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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 07:00

Du Golfe à la Libye

20 ans d'opérations aériennes

Patrick Facon

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S'ouvrant par une préface du chef d'état-major de l'armée de l'air et co-produit avec l'ECPAD, cet album n'est certes pas un livre d'histoire au sens strict du terme. Il s'agit bien d'un album de prestige de l'armée de l'air visant à sa propre promotion. Mais, comme les ouvrages sur les opérations conduites depuis une vingtaine d'années sont encore assez rares, l'ouvrage est à prendre comme un outil de travail utile, à charge pour chacun de relativiser "le poids des mots" par "le choc des photos" (ou le contraire !).

Divisé en 8 chapitres, il entraîne le lecteur de "L'armée de l'air au sortir de la guerre froide" à "L'Afghanistan, un enjeu majeur", en passant par toutes les mutations et transformations, et bien sûr les grands engagements de la guerre du Golfe et des Balkans pour se terminer par quelques pages sur la Libye. Au fil des pages, des "Focus" permettent de faire le point sur certains éléments particuliers : "Le plan Air 2010", "Artémis, première opération de projection européenne", "La base d'Istrana", "Les drones Harfang à Bagram", etc.

Les amateurs de "machines volantes" y trouveront matière à assouvir leur passion, tant les photos sont pour tout dire exceptionnelles, tandis que les historiens pourront "picorer" de nombreuses informations sur des opérations dont les archives sont encore, et pour longtemps, classifiées. Un très bel album qui peut également faire un joli cadeau.

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17 mai 2012 4 17 /05 /mai /2012 07:10

Le génie en Afghanistan 2001-2011.
Adaptation d’une arme en situation de contre insurrection
 

GENIE-AFGHA.jpg

Christophe Lafaye, actuellement en deuxième année de thèse de doctorat auprès du laboratoire CHERPA de l'IEP d'Aix-en-Provence, nous propose un point de situation (cliquer ici pour accéder à l'article complet) de l'avancement de ses travaux. Il nous semble d'autant plus intéressant de le porter à la connaissance des jeunes chercheurs que sa démarche s'inspire d'une méthodologie tout-à-fait rigoureuse et s'appuie à la fois sur une importante documentation écrite (d'origines très diverses) et sur une très riche campagne de recueil de témoignages (histoire orale).

A partir d'un sujet d'histoire militaire (très) contemporaine, il peut ainsi aborder des problématiques aussi diverses que l'étude des nouveaux conflits et des évolutions doctrinales par rapport aux expériences antérieures, la question des équipements et de la technicité requise, les problèmes de la formation des hommes et de l'emploi des unités, sans compter les aspects moraux (voire sociaux) liés à l'absence des soldats de leurs foyers puis à leur retour au terme du mandat.

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 08:15

Kolwezi, la part de la Légion

Film de Frédéric Bouquet

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Le film retrace, à partir d'images d'archives et de témoignages récents de militaires ayant participé à l'opération, la chronologie qui a conduit à l'intervention sur Kolwezi, puis l'opération elle-même. Dès le 17 mai 1978, le 2e REP de Calvi est placé en alerte Guépard. Les compagnies se préparent et se rendent sur la base aérienne de Solenzara, où elles perçoivent leur matériel. Le volume des munitions à embarquer laisse à penser que l'opération envisagée sera majeure. Le documentaire insiste sur l'importance de la décision politique, qui permet à l'armée française d'intervenir avec des ordres précis : une opération ponctuelle sur la ville de Kolwezi, ville minière où réisdent de nombreux Européens et dont les rebelles katangais se sont emparés, afin de rétablir la sécurité et de protéger les ressortissants.

Le 18 mai, les troupes arrivent au Zaïre et dès le lendemain sécurisent la ville, ultérieurement aidés par l'armée belge pourle regroupement des ressortissants. Le 20 mai, la deuxième vague est lancée sur Kolwezi. Grâce aux documents d'époque et aux témoignages, le film s'efforce de montrer comment cette opération a pu être menée sur le terrain et pour quelle raison il était indispensable d'agir vite et discrètement.

 

Kolwezi. Chronique d'une prise d'otages

Film documentaire de Véronique Lhorme et Marc Nardino

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Ce documentaire permet, à travers les témoignages des militaires français et belges intervenus à Kolwezi, mais aussi des ressortissants européens qui habitaient la ville, de retracer ce que fut la vie avant, pendant et après les combats.

Le film s'attarde également sur les débats qui, à Paris mais surtout à Bruxelles (où le gouvernement de coalition a d'abord besoin d'unité politique), tendent à retarder le début de l'opération. Le président Giscard d'Estaing fait pour sa part le choix d'une intervention rapide, sans débat public, pour préserver le secret et éviter de mettre davantage en danger la vie des ressortissants.

L'intervention du 2e REP puis des paras-commandos belges permet de sauver quelques 2.600 personnes, rapatriées en 48 heures. La "campagne de Kolwezi" se solde finalement par 121 victimes européennes, dont 6 coopérants militaires français. Quant au 2e REP, il restera dans la ville jusqu'au 14 juin et comptera finalement 5 morts. L'opération Bonite a été la dernière grande opération aéroportée de l'armée française.

 

Ces deux documents audiovisuels sont disponibles sur le catalogue de l'ECPAD.

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27 mars 2012 2 27 /03 /mars /2012 05:00

Harmattan

Jean-Marc Tanguy

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En publiant très rapidement ce petit livre, Jean-Marc Tanguy (journaliste spécialisé et animateur du blog Le Mamouth) fait oeuvre utile. On sait en effet d'expérience que le récit des opérations les plus récentes reste en France longuement couvert par une forme de secret (alors qu'aux Etats-Unis, par exemple, les services historiques des armées eux-mêmes -dans leur rôle de rédacteurs publics de l'histoire officielle- publient dans les mois qui suivent la fin d'une opération une première étude accompagnée de -quelques- reproductions de documents officiels).

On ne cherchera pas ici une analyse complète de l'ensemble de la crise libyenne de 2011 dans toutes ses composantes, il serait de toute façon trop tôt. Par contre, la première idée qui vient à l'esprit en ouvrant ce volume de 160 pages est qu'il s'agit d'un très bon travail de journaliste. Jean-Marc Tanguy se place au coeur des évènements, avec les acteurs, dans le détail des activités et des missions quotidiennes et décortique littéralement l'opération Harmattan.

Précipitation dans la réalisation du livre ? On regrette l'absence d'un sommaire ou d'une table des matières, ce qui accentue le caractère "reportage" de l'ouvrage. Le style est vif, dynamique, ne s'embarrasse pas de périphrases. Il fait le récit de la première vague aérienne par l'escadron 1.7 Provence le 19 mars, présente les centres de commandement et de suivi en métropole, revient sur les deux portes-avions français : le Charles de Gaulle et... la base de Solenzara en Corse. Réaliste et direct, il caractérise sans ambage l'action des uns et des autres au sein de la coalition : "L'Espagne fournit des moyens importants ... mais leur interdit les bombardements", l'Italie "reçoit à bras ouverts les euros et les dollars qui arrivent avec les avions. Cela tombe d'autant mieux que la saison estivale n'a pas encore commencé. Les militaires étrangers seront nettement moins bien accueillis une fois l'été arrivé". Au fil des jours et des semaines, on suit les hommes et les équpages dans l'action et la fatigue qui monte. L'auteur développe en quelques pages l'effort en matière de reconnaissance et de guerre électronique, consacre un chapitre à l'action des hélicoptères de l'ALAT, dresse un bilan relativement précis du total des missions conduites à la fin du mois d'août, évoque à plusieurs reprise "l'anarchie organisée qui caractérisait l'OTAN"  et l'empirisme dont il faut parfois faire preuve au quotidien, précise le rôle exact des Emiratis et des Qataris, etc.

En résumé, un riche volume d'investigation (probablement le résultat aussi de plusieurs années de travail concret sur les thématiques militaires) qui restera sans doute un outil de travail extrêmement utile jusqu'à ce qu'il puisse être confronté à une étude plus scientifique... lorsque les archives parleront.

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Du fait de l'originalité de ce livre et du caractère encore très proche des évènements, il nous a semblé intéressant de poser quelques questions à l'auteur.

Question : Vous soulignez le rôle des hommes, la place des individus dans ce succès, mais vous identifiez aussi ponctuellement les limites matérielles, des capacités d'actions polyvalentes réelles mais souvent très tendues. Dans quels domaines la situation vous paraît-elle la plus délicate ?

Réponse : Les grandes priorités du LBSDN [Livre blanc sur la sécurité et la défense nationale] n'ont pas été traduites en budgets et c'est particulièrement le cas dans le renseignement et ses différentes déclinaisons. C'est criant en matière de drones. On paie l'aveuglement des décideurs de la décennie précédente, qui n'ont pas vu ces vecteurs monter en puissance alors que, pourtant, la France est pionnière dans ce domaine, ce qui n'est pas le moindre des paradoxes. Mais la situation n'est pas forcément meilleure sur les autres capteurs. Il a fallu le harcèlement parlementaire d'un député, Jean-Claude Viollet (socialiste) pour qu'avance enfin le dossier prioritaire de l'intégration du pod ASTAC [Equipement de reconnaissance électronique permettant de transmettre les informations en temps réel] sur un autre vecteur que le Mirage F1CR, qui quitte le service en 2014. Plus globalement, on voit bien que le muscle entamé, l'os de nos armées l'est aussi déjà. L'effort que nous consentons chaque année ne permet plus de former suffisamment de spécialistes, qu'ils soient pilotes, interprètes-photos et officiers-renseignement. Nous sommes véritablement dans une situation capacitaire critique, qui ne nous permettra plus de reproduire, demain, une opération type Harmattan, sur une durée et un volume identique.

Question : Cette opération fut totalement intégrée au plan interarmées, mais elle n'a pas vu l'engagement de troupes au sol. L'interarmisation se fait donc autour des opérations dans la 3e dimension. Pensez-vous qu'elle soit aussi admise par tous que Harmattan semble le  montrer ?

Réponse : La grande et seule victoire de ces dernières années est la capacité à combiner les effet interarmées, pas seulement interarmes. On l'a vu à Abidjan, même si cela n'a pas fait les gros titres : l'armée de l'air a permis de ravitailler les troupes terrestres sur une plateforme aérienne du nord, sans quoi leur victoire n'aurait pas été possible. Et sans le BPC Tonnerre [Bâtiment de projection et de commandement], l'armée de terre n'aurait pas pu tenir non plus. Les guerres de boutons parisiennes pour savoir lequel a le plus gros bouton des trois sont insupportables, car la réalité opérationnelle est là : malgré des coupes budgétaires et des réorganisations organiques, les représentants des trois armées ont tenu le cap, pendant Harmattan. L'arme aérienne a remporté la victoire parce que, de toute façon, et dans la configuration diplomatique, il était impossible de gagner autrement, les déploiements à terre étant interdits. Mais dans l'expression 'arme aérienne', je n'ai pas une approche organique mais une approche des effets, ceux qui viennent du ciel : Gazelle de l'ALAT, Hawkeye de la Marine, chasseurs de l'armée de l'Air, tous travaillent dans le même milieu, avec des contraintes plus ou moins identiques. Et tous ont la même problématique : que leurs capacités propres à apporter la victoire soient bien prises en compte par les programmateurs. On le voit, la culture interarmées de beaucoup de jeunes officiers est assez fiable : en Afghanistan, on retrouve en Kapisa la plus forte concentration de JTAC -spécialistes du guidage des feux- et pourtant c'est là que les demandes d'appui aérien ont été les plus fiables.

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Question : Le travail des hélicoptères français a été qualifié de "splendid" par les Britanniques, or l'ALAT a une doctrine et des modes d'action qui diffèrent notablement de ses homologues occidentales. Constitue-t-elle un "point fort" ou simplement "particulier" dans le panel des capacités militaires françaises ?

Réponse : Le pilote d'Apache britannique a autant de mérite que celui de Gazelle française. Le premier vole très haut et fait une très belle cible pour les SAM et SAFIRE des Khadafistes. Même si l'Apache a une capacité de résilience (blindage, système d'autoprotection ultramoderne) et de portée de ses armes (quasiment doublée) que n'aura jamais une Gazelle de l'ALAT : dans 2.100 kg. de sa cellule, on ne casera jamais le même niveau de blindage ou d'autoprotection. Les procédures sont donc adaptées aux différentes missions confiées. Le pilote de l'ALAT, depuis tout petit, apprend à voler "le nez dans le sol", c'est ce que l'on appelle le vol tactique, et avec ses camarades des autres spécialités, c'est ce que l'on appelle le module mixte, initié d'abord pour les opérations spéciales. Par chance, on a eu naucune perte, alors que les plus raisonnables (et clairvoyants), dans l'ALAT, envisageaient un à deux appareil(s) perdu(s) par mois d'opérations. Le bilan chiffré est là, c'est vrai : 600 objectifs détruits. Mais n'oublions pas que l'hélicoptère n'est pas l'arme de la permanence -le rôle de l'aviation- : ces raids coups de poing de l'ALAT devaient être réalisés sans lune, ce qui était contraignant. Et leur succès a bénéficié du travail des autres : les 76 mm. des frégates, le renseignement acquis par les Panther et ATL2 de l'Aéronavale, et les couches fournies, au-dessus d'eux, par les forces aériennes. Le courage de ces équipages contribue au succès interarmées, collectif. Ni plus, Mais ni moins.

Question : Vous évoquez à plusieurs reprises les questions de confidentialité et de communication institutionnelle. Très pragmatiquement, en tant que journaliste spécialisé, pensez-vous avoir pu suivre cette campagne dans de bonnes conditions et comment avez-vous fait ?

Réponse : Les problèmes de confidentialité n'existent pas réellement. Les vrais secrets sont très bien gardés, et c'est tant mieux comme cela, chacun son job. Moi-même je protège mes sources, et je trouve cela fondamental. Beaucoup déplorent aussi le centralisme communicationnel de l'EMA, il ne me choque pas dans la mesure où c'est plus simple de savoir très vite si l'on aura une réponse ou pas. Pendant le conflit, cela ne me choque pas, il faut par contre que les armées puissent s'exprimer plus librement une fois que les armes ne parlent plus. Non, le vrai problème réside plus dans l'accès aux zones de combat, problème qui n'est pas propre à la Libye, mais qu'on retrouve aussi ailleurs. On voit passer devant nous des équipes de médias qui viennent "faire des coups", et qu'on ne revoit plus ensuite. Preuve en est que mon livre sur la Libye est pour l'instant le seul écrit sur le sujet. La télé n'a fait aucune émission spéciale sur ce spectaculaire succès. Tous ces gens ne sont pas intéressés par la situation de fond, ils viennent juste tourner un film ou écrire une nouvelle, dans le sens littéraire du terme. Mais les films ont toujours fait plaisir à certains communicants militaires qui raisonnent à courte vue, et d'autant plus que ces films ne posent aucune question concrète, et se gardent bien d'évoquer les problématiques de fond. Ce sont souvent de mauvais clips : il manque la musique.

Aujourd'hui, la réalité journalistique est là : une grosse vingtaine de journalistes en France suit réellement l'activité des armées, entre deux "coups de chauffe". C'est un vrai sujet de fond qu'il faut ouvrir et dont, pour ma part, j'ai fait un de mes chevaux de bataille depuis que je travaille dans cette spécialité. C'est peu de le dire, je ne suis pas très entendu. Ni par mes collègues journalistes. Ni par les militaires.

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Jean-Marc Tanguy, merci pour cette franchise de ton et de parole, bon courage dans vos projets et à très bientôt.

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8 mars 2012 4 08 /03 /mars /2012 08:10

Les forces spéciales françaises

dans la guerre du golfe

Jacques Rosier et Etienne Leclère (Dir.)

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Co-produit par les éditions LBM et l'ECPAD, ce bel album de 250 pages, très abondamment illustré, a été édité il y a moins d'un an pour le vingtième anniversaire de la "guerre du golfe" (1991). Il n'est pas conçu comme un livre d'histoire de cette première campagne post-guerre froide, mais apporte de nombreuses et utiles précisions. Conformément au titre, les unités autres que celles qui seront intégrées l'année suivante dans le Commandement des opérations spéciales (COS) sont à peine citées. Il s'agit en fait d'un hommage aux "commandos-paras" qui ont assumé des missions de protection des hautes autorités, d'opérations à l'avant du dispositif français contre l'armée irakienne et d'intervention à Koweit City.

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L'iconographie s'appuie sur de très nombreuses photos originales et sur de nombreuses cartes et reproductions de documents, ce qui est particulièrement intéressant. Le livre comporte également, dans le corps du texte ou en annexe, la liste nominative avec grades et fonctions de "ceux qui y étaient" et s'articule chronologiquement autour de sept principaux chapitres : "Un coup de tonnerre dans un été calme", "Vers l'offensive terrestre", "Le temps de l'action", "L'attaque", "Koweit City", "Le temps du dueil et de la solidarité", "Le retour et les honneurs". La constitution du 1er Groupement commando parachutiste de 120 hommes (dont 55 du 1er RPIMa) au début du mois de février, dont les premières équipes sont à pied d'oeuvre dès le surlendemain, marque le début du récit. Anecdotes et évènements plus ou moins significatifs se succèdent alors, jusqu'à la prise du village et de l'ensemble fortifié d'As-Salman les 25 et 26 février, puis du poste d'As Shabakah deux jours plus tard. Le 28, l'arrêt des opérations offensives ne signifie pas pour autant une pause dans les activités, qui se poursuivent en particulier avec la reconnaissance et la sécurisation d'axes, mais aussi avec la réouverture et la protection de l'ambassade de France à Koweit City. Les honneurs rendus aux morts, les soins apportés aux blessés, les hommages de la nation comme des autorités locales forment un avant-dernier sous-ensemble, avant que dans une ultime partie ne soient tirés les enseignements de cet engagement, dont la création du COS, et que quelques pages de conclusion n'ouvrent sur des évolutions plus récentes.

Entre album de souvenirs et livre d'histoire, cet ouvrage sera indiscutablement utile à tous ceux qui s'intéressent aux changement de donne stratégique, de posture et d'organisation du début des années 1990.

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13 février 2012 1 13 /02 /février /2012 00:00

 

Tempête du désert, octobre 1990-avril 1991

Un peloton de légionnaires cavaliers dans la première guerre du Golfe

colonel Nicolas Casanova

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La collection 'Guerres et guerriers', dirigée par le général Eric Bonnemaison, s'inscrit dans une démarche volontaire de publication "d'ouvrages consacrés à l'homme dans la guerre". Loin de n'être qu'un énième recueil de faits d'armes, elle privilégie des récits dans lesquels le vécu et l'expérience prennent le pas sur les élans patrotiques affichés et refuse de jouer sur les ressorts émotionnels de certains ouvrages.

Lieutenant servant à la Légion étrangère à l'époque de Tempête du désert, le colonel Casanova appartient, selon ses propres dires, à la "quatrième génération du feu" qui s'est instruite par le biais des récits et témoignages de la guerre d'Algérie. Acteur sur de nombreux théâtres d'opérations après la première guerre du Golfe, son expérience ainsi que les choix qu'il a fait en ce qui concerne la teneur et le contenu de son récit participent de l'intérêt de cet ouvrage.

Le livre illustre parfaitement la ligne éditoriale de la collection. En effet, il "oppose des faits bruts au fameux brouillard de la guerre décrit par Clausewitz". C'est une histoire particulière que personne, en dehors de lui-même et des hommes qui l'on suivi au combat ne peut raconter à sa place, ni les observateurs, ni les chantres de l'histoire officielle. Il livre sans retenue ses impressions, ce qu'il voit, ce qu'il entend, mais aussi et surtout ce qu'il vit. Le colonel Casanova note, non sans ironie, que l'autodérision est de mise lorsque les soldats parlent de cet épisode : "Ils ont vaincu sans gloire. Le sang n'ayant pas suffisamment coulé". La trame de cet ouvrage est également intéressante dans la mesure où elle permet au lecteur de suivre pas à pas le déroulement de l'opération, des interrogations des légionnaires avant leur départ à la chevauchée finale et à la victoire, en passant par l'attente et le retour en France. Le lecteur peut alors, à travers le récit, prendre conscience des différentes phases d'une campagne au cours de laquelle l'individu ne disparaît jamais derrière le militaire (et inversement) et où les émotions, de la crainte à l'euphorie, sont omniprésentes.

L'intérêt de cet ouvrage, et l'objectif affiché de l'auteur, est aussi de livrer aux jeunes générations engagées la réalité, non seulement de la guerre et des combats avec leur lot de difficultés, mais également l'humanité et les liens qui unissent ces hommes, frères d'armes. Ce dernier point est un des facteurs essentiels à la démonstration de la cohésion, et du courage, dont ils ont fait preuve.

Julie Prin-Lombardo

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9 février 2012 4 09 /02 /février /2012 14:41

Un été de feu au Liban

général (2S) A. Pellégrini

Couverture-de-l-ouvrage--Un-ete-de-feu-au-Liban-.jpg

Préfacé par Antoine Sfeir, cet ouvrage paru en 2011 est tout à la fois un témoignage de première main et une réflexion sur la place et le rôle des forces des Nations-Unies sur cette étroite bande de terre qui, au sud du Liban, sépare Israël de ses voisins du Nord. Que n'a-t-on pas dit ou écrit sur l'impuissance, voire l'inutilité, de la FINUL !

 

Carte-de-l-ouvrage--Un-ete-de-feu-au-Liban-.JPGCe livre est en fait le récit détaillé, jour par jour, parfois heure par heure, de l'enchaînement des événements (et des passions) entre le 12 juillet et le 14 août 2006, période au cours de laquelle l'armée israélienne, à la suite de l'enlèvement de deux de ses soldats par le Hezbollah, se lance dans la "seconde guerre du Liban". Il est ainsi possible de suivre comment le commandant d'une force multinationale dont le mandat n'est pas de "faire la guerre" gère quotidiennement ses relations avec les parties en cause au conflit, comment il utilise les moyens à sa disposition, comment il analyse les interactions politico-diplomatiques ou prend en compte la situation des réfugiés. Il donne de nombreuses précisions dans différents domaines, qu'il s'agisse de la conduite des opérations militaires après l'échec de l'offensive aérienne (pas de victoire sans conquête du terrain"), sur les pressions et manoeuvres d'influence ("Tsahal brouille de plus en plus nos fréquences pour nous empêcher l'acheminement des comptes rendus indispensables pour apprécier l'évolution de la situation"), sur le vote des résolutions à New York et les modalités de cessation des hostilités, etc.

Dans une troisième partie, après ce récit personnel chronologique, le général Pellégrini tire un certain nombre de conclusions de son expérience quant à la compréhension du mandat et l'établissement des règles d'engagement, sur les modalités de contribution des différents pays à l'opération multinationale (il apprend insi en écoutant RFI que Paris a décidé d'envoyer des Leclerc qu'il n'a jamais demandé) et bien sûr au sujet des missions de la FINUL (et de leurs limites).

Un livre qui doit impérativement être lu par toute personne s'intéressant aux opérations "type ONU" comme par ceux qui travaillent sur le Moyen-Orient.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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