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11 septembre 2013 3 11 /09 /septembre /2013 06:35

Les empires coloniaux

XIXe - XXe siècle

Pierre Singaravélou (Dir.)

Disons-le tout de suite, la couverture n'est pas belle et ces larges à-plats de couleurs fades, en gros plan sur un format réduit, ne suscitent pas l'envie. Mais il s'agit d'un choix de l'éditeur et, fort heureusement, l'essentiel n'est pas là.

Désormais bien connu des amateurs, Pierre Singaravélou a rassemblé une équipe de 9 (jeunes) chercheurs avec pour objectif ambitieux de réaliser cette première synthèse en français de l'histoire des différents empires colonaiux aux XIXe et XXe siècles. Partant de la notion "impériale", d'origine anglo-saxonne et désormais remise en question car elle s'adapte finalement assez peu au cas français, les différents auteurs étudient successivement la naissance des territoires coloniaux modernes, souvent par la conquête militaire (chap. 1 : "Appropriations territoriales et résistances autochtones"), puis les notions sociales et d'organisations politiques (chap. 2 : "Castes, races, classes"), les mouvements de populations entre métropoles et colonies dans le temps long (chap. 3 : "Des empires en mouvement ?"), la définition des frontières, l'organisation du territoire, la politique foncière et le développement urbain (chap. 4 : "Reconfigurations territoriales et histoires urbaines"), la structure et le fonctionnement de l'administration (chap. 5 : "L'Etat colonial"), les formes localement prises par la volonté exprimée en Europe de "civiliser" des "sauvages" et leurs conséquencesq (chap. 6 : "Un Prométhée colonial ?"), les aspects économiques et matériels (chap. 7 : "Un bilan économique de la colonisation"), les rapports, les échanges et les transferts dans le domaine culturel (chap. 8 : "Cultures coloniales et impériales"), la dernière phase enfin, celle des décolonisations plus ou moins dures et guerrières ("Conflits, réformes et décolonisation"). 

On imagine l'ampleur du champ d'investigation et la diversité des sujets présentés, d'autant plus que les références aux périodes plus anciennes ou plus récentes sont nombreuses et que les exemples abordés au fil des pages concernent tout autant l'empire britannique des Indes que les départements français d'Algérie, les Philippines et le Congo belge, Macao ou l'Egypte. Tous les textes ne sont pas d'un égal intérêt (c'est le lot commun de l'immense majorité des ouvrages collectifs), mais l'ensemble constitue insdicutablement un bel effort de synthèse sur la question coloniale. Si la thématique militaire est (difficile de faire autrement) presque toujours présente, elle n'est pas réellement traitée en tant que telle, et il faut aller "picorer" ici ou là les informations et les analyses.

Un volume qui confirme à la fois l'émergence d'une nouvelle génération d'universitaires dont les travaux sont désormais reconnus, mais aussi (nous semble-t-il) une approche encore trop manichéenne et restrictive du rôle et de la place des armées dans l'ensemble de ces processus politiques, économiques,sociaux et culturels. Un livre qu'il faut connaître et qu'il faut avoir lu, pour donner du champ et contextualiser d'autres études plus précises.

Points Histoire, Paris, 2013, 480 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-7578-2843-4

Synthèse pour concours

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27 juin 2013 4 27 /06 /juin /2013 06:40

L'école aux colonies,

les colonies à l'école

Gilles Boyer, Pascal Clerc et Michelle Zancarini-Fournel (Dir.)

Une dizaine de contributeurs pour cette étude originale autour de la question : qu'est-ce que l'étude de l'école (des programmes, des manuels, etc.) nous dit des colonies elles-mêmes mais aussi de la colonisation ?

De la géographie utile et du couple histoire-géographie au début de la colonisation ("Savoirs géographiques et géographie scolaire au regard de la question coloniale, 1863-1914", par Pascal Clerc), à une situation très actuelle avec "Enseignement  et colonisation  : le récit post-colonial dans le manuel d'histoire franco-allemand" (par Susanne Grindel), nous "labourons" les principaux territoires ultramarins d'Afrique du Nord, d'Afrique noire, et de Madagascar sur plus d'un siècle. L'étude systématique des programmes dans la durée et les comparaisons entre les différents manuels aux différentes époques est éclairante et souligne toute la complexité d'un tel sujet.  En conclusion, les auteurs proposent une évolution de cet enseignement, qui fasse une place plus large aux "regards croisés" de toutes les populations intéressées afin de mieux comprendre le passé et "de créer du lien social avec tous les élèves dans le très contemporain".

Un angle d'approche subtil et des réflexions qui méritent d'être poursuivies. Un recueil qui fourmille de pistes et d'idées.

ENS Editions, Paris, 2013, 102 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-84788-349-7.

Enseignement colonial

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 06:45

Piveron de Morlat

Mémoire sur l'Inde (1786)

Jean-Marie Lafont

Qu'il est important d'avoir des éditeurs de passion ! Merci à Riveneuve de nous proposer cet extraordinaire Mémoire : une véritable pépite (exemplaire unique !) conservée dans les fonds du Service historique de la Défense.

Sous-titré "Les opérations diplomatiques et militaires françaises aux Indes pendant la guerre d'Indépendance américaine", ce volume est présenté et annoté par Jean-Marie Lafont, spécialiste reconnu des relations franco-indiennes, qui réalise là un travail à la fois extraordinairement précis et incroyablement plaisant. Le diplomate français relate ses rapports avec Hayder Ali, régent de l'Etat du Mysore, "notre seul allié dans cette guerre contre l'East India Company" dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle, puis avec le fils de celui-ci, Tipou Sultan. Nous découvrons ainsi comment les troupes françaises et indiennes combattirent côte-à-côte à de nombreuses reprises. Une alliance qui fonctionne bien sur le terrain (voir les photos des forts construits ou aménagés pratiquement 'à la Vauban' avec l'aide des ingénieurs français) et un allié qu'il faut abandonner à son sort (déjà !) lorsque Paris signe les préliminaires du traité de Versailles, qui laissera à l'Angleterre l'essentiel du premier empire colonial français. Vous apprendrez dans cet ouvrage comme sont organisés et employés les partisans français de Lallée ou les hussards de Mysore (et oui !) du colonel Bouthenot, dont les remarquables fresques du palais d'été de Tipou Sultan conservent un témoignage aussi somptueux que coloré. On y croise aussi ces nombreux soldats français qui "mettent leurs compétences et leurs talents au service du gouvernement de Mysore et d'autres gouvernements indiens", parfois sous un vrai-faux statut de "pseudo-déserteurs". On y a la confirmtion que le Français finance l'essentiel de ses actions avec des emprunts personnels, dont il aura ultérieurement le plus grand mal à se faire rembourser par l'Etat, et l'on suit, bien sûr, dans le détail, les conversations diplomatiques, puis la négociation du traité de paix avec les Anglais. Les notes de bas de page de Jean-Marie Lafont complètent très utilement le texte courant, en replaçant dans leur contexte plus large les relations entre Mysore et la France, ou en précisant tel ou tel point d'une biographie ou d'un événement particulier.

Rentré en France, resté au service de Louis XVI, Piveron de Morlat sera même invité à le général Bonaparte à le rejoindre en Egypte pour, de là, retourner aux Indes comme ambassadeur du Directoire finissant : "un petit texte qui, placé dans la perspective de la correspondance de Bonaparte avec Tipou Sultan ... tend à montrer que le 'rêve indien' du futur empereur avait plus de consistance que ce que l'on en a écrit". Un vrai dépaysement. Une superbe aventure exotique : mais tout est absolument authentique. A lire, pour "respirer" et "méditer".

Riveneuve éditions, Paris, 2013, 477 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-36013-132-7.

Quand les Indes étaient françaises

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7 juin 2013 5 07 /06 /juin /2013 06:40

Postcolonial Studies : Modes d'emploi

Collectif Write Back

Les Postcolonial Studies n’en finissent pas d’investir les champs de recherche des sciences humaines comme en témoigne ce dernier opus, œuvre d’un collectif d’une trentaine de chercheurs venus d’horizons divers : littérature francophone et littérature comparée, histoire, philosophie, communication. Le collectif Write Back, qui a initié le projet dans le cadre d’un colloque tenu en juin 2010, désigne un groupe de jeunes chercheurs intéressées par Littératures et études postcoloniales. Ils sont par conséquent associés au séminaire « Etudes africaines » de Pascale Barthélémy, Myriam Houssay-Holeschuch et Cécile Van den Avenne et accompagnés par le CERPHI, laboratoire de jeunes chercheurs de l’ENS Lyon.

Ces jeunes auteurs - avec quelques moins jeunes - partent du postulat d’une transformation profonde d’une partie des sciences humaines et d’un mouvement socioculturel profond depuis les travaux fondateurs de Edward Saïd (Orientalism, Western Conceptions of Orient, 1978), de Gayatri Spivak (1988) ou Homi Bhabha (1990) qui s’étaient détournés d’une lecture marxiste léniniste pour aborder les rapports de domination coloniale (cf. les travaux de Frantz Fanon ou d’Albert Memmi) selon un axe résolument culturel. La réussite des Postcolonial Studies tient certainement à sa rencontre avec les Cultural Studies incarnées en Angleterre par Eric Hobsbawn, mais également à l’émergence de plusieurs autres champs de recherche (Subaltern Studies, Queer Studies, Black Studies) qui ont contribué à élargir la recherche au monde sans pour autant toujours clarifier le débat. Reconnaissons avec les auteurs du collectif Write Back que l’on se situe souvent dans le cadre d’une réflexion « expérimentale » qui cherche à explorer la relation de domination coloniale dans le champ littéraire mais aussi dans les champs linguistique, historique, anthropologique et psychologique. Clairement, il s’agit de prendre en compte le regard des colonisés afin de mieux mettre en exergue les phénomènes d’aliénation identitaire et linguistique. Ainsi, si on ne trouve guère dans cet ouvrage des références à l’hybridité, aux métissages et aux recompositions identitaires par-delà le phénomène colonial, c’est que leurs recherches restent encore très fortement imprégnées des Subaltern Studies qui analysent le moment postcolonial selon une approche politique et hiérarchique des rapports entre le Nord et le Sud.

Les habitués de Guerres-et-Conflits trouveront dans cet ouvrage une image du foisonnement intellectuel existant à l’Université ; ils verront comment elle tente actuellement de croiser les apports spécifiques de chacune des disciplines relevant des sciences humaines à une recherche universitaire désormais largement ouverte sur le monde.

Julie d'Andurain

Presses universitaires de Lyon, 2013, 514 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-7297-0857.

Culture(s) et représentation(s)

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4 juin 2013 2 04 /06 /juin /2013 06:35

Défendre l'Empire

Des conflits oubliés à l'oubli des combattants, 1945-2010

Frédéric Garan (Dir.)

Avec ce volume, Frédéric Garan et les contributeurs réunis autour de lui reviennent sur les engagements de différents contingents coloniaux dans les guerres de décolonisation, et François Joly dans sa préface rappelle qu'en 1945, selon Gaston Monnerville : "Sans l'Empire la France ne serait qu'un pays libéré. Grâce à son empire, la France est un pays vainqueur". Or, après quinze nouvelles années de campagnes sous le drapeau tricolore, "ceux qui étaient restés loyaux vis-à-vis de la puissance coloniale ont été 'oubliés' par la métropole et marginalisés après l'indépendance de leur pays".

Les six auteurs qui contribuent à cet ouvrage abordent une grande diversité de situations, mais accordent néanmoins (heureusement car le cas est peu fréquent) une attention particulière à la Grande Île de l'océan Indien, aux Réunionnais et aux Malgaches, mais aussi aux Tunisiens souvent oubliés. On apprécie également l'alternance originale entre des articles de fond et le récit de parcours individuels (par exemple, une évocation de "Hédi Abdelkader, un Tunisien de la France Libre", par Christophe Giudice, entre un texte d'Armelle Mabon sur les "Prisonniers de guerre malgaches durant la Seconde guerre mondiale" et un autre de Jean Fremigacci sur les "Bataillons marocains en campagne à Madagascar"). Ces "respirations" donnent au livre un rythme propre bien agréable.

Savez-vous par exemple que, sur une centaine de soldats concernés, les 70 derniers anciens combattants marocains raliés au Vietminh en Indochine ne sont rentrés au Maroc qu'en janvier 1972 ? (texte de Christophe Giudice). On appréciera également "Les 'Sénégalais' de la guerre d'Indochine", par Michel Bodin, fin connaisseur de ces questions. L'ouvrage se termine, en annexe, par la liste nominative de 117 Réunionnais identifiés, tombés pour la France essentiellement en Extrême-Orient. Paradoxalement, si le souvenir des contingents coloniaux engagés durant les deux guerres mondiales est régulièrement rappelé, le rôle de ces soldats pendant les guerres de décolonisation (des "sales guerres" au plan idéologique) est presque systématiquement passé sous silence. Ce livre a, entre autres qualités, l'éminent mérite de les replacer sur le devant de la scène et de nous en présenter une réalité qu'il fallait retrouver.

Editions Vendémiaire, Paris, 2013, 317 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-36358-077-1.

Frédéric Garan a bien voulu nous apporter quelques précisions complémentaires :

Question : Pourquoi avoir choisi de faire alterner les chapitres traitant de certaines unités coloniales dans des conflits particuliers et des parcours individuels ?

Réponse : L’analyse scientifique et le travail aux archives ne rendent pas toujours compte de la dimension humaine et affective. Or, à l’origine de cette étude, il y avait des enquêtes de terrain, qui ont été riches en rencontres et en émotion. Nous voulions garder cette émotion. Plutôt que de la délayer dans le texte, l’alternance entre articles scientifiques et parcours individuels nous a semblé être le meilleurs choix pour donner à ce livre autant de rigueur historique que d’humanité.

Question : Vous parlez longuement des Malgaches, ce qui est peu courant. Pensez-vous qu'il y avait effectivement là un vide historiographique à combler ?

Réponse : Madagascar, ce n’est pas vraiment l’Afrique, ni l’Asie, c’est un monde à part (n’oublions jamais que l’île est plus grande que la France et la Belgique réunies). Et, de fait, on l’oublie beaucoup, ce qui est assez paradoxal car, en même temps, il y a un véritable mythe autour de Madagascar qui est très fort en France. De plus, les événements de 1947 sont quasi  inconnus en France. Or, dans le cadre de sujet qui nous intéresse, ils sont un véritable cas d’étude. Plus que pour tout autre territoire, la France a eu  recours massivement à des troupes coloniales « indigènes », pour conquérir Madagascar, puis pour  y maintenir l’ordre. D’un autre côté, les Malgaches ont servi en nombre dans l’armée française. Tout était donc réuni pour que ce livre soit effectivement l’occasion de sortir Madagascar, non pas du vide historiographique, mais plutôt du déficit de lisibilité. Mais, nous parlons tout autant des Marocains, des Tunisiens et des « Sénégalais » (c'est-à-dire de tous les ressortissants de l’AOF) que des Malgaches.

Question : Pourquoi avoir choisi de traiter de territoires aux statuts très différents, comme La Réunion qui dès après la Seconde guerre mondiale est un département de plein exercice et non plus une colonie ?

Réponse : Les liens entre La Réunion et Madagascar sont intimes et ambigus. Il nous semblait impossible de parler de Madagascar sans évoquer La Réunion. La Réunion, qui se définissait elle-même comme « colonie colonisatrice » par rapport à Madagascar. Il était particulièrement intéressant, justement au moment où La Réunion devenait en 1946, un département, de s’interroger sur les motivations des Réunionnais qui se sont engagés dans l’armée, pour défendre l’Empire en Indochine. Etaient-ils plus proche des motivations des métropolitains ou de celles des engagés des autres colonies, devenues elles-mêmes « Territoires d’Outre-mer » dans le cadre de l’Union française, ou encore de celle des Marocains et Tunisiens, qui avaient un statut encore différent avec les Protectorats ?

Question : Vous consacrez également plusieurs chapitres à la guerre d'Indochine. Finalement, quelle est la place et le rôle effectif de ces troupes dans la campagne d'Extrême-Orient ?

Réponse : Si dans un premier temps le CETEO est français (métropolitain), les effectifs venus de l’ « Empire » sont de plus en plus nombreux à partir de 1948 (pour atteindre la moitié du corps expéditionnaire). Le rôle de ces hommes qui viennent d’Afrique est essentiel. C’est parce qu’ils sont là que la France peut mener cette guerre, en évitant d’avoir recourt au contingent. C’est là tout le paradoxe, ils permettent de mener une guerre pour la France, sans que les Français ne se sentent particulièrement concernés. On peut dire que c’est une des ultimes contradictions du système colonial.

Question : Que représentent encore aujourd'hui dans leurs pays respectifs ces anciens combattants et où en est la question des retraites ?

Réponse : En faisant une réponse brutale, plus grand-chose… Ces hommes sont maintenant vieux (au moins 85 ans pour les derniers ayant participé à la Deuxième Guerre  mondiale, plus de 70 ans pour les plus jeunes partis en Algérie). Ils ne sont plus très nombreux, et leur situation financière s’est considérablement dégradée. Dans les années 1980, ils avaient un poids dans la société, à la fois par leur prestige d’anciens combattants, et par leurs revenus. Mais du fait de la cristallisation des pensions, leur pouvoir d’achat s’est effondré durant les années 1990. C’est pendant cette période que leurs revendications sont devenues médiatiques. Aujourd’hui, depuis 2010, la situation est réglée. Les pensions sont alignées, mais cela est intervenu bien tardivement, alors que les « anciens « ne sont plus très nombreux. Dans leurs pays respectifs, il ya un grand respect pour les ancien combattants, particulièrement pour ceux de la Deuxième Guerre mondiale. Au Maroc, Hassan II les a utilisés politiquement pour mettre en avant le pays, allié parmi les alliés. Par contre, il y a un voile pudique qui est jeté sur le fait qu’aujourd’hui, la quasi totalité des anciens combattants vivants sont des anciens des guerres de décolonisation !

Question : Votre livre est-il un hommage à ces hommes ?

Réponse : Hommage, oui, à plusieurs titre. Comme je l’ai dit, ce livre est né de rencontres. La plupart des hommes que nous avons rencontrés depuis 1997 sont aujourd’hui décédés. Nous ne voulions pas que leurs témoignages disparaissent. Nous voulions aussi faire connaitre cette histoire, que la France oublie, qui n’est pas politiquement correcte. En effet, aujourd’hui encore, alors que toutes les décisions prises pour aligner les pensions concernent les anciens des guerres de décolonisation, les hommes politiques ne parlent que de la dette de sang contractée durant la Deuxième Guerre mondiale.  Mais cet hommage n’exclu pas une approche critique, la mise en évidence des contradictions de ces hommes, dans leurs choix, dans leurs revendications, où se mêlent nostalgie de leur jeunesse, réécriture de l’Histoire et défense de leurs intérêts financiers …

Merci très vivement, et bravo pour cette belle réalisation collective.

Coloniaux aux colonies

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13 avril 2013 6 13 /04 /avril /2013 06:55

Atlas des premières colonisations

Marcel Dorigny

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Comme toujours, pour cette très utile et bien connue collection, le nouveau volume publié est d'un grand intérêt. En un peu moins de 100 pages, Marcel Dorigny nous dresse un tableau très complet de la "première" colonisation européenne à travers le monde, des premières expéditions au XVe siècle jusqu'au milieu du XVIIIe.

L'ouvrage est organisé en quatre grandes parties ("La naissance des empires européens", "La redistribution des empires au XVIIIe s.", "L'apogée de la colonisation mercantiliste au XVIIIe s." et les "Ruptures des équilibres coloniaux à la fin du XVIIIe s.") qui permettent, grâce à la richesse de la cartographie en particulier, de suivre toutes les étapes du processus. Du partage du monde entre Espagnols et Portugais en 1494, à la création des différentes Compagnies (nationales) des Indes et à l'émergence des autres nations européennes, de la difficile naissance de la Nouvelle-France à la redistribution des territoires après la guerre de Sept ans, de l'indépendance des Etats-Unis à celle d'Haïti puis des colonies espagnoles d'Amérique, vous retrouverez toutes les étapes et tous les éléments de cette aventure. La troisième partie, consacrée aux aspects sociaux, économiques et culturels est particulièrement riche.

Un volume de référence, avec des centaines de cartes, tableaux et graphiques. Un outil de travail immédiatement disponible, un livre qui doit rester à portée de la main.

Autrement, Paris, 2013, 96 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-7467-3174-5.

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11 février 2013 1 11 /02 /février /2013 06:59

Repenser le colonialisme

Ann-Laura Stoler et Frederick Cooper

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Une bonne présentation et un point de situation de l'historiographie anglo-saxonne actuelle sur les études coloniales. Les deux auteurs sont en effet professeurs à New York et l'essentiel des références (cf. la bibliographie finale) est constitué d'ouvrages en anglais. Conformément à la thèse (intéressante et réaliste) défendue par Frederick Cooper, il n'y aurait pas d'une côté les colonialistes et de l'autre les colonisés, mais interactions réciproques et permanentes entre les deux mondes.

Ce petit livre au format "poche" est divisé en six chapitres ("Les études coloniales et les ambiguïtés de la différence", "Savoir et domination", "Etats coloniaux : économie politique et culture impériale", "Identifier les tensions impériales : le problème de la reproduction", "La dynamique de l'empire" et " "Au-delà de l'empire") au long desquels les auteurs font globalement le point des principales publications récentes et des axes de recherche les plus dynamiques. A ce sujet, la récurrence des références aux études "de genres" devient lassante (la situation des femmes allemandes plus ou moins délaissées par leurs coloniaux de maris germaniques du protectorat des Samoa me laisse assez indifférent ...) et vouloir à tout prix "caser" ce type d'observations presque dans chaque chapitre finit par sembler artificiel. Il n'en demeure pas moins que cet ouvrage est très intéressant, à la fois parce qu'il présente clairement et largement aux lecteurs francophones les travaux en anglais, mais aussi parce qu'il balaye sans exclusive tous les empires et tous les territoires, permettant de très utiles comparaisons avec les situations connues au sein de l'empire colonial français. Près de 35 pages de notes et 32 pages de bibliographie complètent les différents chapitres synthétiques.

Un très efficace outil de travail, absolument complémentaire des grands travaux récents de Jacques frémeaux par exemple.

Editions Payot, Paris, 2013, 175 pages. 17,50 euros.

ISBN : 978-2-228-90841-2.

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3 janvier 2013 4 03 /01 /janvier /2013 07:00

La guerre du Malakand

Winston Churchill

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J'avoue voir un faible pour ces belles rééditions de textes anciens, rares et oubliés. Paru pour la première fois en Angleterre, mais jamais encore publié en français, ce livre de journaliste et de jeune officier (Churchill à 23 ans, sert comme lieutenant mais est aussi correspondant de guerre pour le Daily Telegraph) nous raconte, de l'intérieur, la campagne conduite par l'armée des Indes dans cette région montagneuse du Malakand, aujourd'hui au Pakistan et proche de la frontière afghane : "J'ai rapporté les faits tels qu'ils se sont passés et les impressions qu'ils ont suscités sans faire le procès d'une personne ou d'une politique".

En quinze chapitres Churchill nous présente l'ensemble des opérations à travers la province. Il commence, bien sûr, par préciser "Le théâtre des opérations" (topographie, conditions climatiques, hydrographie, organisation sociale et tribale), et reconnait qu'il s'agit d'opérations somme toute mineures : "Ni l'importance des pertes, ni le nombre des combattants ne sont à l'échelle européenne. Le destins des empires n'est pas suspendu à l'issue de ces combats". Mais cela n'enlève rien à l'utilité d'une réflexion militaire, et surtout politique : "Que ces pages ... puissent stimuler l'intérêt croissant que la démocratie impériale de l'Angleterre commence à prendre dans les Etats immenses situés au-delà des mers". Au fil des pages, il décrit les conditions et le déroulement de la révolte, les cantonnements et les haltes, les assauts et les sièges. Cavalier (il consacre d'ailleurs son dernier chapitre à l'analyse du "Travail de la cavalerie"), il développe la question des reconnaissances et des marches.

Sans être réellement critique vis-à-vis de la politique britannique aux marches des Indes ou de la doctrine d'emploi des forces armées, Churchill n'est pour autant ni aveugle, ni naïf. et, qu'il s'agisse des équipements, de l'état des troupes ou des manoeuvres, il n'est pas toujours tendre : "Lles soldats, totalement épuisés, étaient allongés, le ventre creux, dans la fange" ; ou, pendant que se déroulent les expéditions punitives, : "Je sens que le moment est venu de discuter les questions que soulève l'incendie des villages". Ce qui lui vaudra quelques commentaires acerbes et accusations de déloyauté. Certaines descriptions ne sont pas, non plus, très éloignées de la réalité du XXIe s. : "Tout le long de la frontière afghane, chaque maison est un château. Les villages sont les fortifications, et les fortifications sont les villages. Chaque maison est percée de meurtrières ... En réalité, dans toutes ces régions, chaque habitant est un soldat depuis le jour où il est capable de lancer une pierre, jusqu'à celui où il a suffisamment de force pour appuyer sur une gâchette".

Un petit livre ("délicious !", pourrait-on dire) fait d'images notées sur le vif, de précisions militaires, de détails d'ethnologie, de considérations géographiques ou culturelles, qui nous transporte à la fois il y a environ 120 ans, et ne manque pas de nous ramener à des préoccupations plus contemporaines.

Les Belles Lettres, Paris, 2012, 229 pages, 17 euros.

ISBN : 978-2-251-31002-2.

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19 décembre 2012 3 19 /12 /décembre /2012 07:05

Cent ans d'histoire des outre-mers

SFHOM, 1912 - 2012

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La prestigieuse Société française d'histoire des outre-mers (SFHOM) fête plus que dignement son centenaire. Elle vient d'éditer un volumineux ouvrage qui regroupe en plus de 600 pages une quarantaine de contributions. Au fil des textes, c'est toute l'histoire de la SFHOM, héritière de la Société de l'histoire des colonies françaises, et de sa publication de références (aujourd'hui Outre-mers Revue d'Histoire) qui défile sous nos yeux dans ses moindres détails. L'avant-propos de l'équipe de rédaction pose bien le cadre général de cette "introspection" de la SFHOM sur elle-même, l'association ayant non seulement "survécu" à la disparition de l'empire, mais encore ayant très activement contribué à promouvoir et faire progresser la recherche dans tous les champs possibles (sur ce point, on est quand même étonné que dans les deux "listes" de champs historiques énumérés p. 8 et p. 9 toutes les disciplines figurent explicitement ... sauf l'histoire militaire. Et pourtant ...)

La première partie ("Les empires coloniaux au moment de la création de l'association") propose deux études sur l'organisation des ministères des colonies (dont un article de Julie d'Andurain), puis nous entraine du Maroc ("Lyautey au Maroc en 1912 : ambitions, jeux de pouvoir parisiens, environnement et enjeux politiques", Pierre Vermeren) à Madagascar, de La Réunion au Tonkin, du Togo à l'Indochine et au Congo, en Espagne et au Portugal, au Japon et en Chine ("La France en Chine en 1912-1913", Nicole Tixier). La seconde ("De la Société de l'histoire des colonies françaises à la SFHOM") s'intéresse aux grandes figures qui ont marqué la vie de l'association et sur ses liens avec le "parti colonial" (Julie d'Andurain) et les milieux d'affaires ultramarins (Hubert Bonin). La troisième partie ("De la Revue de l'histoire des colonies françaises à Outre-Mers Revue d'Histoire") est plus particulièrement centrée sur la revue de l'association, analysée dans son contenu (Olivier Blamangin), dans son approche du monde colonial, dans la façon dont elle évoque certains territoires, dans son approche de l'économie et dans ses évolutions successives (Catherine Coquery-Vidrovitch). La quatrième et dernière enfin ("Commémorations et histoire") nous ouvre les thématiques des cérémonies ("Des commémorations entre la France et l'Amérique du Nord, 1902-1913", Jacques Portes), des musées ("La maturation du Musée d'ethnographie au tournant du XXe siècle", Bernard Dupaigne), de la recherche, de l'histoire commune.

Les nombreux auteurs ne nous en voudront pas de ne pas tous les citer, le volume est presque "trop riche" ! Se définissant modestement comme une "société savante" (au noble sens classique du terme), la SFHOM offre à tous les amateurs d'histoire coloniale un véritable bilan, un exceptionnel panorama, d'un siècle de travaux, de réflexions et de publications. Et il faut le dire : de perspectives.

Outre-Mers Revue d'Histoire, 2e semestre 2012, 645 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-85970-052-2

Commandes auprès de : J. Rivallain / SFHOM, 165 avenue de Choisy, 75013 Paris. 

Présentation, actualités, activités et publications de la SFHOM : http://sfhom.free.fr/

Renseignements complémentaires : sfhom4@yahoo.fr

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12 décembre 2012 3 12 /12 /décembre /2012 07:00

Albert de Mun, Hubert Lyautey

Correspondance 1891 - 1914

Philippe Levillain et Gilles Ferragu

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Publiée en 2011 à la Société de l’Histoire de France, la correspondance échangée entre Albert de Mun et Hubert Lyautey entre 1891 et 1914 devait naturellement avoir sa place sur un blog qui s’intéresse à la guerre et aux conflits, car la relation épistolaire entre Albert de Mun et son jeune protégé Hubert Lyautey permet de lever le voile sur la façon dont la conquête d’un pays - en l’occurrence celle du Maroc - s’organise sur la base d’une réflexion militaire qui ne saurait se passer d’une dimension politique. L’ouvrage, annoté par les soins de Philippe Levillain, spécialiste de l’histoire du catholicisme et de la papauté, et Gilles Ferragu, intéressé à la fois par la diplomatie et les conflits au XXe siècle, permet donc de découvrir cette correspondance inédite.

Si Albert de Mun et Hubert Lyautey se connaissent depuis 1874, l’échange épistolaire présenté dans ce livre commence en 1891 au moment où Lyautey apparaît dans la lumière avec la publication dans la Revue des Deux Mondes de son fameux « Rôle social de l’officier » où il applique à l’armée ni plus ni moins la thèse du catholicisme social soutenue par Albert de Mun. Les cent quatre-vingt-neuf lettres échangées par les deux hommes couvrent toute la fin du XIXe siècle et le début du XXe siècle, au moment où Lyautey s’affirme comme un « grand capitaine ». Elles courrent jusqu’à la mort d’Albert de Mun en 1914. D’une grande qualité littéraire, elles sont surtout intéressantes en ce qu’elles montrent qu’un officier supérieur ne saurait faire une belle carrière sans quelques accointances politiques. Albert de Mun n’est donc pas seulement le mentor de Lyautey. Il lui sert d’informateur, de confident et de conseiller dans sa marche vers les étoiles. La correspondance livre, en outre, une partie des réflexions de Lyautey sur le Maroc, sur la politique coloniale qu’il souhaite y mener, sur les difficultés à mener le projet à bien en raison des tensions avec Paris ou le 19e corps d’armée à Alger.

C’est donc un ouvrage indispensable pour qui veut comprendre, de l’intérieur, les liens entre catholicisme social et conquête du Maroc, pour qui veut saisir, aussi, combien l’histoire coloniale (militaire) ne saurait se dissocier d’une histoire (politique) de la France métropolitaine.

Un ouvrage à lire et à recommander.

Julie d’Andurain

Société de l'histoire de France, Paris, 2011, 285 pages, 60 euros.

ISBN : 978-2-35407-133-2

Disponible par correspondance auprès de : Erudist, 71 rue Saint-Honoré, 75001 Paris (01 73 79 02 03)

Renseignements complémentaires : info@erudist.net

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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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