçonne généralement) à la collecte des informations, que ces agents soit « sédentaires » ou « en mission », puis à la recherche, à la surveillance et à la répression des espions étrangers. L’ensemble du texte est régulièrement ponctué d’un nombre particulièrement élevé d’exemples, de situations concrètes, de cas particuliers liés à la diplomatie ou à la politique militaire de la France, avec (ponctuellement) quelques éclairages du côté des autres grandes puissances, Angleterre, Autriche ou Prusse. Le livre s’appuie également sur de fréquentes citations des autorités civiles et militaires comme des théoriciens de « l’art de la guerre » de l’époque. Enfin, il est toujours fait référence aux archives, alors que l’on aurait pu supposer, étant donné le sujet et la période traitée, que les documents écrits étaient relativement rares : « Les archives fourmillent au contraire d’indications » précise l'auteur, souvent éparses mais bien réelles et dont témoignent les références aux dossiers du SHD ou des archives du MAEE.

En résumé, et même si le chevalier d’Eon est bien sûr cité, une belle étude qui va bien au-delà des quelques exemples toujours répétés, à la fois complète et d'un accès facile. On ne peut que saluer ce beau travail qui apporte une contribution essentielle à la connaissance d’une « activité » particulière dont, finalement, les traits fondamentaux n’ont peut-être pas fondamentalement changé, en dehors des évolutions techniques. Il sera apprécié de tous, curieux, amateurs ou spécialistes de ces questions.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013, 512 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-36583-370-7.

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 07:05

Les casseurs de codes de la Seconde guerre mondiale

Sinclair McKay

  Casseurs-de-code840.jpg

Encore un ouvrage (britannique) sur les services de renseignement. Ce thème, on le voit bien avec nos chroniques, est particulièrement dynamique, pour le plus grand plaisir des amateurs.

Ce nouvel opus est publié sous la signature du journaliste Sinclair McKay n'est pas une étude scientifique : rares notes de bas de page, bibliographie finale sommaire, pas d'index, etc. et l'auteur affirme (sans plus de précision) qu'il est basé sur des témoignages de vétérans.  Il n'en demeure pas moins qu'il constitue une véritable nouveauté pour le lecteur français, tant le manoir et ses nombreux baraquements annexes de Bletchley Park, où vivent et travaillent quelques uns des meilleurs spécialistes alliés de la crytographie et du renseignement pendant la Seconde guerre mondiale, est resté méconnu. En une trentaine de brefs chapitres, construits autour d'une situation particulière, d'une anecdote ou d'un événement ("1938-1939 : l'école des codes", "Logements glaciaux et toilettes extérieures", "Enigma et le Blitz", "La bataille de l'Atlantique", "Churchill à Bletchley", "1943 : des conversations imprudentes", etc.), l'auteur nous fait en quelque sorte partager la vie quotidienne et le travail, couvert par le secret le plus absolu, de jeunes hommes et femmes recrutés un par un parmi l'élite intellectuelle de leur génération (mathématiciens, linguistes, etc.). Pour l'auteur, qui cite ici de nombreux témoignages de hautes autorités : "De la bataille d'Angleterre au Japon, en passant par le Blitz, la Cap Matapan, El Alamein, Koursk, les fusées V1 et le jour J, le travail de Bletchley Park est demeuré complètement invisible, tout en jouant un rôle crucial dans le conflit". Les anecdotes se succèdent donc, parfois graves, parfois amusantes, situations individuelles modestement "humaines" ou échos assourdis des grandes batailles de la guerre. La célébrissime "section Enigma" est bien sûr au premier plan, mais Sinclair McKay s'intéresse aussi aux premières (énormes et lourdes) calculatrices jusqu'au fameux "Colossus", à la mixité sociale (en civil ou en uniforme) qui devient rapidement une réalité dans un milieu longtemps très aristocratique, etc. Au fil des pages, on apprend que les relations ne sont pas simples avec les  autres services de renseignement ("J'insiste sur le fait qu'il est délicat de partager, même avec le MI5, le secret de ces bombes..."), et sont évoquées les questions très politiques liées à partir de 1941 à l'entrée en guerre de l'URSS aux côtés des Occidentaux : quelles relations, et jusqu'où, entretenir avec les Russes ?

Un livre plaisant et passionnant à la fois. Il ne sera pas facile de vérifier et croiser toutes les informations contenues dans cet ouvrage, mais certains faits ou témoignages sont déjà plus ou moins connus, ce qui est globalement rassurant. Une contribution supplémentaire à la connaissance des manoeuvres les plus discrètes de la Seconde guerre mondiale.

Ixelles éditions, Paris, 2013, 399 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-178-0.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 06:50

Histoire du renseignement

Bulletin de l'amicale

des anciens des services spéciaux de la Défense nationale

 

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Pour les amateurs, l'Association des anciens des services spéciaux de la Défense nationale met désormais en ligne sur son site des extraits de son Bulletin, et en particulier les pages "Histoire et Témoignages" (ici). Comme toujours en la matière, il faut "faire la part des choses" et (nécessairement, sans jeu de mots) croiser ses sources et s'affranchir des réactions émotionnelles d'un acteur ou d'un témoin des événements ultérieurement mis en cause. Mais pour la partie strictement historique, chacun y trouvera de très nombreuses informations, précisions et analyses de qualité. Une adresse utile, précieuse, à retenir.

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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 07:10

Guerre des codes & guerre navale

1939-1945

Guy Malbosc et Jean Moulin

Guerre-codes614--1-.jpg 

Un nouveau (très intéressant) livre sur les questions de renseignement. Chacun connait plus ou moins la célèbre "affaire Enigma", mais ce livre va fort heureusement plus loin. Beaucoup plus loin. Il nous fait toucher du doigt l'importance de la fonction "Renseignement", aussi bien dans la conduite stratégique que tactique des opérations navales, dans ses différentes composantes techniques durant la Seconde guerre mondiale.

Les deux auteurs divisent leur étude en trois grandes parties au contenu dense et très large. La première ("La victoire des alliés contre Enigma") dresse d'abord un rapide tableau de l'historique de la cryptographie avant de décrire la fameuse machine, puis le succès des mathématiciens et déchiffreurs alliés en trois phases : période franco-polonaise, période britannique et période américano-britannique. La seconde ("Décryptage et bataille de l'Atlantique") accorde naturellement une place essentielle à la Royal Navy et à ses services spécialisés, en particulier dans la lutte contre les sous-marins allemands et la protection des convois. La troisème ("Guerre des codes et guerre navale dans le Pacifique") nous transporte vers la deuxième grande région de guerre maritime et présente les organisations, moyens, objectifs, succès et échecs des Américains comme des Japonais. De nombreuses et riches annexes enfin sont placées en fin de l'ouvrage (pp. 323-384), qui se termine sur une utile double chronologie (événements en cryptologie et dates importantes de la guerre navale), un index des sigles et des abréviations très apprécié, un index de noms propres et une bibliographie de référence.

Cet ouvrage présente non seulement de très nombreux exemples concrets, mais aussi les caractéristiques et les difficultés de la technique elle-même. Il est sous cet angle particulièrement utile et passionnera sans nul doute tous les amateurs des opérations de la Seconde guerre mondiale, comme les spécialistes de la guerre navale et ceux des évolutions techniques. Du "bel ouvrage" qui doit figurer dans toute bibliothèque bien tenue.

Marines Editions, Rennes, 2012, 414 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-35743-113-3.

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 10:16

"Le renseignement à la française"

Nous réunissons aujourd'hui trois recensions d'ouvrages très récents qui permettent, ensemble, d'effectuer un bon point de situation du "renseignement à la française", dans ses limites et ses ambitions, ses racines et son évolution, ses méthodes et ses moyens. Par ailleurs, même si elles se recoupent naturellement parfois, les bibliographies cumulées de ces trois volumes ouvrent, aux amateurs intéressés ou aux étudiants engagés sur ces questions, de très nombreuses pistes. Des approches, des éditeurs, des auteurs différents, des différences parfois aussi entre les textes, mais au final une grande richesse et une véritable somme.

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 07:10

De l'espionnage au renseignement

La France à l'âge de l'information

Franck Bulinge

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Une véritable synthèse en 350 pages. Le tour de force de l'auteur est peut-être aussi ici.

En effet, l’originalité et l’intérêt de ce livre tiennent à ce qu’en moins de 350 pages de texte courant Franck Bulinge brosse un tableau pratiquement complet du renseignement français, de son histoire, de sa « culture » particulière, de ses évolutions récentes, mais aussi s’intéresse à son avenir à court et moyen termes.

L’histoire est abordée dans les deux premiers chapitres (« Les racines européennes du renseignement français », pp. 21-40 ; « Le renseignement extérieur après la Deuxième guerre mondiale », pp. 41-87) et le texte courant est utilement complété par plusieurs tableaux et organigrammes. On apprécie que Franck Bulinge rappellent l’importance du rôle des officiers-historiens héritiers du Dépôt de la Guerre dans la création des structures modernes de renseignements, des 2e et 5e bureaux. Les chapitres 3 à 6 (« Culture française de l’information et du renseignement », pp. 89-111 ; « La culture populaire du renseignement : littérature, cinéma et télévision », pp. 113-140 ; « Renseignement et médias », pp. 141-161 ; « Cultures politiques du renseignement », pp. 163-206) aborde toutes les questions liées à la « culture du renseignement » au sens large, dans ses contradictions et ses représentations. Les trois derniers enfin (« Le printemps du renseignement », pp. 207-254 ; « Esquisse d’une théorie du renseignement français », pp. 255-294 ; « Pour une politique de recherche en sciences humaines et sociales », pp. 295-337) dresse à la fois le bilan de l’organisation actuelle du renseignement, de ses priorités et de ses difficultés, s’efforce d’en définir certains éléments de théorie et de doctrine et (peut-être surtout) prône une véritable « politique nationale de la recherche » après avoir effectué un état (sinon exhaustif, du moins très large) de la recherche française en sciences humaines, « encore embryonnaire ». On y découvre, par exemple, le nombre et le détail des thèses soutenues ou en cours sur des sujets connexes : force est de reconnaître que c’est assez affligeant…

L’ensemble de l’ouvrage est ponctué, agrémenté, de graphiques, tableaux et autres histogrammes qui permettent (théoriquement) de mieux visualiser les données chiffrées, mais l’impression en noir et blanc d’une part, et la taille réduite de la plupart d’autre part, ne facilitent en fait pas la lecture. Réduite à sept pages, la bibliographie n’est qu’indicative, mais on y retrouve les noms « qui comptent » aujourd’hui et dont les travaux font référence. Au-delà de ces réserves de forme, l’esprit de synthèse de l’auteur et son style simple et direct, le choix de rédiger des chapitres courts allant à l’essentiel et la diversité des thèmes abordés permettent, en un nombre limité de pages, de faire un vrai « tour d’horizon » du dossier. Un livre à lire et à conserver comme outil de travail ou de référence.

Vuibert, Paris, 2012, 351 pages, 33 euros.

ISBN : 978-2-311-00658-2.

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8 décembre 2012 6 08 /12 /décembre /2012 07:05

Histoire politique des services secrets français

De la Seconde guerre mondiale à nos jours

Roger Faligot, Jean Guisnel et Rémi Kauffer

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Plus de 730 pages ! Une véritable somme pour le grand public. Les trois auteurs sont journalistes : ils n'abordent donc pas le sujet avec la méthodologie de l'historien, mais, par contre, avec la curiosité propre à leur métier d'investigation. Ainsi, si tout n'est pas scrupuleusement référencé et si certaines extrapolations à partir "d'affaires" somme toute mineures demanderaient à être vérifier, il nous proposent néanmoins un travail exceptionnel sur plus de cinquante ans de renseignement français. Les trois auteurs prennent le soin, en introduction, de préciser que leur travail a été réalisé en « totale indépendance, cela veut dire, soyons précis, sans aucune connivence avec la hiérarchie de ces services, sans document fourni ‘clef en main’ de façon à valoriser le travail de tel ou tel responsable, de telle ou telle direction. Cela veut dire également que ni la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) ni aucune autre structure de l’Etat ne s’est trouvée en mesure de relire notre travail avant sa publication ». Ils défendent donc leur indépendance de « journalistes, historiens et écrivains tout à la fois » et savent limiter leurs propos : « Nous n’avons pas l’arrogance de considérer notre travail comme parfait, irréprochable, définitif. D’autres viendront sans nul doute le compléter, l’élargir et même le rectifier à l’avenir ».

Organisé de façon chrono-thématique en quatre grandes parties (« Les temps héroïques, 1940-1958 », « De de Gaulle à Giscard d’Estaing, 1958-1981 », « Les années Mitterrand, 1981-1995 » et « De Chirac à Sarkozy, 1995-2012 »), ce livre aborde (certes avec plus ou moins de fond et de densité, mais l’exercice n’est pas aisé) absolument tous les sujets, toutes les problématiques, tous les cas particuliers qui émaillent l’histoire de ces services depuis près de 70 ans. De l’affaire Enigma et du BCRA pendant la guerre, du colonel Paillole et de Giraud à la recherche des savants nazis au lendemain de la Libération, les auteurs nous entrainent jusqu’aux réformes et évolutions des années 2000, aux nouvelles problématiques des prises d’otages mais aussi de la coopération internationale inter-services et de la « privatisation » du renseignement.

Au fil des pages (il s’agit bien d’une Histoire politique des services secrets français), il apparait que le manque de confiance dans les relations avec les plus hautes autorités de l’Etat est une difficulté récurrente, en particulier lorsque le gouvernement est issu d’une majorité socialiste. Au fur et à mesure des chapitres successifs, sont développées les adaptations locales en Indochine entre 1946 et 1954 avec la triple question des sectes, des maquis et des trafiquants de toutes sortes ; et les auteurs reviennent sur le long combat de l’ombre mené pendant plus de quarante ans de ‘guerre froide’ (merci de rappeler le meurtre de l’adjudant-chef Mariotti, affecté à la MMFL de Potsdam, en mars 1984) contre les services des pays du bloc soviétique. A ce propos, et c’est par ces détails -que l’on retrouve pour d’autres chapitres- qu’il apparait qu’il s’agit plus d’un travail de journalistes que d’historiens : rappelons (même si le ‘mythe’ doit en pâtir) que le personnel de ces formations ne vient pas que du 13e RDP et du 1er RPIMa. Loin de là… Parallèlement, pendant et après la guerre d’Algérie, les préoccupations africaines restent très présentes : affaire Ben Barka, Bob Denard, la Françafrique, la sécession du Biafra, plus tard l’Angola (et oui !), le Tchad (encore et toujours), etc. Et toujours le grand Moyen-Orient, de la question israélo-palestinienne à l’Irak, à l’Iran, au Liban, à l’Egypte et jusqu’au lointain Afghanistan. Mais cet inventaire serait incomplet sans l’affaire Greenpeace et le Rainbow Warrior, les luttes de pouvoir internes à Paris, les hommes de l’ombre auxquels on prête d’autant plus qu’on ne les connait pratiquement pas dans ce milieu (aventuriers et journalistes). Les évolutions et les priorités des vingt dernières années sont au menu des 200 dernières pages : retour de l’intérêt pour l’Asie, d’Inde au Pakistan et au Cambodge, montée en importance de l’islamisme et des mouvements djihadistes, les Balkans et la Bosnie, la Chine et Al-Quaïda…Tout cela, à partir de la présidence Sarkozy, sur fond de reprise en main « rênes courtes » par le politique et d’adaptation (techniques, financières, culturelles) aux nouvelles menaces.

Bref, on le voit, un travail imposant, important, utile. A partir de leur longue expérience de journalistes spécialisés, les trois auteurs nous offrent un véritable panorama de l’histoire, des missions, des difficultés des services français. Tout n’y est pas facile, le succès n’est pas toujours au rendez-vous, les moyens sont rarement adaptés aux ambitions, les rumeurs et les fantasmes autant que l’indispensable confidentialité des dossiers rendent l’étude délicate… Mais, avec ses imperfections, avec les réserves faites, la lecture de ce livre doit se terminer sur un constat : puissance moyenne (certains ajoutent aujourd’hui déclinante), la France n’en reste pas moins l’un des très rares pays dans le monde capable d’entretenir et de mettre en œuvre un réseau de collecte, d’analyse et éventuellement d’action à l’échelle planétaire. Un atout de taille dans le monde.

On apprécie en annexe l’hommage nominativement rendu aux « Morts au service secret de la France de 1945 à 2012, du lieutenant Redeau, de la DGER, assassiné en 1945, à l’adjudant-chef Serrat, de la Brigade de renseignement, mort en juin 2012 en Afghanistan. L’ouvrage se termine enfin sur près de 50 pages de références, bibliographie et index, qui permettront aux amateurs qui le souhaitent de poursuivre leurs lectures et leurs recherches.

Un livre que chacun doit connaître sur ce sujet.

La Découverte, Paris, 2012, 734 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-7071-6741-5

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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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