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14 février 2017 2 14 /02 /février /2017 06:00

La violence de l'action

La bataille pour l'avant-poste de Keating

Clinton Romesha

Les éditions Nimrod viennent de traduire en français et de publier une nouvelle pépite pour tous ceux qui s'intéressent aux combats conduits par l'armée américaine depuis une quinzaine d'années. Ils nous entraînent cette fois en Afghanistan, sur les pas d'une poignée de soldats isolés dans un avant-poste de la province du Nouristan, très violemment attaqué par les Taliban.

Les différents personnages sont soigneusement décrits, la vie quotidienne (dominée par les tours de garde) est globalement ennuyeuse même si les alertes sont assez fréquentes. Par ailleurs, le poste lui-même, peu (ou mal) protégé, est souvent la cible d'opérations de harcèlement des rebelles afghans. Le commandement américain vient de prévoir son évacuation, mais rien n'a encore été fait et tous n'attendent que l'ordre d'abandonner définitivement ce site dangereux. La description des conditions de vie extrêmement sommaires de ces soldats ne surprendra ps ceux qui connaissent de telles OPEX, mais elle passionnera sans aucun doute tous ceux qui veulent en savoir davantage sur l'hébergement, l'alimentation, l'hygiène, etc., tous éléments particulièrement spartiates et rustiques loin des grandes bases. L'ennui, surtout, règne sur ce coin de terre désolé, dont le commandement a finalement pris la décision de retirer ce détachement. Et au matin du 3 octobre, 5h58, tout bascule lorsque 300 Taliban attaquent le poste avec roquettes et armes lourdes (p. 115). La suite du livre est donc le récit de cette bataille durant laquelle les Américains sont menacés d'être submergés. On retrouve les militaires et gardes afghans, entre courage et abandon, dont le chef est incapable de commander efficacement ses hommes ; la question de l'appui aérien et des difficultés de communications précises air-sol ; l'angoissante question des munitions qui s'épuisent ou qui manquent ; la gestion des blessés ; etc. Certaines phrases éclairent sur l'organisation et le fonctionnement de l'armée américaine : "Si l'on devait faire un parallèle entre une bataille et un match de football -ce qui n'est pas une mauvaise comparaison-, alors le rôle joué par un sergent de section ressemble à celui de l'entraîneur : un homme qui participe au jeu sans se trouver pour autant sur le terrain. Son travail consiste plutôt à se tenir en retrait, à observer et à faire en sorte que son équipe ait à sa disposition tout le nécessaire pour accompagner le ballon jusque dans la zone adverse". D'autres traduisent "à chaud" des réflexions sur des initiatives instinctives, mais peut être non adaptées, au combat : "Bien qu'ils fussent tous cloués au sol par les tirs ennemis, Jones se redressa, mit sa mitrailleuse en batterie et ouvrit un feu continu. Ce n'était sans doute pas la meilleure chose à faire en termes de gestion des munitions dans la perspective inévitable où les Taliban se décideraient à submerger la tranchée", ou "Ce repli, qu'ils effectuèrent l'un après l'autre en se couvrant mutuellement, illustrait une réalité particulièrement inquiétante. Au lieu de mener l'offensive pour reprendre les positions que nous avions abandonnées, ... nous avions fait l'inverse et nous continuions à nous retrancher dans un espace de plus en plus restreint". Les renforts arrivent finalement en fin de journée et la petite garnison de 50 hommes (27 blessés, 8 tués), dont tous n'étaient pas sur un poste de combat, est sauvée. La question de la fiabilité des recrues afghanes reste posée (refus de combattre, vols de matériel, désertions) et celle de l'importance des défenses accessoires à aménager dès le début et à améliorer en permanence sert en quelque sorte de conclusion.

Un livre qui s'inscrit parfaitement dans la collection de témoignages édités chez Nimrod, et qui au-delà de son aspect "aventure vécue" donnera à tous l'opportunité de réfléchir à des sujets essentiels en opération. Un affrontement intense de quelques heures, mais une expérience inoubliable pour ses participants et un cas concret intéressant pour tous.

Editions Nimrod, Paris, 2017, 378 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-2915243789.

Combats en Afghanistan
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26 janvier 2014 7 26 /01 /janvier /2014 06:25

Retour au combat

Marcus Luttrell

Suite des aventures (au sens littéral du terme) de Marcus Luttrell, après le récit de sa campagne de 2005 en Afghanistan dans Le survivant (ici), globalement toujours dans le même style, mais avec un ton légèrement différent, plus posé, plus serein : "Ce livre est un hommage à tous ceux qui ont porté la bannière étoilée sur leur épaule, qui ont tenu un fusil pour ce pays, qui ont servi en première ligne ou qui ont été déployés derrière, en territoire ennemi ... Cet engagement en temps de guerre les a poussés au-delà de leurs limites ... Ils ont reçu en échange une chose à laquelle personne d'autre ne peut prétendre : à eux tous ils forment une facette de l'histoire de ce pays, il font partie intégrante de quelque chose qui les dépasse tous".

 Au fil des pages, entre deux proclamations de fidélité à son pays et aux SEALs, Luttrell nous fait partager sa guerre d'Irak à partir de la fin de l'année 2006, en particulier dans le secteur de Ramadi, au nord de Falloujah, sur l'Euphrate. Les combats sont alors (et pour quelques mois encore) extrêmement vifs dans la région contre les milices islamistes et son groupe (Team 5) va travailler en collaboration étroite avec les Marines, l'Army et les appuis. Quelques descriptions (impressionnantes) de combat en zone urbaine, de fréquentes odes à la fraternité, à la camaraderie et au respect (entre soi) et ces constats sur le caractère très particulier des engagements : "Cette guerre était différente de tout ce que j'avais pu imaginer. Il n'y avait aucune position à tenir au sens habituel du terme. Il s'agissait plutôt d'une guerre faite de patrouilles permanentes, une guerre de coups de main et de snipers, une guerre à petite échelle et personnelle". Les descriptions des différentes missions se succèdent, toujours entre-coupées de considérations diverses, presque sur le ton de la discussion. Au fur et à mesure, jusqu'à la page 206, on lit des précisions sur telle arme, sur telle embuscade, sur tel appui des troupes au sol, sur telle forme d'organisation et de préparation des missions. Ce sont, ensuite, le retour au pays, le récit de souvenirs d'Afghanistan, des réflexions personnelles sur les valeurs auxquelles il croit et pour lesquelles il s'est engagé, et sur son avenir, les relations à l'épouse et une visite sur la tombe d'un camarade décédé.

On note enfin qu'en annexe figure la liste des membres des équipes SEALs morts au combat depuis le premier, Carmon F. Pirro, le 30 décembre 1943 à Anzio, jusqu'à Caleb Andrew Nelson, le 1er octobre 2011, en Afghanistan.

Editions Nimrod, Paris, 2013, 329 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2915243598.

Irak, 2006-2007
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15 janvier 2014 3 15 /01 /janvier /2014 06:30

Le survivant

Marcus Luttrell

Pour ceux qui ont vu Du sang et des larmes, voici le livre qui est à l'origine du film (la brève bande annonce : ici). Une histoire extraordinaire, hollywoodienne.

Le discours est très "américain" ("L'heure était venue de demander des comptes pour le World Trade Center") et la philosophie exprimée n'engage pas à la réflexion géostratégique ("D'une manière générale, nous pensons qu'il y a très peu de problèmes mondiaux que nous ne pourrions résoudre avec de l'explosif ou une balle bien placée"). On s'attendrait presque à voir surgir le "commandant Sylvestre" des Guignols de l'info. Fort heureusement, le livre ne se limite pas à cette caricature.

Outre un palpitant récit d'aventure(s), son intérêt est donc ailleurs. Il est à rechercher par exemple dans les premiers chapitres et dans les phrases ou brefs paragraphes qui sont ensuite ponctuellement consacrés, au fil des pages, à la formation des SEALs.  Et puis, il y a, bien sûr, à partir de la page 142, le récit de cette hallucinante opération de 2005 en Afghanistan, accompagné de quelques réflexions "dans leur jus" sur l'importance des médias (au sujet des dommages collatéraux) et de la responsabilité pénale éventuelle ("Nous nourrissons tous des inquiétudes au sujet des journalistes peu formés, à la recherche d'une bonne histoire pour justifier leur salaire et leurs notes de frais ... Nous les détestons tous, en raison notamment de leur partialité"). Va suivre le récit de la terrible embuscade (à partir du chap. 7), "à trente-cinq contre un", dont Marcus sera finalement le seul survivant après avoir été laissé pour mort et au terme d'une "exfiltration" épique. Il en sera finalement décoré de la Navy Cross à la Maison Blanche et reçu par le président Bush. Et cette dernière phrase si explicite (pour un Américain) : "Que Dieu bénisse le Texas"

Un livre d'aventure(s), donc, sur la base de faits absolument réels. Le récit d'une tranche de vie tout-à-fait exceptionnelle, entrecoupé de considérations plus ou moins pertinentes. Un récit extrêmement fort, que l'on lira avec la distance qui s'impose absolument pour ne pas sombrer dans l'engrenage "myhto".

Nimrod, Paris, 2009 (rééd.), 331 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2915243581.

Navy Seals
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22 décembre 2013 7 22 /12 /décembre /2013 06:30

Mémoires

Colonel Jean Leddet, 1878-1958

Publiés en 2011 avec un tout petit tirage, ces souvenirs du colonel Leddet ne semblent pas avoir été destinés à être largement diffusés, ce qui est dommage. Ils sont complétés par Lignes de tir, les carnets d’un artilleur pendant la Grande Guerre que nous chroniquions le 12 octobre 2012 (ici) et qui ne sont que résumés dans ce volume.

Revus et mis en page par sa famille, ces souvenirs ont été rédigés a posteriori, au cours des années 1940-1950, et, après une présentation de la famille du futur colonel Leddet au XIXe siècle, ils couvrent l’ensemble de sa carrière militaire. A la suite de sa formation à Polytechnique puis à Fontainebleau (il choisi l’artillerie par goût pour … l’équitation), il rejoint un premier régiment à Bourges. Dès les premières pages, le ton est libre, le propos vif et les souvenirs visiblement précis. Le portrait qu’il dresse du (malheureux) général commandant la 16e division et sa description des grandes manœuvres valent réellement le coup… On comprend beaucoup mieux les limogeages du début de la Grande Guerre ! C’est ensuite le camp de Châlons (« un peu une garnison de pénitence »), dont le colonel fait espionner ses cadres, avec au passage quelques anecdotes (dont une croustillante concerne directement le général Herr) ; puis Rennes juste avant la Grande Guerre, avec presque plus de détails sur la vie sociale de garnison que sur la formation et l’entrainement au régiment, ce qui témoigne en creux de l'importance relative des deux activités...

Le récit reprend donc avec l’annonce de l’armistice (une surprise pour lui), l’affectation au 452e RAL (« Un vrai régiment de Bohémiens ») et une succession rapide de déplacements et de garnisons (Angoulême, Strasbourg, Neustadt en occupation en Allemagne -avec un portrait au vitriol du général Alexandre qui commande alors l’artillerie du 32e corps-) et des qualificatifs peu élogieux pour les unités qui composent l’armée du Rhin. Affecté à Metz (alors la plus grosse garnison de France) dans une unité de DCA, il y croise de nombreux officiers, parmi lesquels de Barescut et de Lardemelle, et n’hésite pas à présenter la misère matérielle et d’équipement des régiments de l’entre-deux-guerres. D’autres affectations, d’autres chefs, d’autres camarades au cours des années qui suivent, dont un séjour au 40e d’artillerie nord-africaine au camp de Châlons, sous les ordres du général Pichot-Duclos commandant la 2e DINA, et ici un avis très réservé sur les gradés indigènes : « Nous sommes obligés d’avoir dans nos régiments nord-africains ou coloniaux, une quantité de cadres très supérieure à celle qu’emploient les Anglais pour leurs régiments hindous par exemple … Ces braves gradés indigènes se conduisaient quelquefois très bien pendant des mois et des années, puis, d’un coup, faisaient les pires bêtises : alors one les cassait et puis, au bout de cinq à six mois, quand ils avaient fait amende honorable, on les renommaient, etc. ». Il s’insurge contre le poids de la routine dans les activités et s’étonne des carences de l’instruction. La deuxième moitié des années 1930 est marquée par une succession de réorganisations et il quitte le service pour un emploi civil en 1937 : « J’avais toujours appréhendé le moment où je quitterais l’armée, où j’avais vécu pendant 36 ans et qui m’avait imprégné jusqu’aux moelles de sa mentalité particulière … Rentrant chez moi, je quittais mes vêtements militaires, croyant bien que c’était pour toujours : je ne croyais pas devoir les reprendre, et pour de bon, 18 mois plus tard ».  Son récit de la « drôle de guerre », résumé par sa fille, fait la transition avec les derniers chapitres, consacrés à la campagne de mai-juin 1940 (« 16 mai : Hier soir, les nouvelles étaient bonnes. On avait réduit en partie la poche de Sedan. Aujourd’hui, c’est moins brillant »), avec les observations indignées ou désabusées sur une situation qui devient « abracadabrante ». Les fausses alertes aux avions et aux parachutistes se succèdent, et il est nommé, le 8 juin ( ! ), commandant de la défense de Châlons, « ce qui ne m’enchante point, n’ayant jamais organisé de défenses d’infanterie et n’ayant comme troupes qu’un bataillon d’instruction et deux compagnies du 64e régional, sans un seul canon de 25 ». L’ouvrage se termine sur quelques descriptions mi-amusantes, mi-affligeantes de la situation durant l’Occupation, la Libération (« le pays n’a pas dessoûlé pendant trois jours ! ! ! ») et au cours des premières années d’après-guerre avec les questions politiques nationales et locales.

Bref un récit parfois décapant, souvent surprenant. Si par hasard vous pouvez vous procurer ce livre, surtout n’hésitez pas, il est, à bien des égards, aussi original qu’intéressant !

Editions Anovi, 2011, 421 pages, 40 euros.
ISBN : 978-2-914818-51-3.

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3 juillet 2013 3 03 /07 /juillet /2013 06:45

Du Bataillon de choc au Mirage

Roland Glavany

Les temps de guerre, en portant au paroxysme certains engagements individuels, sont susceptibles d'offrir de nombreux parcours exceptionnels. Mais qu'en est-il dans les temps ordinaires ? Roland Glavany nous offre ici un splendida témoignage, proté par les mêmes valeurs du 1er bataillon de Choc aux entreprises Dassault.

A 90 ans, avec sept petits-enfants et cinq arrière-petites-filles, Roland Glavany se décide à raconter ses souvenirs. Quelle vie ! Né à Nantes en 1922, il envisage d'entrer à l'école navale ou à l'école de l'air : "Juin 1940. La défaite. Le concours de l'école navale fut interrompu, celui de l'école de l'air 'reporté'. Tout s'écroulait pour nous. Nous avions 18 ans". Il s'engage alors dans la France Libre. Aviateur, il fait le choix de servir à terre, au sein du 1er bataillon de Choc et participe avec son unité à la libération de la Corse, de l'île d'Elbe et de la Provence. Il raconte ses combats, ses amis, parle de ses chefs. On y croise le futur général Gambiez et de Monsabert. Blessé il n'en reste pas moins avec son unité et remonte vers Lyon, puis vers le nord-est dans des circonstances difficiles : "Le 5 septembre, nous dûmes nous arrêter, faute d'essence, à Saint-Albin, près de Mâcon". A nouveau blessé à l'est de Dijon, il connait de longs mois d'hôpital : les opérations, l'attente, les soins, la lecture, la convalescence, et toujours les amis : "Si j'excepte le père Ponchet, aumônier jésuite des scouts, je n'ai pas souvenance d'avoir, en ce temps-là, reçu de conseils d'hommes de plus de 30 ans, soit parce que nos décorations les gênaient, soit parce qu'ils n'en étaient pas capables. Nous étions la jeunesse à l'état pur"

Il retrouve l'aviation (au Maroc d'abord) après la guerre, dans un environnement où se côtoient pilotes originaires de toutes les composantes de l'armée française. Il doute, s'interroge sur son avenir, s'inquiète de ce qu'à Paris "le Parti communiste français exerçait sur les esprits une quasi-dictature", intègre Sup'Aéro puis le Centre des essais en vol. A 28 ans, il trouve sa voie du temps de paix comme pilote d'essai à Brétigny. Ainsi se termine la première partie du livre.

Dans la seconde, il nous décrit par le menu ses vols et son travail, son investissement personnel (intellectuel, moral, physique) sur Mystère II, Super-Mystère, Etendard et enfin Mirage, dont il teste tous les modèles successifs jusqu'au Mirage IIIA (au manche duquel il est le premier pilote à franchir Mach 2) et au mythique Mirage IV. La description de ces séances est parfois saisissante. Il est en Algérie en 1959, à la 5e région aérienne sous les ordres du général Martin, où il commence par servir comme DL auprès de la 10e division parachutiste, "aviateur parmi les paras". Il est en permissions en France lors des "événements d'Alger" et asiste à son retour au démontage progressif du dispositif français : "Notre guerre continuait dans l'incertitude et l'amertume grandissante de mes camarades parachutistes". Dernière mission, retour en métropole et, en quelques pages rapides sa fin de carrière dans l'héxagone. La brièveté du récit final indique bien quelles parties de sa vie et de sa carrière le marquèrent.

Un beau livre de souvenir. Un très beau témoignage qui ravira tous les amateurs d'histoire militaire et aéronautique.

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2013, 254 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-36445-023-3.

Quelle vie !
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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 07:05

Une vie de légionnaire

De Kolwezi à l'Afghanistan avec le 2e REP

Adjudant-chef Jean-Claude Saulnier

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A travers cette « histoire d’une vie », nous sommes quelque part entre le témoignage personnel et le récit remis en forme par une tierce personne. De ce point de vue, vous pouvez passer sans souci la demi-douzaine de pages d’avant-propos de Pierre Dufour. Mélangeant allégrement les thèmes et les notions, il en arrive à décrire immanquablement une Légion mythifiée, in abstracto, « ordre guerrier » qui « s’entraine, se réorganise et forge l’outil de combat du futur », en se nourrissant « des crises et des convulsions du vieux monde »… C’est peut-être « beau comme l’Antique », mais ce n’est pas de l’histoire.

Le reste de l’ouvrage est beaucoup plus intéressant, car il retrace l’ensemble d’une exceptionnelle carrière de sous-officier, celle de Jean-Claude Saulnier, qui découvre brièvement l’institution militaire à l’occasion de son service national au sein des Forces Françaises en Allemagne en 1974, puis pour une longue carrière complète lorsqu’il s’engage au poste de recrutement de la Légion étrangère à Poitiers en octobre 1977. Dès lors, il ne quitte plus sa « deuxième famille » jusqu’en 2011. Le livre prend alors tout son sens, d’autant plus que l’intéressé sert longtemps comme infirmier de ses unités d’affectation : il est tout à la fois au cœur du quotidien et néanmoins avec un regard légèrement décalé. Jean-Pierre Saulnier raconte sa vie, simplement. Il décrit ses expériences, les opérations auxquelles il participe, la vie au 2e REP, ses franchissements de grades, raconte ses observations et fait part de ses commentaires « à chaud » sur ce qu’il voit et sur ce qu’il vit. Dans la mesure où la quasi-totalité de sa carrière se déroule avec les légionnaires parachutistes, il multiplie les missions à l’étranger, souvent dans les secteurs les plus « chauds », de Kolwezi à l’Afghanistan en passant par le Gabon, Djibouti, le Liban, le Centre-Afrique, le Tchad, la Bosnie, le Kosovo, la Côte d’Ivoire, etc. On y croise aussi les figures (capitaines ou colonels à l’époque dans le récit) de plusieurs généraux de haut rang encore en service ces dernières années voire actuellement : à croire que le REP est de ce point de vue une véritable « pépinière ». Toute cette partie de l’ouvrage, marquée par la modestie de Jean-Claude Saulnier et la mesure de ses propos, offre d’innombrables précisions et anecdotes à ceux qui s’intéressent aux opérations extérieures conduites depuis la fin des années 1970. Son récit est vif, simple, clair, marqué au sceau du bon sens et ses observations au bon niveau : raconter ce qu’il a vu, ajouter ce qu’il en a pensé.

Parallèlement au récit de Jean-Claude Saulnier, Pierre Dufour intègre au fil des pages, dans le texte courant, des explications complémentaires : ici la description du quartier Viénot à Aubagne, là un rappel de la situation générale au Zaïre, plus loin une évocation du plan Habib au Liban en 1982, etc. Si ces paragraphes présentent parfois l’intérêt de replacer (plus ou moins) le récit du sous-officier légionnaire dans un contexte plus large, ne vous y attardez pas : au-delà de l’aspect purement factuel, il y a des longueurs et les explications sont parfois peu convaincantes (cf. par exemple les mouvements libanais et palestiniens décrits p. 169). Le plus simple est de prendre en repère visuel les guillemets (‘«’) qui ouvrent et ferment, en début et fin de lignes, les paragraphes des témoignages directs de l'adjudant-chef Saulnier, … et de s’intéresser essentiellement à eux. Vous irez au cœur du récit sans perdre de temps.

Au bilan, un beau volume de témoignage, sans emphase excessive. Une vie à la fois exceptionnelle parce qu’elle concentre en une seule de très nombreuses « aventures » individuelles et collectives, mais aussi dans laquelle des milliers d’autres soldats de tous grades ayant vécu plus ou moins ponctuellement, en tout ou partie, les mêmes expériences peuvent se reconnaître. Une contribution utile pour ceux qui voudront, demain, remettre du concret, de l’humain, « de la chair et des sentiments » dans le récit des OPEX de ces trente dernières années.

Editions Nimrod, Paris, 2013, 394 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2915243536.

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27 octobre 2012 6 27 /10 /octobre /2012 07:05

547 jours

dans le piège afghan

Hervé Ghesquière

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Voilà un ouvrage bien difficile à chroniquer, ne serait-ce que par l'émotion que souleva la longue détention de l'auteur et les polémiques qui suivirent sa libération.

Commençons donc par le plus facile, le récit de ces 547 jours aux mains de chefs taliban locaux de la province de Kapisa. Le texte d'Hervé Ghesquière nous permet, au fil des 33 chapitres presque tous chronologiques qui constituent l'ouvrage, de suivre son histoire avec un remarquable souci du détail, qui ne l'empêche pas ponctuellement de livrer quelques réflexions plus générales. Les conditions de détention, les phases d'abattement, la faim, l'espoir d'une douche, le froid, les marches en montagne malgré la faiblesse physique, l'écoute de la radio, les caractères très différents des geôliers successifs, la séparation puis les retrouvailles avec ses camarades, Stéphane Taponier et l'interprête Reza, les tensions retenues et qui soudain explosent, les échos de la mobilisation médiatique hexagonale, sa compagne et sa mère, l'envie de s'évader, les nuées d'insectes et la dysenterie, les espoirs déçus aux annonces d'une libération "prochaine" à laquelle on finit par ne plus croire tout en l'espérant pour le lendemain, la nécessité d'écrire quelques feuillets chaque jour pour garder l'esprit clair, etc. De ce point de vue, dans ce récit du quotidien, de ses angoisses, de ses douleurs, de ses espoirs et de ses peurs, le livre d'Hervé Ghesquière est à la fois poignant et prenant. Son témoignage touche, il est à lire et à conserver.

Vient alors l'aspect le moins agréable. Non seulement l'auteur ne se reconnaît aucune responsabilité dans le début des événements (rappelons qu'il a été capturé alors qu'il effectuait sans protection un reportage dans une zone non pacifiée), mais encore il prend systématiquement pour cible, au hasard des pages, la hiérarchie militaire. Alors qu'il fait le choix de s'éclipser un jour pour pouvoir effectuer son tournage hors de toute "surveillance" des officiers en charge de l'accompagnement des journalistes, il est pris en otage. A qui la faute ? Par ailleurs, il présente une théorie "abracadabrantesque" selon laquelle toute la chaîne hiérarchique, jusqu'au plus au sommet de l'Etat aurait été "intoxiqué" par un seul homme sur le territoire, un modeste lieutenant-colonel (ceux qui connaissent l'institution militaire et son fonctionnement en particulier dans des déploiements du type de l'Afghanistan comprennent aussitôt son poids réel dans un état-major sur-encadré) : "Tous les responsables politiques et militaires ont été informés par la même source et que cet officier était le seul à pouvoir abreuver sa hiérarchie de fausses informations qui seront relayées jusqu'à l'Elysée". De même, l'origine de tous ses maux est à rechercher du côté d'un malheureux lieutenant féminin (sans doute OSC Communication ?), accusé de faire "tout ce qui est en son pouvoir pour nous empêcher d'oeuvrer correctement. Elle installe une tension constante entre nous et les hommes que nous filmons ... Je pense honnêtement que cette manière d'agir ne doit rien au hasard mais est le fruit d'une politique délibérée". Et si on demandait aux soldats qui ont été filmés ce qu'ils pensaient de certains journalistes ? Et si on demandait aux autres dizaines de journalistes accueillis sur le territoire jusqu'ils ont pensé de la qualité du soutien des forces ? 

Sans vouloir incriminer les uns ou les autres, un constat s'impose : on ne tourne pas un reportage en Kapisa avec les exigences d'un documentaire dans le Luberon. Sur un territoire en guerre sans front, où les embuscades sont quasiment quotidiennes et où chacun sait que les insurgés se cachent au sein de la population, le risque de tomber sur une équipe rebelle n'est-il pas à envisager lorsque l'on circule seul ? Et n'est-il pas hasardeux de vouloir "simplement" "prendre la route principale de cette province en vue de filmer et d'interviewer ceux qui vivent dans cette région" ? Pour ne pas l'avoir anticipé, l'auteur est resté 547 jours prisonnier. C'est bien sûr absolument regrettable et cette expérience l'a probablement profondément marqué, mais pourquoi s'en prendre de façon assez mesquine à un officier subalterne et un officier supérieur qui ne faisaient que leur travail ? C'est dommage.

Albin Michel, Paris, 2012, 300 pages. 18,50 euros.

ISBN : 978-2-226-24382-9

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15 juin 2012 5 15 /06 /juin /2012 07:00

Honneur, où es-tu ?

André Dupuy

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Rares, très rares sont les témoignages de sous-officiers, et ce seul titre justifiait que nous nous intéressions au livre d'André Dupuy. Sa lecture est pleine de surprise, sa recension plus difficile encore : ajouter "Honneur", ou mieux "HONNEUR", à chaque détour de paragraphe ou de chapitre pose le débat à un niveau qui ne correspond pas toujours à de simples heurts de caractères.

Président de la section de Nouvelle-Calédonie de la Société d'entraide de la Légion d'honneur, grand mutilé de guerre, André Dupuy est né en 1929 en Ardèche et embarque en 1951 comme jeune sous-officier des troupes coloniales pour l'Indochine, où il reçoit bientôt sa première citation et la Croix de guerre des TOE.

La première partie du livre est donc consacrée à sa carrière militaire. Chef de poste isolé, actif et entreprenant, il s'efforce de déstabiliser le Vietminh en patrouillant de nuit et obtient rapidement quelques succès, mais dès la page 24 pointe l'expression d'un regret : "J'ai eu la désagréable impression que nos actions répétées ne furent jamais très appréciées par notre commandant de secteur. Impression vite confirmée : aucune citation pour mes gars ou pour moi-même, alors que 'nos services' font état de plusieurs dizaines de morts chez l'ennemi". Le même thème revient page 26, puis page 34, page 36 encore et ainsi de suite. Là réside toute l'ambiguité de cet ouvrage. Le récit est vif, passionné et passionnant ; le témoignage direct, avec des mots simples, des formules d'expression orale qui touchent le lecteur. Grièvement blessé, mutilé de guerre (amputation de la jambe), il connaît après son départ d'Indochine plusieurs affectations africaines (bref passage à Tunis, Dakar, Sahara, Bangui très brièvement), puis effectue un séjour d'un peu plus d'un an à Paris  dont il ne garde pas un souvenir ému ("Mis à part pour les carriéristes, Paris n'est pas une affectation de premier choix ... Pas d'initiative, pas de camaraderie. Quelques très grands patrons entourés de besogneux qui essayent de faire illusion" !), avant de séjourner trois ans à Madagascar. Muté au sein de l'état-major des Forces Françaises en Allemagne à la fin de l'année 1968, il est "happé" par Massu. Désormais, derrière "l'habillage" d'une affectation, il devient de plus en plus pour les différents généraux sous les ordres desquels il sert l'organisateur des parties de chasse... jusqu'à son installation définitive à Nouméa en 1973.

Adjudant-chef, il devient en "seconde carrière" personnel civil de la Défense en Nouvelle-Calédonie, se heurte bientôt à ses supérieurs ("Le Seigneur a rendu sa JUSTICE. Le Général en question est décédé, le persécuteur est à la retraite, il ne peut plus nuire"), puis entame une longue série de procédures judiciaires, dont trois passages en Cour de cassation, pour faire reconaître ses droits de grand mutilé de guerre. Parallèlement, il se lance dans le tir de compétition et la vie associative, se consacre à la Société d'entraide de la L.H. et vient en aide aux blessés et mutilés. Cette longue seconde partie représente pratiquement la moitié du livre et, sans doute poussé à bout par des "lourdeurs" administratives probablement règlementairement justifiées mais humainement insupportables, prend un ton presque systématiquement hostile à la plupart des "élites", qui jamais ne le comprendraient. Plus les pages défilent et plus la question de son élévation comme commandeur de l'ordre de la Légion d'honneur semble devenir importante pour lui. Confronté semble-t-il à des maladresses inacceptables et à quelques manques de considération grossiers (des anciens combattants et mutilés de guerre qui attendent sous la pluie par exemple), André Dupuy mutiplient les exemples, se perd dans des considérations diverses sur Madoff ou Obama, traite longuement du fonctionnement interne de la Société d'entraide, évoque à plusieurs reprises la figure de Jacques Lafleur, devenu son ami, "apprécié, voire aimé, par l'ensemble des ethnies de ce Territoire"...

Au hasard du récit, s'il condamne fermement les passe-droits des uns et des autres, il ne se plaint pas des quelques facilités qui lui furent offertes par la fréquentation de différents généraux : lorsqu'il est affecté à Madagascar, son épouse ne peut pas être mutée parallèlement car "le poste est paraît-il retenu". Affaire solutionnée en quelques minutes" ? Une "intervention" similaire règle en 1968 son affectation rapide à Baden-Baden. Enfin, la plupart des annexes placées en fin d'ouvrage sont constituées par les pièces de son dossier pour la cravate de commandeur... Dossier personnel et sensible s'il en est, dont la présentation vise à nous faire admettre qu'il serait victime d'une sorte de machination "administrativo-parisiano-élitiste". La plus simple absence d'intelligence de situation des fonctionnaires de Feydeau peut aussi bien être une explication plausible.

Un ouvrage difficile à recenser, disions-nous en introduction. Il éclaire en tout cas, avec toutes les imperfections d'un témoignage personnel marqué par de fortes réactions affectives, le différentiel qui existe entre la réalité vécue et une gestion administrative parfois besogneuse, entre le souvenir d'un engagement ancien et sa perception par la société d'aujourd'hui, entre la volonté d'un homme qui a littéralement "construit et reconstruit" sa vie et ce que ressentent les autres. Il peut, en fait, se lire à trois niveaux : la guerre d'Indochine du sous-officier André Dupuy d'abord, l'investissement d'un homme au bénéfice de ses camarades et des malheureux ensuite, et au-delà de son cas personnel le besoin de reconnaissance de certains anciens combattants dans un monde qui ne "se souvient" plus d'eux. Un sentiment mêlé d'admiration et d'aigreur. Une impression confuse d'un parcours individuel superbe et d'un entêtement incompréhensible. Un livre, peut-être, à lire au deuxième degré, pour se détacher malgré tout des situations individuelles et particulières relatées par l'auteur.

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19 mai 2012 6 19 /05 /mai /2012 07:10

L'honneur et le sang

Les guerriers sacrifiés

Pierre Darcourt

Couverture-de-l-ouvrage--L-honneur-et-le-sang---Les-guerrie.jpg

Ceci n'est pas un livre d'histoire. C'est un témoignage. Et un hommage.

Ancien grand reporter et correspondant de guerre pour Le Figaro, L'Express, Time ou l'agence japonaise Jiji Press, Pierre Darcourt a été deux fois blessé au feu dans l'exercice de son métier. Déjà auteur de nombreux ouvrages (sur l'Extrême-Orient et le Tchad en particulier), il publie ici un livre-hommage. Sa dédicace est explicite : "Quand les politiques démissionnent ou s'effondrent, quand le commandement est défaillant, il ne reste que les  soldats pour se battre et mourir". Il précise d'ailleurs dans son introduction : "J'ai retenu ces faits d'armes symboliques [parce qu'] ils témoignent de la volonté farouche de soldats résolus qui se sont sacrifiés pour relever la fierté de leurs armes", des Cadets de Saumur au capitaine Guilleminot. Enfin, il rappelle en postface que "deux fils de maréchaux de France, 20 fils de généraux, 1.300 lieutenants, 600 autres officiers, 75.000 sous-officiers et hommes de troupe sont morts en Indochine, soit l'encadrement de sept divisions et, en hommes, l'effectif de cinq divisions ... Mais qui mentionne encore les cinquante mille soldats et partisans vietnamiens tombés à nos côtés ? Les cinq mille maquisards Mans et Méos tués l'arme à la main".

On le voit, ce petit volume au format "poche" d'un peu plus de 220 pages extrêmement denses, divisé en une trentaine de brefs chapitres, est d'abord un immense témoignage de profond respect. La Drôle de guerre puis Mers el-Kébir, Na Cham (1940) et la victoire navale de Koh Chang contre la Thaïlande en 1941, la participation du Tchad aux combats de la France Libre et "La gloire de l'armée d'Afrique" sont par exemple "au menu" de la première partie. A partir de la page 89, l'Indochine domine et cette partie commence avec le coup de force japonais de mars 1945, le capitaine Régnier à Ha-Côi et le poste de Dong-Dang. Puis vient le commandement de de Lattre, "La mort du Roi Jean", et quelques figures de légende : Vandengerghe et Rusconi à la tête de leurs commandos, Henri Guilleminot (maquisard à 17 ans, officier à 19, mort en Algérie à 32 ans titulaire de quatorze citations) et le capitaine Pham Van Phu, "le seigneur vietnamien de Dien Bien Phu ... Il était mon ami", dont les Vietnamiens du 5e Bawoan montent à l'assaut en chantant La Marseillaise à Dien Bien Phu et qui se suicidera en avril 1975 lorsque les troupes communistes entrent dans Saigon. Pierre Darcourt a connu ces hommes : il témoigne aussi de ses sentiments et de sa perception de ces combats.

Un roman d'aventure(s) vécue(s), le témoignage d'une vie et un récit épique qui reprend, au détour d'un chapitre, cette exclamation du capitaine Dorcy pendant la Grande Guerre : "Au RICM, on ne s'arrête que pour mourir !".

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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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