Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
12 mai 2016 4 12 /05 /mai /2016 06:00

Kemal Atatürk

Père fondateur de la Turquie

Alexandre Jevakhoff

Quatrième réédition de cette biographie du fondateur de la Turquie moderne, après celles de S. Hanioglu (ici) et de F. Monnier (ici), ce qui semble témoigner de l'intérêt qu'il y a aujourd'hui à connaître et comprendre cette puissance régionale incontournable (et membre de l'OTAN) qu'est la Turquie.

Le livre commence par une description des contradictions de l'empire ottoman au milieu du XIXe siècle et par la présentation des premiers 'Jeunes Turcs', dont Kemal, décidés à moderniser le vieil empire pour qu'il retrouve son rang de grande puissance. Le récit suit alors chronologiquement la vie de Mustapha Kemal, devenu breveté d'état-major et en poste à Damas, et l'une des caractéristiques du livre d'Alexandre Jevakhoff est dans son style d'écriture : il "raconte" au sens propre une histoire, ajoute toujours au détour d'une phrase le détail du fait mouche, explique le contexte à chaque pas. Une grande facilité de lecture donc et un réel plaisir à suivre le fondateur de la Turquie moderne dans ses déplacements, ses activités de conjuré permanent, l'évolution de sa situation militaire et de son engagement politique. Avec la Première Guerre mondiale, la carrière de Kemal; nommé au commandement d'une division sur la mer de Marmara en janvier 1915, évolue rapidement et le débarquement allié de Gallipoli le fait entrer dans l'histoire : "Rarement dans l'histoire, l'action d'un simple commandant de division a-t-elle exercé, en trois occasions différentes, une influence aussi profonde non seulement sur l'issue d'une bataille, mais aussi peut-être sur le sort d'une campagne et même la destinée d'une nation". Toujours complotant et publiquement hostile au gouvernement d'Enver Pacha, il sert successivement sur plusieurs fronts, alterne les séjours à Constantinople, mais se trouve malade et en cure à Karlsbad au début de l'été 1918 et ne retrouve la capitale ottomane qu'au mois d'août. Ephémère et malheureux commandant de la 7e Armée turque lors de l'offensive finale d'Allenby, il pousse au repli des Allemands et multiplie les offres de service auprès du nouveau sultan. Car s'il est un nationaliste sourcilleux, défenseur acharné de l'armée, il est aussi ambitieux... Lorsque s'installe sur l'ensemble du Moyen-Orient la "paix britannique", les principes du mouvement 'Jeune Turc', "le nationalisme, la modernisation et l'anatolisation ont autant détruit que construit". La suite du livre est de la même facture et nous entraîne de l'imbroglio ottoman au repli vers Ankara, de la révolte contre le sultan à la guerre contre la Grèce, des négociations pour un traité de paix à la mise en place d'un Etat modernisé, mais policier. Au fil des pages, émerge peu à peu le portrait d'un homme totalement déterminé, mais aussi fragile, ambitieux mais aussi porté par une haute conception de l'avenir de son pays, un homme de contradictions intérieures mais animé par une volonté exceptionnelle.

On apprécie au total la place qu'accorde Jevakhoff à certaines périodes importantes, le réalisme avec lequel il sait souligner (même rapidement) les interactions, les influences et les rapports de force, et dans la dernière partie son effort d'explications des réformes de l'entre-deux-guerres et de leurs succès parfois relatifs. La démocratie telle qu'elle est comprise en Occident n'y trouve pas son compte, mais sans doute peut-on mieux comprendre les ambitions et les contradictions de la Turquie moderne, qui si elle s'éloigne du kémalisme n'en reste pas moins profondément marqué par sa volonté de puissance et son nationalisme ombrageux.

'Texto', Tallandier, 2016, 575 pages. 11,50 euros.

ISBN : 979-10-210-1893-8.

Le père de la Turquie républicaine
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
4 février 2016 4 04 /02 /février /2016 06:00

Atatürk

M. Sükrü Hanioglu

Une nouvelle biographie du fondateur de la Turquie moderne, après celle récente de Fabrice Monnier (ici) et dans le cadre d'un flux régulier de publications sur le monde ottoman (voir ce thème dans la liste ci-contre). Paru en 2011 aux presses universitaires de Princeton, ce volume se distingue d'abord par le fait que son auteur lui-même est turc (ce qui n'est pas si courant).

Comme Sükrü Hanioglu le précise en introduction, il s'agit d'une sorte de "biographie thématique" visant à replacer Mustafa Kemal dans le contexte de son temps (fin XIXe-début XXe siècle) et des évolutions en cours dans le monde ottoman, à retrouver et analyser les rapports qu'Atatürk entretient avec la religion et la culture ; à mettre en lumière les transitions entre l'ancien ordre impérial et la jeune république turque, en un mot "contextualiser ses idées". Pour ce faire, l'auteur revient sur la fin du XIXe siècle, sur la situation à Salonique, métropole de Turqui d'Europe à la pointe de la modernité, et sur la formation des officiers turcs, marqués par l'influence allemande et l'émergence d'une idéologie nationaliste proprement turque. La première guerre mondiale (au coeur du chapitre 4) le voit passer de lieutenant-colonel pratiquement inconnu à général de brigade attaché à la personne du sultan, désormais prêt à lancer la grande guerre nationale de libération contre les alliés occidentaux, les Grecs et les Arméniens. Par nécessité diplomatique et de survie, il lance le mouvement nationaliste en Anatolie, s'oppose au gouvernement du sultan, négocie avec ses voisins français (Levant) et bolchevique : "Les circonstances contraignirent Mustafa Kemal à agir comme un islamiste et un blochevik. Pourtant, il méprisait ces deux idéologies". Pragmatique, il impose finalement le traité de Lausanne au lieu et place de celui de Sèvres, non appliqué : "A l'automne 1922, le nom de Mustafa Kemal résonnait dans les foyers musulmans du monde entier comme celui d'un héros qui avait mené son pays à une victoire semblable au triomphe japonais de 1905". Après avoir évacué la question du califat, il fait proclamer la république et impose une modernisation à marches forcées, imposée en dépit de toutes les résistances locales (qu'il s'agisse des Kurdes ou des dirigeants démocrates) à travers un régime de quasi-parti unique. On en apprend beaucoup dans le chapitre 7, "Nationalisme et kémalisme", sur les réformes conduites durant l'entre-deux-guerres, leurs origines et motivations, leurs effets immédiats et leurs déficits. Mais aussi sur le sentiment de la grande majorité de la population turque qui "considère la Turquie comme un pays authentiquement européen" : "Une grande majorité des Turcs estimnt ainsi que toute remise en question du caractère européen de la Turquie est fille de l'ignorance et des préjugés les plus ancrés". Homme d'action et de réalisations concrètes plus qu'idéologue, Atatürk a laissé à sa mort, en 1938, une Turquie totalement différente de ce qu'elle était vingt ans plus tôt. Qu'en reste-t-il aujourd'hui ? 

Fayard, Paris, 2016, 279 pages. 20,- euros.

ISBN : 978-2-213-68633-2

Le père des Turcs
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 05:45

Histoire de la Turquie

De l'empire à nos jours

Hamit Bozarslan

Nous avions chroniqué ce livre lors de sa première parution en 2013 (ici). Sa réédition rapide en format poche confirme qu'il a connu un réel succès, parfaitement justifié par la qualité du travail de l'auteur. Nous parlions en 2013 d'un outil de travail et d'un volume de référence. Il n'y a rien à changer, si ce n'est le prix très abordable.

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 2015, 680 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-1040-8.

Histoire générale
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 07:00

 Atatürk

Naissance de la Turquie moderne

Fabrice Monnier

L'histoire (événements de 1915) comme l'actualité (situation en Syrie et Irak) montrent toute l'importance de la Turquie sur la scène régionale et internationale. Cette nouvelle biographie du fondateur de république turque arrive donc à point nommé.

Dans son introduction, Fabrice Monnier rappelle rapidement le contexte dans lequel émerge Mustafa Kemal, qui n'est pas encore le "père des Turcs" : celui d'un empire pluriséculaire mais "en proie à de graves convulsions". Selon un plan chronologique, nous suivons donc le jeune officier macédonien, franc-maçon, épris de modernité et de liberté, du coup d'Etat militaire de 1909 (il est alors chef d'état-major de la 3e armée), jusqu'à sa mort en 1938 comme chef d'Etat adulé dans son pays et respecté à l'étranger. Parmi tous les éléments de cette très riche biographie, l'auteur nous rappelle que Mustafa Kemal fut non seulement le "sauveur des Dardanelles", mais aussi qu'avant la Grande Guerre il sert en Lybie contre les troupes italiennes (et où il retrouve Enver Pacha), puis participe aux guerres balkaniques. Il est donc un officier déjà particulièrement expérimenté en 1914, et l'auteur souligne son rôle dès le début de la guerre (Gallipoli). A propos du massacre des Arméniens en 1915, Fabrice Monnier fait de Kemal un spectateur "impuissant et quelque peu indifférent". C'est ensuite sa participation à la tentative de reconquête de Bagdad, puis une délicate visite officielle en Allemagne en accompagnement du prince héritier ottoman. Enfin, en 1918, le commandement de la 7e armée sur le front de Palestine, face aux Britanniques. A la fin de la Grande Guerre, avant que ne bascule son destin, Kemal "qui, fin 1914, n'était qu'un simple lieutenant-colonel, (est) l'un des principaux généraux de l'Empire -mais pas, et ce bémol est important, l'un des plus en vue". Dès lors, dans un premier temps, il courtise le sultan et "soigne ses relations politiques", puis part pour l'Anatolie exercer un commandement lorsque survient l'invasion grecque. Notons ici une précision : "Le débarquement des Grecs à Smyrne, qui suscite parmi les musulmans d'Asie mineure une effervescence considérable, est tombé à pic pour justifier une insurrection (du Comité Union et Progrès) qui aurait très probablement de toute façon eu lieu, avec ou sans Mustafa Kemal". Ce dernier entre en rébellion ouverte contre Constantinople en juin 1919 et fédère autour de lui (de gré ou de force) tous ceux qui refusent l'invasion grecque et la faiblesse de l'empire. L'auteur évoque ici une tentative de double jeu du Sultan et du grand vizir, dont Kemal aurait su profiter. Le traité de Sèvres en août 1920, accepté par Constantinople, lui vaut de nouveau ralliements, tandis qu'il flirte également avec la Russie bolchevique et finit par obtenir au sud la neutralité de la France (en dépit de la question de Cilicie réglée à son profit) qui peine à s'installer en Syrie, le tout sur fond d'intrigues "byzantines". La guerre gréco-turque se prolonge dans un cortège de massacres jusqu'à l'incendie final de Smyrne (la responsabilité des irréguliers turcs semble bien engagée et Kemal ne s'en émeut guère), tandis que le traité de Sèvres est renégocié pour donner celui de Lausanne, beaucoup plus favorable à la Turquie. Entre temps, Kemal a su manoeuvrer pour rompre l'unité des Occidentaux à Constantinople et mettre fin au règne de la dynastie des Osmanlis, est devenu chef de parti et président de la Grande assemblée nationale. Angora, désormais Ankara, est proclamée capitale en 1923 et s'ouvre une ère nouvelle : la république est instaurée, elle sera autoritaire et Atatürk concentrera les pouvoirs : "Frapper brusquement l'adversaire après avoir soigneusement préparé son coup de force est le secret du succès de la révolution kémaliste ... Les Turcs, parfois admiratifs, souvent scandalisés, toujours effarés, s'aperçoivent que plus rien ne peut arrêter l'occidentalisation de leur patrie et son intégration à une Europe à la fois enviée et détestée". Dernier acte majeur de liquidation du passé : l'abolition du califat est décidée en mars 1924, mettant fin à des siècles d'unité musulmane. La Turquie de l'entre-deux-guerres connait alors une difficile marche forcée vers la modernité, avec instauration du parti unique, représsion des minorités, etc., mais aussi adoption de l'alphabet latin et puissant effort économique, favorisant la bourgeoisie tandis que le monde rural grogne. Au plan international, la Turquie entre à la SdN en 1932 et se rapproche de l'Allemagne dès l'année suivante. Kemal lui-même se laisse aller à des abus de boisson, sur lequel l'auteur ne cache rien, et sa santé, fragile depuis de nombreuses années, se détériore. A sa mort, il laisse une Turquie orpheline, mais qui lui conserve un véritable culte.

Une biograhie qui mèle étroitement vie personnelle d'Atatürk et évolution générale du pays, particulièrement intéressante actuellement.

CNRS Editions, Paris, 2015, 346 pages. 22,50 euros.

ISBN : 978-2-271-08313-5.

Mustafa Kemal
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
12 février 2015 4 12 /02 /février /2015 06:10

Détruire les Arméniens

Histoire d'un génocide

Mikaël Nichanian

Dès avant la Première Guerre mondiale, la "question" arménienne empoisonne la vie intérieure de l'empire ottoman et, depuis l'entre-deux-guerres, elle pèse sur les relations entre la Turquie et les nations occidentales.

A partir du rappel que les élites 'Jeunes Turques' de la Grande Guerre sont d'abord de culture et de formation européennes, Mikaël Nichanian s'interroge sur les fondements de la haine génocidaire, et pousse ici assez loin la comparaison avec le génocide juif de la Seconde guerre mondiale. Pour ce faire, il reprend dans un plan chronologique l'histoire de la "question arménienne" dans l'empire ottoman depuis la deuxième moitié du XIXe siècle. Il décrit avec forces précisions (toujours référencées) les revendications et l'action politique des Arméniens, la pollitique (souvent en réaction) des autorités ottomanes, la genèse du mouvement Union et Progrès jusqu'aux guerres balkaniques. Les chapitres 3 et 4 sont consacrés aux années de guerre. Le premier développe longuement la situation entre l'entrée en guerre et avril 1915, avec la montée en puissance des mesures anti-arméniennes à mettre en parallèle avec les déboires militaires. Le second détaille les deux grandes phases du génocide, à partir d'exemples très précis : les massacres dans les villages et la déportation, puis "l'extermination dans le désert" au sud de l'empire l'année suivante. Mikaël Nichanian rappelle aussi que les Arméniens n'ont pas été les seules victimes de cette politique de "turcisation" forcenée et que les autres minorités religieuses et/ou nationales ont eu à en souffrir gravement. Le chapitre 5 enfin s'attache à la période qui suit immédiatement la Première Guerre mondiale jusqu'au début des années 1920, au plan politique avec l'émergence du mouvement national de Mustafa Kemal, mais aussi dans la société musulmane dans son ensemble. La conclusion s'intéresse bien sûr à l'héritage (ou à la trace) de ces événements dans la Turquie de la fin du XXe siècle et du temps présent. Fondamentalement, les peurs parfois irrationnelles qui agitent les élites dirigeantes et une grande partie de la population turque ne sont pas de nature à faire changer la position officielle sur le génocide. 

Un livre très référencé, très complet, qui fait un solide bilan de la question et qui permettra à chacun d'affiner ses connaissances tout en se faisant une idée précise des événements, de leur contexte et de leurs conséquences.

PUF, Paris, 2015, 273 pages, 21,- euros

ISBN : 978-2-13-062617-6.

La "question" arménienne
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
30 juillet 2014 3 30 /07 /juillet /2014 07:00

Le dernier siècle de l'empire ottoman

(1789-1923)

Frédéric Hitzel

Une bonne idée et une belle réalisation. Dans ce volume consacré à un peu plus d'un siècle d'histoire ottomane avant la disparition du sultanat et du califat, l'auteur, spécialiste de la Turquie et du monde ottoman, nous présente ce qu'étaient l'organisation sociale et la vie des individus à Istanbul, mais aussi dans les provinces relevant de la Sublime Porte.

Après avoir en une dizaine de pages présenté l'histoire de "l'homme malade de l'Europe" sur la période, il nous fait littéralement, dans une première partie, nous promener à travers la capitale, puis nous entraîne dans l'empire, ses vilayet, sançak et métropoles régionales. Il aborde ensuite les questions liées au fonctionnement politique de l'Etat, aux grandes institutions et au statut des individus, avant d'en venir aux questions économiques , industrielles, commerciales et financières. La deuxième partie, plus "intimiste", s'intéresse à la vie quotidienne des Ottomans, leur gestion du temps, les aspects religieux, la littérature traditionnelle, l'émergence d'une nouvelle presse, le développement des arts, la naissance du cinéma, et présente une dizaine de brèves biographies d'artistes célèbres, avant de s'attarder sur les loisirs les plus populaires et sur les modes de vie au sein des familles.

Il s'agit donc d'une présentation extrêmement large, de l'individuel au collectif, du sommet de l'Etat à l'intérieur de chaque maison, de la Turquie dans le siècle précédant la disparition du califat. Par ailleurs, la forme même du livre présente l'intérêt de faciliter une lecture "discontinue" : il est possible de lire un chapitre ici, un autre là ultérieurement, de revenir en arrière et de sauter quelques pages. Le "lecteur-touriste" picore, au gré de sa fantaisie et de ses envies, des paragraphes de synthèse où les points essentiels sont imprimés en caractères gras. Le tout est ponctué de photos, plans et cartes, reproductions diverses, graphiques, tableaux, etc., et les annexes comportent une solide bibliographie et trois index complets. Une approche claire d'une histoire complexe, un "livre-guide" qui séduira de nombreux amateurs.

Belles Lettres, Paris, 2014, 320 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-251-41052-4.

"L'homme malade de l'Europe"
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 06:25

Salonique

Ville juive, ville ottomane, ville grecque

Esther Benbassa (Dir.)

Oui, j’ai rêvé de Salonique étant enfant, cette mystérieuse, étrange et lointaine cité orientale que ma grand-mère (qui n’y était elle-même jamais allée mais en avait entendu parler par son père) évoquait parfois. Puis j’ai retrouvé Salonique, en travaillant sur la Grande Guerre bien sûr, mais aussi sur les guerres balkaniques et sur les Jeunes Turcs. Plus tard, j’ai eu la chance de séjourner à deux reprises pendant quelques jours, à un jet de pierre de la Tour Blanche et de parcourir à pied ses ruelles et ses remparts. C’est assez dire si ce petit livre m’a intéressé.

Il constitue les actes d’un colloque organisé en janvier 2013 à l’Ecole normale supérieure sur cette ville exceptionnelle, devenue un foyer culturel juif essentiel après l’expulsion des Juifs d’Espagne (cette étonnante communauté judéo-espagnole qui conservera presque jusqu’à nos jours une langue propre) et d’Italie du Sud. Première ville juive d’Europe au milieu du XVIe s., qualifiée de « mère du judaïsme » et de « ville-mère en Israël », elle devient la riche et active métropole commerciale d’un empire (ottoman) dont le sultan est calife et commandeur des Croyants. Point de contact pour les hommes et d’échange pour les marchandises, la ville voit les Sépharades y devenir démographiquement majoritaires au XIXe siècle et sa prospérité décline après les guerres balkaniques, « lorsque la ville fut coupée de son arrière-pays ottoman par son incorporation à l’Etat grec ». Les six contributions présentées évoquent essentiellement la Salonique d’avant la Grande Guerre, qu’il s’agisse par exemple des aspects économiques, sociaux et mondains, ou cultuels. On note également l’article de Méropi Anastassiadou qui traite de l’évolution sociologique et de l’urbanisme de la ville après 1912 : comment est-elle « devenue » grecque ?

Un petit volume extrêmement dense, naturellement très centré sur l’histoire de la communauté juive dans la ville et qui permet d’approcher « l’atmosphère » si particulière de cette cité, où s’installera à partir de la fin de l’année 1915 le quartier général des armées d’Orient.

CNRS Editions, Paris, 2014, 190 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-271-08005-9.

Splendeur perdue
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
4 novembre 2013 1 04 /11 /novembre /2013 06:25

Le divan d'Istanbul

Brève histoire de l'empire ottoman

Alessandro Barbero

Professeur à l’université du Piémont oriental et auteur, en France comme en Italie, de nombreux ouvrages d’histoire, en particulier d’histoire militaire, Alessandro Barbero nous propose dans ce livre une vaste fresque s’étendant globalement sur une dizaine de siècles, de l’invasion turque en Anatolie à la chute de l’empire après la Première Guerre mondiale. Il précise dans le premier chapitre l’héritage des peuples nomades des steppes, et d’où vient le titre du livre : le « divan » est le nom du conseil d’empire : « Quand le sultan doit prendre une décision particulièrement importante, il convoque un divan à cheval … Il s’agit là d’une institution essentielle : quand les ambassadeurs occidentaux à Constantinople venaient à apprendre qu’il se tenait un divan à cheval, ils comprenaient que quelque discussion cruciale était en cours ». Son propos est toutefois essentiellement centré sur la période de gloire, l'apogée, de l'empire ottoman.

De la lute contre les Croisés à la prise de Constantinople, des raffinements et de la violence paradoxalement associées de la culture orientale à l’organisation longtemps harmonieuse d’un empire multinational (le serbo-croate fut longtemps « la langue la plus répandue au palais » impérial) et multi religieux, du sultan totalement inaccessible qui pouvait rester isolé dans son palais pendant des jours au grand vizir qui, « fils de chrétiens pauvres était techniquement son esclave mas détenait de fait tout le pouvoir » : un « empire dirigé par des fils de bergers » (!), c’est presque une autre vision de la Sublime Porte qui nous est offerte. L’auteur insiste sur l’institution très particulière et également paradoxale des Janissaires, fantassins recrutés à partir du XIVe siècle parmi les esclaves chrétiens, soldats célibataires dont les officiers « portent les noms et grades de ceux qui opèrent en cuisine » jusqu’au commandant de compagnie qui est « celui qui donne la soupe » : « Les janissaires composent les troupes les plus redoutées de l’empire ottoman, mais, pendant longtemps, tous sont nés chrétiens ». Il évoque également la marine ottomane, dont l’essentiel de l’effectif est d’origine grecque, et les sectes de l’Islam, parfois les moins orthodoxes. Et puis, il y a aussi ces « Chrétiens renégats », « Italiens, Grecs, Espagnols, Français, voire même de temps en autre un Hollandais ou un Anglais » qui prirent un nom musulman et se mirent au service du sultan (« On a calculé que sur cent mille habitants d’Alger, on compte un dixième de renégats : Génois, Vénitiens, Corses, recs, Albanais, Français, Espagnols ; presque tous les capitaines des navires pirates proviennent de ce groupe »). Le livre se termine sur une description d’Istanbul au temps de sa splendeur et l’arrivée des armées ottomanes presque sous les murs de Venise. Les dernières années de l’empire sont rapidement traitées : la Porte n’est plus que l’ombre d’elle-même.

C’est bien écrit, souvent surprenant, vif, passionnant. Un très bon précis d’histoire et à certains égards presque un livre d’aventure(s).

Payot Histoire, 207 pages. 21,50 euros.
ISBN : 978-2-228-909-90-7.

Des Seldjoukides à Mustafa Kemal
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
13 juin 2013 4 13 /06 /juin /2013 06:45

La France - Turquie

Claude Postel

« L’Orient fascine l’Occident.

               L’Orient c’est la terre de la lumière, là où se lève le soleil qui, inexorablement, jour après jour vient mourir en Occident, terre d’obscurité. »

Cette citation, issue du livre de Claude Postel (p. 145), illustre une certaine fascination de la France du XVIème siècle vis-à-vis de l’Orient, et plus particulièrement en direction de la Turquie. Claude Postel, spécialiste des questions religieuses au XVIème siècle auquel on doit en particulier, déjà aux éditions des Belles Lettres, un Traités des invectives au temps de la réforme (2004) et Si loin de Rome. Chronique d’un renégat (2007) retraçant l’histoire de Bernardo Ochino, Supérieur de l’ordre des Capucins passé à la Réforme. Ce nouvel essai a pour objectif de présenter les « vues de France » sur la Turquie et l’Orient. En proposant notamment des documents nouveaux, l’auteur souhaite ici expliquer et faire émerger certaines permanences dans les relations entre le royaume chrétien et la Sublime Porte. Dans un cadre fortement marqué par les impératifs religieux, la France va jouer de toutes les ressources de la diplomatie et du pragmatisme envers la Turquie, par-delà une paradoxale attirance/ répulsion pour le « Turc » et ses coutumes.

Deux parties structurent cet ouvrage. La première est consacrée à l’analyse historique des relations diplomatiques entre les deux pays et des facteurs pesant sur celles-ci. La seconde présente -grâce à de nombreux textes- les points de vue français sur le monde turc. Sont ainsi développées les visions des clercs, des voyageurs et des politiques. La relation diplomatique avec la Turquie pose en fait une question fondamentale : Qui sommes-nous ? Sommes-nous différents et pourquoi ? L’auteur montre comment la conscience de « l’Autre » rejoint en fait une interrogation sur les origines mêmes du royaume de France. Elle est d’abord initiée par les relations personnelles de deux hommes : François Ier et Suleyman. François Ier sollicite Suleyman dès le début de son règne pour mieux satisfaire ses prétentions sur le Milanais contre l’Espagne de Charles Quint. Cela va être la première étape d’une alliance entre « la Croix et le Croissant », une alliance pragmatique et éminemment politique. Dès lors la France établi une ambassade permanente à Constantinople. Cette présence permanente, malgré de nombreux revirements et atermoiements, favorise une connaissance progressive de l’Orient et symbolise en quelque sorte le caractère singulier de la diplomatie française du XVIème siècle. La seconde partie s’intéresse à la perception de la Turquie par la France. Le premier discours analysé est celui des clercs et est largement occupé par une critique de l’Hérétique. Les auteurs mettent l’accent sur les souffrances infligées aux Chrétiens et une interrogation majeure est le statut de l’Islam par rapport à la religion chrétienne. Ces récits sont marqués par la dureté de leurs propos, la religion étant dans une très large mesure le principal phénomène social structurant alors les sociétés. Les voyageurs sont plus marqués, du fait de leur curiosité, par l’organisation, sociale, politique et militaire d’un monde entièrement nouveau que de rares Européens commencent à découvrir. Ils ont souvent en commun leur jeunesse et leur enthousiasme. Les politiques, enfin, présentent des analyses et des critiques relativement objectives. Deux points de vue sont marquants. Le premier est de ceux qui -dans le cadre des guerres de religions- préconisent une gouvernance selon la mode turque entre les « communautés » pour apaiser les tensions et vivre en bonne intelligence. Le second est représenté par ceux qui déjà perçoivent un déclin réel ou espéré d’un Empire qui a très fortement influencé le XVIème siècle.

Ce livre est un ouvrage très agréable, de par son approche littéraire d’une problématique historique. Il présente parfaitement combien le fait religieux structure les croyances, les relations personnelles et diplomatiques. Les citations de nombreux textes, souvent quasi inconnus en France, et l’analyse des discours qu’ils contiennent en disent beaucoup sur la société française. Ces différences entre le clerc, le voyageur et le politique sont rendues à la perfection et « sautent » littéralement aux yeux du lecteur. Ce livre est donc, aussi, un prétexte pour un voyage en Orient, au cœur des relations diplomatiques de l’époque. On en vient presque à regretter la référence, en conclusion, à la Turquie actuelle et à ses tribulations politiques qui casse la dynamique générale du texte.  Cette critique à la marge ne ternie toutefois en rien la valeur de cet ouvrage aux apports littéraires et historiques certain.

Thibault Laurin.

Les Belles Lettres, Paris, 2013, 281 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-251-44475-8.

L'alliance du Roy et du Sultan
Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article
16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 06:59

A quelques jours de notre prochain café historique de La Chouette

Chouette Empire ottoman 20mars

et pour compléter notre récente présentation du livre d'Hamit Bozarsian Histoire de la Turquie, de l'empire à nos jours, nous avons demandé à l'auteur, qui ne pourra malheureusement pas être des nôtres, de bien vouloir préciser pour vous certains points. 

Histoire Turquie825

Question : Il a beaucoup été écrit sur la chute de Constantinople vue d'Occident. Pouvez-vous nous dire si l'on sait comment cette victoire ottomane a été ressentie et présentée dans le monde musulman de l'époque ?

Réponse : La réponse à cette question peut être double. En premier lieu, il est évident que cet événement constitue un choc parce que Byzance est la continuité de Rome, dans ce qu’il a d’impérial mais aussi dans ce qu’il représente pour le christianisme. Il ne faut, en effet, pas oublier que l’Europe du 15e siècle est très fragmentée et ne dispose pas d’une structure impériale susceptible d’ériger le christianisme en une puissance digne de l’héritage romain. De l’autre côté, Constantinople est le siège d’empire et le maitre de Constantinople est considéré comme l’empereur universel par excellence. D’où la tentation de certains dignitaires européens de dissocier christianisme et empire et de reconnaître Mehmed le Conquérant comme successeur légitime de Byzance, comme l’homme qui perpétue le rêve de Daniel. Une médaille à son effigie, frappée après sa mort, présente Mehmed comme Bizantii Imperatoris et Ottomanum Turcarum Imperator, titres qui sont repris pour celles commémorant Selim I et Süleyman le Magnifique. Plus tard, le diplomate vénitien Marcantonio Barbaro (1518-1595) écrit : « Puisque par la permission de Dieu, l’empereur ottoman, au cours de victoires continues, s’est emparé de tant de provinces et a assujetti tant de royaumes, et de ce fait s’est rendu formidable au monde entier, il n’est pas hors de raison de se demander s’il ne peut pas finalement aller jusqu’à une monarchie universelle ».

Question : La réunion en la personne du souverain du sultanat et du califat constitue un tournant important et la question épineuse du califat embarrasse les chancelleries occidentales dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale. La disparition de cette responsabilité religieuse a-t-elle eu des conséquences particulières dans un pays profondément croyant ?

Réponse : les débats autour du khalifat et les craintes que vous évoquez, montrent le décalage entre la réalité d’une institution et l’imaginaire de puissance qu’elle peut engendrer ailleurs. Les quatre derniers khalifes ottomans laissent un bilan pour le moins médiocre : Abdülhamid II, qui doit composer avec la France et l’Angleterre, sait qu’il ne peut brandir la carte khalifale qu’à condition de ne pas l’utiliser concrètement. Le « Sultan rouge », dont le règne est marqué par des massacres d’Arméniens à une très grande échelle, est détrôné en 1909 sans aucune marque de respect que son rang aurait pu exiger. Le deuxième, Sultan Resad, lance un jihad contre la Russie, la France et la Grande-Bretagne, mais en se ralliant avec l’Allemagne, qui est tout de même un pays chrétien. Son armée est largement commandée par des officiers allemands. Il ne dispose en réalité d’aucun pouvoir réel, et n’a aucune marge de manœuvre pour empêcher un événement aussi tragique que le génocide arménien. Le troisième, Vahdettin, est considéré comme un valet de l’Angleterre, puissance victorieuse qui occupe Istanbul. Le dernier, Abdülmecid, qui n’a plus le titre de sultan, ne dispose d’aucune force. Le califat était déjà mort lors de sa suppression. Parmi ses derniers défenseurs figuraient un athée notoire et un alévi (adepte d’une confession considérée comme hérétique par les sunnites). Contrairement aux autres institutions religieuses, comme les confréries qui gardent une extraordinaire vitalité malgré leur interdiction officielle en 1925,  le khalifat n’avait plus aucun souffle pour se défendre.

armee-ottomane.jpg

Question : On connait en France le nom des Janissaires ou celui des Mamelouks, mais quelles ont été les grandes phases d'évolution de l'armée ottomane et quel rôle a-t-elle joué comme "pilier" éventuel du pouvoir ?

Réponse : Classiquement, l’armée ottomane était composée de deux corps, les détenteurs de fiefs et les Janissaires ; mais le premier (105.000 au début du 16e siècle, seulement 20.000 à la fin du 17e) était très mal organisé et le deuxième (20.000 hommes en 1528, 39.000 au 18e siècle), s’était graduellement mué en une instance de censure armée, signant émeutes et renversement des sultans. Les insurrections de 1730 (qui détrône Ahmed III, auquel la vie est épargnée) et de 1808 (renversement de Selim III, victime de régicide) font partie des phases importantes de l’histoire de l’Empire. La nouvelle armée, formée et entraînée par les officiers européens, notamment après la suppression de ce corps en 1826, est dans un premier temps fidèle au pouvoir, mais les jeunes officiers passeront massivement à la contestation au début du 20e siècle. Ce sont eux qui vont déclencher la Révolution dite « Jeune turque », dans les faits un pronunciamiento, en 1908. C’est le début d’un processus qui va déboucher sur une dictature unique en 1913, qui est de nature partiellement militaire. Mustafa Kemal lui-même est issue de cette tradition.   

Question : Des Arméniens aux Kurdes et aux Assyro-Chaldéens, la question des minorités semble récurrente. S'est-elle aggravée ou a-t-elle été abordée différemment entre la période impériale puis la période républicaine ?

Réponse : Oui, il y a une différence selon les périodes. Dans l’Empire ottoman les Kurdes ne sont pas considérés comme une minorité, concept qui est d’ailleurs absent du vocabulaire impérial, et les non-musulmans, subordonnés, constituent des communautés extraterritoriales soumises à l’autorité de leurs dignitaires religieux. Les idées de l’homogénéisation du territoire par l’islamisation, puis par la « turcification » voient le jour sous Abdulhamid II (1876-1909), en partie sous l’impact des guerres russo-ottomanes et des insurrections des peuples chrétiens des Balkans. Au tournant du siècle, ce nationalisme se fait graduellement social-darwiniste, pour déboucher sur un vaste chantier de nettoyage ethnique, comprenant, notamment, le génocide arménien. En 1914, les chrétiens représentent 20% de la population de la Turquie actuelle ; ils ne sont plus qu’1% en 1924. S’il y a un antisémitisme émergeant sous l’Empire ottoman finissant, les juifs ne sont désignés comme une « menace » pour la « turcité » que sous la République. Enfin, même si l’Etat se méfie des Kurdes et ordonne la déportation d’une partie d’entre eux en 1917-1918, la question kurde est le produit d’une part de la division du Kurdistan à la suite de la Première Guerre mondiale, d’autre part de la politique ultranationaliste et très répressive de la République kémaliste.  

Merci très vivement pour la précision de ces réponses et plein succès pour votre livre.

Repost 0
Published by guerres-et-conflits - dans Monde ottoman - turc
commenter cet article

Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
  • Contact

  • guerres-et-conflits
  • L'actualité de la presse, de l'édition et de la recherche en histoire

Partenariat

CHOUETTE

Communauté TB (1)

Recherche

Pour nous joindre

guerres-et-conflits@orange.fr

Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile