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29 août 2015 6 29 /08 /août /2015 07:00

Vendetta

Bandits et crimes d’honneur en Corse au XIXe siècle

Caroline Parsi

Partant du double constat qu’à la fin du XIXe siècle la Corse « possède un nombre d’homicides qui, rapporté à la population, est … quinze fois supérieur à la moyenne française », et que la notion ‘d’honneur’ irrigue de façon sensible, épidermique presque, l’ensemble de la vie familiale et sociale insulaire, l’auteure se penche sur ce phénomène devenu presque légendaire, celui de la vendetta et du banditisme « comme deux étapes différentes dans l’évolution d’un même phénomène : la réponse à l’honneur offensé ». Elle s’appuie pour cela sur un vaste corpus d’archives départementales et nationales, sur de nombreux extraits de presse (en particulier régionale) et sur une très riche bibliographie.

Caroline Parsi organise son livre en cinq grandes parties très cohérentes qui permettent d’embrasser l’ensemble de la question. Dans un premier temps, elle précise ce qu’est la Corse au XIXe siècle, son territoire, ses populations, ses ressources, son organisation sociale, etc., mais aussi l’image que Paris a de cette terre méditerranéenne « pauvre et dure »« l’agriculture est encore aux procédés de Virgile ». Elle s’intéresse ensuite aux représentations du « peuple corse », en particulier dans la littérature, de Mérimée (Colomba) à Alexandre Dumas (Frères corses) et Maupassant (Vendetta), et dans la presse parisienne où les situations corses permettent d’alimenter des articles « sensationnels » réguliers. Elle observe pourtant que la vendetta supposée avoir commencée pour des motifs futiles (une poule tuée, un chien dans le champ d’un voisin, etc.) repose souvent sur l’opposition de deux familles « de longue date dans les luttes électorales ». Au bilan, déjà, « l’île apparaît comme un espace de non-droit, où la loi de l’Etat peine à s’appliquer ». Caroline Parsi pose ensuite la question de la définition de ce code d’honneur et de son éventuel particularisme corse, où « l’importance de la respectabilité, de la famille et de la mémoire des défunts régit l’ensemble des relations sociales entre les villageois ». Elle procède alors par comparaison avec d’autres provinces françaises, mais aussi avec d’autres motivation comme la cupidité, le sens de la propriété, voire une dénonciation jugée abusive mais aussi souvent à des questions électorales : « La mairie peut alors se transformer en une véritable forteresse. Le camp du maire s’y barricade, attendant, armé, la venue des adversaires. L’ennemi politique devient l’ennemi de sang ». Elle observe également que le déroulement de la vendetta répond à des règles presque codifiées, que les femmes y jouent un rôle important et que l’ensemble de la famille comprise au sens large est concernée : « C’est ce qui explique la disparition presque totale de certaines familles » ! Parfois, la fin de la vendetta est solennellement actée par un véritable « traité de paix », signé par les représentants des deux familles concernées devant les autorités civiles ou militaires de la République. Une quatrième partie nous plonge dans la vie au bandit d’honneur en fuite au cœur du maquis. Il s’agit le plus souvent d’hommes « ordinaires » que « la nécessité pousse à se venger d’un déshonneur », protégés par leurs familles, et même de la maréchaussée par le reste de la population au point que certains maires prennent la défense des bandits contre les gendarmes venus les arrêter. Cette réalité n’est pas contradictoire avec un « phénomène de folklorisation », et les fugitifs deviennent « des figures de gloire pour les écrivains locaux et un sujet de curiosité pour les touristes », au point qu’il « est à la mode de leur rendre visite » ! La dernière partie enfin s’attache à retracer l’histoire des efforts des autorités pour rétablir l’ordre public, maintenir le calme et réprimer les crimes. En dépit d’un arsenal juridique spécifique et d’un important déploiement de forces, « les véritables arrestations sont finalement assez rares » et « la persistance de la criminalité à un niveau élevé à la fin du XIXe siècle montre bien l’ampleur de l’échec du dispositif répressif ». Lorsqu’enfin un bandit peut être traduit devant un tribunal, les jurés « énoncent un verdict clément toutes les fois où l’accusé fait preuve d’un comportement conforme aux valeurs de la société insulaire »

Un héritage culturel complexe, dont on sait bien qu’il perdure sous différentes formes aujourd’hui même si l'on sent bien qu'il est désormais encore plus inadapté au siècle. Un livre passionnant, parfaitement référencé, où les analyses s’appuient sur de très nombreux exemples précis et qui se termine par des annexes chiffrées particulièrement éclairantes.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 186 pages, 18,- euros.

ISBN : 978-2-36358-060-3.

Crimes "d'honneur"
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17 juin 2015 3 17 /06 /juin /2015 06:00

La Deuxième République et le Second Empire

Au jour le jour

Francis Choisel

Cette période de l'histoire de France, désormais assez peu étudiée, mérite pourtant que l'on s'y intéresse car elle correspond à un certain nombre d'évolutions profondes sinon de ruptures. D'où l'intérêt de cette présentation chronologique de milliers d'événements de tous ordres et de tous domaines.

L'auteur nous invite donc à le suivre entre le 24 février 1848 et le 4 septembre 1870, de l'abdication de Louis-Philippe à celle de Napoléon III. Si il ne prétend pas à l'exhaustivité, du moins doit-il s'en approcher car la diversité des faits cités (et souvent commentés) est impressionnante, dans les domaines politique, constitutionnel et législatif, diplomatique, militaire et colonial, en France, sans oublier les événements européens intéressant ou ayant des échos dans l'hexagone (le 2 mars 1848, révolte séparatiste à Menton, faisant perdre à la principauté de Monaco l'essentiel de son territoire et de ses ressources ; et le lendemain 3 mars adresse à l'empereur d'Autriche de la chambre basse de Hongrie exigeant un régime parlementaire). Au hasard des pages, on découvre le travail parlementaire de Victor Hugo, le Comité de résistance des Basses-Alpes contre le coup d'Etat de décembre 1851, le décret du 13 août 1854 réglant l'aménagement futur de la place de l'Etoile, la loi décidant de la création de la forêt des Landes en juin 1857, la condamnation de Proudhon pour son ouvrage De la justice dans la Révolution et dans l'Eglise un an plus tard, les premiers chemins de fer en Algérie, les expéditions ultramarines du Second empire, les principaux articles et ouvrages publiés par les grands publicistes du temps, les pièces de théâtre et les nouveaux opéras, l'aménagement du territoire et les remaniements ministériels, etc.

Un livre à conserver soigneusement, et que l'on peut soit lire d'un trait, du début à la fin, soit "picorer" à la recherche de l'information originale ou inattendue, soit utiliser comme outil de travail thématique, soit ..., soit ... Par sa diversité et la richesse de son contenu, il pourra être utile et plaire à tous.

Biblis, CNRS Editions, 2015, 664 pages, 12,- euros.

ISBN : 978-2-271-08322-7.

Chronologie commentée
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2 avril 2015 4 02 /04 /avril /2015 06:00

Paul d'Estournelles de Constant

Concilier les nations pour éviter la guerre (1878-1924)

Stéphane Tison (Dir.)

Successivement diplomate, écrivain, homme politique et parlementaire, Paul d'Estournelles de Constant a également été l'un des rares Français ayant reçu (en 1909) le prix Nobel de la paix et l'un des plus ardents défenseurs de l'arbitrage international. Pour ces différentes raisons, le livre est important.

Il se divise en quatre parties très différentes. La première est articulée autour du thème de la "conciliation" entre les nations, à partir d'une expérience balkanique à l'occasion de la définition des frontières du Monténégro en 1880. Partisan d'une forme d'union des Etats européens avant la lettre, il participe aux grandes conférences internationales qui, au tournant des XIXe et XXe siècles, installent (ou espèrent le faire) les bases d'un système international de gestion apaisée des conflits inter-étatiques. La seconde et la troisième parties ("Penser la France et l'Europe dans les prémices de la mondialisation" et "Construire la paix dans l'Europe des nationalismes") abordent différentes facettes de la carrière et de l'action de Paul d'Estournelles de Constant autour des questions coloniales et européennes, ce qui est attendu, mais aussi techniques, ce qui est plus original (communication de Patrick Facon sur "Le baron d'Estournelles de Constant face au problème de l'aéronautique", qui met en lumière ses nombreuses interventions en faveur de l'aviation naissante et des aviateurs, jusque dans son sentiment que la guerre aérienne annonce en quelque sorte la fin de la guerre elle-même). On note également le texte de Jean-Michel Guieu sur "Les évolutions du pacifisme français dans les années 1920", au sein duquel le "pacifisme genevoix" de nombreux dirigeants radicaux-socialistes se divise entre Anciens et Modernes. La quatrième partie enfin est judicieusement constituée d'un recueil de documents (datés entre 1891 et 1920) relatifs au phénomène colonial, à la conciliation internationale, à la menace d'une guerre franco-allemande ou à la mise en place initiale de la Société des Nations. L'ensemble, on le voit, est à la fois complet et cohérent, soulignant le rôle et l'importance du baron pacifiste dans la vie politique nationale et diplomatique européenne, mais aussi (en creux) son échec.

On note la présence d'un beau cahier central de photos, grâce aux archives départementales de la Sarthe. Les sources et la bibliographie précisées à la fin du volume sont plus que copieuses, et sans doute pratiquement exhaustives. Un très riche et très dense volume qui éclaire de nombreux pans de la politique française et internationale fin XIXe - début XXe siècle.

Presses universitaires de Rennes, 2015, 276 pages, 20 euros.
ISBN : 978-2-7535-3589-3.

En finir avec les guerres
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12 octobre 2014 7 12 /10 /octobre /2014 06:00

Guizot

La traversée d'un siècle

Laurent Theis

Présenter en moins de 200 pages l'ensemble de la vie publique d'un homme qui traverse tous les régimes de la première moitié du XIXe siècle, tout en traitant des polémiqes et débats auxquels il a été associé et de son héritage intellectuel est un véritable tour de force.

Protestant né dans une famille modeste, il doit son ascension sociale a sa puissance de travail. Sa carrière de journaliste commence en février 1807 avec la publication d'un article dans le Journal de l'Empire, et se termine avec une dernière intervention auprès de l'Angleterre en janvier 1871 pour que le Royaume-Uni agisse en faveur de la France. Durant cette période, tout en poursuivant une abondante production d'articles et d'ouvrages, François Guizot s'engage progressivement en politique via le journalisme : "il s'agissait de s'opposer aux ultras et aux républicains afin de soutenir le ministère Decazes orienté au centre-gauche". Il noue d'étroites relations avec ce qui deviendra l'élite de la Monarchie de Juillet. Il poursuit alors de pair ses travaux d'historien (de la Révolution française en particulier) et ses activités d'homme politique devenu ministre (de l'Instruction publique, des Affaires étrangères, président du Conseil). Laurent Theis s'intéresse alors à Guizot historien, constatant que son influence "fut immense : Michelet, Tocqueville, Marx, Taine reconnurent leur dette envers lui". Dans une dernière phase, l'auteur s'intéresse aux rapports entre Guizot et les chrétiens libéraux de son temps, puis à son attachement à l'Angleterre. Pour les premiers, il s'agit d'un rapprochement progressif qui durera jusqu'à la mort au début de la IIIe République : "Pour moi, chrétien, protestant et libéral, je porte à ces pionniers de la liberté chrétienne dans l'Eglise catholique une reconnaissance profonde". Pour la seconde, on constate une "empathie réciproque de Guizot et de la société anglaise", sur la base de relations personnelles durables. Enfin, en conclusion, Laurent Theis nous offre un rapide expose sur "Guizot et Thiers juges de Napoléon", inspiré d'une communication prononcéelors d'un colloque en 2004.

Si l'image de Guizot (pour ce qui me concerne) n'a jamais été attirante et encore moins attachante, cet ouvrage bien écrit et facile à lire donne une autre image d'un grand intellectuel et homme politique, témoin de son temps et acteur déterminé de la vie publique.

CNRS Editions, Paris, 2014, 198 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-271-08159-9.

Une vie dans le siècle
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8 septembre 2014 1 08 /09 /septembre /2014 06:00

1798 - 1831 Une France arabe

Histoire des débuts de la diversité

Ian Coller

Etonnante étude que ce livre, qui porte sur l'installation en France métropolitaine au début du XIXe siècle d'une importante communauté égypto-musulmane, et sa vie durant la Restauration. La volonté de raccrocher à tout prix cette étude à une certaine actualité, perceptible dans l'introduction, conduit l'auteur, au risque de l'anachronisme, à faire référence aux émeutes des banlieues en 2005 et à la communauté musulmane d'aujourd'hui, et à établir un lien avec l'objet de ses travaux qui constituerait une "France dont l'existence n'a jamais été vraiment reconnue". Remarquons simplement, comme Ian Coller lui-même le précise plus loin, que ces "Egyptiens" et "Syriens" "ne partageaient que la langue arabe" et n'étaient pas musulmans "pour la grande majorité d'entre eux". Venons-en à l'essentiel.

Quelques centaines d'hommes, de femmes et d'enfants, qui arrivent en France en 1801 avec les restes de l'armée d'Egypte rapatriée, parmi lesquels des anciens de la "Légion copte" et de futurs Mamelouks, constituent donc cette communauté. Celle-ci est toutefois très hétérogène, qu'il s'agisse des origines géographiques, des professions exercées ou de l'appartenance religieuse. Leurs situation est particulièrement précaire et ils ne peuvent convaincre les autorités françaises à les reconnaître comme les représentants d'une "nation" égyptienne en puissance : "le terme de légation ne devait pas être mentionné, et toute question d'indépendance politique restait nulle et non avenue". Il leur faut bien dès lors s'installer en France pour y vivre, essentiellement à Marseille dans un premier temps, et l'auteur s'intéresse dans les chapitres qui suivent à la formation (au départ et jusqu'en 1811 refusée par le gouvernement) d'un "Paris arabe", dont les membres les plus importants ou les plus actifs sont attentivement surveillés par la police. Ian Coller souligne que la situation des "Syriens catholiques" (pour faire court) est bien différente de celle des "Egyptiens musulmans" : tandis que les premiers peuvent assez facilement se lancer dans le commerce et faire jouer les anciennes relations entre la France et le Levant, les seconds se voient souvent cantonnés à des activités intellectuelles, d'enseignement ou de traduction. Brièvement victimes de la populace à la chute de l'empire, ils se replient pour certains dans le souvenir de l'empereur déchu, ou rejoignent sans vergogne les Bourbons, voir se retire de toute vie publique et se lancent dans les affaires. Au tournant des années 1830, "une population arabe non négligeable vivait en France, principalement à Marseille et à Paris, dans une moindre mesure à Melun" et des milliers de Français de toutes conditions croisent quotidiennement cette communauté, marquant une première étape d'échanges culturels, dont les gravures en particulier témoignent ; tandis que quelques intellectuels mettent en valeur une civilisation arabe. A la même époque, des étudiants égyptiens issus des grandes familles du pays arrivent en France pour y poursuivre leurs études et apportent un sens nouveau à cette petite communauté orientale francisée. Le débarquement d'Algérie en 1830 apporte une changement majeur à leur situation : on en retrouve beaucoup comme auxilliaires de l'armée française, mais ils y puisent également pour certains une confirmation de leur identité propre.

A partir de sources éparses mais fort nombreuses, l'auteur reconstitue l'histoire d'une communauté et de ses principaux membres. Le sujet est passionnant et bien traité, le livre apporte beaucoup à notre connaissance de ces questions, qu'il convient une nouvelle fois de ne pas parasiter par des anachronismes.

Alma éditeur Paris, 2014, 382 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-36-279114-7.

Une étonnante communauté
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3 septembre 2014 3 03 /09 /septembre /2014 06:10

La guérilla en 1870

Résistance et terreur

Armel Dirou

A partir de sa thèse soutenue en Sorbonne, Armel Dirou, officier supérieur d'active, nous offre un livre original et tout particulièrement intéressant sur ces "irréguliers" de 1870-1871 qui firent plus que de gêner l'envahisseur prussien : ils le marquèrent au point que leur souvenir était encore présent en août 1914.

L'ouvrage est divisé en deux grandes parties. La première, "Les francs-tireurs pendant la guerre de 1870-1871", est essentiellement factuelle. Elle décrit la constitution des groupes, leur organisation, leur équipement, leur fonctionnement intérieur, leurs limites aussi, et développe les procédés tactiques, les modes de combat, etc. Il s'intéresse également aux questions de renseignement et de communication, en particulier à propos de "la bataille du câble", essentiellement conduite par les fonctionnaires du télégraphe. La seconde partie, "La Prusse au prisme des guerres irrégulières et de l'analyse clauzewitzienne", présente l'originalité de rechercher la place qu'occupe la guerre irrégulière dans la pensée militaire allemande et dans la formation des officiers, bien réelle contrairement à ce que l'on peut croire un peu rapidement. La période napoléonienne, une soixantaine d'années plus tôt, a été étudiée et les Prussiens eux-mêmes ont pratiqué à partir de 1813 l'emploi des corps francs. Par ailleurs, dans l'Europe du XIXe siècle, le phénomène sera fréquent, du Danemark en Grèce. Armel Dirou analyse alors les forces et les faiblesses des belligérants, les hypothèses des Allemands et les possibilités des Français, la politique de terreur à l'égard de la population des territoires occupés pour annihiler toute volonté de résistance et donc les mesures prises pour répondre aux actions des francs-tireurs. Il en résulte bien sûr des règles générales, des enseignements, pour une rébellion comme en contre-guérilla.

Armel Dirou tire de son étude des conclusions mitigées ("Nul ne saura jamais si la stratégie de guérilla généralisée préconisée par le lieutenant-colonel Chenet en septembre 1870 aurait pu réussir") et l'on relève que les gouvernements, de façon générale, se méfient de ces bonnes volontés parfois brouillonnes mais surtout mal contrôlées. L'exceptionnelle densité des références et des sources sur ce sujet, à la fin de l'ouvrage, doit également être soulignée. Une très belle étude qui doit être lue par tous les amateurs.

Bernard Giovanangeli Editeur, Paris, 2014, 295 pages, 23 euros.
ISBN : 978-2-7587-0118-7.

Francs-tireurs
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14 juin 2014 6 14 /06 /juin /2014 06:20

Bertha von Suttner

1843-1914

Amazone de la paix

Marie-Claire Hoock-Demarle

Chacun a au moins entendu une fois son nom, que l'on croise régulièrement dans les textes publiés au début du XXe siècle, mais force est de reconnaître que rares sont ceux qui seraient capables d'aller plus loin.

Cette biographie de "l'amazone de la paix" par Marie-Claire Hoock-Demarle est donc indiscutablement un ouvrage important, pour plusieurs raisons. D'une part, comme toute biographie, elle nous restitue avec forces détails parfaitement référencés l'ensemble de la vie publique et privée de Bertha von Suttner ; mais aussi d'autre part parce qu'elle replace l'action de cette femme énergique dans le contexte personnel et collectif qui fut le sien, nous ouvrant ainsi d'intéressantes pistes de réflxion sur la haute société intellectuelle européenne du temps. Née dans une ancienne et noble famille de Bohème ayant connu quelques revers de fortune, la jeune Bertha visite avec sa mère les grands lieux de villégiature européens lorsqu'elle est en âge de se marier, à la recherche de l'époux aisé qui lui assurera le statut auquel sa famille aspire pour elle. Devenue préceptrice des jeunes filles d'une riche famille viennoise, elle s'éprend du cadet de la maison et, après une escapade à Paris où elle est brièvement secrétaire du richissime Alfred Nobel, l'épouse secrètement et se "réfugie" en quelque sorte dans le Caucase avec lui pendant de longues années. Curieuse existence dans cette province excentrée de l'empire russe, entre travail quotidien pour faire vivre le couple et soirées "luxueuses" entre les quelques nobles venus de différents pays exilés sur ces terres lointaines. Rentrée à Vienne à la fin des années 1880, elle connait la vie relativement oisive des élites du temps, de Paris à la Riviéra et à Venise, et entre en relation avec la League britannique pour la paix et l'arbitrage tout en entrenant une relation épistolaire avec Nobel. Elle développe alors ses talents littéraires, d'abord sous pseudonyme, rencontre un succès relatif avec un premier livre, confirme avec un second et publie enfin son "maître ouvrage", Die Waffen nieder ("Bas les armes !"), "plus grand succès éditorial du XIXe siècle" avec les contes de Grimm. Ses engagements désormais ne varient plus. Elle multiplie les prises de parole en public et les publications, cumule les présidences d'associations et organisations, participe aux congrès internationaux, défend avec fougue ses convictions pacifistes à travers toute l'Europe et jusqu'aux Etats-Unis, en particulier grâce aux soutiens matériels qu'Alfred Nobel lui accorde régulièrement. Au fil des pages, on croise un grand nombre d'écrivains et intellectuels célèbres, des hommes politiqes, des journalistes, des grands noms de l'aristocratie. Ainsi, outre le parcours d'une femme exceptionnelle en son temps, Marie-Claire Hoock-Demarle brosse-t-elle pour nous le tableau d'une société européenne, internationale, cosmopolite à bien des égards, qui est chez elle aussi bien à Vienne qu'à Paris ou à Venise, porteuses d'idéaux élevés et pourtant, à bien des égards, sans réelles relations avec la réalité sociale de son temps. Impression parfois curieuse d'une génération privilégiée qui vit selon les règles de l'aristocratie la plus traditionnelle tout en étant animée par de hautes valeurs. Devenue la véritable porte-parole du pacifisme européen, elle est finalement honorée par le prix Nobel de la paix, qu'elle avait persuadé son ami Alfred de créer. Bertha von Suttner s'est aussi distinguée très tôt en s'élevant contre l'antisémitisme, qui atteint alors des sommets à Vienne et en Europe centrale et commence à s'installer dans le paysage politique et intellectuel en France. Par contre, son enagement "féministe", parfois mis en avant aujourd'hui, semble plus marginal et l'on ne saurait dire qu'au-delà de sa propre personne elle se soit effectivement engagée en faveur de la "libération" de ses contemporaines.

Celle que l'on surnomme désormais Friedensbertha décède le 21 juin 1914, une semaine avant le double assassinat de Sarajevo. Elle ne sera pas témoin de la Grande Guerre, qu'elle craignait depuis de longues années, et ne verra pas la création de la SDN, qui apporte (ou tente d'apporter) une réponse internationale à ses préoccupations. Une belle, riche et dense biographie, qui nous ouvre également les portes d'un monde disparu, entre villes d'eaux, stations balnéaires et grandes capitales européennes. 

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2014, 353 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-7574-0738-7.

Apôtre de la paix
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10 avril 2014 4 10 /04 /avril /2014 06:25

Carnets d'un infirmier d'une guerre oubliée

De la Savoie à la Franche-Comté

Daniel Seigneur

Un roman sur une guerre mal connue. Un cadre espace-temps limité (quelques mois dans l'est de la France), à partir duquel l'auteur se laisse aller à des considérations générales parfois pertinentes (parfois moins).

Un jeune homme en vacances en Savoie à l'été 1870 se trouve dans l'impossibilité de rentrer chez lui à l'issue de la déclaration de guerre contre la Prusse. Il assiste à la constitution des bataillons de la Garde mobile de Savoie, largement démunis du matériel minimum pour partir en guerre, affectés au XVe CA de l'armée de la Loire, puis à l'armée Bourbaki, "en voie de constitution du côté de Bourges pour aller combattre en direction de l'est". Il s'engage alors et, devenu brancardier, embarque au début du mois de janvier 1871 : "Mon paquetage ficelé, à l'aube de cette matinée, par un froid à ne pas mettre un chien dehors, je m'engouffrai, en compagnie de Charles, dans un train militaire pour atteindre Besançon". Les descriptions qui suivent ne sont pas à la gloire des armées françaises, entre quasi-misère collective et incompétence de nombreux chefs. Presque partout, le désordre règne : "On s'interpelle de partout, on se bouscule en tous sens, sans véritablement constater que les déchargements et les transports progressent". L'auteur supposé de ces carnets assiste de loin à la bataille de Villersexel, décrit le fonctionnement de son ambulance et pour les valides la recherche d'un abri aussi bien protégé que possible du froid intense, évoque les erreurs et défauts du commandement. C'est ensuite la bataille de la Lizaine (du côté de Héricourt), à l'occasion de laquelle, blessé, il est fait prisonnier, puis libéré au titre de son appartenance à la Croix-Rouge. L'histoire se poursuit, avec une aventure amoureuse, d'autres batailles, d'autres descriptions, des blessés, des hussards et des Chassepots, la neige, l'hôpital démuni de tout, des "attaques décousues, manquant à la fois d'entente et de simultanéité ... Enfin, par suite d'une organisation vicieuse de leurs mouvements, l'intervention capitale de certaines de nos unités s'était produite beaucoup trop tard". Finalement, la retraite imposée, un haut commandement hésitant, un gouvernement de Bordeaux coupé des réalités, une tentative de suicide de Bourbaki et le passage en Suisse, une "vision apocalyptique" : "Des 140.000 hommes qui composaient l'armée de l'est, 87.847 soldats français dont 2.500 officiers, 12.000 chevaux, 285 bouches à feu et 1.200 voitures de tout genre se présentèrent au poste-frontière des Verrières-de-Joux, ainsi que dans trois autres localités proches, en colonnes ininterrompues d'hommes, de bêtes de trait, de charrois et de canons". Après un séjour à l'hôpital de Neuchatel et quelques mois de captivité, le voilà de retour en France, désabusé, alors que lui et ses camarades sont accueillis par de grandes (et paradoxales) manifestations populaires et officielles.

Un petit roman qui se lit aisément et nous rappelle, au-delà d'un fort ancrage régional, la réalité de cet hiver 1870-1871 pour les bataillons de volontaires levés dans les différentes provinces.

Cabédita, Divonne-les-Bains, 2014, 157 pages.

ISBN : 978-2-88295-687-3.

Pour commander directement : ici.

Année terrible
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3 avril 2014 4 03 /04 /avril /2014 06:25

Naissance de la IIIe République

Damien Gros

Du sérieux, du lourd, du technique, du référencé. 

Dans ce gros volume dense, soigneusement mis en page et qui bénéfice d'une impression de qualité, Damien Gros, juriste, nous présente par le menu le détail de la mise en place en moins de cinq ans du régime qui deviendra la IIIe République, à partir des travaux de l'assemblée nationale de 1871. Son propos est divisé en trois parties principales, qui bénéficient pédagogiquement d'une introduction et d'une conclusion chacune. La première, "La structuration partisane", s'intéresse avec une grande précision aux parlementaires, à leurs origines, à leurs rapports entre eux à leurs réseaux et à leur engagement confessionnel, à l'émergence des premiers groupes qui deviendront des partis politiques quelques dizaines d'années plus tard. La seconde, "L'oeuvre constitutionnelle", dans laquelle il explique l'évolution progressive de lois fondamentales et de l'organisation des pouvoirs, du décret de février 1871 aux lois constitutionnelles et organiques de 1875, sans oublier les projets successifs non aboutis, les péripéties des "commissions des trente" ou la répartition de voix au fil des principaux votes successifs. La troisième enfin, "L'oeuvre législative", nous éclaire sur l'adoption et le contenu des grands textes fondateurs : lois militaires, lois sur la presse, lois sur l'organisation des pouvoirs communaux et départementaux. Il prend également l'exemple de la lutte contre l'alcoolisme pour évaluer la politique budgétaire et fiscale ; les lois pour la défense de l'enfant et la limitation de la durée du travail des plus jeunes pour traiter de la législation sociale. Sur tous ces points, nous suivons les débats, les oppositions, les contre-projets, etc.

Puisant largement dans les archives parlementaires, les témoignages des acteurs, la presse du temps et le Journal Officiel, voici une source de très nombreuses informations qui devrait être indispensable à tout étudiant au moins, mais aussi à tous ceux qui s'intéressent à l'organisation de la France, de ses grandes structures ministérielles et politiques, ou aux rapports sociaux à l'époque. Une analyse à la fois théorique et pratique de la naissance de la IIIe République. Au total, un vrai outil de travail et de référence. Le genre de livre que l'on peut conserver et consulter pendant de très longues années.

PUF, Paris, 2014, 527 pages, 32 euros.
ISBN : 978-2-13-060892-9.

Pour amateurs et spécialistes
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25 octobre 2013 5 25 /10 /octobre /2013 06:30

La campagne de Louis-Philippe au Maroc

1844

Jean-Pierre Bois

Chaque nouveau livre de Jean-Pierre Bois est un plaisir de lecture et de découverte. Celui-ci ne trahit pas la réputation de son auteur.

En six chapitres particulièrement denses, il nous raconte l’histoire aujourd’hui bien oubliée de la campagne conduite sur ordre de Louis-Philippe à l’été 1844 contre le sultan du Maroc, dont on ne conserve généralement au mieux que le souvenir approximatif de la bataille d’Isly. Jean-Pierre Bois nous présente d’abord les principaux protagonistes de l’action (Bugeaud, les princes de la maison d’Orléans, Abd el-Kaber et Moulay Abd er-Rahman) et leurs troupes, le contexte diplomatique face à l’Angleterre, et la situation au printemps 1844. Il développe ensuite les opérations militaires, terrestres et navales, sans oublier les menaces (ou les risques) d’une confrontation directe avec Londres. Sur les deux rives de la Manche d’ailleurs la grande presse s’en donne à cœur joie et l’auteur utilise fréquemment des extraits des articles publiés à l’époque pour soutenir son propos. La bataille d’Isly, le 14 août, est analysée et les pertes (800 à 2000 Marocains selon les estimations contre moins de 130 morts et blessés français) sont commentées.  La prise de Mogador met à l’honneur, le lendemain, le prince de Joinville après le maréchal Bugeaud. Le premier est promu vice-amiral, le second nommé duc d’Isly.

On le savait peu, mais « Louis-Philippe, devenu roi de guerre pour un mois, y gagne en popularité » : de l’utilité si classique en politique intérieure des engagements internationaux… Les conditions de la paix seront jugées insuffisantes en France, le Maroc sauvegarde son indépendance mais l’affaire facilite finalement un rapprochement souhaité par Paris avec l’Angleterre. Puis la conquête de l’Algérie se poursuit et Abd el-Kader se rendra au duc d’Aumale trois ans plus tard. Les dernières pages sont consacrées au souvenir de cette campagne dans la production historique française, un récit réécrit et réinterprété au long du XIXe siècle et jusqu’aux lendemains de la Seconde guerre mondiale, où ces événements semblent rayés des mémoires : « La célèbre casquette du père Bugeaud a ainsi disparu, et avec elle un pan entier de l’histoire politique, militaire et coloniale de la France ».

Une demi-douzaine de cartes et une très riche bibliographie complètent ce livre passionnant sur une campagne effectivement injustement oubliée.

Economica, Paris, 2013, 179 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-7178-66-28-5.

Campagne oubliée
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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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