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26 mars 2014 3 26 /03 /mars /2014 06:25

Le grand sacrifice

Daniel Hervouët

Il ne s'agit absolument pas d'un livre d'histoire, mais d'un pur roman. Toutefois, il est rédigé par un contrôleur général, spécialiste des questions de renseignement, et, si l'histoire en tant que telle peut paraître compliquée, ou si les traits de quelques personnages semblent caricaturaux, Entre agents secrets, analystes, petits malfrats, hackers, terroristes, un maëlström de violence dans un cadre espace-temps limité (Paris et proche banlieue -même si on évoque aussi l'extrême-Orient et le Moyen-Orient- pendant une dizaine de jours) et sur fond de crise moyen-orientale.  A un rythme élevé,  se succèdent les coups pervers et les coups de billard (par les bandes). Finalement, l'affaire (on vous laisse le soin de découvrir le scénario du thriller) se termine au palais de l'Elysée, sur la satisfaction d'un président après une déclaration diplomatique de pure forme à l'ONU, faisant dire à l'un des héros : "Je ne crois pas un mot de son discours. Il endort nos politiques qui ne demandent que ça. Daladier et Chamberlain à Munich ! Encore une minute monsieur le bourreau". Au fil des pages, quelques éléments à décrypter sur le fonctionnement des hautes sphères de l'Etat. Rien d'exceptionnel cependant, on sait bien que certaines valeurs sont incompatibles...

A lire tranquillement aux beaux jours, un verre à la main, à l'ombre d'une tonnelle.

Editions du Rocher, Monaco, 2014, 391 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-268-07604-1.

Roman
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20 mars 2014 4 20 /03 /mars /2014 06:20

Des services secrets pour la France

Du Dépôt de la Guerre à la DGSE (1856-2013)

Gérald Arboit

Voici une mise en perspective de plus de 150 ans d'histoire des services de renseignement français.

C'est à partir de la guerre de Crimée que s'élabore une réflexion d'ensemble qui donnera ensuite naissance aux services de renseignement français sous leur forme moderne et le premier chapitre s'attache à décrire la situation initiale, telle qu'elle existe au milieu du XIXe s. Puis, en 10 chapitres chronologiques, Gérald Arboit reconstitue et détaille toute l'histoire et les évolutions de ces services jusqu'aux plus récentes. Les amateurs y découvriront le rôle important de la section des statistiques du Dépôt de la guerre, puis, après la guerre de 1870-1871, des historiens et géographes de l'état-major. Le colonel, puis général, Lewal donne à cette époque une impulsion décisive au service naissant. Dès l'origine, l'auteur souligne les questions (néfastes mais récurrentes) de politisation et d'implication diplomatique, le développement du rôle des attachés militaires et leur statut particulier, la place des autres ministères, tout en évaluant la pertinence du travail effectué, mais aussi les insuffisances. Les grandes ruptures ou les grands événements historiques (affaire Dreyfus, la Grande Guerre, la Seconde guerre mondiale, les guerres coloniales, la guerre froide, le terrorisme) scandent ensuite tout le récit et nous connaissons ainsi non seulement les réussites mais aussi les échecs, les adaptations nécessaires, les dérives qui jalonnent l'histoire des services, et la concurrence entre organismes différents qui devraient pourtant coopérer. On observe aussi cette vieille réalité : quelle que soit l'efficacité des services, encore faut-il que les chefs opérationnels acceptent les conclusions que présentent les chefs des S.R. ...

Tout est scrupuleusement référencé et l'on apprécie le nombre et la qualité des notes de bas de page. Une excellent analyse historique des services français, un travail de fond indispensable à tous ceux qui s'intéressent à ces questions.

CNRS Editions, Paris, 2014, 444 pages, 25 euros.
ISBN : 978-2-271-07886-5.

Histoire des services français
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16 mars 2014 7 16 /03 /mars /2014 06:25

Les guerres secrètes du Mossad

Yvonnick Denoël

Réédition mise à jour, en format poche, du livre paru en 2012 et nous nous avions chroniqué lors de sa sortie (ici), recension que nous vous invitons à relire.

Il n'a rien perdu de son intérêt, bien au contraire, et, selon un plan chronothématique nous entraine de la création de l'Etat d'Israël et de ses services spéciaux aux récentes révolutions arabes, à la Libye et à la Syrie. La question de l'arme atomique iranienne ocupe (souvent au conditionnel, bien sûr) le dernier chapitre et l'auteur laisse entendre qu'un rapprochement assez actif serait en cours entre services israéliens et saoudiens (ce dernier pays posséderait de fait déjà l'arme atomique semble-t-il).

Un livre dense et prenant. Comme le sujet dont il traite.

Nouveau Monde Editions poche, 2014, 397 pages, 8 euros.
ISBN : 978-2-36583-887-0.

Plongée au coeur du Mossad
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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 06:00

Un espion français à l’Est

1962-2004

Jean-Jacques Cécile

L’ouvrage est un saut de génération, une véritable plongée dans un monde désormais entré dans la mémoire historique. On vit à nouveau dans l’univers de la guerre froide et de l’équilibre de la terreur, qui disparaît avec l’implosion de l’URSS et la première guerre du Golfe.

Pour donner tout son sens à ce livre étonnant, il convient de rappeler au préalable quelques jalons historiques. Le premier tir nucléaire de la France, en 1960, fait entrer le pays dans le club très fermé des possesseurs de l’atome et lui rend son statut de grande puissance perdu à l’issue de la Seconde Guerre mondiale. L’organisation des armées françaises en est bouleversée, tandis que sa modernisation devient un impératif. En octobre 1964, l’armée de l’air organise la première alerte nucléaire avec ses mirages IV, puis met en œuvre les missiles du plateau d’Albion. De son côté, le premier SNLE entre en service opérationnel en 1972. La force nucléaire stratégique est désormais complète. L’armée de terre reçoit seulement la responsabilité du missile tactique Pluton (qualifié en France de « préstratégique » pour insister sur sa valeur d’ultime avertissement).

À travers la carrière d’un sous-officier de l’armée de terre, l’auteur, lui-même ancien du 13e régiment de dragons parachutistes et des services de renseignement, réussit le tour de force de nous faire pénétrer dans le monde de l’espionnage au quotidien, qui caractérisait la zone de contact emblématique des deux blocs, Berlin et la RDA.

Le parcours professionnel du major Bach constitue une véritable leçon de micro-histoire, à mettre en regard avec celle de la France et de l’Europe. Lorsqu’il s’engage en 1962, à 18 ans, la guerre d’Algérie vient à peine de se terminer. Les armées, dans la vision gaullienne, doivent désormais avant tout défendre un territoire national sanctuarisé (les opérations en Afrique, au nom des accords de défense avec les nouveaux États issus de l’empire colonial, demeurant marginales). Quand il abandonne définitivement l’uniforme, en 2004, la France a remplacé la conscription par la professionnalisation. Elle mène des opérations de projection, au nom de liens d’alliance ou de la défense de valeurs humanitaires, et joue, dans le cadre de l’OTAN (qu’elle a pleinement réintégré en 1995), les gendarmes dans les Balkans.

Au sortir de la guerre d’Algérie, l’armée de terre, énormément réduite, touchée plus que les autres par l’écrémage politique des officiers et des sous-officiers, connaît un profond malaise. Quoiqu’encore un peu sclérosée dans ses attitudes, elle entre également dans la voie de la modernité. Le jeune sous-officier tient d’abord sa place (modeste) dans un régiment de chars. Il s’agit alors de s’opposer au moins une semaine au corps de bataille du pacte de Varsovie (deux à trois fois plus important que les forces de l’OTAN en Europe), afin de légitimer l’emploi du feu nucléaire. Mais, en 1970, ses talents de linguiste (il parle anglais et allemand couramment) ainsi que son goût du risque calculé l’amènent à intégrer les rangs de la « mission militaire française de liaison », installée à Berlin. Pendant près de dix ans, profitant des accords qui lient toujours les anciens alliés de la Seconde Guerre mondiale, il espionne, en uniforme, les forces soviétiques présentes en RDA. Des deux côtés en effet, la crainte majeure demeure l’attaque-surprise, à la faveur d’une manœuvre officiellement annoncée qui ne serait autre qu’une façon de concentrer les troupes de façon détournée.

On suit Pierre Bach dans ses missions où se mêlent culot, sang-froid et professionnalisme. Pas de cascades spectaculaires ni de manipulations psychologiques sophistiquées, seulement un recensement méthodique, perpétuellement réactualisé, des capacités militaires soviétiques sur un territoire donné. C’est un véritable travail d’artisan, patient et soigné, mené dans un jeu de cache-cache constant avec l’Armée rouge mais aussi la redoutable Stasi, la police secrète de la RDA, de triste mémoire. Le labeur de Pierre Bach et de ses pairs, ignoré du grand public, permet néanmoins de tenir à jour en permanence l’ordre de bataille du pacte de Varsovie.

Muté à l’ambassade de France en Hongrie en 1976, il effectue un travail similaire, puis rejoint à nouveau Berlin et la mission française en 1980. En 1984, il intègre la FAR (force d’action rapide) qui vient d’être créée pour donner à la France une capacité d’intervention quasi-immédiate. Muté en 1989 au centre de renseignement avancé de Baden Baden, il vit en direct la fin du bloc de l’Est et la victoire sans affrontement du camp occidental. Il suit ainsi jusqu’en 1992 le retrait des forces soviétiques, qui échangent bientôt le drapeau rouge pour l’emblème national russe. De 1992 à 1994, adjoint de l’attaché de Défense français en Croatie, il est un témoin privilégié de la recomposition territoriale des Balkans, en ex-Yougoslavie, lorsque la poigne de fer du communisme n’est plus là pour brider les aspirations nationales des divers peuples.

Le major Bach vit ensuite à son niveau la nouvelle mutation de l’armée française, qui n’a plus d’adversaire à l’Est mais participe désormais à des projections extérieures. En 1994, son immense expérience et sa compétence reconnue lui valent de rejoindre le centre de la doctrine et de l’entraînement (ancêtre du CDEF), qui étudie les modes tactiques et leurs évolutions et rédige les manuels doctrinaux de l’armée de terre. Toutefois la fin de l’aventure est là. Le vieux soldat fait son adieu aux armes le 11 novembre 1998, sans toutefois abandonner totalement l’uniforme. Réserviste, il effectue l’année suivante un séjour au Kosovo puis des périodes jusqu’en 2004. Ses activités durant cette dernière décennie illustrent autant les transformations radicales de la conception que l’on se fait de la défense de la France, que l’entre-deux de la géopolitique européenne entre XXe et XXIe siècles.

Ecrit très simplement, l’ouvrage se lit comme un roman. Toutefois, son principal mérite est ailleurs. Il éclaire, à travers un parcours individuel, l’histoire de l’Europe séparée en deux blocs idéologiques et devenue, à son corps défendant, champ d’affrontement potentiel d’un conflit nucléaire. L’ambiance fait songer davantage à « la Taupe » qu’à SAS ou OSS 117. Mais l’on est ici dans une description réaliste qui s’appuie sur un exemple vécu. Cette coupure entre deux mondes, cet affrontement toujours sur le point d’éclater, propre au « désert des Tartares », ont été le lot de toute une génération qui a aujourd’hui 50 ans ou plus. La valeur d’Un espion français à l’Est, écrit par quelqu’un qui connaît d’expérience le sujet, réside dans cette capacité à recréer la période tout en brossant, en arrière-plan, par petites touches, le tableau d’un milieu particulier, l’armée française, avec ses habitudes, ses limites et ses pesanteurs. C’est aussi un très bel hommage à tous les spécialistes du renseignement qui, loin des feux de la rampe médiatique, ont accompli, en artisans honnêtes et consciencieux, jour après jour, les mêmes gestes (plus ou moins risqués) pour permettre aux chefs politiques et militaires occidentaux de disposer des éléments nécessaires à la prise de décision. Au bout du compte, nous sommes là face à un résultat prenant, qui s’inscrit dans la veine des grands témoignages.

Jean-François Brun

Editions du Rocher, Monaco, 2013, 278 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-268-07585-3.

Dragon parachutiste
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21 novembre 2013 4 21 /11 /novembre /2013 06:20

Sylvia

Une vie au coeur du Mossad

Moti Kfir et Ram Oren

Voici un récit pour le moins étonnant, à la fois biographie et roman (la note liminaire précise que « les auteurs se sont autorisés à laisser libre cours à leur imagination et ont modifié certains faits qui ne pouvaient être publiés »), qui raconte la vie de Sylvia Rafael, « combattante clandestine du Mossad ».

En sept chapitres, les auteurs nous racontent donc le recrutement, la formation, les missions de cet agent exceptionnel qui, après l’attentat palestinien lors des JO de Munich, se lance dans la traque des terroristes. Dès lors, la description de son parcours alterne avec celle des auteurs (de l'un des auteurs principaux) du crime. Nous passons ainsi d’Israël au Liban, en Jordanie et aux principales capitales européennes pour finir (presque) en Norvège. Nous croisons souvent Arafat et d’autres responsables de groupes palestiniens, des Allemands de l’Est (et de l’Ouest) et quelques Sud-Africains. On peut suivre la difficile infiltration d’un agent dans un groupe ennemi, les menaces qui pèsent à chaque minute sur sa tête et l’extrême réactivité nécessaire lorsque sa couverture a été éventée. On est témoin des luttes internes au sein des mouvements palestiniens et des jeux troubles d’Israël et des Américains, qui cherchent à manipuler les uns et les autres. Le style des auteurs nous place au cœur des conversations, des groupes, des problèmes. Une fatale « erreur » lors d’une mission (exécution d’un jeune Marocain au lieu d’un militant palestinien) lui vaut un procès, la prison et finalement l’amour de son avocat, qu’elle épouse. C’est la fin d’une carrière.

Où sont les parties romancées ? Quelle est réellement la part de la réalité à partir des témoignages collectés et de différents entretiens, puisque pour des événements qui datent d'une quarantaine d'années les anciens acteurs aujourd'hui à la retraite commencent à parler ? A la dernière page, il est bien difficile de le dire. Finalement, n’est-ce pas un « roman crédible » ? Ou plutôt une histoire vraie romancée ? Mais, sur de tels sujets, où est la frontière ? On sait en effet que les ouvrages sur l'histoire récente des services de renseignement et d'action sont par nature même difficiles à écrire (sans oublier l'aspect hagiographique, aventureux : voir les récits de l'entre-deux-guerres sur le colonel Nicolaï). Bref, un livre qui se lit très facilement, qui semble particulièrement bien documenté, qui nous place dans des situations plausibles et qui reprend des éléments objectifs dont l’actualité s’est, en son temps, fait l’écho. Les amateurs du thème seront très probablement satisfaits. Alors une « vraie » biographie ? Peut-être. Mais, après tout, est-ce réellement important ?

Nouveau Monde Editions, Monaco, 2013, 333 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-36583-855-9.

Quelle vie !
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18 septembre 2013 3 18 /09 /septembre /2013 06:35

Les espions français parlent

Archives et témoignages inédits des services secrets français

Sébastien Laurent (Dir.)

Réédition d'un ouvrage curieux dans sa forme paru pour la première fois en 2011, ce volume constitue effectivement sur le sujet, comme le précise l'éditeur, "une première en France"Sous la direction de Sébastien Laurent, l'un des grands spécialistes de ces questions, il s'agit en quelque sorte de "donner la parole aux espions", en classant par périodes et par thèmes les témoignages et les documents.

La première partie s'intéresse à l'Extrême-Orient et à l'Asie à l'époque de la victoire communiste en Chine et de la guerre d'Indochine, avec la question du financement de l'action des services par l'opium, un rapport du SDECE de novembre 1953 et une analyse du lieutenant-colonel Trinquier de 1955. La seconde précise "La formation du pré carré" après les indépendances africaines, de l'affaire Ben Bella à la fin des années 1980, en particulier sur la base des "archives Foccart" et de la correspondance de "Monsieur Afrique", avec trois coups de projecteur sur le Ghana, Dakar et l'Afrique australe. La troisième partie nous ramène vers l'Europe (territoire sur lequel l'action des services est aujourd'hui mieux connue) et trois textes retiennent en particulier l'attenbtion : "Collecter le renseignement derrière le rideau de fer", "Quand la DST surveillait et arrêtait un réseau d'espionnage est-allemand", et "Le cône sud au temps des dictatures". Enfin, la dernière partie s'attache aux évolutions dans le monde difficile ("sans polarité") que nous connaissons depuis la fin des années 1980. Ici aussi, témoignages, cas concrets et documents officiels alternent.

Un livre (très) précieux pour tous ceux qui s'intéressent à l'action des services français depuis la fin de la Seconde guerre mondiale.

Nouveau Monde poche, Paris, 2013, 623 pages. 9,50 euros

ISBN : 978-2-36583-844-3.

Témoignages et bilans
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24 juillet 2013 3 24 /07 /juillet /2013 06:30

Guerre froide et espionnage naval

Alexandre S. Duplaix et Peter Huchthausen

Nous avions dit le plus grand bien, il y a presque exactement un an, de la parution de ce livre en format "classique" (ici). Rappelons simplement la conclusion de notre recension à l'époque : "Une véritable somme, indispensable à tout amateur des questions navales, aussi bien qu'à tous ceux que le renseignement intéresse. Un livre indispensable pour aider à comprendre le monde de l'après-deuxième guerre mondiale".

Nous n'avons pas à changer un mot de cette chronique et nous ne pouvons que féliciter les éditions Nouveau Monde d'assurer aussi vite une nouvelle parution en format 'poche', ce qui permet de mettre ce livre important à la disposition de toutes les bourses. 

Nouveau Monde poche, Paris, 2013, 536 pages. 9,50 euros.

ISBN : 978-2-36583-390-5

A la poursuite d'Octobre rouge
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5 juillet 2013 5 05 /07 /juillet /2013 06:39

Notre espion chez Hitler

Paul Paillole

Très intéressante et très utile réédition en format 'poche' d'un ouvrage indispensable pour quiconque veut connaître l'activité des services de renseignement français à la veille et au début de la Seconde guerre mondiale.

Affecté en 1935 au 2e bureau (service de renseignement et de contre-espionnage) comme lieutenant ancien, Paul Paillole quitte le service actif en 1955 comme colonel : il a effectué la quasi totalité de sa carrière dans les "services". C'est dire si son témoignage est de première importance. En particulier pour la période traité, durant laquelle il fut au coeur d'une des plus grosses affaires d'espionnage (dont il précise qu'elle "dépasse en conséquences scientifiques, stratégiques et tactiques celle de l'Allemand Sorge"), français d'abord, puis avec la guerre et la défaite reprise par les Britanniques : le dossier Enigma, la mystérieuse et très performante machine de chiffrement allemande. Sans fioritures inutiles, dans un style simple et clair, en précisant toujours les données essentielles, il nous entraîne ainsi, à partir de 1931, autour d'Hans-Thilo Schmidt, cet informateur des services français dont le frère était particulièrement bien placé dans l'organisation militaire du Reich.  Outre tout ce qu'il narre sur l'aspect "technique" du déchiffrement d'Enigma, l'auteur confirme que l'information selon laquelle la Belgique serait (une nouvelle fois) la première victime à l'ouest a été transmise à Paris. Il évoque également les informations relatives, dès le printemps 1939, aux préparatifs contre la Pologne, et il traite de la contribution polonaise à . Paillole cite fréquemment ces principaux interlocuteurs, et à propos de la percée allemande de Sedan et son exploitation par les Allemands, ce commentaire du colonel Rivet  le 1er juin : "Une fois de plus, nos chefs ont refusé de se soumettre aux faits. Ils se laissent porter par leurs idées préconçues". La dernière partie de l'ouvrage est consacrée aux années 1940-1943 et à l'action de l'auteur (toujours dans le domaine du contre-espionnage et du renseignement) dans la résistance puis à partir de 1943 d'Algérie.

Un livre essentiel pour traiter du rôle des services français, face à l'Allemagne et dans un environnement interallié, durant cette période.

Nouveau Monde éditions 'poche', Paris, 2013, 341 pages. 8,50 euros.

ISBN : 978-2-36583-381-3. 

A l'origine du déchiffrement d'Enigma
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25 juin 2013 2 25 /06 /juin /2013 06:35

Passé par les armes

Saga d'un soldat de l'ombre

Georges Brau

Le lieutenant-colonel Georges Brau est un ancien officier supérieur des forces spéciales et de la DGSE. Passé par les armes est son quatrième roman après Safari, De Sarajevo au Darfour (2007), Loups de guerre (2011) et Nébuleuse afghane (2012).  

Aujourd’hui Georges Brau est "en réserve de la République", il n’intervient donc plus que sur les théâtres d’action où sa grande expérience et sa connaissance de la situation locale apportent une plus-value significative. Ces livres présentent de façon romancée, et de manière captivante, les diverses missions qu’il a pu effectuer. Les événements qu’ils décrivent ne trahissent pas les règles d'anonymat et de conservation du secret, mais il nous permet d'approcher, avec toutes les réserves que cela impose pour l'historien, un monde caché : celui du renseignement et de l’action clandestine.

Le destin romancé de cet acteur de la DGSE débute dans les décombres d’un immeuble et se poursuit dans une sorte de huis-clos. Coincé sous une armoire coloniale et deux étages de l’hôtel Prestige, Paul se voit mourir. Dans ce réduit qui lui sert alors de cercueil, il partage avec son lecteur l’angoisse, la peur et le malaise de la déshydratation. Le lent désespoir qui s’installe au vu de son état psychologique et physique est marqué par des rebonds. Il y a tout d’abord l’espoir de ne pas être seul, puis celui de pouvoir communiquer. C’est ainsi qu’à travers une narration où se mèlent le tragique et l'espérance, il nous invite à revivre certains moments forts de sa vie. Pour ne pas sombrer dans la folie, Paul s’oblige à un exercice de remémoration des évènements plus ou moins historiques qui ont jalonné sa vie jusqu’au jour de la déflagration à Mogadiscio. Venu en Somalie pour neutraliser un leader terroriste d’Al Qaeda, il se rappelle les clichés du 11 septembre 2001, l’Algérie qui l’a vu naître, mais surtout ses missions antérieures : la Bosnie, le Polisario, Lamentin ou encore Tacaud et le Liban. C’est sur cette mission qu’il s’attarde le plus, établissant des rapprochements avec sa condition et ses découvertes en Somalie. Beyrouth : cette ville le fait espérer. Lors de l’attentat du Drakkar, le 23 octobre 1983, il était commandant de la 2e compagnie du 6e régiment d’infanterie parachutiste, c’est sur une terrasse aux premières loges qu’il a vécu la destruction de ce bâtiment abritant les parachutistes français.  Paul réussit à garder son sang-froid grâce à son expérience : il a été entrainé à s’enterrer, à rester plusieurs jours sous terre, à économiser ses vivres, etc..  Pour ne pas s’endormir il chante, il raconte, il prie et la prière des para l’accompagne dans ce qu’il pense être les derniers instants de sa vie. Après s'être laissé aller à cette lecture rétrospective de son existence, le guerrier pense à sa femme, à ses enfants et se promet qu’il arrêtera les missions à hauts risques. Mais après cette ultime prière, il entrevoit une lumière, comme celle de la mort, mais non, au contraire, c’est la vie, la délivrance. Paul est secouru au bout de 38h. Alors il reprend des forces et termine sa mission avec brio. Le réseau terroriste est neutralisé.

Ce roman joue incontestablement sur les émotions, mais il est souvent saisissant et l'on vit avec le héros, au rythme de ses missions, de ses souffrances, de ses pensées les plus personnelles. Dans une certaine mesure, et au regard de ce qui a pu être publié par ailleurs, il fait assez clairement percevoir ce que peuvent ressentir ces hommes, qui ne sont pas des "surhommes" mais des cadres très professionnels et très motivés.

Domitille POIRIER

Editions du Rocher, Monaco, 2013, 294 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-268-07541-9.

Actualité romancée
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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 07:00

L'affaire Farewell

vue de l'intérieur

Raymond Nart et Jacky Debain

"L'affaire Farewell", puisque c'est ainsi qu'elle est connue, a déjà fait l'objet (bien que relativement récente) d'une abondante littérature, mais souvent "fantasmée" et c'est à notre connaissance la première fois qu'elle est racontée et replacée dans son (ses) contexte(s) par les acteurs eux-mêmes.

On se souvient que le recrutement (un peu par hasard d'ailleurs) du colonel Vladimir Vetrov, haut responsable du complexe militaro-scientifique soviétique, fut considéré comme le plus grand succès français de la guerre froide dans le domaine du renseignement. Raymond Nart et Jacky Debain furent en effet de bout en bout, dès le printemps 1981, les responsables de ce dossier à la DST, dont ils connaissent parfaitement bien les usages, les rouages, les cadres et agents. Le récit qu'ils nous livrent n'en est donc que plus intéressant. Très détaillé, écrit dans un style clair et dynamique (chacune des sept parties du livre est divisée en six à neuf brefs chapitres), l'ouvrage présente aussi l'intérêt, au-delà de l'affaire elle-même dont chaque phase est décrite avec précision, de proposer de nombreux "coups de projecteur" sur l'environnement : politique française (rapport présidence de la République/Intérieur/Défense), système soviétique, relations avec les Etats-Unis, rapports entre les services français, etc. On reste par exemple étonné du peu de moyens mis à la disposition de la toute petite équipe chargée "d'exploiter" cette source essentielle, qui a pourtant permis aux Français de "lire par-dessus l'épaule d'Andropov". On constate qu'au plus haut niveau de l'Etat, l'affaire est conduite par un ou deux hommes seulement, avec l'aval du président de la République, le soutien discret du chef d'état-major des armées, mais que Charles Hernu, ministre en titre, est considéré comme peu fiable et laissé en dehors de l'affaire (tandis que le ministre des Affaires étrangères "ergote"). On en apprend également un peu plus sur le programme de "guerre des étoiles" soviétique, condamné à stagner par manque de moyens. Plus humoristiques, les quelques lignes consacrées ici ou là à l'action des services soviétiques à Paris ne manquent pas de saveur. De même, on se rend compte que le débriefing aux Etats-Unis d'un important officier soviétique passé à l'Ouest a été conduit par ... une taupe du KGB au coeur même de la CIA et que c'est très vraisemblablement à une infiltration du même ordre que l'existence de Farewell sera connue des Soviétiques via Washington ! Mais pourquoi ce nom de code, Farewell : les deux auteurs l'expliquent au début du livre : pour donner une consonnance anglo-saxonne au dossier et détourner l'attention vers d'autres horizons en cas d'indiscrétion.

Par ailleurs, l'ouvrage se termine sur quelques photos et documents reproduits pro-format ajoutés en annexe, et sur une bibliographie assez large qui permet d'aller plus loin. Bref, un volume tout-à-fait passionnant : quand l'histoire se lit comme un roman. Une contribution très utile à la connaissance de ces milieux et de cette période, dont on devrait pouvoir commencer (c'était il y a plus de trente ans...) en croisant les sources désormais nombreuses à rédiger le déroulement précis.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013, 336 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-36583-841-2

Succès français
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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