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3 décembre 2012 1 03 /12 /décembre /2012 07:00

Bataille de Chéronée

Printemps - 338

Jean-Nicolas Corvisier

Cheronee.JPG

Avec ce nouveau volume de la collection "Campagnes & stratégies", les éditions Economica nous offre un inédit. Et à bien des égards une découverte.

Athènes perd la liberté à Chéronée. C’est en effet ce que l’on pourrait résumer de la bataille, encore peu ou mal connue, qui oppose Athènes et Thèbes à l’armée macédonienne en 338. Néanmoins, la difficulté à saisir les modalités de la bataille gagnée par Philippe II -difficulté qui nécessite de se livrer à un « véritable décryptage historiographique » selon l’auteur- ne doit pas faire oublier qu’elle fut décisive en son époque. C’est cette unicité que Jean-Nicolas Corvisier se plait à développer au fil des 180 pages de son dernier écrit. Docteur ès Lettres, professeur d’histoire ancienne à l’Université d’Artois, distingué de multiples fois, sur le plan littéraire comme militaire, Jean-Nicolas Corvisier est un de nos grands spécialistes de l’histoire démographique, sociale et culturelle du monde antique. Ayant à son actif une vingtaine d’ouvrages et une soixantaine d’articles, il est un des auteurs de référence pour toute étude sur la période antique. Il s’est plus particulièrement intéressé au thème de la guerre antique depuis une douzaine d’années et il est devenu président de la Commission française d’histoire militaire en 2009.

Composé de six chapitres, l’ouvrage décrit l’épopée de Chéronée en trois phases : les origines de la bataille, son apogée, puis ses conséquences ; étude chronologique minutieuse, car il s’agit d’expliciter l’impact de la bataille de Chéronée dans la Grèce antique, sans toutefois en exagérer le rôle. Jean-Nicolas Corvisier se refuse à connoter la bataille de Chéronée de « tournant » mais préfère la replacer dans un contexte plus ancien : la Grèce connaissant une mutation durable depuis un quart de siècle, les conditions de guerre se sont transformées. La bataille de Chéronée ne doit alors être perçue que comme le « réveil brutal de la Grèce du Sud » d’après l’auteur. Révélatrice de la situation grecque en 338, elle permet de rendre compte des nouvelles techniques qui se sont développées (l’auteur emploie la formule « d’art de la guerre »).

Abordant la bataille de Chéronée sous un angle historiographique, Jean-Nicolas Corvisier montre que Chéronée n’a pu donner lieu à des travaux sérieux qu’à partir des années soixante du XXe siècle. Rejetant le postulat d’une bataille due à une quelconque crise dans la Grèce du sud, l’auteur met en avant son caractère inévitable. Des années 404 à 360, la guerre ne cesse pratiquement pas : cette situation, en quelque sorte bloquée favorise l’émergence d’une nouvelle puissance sur le devant de la scène grecque. Alors qu’Athènes est relativement fragilisée, la Macédoine se réveille sous l’impulsion de Philippe II. Instable politiquement et militairement, l’Etat macédonien est progressivement remodelé par le roi. Habité par une fine vision géostratégique, celui-ci reprend la politique traditionnelle d’expansion vers l’est de ses prédécesseurs. Durant la Troisième guerre sacrée, Philippe II joue un rôle crucial, qui lui amène une reconnaissance d’ordre international dans l’environnement de l’époque. La situation s’envenime avec Athènes alors qu’il avance ses pions dans le Péloponnèse : Athènes redoute l’établissement d’un régime oligarchique pro-macédonien, et intervient à Mégare en 343. Malgré les critiques et les oppositions diverses qu’il subit, Philippe II parait en mesure de réunir une armée conséquente face à Athènes. Afin de comprendre les aspects guerriers de Chéronée, l’auteur dresse alors un tableau de l’évolution de l’art de la guerre : à l’heure où semble approcher la bataille décisive, la phalange hoplitique reste un instrument majeur dans les rangs de Démosthène. Face aux atouts de l’armée des Grecs et du sud, Philippe II innove : il crée la phalange macédonienne ainsi qu’une stratégie correspondante, qu’il introduit dans une tactique générale. Entre « spécialisation et complémentarité », la pratique macédonienne de la guerre ne conduit pas forcément à la victoire : d’après Jean-Nicolas Corvisier, la victoire de Chéronée ne dépend que du commandement effectué. Disposant de peu de cartes au début de la bataille, Philippe II fait preuve d’une vraie habilité stratégique et surprend Athènes : en novembre 339, Elatée est conquise par les Macédoniens.

Cependant, Athènes s’alarmant, et Philippe II restant inactif, les rôles s’inversent : le roi doit user de stratagèmes pour contrer les avancées grecques. Il parvient à poser l’ultimatum aux coalisés : ceux-ci se voient forcer de se replier sur Chéronée. Malgré d’intenses négociations diplomatiques, aucun compromis n’est trouvé, et Philippe II se décide alors à mener bataille, au risque de perdre son armée et son trône. Jean-Nicolas Corvisier revient alors sur les imprécisions des recherches historiques concernant la bataille de Chéronée elle-même, dues à la fragmentation et à l’incertitude des sources utilisées. Pas de date fixée, pas de lieu déterminé, doute sur les participants effectifs comme sur les effectifs mobilisés. Ces questionnements poussent l’auteur à revenir sur les caractères des forces en présence (hommes, armement, commandement), puis sur la bataille en elle-même (mise en place, déroulement global) avant d’expliciter les mécanismes de la victoire (charge de la cavalerie, fuite simulée, attaque grecque, victoire macédonienne). Le bilan de la bataille n’indique pas qu’elle est « une vaste boucherie » mais elle est stratégiquement utilisée par les Macédoniens dans le sens de leur intérêt. Philippe II procède alors à une entreprise de réorganisation du territoire grec, dans l’optique de regrouper l’ensemble des Grecs sous son sceptre. Il a ensuite pour objectif de se tourner vers le monde persan : c’est alors qu’il succombe. Jean-Nicolas Corvisier développe dans son dernier chapitre, les études faites de Chéronée et déduit que la bataille est la traduction d’un changement d’échelle et d’un changement d’époque pour les Grecs car le terme d’hégémonie est revu : l’ère de nouveaux Etats s’ouvre dans le cadre d’un hellénisme renouvelé.

Cet ouvrage tente une nouvelle approche de la bataille de Chéronée, trop mal ou trop peu abordée par les historiens, avec force précisions et d’illustrations. Ce livre permet d’éviter les contresens sur cette bataille, et en souligner l’importance tout en la replaçant dans son contexte. Mélange d’histoire ancienne, d’approche diplomatique et d’histoire militaire, l’ouvrage, riche en tous points, donne au lecteur une vision multidimensionnelle de Chéronée : une réussite.

Barbara FELICE

Editions Economica, Paris, 2012, 180 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-7178-6450-2.

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30 octobre 2012 2 30 /10 /octobre /2012 07:05

L'armée romaine

Une armée modèle ?

Catherine Wolff

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Avec cette étude inédite, les éditions du CNRS nous entrainent dans une chevauchée de plusieurs siècles autour du bassin méditérranéen. Mais il faut prendre soin de bien lire le sous-titre : il ne s'agit d'entendre "armée modèle" au sens de "modèle d'armée", exceptionnellement opérationnelle, mais de "modèle" au sens de discipline, un peu comme on parle d'un "enfant modèle", ce qui est bien différent.

En effet, la présentation initiale des légions, des auxiliaires, de la marine, se limite à quelques pages (chap. 1 : "Quelle armée ?") assez générales. Elles nous en rappellent les différents éléments constitutifs et leurs principales évolutions certes, mais sur ce point le lecteur reste grandement sur sa faim. C'est donc dans le second sens évoqué ci-dessus qu'il faut comprendre et aborder le livre : "La réponse à la question concernant l'armée romaine comme armée "modèle" peut paraître simple : elle est négative". Catherine Wolff s'attache en effet à décrypter, rechercher, détailler, aux trois principales fautes du militaire : les désertions, les passages à l'ennemi et les mutineries.

L'auteure nous montre, à partir des sources, "que les désertions et les passages à l'ennemi furent peut-être plus nombreux à l'époque républicaine qu'à l'époque impériale" (chap. 2). De nombreux exemples et de multiples citations viennent à l'appui de sa démonstration et elle s'intéresse successivement aux circonstances de la désertion, aux motivations des déseurs et transfuges qu'elle tente de catégoriser. Les "Mutineries et désobéissances" font l'objet du chapitre suivant (chap. 3) et celui-ci s'ouvre sur la prestation de serment, supposé créer un lien de fidélité indissoluble que "sa mort ne suffisait pas toujours à rompre". Nous abordons alors les questions de "La désobéissance aux ordres", des mutineries à proprement parler et de leur fréquence. Le livre se termine sur un imposant chapitre 4, "Des raisons du succès des armées romaines", parmi lesquels Catherine Wolff identifie des aspects quantitatifs (les importantes ressources en hommes de Rome), et qualitatifs (en particulier le fait que Rome n'a le plus souvent eut à affronter qu'un ennemi à la fois et que l'organisation supérieure -voire rigide- de son armée lui permettait de dominer les conglomérats de tribus coalisées qui lui étaient généralement opposés). Les récompenses, le butin, les décorations, voire les allocations de terres prises aux vaincus constituent autant de facteurs qui contribuent également à renforcer la motivation et la détermination des soldats dans la bataille, au moins autant que les sanctions pour fautes, pouvant aller de la simple privation de son arme à la condamnation à mort selon la gravité de l'acte. Toutes ces récompenses et punitions sont d'ailleurs détaillées et l'on a parfois l'impression d'être au milieu des légionnaires, en train de "vivre la scène".

Un ouvrage atypique donc, qui ne vous présentera pas l'armée romaine dans ses organisations successives et ses engagements militaires, mais qui vous permettra de la connaître de l'intérieur, presque dans le quotidien de ses soldats, ce qui est d'autant plus intéressant pour apprécier, ensuite, son efficacité opérationnelle.

Coll. 'Biblis', CNRS éditions, Paris, 2012, 221 pages, 8 euros.

ISBN : 978-2-271-07550-5

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23 octobre 2012 2 23 /10 /octobre /2012 06:55

Cicéron

Pierre Grimal

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Alors que l'on nous parle régulièrement de modèle culturel et de civilisation occidentale, replongeons-nous un instant aux origines de notre société.

Conscient du nombre d’ouvrages déjà publiés sur Cicéron, Pierre Grimal propose dans son nouveau livre une synthèse éclairante sur cet homme complexe qui fut à la fois homme politique, philosophe et poète. Ne cédant ni à la tentation hagiographique, ni à celle de la critique, le spécialiste du monde romain s’attache à expliquer les choix de Cicéron et le rôle qu’il a pu jouer pour Rome, mais aussi plus largement son influence sur la culture occidentale. Pour cela, l’auteur s’appuie moins sur les biographies de Cicéron (celle de Plutarque par exemple) que sur les textes écrits de la main de celui-ci. Pierre Grimal pratique ainsi  une réelle exégèse de ses discours, de ses ouvrages, de sa correspondance mais aussi de ses poèmes.

L’auteur peint donc la vie de Cicéron depuis sa naissance jusqu’à l’épisode tragique de sa mort. Il montre comment sa jeunesse à Arpinum a pu susciter son patriotisme mais aussi son goût précoce pour la poésie. Il raconte ses procès, parmi lesquels figure l’affaire Verrès, et décortique la rhétorique cicéronienne qui passe « non seulement par la raison mais par toutes les formes de sensibilité ». Alors que Rome est à une période charnière de son histoire, on suit avec intérêt la carrière politique de Cicéron, faite d’ambition et de « grandeur d’âme », et qui coïncide avec l’histoire de César, Pompée et Antoine – c’est ce dernier qui le fait assassiner et qui récupère les mains de l’auteur des Philippiques.

Au long de son récit, Pierre Grimal n’a de cesse d’éclairer les choix du consul en s’appuyant sur l’ensemble de ses textes. C’est que, pour un Romain, l’action politique est indissociable de sa réflexion philosophique. Cicéron, dans son De Republica, expose clairement sa conception du fonctionnement de la cité. Il fait la synthèse des cultures grecque et romaine et fonde l’action politique sur quatre vertus : la clairvoyance, la justice, la modération et le courage, vertus que doit incarner le princeps. Pour le biographe, en pensant la romanité comme un ensemble de qualités, Cicéron a surtout permis de légitimer l’Empire romain autrement que par sa seule suprématie militaire. Par ailleurs, la figure du princeps a pu préparer, involontairement, le basculement vers le principat. Mais ce n’est pas le seul legs de l’auteur romain : Pierre Grimal montre bien comment la poésie de Cicéron préfigure celle de Virgile, comment ses essais historiques annoncent le travail de Tite-Live et comment sa philosophie, empreinte de stoïcisme, prépare celle de Sénèque.

En plus de nous replonger dans l’histoire passionnante de la naissance de l’Empire romain à travers l’un des grands acteurs de cette époque, l’ouvrage de Pierre Grimal nous fait comprendre comment Cicéron  a contribué à l’établissement d’un ensemble intellectuel, a participé à l’édification de principes qui fondent encore aujourd’hui notre culture. A l’heure où la communication politique immédiate est devenue reine et où l’éloquence semble être vouée à l’oubli, l’auteur nous remémore des discours dont « les échos […] résonnent encore jusqu’à nous ».

Usque tandem ? (« Jusqu’à quand ? »).

Pierre GARZON

Editions Tallandier, Paris, 2012, 478 pages, 11 euros.

ISBN : 978-2-84734-989-4.

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28 août 2012 2 28 /08 /août /2012 07:00

La bataille de Cannes et ses fantômes

Robert L. O’Connell

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Aucune autre bataille que celle de Cannes (216 av. J.-C.), l’immense victoire d’Hannibal durant la Deuxième guerre punique, n’a été autant étudiée. Aucune sans doute n’a exercé autant d’influence sur les plus grands chefs militaires de l’histoire. Pourtant, et O’Connell commence par expliquer les difficultés qui surgissent lorsque l’on veut présenter et comprendre un événement antique (même de cette importance) à partir de sources partielles et partiales, que cette campagne d’Italie du général carthaginois est encore riche d’enseignements !

De manière classique, l’auteur présente d’abord le contexte général des guerres puniques et met en relief les particularités et les différences politiques, sociales et culturelles entre la république militaire romaine et l’empire commerçant héritier des Phéniciens. Puis il s’intéresse aux principaux protagonistes, les consuls romains (issus de quelques grandes familles) et les Barcides, véritables maîtres de l’Espagne carthaginoise et ennemis mortels de Rome. Nous suivons ensuite Hannibal dans ses préparatifs et dans sa marche vers la Gaule puis les Alpes, franchies alors que la mauvaise saison a commencé et où il va perdre dans le froid et la neige une partie de son armée. Renforcé par des contingents gaulois d’Italie du Nord, jouant d’audace, Hannibal enchaîne les victoires, de La Trébie au lac Trasimène, et deux éléments tactiques sont permanents : l’extrême importance d’un renseignement précis et toujours actualisé sur la localisation et l’état général de l’ennemi d’une part, l’usage systématique de la manœuvre par les ailes ou les arrières pour bénéficier au maximum de l’effet de surprise sur un adversaire monolithique et « procédurier » d’autre part.

La bataille elle-même, dans ses ultimes préparatifs de part et d’autre comme dans son déroulement détaillé, fait l’objet du chapitre central et, si chacun en connait le schéma général (retrait volontaire et calculé du centre, enveloppement par les ailes, destruction totale de l’ennemi enfermé dans le piège), Robert L. O’Connell apporte de très nombreuses informations précises : présent sur le terrain qu’il a choisi depuis une semaine, Hannibal multiplie les reconnaissances personnelles quotidiennes pour adapter son dispositif et ses ordres au plus près de la topographie, afin de profiter du moindre coude de rivière ou du moindre vallon. L’auteur souligne les défauts de la structure de commandement romaine et la lourdeur des quatre armées consulaires, insuffisamment formées et peu manœuvrières. A contrario, il observe l’aptitude d’Hannibal a utiliser les compétences spécifiques des différents contingents de son armée hétérogène (Libyens, Numides, Hispaniques et Gaulois des différentes tribus, etc.) et les qualités propres de ses infanteries et cavaleries, lourdes et légères : « Si les combattants au javelot représentaient les dents de la force carthaginoise, les autres éléments formaient les griffes, les muscles et les nerfs de cette bête de combat. Le génie d’Hannibal résidait dans sa capacité à monter et exécuter un plan utilisant tous les éléments dont il disposait pour avaler et digérer une proie plus grosse que lui ». Au soir du 2 août 216 av. J.-C., au terme de « la plus grande tuerie de toute l’histoire des guerres occidentales », avec la perte de près de 50.000 tués et 20.000 prisonniers, l’armée romaine peut être considérée comme détruite et l’encadrement politico-militaire de la ville lui-même fortement atteint puisque les consuls, les tribuns, les questeurs et de très nombreux sénateurs comptent parmi les victimes.

Pourtant, Hannibal ayant fait le choix de ne pas marcher rapidement directement sur Rome, la guerre va se poursuivre plus de dix ans dans la partie méridionale de la péninsule italienne, loin cependant des « délices de Capoue ». Plus que les effets de la « luxure » supposée dans laquelle les Carthaginois se seraient soudainement « vautrés », c’est dans la nouvelle situation stratégique et tactique créée à la fois par la victoire de Cannes et par la décision d’Hannibal de ne pas tenter de s’emparer immédiatement de Rome qu’il faut, selon l’auteur, rechercher les causes de cette longue guerre d’escarmouches, de raids, d’embuscades et de batailles non décisives. Désormais, le général carthaginois n’a plus sa totale liberté de mouvement, il doit diviser ses forces, installer des garnisons défensives dans les villes qui se sont ralliées à lui et dont il doit désormais assurer la protection : « La vie sur la route avait été dure et incertaine, mais elle lui avait apporté l’avantage stratégique de pouvoir se montrer n’importe où … Non seulement le renard était de garde au poulailler, mais les poules elles-mêmes se révélaient de piètres alliés ».

Le livre détaille dans les chapitres qui suivent toutes les conséquences politiques, économiques et budgétaires, sociales même de cette guerre interminable pour Rome qui, malgré les revers, manifeste une inébranlable volonté de n’accepter aucune négociation et de toujours poursuivre la lutte. Il en présente également les conséquences géostratégiques, à l’échelle de la Méditerranée : la guerre en Sicile, dans les Balkans, en Espagne et en Afrique du Nord. Il se termine sur deux chapitres qui évoquent les conséquences à court et à long termes de cette lutte titanesque. L’un, « Les résurrection des fantômes », traite des Legiones Cannenses, ces survivants de Cannes exilés en punition par le Sénat de Rome « dans des lieux inhabités » de Sicile, que Scipion (qui va devenir l’Africain) reconstitue en unités de combat et avec lesquels il va abattre la puissance carthaginoise lors de la bataille de Zama. L’autre, « L’ombre de Cannes », survole le souvenir laissé par la bataille dans l’histoire, de l’Antiquité à nos jours, sur la base d’un paradoxe puisque ce sont, au début, « les perdants qui ont préservé la mémoire de Cannes ». Cet héritage reste toutefois ambivalent, et l’auteur fait référence au général Schwarzkopf, qui précisait après la guerre du Golfe en 1991 avoir « appris beaucoup de choses de la bataille de Cannes et qu’il avait pu les appliquer à l’opération Tempête du Désert ». En fait, « le fameux ‘crochet du gauche’ dans le désert ressemblait davantage au mouvement allemand du début de la Première Guerre mondiale, mais aucun héros moderne, conscient des exigences de la communication du temps de guerre, ne pouvait dire qu’il avait préparé un nouveau plan Schlieffen : Cannes sonnait mieux ».

 

Un ouvrage d’une très grande richesse donc, que tout amateur d’histoire militaire se doit de connaître (qu’il s’intéresse au niveau stratégique, à l’art opératif ou aux aspects tactiques) et de confronter aux autres analyses de cette campagne carthaginoise d’Italie. Mais, car il y a un « mais » (et de taille), pourquoi donc, sur le plan strictement formel, personne ne semble avoir relu le manuscrit de la traduction chez l’éditeur ? C’est parfois (grammaire, orthographe, syntaxe, et jusqu’à l’apparition aléatoire au milieu d’un mot de la lettre D en majuscule), proprement navrant. Quelques phrases sans verbe, des mots semble-t-il manquants ici ou là, des « vrais-faux » synonymes, des contradictions apparentes à deux lignes de distance, bref un « contre-effet » regrettable qui oblige le lecteur a un effort presque de véritable réécriture. Il faut donc une certaine dose de volonté et d’intérêt pour le sujet pour poursuivre la lecture. C’est tout-à-fait dommage. Alors, prévenu de cette difficulté inattendue, armez-vous de courage pour aller à l’essentiel : lisez, analysez et méditez ce livre. Il ouvre d’innombrables pistes de réflexions, propose de nombreuses interprétations, peut susciter débats et polémiques et constitue (sur le fond) un indiscutable ouvrage de référence.

 

Collection ‘Batailles essentielles-mémoire des peuples’, éditions Laville, 2012, 267 pages, ISBN 13 : 979-10-90134-12-6. 26 euros.

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28 juillet 2012 6 28 /07 /juillet /2012 07:10

Pompéi

La vie d’une cité romaine

Mary Beard

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Avant de suspendre pour quelques semaines de vacances les mises à jour quotidiennes, poursuivons notre voyage européen et changeons totalement de style et d'environnement. Si vous ne connaissez pas encore le site archéologique exceptionnel de Pompéi, profitez de cet été pour lire cette excellente étude, rédigée par une professeure d’histoire antique de l’université de Cambridge et dont la traduction française vient de paraître au Seuil, quatre ans après sa première publication en Angleterre.

Après avoir en introduction resitué le cadre de la destruction de la ville (contrairement à une légende tenace, les signes avant-coureurs de l’éruption se manifestaient depuis plusieurs semaines et la grande majorité des habitants avait quitté Pompéi), Mary Beard divise son ouvrage en 9 chapitres qui abordent tous les aspects des activités humaines et de la vie quotidienne dans une grande cité romaine : aménagement de l’espace, plan et organisation des maisons, artisans et commerçants, vie politique, plaisirs du corps, loisirs et jeux, religion et temples, etc. L’auteur ne se contente jamais des idées généralement admises sur la ville et, tirant partie d’une excellente maîtrise des textes antiques aussi bien que de sa parfaite connaissance des lieux, confronte toujours les théories à la réalité du terrain, les estimations aux constats effectivement effectués et à ce qui existait à la même époque dans des communes voisines ou similaires. Selon une rumeur tenace par exemple, la ville aurait compté entre 150 et 200 bars pour une population de 12.000 habitants dont un grand nombre pourtant (les femmes, les esclaves) n’avait pratiquement pas accès à ces établissements. Plus prosaïquement, nous explique Mary Beard, « tout porte à croire que certains de ces bars étaient en fait des épiceries, … au comptoir desquel[le]s on trouvait des noix, des lentilles ou des haricots ». Qu’il s’agisse des activités artisanales, des campagnes électorales, des thermes et bains, du théâtre, des fameuses fresques érotiques, etc., toute la vie de Pompéi est ainsi décryptée, dans un style plaisant, avec un texte courant appuyé sur de très nombreuses citations.

Le livre est parsemé par plus de 110 illustrations, dont un certain nombre somptueuses, en couleur, rassemblées dans deux cahiers photos. On trouve également au fil du texte une vingtaine de plans, de quartiers ou de maisons. La traditionnelle liste finale des ouvrages de référence est remplacée par un ultime chapitre « Lectures complémentaires » qui constitue en fait une utile bibliographie critique, mettant en valeur les qualités et les défauts, les avantages et les silences de très nombreux livres et articles (pour la plupart en anglais ou en italien). Enfin, dans les dernières pages, Mary Beard nous fait profiter d’utiles conseils grâce à ses nombreux séjours sur place, sous le titre « Visiter Pompéi ».

Un exceptionnel moment de dépaysement, en particulier pour tous ceux qui ne connaissent pas cette cité "mythique", à la fois détruite par le Vésuve, puis préservée sous ses cendres.

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3 juillet 2012 2 03 /07 /juillet /2012 07:00

Les revers de la guerre en Grèce ancienne

Pascal Payen

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A la fois un état des connaissances sur le sujet et une réflexion sur les enseignements les plus pertinents. Dans cet ouvrage de quelques 450 pages, Pascal Payen n'aborde pas uniquement la "tactique" (la technique du placement et de la manoeuvre des troupes sur le champ de bataille), mais la "stratégie" (l'art de la conduite supérieure de la guerre, de son contrôle et pourquoi pas de son évitement).

En quatre parties d'une très grande richesse et aux innombrables références et citations ("Sociétés guerrières ou sociétés en guerre ?", "Violences en guerre. Autopsie, morphologie, récit", "Cités sur la défensive" et "La guerre à l'âge historiographique"), l'auteur s'interroge sur "la représentation de la guerre" pour les Anciens : "Il ne s'agira donc pas d'un exposé en soi sur les méfaits de la guerre. Différemment, par 'revers de la guerre', on entend deux registres complémentaires ... mettre à jour la face occultée de la guerre, révéler son autre versant, ... analyser la manière dont les sociétés du monde grec n'ont jamais cessé de mettre en débat leur rapport à la guerre [...] La guerre est analysée par les Grecs comme un échec qu'il faut conjurer dans des registres complémentaires, par le choix de certaines armes, protectrices ou défensives, par des institutions, par des modalités de discours, par des comportements collectifs, des formes de sensibilité, des projets ou des réflexions politiques venus des philosophes".

C'est donc toute la problématique de la guerre dans la cité qui est abordée, et pour dresser un tableau aussi complet que possible de son sujet Pascal Payen nous entraine des "Lois de la guerre" (mais oui, déjà !) à "L'univers clos de l'hoplite, tueur et victime", avec les questions subséquentes des morts, des blessés et des prisonniers, mais aussi "La guerre des non-combattants" avec son cortège "ordinaire" de "Pillages, Massacres, Viols et tortures". Des pages (pp. 132-183) qui seraient à rapprocher de discours très actuels sur la "brutalisation" particulière supposée de la Première Guerre mondiale par exemple. Les aspects tactiques et techniques ne sont pas oubliés pour autant, avec un chapitre VI (3e partie) consacré à "La guerre hoplitique" et, par exemple, un intéressant développement sur "Le bouclier, arme offensive". Pour l'auteur, la "poussée" de la phalange "exprime la dimension collective de la tactique hoplitique, comme si l'ennemi recevait le choc de la cité égalitaire. Une telle disposition, pensée et ordonnée autour du bouclier, instrument de chacun et de tous, explique l'unique raison d'être des boucliers tels qu'ils sont : ni trop grands, en définitive, car chaque bouclier a pour fonction de protéger deux fantassins ; ni trop lourds non plus, car, au sein de la phalange, l'hoplite n'a pas à faire face seul à un ennemi". Pascal Payen traite ensuite de l'acceptation par les cités grecques de la guerre, dans les institutions et le fonctionnement de l'Etat ; puis s'interroge sur les récits de guerre et établit une véritable historiographie des représentations et de l'image du phénomène guerrier dans la littérature antique. 

On peut certes, et c'est même vivifiant, ne pas être d'accord avec toutes les analyses de l'auteur, mais celui-ci appuie sa démonstration de très nombreuses citations et un retour systématique à l'éthymologie de chaque mot. Il souligne en conclusion que "la cité confie aux citoyens la charge d'une guerre défensive, qui ne supprime certes pas la violence, mais qui peut en limiter la fréquence sinon l'intensité. La guerre de conquête n'est pas inscrite au programme politique de la cité grecque ... Par leurs usages sociaux et leurs institutions politiques, par leurs modes de discours et leurs pratiques culturelles, les Grecs ont peu à peu inventé et élaboré des modes de connaissance de la guerre quui soient aussi des ressources pour en assurer le contrôle"

Un beau livre d'analyse et de réflexion complété par plus de 80 pages de notes et références, une très riche bibliographie et un index complet. Un vrai ouvrage de synthèse qui ouvre d'intéressantes pistes, que l'on se doit de lire et de méditer.

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29 mai 2012 2 29 /05 /mai /2012 07:10

Les guerres médiques

499-449 avant J.-C.

Peter Green

Couverture-de-l-ouvrage--Les-guerres-mediques-.jpg

Cette réédition au format "poche" d'un ouvrage paru en 1996 nous apporte un immense "bol d'air".

A trop travailler sur les conflits des 19e au 21e siècles, nous risquons un effet de saturation ; et à trop avoir l'oeil sur les guerres les plus récentes, nous risquons d'oublier quelques fondamentaux. Certes, nous continuerons à privilégier les campagnes récentes, mais, une fois n'est pas coutume, accordons-nous une pause...

Voici donc le récit de ces cinquante extraordinaires années de guerre entre les irréductibles cités grecques et le plus formidable empire de son temps. "Passant, va dire à Sparte que nous sommes morts ici pour obéir à ses lois", la formule est entrée dans l'Histoire (avec un "H" majuscule), témoignage de la volonté d'indépendance des peuples grecs et souvenir du sacrifice de 7.000 Spartiates et Thébains affrontant les quelques 300.000 soldats et mercenaires de Xerxès Ier. Les batailles de Marathon et de Salamine, la reconstitution des forces détruites au combat par la levée de nouvelles unités, les débats politiques sur l'agora, l'appel à l'aide (souvent ignoré) aux Carthaginois, les discours de Thémistocle, le rôle de Léonidas, tout y est et le texte courant est parsemé de nombreux extraits des récits antiques. Les esprits chagrins diront, peut-être, d'Hérodote n'est pas toujours absolument crédible. Sans doute. Mais ne peut-il pas y avoir une part de mythe dans toute épopée ?

On peut regretter que les cartes (par ailleurs très claires puisque dessinées au trait noir) soit reproduites si petites, ce qui rend difficile la lecture des légendes et des noms. La bibliographie et le riche appareil de notes contribuent à donner à l'ouvrage toute sa densité. Pour 11 euros, un grand bond dans le passé, une machine à remonter le temps, une référence dans l'histoire des grandes campagnes de l'humanité.

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doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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