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29 janvier 2016 5 29 /01 /janvier /2016 06:00

Mahomet et Charlemagne

Henri Pirenne

Effet de mode avec les difficultés internationales actuelles, ou simple "redécouverte" d'un ouvrage un peu ancien au prisme des conflits moyen-orientaux ? Toujours est-il que ce livre, paru en 1937, donne une interprétation peu courante du passage de l'empire romain au Moyen-Âge : les invasions barbares n'y seraient pour rien et il faudrait en rechercher la cause dans l'irruption de l'Islam en Méditerranée au VIIe siècle.

Sur la forme tout d'abord : le style est vif, les phrases courtes, mais souvent péremptoires et ne laissant la place à aucune discussion. L'auteur affirme et mène sa démonstration comme celle d'une équation mathématique. Des formules comme "En réalité", "On peut affirmer", etc... scandent de brefs paragraphes qui ne laissent pas vraiment la place à d'autres interprétations, même si Henri Pirenne reconnaît ici ou là que les sources manquent et qu'il s'agit parfois de suppositions qu'il veut logiques. Ceci étant dit, le livre est d'une extraordinaire richesse factuelle pour quiconque s'intéresse à l'histoire de l'Europe entre les Ve et IXe siècles. S'appuyant sur une connaissance quasi encyclopédique de cette époque, pratiquant avant l'heure une histoire globale qui accorde une place importante à l'économie, aux mouvements des populations, à la circulation monétaire ou à l'organisation politique, l'auteur commence par expliquer que, contrairement à une croyance largement répandue, la civilisation romaine perdure longtemps en Occident après la fin théorique de l'empire romain lorsque Odoacre dépose Romulus Augustulus en 476. Il s'appuie pour cela sur l'analyse des flux économiques d'Afrique et d'Orient vers l'Europe occidentale et le statut que les souverains barbares acceptent, voire revendiquent, par rapport à l'ancien empire, dont subsiste à Byzance l'expresson orientale. C'est avec l'expansion de l'Islam en Méditerranée au VIIe siècle que, selon lui, la situation se dégrade rapidement, les Occidentaux perdant la maîtrise des voies maritimes, alors que les questions politiques aussi bien que religieuses empoisonnent les relations entre autorités religieuses et pouvoir séculier aussi bien qu'entre Constantinople et Rome. Il accorde ainsi une place essentielle à "l'unité méditerranéenne", dont la disparition favorise l'émergence d'un nouvel empire centré sur le nord de l'Europe (au détriment des provinces méridionales qui s'appauvrissent), celui de Charlemagne : "La transition a été longue. On peut dire qu'elle occupe tout le siècle, qui va de 650 à 750. C'est pendant cette période d'anarchie que la tradition antique se perd et que les éléments nouveaux prennent le dessus. L'évolution s'achève en 800". On peut certes discuter la thèse ("Sans l'Islam, l'empire franc n'aurait sans doute jamais existé, et Charlemagne sans Mahomet serait inconcevable"), mais il faut aussi reconnaître que la précision des descriptions, des données chiffrées, etc. est impressionnante. On est avec le duc de Bénévent en lutte contre les rois lombards, avec le pape dans ses difficiles rapports théologiques et temporels avec Constantinople pour rester le premier prince de l'Eglise, avec les derniers Mérovingiens et les premiers Carolingiens, dans Gènes pillée par les Arabes, avec Bélisaire rétablissant la prééminence de l'empire en Italie ou avec Charles en guerre contre les Frisons ou les Saxons, etc.

Un ouvrage indiscutablement important, dont il faut savoir qu'il a été très critiqué ; qu'il faut lire attentivement tout en le complétant avec les apports de l'historiographie depuis une soixantaine d'années. Mais une indiscutable mine de renseignements.

'Texto', Tallandier, Paris, 2016, 363 pages, 8,- euros.

ISBN : 979-10-210-1426-8.

Influences méditérranéennes

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1 octobre 2015 4 01 /10 /octobre /2015 06:00

Bertrucat d'Albret

ou le destin d'un capitaine gascon du roi d'Angleterre

pendant la guerre de Cent Ans

Nicolas Savy

Nous écrivons souvent qu'il ne faut jamais oublier la richesse des productions régionales et l'importance de ces historiens quis se disent trop modestement "locaux". En voici une nouvelle preuve avec cette excellente biographie d'un personnage haut en couleurs, grand capitaine et acteur essentiel de la guerre de Cent Ans dans le grand Sud-ouest. Nous chroniquions il y a quelques mois le très intéressant Robert de Sarrebrück, ou l'honneur d'un écorcheur, de Valérie Toureille (ici), dont les évènements se déroulent sur les marches de l'Est entre le royaume de France et l'empire germanique, voici une véritable avancée dans notre connaissance des évènements et des opérations militaires entre le Quercy et l'Espagne.

Fin connaisseur du Moyen-âge et de la guerre de Cent Ans dans sa région, Nicolas Savy nous offre en effet plus qu'une biographie. Si Bertrucat d'Albret est bien sûr au coeur du livre, dont il constitue le personnage principal et le fil rouge, l'auteur sait en effet s'intéresser plus largement à la société du temps, à la question des lignages et des fidélités entre suzerain et vassal, et surtout aux aspects proprement militaires et tactiques de cette "petite guerre" dans la grande. Issu "par la cuisse gauche" de l'une des plus grande famille d'Aquitaine, il appartient à la branche fidèle au roi d'Angleterre et duc d'Aquitaine, au service duquel il met ses châteaux et son épée. C'est dans la deuxième partie des années 1350 que se développe son épopée régionale, à partir d'une chevauchée dans la région de Figeac. Dès lors, sa carrière se développe jusqu'en Castille avec Du Guesclin puis le prince Edouard, pillant et rançonnant au fil de ses déplacements presque constants,mais se constituant aussi au fil du temps un patrimoine important. Entre Franco-Castillans et Anglo-Gascons, les accrochages, embuscades, prises de villages et de châteaux se succèdent : Bertrucat d'Albret est devenu "une figure marquante du milieu militaire anglo-gascon", célèbre pour son courage et pour son audace, dont les alliances locales et les traités plus ou moins familiaux font régionalement un acteur incontournable de la lutte entre les deux royaumes : "Il installait en quelque sorte un système féodo-vassalique parallèle et, s'il ne tirait pas forcément parti financièrement de toutes les actions réalisées par les chefs routiers, il n'étendait pas moins son pouvoir sur un large territoire en s'appuyant sur la clientèle qu'ils constituaient ... On pouvait considérer qu'il rassemblait sous sa bannière les capitaines qui le reconnaissait comme supérieur tout comme un suzerain aurait rassemblé ses vassaux". Après une campagne en Navarre puis de nouvelles opérations dans le Périgord, il se lance aussi dans les affaires commerciales, et en particulier le commerce du vin avec Londres, où il séjourne longuement. Parvenu au faîte de sa puissance au début des années 1380, il est l'un des principaux représentant du roi d'Angleterre dans le Sud-ouest et se bat désormais autant sinon plus sur le terrain juridique pour faire reconnaître ses droits (ou ceux qu'il estime devoir lui revenir) sur telle ou telle propriété ou pour telle ou telle charge officielle, que sur le champ de bataille.

Fidélité à son lignage, fidélité au roi d'Angleterre, fidélité à l'organisation hiérarchique de la société féodale : "Si Bertrucat se distingue des autres membres de la noblesse, ce n'est pas tant par ses activités guerrières -ce n'était finalement qu'une façon de faire la guerre- que par la durée, l'intensité et la diversité de sa carrière. Il fut en effet de tous les combats pendant plus de trente ans, ... en cela sa vie fut une véritable chanson de geste où l'esprit d'aventure fut omniprésent". Une belle et riche biographie, toujours référencée, illustrée de cartes, qui mérite d'être largement connue. Sans compter que ces randonnées du Quercy à l'Ardèche et en Castille vous ont un goût d'aventures...

Editions Archeodrom, Pradines, 2015, 476 pages, 30,- euros.
ISBN : 978-2-9534952-3-2.

Routier et capitaine

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14 septembre 2015 1 14 /09 /septembre /2015 06:00

Réédition en format poche de deux ouvrages intéressants

Les Plantagenêts

Origines et destin d'un empire

Jean Favier

Paru pour la première fois en en 2004, cet ouvrage de l'un des plus grands spécialistes de la période nous présente toute l'histoire d'une dynastie exceptionnelle qui connaît son âge d'or entre Aliénor d'Aquitaine et Richard Coeur de Lion, et dont les possessions s'étendent finalement des Pyrénées à l'Irlande. Une analyse à la fois chronologique et thématique qui n'oublie jamais le contexte, cette société du Moyen-Âge avec ses liens de féodalité et sa diplomatie familiale. Un plaisir de lecture et une grande richesse sur le fond.

'Texto', Tallandier, Paris, 2015, 960 pages. 12,90 euros

ISBN : 979-10-210-0881-6.

L'ordre des Templiers

John Charpentier

A propos de la même époque, une histoire (régulièrement rééditée en France depuis 1977) de l'ordre le plus célèbre de moines-soldats pendant les croisades. Plutôt spécialiste des biographies des grands hommes du XVIIIe et du XIXe siècles, John Charpentier nous propose une histoire somme toute classique des deux siècles d'existence de l'ordre du Temple et de son organisation, en Orient comme en Occident. Plusieurs annexes ("Pièces justificatives") complètent le livre, qui s'intéresse à la fois à la vie quotidienne des chevaliers et aux questions géopolitiques de l'époque. 

'Texto', Tallandier, 2015, 364 pages, 10,- euros.

ISBN : 979-10-210-0878-6.

Moyen-ÂgeMoyen-Âge

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3 juin 2015 3 03 /06 /juin /2015 06:00

Secrets et mystères des Templiers

Gilles Van Grasdorff

Encore un livre sur les Templiers et, bien sûr, sur leurs "mystères", nous annonce le titre. En lisant la bibliographie personnelle de l'auteur au début de l'ouvrage, on se rend compte que l'essentiel de ses nombreux ouvrages concerne le Thibet et le Dalaï Lama, et parmi les derniers titres publiés on voit passer les secrets de l'île de Paques et les SS dans l'Himalaya. L'introduction fait longuement référence à Marcel Jullian et à son adaptation des Rois maudits, évènement télévisé mais sans doute pas référence historique. L'étonnement augmente lorsque l'on trouve Le matin des magiciens de Pauwels et Bergier dans les notes de référence...

C'est donc avec une réserve certaine que la lecture du livre a été poursuivie. Peu à peu pourtant, on se prend à lire avec plus d'attention car l'auteur consacre très sérieusement certains chapitres à des aspects moins connus de la puissance templière. Ainsi, le développement de l'Ordre dans certaines régions (Provence, Lorraine, etc.), son rôle économique en Occident, la réalité de sa marine (thème très rarement abordé) et son rôle de banquier. On regrette toutefois que les très nombreuses informations mises bout-à-bout sur ces derniers sujets ne fassent pas l'objet d'une analyse plus développée. On apprend que le Temple reçoit de tels et tels seigneurs et nobles une maison ici, un champ là, un moulin ailleurs, mais on attend une synthèse qui ne vient pas. Tout cela pour quoi ? Qu'est-ce que cela représente ? Quel est le poids relatif de cette puissance économique dans l'équilibre des forces dans certaines régions ? De même, la dernière partie, "Tempêtes", précise-t-elle avec beaucoup de détails les longs déplacements à travers l'Europe que Jacques de Molay entreprend à la fin du XIIIe s., dans les mois qui précèdent les arrestations et le procès, mais sans en tirer d'enseignements généraux : pour quel objectif ?, avec quel résultat ? Et si le récit des arrestations effectuées partout le même jour pour abattre la puissance de l'Ordre est intéressant, la conclusion enfin manque singulièrement d'ampleur.

Un sentiment finalement mitigé donc pour ce livre qui donne indiscutablement beaucoup d'informations. Un livre que l'on pourra utiliser comme "source indirecte" pour compléter d'autres travaux. Mais, finalement, bien peu de "secrets" ou de "mystères", sans parler de "trésor"...

Presses du Châtelet, Paris, 2015, 299 pages. 19,95 euros.

ISBN : 978-2-84592-605-9.

Ordre du Temple

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11 mai 2015 1 11 /05 /mai /2015 06:00

Jeanne d'Arc

Une mission inachevée

François Sarindar-Fontaine

Après une biographie de Lawrence d'Arabie que nous avions chroniqué (ici), François Sarindar-Fontaine s'intéresse à une toute autre période et à un tout autre personnage, même si celui-ci appartient aussi à la cohorte des héros idéalisés et des "hommes" de guerre devenus mythiques avant même leur mort ou peu après.

Bien qu'il s'en défende aux premiers mots de son introduction, l'auteur nous propose une biographie (presque) complète de la bergère lorraine déclarée sainte et protectrice de la France, en insistant bien sûr sur les quelques mois de son épopée mystico-politico-militaire qui constituent l'essentiel de l'ouvrage, mais au-delà encore il décrit avec précision la situation politique générale dans le royaume au début du XVe siècle. Il suffit pour s'en convaincre de lire le début du premier chapitre qui explique, clairement mais en détail, l'extrême complexité de la situation juridique et politique du village de Domrémy à l'époque, écartelé entre le Saint-Empire romain germanique et le royaume de France, entre le duc de Lorraine et celui de Bourgogne. Au fil des pages, François Sarindar-Fontaine tente d'éclaircir différents points obscurs ou contestés sur les origines, l'engagement et la brève vie de Jeanne à partir de très nombreuses citations, qu'il commente, analyse et critique pour tenter de démêler le vrai du faux. Une chose est sûre, jusqu'à sa rencontre avec le roi Charles, suppositions et conjectures sont particulièrement nombreuses, mais elles ne cessent pas par la suite. Les grands personnages du moment, comme de La Trémoille et Renaud de Chartres, exercent une influence non négligeable sur le "roi de Bourges" et son environnement immédiat et tiennent une place importante dans ce volume, mais c'est toute une galerie de portaits qui nous est proposée, unb véritable tour d'horizon des ducs, princes et chevaliers du temps, au prix parfois de nombreuses digressions. Pour ma part, je reste assez dubitatif sur l'importance à accorder à "la main divine" qui aurait guidé la Pucelle dans ses pas et ses actes, mais l'auteur tient globalement bien l'équilibre entre une conception très religieuse du récit et une analyse très factuelle et basiquement logique. Dans le récit qu'il fait de la campagne et des opérations qui suivent durant l'année 1429, il n'omet pas d'évoquer à plusieurs reprises les difficultés ou les divergences qui surgissent entre Jeanne et ses compagnons masculins, les chefs militaires effectifs, et critique même son absence de sens de la manoeuvre : elle entraîne et stimule le courage, mais ils mènent les assauts. L'auteur revient également sur la préparation, les modalités et la conduite des opérations autour de Paris, que suivent des semaines de quasi "nomadisation" et de relative inaction. L'heure est aux négociations et le roi Charles a désormis une analyse plus politique de ses rapports avec le duc de Bourgogne aussi bien que de leur évolution à moyen terme. L'heure de Jeanne est-elle déjà passée ? Serait-elle considérée comme un atout que le roi conserve dans sa manche, en réserve ? C'est l'époque où la Pucelle et ses frères auraient été annoblis, événement sur lequel l'auteur est plus que dubitatif. Il accorde d'ailleurs à ces frères, en particulier Jean et Pierre, une place relativement importante dans le livre, ce qui contribue aussi à remettre Jeanne en situation. Au début de l'année 1430, "le parti de la guerre n'a plus le vent en poupe" et seule une petite troupe (qui s'étoffe cependant peu à peu) entoure Jeanne durant le printemps, de Lagny à Melun et de Senlis à Compiègne, ville près de laquelle elle est faite prisonnière (les circonstances et les questions qui entourent cet événement sont largement détaillées). Le récit se termine ici, et le livre se referme sur un épilogue qui rappelle brièvement les conditions de sa détention, son transfert à Rouen, l'instruction puis le procès, sur lequel il revient et dont il souligne les ambiguïtés avant de "régler leur sort" à ceux qui imaginent que Jeanne ait pu survivre.

Un livre passionnant, dense, précis, qui replace un élément important du "roman national" dans le contexte de son temps. Un livre qui pose beaucoup de questions au fil des pages, même si l'auteur n'hésite jamais à donner son avis en expliquant pourquoi il fait le choix de telle ou telle hypothèse.  

L'Harmattan, Paris, 2015, 317 pages, 33 euros.

ISBN : 978-2-343-05900-6.

La Pucelle d'Orléans

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24 février 2015 2 24 /02 /février /2015 06:00

Les Hospitaliers

De Jérusalem à Rhodes, 1050-1317

Alain Demurger

Réédition en format poche d'un volume paru en 2013 et que nous avions alors aussitôt chroniqué (ici), article que nous vous invitons à retrouver. Toujours aussi excellent, toujours aussi essentiel pour quiconque s'intéresse à cette période et à ces thématiques. Vivement conseillé à petit prix !

Coll. 'Texto', Tallandier, 2015, 614 pages. 12,80 euros.

ISBN : 979-10-210-0848-9.

Moines soldats

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14 février 2015 6 14 /02 /février /2015 06:00

Qu'est-ce que la féodalité ?

François L. Ganshof

Réédition d'un ouvrage déjà ancien, mais qui est un véritable classique. Paru pour la première fois en 1944 mais constamment réédité (dans de nombreux pays) depuis, il a été actualisé et mis à jour (pour son édition allemande) jusqu'à la fin des années 1970.

Il s'agit donc pas d'une nouveauté éditoriale, mais bien d'un livre de référence, dont l'intérêt (majeur) est inversement proportionnel au poids (léger). L'auteur ne s'intéresse pas à la vie des seigneurs, princes et chevaliers, à la guerre et aux "cours d'amour" ou à la construction des châteaux-forts, mais à la naissance et au développement juridique et culturel de la féodalité comme organisation de la société, dans ses aspects juridiques (et parfois culturels), dans son fonctionnement, dans les diverses formes de rapports de suzerain à vassal, etc. S'appuyant sur un très large corpus de citations extraites des textes originaux (en bas latin, toutes traduites), il s'intéresse essentiellement, après avoir identifié rapidement les origines du système féodal dans la monarchie franque, à la féodalité carolingienne (deuxième partie), puis à la féodalité classique à partir du Xe siècle. Point tout à fait intéressant, il compare très fréquemment les situations qui existent dans le royaume de France, mais aussi en Angleterre, dans les pays allemands et ce qui deviendra la Belgique, voire ponctuellement en Italie. Quelques points particuliers méritent absolument que l'on s'y attarde : la notion de fidélité dans le lien de vassalité, qui peut déboucher sur une opposition au roi lorsque il y a "sous-vassaux" successifs ; les fiefs remis littéralement "en viager" et les règles de succession qui seront instituées lorsque l'héritier présomptif est un enfant ou une femme, les fiefs particuliers (ecclésiastiques par exemple), etc.

Un texte serré, dense, riche, que chaque amateur du Moyen-Âge doit connaître mais qui au-delà intéressera aussi tous ceux qui se passionnent pour les relations que les (plus ou moins) "grands" entretiennent avec les royaumes modernes naissants et l'émergence des grandes monarchies européennes.

Coll. 'Texto', Tallandier, 2015, 315 pages, 10 euros.

ISBN : 979-10-210-0849-6.

Féodalité

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5 février 2015 4 05 /02 /février /2015 05:42

Les Plantagenêts et leur empire

Construction d'un territoire politique

Fanny Madeline

A travers le prisme de la construction territoriale de l'empire Plantagenêts, qui a marqué aussi bien les îles britanniques que la France, Fanny Madeline nous aide également à comprendre comment évoluent la notion de monarchie et le pouvoir royal autour du XIIe siècle.

Ouvrage scientifique et référencé, le livre s'ouvre sur une première partie (peut-être un peu laborieuse pour le non-spécialiste) qui présente dans le détail l'organisation du pouvoir des Plantagenêts, le fonctionnement et le financement de leurs Etats, l'administration de leurs domaines et la garde de leurs châteaux. La seconde partie s'intéresse aux relations de pouvoir entre le monarque et l'Eglise, le monarque et les villes, le monarque et les féodaux ; c'est-à-dire qu'elle s'attache à recherche comment les souverains Plantagenêts struturent et organisent en quelques dizaines d'années leur pouvoir. Pour ce faire, l'auteure attache une importance particulière aux décisions prises dans le domaine "immobilier" (constructions, destructions, aménagements, pour les châteaux et grandes voies de communication), ce qui lui permet de traiter aussi des rapports d'influence relatifs entre les différentes communautés ou groupes qui peuplent les territoires du roi Richard ou du roi Jean. La troisième partie s'attache à la question des frontières de ce territoire composite et de sa protection dans les "marches" d'Anjou, d'Aquitaine et de Normandie, mais aussi en Pays de Galles, face à l'Ecosse ou à l'Irlande, face à des vassaux remuants, des voisins ambitieux et aux rois de France. Du comté de Toulouse au Berry et au Vendômois, les Capétiens ne sont jamais bien loin et souvent derrière nombre d'oppositions aux Plantagenêts, d'où une nécessité complémentaire pour "armer" et "garnir" des frontières parfois floues et pour le moins peu stables. La quatrième et dernière partie enfin s'intéresse à un procédé particulier de gouvernement, qui est celui du déplacement du souverain, de sa cour et de sa haute administration d'un territoire à l'autre, à un rythme soutenu, ce qui pose des difficultés particulières de liaisons et de soutien. Il y a ainsi non pas une mais des "capitales", mais "alors qu'elle est restée plutôt aux marges des activités de la cour tout au long de la période, Londres devient progressivement le point focal autour duquel l'administration royale tend progressivement à se concentrer", même si le souverain réside plus souvent sur ses terres continentales. Dans les différentes grandes villes où ils résident, les rois Plantagenêts témoignent de leur grandeur et de leur puissance par la construction ou l'aménagement de châteaux mais aussi par la mise en scène de cérémonie qui impressionnent les contemporains. Au terme d'une longue période de crise toutefois, cette époque se termine par l'émergence des principes qui seront à la base du développement particulier de la monarchie britannique. Nouvel héritage laissé par les rois Plantagenêts.

Outre les classiques annexes, index et références de source et de bibliographie, le livre se termine sur un série de cartes et graphiques très éclairants (dont on peut regretter qu'ils aient été rassemblés en fin de volume pour des raisons d'impression sans doute). Un volume très solide qui passionnera tous les amoureux du Moyen Âge et tous ceux qui garde de l'empire Plantagenêts un souvenir nimbé de rêves.

Presses universitaires de Rennes, 2014, 368 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-7535-3494-0.

De l'Ecosse aux Pyrénées

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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 05:45

Le bourgeois de Paris au Moyen Âge

Jean Favier

La réédition (première parution en 2012) de cette véritable somme du plus grand historien français du Moyen Âge récemment décédé témoigne de toute l'importance, de la profondeur, de la densité des connaissances acquises au cours d'une vie de recherche et de travail.

Avec une exceptionnelle maîtrise de toutes les évolutions de la période, l'auteur nous entraîne ainsi dans un parcours urbain, social, politique, qui court sur plusieurs siècles. La démarche est tout-à-fait pédagogique, les termes sont définis et le cadre est posé en début d'ouvrage. Grâce en particulier à sa position géographique et à la richesse de ses marchands, Paris change à partir de Philippe Auguste, avec le développement d'une enceinte fortifiée co-financée et entretenue par les bourgeois de la ville, qui doivent également en assurer la garde. Leur position au regard du pouvoir politique est donc tout-à-fait particulière. Dans un style toujours clair, parfaitement agréable à lire, le livre s'organise ensuite en grandes thématiques, qui permettent de mesurer les évolutions dans l'organisation politique et administrative ; la répartition sociologique de la population et l'influence réciproque de chaque catégorie ; les crises et guerres successives en particulier avec le rôle du Prévôt des marchands, pendant la querelle des Armagnacs et des Bourguignons et la guerre de Cent ans ; les questions économiques, avec l'organisation des professions, le commerce de détail, les sujets financiers, fiscaux et budgétaires, et un original chapitre sur le thème du marché de l'art et du rapport des bourgeois à l'art. Jean Favier passe ensuite du collectif à l'individuel, du général au familial : il traite des modifications et transformations qui touchent le tissu urbain (distinction très tôt entre "rive droite" et "rive gauche"), puis de la vie des diverses composantes de la bourgeoisie (administrative, intellectuelle, marchande, financière, etc.) et enfin de la vie quotidienne du bourgeois en tant que tel, entre famille, enfants, travail, loisirs et repos, pour conclure sur les relations entretenues avec la religion et avec la vie intellectuelle. Au fil des pages, l'auteur revient à plusieurs reprises sur le rapport de la ville et de ses bourgeois au roi et à la monarchie, et l'on sait que cette dualité persistera jusqu'à la Fronde et au-delà.

C'est passionnant, bien écrit, simple et riche, clair et dense. Un must pour quelques euros. 

Coll. 'Texto', Tallandier, 2015, 831 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0847-2.

Une capitale au microscope

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7 janvier 2015 3 07 /01 /janvier /2015 06:00

Robert de Sarrebrück

ou l'honneur d'un écorcheur

(v. 1400 - v. 1462)

Valérie Toureille

Voici un livre que tous les amateurs d'histoire du Moyen-Âge finissant se doivent de lire. Avec une très grande érudition, Valérie Toureille fait revivre pour nous l'un des seigneurs les plus caractéristiques (et en même temps déjà en décalage) de son temps.

Après une solide introduction qui restitue la situation de l'époque en Lorraine et présente en particulier le corpus d'archives étudiées, un premier chapitre s'attarde sur la famille et la jeunesse du Robert "de Sarrebruche", entre territoires germaniques et royaume de France (Commercy), son éducation et sa proximité (y compris familiale) avec le "parti orléannais" : s'il "recueillit les domaines de son père, il hérita aussi de ses querelles, de ses dettes et de ses fidélités". Dès avant l'âge de vingt ans, il se lance dans la "petite guerre" autour de ses terres : "Dès l'année suivante ce furent trente-trois hommes de guerre de Durand de Saint-Dié qui furent saisis lors d'une bataille rangée à Maxey, avant d'être conduits dans les prisons de Commercy et mis à rançon". Le second chapitre retrace les campagnes et opérations militaires de Robert de Sarrebrück, toujours sur fond de rivalités politiques entre le faible royaume de France et ses voisins, et insiste en particulier sur la notion de "guerre privée", au titre d'une dette impayée par le duc de Bar : "Il existait dans la tradition lorraine une coutume qui permettait de recourir aux armes lorsque l'on s'estimait lésé par une créance non honorée. C'est fort de cet usage que Robert envisagea d'agir par le fer et le feu, plutôt que de saisir les tribunaux, comme un créancier l'aurait sans doute fait en France". Pendant dix ans, raids et coups de mains se succèdent pour faire céder les détenteurs successifs du duché de Bar, le tout sur fond de rivalités locales multipliées par le système de vassalité (duché de Bourgogne) et les alliances familiales. Se posent également de nombreuses questions de propriétés (qui impliquent des revenus mais aussi une éventuelle souveraineté), qui accaparent l'attention de Robert de Sarrebrück ; et après le retour de temps plus apaisés celle de la liquidation des bandes de routiers et de l'indemnisation de leurs exactions. Sa fidélité au roi de France lui vaudra de terminer sa vie dans un calme relatif et avec une aisance retrouvée. A partir de cette partie biographique, Valérie Toureille développe son étude dans deux dimensions originales : le chapitre III traite de Robert de Sarrebrück comme "Entrepreneur de guerre" et la quatrième des rapports entre le droit et la guerre à l'époque. Ceci nous donne quelques excellentes pages sur la guerre au Moyen-Âge, qu'il s'agisse des questions financières ("Combattre n'était pas seulement un jeu ou une passion, une manière de maintenir son rang ou de se conformer à une identité, c'était aussi une stratégie économique, dans laquelle le seigneur de Commercy investissait et dont il attendait le meilleur retour"), ou des normes juridiques ("La société en guerre dans laquelle vit Robert de Sarrebrück est totalement balisée par le droit, et même par un droit écrit, qui oblige le plaideurà compiler l'abondante documentation des mémoires, des requêtes, des preuves et des décisions pour des affaires qui se traînent parfois sur des dizaines d'années, voire sur plusieurs générations"). Au terme de son ouvrage, elle livre donc un portrait nuancé de l'homme dont "la violence (du) comportement se mesure à l'aune de l'époque qui fut le sienne : Philippe Contamine avait osé l'expression 'corsaires de terre' ; elle lui convient à merveille".

Une passionnante lecture. Un livre tout-à-fait recommandé aux amateurs de la période (et même au-delà à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de la guerre en Europe).

Presses universitaires de Rennes, 2014, 272 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-7535-3477-3.

Homme de guerre

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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