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20 juillet 2014 7 20 /07 /juillet /2014 06:15

La face cachée des Etats-Unis

Patrick Pesnot

Rien de bien nouveau en réalité. Des "dessous" révélés pour la quasi-totalité d'entre eux depuis bien longtemps, mais qui n'en demeurent pas moins autant de zones grises (ou noires) dans l'histoire récente des Etats-Unis.

"La face cachée de la première puissance mondiale" fait fantasmer, mais sans doute aurait-on pu considérer également que d'autres pays, et non des moindres, s'adonnent aux mêmes pratiques. Moralement, cela n'excuse rien, certes, mais si l'action politique , en particulier internationale, avait un lien quelconque avec la morale, cela se saurait sans doute... Toujours est-il que Patrick Pesnot reprend en 23 assez brefs chapitres quelques unes des histoires les plus douteuses, ou les plus tordues, de l'histoire amércaine depuis la Seconde guerre mondiale. Une série de cas particuliers qui vont de la surveilance et du harcelement de Einstein par le FBI à l'assassinat de Martin Luther King, à l'utilisation de "l'agent orange" au Vietnam, au réseau Echelon, à l'intervention à Grenade, à l'Irangate, et à l'affaire de la justification de l'intervention en Irak au nom de l'existence affirmée (mais non prouvée et dont on sait aujourd'hui qu'elle n'était que mensonge) d'armes de destruction massive. Travail de journaliste et de synthèse d'informations plus ou moins avérées, diverses, rarement référencées, publiées ici ou là dans la presse ou dans des ouvrages antérieurs. Ainsi, à propos de l'assassinat de Bob Kennedy : "Officiellement, on prétend que le crime de Sirhan B. Sirhan a été une telle atteinte à la démocratie qu'il est hors de question de le libérer. Mais officieusement, on peut imaginer que sa libération serait l'occasion d'ouvrir la boîte de Pandore, au risque de libérer des secrets d'Etat qu'il vaut mieux laisser dormir". Pour résumer, les "méchants" du FBI sont, en sous-main, à la manoeuvre. Comme pour d'autres ouvrages récents sur le même thème, tout n'est pas faux, loin de là, et l'histoire récente nous prouve que les coups tordus et les manoeuvres indirectes ne manquent pas. Le raisonnement selon lequel "Staline aimait les chiens / Hoover avait un chien / Tiens donc, comme c'est louche" a ses limites, parfois rapidement atteintes, même si, répétons-le, d'autres cas sont tout-à-fait avérés. Le chapitre 22, "La privatisation de l'armée", contient ainsi nombre d'exemples précis, d'anecdotes réelles, et part d'une idée tout-à-fait légitime : le transfert de missions à des sociétés privées sur des théâtres de guerre ne peut que conduire à des dérives et, au minimum, coûte objectivement plus cher que des soldats réguliers. Mais est-ce réellement la place de ce sujet entre les conspirationnistes et un faux ingénieur militaire irakien ?

Entre le livre d'actualité et le récit de plage, si vous n'aimez pas les voies de la politique américaine, vous allez être ravis !

Nouveau Monde Editions Poche, Paris, 359 pages, 8 euros.
ISBN : 978-2-36583-908-2.

Les dessous de la démocratie

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13 juillet 2014 7 13 /07 /juillet /2014 06:20

Eleanor Roosevelt

First Lady et rebelle

Claude-Catherine Kiejman

Rééditions d'un petit volume qui présente en une vingtaine de rapides chapitres la vie, mais aussi le rôle, la place, l'influence, de la plus célèbre sans doute des "premières dames" américaines avec Jacky Kennedy.

Le personnage est campé dès l'introduction : "patricienne et progressiste, soumise et autoritaire, idéaliste et naïve, rationnelle et impulsive, timide et audacieuse, puritaine et passionnée". Issue d'une grande famille de la haute bourgeoisie new-yorkaise, installée dès 1640 sur le sol américain, elle compte trois signataires de la Déclaration d'indépendance parmi ses ancêtres. Famille étendue, dont elle épouse en 1905 "un lointain cousin", représentant de l'une des branches cadettes, après avoir passé plusieurs années en Europe et, jeune femme riche et moderne, elle s'investit très vite dans les oeuvres charitables au bénéfice des populations misérables, ces immigrants qui par milliers vont faire les Etats-Unis du XXe siècle. Selon sa biographe, d'abord épouse soumise au début de son mariage, Eleanor se révèle en 1918-1919 et en particulier à l'issue d'un voyage dans le nord de la France : "Elle est bouleversée à la vue des villes et des villages en ruine, de la misère et de la souffrance des habitants. A Paris, une image la marque à jamais: le nombre impressionnant de femmes vêtues de noir sous leur voile de deuil". En dépit d'une vie privée assez compliquée, elle accompagne son époux dans le parcours qui le mène de son cabinet d'avocat au gouvernement, à une première candidature la vice-présidence, au poste de gouverneur de New York puis, plusieurs années plus tard, à la présidence. Au passage, Franklin n'est pas épargné par ses défauts et travers, tandis qu'Eleanor est présentée comme sensible au combat des femmes, soucieuse de la protection juridique des enfants, acteur puissant du développement de la carrière de son mari : "elle mène une vie de plus en plus autonome sur le plan public autant que privé, et son influence ne cesse de grandir". Aorès l'élection de Franklin à la présidence (elle entretient désormais une relation intense avec une journaliste), c'est le pic de la crise économiqe, la fermeture provisoire de toutes les banques, le lancement du New Deal tandis que des millions d'Américains errent à la recherche d'un travail quelconque. Les descriptions de la vie à la Maison Blanche, dans son dynamisme, son absence relative de formalisme, son ouverture, sont étonnantes : elle estime "qu'il faut donner l'exemple et rester économe en cette période de crise ... Elle fixe donc à 19 cents par personne la somme à ne pas dépasser pour les repas familiaux". Prenant une influence croissante dans la vie publique, alors même qu'elle a renoncé à ses activités politiques officielles. Dans le secteur social et contre la discrimination raciale, son activité est inlassable et elle utilise les tribunes régulières qu'elle tient dans la presse pour populariser ses idées. En 1937, elle est désigné comme "Femme la plus populaire de l'année" et deux ans plus tard "selon l'institut Gallup, elle bat Franklin en popularité". Bref, une "libérale de gauche" que certaines de ses activités feront accuser d'être communiste, ou crypto-communiste. Bien que profondément pacifiste, elle se résoud à l'entrée en guerre pour s'opposer aux progrès des régimes totalitaires, en particulier après avoir pris "fait et cause pour les Républicains espagnols". Son rôle est tout aussi important durant le troisième mandat de Franklin, celui de la guerre, de l'aide à la Grande-Bretagne à l'entrée effective des Etats-Unis dans le conflit. Pour cette époque également, la description des personnages parfois hauts en couleurs qui séjournent avec les Roosevelt est plaisante, qu'il s'agisse de Churchill ou de la femme de Chiang Kai-shek. La quatrième élection de son mari à la fin de l'année 1944 correspond aussi à une nouvelle détérioration de l'état de santé du président qui s'éteint au printemps suivant. Elle participe en particulier aux travaux fondateurs de l'ONU, dont elle devient présidente de la commission des droits de l'homme et où elle joue un rôle non négligeable dans la reconnaissance de l'Etat d'Israël. Au soir de sa vie, elle s'oppose au macchartysme au nom de la défense des libertés individuelles et soutient le combat de Martin Luther King, tout en se faisant discrète : "Dans les années cinquante, Eleanor Roosevelt a été l'une des personnalités les moins visibles du parti démocrate, mais une des plus importantes. Une force derrière la scène". En pratique, elle cesse toutefois de jouer un rôle moteur après l'élection de Kennedy, auquel elle n'a accordé son soutien que tardivement.

Une biographie qui se dévore littéralement, comme le roman d'une vie.

Coll. 'Texto', Tallandier, 2014, 254 pages, 9 euros.

ISBN : 979-10-210-0527-3.

Une grande dame

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17 juin 2014 2 17 /06 /juin /2014 06:20

Les Etats-Unis et Cuba au XIXe siècle

Esclavage, abolition et rivalités internationales

Rahma Jerad

Dans l'histoire générale, les relations entre les Etats-Unis et Cuba au XIXe siècle sont souvent résumées aux prémisses de la guerre hispano-américaine. L'intérêt du livre de Rahma Jerad est de donner l'arrière-plan de ces événements dans la profondeur des années antérieures.

Contrairement à ce que peut laisser penser le titre de l'ouvrage, l'auteur s'intéresse à une période beaucoup plus large, qui commence dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle et se termine avec la guerre de Sécession. Ce faisant, il commence par nous présenter l'importance de cette grande colonie espagnole dans l'équilibre régional et sa place comme important producteur de sucre. Les jeunes Etats-Unis manifestent donc très tôt un intérêt pour Cuba, qu'il s'agisse de la question abolitionniste ou de la mise en place de la doctrine Monroe dans le contexte de l'accession à l'indépendance des colonies hispaniques et des velléités d'intervention française dans la région. Tandis que la crise esclavagisme/anti-esclavagisme se développe aux USA dans les années 1830-1830, une forme de "cubanité" intellectuelle et politique se manifeste sur la grande île et pose la question de la traite transatlantique illégale : en 1827, les Noirs sont clairement majoritaires à Cuba. C'est ici qu'interviennent les Britanniques, qui multiplient les pressions sur l'Espagne pour faire cesser la traite (qui concerne de l'ordre de 250.000 esclaves en trente ans, 1820-1850), qui se rendent compte que le trafic entre l'Afrique et les Antilles se prolonge vers les Etats du Sud via le Texas. Richard Robert Madden, nommé surintendant des Africains libérés à La Havane joue ici, dans les années 1835-1840, un rôle essentiel. Peu-à-peu, ses critiques ne portent plus seulement sur quelques Américains considérés comme des délinquants, mais sur l'organisation politique du Sud qui favorise et entretient ces trafics. Ainsi, "l'implication américaine dans la traite" devient "un problème majeur des relations anglo-américaines", alors même qu'aux USA une tendance se fait jour considérant l'île comme un "prolongement naturel" de l'Union, en particulier des Etats du Sud. Tous les paramètres du débat sont en place et les années 1840-1860 ne font qu'exaspérer la crise : l'île restera-t-elle espagnole, deviendra-t-elle anglaise, rejoindra-t-elle les Etats-Unis ou accédera-t-elle à l'indépendance ? Sur fond de manoeuvres indirectes, de sociétés plus ou moins secrètes et de conspirations, le milieu du XIXe siècle est une période de troubles profonds dans la région, d'autant que le Texas, république indépendante, est susceptible d'intégrer les USA et que ces derniers visent bientôt une expansion aux dépends du Mexique. Le maintien ou la suppression de l'esclavage, et donc pensait-on la prospérité de Cuba, relevait ainsi de l'influence respective de la Grande-Bretagne et des Etats-Unis dans l'arc antillais et le golfe du Mexique : laquelle de ces deux puissances allait parvenir à acquérir, pacifiquement ou militairement, la grande île ? La réponse sera finalement donnée par la guerre de Sécession et ses conséquences.

Un livre très "pointu", très précis, entre histoire politique, histoire sociale et histoire diplomatique aux marges de l'influence étasunienne naissante. Un livre qui honore la collection 'Amériques' des PUR.

Presses universitaires de Rennes, 2014, 249 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-7535-2941-0.

Les USA et la Perle des Antilles

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11 juin 2014 3 11 /06 /juin /2014 06:20

Le maître d'armes

Navy Seal, snipeur et instructeur-chef

Brandon Webb

Dans la droite ligne de leurs publications antérieures, les éditions Nimrod publient un nouveau témoignage lié à l'histoire très récente des forces spéciales américaines, au sens large. Comme pour les précédents volumes, l'auteur raconte ses expériences en ne changeant, affirme-t-il, que quelques noms et détails trop précis. Cette fois, l'essentiel de l'ouvrage est en relation directe avec la formation des hommes, très concrètement, parfois au ras du sol.

L'introduction donne le ton : "Au cours des guerres menées par nos parents ou grands-parents, les victoires décisives étaient emportées par des bataillons de chars avec l'appui conséquent des forces aériennes. Dans notre monde contemporain, un monde où les attentats se font avec des ceintures piégées, où les réseaux terroristes sont plus ramifiés que jamais, et où la piraterie rampante s'adapte au quotidien, la destinée et le bien-être des nations reposent une fois de plus sur le savoir-faire, les réflexes et les capacités de guerriers individuels tels que les snipers du Vavy SEAL". Au moins... 

Après s'être présenté et avoir raconté sa jeunesse et son adolescence (assez aventureuses et atypiques), l'auteur explique les conditions de son arrivée dans la Marine à la suite de son engagement, à 19 ans, parle de ses premiers instructeurs, de ses stages successifs. Brandon Webb les décrit par le menu, qu'il s'agisse de l'acquisition de compétences techniques, de qualités physique ou de résistance morale. Plongée, hélicoptères, etc. : la formation s'étale sur plusieurs années. L'auteur y puise également plusieurs exemples de "bon" et de "mauvais" commandements (un peu caricaturaux quand même). Il lui faut quatre ans pour pouvoir intégrer la formation ultime, le stage BUD/S qui fera définitivement de lui un SEAL. La description de ces épreuves, chap. 4, est pour le moins impressionnante (réussite pour 20 stagiaires sur un effectif initial de 200). Bien qu'affecté en unité, il poursuit sa formation ("En réalité, les SEALs n'arrêtent jamais de s'entraîner") dans les domaines les plus divers, sur terre, dans les airs ou en mer, d'assaut ou de fouilles, en particulier dans un environnement désertique, jusqu'à ce qu'on lui propose de suivre la formation de sniper : "l'une des plus exigeantes du monde" (suivent de longues et précises pages qui en détaillent toutes les modalités, chap. 6). Ces années de service et d'intense formation continue nous conduisent en 2001, année charnière dans l'histoire militaire récente des Etats-Unis. Le chapitre 8 assure la transition entre le "temps de paix" et le "temps de guerre", puis le chapitre 9 nous entraine sur la frontière afghano-pakistanaise, à l'assaut d'un formidable complexe de galeries, tunnels et de grottes où se sont réfugiés de très nombreux taliban : "Une cité terroriste entière creusée dans la montagne et susceptible d'héberger 500 combattants en même temps. Cette forteresse naturell était quasimen indestructible". Après plus d'une semaine de combats, ils établissent un "beau bilan" (dont quelques 500 tonnes de munitions et de matériels), ce qui leur vaut une réputation internationale dans le cercle fermé des spécialistes internationaux, et un nouvel engagement aux côtés de leurs homologues allemands. Au retour de son mandat en Afghanistan, il intègre comme formateur l'encadrement SEAL sur le sol américain, car avec l'ampleur des déploiements les besoins augmentent et la nécessité se fait sentir de formaliser les parcours et les procédures. Brandon Webb s'investit avec la même motivation dans cette nouvelle mission et devient ainsi l'instructeur-chef obtenant "le taux de stagiaires se qualifiant comme snipers le plus élevé de toute l'histoire du Naval Special Warfare Center".

En conclusion, une philosphie du mérite qui, dégagée de son environnement particulier, mérite d'être méditée : "Quoi que vous fassiez, vous prendrez position. Soit pour la médiocrité, soit pour l'excellence". Pas faux. Même si l'excellence de chacun ne peut être que très rarement celle des SEALs, chacun dans son domaine peut (doit) travailler, progresser et devenir meilleur.

Nimrod, Paris, 2014, 375 pages, 21 euros.
ISBN : 978-2-915243-60-4.

La page FB dédiée : ici.

Tireur d'élite

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28 mai 2014 3 28 /05 /mai /2014 06:25

Après la Grande Guerre

Comment les Amérindiens des Etats-Unis sont devenus des patriotes

Thomas Grillot

Les conséquences de la Première Guerre mondiale ont réellement été planétaires, pour de très nombreux peuples sur les différents continents. Ce livre original nous en donne un nouveau témoignage.

Le fait que des Indiens des grandes plaines aient été combattants dans l'armée américaine de la Grande Guerre est connu (12.000 hommes), mais Thomas Grillot est l'un des tous premiers à s'intéresser aux suites politiques, sociales et culturelles de cet engagement. Presque inconnue, ou déformée, aux Etats-Unis même, cette histoire méritait d'être retrouvée. Constatant que "le discours des Amérindiens sur la Grande Guerre se construit autour du thème de la fierté de la race", alors même qu'ils ne disposent pas à l'époque des droits des citoyens, l'auteur rappelle aussi en introduction que la précision des données chiffrées reste approximative. Il s'intéresse ensuite à la construction d'une mémoire locale dans les réserves, et à l'émergence de la notion de fraternité entre les communautés, d'intégration au sein de la nation américaine (rôle particulier de la Légion américaine et de ses "postes"). Cette intégration se fait cependant aussi à travers le renouveau de manifestations culturelles propres (chants, danses, dons), dont l'importance culturelle et sociale est longuement soulignée et qui ont presque à se "défendre" contre une acculturation induite par "l'évangile patriotique américaniste". Double combat, ou évolution(s) parallèle(s). Les églises et le poste légionnaire tiennent ici une place majeure, dans un environnement où les questions d'argent sont essentielles (nous sommes dans le secteur associatif et dans un pays libéral : tout doit être auto-financé). Le statut d'ancien combattant de la Grande Guerre vaut à ceux qui peuvent y prétendre une notoriété et une reconnaissance particulières : "au sein de la famille se tisse ainsi une représentation de la guerre comme retrouvailles avec la tradition" guerrière des tribus. Le paradoxe reste toutefois permanent, car l'échelon fédéral comme les structures traditionnelles se disputent le contrôle de ces anciens combattants : les groupes s'émiettent, les mémoires se divisent, les idées négatives s'expriment plus nettement à partir de la fin des années 1920, avec la crise économique (et la misère dans les réserves) et les revendications politiques. La Seconde guerre mondiale renouvelle tous ces débats, avec une ampleur accrue puisque les effecttifs concernés sont plus importants et que les soldats amérindiens (ou les travailleurs amérindiens dans les usines d'armement) resteront plus longtemps et plus loin encore de l'influence de leurs tribus et de leurs luttes internes : "la Seconde guerre mondiale a été un moment où l'expérience de la Grande Guerre, ses promesses et ses déceptions, ont été revécues et mises à profit d'une manière intense. La frustration de l'échec est évidente". Car, à nouveau, les contradictions internes et les revendications communautaires persistent : "Il est temps pour le gouvernement américain de se laver les mains. D'honorer les traités avec les Indiens et de nous payer pour toutes les terres et les propriétés qui nous ont été enlevées sans compensation. Sans quoi l'oncle Sam ne pourra pas s'assoir à la table des négociations de paix avec une conscience tranquille", peut-on entendre à l'hiver 1944.

C'est donc une analyse sur plus de vingt ans du "patriotisme" amérindien, dans ses diverses facettes et tendances, et de l'influence des anciens combattants de la Grande Guerre sur l'évolution de leurs communautés au sein de la société américaine que nous livre Thomas Grillot. Une mémoire fragmentée, complexe, parfois ambigüe, recherchée et instrumentalisée. Un bel exemple d'étude transdisciplinaire sur un sujet très original. 

Editions EHESS, Paris, 2014, 262 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-7132-2424-9.

Anciens combattants

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23 mai 2014 5 23 /05 /mai /2014 06:25

Robert E. Lee

La légende sudiste

Vincent Bernard

Excellente première biographie en français de cette ampleur ! On sent à chaque page que l'auteur maîtrise parfaitement son sujet.

Né dans une vieille famille de Virginie qui perd son domaine en 1829, le jeune Robert entre à West Point parce que "la prestigieuse académie militaire fédérale de New York ... offre le singulier avantage d'une carrière sans nécessité de fortune". Au fil des pages, avec un grand souci du détail, Vincent Bernard brosse la vie et la carrière de Robert E. Lee ("trente-cinq ans sous la bannière étoilée et quatre sous celles de la Virginie et de la Confédération sudiste"), en prenant toujours soin de remettre chaque situation dans son contexte et en tirant les enseignements, leçons ou conclusions qui lui paraissent s'imposer. Il décrit ainsi la succession de décisions qui conduit aux proclamations de sécession de décembre 1860 et janvier 1861, et l'on voit Lee quitter leTexas où il est en garnison pour rejoindre la capitale fédérale. Le président Lincoln lui propose alors de prendre le commandement d'une armée fédérale : "J'ai décliné l'offre ... en expliquant aussi courtoisement et poliment que je le pouvais que bien qu'opposé à la Sécession ... je ne pouvais prendre aucune part à une invasion des Etats dy Sud". Futur chef de l'armée sudiste par fidélité plus que par adhésion. Près des deux tiers du livre sont donc consacrés, très naturellement, à la guerre civile américaine et au rôle de Lee dans ce conflit. Ceux qui n'ont (comme moi avant de lire le livre) qu'une connaissance générale (et sans doute très marquée par les stéréotypes) de cette période, seront vraisemblablement à plusieurs reprises surpris par les déclarations ou les attitudes de Lee qui, selon Vincent Bernard, est vraiment tout sauf un dogmatique. Un homme de respect, de convictions et de valeurs. Le récit des combats de 1863, et en particulier de Gettysburg, est parfois tout simplement dramatique : Lee est à la fois l'âme de l'effort militaire de l'armée de Virginie et des Sudistes, mais aussi le responsable des pertes les plus cruelles et finalement d'un échec : "L'armée a fait ce qu'elle pouvait. Je crains de lui avoir demandé des choses impossibles". Vincent Bernard sait aussi bien montrer les pénuries qui assaillent l'armée confédérée que le système de permissions par roulement instauré par Lee, la crise des effectifs de 1865 ou le véritable jeu de cache-cache que Grant impose en 1864 à son adversaire. Les amateurs de tactique y trouveront l'emploi du chemin de fer pour le transport rapide des troupes du Nord et de la pelle pour aménager de puissants retranchements ; ceux qui préfèrent l'histoire politique y découvriront certains modes de fonctionnement du gouvernement sudiste. Mais la pression nordiste devient de plus en plus forte et le talent du "Renard gris" ne peut suffire. Pour lui, le 12 avril 1865 marque la fin de la guerre et il écrit au président Jefferson Davis : "C'est avec douleur que j'annonce à Votre Excellence la reddition de l'armée de Virginie du Nord". Prisonnier sur parole, il devient un mythe de son vivant, "homme de marbre", qui termine sa vie professionnelle comme directeur du Washington College de Lexington.

Vincent Bernard s'interroge pour conclure sur le "génie militaire" de Lee, sa réalité et ses limites : "Nul autre général n'aura si souvent et si régulièrement manoeuvré ses adversaires ... sans pour autant parvenir à atteindre la bataille décisive dont les lectures napoléoniennes de West Point l'avaient peut-être un peu trop imprégné. Lee n'aura jamais vraiment trouvé son Austerlitz ni vraiment subi son Waterloo". Sait-on, enfin, que c'est le 5 août 1975 seulement que le président Ford, après un vote du Congrès, prononcera la réhabilitation pleine et entière de Lee ?

Une biographie équilibrée que chaque amateur d'histoire militaire se doit de connaître.

Perrin, Paris, 2014, 449 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-262-04098-7.

Le gentleman sudiste

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 11:40

La société guerrière

Pratiques, discours et valeurs militaires

dans le Rio de la Plata, 1806-1852

Alejandro Martin Rabinovich

A partie de sa thèse soutenue en 2010, l'auteur nous invite à un étonnant parcours dans un monde en proie à la guerre presque sans discontinuer pendant un demi-siècle.

On sait que l'indépendance des colonies américaines de l'Espagne est une des conséquences directes des guerres de la Révolution et de l'empire, mais on ignore souvent que le débarquement d'un petit contingent de troupes britanniques à Buenos Aires en juin 1806 marque le début d'une longue période de conflits pour cette région du Rio de la Plata, dont une partie constituera ensuite l'Argentine. Dans ce travail extrêmement détaillé, l'auteur analyse ce demi-siècle en s'attachant successivement, en trois grandes parties, aux individus, à l'organisation et à l'équipement des troupes, puis aux campagnes elles-mêmes. Il étudie dans un premier temps les évolutions de la société américo-hispanique, au départ quasi étrangère aux questions militaires et qui va rapidement devenir sur-armée et particulièrement violente. Il s'intéresse tout autant aux populations urbaines que rurales, aux hommes qu'aux femmes, aux gens du peuple qu'aux élites. Dans la deuxième partie, il aborde la question de l'organisation des unités au sens large, du recrutement à la formation, de l'équipement à la création d'un esprit de corps, essentiellement pour l'infanterie et la cavalerie, sans oublier la question des troupes irrégulières et des bandes plus ou moins locales. Dans la dernière partie enfin, il termine par la guerre elle-même, sa conception (difficile pourtant d'employer ce terme), sa conduite, le déroulement des batailles et les tactiques mises en oeuvre.

Un livre qui paraitra peut-être un peu ardu à certains non-spécialistes, et où l'on a parfois le sentiment de certains "hispanismes" trop rapidement transposés dans la construction des phrases, mais d'une extrême richesse et d'une très grande qualité sur le fond. Un livre qui passionnera, au-delà des amateurs d'histoire de l'Amérique latine, tous ceux qui s'intéressent à l'évolution des combats et aux formes de guerres.

Presses universitaires de Rennes, 2013, 348 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-7535-2792-8.

Guerres argentines

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16 février 2014 7 16 /02 /février /2014 06:25

Gettysburg

1er - 3 juillet 1863

Farid Ameur

Excellent connaisseur des Etats-Unis et de la guerre de Sécession à laquelle il a déjà consacré plusieurs ouvrages, Farid Ameur nous offre aujourd'hui une belle synthèse sur cette bataille emblématique.

Le premier chapitre rappelle le contexte dans lequel, deux ans après le début de la guerre civile et peu après sa victoire de Chancellorsville, le général Lee est conduit à reprendre l'initiative pour rechercher une victoire stratégique contre les troupes de l'Union. On sait peu en France qu'au cours de cette première guerre moderne "environ 3 millions d'Américains revêtiront l'uniforme, dont les deux tiers du côté nordiste" et que pour les soldats, déjà, la pelle est une arme aussi utile que le fusil. Pour protéger définitivement la capitale du Sud et la Virginie, la campagne  est lancée le 30 mai et les Confédérés progressent pendant près d'un mois jusqu'à entrer en Pennsylvanie. Mais les combats sont restés indécis et les Nordistes n'ont pas été écrasés. Le 15 juin, le président Lincoln décrète l'état d'urgence, appelle à la mobilisation générale et modifie le commandement. Farid Ameur présente les différents chefs militaires sur le terrain, leurs conceptions de manoeuvre, leurs ordre (reçus ou donnés), les réussités ou les échecs des différentes grandes unités. La grande bataille commence le 1er juillet au lever du jour, l'armée confédérée attaquant par le nord et l'ouest tandis que les Nordistes commencent par se replier vers le sud. Mais déjà les pertes sont lourdes pour les Confédérés qui, en dépit de leur courage, sont surclassés par le moderne armement de leur adversaire ("On aurait dit une vague grise dans une mer dorée"). Les mouvements des divisions, brigades et régiments sont décrits avec précision, qu'il s'agisse des combats eux-mêmes ou des mouvements des renforts. Le lendemain 2 juillet, les combats s'intensifient au nord-est et à l'ouest de la vile. Les Confédérés gagnent encore un peu de terrain, mais la résistance nordiste devient plus rude. L'auteur souligne une nouvelle fois les approximations des ordres de Lee et le manque de coordination entre les généraux sudistes voisins. Sur l'aile gauche de l'Union, les positions sont perdues et reprises à cinq reprises. Au soir, l'armée fédérale, mieux tenue en main par ses chefs est parvenue non seulement à consolider ses positions, mais même à reprendre l'initiative. Les combats vont se poursuivre jusqu'au milieu de la nuit, et le commandant en chef nordiste affirme au général Gibbon lors d'un conseil de guerre nocturne : "Si Lee attaque demain, ce sera sur votre front, au centre. Tenez-vous prêt !". Les opérations reprennent effectivement dès 4h00 du matin, à l'initiative cette fois des soldats de l'Union. Les Confédérés ne parviennent pas à rompre la ligne de Cemetery Ridge, puisamment défendue, au sud de la ville (les artilleurs sudistes tirent pourtant 20.000 obus sur leurs ennemis). C'est l'heure de la célèbre charge du général Pickett avec sa division de Virginie : "la masse grise s'avance dans un ordre magnifique", mais se heurte à la résistance farouche des Nordistes et à la précision de leurs pièces d'artillerie et va perdre sans résultat les deux tiers de ses hommes. L'Union ne sait pas profiter de l'état de quasi-effondrement de l'armée sudiste, "saignée à blanc", dont les survivants parviennent à se replier. A la mi-juillet, les positions se rétablissent sur le Potomac, mais c'est déjà "le début de la fin" pour la Confédération.

Agrémentée de 5 cartes qui permettent en particulier de suivre le déroulement de la bataille jour par jour, et complétée par une dizaine de pages de références bibliographiques, l'ouvrage constitue une véritable 'première' à l'attention du grand public en français : "C'est un mythe fondateur de la nation américaine. Aucune bataille s'étant déroulée sur son sol n'a donné lieu à une telle foison de légendes et d'images d'Epinal".

Tallandier, Paris, 2014, 220 pages. 19,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0433-7.

Le tournant d'une guerre

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12 février 2014 3 12 /02 /février /2014 06:46

Gettysburg

1er - 3 juillet 1863

Farid Ameur

Grâce aux éditions Tallandier, nous vous proposons de gagner un exemplaire de ce nouveau livre, paru dans la collection 'L'histoire en batailles', consacré au "choc de la guerre de Sécession". C'est très simple : il suffit de répondre au petit questionnaire ci-après sur l'adresse électronique de Guerres-et-Conflits (ici et dans colonne de droite). Le jeu-concours est ouvert jusqu'à dimanche 16 février et les résultats seront proclamés le lundi 17. Les cinq meilleures réponses d'ensemble (ou les cinq premières reçues si égalité) recevront dans les jours qui suivent un exemplaire de ce Gettysburg offert par l'éditeur.

Soyez nombreux à participer !

Chacun peut gagner ! 

1 - Quel nom porte l'assaut mené par les Confédérés, le 3 juillet 1863, et dont l'échec a décidé du sort de la bataille ?

a - La charge de Pickett

b - La charge de Lee

c - L'offensive de Cemetery Hill

2 - Quel nom porte officiellement l'armée fédérale combattant à Gettysburg ?

a - L'armée du Cumberland

b - L'armée du Potomac

c - L'armée de la Susquehanna

3 - Quel est le nom de l'adversaire de Lee ?

a - Ulysses S. Grant

b - George G. Meade

c - William T. Sherman

4 - Quelle personnalité appelée à devenir célèbre inaugure ses épaulettes de général de brigade à Gettysburg ?

a - George A. Custer

b - John Pershing

c - Theodore Roosevelt

5 - Dans quel Etat se trouve Gettysburg ?

a - Pennsylvanie

b - Massachusetts

c - Maryland

6 - Quel est le surnom de Lee ?

a - Le 'Renard gris'

b - Le 'Napoléon gris'

c - Le 'Murat de la Confédération'

7 - Comment s'appelle le président des Etats du Sud ?

a - Thomas Jefferson

b - Jefferson Davis

c - Robert Jefferson

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25 janvier 2014 6 25 /01 /janvier /2014 06:30

La résistance indienne aux Etats-Unis

XVIe - XXIe siècle

Elise Marienstras

Réédition augmentée d'un ouvrage paru pour la première fois en 1980, ce volume nous entraine tout au long de l'histoire des nations indiennes, des premières rencontres avec les colons européens aux dernières manifestations de leur existence aujourd'hui. 

Pas de discours hollywoodien ici, et les images ne sont pas extraites d'un film avec John Wayne. Après avoir précisé dans un premier chapitre ce qu'est et ce qu'a été la réalité indienne, l'auteure organise chronologiquement son livre en cinq parties principales : "La découverte mutuelle", "Une nation contre des nations", "Reculs et regroupements dans l'Ouest", "La lutte pour la survie" et "Le combat pour l'identité". Des premiers combats dès les années 1620-1630 à la déclaration des Nations-Unies de 2007 et aux investissements dans les casinos ou les hydrocarbures, nous suivons donc plus de quatre siècles d'histoire. Qui connait ici la grande révolte du "roi Philip" en 1676 ? Qui se souvient des nombreux traités successifs de la jeune république américaine "garantissant", toujours plus loin vers le sud et vers l'ouest les droits des tribus ? Que savons-nous de la participation de Tecumseh et de ses hommes aux côtés des Britanniques à la guerre de 1812 ? A partir du XIXe siècle, les noms sont mieux connus, mais l'image que nous nous en faisons est très marquée par le mythe de la frontière et de l'ouest : Cherokees, Sioux, Apaches, Little Big Horn, etc. Puis, à nouveau, l'histoire indienne semble tomber dans le néant et disparait quasiment au début du XXe siècle de l'histoire officielle, jusqu'à ce que les réserves deviennent un quart monde intérieur aux USA. Après le mouvement symbolique fort de Wounded Knee en 1973, les choses évoluent (très) lentement et peu à peu s'améliorent, sous le double signe de la revendication politique et de la lutte économique.

Agrémenté de nombreuses illustrations, de quelques cartes et se terminant par une volumineuse bibliographie, ce petit livre au format poche permettra d'apprendre beaucoup, mais aussi de mieux comprendre ce que les Indiens représentent (et souhaitent représenter) dans l'Amérique d'aujourd'hui.

Folio Histoire, Paris, 2013, 349 pages. 8,40 euros.

ISBN : 978-2-07-045398-6.

Nations indiennes

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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