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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:00

La force de la Liberté

Nouvelle philosophie du décideur

Henri Hude

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Henri Hude est un ancien élève de l’Ecole normale supérieure de la rue d’Ulm, agrégé et docteur HDR en philosophie (Paris IV Sorbonne), directeur et fondateur du Centre d’éthique et de déontologie aux Ecoles militaires de St-Cyr Coëtquidan.  Il précise son projet dès les premières lignes de l’introduction : « Ce livre a pour objet la société libre. A l’usage des citoyens, en particulier des responsables, qui ont besoin d’une vision d’ensemble, il présente la structure synthétiquement et analytiquement, avec les éléments essentiels qui la composent ». Loin des mouvements de l’opinion, l’auteur offre un travail de redéfinition des concepts nécessaires à la compréhension et à l’exercice de la liberté. Selon lui, seul un socle philosophique solide redonne un cap au décideur dans un contexte de crise, inhérent et produit par l’idéologie libérale.

La pensée fait l’objet d’une exposition claire et rigoureuse. On peut ainsi distinguer deux grandes parties.

La première (chapitres I à V) considère de l’extérieur la communauté politique libre. L’auteur distingue ainsi un concept statique de « société libre » d’un concept dynamique, « le peuple libre ». La société libre possède quatre organes politiques nécessaires : le Pouvoir, l’Etat, la République et la Démocratie. La culture d’une société libre apparaît comme une interprétation d’une loi naturelle basée sur la philia, définie p. 42 comme « l’amitié sociale ». Elle est fonctionnelle dans le sens où elle permet la liberté pratique. Le peuple libre est un concept dynamique. Seul un pacte social basé sur la confiance favorise les trois libertés fondamentales populaires : droits de l’homme, indépendance et démocratie. La représentation stricte des volontés citoyennes est le seul garant d’une démocratie effective. Elle se corrompt en une république sans démocratie où une oligarchie s’éloigne du bien commun. Cet état de fait est -pour l’auteur- caractéristique de notre époque.  

La seconde partie (chapitres VI à X) dépeint de l’intérieur la communauté libre et analyse ses fondamentaux. Pour Henri Hude, il est nécessaire de distinguer liberté « pratique » et liberté « pathologique » : une société libre est corrompue lorsque la majorité des citoyens prennent LA liberté pour la seule liberté pathologique. C’est la fin de la croyance en « LA » liberté mais aussi la prise de conscience de son existence en tant que concept antinomique : à chaque liberté correspond une antiliberté (et l’auteur prend alors pour exemple la « liberté » de fumer dans un espace public). La liberté pathologique continue à reconnaître une seule liberté et donne lieu à débats finalement stériles, car ne prenant pas en compte la moitié de la question. En ce sens la liberté pratique suppose la justice car elle est issue de débats sur ce que sont liberté et antiliberté. Le peuple est mu par une culture de liberté juste et la loi naturelle, qui explicite le principe de justice, est basée sur la confiance. Le christianisme apparaît pour l’auteur comme la vision la plus aboutie de l’amitié comme fondement social (on peut ici faire le parallèle avec René Girard, La violence et le sacré, 1973). La loi de paix se concrétise alors dans la structure de la justice et de ses trois dimensions : autorité, liberté et solidarité. Pour l’auteur, l’injustice est consubstantielle de l’idéologie libérale pour une raison simple, la neutralité de la justice exclu l’idée de bien et de « bien commun ». La crise des valeurs de l’homme moderne est pour l’auteur due à une disparition politique de cette dernière notion, au profit d’un seul bien individuel.

Cet ouvrage témoigne d’une grande rigueur dans le raisonnement et constitue un véritable effort de redéfinition de termes fondamentaux. Il montre surtout que la démocratie n’est jamais parachevée, jamais acquise, mais au contraire toujours en construction. Cette redéfinition se propose de redonner aux décideurs des «valeurs » et constitue un nouvel horizon, dans un contexte où les valeurs morales « refuges » semblent désormais absentes. Henri Hude donne de la consistance à l’idée de liberté, grâce à la définition en positif de ses pré-requis. La place de l’auteur par rapport à son sujet est néanmoins paradoxale. Il analyse la crise actuelle et lui donne un horizon, laissant à ceux qu’il critique le devoir de l’atteindre. Il donne donc pour mission aux « aveuglés de la liberté pathologique » de se diriger eux-mêmes  vers la liberté pratique. On peut supposer que ce retrait est inhérent à la position du philosophe. Par ailleurs, si le message du Christ est universel, construire une philosophie de la liberté en y faisant essentiellement référence la rend paradoxalement moins universaliste, du fait de son aspect culturel fortement marqué. Enfin, on ne peut oublier le grand clacissisme (voire traditionalisme) du propos. Avec ce livre, le lecteur bénéfice d’un retour sur des fondamentaux et d’une plus grande profondeur d’analyse, mais se voit aussi proposer une philosophie relativement exigeante. La critique des réalités immédiates fait de la poursuite de l’idéal démocratique un véritable objectif, pour lequel tout un chacun doit travailler, en particulier les décideurs, véritables cibles de ce livre, qui ont le devoir de montrer l’exemple et de prendre leurs décisions par « la force de la liberté ».

Thibault Laurin

Economica, Paris, 2013, 161 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-7178-6554-7.

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 06:59

Croire en l'Histoire

François Hartog

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Croit-on encore en l’Histoire ? Telle est la question posée dans son dernier ouvrage par François Hartog, directeur d’études à l’EHESS, dans la prolongation de ses travaux antérieurs sur le temps (Le Miroir d’Hérodote, Régimes d’historicité). Si le questionnement de départ porte sur l’histoire, la réponse se situe plutôt dans le registre de la philosophie. Celle qui fut ce que la théologie était à l’Antiquité et au Moyen Age ou, selon le mot de pierre Larousse, « la religion universelle » du XIXe siècle, semble connaître depuis les années 1980 une sérieuse atteinte à son autorité, ce qui amène l’auteur à se demander si le temps de l’Histoire n’est pas en train de sombrer dans l’abîme du « présentisme » (p. 30), dont il sera difficile de sortir.

François Hartog pose en réalité un débat tout à fait d’actualité qui voit depuis une vingtaine d’année l’Histoire (Clio) être concurrencée de plus en plus par la Mémoire (Mnêmosunê), à la fois dans le champ médiatique et politique, mais de façon plus étrange, et plus inquiétante sans doute, dans le champ universitaire, où l’histoire contemporaine s’est fondue pour certains en une histoire de l’immédiateté. Pour François Hartog, les causes de ces évolutions remontent au procès de Nuremberg (1946), c'est-à-dire à la remise en cause de la croyance en l’Histoire et à la judiciarisation de nos sociétés qui ont valorisé l’émergence d’un « quatuor formé par la mémoire, la commémoration, le patrimoine et l’identité » (p. 49), en lieu et place de l’Histoire. Ainsi, le journaliste et le juge ont suppléé voire remplacé l’historien, sommé dans bien des cas de se contenter du statut de témoin ou, dans le meilleur des cas, de celui d’expert judiciaire face à la demande de reconnaissance croissante d’un droit d’individus ou de groupes soucieux de faire valoir leur(s) traumatisme(s) et d’obtenir ainsi le statut de victime reconnue. Les « lois mémorielles » du 13 juillet 1990 (loi Gayssot sur la répression des actes racistes, antisémites ou xénophobe), de mai 2001 sur la « reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité », en enfin la loi de 2005 qui voulait instaurer une reconnaissance dans les programmes scolaires du « rôle positif » de la colonisation ont considérablement déstabilisé les milieux historiens. Si ceux-ci – sous la direction éminente de René Rémond – ont jugé nécessaire de promouvoir un devoir d’histoire au lieu de faire valoir un droit à la mémoire, il faut bien admettre que leur message a été en grande partie inaudible. Sans doute fusse là le prix à payer d’une Histoire qui, dans certains cas, n’était devenue que la « représentation » d’elle-même et qui faute d’assumer sa mission première de dépouillement des sources et de contextualisation des phénomènes a laissé au public l’image d’une « inquiétante étrangeté » (p. 111), c'est-à-dire d’un discours qui soit s’était mis au service du pouvoir, soit était devenu inaccessible au grand public en raison d’une trop grande conceptualisation.

François Hartog expose le débat plus qu’il n’apporte de solutions. Pas une fois, nous le regrettons, il ne pose la question de la responsabilité des historiens eux-mêmes face à ce désastre, c'est-à-dire à leur capacité voire leur volonté parfois très empressée de souscrire à la demande de « présentisme » des médias, alors même que leur rôle consiste à prendre du champ et du temps, à dépouiller des archives pour exposer, patiemment, calmement et de façon dédramatisée, ce que fut l’Histoire. A vouloir souscrire à la culture de l’Entertainement qui gagne les sociétés occidentales, à vouloir utiliser les médias comme des tribunes pour s’assurer des postes universitaires quand ce ne sont pas des positions politiques, nombre d’historiens ont largement contribué à discréditer l’Histoire. Nous ne partageons par conséquent pas le point de vue de François Hartog sur les concepts « de modernité, de postmoderne, de globalisation ou de crise » (p. 290), qui seraient eux-mêmes à l’origine de la crise de l’Histoire. L’Histoire est en crise parce que de nombreux historiens ont accepté que Mnêmosunê prenne le pas sur Clio. Au fond, il existe une confusion sur le sens profond de l’Histoire et sur le rôle des historiens. Pour ma part, je ne retiendrai qu’un seul message, celui de Pierre Nora : là où la mémoire divise, l’histoire a une fonction de rassemblement et d’apaisement.

J. A.

Flammarion, Paris, 2013, 310 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-0812-8675-7.

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18 février 2013 1 18 /02 /février /2013 07:05

Désenclaver l'histoire

Nouveaux regards sur le XXe siècle français

Jean-François Sirinelli

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Le dernier livre du directeur du centre d’Histoire de Sciences Po.(le H est très volontairement souligné) est à la fois vivifiant et inquiétant. Constitué sur la base d’articles antérieurs (un peu selon la méthode en vogue sous la IIIe République et tombée depuis en désuétude), précisés en fin d’ouvrage, il prolonge et complète les réflexions présentées dans ses publications précédentes (en particulier, Les Vingt Décisives. Le passé proche de notre avenir, 1965-1985, Fayard, 2007).

Vivifiant disions-nous, car Jean-François Sirinelli propose de redécouper et d’aborder différemment les grandes périodes du XXe siècle, jusqu’à présent souvent associées aux guerres mondiales. Pour lui, un certain monde « s’éteint » en fait avec les « Vingt Décisives », ces années 1965-1985 qui constituent à ses yeux une rupture, progressive mais radicale, par rapport aux années antérieures. Spécialiste d’histoire politique et d’histoire culturelle de la seconde moitié du XXe siècle, il aborde les effets conjugués des notions de « culture-monde », de crise économique et de développement des moyens d’information (une « démocratie du public » ?) pour en venir à la présentation d’une société post-1980, celle des baby-boomers, « plus nerveuse ». L’analyse des évolutions récentes de la société française est donc intéressante à bien des égards et, si elle s’appuie parfois sur un vocabulaire (trop) scientifique, un peu obscur pour le grand public, on ne peut s’empêcher de sourire (tout en méditant) avec le chapitre V analysant l’évolution et la trace du célèbre chanteur : « Johnny, un lieu de mémoire ? ». Hallyday, « un docteur Faust de l’âge médiatique »… Il n’empêche : une forme d’expression compréhensible par tous est généralement caractéristique d’une idée clairement formalisée, alors qu’un excès de complexité finit par laisser un sentiment de trouble.

Mais au-delà, le livre est aussi inquiétant pour les historiens. En effet, dès les premières pages, l’auteur parle à propos de la recherche historique et de l’histoire du temps présent de « la mise en œuvre d’une pratique à géométrie variable ». En réalité, l’ensemble du raisonnement présenté semble s’appuyer sur des observations et des analyses à chaud, proches de l’intuition personnelle ou dans le meilleur des cas du sondage. Si l’auteur multiplie les prudences de langage, on ne trouve pas la trace d’une référence, d’une note en bas de page autre que les renvois à ses propres publications antérieures, pas de bibliographie et, bien sûr (pardon, of course !, puisque l'influence anglo-saxonne est si forte) pas de sources. Nous atteignons là, semble-t-il, les limites de « l’histoire culturelle » et de « l’histoire du temps présent » pour aborder les rives de l’interprétation personnelle de l’actualité récente.

Un livre à prendre donc, selon nous, à deux niveaux. A retenir et à étudier sans hésitation pour tout ce qu’il apporte à l’analyse jusqu’aux années 1980. A lire et à connaître tout en y exerçant son esprit critique pour la période la plus récente. Le "désenclavement" n'est-il pas normal et naturel, surtout pour les événements les plus récents ? Quand les sciences politiques, entre deux observations subjectives, tentent de phagocyter l’histoire, je deviens très prudent. Le « café du commerce » nous attend peut-être après le prochain commentaire... Une question : est-ce la « méthodologie » enseignée à Sciences Po. ? A lire également, donc, pour évaluer l’une des tendances intellectuelles actuelles.

R. Porte

CNRS Editions, Paris, 2013, 190 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-271-07623-6.

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4 février 2013 1 04 /02 /février /2013 07:10

Géopolitique de la France

Entre déclin et renaissance

Olivier Kempf

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Animateur du blog Egea, Olivier Kemp nous propose une Géopolitique de la France qui mérite d'être mieux connue, et d'abord (peut-être) parce qu'elle témoigne, nous semble-t-il, d'un réel optimisme (raisonné) en l'avenir. En effet, l'auteur ne se contente pas de survoler les différentes zones crisogènes du monde dans lesquelles la France peut avoir des intérêts (géopolitique étroite limitée aux relations internationales), mais il aborde largement les critères internes et y puise espoirs et arguments.

Conçu de façon très pédagogique, ce livre est divisé en quatre grandes parties ("La construction de la France", "Structures françaises", "La France et les autres" et "La France et l'action extérieure"). Il prend ainsi en compte, ce qui est peu courant, le milieu physique, la population, l'histoire du pays, les équilibres et déséquilibres entre Paris et la province, les villes et les campagnes, la culture, cette "exception française ... donnée au monde", et qui pourrait constituer un formidable bras de levier alors que "l'exception universelle [est] devenue simplement normale". La seconde partie a donc pour objet d'étudier les relations avec le reste du monde, par cercles concentriques. Dans le même esprit, le chapitre 8, qui traite des relations bilatérales avec les principaux voisins et le chapitre 9 qui aborde la question européenne n'oublient pas de plonger leurs raisonnements dans les racines de l'histoire, tandis que le chapitre 10 ("La France et l'héritage colonial") s'intéresse à la France d'outre-mer (DOM-TOM, avec cartes et graphiques), à la Françafrique et à la difficulté de rompre (affirmation pourtant hautement proclamée) avec "un passé qui ne passe pas" : "Sans cacher la réalité des faits ni la vivacité des sentiments, il faut préciser que, derrière les apparences, il y a une sorte de négligence grandissante entre les deux parties". En dépit de réelles potentialités, le bilan est en demi-teinte : "Malgré quelques lignes de force envers notamment les Etats-Unis ou la Méditerranée, on observe les difficultés à maintenir une cohérence régionale avec un politique qui se pique d'être universelle". Les derniers chapitres enfin s'intéressent aux Affaires étrangères et à l'armée, principaux vecteurs de cette ambition internationale. A l'heure des dernières réflexions sur le prochain Livre blanc, il est à souhaiter que certaines lignes aient été lues avec attention.

Ouvrage de vulgarisation au sens premier et noble du terme, utilement complété par de nombreux tableaux, graphiques, cartes, et se terminant par une belle bibliographie de référence, ce livre ne développe pas longuement les problématiques en envisageant sans fin x ou y hypothèses, mais fait un point complet de situation et précise les questions qui restent en suspens. Une étude "positive", "objective" (autant que cela soit possible) que tous les étudiants dans ces filières doivent connaître et qui leur sera de la plus grande utilité.

Editions Technip, Paris, 2013, 309 pages + cartes, 25 euros.

ISBN : 978-2-7108-1000-1.

Olivier Kempf a bien voulu préciser quelques points particuliers :

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Question : Pourquoi un livre sur la géopolitique de la France maintenant ?

Réponse : Tout simplement parce qu’il n’existait pas. Or, une nation comme la France, qui a inventé la notion d’Etat-Nation, qui a eu une présence universelle, qui continue à croire au hard power et au soft power, qui a donc pratiqué une géopolitique depuis très longtemps, la France aurait dû être l’objet depuis longtemps d’une telle étude. Je m’en explique d’ailleurs dans un chapitre annexe du livre, où j’examine la question du tabou de cette géopolitique de la France. Il reste que cette intuition fut à l’origine d’un cours dispensé à Sciences Po qui m’a permis de tester un certain nombre d’idées, avant de poursuivre mes travaux pour arriver à cet ouvrage. Il est le résultat de quelques années de travail, même s'il demeure actuel, tout simplement parce qu'il montre les déterminants de long terme.

Est-il opportun ? probablement car on sent une hésitation géopolitique française, et les documents officiels ne définissent pas très bien les véritables orientations, si l'on va au-delà des tartines de vœux pieux. Or, la France a d'une certaine façon achevé son projet géopolitique précédent (fixation ds frontières et recentrage sur un territoire principalement métropolitain). Elle hésite face au tourbillonnement de la planétisation, ce grand rééquilibrage qui rend tout le monde voisin de tout le monde.

Question : Votre ouvrage se distingue par la place qu'il accorde dans une longue première partie aux éléments internes. Pourquoi avez-vous voulu insister sur ces aspects ?

Réponse : Mais tout simplement parce que la géopolitique ne peut s’assimiler, comme on le fait couramment, à une simple vision des relations extérieures d’un pays. La Géopolitique est classiquement définie comme la rivalité de pouvoir sur des territoires. Mais elle est surtout l’expression d’une conception politique, celle de la souveraineté. Or, cette souveraineté revêt une double face : elle est à la fois intérieure (dans l’ordre politique, la souveraineté populaire) et extérieure (dans l’ordre international, la souveraineté nationale à la source du système de l’ONU). Il faut donc examiner les deux faces de cette enveloppe (de cette frontière). On ne peut comprendre la posture extérieure d’un pays sans comprendre ses déterminants intérieurs : géographiques, historiques, politiques, économiques, culturels, etc… Or, cette infrastructure est essentielle pour comprendre l’attitude au monde d’un pays.

Question : Vous êtes globalement peu critique et présentez surtout, semble-t-il, un point de situation. Quels sont selon vous les éléments de faiblesse de la France dans le concert mondial ?

Réponse : Effectivement, je suis peu critique car je me méfie beaucoup des docteurs yakafokon. Je sais que la posture est bien portée et qu’elle donne le beau rôle, mais aussi beaucoup de ridicules quand les événements démentent les affirmations péremptoires. Je crois surtout avoir démontré qu’une des caractéristiques essentielles de la France tient à son obsession du déclin. Sans cesse, nous avons des censeurs qui nous expliquent que nous sommes en train de sombrer et qu’il faut changer. Je constate que leur rôle n’est pas si néfaste puisqu’effectivement, la France a considérablement changé, justement pour se conformer à son aspiration. Là réside au fond la singularité française : vouloir demeurer encore une « puissance », une différence. Le déclinisme est peut-être outré, mis il constitue un aiguillon qui nous fait évoluer, s’appuyant sur notre besoin de demeurer. We will survive, chantaient les champions du monde de foot en 1998 : tout un symbole !!

Je constate ce trait de caractère, profondément ancré, et très distinctif. Et comme toute caractéristique, il a des vertus et des faiblesses. Votre question suggère une vision binaire (bien ou mal) qui ne correspond pas, me semble-t-il, à la réalité complexe du monde en général, et de la France en particulier. En revanche, plutôt que de parler de faiblesse, je constate une certaine hésitation actuelle (toutefois, elle n’est pas propre à la France mais bien à tout ce qu’on désigne habituellement par l’Occident). Ce sentiment du déclin est désormais partagé par tous nos partenaires occidentaux. Et la France n’a pas encore formulé de projet géopolitique qui puisse être la source d’une ligne stratégique intégrale, comme aurait dit Poirier. Et pour livrer le fond de ma pensée, je n’ai pas l’impression qu’on en accouche prochainement. Je conclus le livre en ébauchant les trois lignes possibles : continentale, maritime, méridionale. Ce choix reste à faire.

Question : Et les éléments de "puissance" sur lesquels elle pourrait s'appuyer ?

Réponse : Cela fait quarante ans qu’on nous prédit notre déclassement, et nul ne voit que la France est une des principales puissances européennes. Assurément la première puissance militaire, tenant le coup économiquement (y compris avec l’Allemagne sur le long terme), riche d’une démographie solide, disposant de solides relais de par le monde. Certes, elle doit se battre et innover mais elle a des ressources incroyables. Mais il ne faut pas trop complimenter la France : elle risquerait de s’arrêter de faire des efforts, alors qu’elle démontre une énergie incroyable.

Merci Olivier Kempf pour ces réponses pertinentes et plein succès pour ce nouveau livre.

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28 novembre 2012 3 28 /11 /novembre /2012 07:05

Pire que la guerre

Massacres et génocides au XXe siècle

Daniel Jonah Goldhagen

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Peut-on imaginer pire que la guerre ? Oui, nous répond Daniel Jonah Goldhagen : "Notre époque, que nous ferons commencer au début du XXe siècle, a vu se succéder les meurtres de masse, qui l'ont frappée l'un après l'autre avec une telle fréquence et, au total, une puissance de destruction si massive que le problème de la tuerie génociaire s'y révèle pire que la guerre".

Dans ce copieux volume de près de 700 pages, l'auteur a choisi d'organiser son discours en trois grandes parties, après une introduction générale visant à "Clarifier les termes du problème". Pour démontrer la difficulté de définir un "meurtre de masse", il commence par donner l'exemple des bombes atomiques largués sur le Japon à l'été 1945 : présentés comme un "massacre juste" puisqu'ils permirent d'écourter la guerre, ces raids n'en sont-ils pas moins des meurtres de masse ? Quelle est la part de l'éventuelle "justification morale" ? Y a-t-il un "seuil" en-dessous duquel la compréhension pourrait être de mise ? Comment contextualiser ces crimes, de la répression à l'expulsion de groupes sociaux ou ethniques ? Peut-on définir "l'éliminationnisme" et comment le différencier du génocide ? Le chapitre 2 ("Pire que la guerre. Notre époque : une époque de souffrance") tente de trouver ou de définir une cohérence d'ensemble et commence par l'évocation de la répresion conduite par le général allemand von Trotha en 1904 dans la colonie du Süd-West Afrika, considérée par Goldhagen comme "caractéristique  de la politique des débuts du XXe s.", ce qui semble pour le moins excessif. Il traite bien sûr ensuite de la question arménienne en 1915, puis élargit sob étude à Hitler, Kim Il Sung, Polt Pot, Staline, Mao et jusqu'à l'Afrique des Grands lacs et aux Balkans. Au fil des pages, en un long cortège funèbre, tout y passe : l'Amérique centrale, l'Ethiopie, l'Irak, l'Inde ou le Timor.

Il détaille ensuite (Première partie, "Expliquer les attaques éliminationnistes", pp. 79-305) comment naissent, se déroulent puis se terminent ces meurtres de masse, alternant les exemples choisis dans différentes situations particulières pour identifier des constantes. Constatant que les "grands" de la planète n'interviennent jamais (ou trop tardivement), il s'interroge : "Pour que s'opère un changement véritable, nous devons réfléchir à la manière dont nous devons transformer l'environnement international".  Il traite donc (Deuxième partie, "Les politiques éliminationnistes modernes", pp. 309-553) des fondements culturels de chaque société, du rôle individuel des principaux "génocideurs", des croyances et idéologies et des causes immédiates des différents crimes de masse modernes, puis s'attard esur le discours et la diffusion des idées "éliminationnistes" (déshumanisation et/ou diabolisation de l'autre). Passant ensuite du discours à l'action, il en décrit les modalités (on note quelques tableaux donnant des chiffres -effrayants- de nombre de victimes) et cherche à déterminer les ressorts de telles cruautés, du viol systématique (Bosnie, Rwanda) aux camps "de travail" et d'extermination. Enfin, l'auteur nous propose, dans une troisième partie ("Changer d'avenir") d'être attentifs aux nouvelles menaces (il s'attarde longuement sur "L'Islam politique" qui "présente les traits caractéristiques des civilisations éliminationnistes") et invite à un engagement plus ferme et plus résolu des grandes puissances démocratiques et de leurs opinions publiques pour le respect de leurs valeurs.

Cet imposant volume donne parfois le tournis, tous les explications des exemples présentés en appui de la thèse de l'auteur ne sont pas toujours absolument convaincantes, Daniel Jonah Goldhagen se laisse parfois, semble-t-il, emporter par sa démonstration. Mais il y a là un énorme travail de recension et de réflexion sur ce qui est bien l'une des calamités du XXe s., les massacres de masse. Sur ce plan, sa lecture est indispensable.

Fayard, Paris, 2012, 696 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-213-65468-3

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13 novembre 2012 2 13 /11 /novembre /2012 07:00

De mémoire d'historien

Chroniques d'un XXe siècle disparu

François Crouzet

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Voilà un livre original, puisqu'il s'agit, à partir des souvenirs familiaux, professionnels et personnels du grand historien François Crouzet, recueillis par son fils Denis, d'apporter une contribution à la connaissance et à la compréhension de notre XXe siècle. En quelque sorte, partir d'un regard individuel pour aborder des problématiques plus larges : "Il s'agit d'un livre d'historien avant tout, qui assume la subjectivisation inhérente à la démarche mémorielle, mais qui l'utilise, l'instrumentalise et la détourne habilement pour procéder à un dépassement".

En 26 chapitres, François Crouzet nous livre donc chronologiquement ses souvenirs, de son milieu familial et de son enfance à ses derniers séjours dans les grandes universités britanniques, dont le fameux All Souls College d'Oxford en 1985. Du fait de la longue et grande carrière académique de l'auteur, le coeur de son sujet est donc bien l'enseignement supérieur et l'université française, même si de nombreuses incursions permettent, au fil des événements, de retrouver une analyse (évolutive) de questions politiques et sociales plus larges. Les premières parties (chap. 2 à 11) évoquent ces questions à partir de la scolarité de l'auteur, lorsqu'il est lui-même lycéen puis étudiant. C'est le regard "par le bas" et une certaine perception des événements de l'entre-deux-guerres, de l'Occupation et de la Libération à travers le regard d'un adolscent puis jeune adulte. Notons au passage que les appuis paternels sont toujours utiles en début de carrière, même si l'on est plutôt "de gauche" et farouchement partisan de l'égalité : "Heureusement, mon père s'occupait de mes intérêts", ce qui permet à François Crouzet d'obtenir dès la fin de la Seconde guerre mondiale une bourse de doctorat pour l'Angleterre. Les rapports entre le père (philo-communiste) et le fils (socialiste) n'en sont pas pour autant sereins : "Notre différent idéologique rendit difficiles nos relations".

Les chapitres 15 ("Retour en France : assistant à La Sorbonne") à 25 ("All Souls Colege") nous donnent à connaître ces sujets sous l'angle de l'enseignant qu'il est devenu, puis professeur des universités à la notoriété croissante. C'est l'heureux temps (1956) où, pour un poste à l'université de Bordeaux il n'y a que ... deux candidats ! Au fil des années, le professeur évolue : "J'en étais venu assez tôt à penser qu'il était vain de vouloir maintenir dans la dépendance des 'colonies' qui coûtaient fort cher et dont l'utilité pour l'économie française était faible, voire nulle. Inversement, j'éprouvais une méfiance pour les Français qui se faisaient les avocats, voire les apologistes, des indépendantistes, et ce sentiment était encore plus vif envers les porteurs de valise". François Crouzet nous raconte également "L'enfer de Nanterre" lors de la création de cette université, dont il fut l'un des premiers professeurs, directeur du département d'histoire, et où il voit se préparer et exploser les événements de mai 1968 (chap. 20). Il assiste également à la création des différentes universités parisiennes issues de l'ancienne maison commune de La Sorbonne : Paris I, II, III, IV, etc. : "Parmi les historiens, les choix furent essentiellement politiques : les collègues d'extrême gauche choisirent Paris VIII ou Paris VII, les gens de gauche allèrent à Paris I, ceux de droite à Paris IV". On se disait bien...

Un séjour en Europe de l'Est, ses responsabilités au sein d'un centre de recherche (qui deviendra le Centre Roland Mousnier), la succession des colloques et congrès scientifiques, sont les principaux thèmes développés dans les derniers chapitres, et à plusieurs reprises également françois Crouzet ne mâche pas ses mots.

Une approche large des Trente Glorieuses par le prisme de monde universitaire vu de l'intérieur et un regard sur l'enseignement et l'université par un de ses plus llustres représentants. Partir d'une expérience de vie personnelle pour présenter une analyse plus vaste et collective de la société : un livre tout particulièrement intéressant.

'Histoire', Payot, Paris, 2012, 320 pages. 23,50 euros.

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8 novembre 2012 4 08 /11 /novembre /2012 07:00

Les otages dans l'histoire

Revue internationale d'histoire militaire  -  n° 90

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Il revenait à la Commission française d'assurer la maîtrise d'oeuvre et la parution du n° 90 / 2012 de la Revue Internationale d'Histoire Militaire, dont l'original thème central est consacré à la question des otages.

Au fil des 20 articles, présentés chronologiquement, nous passons de la plus haute Antiquité à la crise helvético-libyenne de 2008-2011, du monde russe à la Turquie, du Maghreb en Flandres, d'Allemagne aux côtes somaliennes. Le volume s'ouvre sur un texte introductif du professeur Jean-Nicolas Corvisier ("Un problème récurrent depuis l'Antiquité"), qui signe également la conclusion ("Peut-on envisager la fin des otages ?") et le premier article ("Les otages dans le monde grec antique"). Toutes les subtilités et les évolutions au fil de temps du statut (dans les faits sinon en droit) et de la condition des otages sont abordés, qu'ils soient "prisonniers" (plus ou moins volontaires) ou "gages", qu'ils soient civils ou militaires, notables ou anonymes, saisis à titre préventif ou en représaillles.

Le sujet est bien sûr loin d'être épuisé. L'utilisation des otages pris parmi les fils des dirigeants traditionnels a, par exemple, été systématisée jusqu'à la guerre du Rif dans le cadre de la pacification du Maroc par Lyautey ; aujourd'hui encore l'aspect "marchand" des otages, dans les Etats en décomposition, est au moins aussi important que le symbole politique. Par ailleurs, le poids relatif des otages et la capacité de pression des ravisseurs sur les pays d'origine varient selon les gouvernements, les lieux et les époques. Tous ces thèmes sont abordés à partir d'exemples parfois anciens.

Bref, un volume de 363 pages bienvenu sur un thème important, encore relativement peu traité en dépit de sa permanence et de son actualité.

Commandes auprès de : Commission française d'histoire militaire, Château de Vincennes, 1 avenue de Paris, 94300 Vincennes. 25 euros.

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 06:50

De la rumeur à l'histoire

Alfred Sauvy

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On ne présente plus Alfred Sauvy, économiste et démographe, longtemps professeur au Collège de France et décédé en 1990. Il se propose dans cet ouvrage, paru pour la première fois en 1985 et fort heureusement ajourd'hui réédité, d'observer "le mécanisme des perceptions, des reconstitutions, des transmissions et des déformations, de voir comment la rumeur, en apparence vouée à une vie éphémère, parvient, en dépit des instruments, à s'échapper pour devenir souvent maîtresse incontestée".

Après avoir, dans une première partie, posé les bases de ses démonstrations ultérieures en s'appuyant sur une utilisation rationnelle de données économioques, financières et démographiques précises et référencées, il aborde successivement quelques grandes périodes de notre histoire récente, pour mettre en relief des idées reçues scientifiquement non avérées : la révolution industrielle et la paupérisation du monde ouvrier ; la Grande Guerre et le conformisme des représentations nationales ; l'entre-deux-guerres et la réalité ambigüe de la crise des années 1930 (Roosevelt et le New Deal, Laval et la déflation, le Front populaire et le chomage, etc.) ; la "tragique" Drôle de guerre dans ses aspects politiques et économiques ; les paradoxes de l'Occupation et de la Libération. Ainsi, en dépit des restrictions (ou à cause d'elles), le "bas de laine" des Français n'a jamais été aussi rempli : "31 janvier 1943 : cette date vous dit-elle quelque chose ? Capitulation de Stalingrad, direz-vous. Sans doute, mais aussi record absolu du cours de l'or à la Bourse de Paris". Dans la dernière partie enfin ("Pour une histoire sans rumeur", pp. 283-290), il appelle à des relations plus étroites entre les "statisticiens", qui enregistrent et précisent les données chiffrées, et les "historiens", qui doivent faire l'effort de les utiliser : "Des deux côtés, doit donc être déployé un effort de rapprochement". Et de conclure : "Plus que jamais, nous sommes condamnés à apprendre à savoir".

Les lecteurs "historiens" de formation classique ne seront peut-être pas toujours d'accord avec Alfred Sauvy, ou pourrons légitimement critiquer certains des exemples choisis, car le "brouillard de la guerre" et le facteur humain ne supportent pas facilement d'être mis en équations ou en statistiques, mais cet ouvrage revigorant, plein d'espoir et d'énergie, fera toujours plaisir à lire.

Dunod, Paris, 2012, 298 pages, 18 euros

ISBN : 978-2-10-058418-5

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18 octobre 2012 4 18 /10 /octobre /2012 07:10

Grands reporters de guerre

Entre observation et engagement

Entretien conduit par Emmanuel Laurentin et Gilles Pécout

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Excellente idée des éditions de la Rue d'Ulm d'avoir repris, sous la forme d'une brochure, les textes de cette table-ronde tenue en avril 2012.

La problématique générale est présentée par Gilles Pécout ("Des reporters de guerre entre volontariat et observation") et le débat entre les quatre intervenants (Pierre Barbancey, L'Humanité ; Renaud Girard, Le Figaro ; Jean-Pierre Perrin, Libération et Jon Swain, Sunday Times) est animé par Emmanuel Laurentin. Tout en répondant aux questions de l'animateur, les journalistes invités racontent certaines de leurs expériences et ces aller-retour, entre témoignages individuels et confrontations des idées à partir de dialogues guidés, sont extrêmement riches. Les rapports avec les armées régulières comme avec les insurgés, la place et le rôle du journaliste de guerre, les caractéristiques de chaque type de média, les modalités des séjours "en immersion" dans un territoire en guerre, etc. figurent parmi les différents sujets abordés. Enfin, l'ouvrage se termine sur un témoignage (ou un extrait d'ouvrage) de chacun des quatre intervenants.

Quelques constats (ce ne sont pas tout-à-fait des "révélations", mais plutôt des confirmations bienvenues). A propos des rançons payées pour la libération d'otages : "J'étais à Bagdad il y a quatre ans avec un confrère australien. La différence entre nous, m'a-t-il dit, c'est que moi on ne cherchera pas à me prendre, je ne vaux rien, alors que toi, il y a le montant de ta rançon inscrit sur ta tête" (Renaud Girard). A propos de la collaboration avec des observateurs locaux : "Personnellement, je n'ai jamais eu recours à un 'local' pour qu'il enquête à ma place. Je ne lui ferais pas complètement confiance" (Jean-Pierre Perrin). Sur les événements de Benghazi : "Quand on nous a annoncé 2.000 morts et qu'arrivés dans la ville, faisant le tour des hôpitaux, nous avons rencontré des médecins qui parlaient de 250 morts, nous avons bien compris que nous étions manipulés" (Pierre Barbancey). Et sur le manque de recul de certains reportages : "L'un des problèmes aujourd'hui, c'est la pression des rédactions qui veulent à tout prix que l'on fournisse du reportage-éclair ... Mon bureau m'appelle deux fois par jour sur mon portable pour me demander où je suis, me dire ce qu'on a vu à la télévision, quel reportage je dois faire, etc." (Jon Swain).Dans toute une série de domaines, vous trouverez des réponses directes du même type.

Une petite brochure bien utile, à lire et à conserver.

Collection 'Les rencontres de Normale Sup', éditions de la Rue d'Ulm, Paris, 2012, 91 pages. 9,50 euros.

ISBN : 978-2-7288-0483-2

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11 octobre 2012 4 11 /10 /octobre /2012 07:10

Chronologie de la mondialisation

de 1492 à nos jours

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Voilà un outil de travail qui, tout en étant parfaitement adapté aux étudiants, ouvre bien des perspectives à tous les lecteurs intéressés par ce sujet.

Contrairement à ce que le titre seul peut laisser prévoir, l'ouvrage de Bernard Phan offre à la fois, par grandes périodes et par grandes zones géographiques, une synthèse en quelques pages de l'évolution de la situation politique et géopolitique, puis une chronologie précise de événements survenus sur les territoires concernés et à l'époque considérée. C'est donc (presque) une chronologie mondiale qui est proposée ici. La mise en regard d'événéments de nature a priori totalement différente permet en effet de "connecter" les faits entre eux et de mieux appréhender les interactions entre les questions politiques, militaires, diplomatiques, économiques, financières, etc.

Une petit livre très abordable, indispensable à tout étudiant et très vraisemblablement utile (comme outil de référence et de vérification immédiate) à tous ceux qui travaillent sur ces sujets.

Collection 'Quadrige manuels', P.U.F., Paris, 2012, 276 pages, 16 euros.

ISBN : 978-2-13-056815-5

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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