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8 janvier 2015 4 08 /01 /janvier /2015 06:00

La dynastie rouge

Corée du Nord, 1945-2014

Pascal Dayez-Burgeon

Nouvel ouvrage en quelques semaines sur le royaume de la Schizophrénie. Après Cher Leader (ici), témoignage personnel d'un ancien privilégié du régime en exil, voici un livre d'histoire sur la mystérieuse dynastie rouge des Kim.

Avec Kim Jong-sung, puis Kim Jong-il et enfin Kim Jong-un (qualifié dans l'introduction "d'ahuri dodu" et de "buté, belliqueux, cruel"), l'étonnante et kafkaïenne monarchie communiste de Corée du Nord semble un îlot paradoxal dans le monde moderne, de stabilité (à quel prix !) et d'absurdité. L'auteur prend ses précautions : "Cette première biographie croisée n'entend en aucune manière légitimer une dictature dont les crimes sont odieux", mais de façon assez étonnante pour un tel sujet adopte un ton presque froid et détaché, tout en disant nettement les choses. Cette distance donne à l'ouvrage l'allure d'une surprenante étude à froid. Pascal Dayez-Burgeon prend soin de systématiquement replacer les événements qu'il décrit dans le temps long de la culture coréenne et de préciser le contexte culturel qui est le leur (le mont Paektu, berceau du fondateur mythique du pays, "récupéré" par Kim Jong-sung et ses successeurs). De ce fait, non seulement on apprend énormément de choses sur la Corée du Nord des Kim, mais aussi sur l'ensemble de l'histoire du pays et sa civilisation. L'étonnant système nord-coréen, ses administrations pléthoriques, ses services de sécurité redondants, sa richissime élite et sa population affamée (entre 500.000 et 1,5 million de morts du fait de la famine à la fin des années 1990 selon les estimations), la volonté du dernier héritier de faire entrer cet étrange Etat dans le monde d'Internet tout en le contrôlant ("En 2006, (il) rend l'enseignement informatique obligatoire, sans se rendre compte que la plupart des écoles n'ont ni les moyens de se procurer des ordinateurs, ni même l'électricité nécessaire pour les faire fonctionner"), la place laissée aux sciences humaines revues et relues à l'aune du juché, cette doctrine qui puise ses principes d'autosuffisance et d'indépendance dans le vieux fond confusiasniste et coréen. D'où la course à l'arme nucléaire ("L'arme nucléaire est leur assurance-vie"). D'où aussi l'industrialisation de la corruption et de tous les trafics, dont celui de la drogue : "Une escouade de chimistes est réquisitionnée pour transformer l'opium en héroïne ou reprendre la production des méthamphétamines ... Moscou, Tokyo et Washington ne tardent pas à dénoncer la filière coréenne. Pyongyang nie, mais plusieurs ambassadeurs nord-coréens sont pris sur le fait, leurs valises diplomatiques bourrées de stupéfiants, et avouent avoir agi sur ordre. Le Nord nie également les trafics de cigarettes, de CD piratés, d'antiquités contrefaites ou de fausse monnaie, mais avec si peu de conviction qu'il ne convainc personne". Des personnages mégalomes, "d'une stature surhumaine" selon la propagande qui les entoure, que l'on voit vivre et tout faire pour maintenir un pouvoir qui, malgré tout, peu à peu se fissure (Oh ! Bien modestement encore !). Pour nos esprits rationnels et cartésiens, des détails pour le moins surprenants, comme l'attribution "à titre posthume" à Kim Jong-il par le Parti des travailleurs, en 2012, du titre de "Secrétaire général éternel"

La conclusion est sans ambigüité et l'auteur évoque un "Disneyland de l'horreur" : "Les Kim sont encore là pour un certain temps. Mais ce temps est incertain". Indiscutablement, à lire. 

Perrin, Paris, 2014, 446 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-262-04043-7.

Au pays du "Phare de l'espoir" !

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 06:00

Chine

Une certaine vision de l'histoire

Yves Wintrebert et Han Huaiyuan

Pour nous permettre de mieux comprendre l'ancienne culture chinoise et son influence aujourd'hui, les auteurs nous propose un recueil d'histoires et d'anecdotes datant de plusieurs siècles avant notre ère, mises en parallèle de données chiffrées récentes.

Traduites de la plus ancienne littérature chinoise, les anecdotes qui nous sont contées appartiennent à l'histoire de ces nombreux royaumes du nord-est (Jin, Qin, Chu, Wu, Song, Yue, Qi, Lu, etc.) à l'époque des premières dynasties, où naissent les principes de "bon gouvernement" et de l'harmonie sociale. On constate en effet que la plupart des récits traitent de situations gouvernementales et politiques, et rappellent l'importance essentielle (judicieuse ou apaisante) du "bon conseiller du prince", celui qui évite à son souverain les décisions instinctives ou inadaptées. A contrario, les données récentes et chiffrées fournies après chaque petite histoire sont extrêmement concrètes et (si elles font parfois écho aux récits qui les précèdent, ce qui n'est pas toujours le cas) laissent perplexes sur les évolutions de la Chine actuelle. Au-delà des reportages de la grande presse, il semble que les fondamentaux du pays ne soient pas aussi seins que cela, du chômage des étudiants à la corruption galopante, de la cherté de la vie aux les affres de l'existence quotidienne... L'ouvrage peut sans problème se lire par chapitre, en "picorant" littéralement ici une histoire ancienne, là une donnée actuelle. Une impression curieuse en refermant le volume : une très longue histoire de recherche de la sagesse et de mise en valeur de l'équilibre, et une actualité faite d'excès et de chiffres un peu fous. Est-ce ce le message que souhaitaient faire passer les auteurs ? Je ne sais, mais à la lecture de ce livre très intéressant, j'en retire le sentiment que la Chine n'est peut-être pas l'horizon indépassable de notre avenir. Un paradoxe ou une contradiction ? Au final, très intéressant par les réflexions qu'il suscite, les précisions qu'il apporte et l'ouverture d'esprit qu'il offre.

Editions de l'Aube, La Tour d'Aigues, 2014, 238 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-8159-0793-4.

Chine éternelle

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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 22:24

Fortunes et infortunes d'un exilé cambodgien

Kim Ang Srun

Un livre-témoignage sur le parcours totalement hors norme d'une vie, qui se termine après quarante ans d'exil sur un retour au Cambodge.

Kim Ang Srun a vécu des expériences personnelles assez exceptionnelles. Etudiant cambodgien au Maroc lorsque les Kmers rouges entrent dans Phnom Penh (ce qui n'est déjà pas courant), enlevé par le Front Polisario il séjourne dans un camp de rebelles sahraouis, devient apatride lorsque la validité de son passeport arrive à échéance et que le nouveau régime ne le renouvelle pas, connaît la vie un peu bohème et instable d'un étudiant désargenté. Tout en racontant son enfance et sa jeunesse en Extrême-Orient, il poursuit son récit : se fait piéger par la police marocaine qui veut le recruter comme informateur et tente de faire pression sur lui en lançant de fausses accusations de viol, envisage un exil aux Etats-Unis mais rejoint finalement la France où il passe un DEA et peut s'inscrire en thèse, devient citoyen français, fonde une famille et se lance dans la vie professionnelle. Un parcours exemplaire et la "reconstruction" d'une vie. Lorsque naît son fils en 1989, il lui donne le prénom de Francis, "un prénom qui comporte la racine 'franc', comme France". Et toujours, de loin, quelques nouvelles éparses de son pays d'origine, redevenu royaume du Cambodge en 1993, tandis que sa femme et lui font le choix de donner à leurs enfants la culture française la plus solide. En 2012 enfin, il a la possibilité et le souhait de retourner au Cambodge, pour une étude sur la gestion de l'eau, son domaine de spécialité, et constate (parfois avec étonnement) tous les changements intervenus depuis quarante ans.

Un témoignage humain, simple, naturel, sur une vie à la fois exceptionnelle et (presque) ordinaire. Un récit qui se lit comme un roman. Naturel dans le ton comme dans la forme. Et qui souligne à de nombreuses reprises les qualités d'accueil et d'intégration de notre pays. 

Riveneuve éditions, Paris, 2014, 255 pages, 18 euros.
ISBN : 978-2-36013-274-4.

Retour au pays

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2 novembre 2014 7 02 /11 /novembre /2014 06:00

Cher Leader

Une plongée hallucinante en Corée du Nord

Jang Jin-Sung

Voici un témoignage exceptionnel, au point que l'on en arrive parfois à se demander si tout est bien réel. Un intellectuel nord-coréen ayant appartenu à la haute nomenklatura avant de fuir son pays raconte ce que fut sa vie de privilégié du régime.

Le prologue nous raconte comment l'auteur fu choisi par le maître du pays à l'occasion d'un repas privé au milieu de la nuit sur une île isolée au fond de la province... Mise dans l'ambiance on ne peut plus adaptée. Le livre est ensuite organisé en trois grandes parties chronologiques qui raconte d'abord les doutes qui assaillent peu à peu Jang Jin-Sung ("Guerre psychologique"), puis la fuite via la Chine communiste ("Le fugitif"), enfin la difficile, voire rocambolesque exfiltration vers l'ouest après un long séjour en Chine ("La liberté"). Au fil des chapitres, outre le récit des événements eux-mêmes qui marquent cette longue progression vers le monde libre, l'auteur nous raconte ses souvenirs de Corée du Nord et émaille son propos d'anecdotes aussi sombres qu'ubuesques. Jang Jin-Sung était employé dans les services de propagande du régime, priorité du "Cher Leader" aussi bien à usage interne qu'externe, chargé d'écrire l'histoire officielle du maître : "Chargé de cette glorieuse mission, je travaillais à la section V (littérature), division 19 (poésie), du bureau 101. Malgré une mystérieuse et involontaaire évocation -la salle 101 d'Orwell-, ce bureau était, ironiquement, appelé ainsi afin d'éviter toute allusion à la nature de notre travail". Nous touchons du doigt la misère et la famine qui frappent le peuple : "Ce soir-là, au dîner préparé par la mère de Youg-nam, il me fallut encore ravaler mes larmes quand elle nous expliqua fièrement qu'elle avait pu m'offrir à moi, son invité, un demi-bol de riz -elle en avait mis de côté dix grainsà chaque repas ... Quand je lui demandai depuis combien de temps elle économisait le riz, elle me répondit : 'Trois mois'. Je n'aurais jamais cru que ces gens en aient été réduits à compter leurs grains de riz". Il nous raconte l'équivalent nord-coréen de la Révolution culturelle, décrit l'organisation familiale du pouvoir et ses évolutions paranoïaques, le fils détenant le pouvoir réel là où le père conserve les titres et les fonctions officielles, "ce qui rendait impossible pour les étrangers d'analyser le fonctionnement de la Corée du Nord, dans la mesure où la hiérarchie officielle ne servait qu'à faire taire la vieille garde tandis que le vrai pouvoir était tenu par des personnes de confiance qui échappaient à tout contrôle public. Autrement dit, les partisans de Kil Il-sung pouvaient bien avoir tenu des postes prestigieux, l'autorité reposait entre les seules mains des collaborateurs de Kim Jong-il". Il s'attarde également sur les manoeuvres qui entourent les purges régulières, qui peuvent atteindre plusieurs dizaines de milliers de cadres du parti, tandis que le peuple continue à mourir de faim. On sait que toutes les organisations sont strictement contrôlées par le parti communiste, y compris les structures religieuses officielles, mais l'on apprend même que dans les rares églises de Pyongyang "les assemblées sont composées exclusivement d'agents du DFU et des membres de leurs familles, obligés d'assister à la cérémonie par devoir pour le parti. Aucun Nord-Coréen moyen ne pourrait seulement songer à venir célébrer un quelconque culte dans ces bâtiments, dans la mesure où ceux-ci se trouvent dans des zones opérationnelles dont l'accès est strictement réservé au personnel du DFU". En clair, employé par le parti à faire semblant d'être croyant !!! L'auteur nous explique également en quoi la politique de "réchauffement" (dite "du rayon de soleil") du Sud à l'égard du Nord de la péninsule a contribué à consolider le régime des Kim sur le point de se désintégrer après cinq années de famine généralisée : "Au milieu de 1998, Kim Jong-il avait ordonné au département du Front uni d'exprimer une stratégie d'Exploitation du rayon de soleil qui permettrait au parti de tirer de la Corée du Sud des bénéfices économiques indispensables tout en faisant le moins de concessions possibles". Les exemples pourraient être ainsi multipliés ("A Pyongyang, siège du parti, aucun des rares piétons circulant dans la nuit obscure ne passerait jamais pour un citoyen en goguette. Tous autant qu'ils sont -y compris les enfants, les étudiants et les soldats- ne pourraient être que des citoyens mobilisés pour un événement politique ou pour des exercices"), et pourtant l'auteur termine presque par une pirouette : "Chez nous, il existe deux Corées du Nord : une réelle et une imaginaire, créée par le régime. Ce n'est qu'après ma fuite que j'ai reconnu l'existence d'une troisième Corée du Nord : théorique. Celle construite par le monde extérieur"... 

J'ai parfois du mal à comprendre quels facteurs, quels héritages culturels ou religieux, peuvent expliquer le complet asservissement d'un peuple jusqu'à un tel stade. Car enfin, la peur n'explique pas tout et même dans les pires dictatures des mouvements de résistance s'organisent. Quoi qu'il en soit, voici une lecture absolument indispensable pour quiconque souhaite s'intéresser à l'immense camp de prisonnier "du Matin calme". 

Ixelles éditions, Paris, 2014, 366 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-87515-229-9.

Stupéfiant

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 06:30

Géopolitique de la Corée du Sud

Une puissance paradoxale

Arnaud Leveau

Dans la jeune collection "GéopolitiqueS", les éditions Argos proposent aujourd'hui un petit volume tout à fait intéressant, en particulier au regard de la documentation qui existe en France.

En 200 pages, Arnaud Leveau présente tous les termes des problèmes qui se posent au pays. Après avoir rappelé quelques notons générales de base, il organise son livre en deux grandes parties : "Eléments fondamentaux de l'équation de puissance sud-coréenne", et "Les perspectives stratégiques de la Corée du Sud au XXIe siècle". La première détaille les facteurs objectifs de puissance économique du pays, l'histoire complexe des relations privilégiées avec l'allié américain, la double question des rapports avec la Corée du Nord et avec la Chine. La seconde nous précise les orientations diplomatiques de Séoul, sa place et son rôle dans les instances internationales, ses intérêts régionaux et son importance en Extrême-Orient.

Des graphiques, des encarts, des cartes ponctuent ce petit volume qui se termine par plusieurs pages de bibliographie et qui apportera à tous ceux qui veulent s'intéresser à la Corée du Sud, amateurs et étudiants, de nombreuses données précises. Un livre utile sur un pays dont on parle finalement assez peu et que l'on connait moins bien encore.

Editions Argos, Paris, 2014, 204 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-36614-012-5.

Géant économique, nain politique ?

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3 décembre 2013 2 03 /12 /décembre /2013 06:25

Guerre du Vietnam :

la faute à Kennedy ?

Laurent Pericone

J. F. K., qui a fait passer le nombre de "conseillers" militaires américains au Sud-Vietnam de 680 à 17.000 est-il responsable de l'engagement américain en Extrême-Orient ? Etait-il un homme de paix ou de guerre ? La polémique continue.

Laurent Paricone organise son livre en trois grandes parties chronologiques : "1961, la poudrière", "1962, l'illusion de l'efficacité", et "1963, en plein bourbier". Chacune comporte trois ou quatre parties qui permettent de détailler certains aspects, comme le chapitre 2 : "Les hommes du président : les meilleurs et les plus intelligents ?", qui nous montre l'entourage civil et militaire, les conseillers, leurs caractéristiques et leurs limites. De même le chap. 3, "Diem, l'homme incontournable du Sud-Vietnam", qui fait le point sur ce personnage dont le nom est connu mais que auquel peu d'auteurs prennent le temps de s'intéresser. Durant le mandat de Kennedy, la priorité (ou la communication) est mise sur l'emploi des unités spéciales et une action que l'on peut déjà qualifier de "contre-insurrectionnelle". Il n'est pas encore question de déployer de grandes unités combattantes et, d'ailleurs, le président ordonne même le rapatriement de quelques centaines de "conseillers" américains. Mais, pour l'auteur, "le pli est pris". De même, il souhaite obtenir au cours d'un second mandat un règlement politique du conflit. Alors, Kennedy responsable ? Finalement Laurent Pericone ne tranche pas, et sans doute a-t-il raison. Il est bien difficile de dire que les décisions prises en conduite, et souvent en réaction aux événements, pendant la durée de son mandat correspondaient à une volonté "offensive" ou à un souci de simplement aider à limiter la progression du Vietcong.  Peut-être peut-on considérer que J. F. K. a initié un processus qu'il n'envisageait pas de mener à son terme ?

En accordant une place importante à la fois au rôle des proches du président, aux analyses des déficiences sud-vietnamiennes et aux handicaps du régime Diem, l'ouvrage est d'un réel intérêt pour cette période qui précède l'engagement massif de l'armée américaine et qui ne fait en général l'objet que de quelques lignes. A lire avec intérêt et à croiser, bien sûr, avec d'autres livres qui donnent une image toute autre de Kennedy.

Economica, Paris, 2013, 143 pages, 19 euros.
ISBN : 978-2-7178-6644-5

Responsabilité de Kennedy ?

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 06:30

Le Japon militaire

Jean-José Ségéric

Au-delà de ce que peut laisser penser le titre, l'ouvrage est essentiellement consacré à l'histoire militaire du Japon depuis l'ère Meiji, comme s'en explique l'auteur en introduction  : " Par Japon militaire, nous entendons l'histoire militaire du Japon hors de ses frontières ; cette histoire est brève, dévorante, parfois insensée et paroxystique, souvent glorieuse, à plusieurs égards elle est singulière, elle est une clé de la compréhension du Japon actuel et elle pèse sur son futur".

Après une rapide première partie qui revient sur la place de la tradition guerrière dans l'histoire du Japon ancien, Jean-José Ségéric décortique littéralement la deuxième moitié du XIXe siècle ("Ere Meiji, 1868-1912", "La guerre sino-japonaise de 1894-1895") et le début du XXe ("La guerre russo-japonaise de 1904-1905" -Port-Arthur, Moukden, Tsushima, question de la Corée- et "L'ère Taisho, 1912-1925"), avant de consacrer de longues pages à l'entre-deux-guerres (militarisation de la société, composante navale, incidents de Moukden, guerre de Chine et massacres de Nankin, état des forces en 1941) et bien sûr à la guerre du Pacifique (chronologiquement de Pearl Harbour à la capitulation), "une page sombre de sacrifices dévoyés, de déraison collective et finalement de châtiment". Il rappelle en conclusion de la partie historique que, très longtemps, "la dévotion de l'armée à l'empereur fut d'essence religieuse" et l'on a parfois le sentiment d'un parti pris sytématique hostile à l'armée impériale. Les 100 dernières pages de texte traitent de la période post-1945, en quatre chapitres : "La démilitarisation du Japon" dans l'immédiat après-Deuxième guerre mondiale, sa "Remilitarisation" avec la guerre de Corée et la création des Forces d'autodéfense, la question très sensible du "Nucléaire militaire au Japon" et enfin un essai de prospective à l'horizon 202-2030, dans un environnement mondial et régional très perturbé. 

De nombreuses et riches annexes complètent cette étude, ainsi qu'une bonne chronologie, un utile index thématique et bien sûr une bibliographie. Toues les questions sociales, culturelles et de politique intérieure sont également abordées (même si ce n'est que rapidement) et un certains nombre de cartes et tableaux de synthèse accompagnent le texte courant. Une publication importante sur un sujet rarement traité en France.

L'Harmattan, Paris, 2013, 560 pages, 49 euros.

ISBN : 978-2-343-00801-1

L'empire du Soleil levant

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16 novembre 2013 6 16 /11 /novembre /2013 06:25

Dépêches du Vietnam

John Steinbeck

La passionnante collection ‘Mémoires de guerre’ ajoute un nouveau volume à son catalogue. Rendu mondialement célèbre comme auteur des Raisins de la colère à la veille de la Seconde guerre mondiale, prix Nobel de littérature en 1962, considéré comme un libéral, un progressiste, Steinbeck a effectué ses premiers reportages de guerre en 1942, alors qu’il travaille pour l’OSS.

Ce livre reprend les reportages qu’il adresse à Newsday sous le titre de « Lettres à Alicia » pendant la guerre du Vietnam. Datés du 3 décembre 1966 au 20 mai 1967, ces textes se présentent sous la forme d’un échange, parfois presque intimiste. Ils racontent bien entendu les déplacements de Steinbeck, ce qu’il voit, ses conversations, etc. Il y affirme se rendre en Extrême-Orient pour se renseigner par lui-même sur la réalité d’une guerre que l’Amérique connait encore mal même si elle suscite déjà de l’opposition : « Tu le sais, Alicia, les armées n’ont en rien changé depuis l’époque romaine. Elles n’ont jamais aimé ou fait confiance aux informations. S’il n’en tenait qu’à elles, les commandements militaires annonceraient les victoires et nieraient les défaites, et rien de plus. C’est seulement l’exigence posée par les civils qui fait que nous avons les informations dont nous disposons ». On entend régulièrement parler de la Chine, mais aussi au hasard d'un article des expériences avec des insectes « destructeurs » ; nous avons la description des vols en hélicoptères, du déploiement d’un régiment d’artillerie, du caractère presque « fictif » de la zone démilitarisée, quelques critiques sévères des journalistes présents sur le théâtre, des bombardements de B-52, des séances d’instruction adaptées à la menace des mines et pièges, quelques commentaires ponctuels sur Sun Tzu aussi, sans oublier la question de l’eau potable pour les troupes ou celle plus politico-diplomatique des relations avec le Cambodge et la Thaïlande, etc. Tout ceci, avec son immense talent, au service d’une cause qu’il pense juste, défendre et expliquer, l’engagement américain : « Le Vietcong a la même impulsion altruiste, la même inclinaison démocratique et les mêmes méthodes pour parvenir à ses fins que la Mafia en Sicile. Le parallèle est frappant. La terreur et la torture sont ses armes ». Car, au-delà des descriptions (en elles-mêmes intéressantes), ce sont peut-être les analyses et commentaires de Steinbeck qui comptent le plus. Au fil de ses déplacements avec les Boys, par voie terrestre, fluviale ou aérienne, en vedette armée ou en hélicoptère de combat, l’écrivain très proche du Parti démocrate dresse un tableau presque toujours élogieux de l’armée américaine et de la justesse de son engagement. Une armée qui par ailleurs est bien celle d’un pays libre : « Tout journaliste de n’importe quel pays peut disposer de la même facilité de mouvement, pour autant qu’il représente un journal ou plusieurs journaux. Si un journaliste prétend avoir subi des restrictions, j’ai tendance à croire qu’il ne voulait pas y aller ».

Bref, des articles au départ « de commande » présidentielle (Johnson), mais surtout un ton et une ensemble d’informations et d’analyses que l’on n’a pas l’habitude de lire sur cette guerre, surtout venant de ces cercles intellectuels. Une excellente initiative de l’éditeur que d’avoir publié pour la première fois en français ces « Dépêches du Vietnam », qui méritent d’être connue de tous ceux qui s’intéressent à ce conflit.

Les Belles Lettres, Paris, 2013, 269 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-251-31006-0

Derniers reportages de guerre

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25 septembre 2013 3 25 /09 /septembre /2013 06:30

La guerre de Corée

1950-1953

Ivan Cadeau

Désormais reconnu comme l’un des jeunes auteurs de référence sur la guerre d’Indochine, Ivan Cadeau nous propose aujourd’hui de (re)découvrir la guerre de Corée et ses opérations actives parfois impressionnantes entre 1950 et 1953.

Cet ouvrage de synthèse est organisé en six grandes parties chronologiques, qui permettent de suivre avec aisance les principales phases de la campagne. Après avoir présenté l’histoire des deux Corée à la veille du conflit, il aborde la première offensive du Nord et l’intervention « onuso-américaine » avec ses défaillances (« Un été au bord du gouffre »), puis la contre-offensive occidentale de Pusan à Inchon (« Le ‘sorcier d’Inchon’ »), la poursuite au-delà du 38e parallèle, la contre-attaque des « volontaires » chinois, la bataille du réservoir de Chosin et la question d’une faillite du renseignement américain (« Wansui ! Les Chinois attaquent »), la seconde chute de la capitale du Sud, le difficile rétablissement du front, le remplacement de MacArthur et la contre-attaque alliée du printemps (« La contre-offensive des Nations-Unies »), enfin les combats extrêmement durs de Crèvecoeur, la révolte des prisonniers nord-coréens pris en main par l’organisation souterraine communiste, les accusations de guerre bactériologique et, finalement, la nécessité devant la stabilisation des lignes et le peu de résultats militaires d’en venir à la négociation d’une suspension des opérations actives (« L’impasse »). On le voit, une étude globale, dont la solide bibliographie finale (y compris filmographie) dit assez tout l’intérêt. Si la guerre de Corée a longtemps été une « guerre oubliée » en France, ce ne peut plus être désormais le cas.

Il ne s’agit donc pas d’une histoire de la contribution française à ce conflit, mais bien d’une présentation globale de l’ensemble de la guerre, essentiellement dans ses caractéristiques tactiques et opératives. Deux à trois millions de morts selon les sources les plus vraisemblables, deux pays ravagés, pour finalement revenir à peu de choses près sur les positions de départ. Les rapports entre les deux Corée sont toujours restés, et restent, très tendus comme l’actualité du régime paranoïaque du Nord le montre régulièrement. Aucun règlement définitif ne semble envisageable à brève échéance : « le communisme dynastique de Pyongyang et ses oligarques n’ont rien à gagner à une réunification qui signifierait leur disparition ; quant à Séoul, l’absorption, même pacifique, de son voisin du nord reste peu souhaitable pour la population sud-coréenne qui apprécie son actuel niveau de vie et les avantages qu’elle en retire ».

Perrin, Paris, 2013, 370 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-262-03734-5.

La "guerre oubliée"

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31 août 2013 6 31 /08 /août /2013 06:40

L'offensive du Têt

30 janvier - mai 1968

Stéphane Mantoux

Auteur de nombreux articles, animateur sérieux et reconnu de la blogosphère, Stéphane Mantoux nous propose ici le récit détaillé de l'offensive du Têt qui, au début de l'année 1968, marque un tournant esentiel dans la guerre du Vietnam. L'auteur n'a pas directement travaillé sur les archives américaines et vietnamiennes, mais il réalise un très utile travail avec cette synthèse de la bibliographie existante dans le monde anglo-saxon, portée pour la première fois à la connaissance du lecteur francophone (on apprécie en particulier la bibliographie finale).

Après un premier chapitre qui rappelle le développement du conflit depuis sa naissance et l'évolution des relations entre les USA et les Etats vietnamiens, l'auteur s'intéresse au "pourquoi" de l'offensive du Têt du point de vue des dirigeants du Nord Vietnam et aux analyses de font alors les Américains. Il détaille ensuite les forces en présence, dans leur diversité, puis traite successivement des opérations préliminaires de l'hiver 1967-1968, de l'échec des attaques contre Saigon et de la tentative de soulèvement de la populaton sud-vietnamiennes, de la dantesque bataile de Hué en février et de la résistance de la base de Khe Sanh, où il souligne le rôle particulier de l'aviation. Le dernier chapitre nous conduit au long de l'année 1968 jusqu'aux "queues de trajectoire" de l'offensive nord-vietnamienne, son échec miltaire, mais aussi ses conséquences aux Etats-Unis où une partie de la population s'oppose de plus en plus fermement à cette guerre lointaine.

Un récit sobre et vivant, un texte précis, détaillé, illustré : une excellente occasion pour se plonger dans l'un des épisodes les plus importants de cette "guerre américaine de Vietnam", dont le déroulement militaire sur le terrain, souvent occulté par des considérations politiques métropolitaines, est finalement fort mal connu.

Tallandier, Paris, 2013, 224 pages. 19,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0264-7.

Les "Plus" de Stéphane Mantoux :

l'auteur a ouvert un site spécifique éponyme (http://offensivedutet.blogspot.fr/),

une page FB dédiée (https://www.facebook.com/offensivedutet)

et met en ligne plusieurs documents vidéo de présentation :

une bande annonce (http://www.youtube.com/watch?v=KaYn_QSGLaE)

et son commentaire audio (http://www.youtube.com/watch?v=3I6P31D335Q)

Coup complet pour le plus grand plaisir des amateurs !

Guerre du Vietnam

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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