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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 07:00

La Belgique et la Grande Guerre

Michaël Bourlet

  BOURLET BELGIQUE

Nous rendions compte le 2 janvier de la parution de ce véritable outil, travail de synthèse réalisé par le chef du cours "Histoire" aux Ecoles de Coëtquidan (et animateur du site Sources de la Grande Guerre). Il a bien voulu répondre à quelques questions complémentaires.

Question : Pouvez-vous revenir en quelques phrases sur l'hypothèse, envisagée par l'état-major français avant guerre, d'une 'entrée en premier' sur le territoire belge dans l'hypothèse d'une guerre contre l'Allemagne ?

Réponse : Voilà un sujet passionnant, qui modifie notre perception du haut commandement français. On sait que le dénominateur commun des plans d’offensive de l’armée allemande est la violation de la neutralité belge. Du côté français, c’est une option qui a été aussi envisagée par le haut commandement. La question de l’entrée des troupes française en Belgique se pose à l’Etat-major de l’armée. Le général Michel, chef d’état-major général en 1910, et l’un des plus brillants généraux de sa génération, a envisagé dans sa planification une attaque allemande par la Belgique. Mais son projet n’a pas été retenu et il doit démissionner l’année suivante. Son remplaçant, le général Joffre, intègre aussi dans sa réflexion la possibilité d’un débordement allemand par la frontière nord. Aussi envisage-t-il de prendre l’initiative en Belgique pour contourner les positions fortifiées allemandes de Metz et déborder l’aile droite allemande. Le 21 février 1912, le général Joffre expose ses projets au cours d’une conférence qui se tient au ministère des Affaires étrangères et qui rassemble le président du Conseil, Raymond Poincaré, et les principaux ministres. Joffre démontre les difficultés que représenteraient une offensive vers l’est (obstacles naturels, fortifications allemandes) et expose les avantages d’une offensive en Belgique. Il conclut que « Les chances d’une victoire seraient considérablement accrues pour l’armée française, si celle-ci était libre de porter l’offensive sur le territoire belge (…) Le plan le plus fécond en résultats décisifs, dans l’éventualité d’une guerre avec l’Allemagne, consiste à prendre, dès le début des opérations, une vigoureuse offensive, pour en finir d’un seul coup avec les forces organisées de l’ennemi ». Cependant, le président du Conseil fait observer qu’une invasion de la Belgique par la France risquerait d’indisposer les Wallons et qu’il serait nécessaire de s’assurer qu’un plan de ce genre ne déterminerait pas l’Angleterre à retirer son concours à la France. Le gouvernement rejette donc cette hypothèse et le général Joffre reçoit pour mission d’élaborer un plan d’offensive contre l’armée allemande sans possibilité de pénétrer en Belgique. 

Question : L'armée belge, dont la réputation n'est pas excellente en Europe, résiste cependant vaillamment à l'attaque allemande. Comment expliquez-vous cette détermination et cette opiniâtreté ?

Réponse : Dans les années qui précédent la guerre, l’armée belge a engagé de profondes réformes. Mais la reconstruction est loin d’être achevée et effectivement l’armée belge n’a pas une bonne réputation en 1914. L’attaché militaire française dresse un constat sans appel « Un siècle de neutralité avait confié [cette armée] dans une vie effacée, artificielle, on pourrait dire fictive, c’est-à-dire ignorant les sanctions de la réalité (…) ». Pourtant, à la surprise générale, cette armée résiste vaillamment et avec détermination à l’attaque allemande. Plusieurs raisons expliquent cette détermination. Le sentiment national et l’unité du royaume s’expriment avec force en Belgique avant la guerre. Les mouvements flamand et wallon demeurent marginaux. Le choc que provoque la violation de la neutralité et l’invasion galvanisent le moral des soldats. Ces-derniers sont conduits au combat par le roi, Albert Ier, ce qui accroît la détermination des troupiers et officiers belges à résister et à repousser l’envahisseur. De plus, bien que mal organisée, l’armée belge réussit sa mobilisation, grâce notamment au bon fonctionnement des chemins de fer. Ainsi, dès les premiers combats autour de Liège, elles montrent sa détermination. Elle obtient même quelques succès, certes limités, qui surprennent l’état-major allemand, qui ne s’attendait pas à une telle résistance. L’armée belge montre ainsi au monde sa volonté de se battre pour défendre sa neutralité. Au total, au cours des premiers mois de campagne (août-novembre 1914), l’armée belge a perdu 30 000 soldats (tués, blessés, disparus, prisonniers) soit près de 30 % des pertes militaires belges de la guerre.

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Question : Après l'installation du gouvernement à Sainte-Adresse, comment s'organise le travail des ministres en exil ? Quelle est leur marge de manoeuvre réelle alors qu'ils doivent compter sur l'aide matérielle des Français dans tous les domaines du quotidien ?

Réponse : Il est difficile de répondre brièvement à ces questions. Au milieu du mois d’octobre, le gouvernement belge prend la décision de rejoindre la France, qui est prête à l’accueillir dans une ville de son choix. Les Français s’engagent à respecter l’indépendance et la souveraineté de la Belgique. Le choix se porte sur la Normandie et la région du Havre. La France prend en charge l’installation à Sainte-Adresse, qui devient progressivement la nouvelle capitale de la Belgique. Quant au président du Cabinet et ministre de la Guerre, Borqueville, il rejoint Dunkerque, où il sert de relais au roi. Toutefois, le travail des ministres est bientôt entravé par les tensions internes. En effet, les frictions ne tardent pas à apparaître entre les membres du gouvernement, mais aussi entre les autorités belges de Sainte-Adresse et la Belgique occupée ainsi qu’avec le gouvernement français et les alliés. Les divergences portent notamment sur la place de la Belgique dans le jeu des relations internationales. Sur ce point, les Belges ne disposent que de peu de marge de manœuvre. Tentés par les négociations avec l’Allemagne, les Belges sont finalement contraints de poursuivre la lutte. Le 14 février 1916, la France, la Grande-Bretagne et la Russie assurent à la Belgique de garantir sa neutralité et son indépendance tandis que les Belges s’engagent à ne pas conclure de paix séparée (déclarations de Sainte-Adresse).

Question : Des crimes commis par les Allemands aux premiers jours de guerre aux dernières victimes de 1918, peut-on établir un bilan des pertes dans la population civile et des exactions matérielles que le royaume a connu en un peu plus de quatre ans ? Quel est le tableau des destructions à la fin de la guerre ?

Réponse : Il est aujourd’hui encore difficile d’établir avec précision le bilan des pertes humaines et sur ce point les estimations varient parfois du simple au double. Les soldats ont payé le plus lourd tribut : 44 016 Belges sont morts sur le front occidental à cause des combats mais aussi des maladies. Quant aux pertes civiles, elles sont estimées à 23 000 personnes, mortes en déportation, victimes des bombardements ou de la brutalité de l’armée allemande au cours des premiers mois de guerre. Au total, il est admis aujourd’hui que la guerre a couté la vie à 76 035 Belges sans compter la surmortalité, liée à la malnutrition ou à la grippe, et à la sous-natalité qui a frappé la population. La Belgique a perdu moins de 1 % de sa population totale. Les pertes matérielles, économiques et financières sont gigantesques. Le territoire a été ravagé par les combats et par l’occupation allemande. Le pays est à reconstruire et particulièrement la Flandre occidentale. Près de 4 000 kilomètres de voies ferrées détruites ou endommagées, des infrastructures portuaires qui ont subi d’importantes dégradations (Gand ou Zeebrugge), plusieurs villes sont totalement détruites. Ypres est le symbole des villes belges détruites. L’économie a considérablement souffert de la guerre mais plus encore de l’occupation : 5 % des terres cultivables belges sont impropres à l’agriculture (bombardements, inondations, etc.). L’industrie n’a pas été épargnée et elle a supporté des dommages lourds (effondrement de la production, démantèlement des capacités de production) même si la situation diffère selon les secteurs. Les mines ont été moins touchées que le textile, la sidérurgie, etc. Financièrement, le pays est ruiné et rongé par l’inflation. Ainsi, au lendemain de la victoire, la tâche est rude pour le gouvernement puisque le pays est à reconstruire ce qui explique en partie que la question des réparations va revêtir une importance particulière pour les Belges. Les réparations doivent permettre d’assurer des lendemains meilleurs, mais la déception sera grande pour la Belgique.  

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Question : A la tête du Groupe d'armées interallié dont il assure nominalement le commandement à l'automne 1918, quel est le rôle effectif personnel du roi Albert ?

Réponse : En 1918 Albert Ier est acquis à l’idée d’engager l’armée belge dans une grande offensive finale et libératrice. En septembre, le haut commandement interallié décide de déclencher trois offensives à la fin du mois. L’une de ces offensives doit être lancée par des troupes franco-anglo-belge en Flandre le 28 septembre. Une fois de plus, la question du commandement de ces troupes. D’après la Constitution, seul le roi peut commander l’armée belge. Après une rencontre avec Georges Clemenceau le 7 septembre, Albert Ier accepte d’être placé à la tête du groupe d’armées des Flandres. Le 11 septembre, le roi gagne le quartier général du maréchal Foch à Bombon et déclare qu’il adhère au plan allié et qu’il accepte de prendre la direction supérieure des forces qui opéreront en Belgique. Ainsi, les troupes belges sont subordonnées au commandement unique et Albert Ier doit renoncer à son autonomie. De plus, le roi exerce son commandement de manière théorique. Son chef d’état-major est un français, le général Degoutte, qui a une grande expérience du combat. C’est véritablement lui qui exerce le commandement. Degoutte assure avec son état-major la réalité de la direction des opérations anglo-franco-belge dans les Flandres. Cependant, après l’entrée des souverains à Bruxelles le 22 novembre, Albert Ier demande le retrait des troupes alliées de Belgique et par l’intermédiaire de son chef d’état-major, le général Degoutte, il fait part au maréchal Foch de son souhait de dissoudre son groupe d’armée ce qui est fait le 18 novembre.  

Merci pour la grande précision de ces réponses, qui donnent d'autant plus envie de lire votre livre. Bon courage et à bientôt.

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 06:55

Les chars de la Grande Guerre

Theatrum Belli  -  8 janvier

L'artillerie

Theatrum Belli  -  19 janvier

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L'excellent site Theatrum Belli a mis en ligne depuis le début du mois de janvier deux superbes séries de photos d'époque. L'une sur les chars de la Grande Guerre (1917-1918), expliquées et légendées. Des engins français (Renault et Schneider), britaniques (Mk IV "male" et "female"), allemands (A7V) et même américains, photographiés près du front ou à l'arrière.

A voir à l'adresse : http://www.theatrum-belli.com/archive/2013/01/08/photos-d-epoque-de-tanks-de-la-grande-guerre.html

L'autre sur les matériels d'artillerie (en particulier allemands). A voir à l'adresse : http://www.theatrum-belli.com/archive/2013/01/19/grande-guerre-photos-d-epoque-de-l-artillerie.html

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19 janvier 2013 6 19 /01 /janvier /2013 06:50

Résister, témoigner, s'indigner

Historiens et géographes durant la guerre d'Algérie

Tours  -  21 janvier

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Table-ronde à Tours (université François Rabelais, salle 225, 3 rue des Tanneurs, Tours) le 21 janvier pour une approche originale de la guerre d'Algérie, vue au travers des protestations d'historiens et de géographes.

Pour le programme complet :

http://citeres.univ-tours.fr/spip.php?article1636

Pour tous renseignements complémentaires :

j_bocquet@orange;fr, nora.semmoud@univ-tours.fr ou francois.touati@univ-tours.fr

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 07:05

Special Air Service

L'épopée d'un parachutiste en France occupée

Edgar Tupët-Thomé

 Special Air Service732

Voici le récit des cinq années de guerre d'un authentique compagnon de la Libération.

Pourtant, rien ne semble prédisposer le jeune Edgar Tupët, séminariste déçu et boy-scout, sous-officier sous contrat de courte durée au 8e zouaves au début de la « Drôle de guerre », à devenir un héros : « En dix-huit mois, je n’ai jamais eu l’occasion de voir une grenade réelle et encore moins, bien sûr, d’apprendre à m’en servir ». Fait prisonnier avec ses camarades du Groupe d’armées du Nord sur une plage de Dunkerque,il s’évade dès le 10 juin et parvient à rejoindre ses Ardennes natales, puis l’Aisne, Paris, le Loiret, la région de Cholet, Clermont-Ferrand où il rencontre par hasard Roger Wybot, « qui deviendra un des responsables les plus marquants et les plus efficaces de notre contre-espionnage ». Son destin change : il entre en résistance, devient « engagé volontaire de la France Libre » puis rejoint l’Angleterre en passant par l’Espagne et le Portugal. Son parcours sera désormais celui d’un commando et d’un parachutiste : « Je ne regrette pas d’avoir eu vingt ans en 1940 ».

Pendant deux ans, le temps se partage entre de longues phases de formation, des missions ponctuelles et l'attente (cette attente si commune du soldat et que l'observateur extérieur comprend parfois mal), avant une succession ininterrompue d’actions très dures d’août 1944 à avril 1945. Dans un premier temps, après de longues semaines d’instruction, affecté au BCRA, il est parachuté sur la France occupée pour apporter à son ancien réseau de l’argent et une radio. Arrêté mais finalement par chance non inquiété, il retourne à Londres. C’est ensuite la traversée de l’Atlantique, un transit par les Etats-Unis et le Canada pour atteindre Saint-Pierre et Miquelon avec la mission d'y recruter un « commando franco-américain », mais il n’y a pas de ressource humaine disponible. On pense alors à engager des franco-canadiens, mais il n’y a pas de volontaires. En février 1942, après deux mois d’espoirs déçus et alors qu’il se prépare à rentrer en Angleterre, il est « affecté au bataillon des Antilles » (créé en fait aux Etats-Unis) pour prendre le commandement d’une compagnie. Edgar Tupët quitte cette unité à l’été 1943 pour se retrouver à Camberley, « où un bataillon de parachutiste est, parait-il, en formation », puis c’est le stage de saut à Ringway. A l’issue de sa formation, comme plusieurs de ses camarades, il aspire ardemment à reprendre très vite le combat, mais « De Gaulle s’oppose parait-il à ce que des Français soient intégrés dans des unités britanniques, et les tractations franco-anglaises n’en finissent pas entre incapables des deux bords ». A Noël 1943, c’est le transfert en Ecosse, au sein du 2e « régiment », de Bourgoin, puis du 3e, de Château-Jobert (en fait des bataillons); mais toujours l’attente jusqu’au printemps 1944, qui voit le transfert pour le sud-est de l’Angleterre et toujours (toujours, toujours), la poursuite de l’instruction… jusqu’au 3 août et au parachutage (tant attendu) sur la Bretagne. Avec la résistance locale, il prend d’assaut la Kommandantur de Doualas, harcèle les Allemands, multiplie les prisonniers, poursuit les combats en direction de Landerneau et finit par faire sa jonction avec les Américains presque trois semaines plus tard. Après un très bref retour en Angleterre, c’est à nouveau la parachutage sur les arrières de l’armée allemande, dans l’Est de la France cette fois, les coups de main, le rattachement provisoire à la 45e DIUS, le franchissement de la Moselle à la fin du mois de septembre puis une permission à l’arrière, en territoire libéré : « La vie de l’arrière, en France, est pour nous incompréhensible et désolante : l’égoïsme cynique ou inconscient, l’avachissement général n’ont vraiment rien de commun avec nos aspirations ». Nouveau passage par l’Angleterre, pour intégrer de jeunes recrues, puis largage au début du mois d’avril 1945 sur la Hollande, pour tenir un pont sur le canal d’Assen, un dernier combat, et enfin la liaison avec les avant-gardes canadiennes : quelques jours de détente à Nimègue et « nous devons nous retrouver le 8 mai 1945 au Fort Neuf de Vincennes pour rentrer à Londres où on nous prépare une nouvelle mission. Le 8 mai, l’Allemagne capitule. Evidemment, personne ou presque n’est au rendez-vous de Vincennes ! ».

Ces souvenirs, rédigés bien après les événements mais « oubliés » pendant une trentaine d’années, n’avaient jamais été publiés. Ils confirment des éléments cités ou évoqués dans d’autres ouvrages, tout en apportant une touche profondément humaine. Les amateurs de la période de la Seconde guerre mondiale et ceux qui s’intéressent à l’histoire des troupes aéroportées y trouveront un vrai témoignage, sans fard, dans un style direct parfois proche de l’expression orale. Un livre attachant.

Atlante éditions, Saint-Cloud, 2011, 250 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-912671-35-3.

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 07:00

Opération Geronimo

John Weisman

  GERONIMO

Il est malheureusement devenu fréquent de voir des éditeurs rebondir sur l’actualité et publier, dans l’urgence, des ouvrages sinon bâclés en tout cas superficiels, relatant des évènements d’actualité qui n’ont pas encore rejoint la sphère de l’histoire. Certains, même, relèvent parfois de l’esbroufe ou de l’escroquerie intellectuelle…

L’opération secrète et combinée des Forces spéciales américaines et de la Central Intelligence Agency dans la ville pakistanaise d’Abbotabad, le 2 mai 2011, qui a conduit à la mort d’Oussama Ben Laden (opération Neptune Spear -Trident de Neptune-, appelée également Opération Geronimo) est l’un de ces faits marquants qui a suscité ces derniers temps une forte mobilisation éditoriale, en France et à l'étranger. Du fait de sa portée et de ses conséquences, à la fois stratégiques et tactiques, l’action a focalisé (et continue de concentrer) l’attention de nombreux spécialistes, quant à son déroulement et à ses répercussions géopolitiques comme sur le front de la lutte contre le terrorisme islamique. Aux Etats-Unis, John Weisman, considéré comme l’un des meilleurs auteurs sur les opérations spéciales de la Marine américaine, et sur les SEALs (Sea-Air-Land - les commandos-marine) en particulier, en dehors de fictions sur les guerres secrètes et l’emploi des services actions, a publié récemment un ouvrage sur ladite opération Neptune Spear ; ouvrage que François de Saint-Exupéry, qui dirige les éditions Nimrod, a eu la bonne idée de publier en France, traduit par Franck Mirmont et adapté par Véronique Duthille.

Avec cette publication, c’est à un tout autre niveau que l’on se place quant à l’analyse de cette opération Nepture Spear-Geronimo. Assurément, c’est le meilleur livre que nous avons pu découvrir sur le sujet. On est captivé, séduit par une alchimie bien rodée – que l’on retrouve certes avec plus ou moins de brio dans ce type d’ouvrages –  : un récit enlevé, écrit – et surtout traduit – dans un style fluide, le tout enrichi d’une multitude de données. L’ensemble témoigne d’un travail très approfondi, avec une description précise, exhaustive même, des rouages méthodologiques, conceptuels et culturels qui caractérisent tant le monde du renseignement que celui des opérations spéciales américaines. On y trouve donc de vraies informations, des données en quantité, au gré d’un texte dense qui accroche le lecteur. Entre stratégie et tactique, études psychologiques, portraits de figures politiques et militaires ou d’opérateurs restés dans l’ombre, présentation des contextes géopolitiques…Tout y est. Du général au particulier, entre les prémisses de l’opération, son application fouillée et ses retombées. Les mentalités transparaissent aussi à travers ce large panorama. On perçoit nettement la véritable "haine" que portent les services américains aux islamistes ; une hostilité devenue quasiment culturelle en leur sein, depuis les années 1990. L’auteur, on peut le déplorer, ne prend d’ailleurs pas de distance par rapport à ces regards peu nuancés, optant lui-même pour des qualificatifs pour le moins inopportuns pour définir Ben Laden ou quelqu’autre islamiste notoire… L’ennemi est donc souvent largement déconsidéré au lieu d’être respecté a minima, ce qui renvoie à ce vieil adage d’une certaine culture américaine transposable pour tous les ennemis des Etats-Unis depuis les guerres indiennes : « un bon […] est un […] mort ». Du coup, c’est aussi très éclairant sur l’état d’esprit des milieux autorisés en prise directe avec le djihadisme international.

Quoi qu’il en soit, ce livre sera précieux pour tout lecteur désireux de parfaire ses connaissances, chacun pouvant aborder l’ouvrage à divers niveaux. Pour les plus fins connaisseurs des questions relatées, l’essentiel est connu mais ce sont les détails, les exemples concrets et réels qui suscitent un véritable intérêt. Pour les néophytes, cet écrit sera une mine d’informations captivantes.

C’est devenu suffisamment rare, ces dernières années, pour que l’on puisse le souligner : pour le genre dans lequel il s’inscrit, il s’agit d’un ouvrage d'une réelle qualité, d’autant plus intéressant qu’il vient en complément d’autres publications sur un sujet dont nous ne découvrirons (peut-être) les archives que dans de longues années.

Pascal Le Pautremat

Editions Nimrod, Paris, 2012, 325 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-915243-51-2.

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 06:53

Transitions stratégiques

Revue Défense Nationale  -  n° 756

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Ce premier numéro de l'année de la RDN dresse un tableau très large des difficultés stratégiques pour la période actuelle.

Dans un premier article toutefois, sous le titre « Eloge de la bataille », Jean-Alphonse Bernard revient sur quelques leçons de la bataille de Bir-Hakeim et en tire espoir pour aujourd'hui et demain : « Des hommes jeunes, des hommes libres de toute provenance peuvent s’unir sous le drapeau français pour la liberté ». Les dix-neuf articles qui suivent se divisent globalement en deux sous-ensembles équilibrés : le dossier en titre sur le thème des « Transitions stratégiques » (identification des faiblesses, des fractures, point de situation sur l’Europe, les Etats-Unis, l’Inde, la relation franco-allemande) ; des sujets variés (anticipation de crise, force nucléaire, organisations terroristes islamistes, optronique et renseignement, stratégie navale, etc.) qui permettent d'élargir la réflexion.

Une belle variété d’articles, denses et riches, qui maintiennent sans hésitation la RDN parmi les grandes revues de référence.

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18 janvier 2013 5 18 /01 /janvier /2013 06:45

Guerre et Politique

Colloque international  - 17 au 19 janvier

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Très important colloque (sur trois jours !), organisé sous la direction de Jean Baechler et de Jean-Vincent Holeindre, soutenu par la Fondation Del Duca et l'Académie des sciences porales et politiques. Il se tiendra du jeudi 17 janvier 09h00 au samedi 19 janvier 17h00, dans les locaux de la Fondation Simone et Cino Del Duca, 10 rue Alfred de Vigny, 75008 Paris (métro : Courcelles).

Au programme, plus de 20 communications, de la "Définition politique de la guerre", aux rapports entre "La guerre et le droit", mais aussi "Les guerres sacrées dans la Grèce antique", "La petite guerre", "Les guerre de la Révolution et de l'empire", "La Russie tsariste dans la guerre", "La figure du roi conquérant" dans l'Inde ancienne, "la guerre féodale", etc... Un programme très complet et la présence de grands spécialistes (Beatrice Heuser, Jean-Pierre Bois, Yann Le Bohec, Yves Boyer, etc.) garantissent dès à présent l'intérêt des interventions.

Programme complet : http://guerre-et-societe.com/ext/_G&S-programme-colloque.pdf

Informations complémentaires et inscription auprès d'Armand Rouvier : info@guerre-societe.com

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 07:05

La technologie militaire en question

Le cas américain et ses conséquences en Europe

Joseph Henrotin

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Voici la deuxième édition d'un ouvrage intéressant à plus d'un titre.

A partir d’une question initiale posée en introduction (« Quelle peut bien être l’empreinte de la technologie dans la stratégie militaire contemporaine ? »), Joseph Henrotin, rédacteur en chef du magazine bien connu DSI, s’intéresse à tout ce que peut sous-tendre, induire, rendre plus complexe, voire inopérante, la notion américaine de Transformation, aux Etats-Unis mais aussi dans les autres pays occidentaux.

Les douze chapitres nous conduisent avec force détails des notions de Transformation et de guerre de l’information (chap. 1) à celles de l’automatisation et de technologisation de l’humain (chap. 2), des armes de précision (chap. 3), au « formatage technique de la caractérisation des conflits » et à la chronostratégie (chap. 4). Les chapitres qui suivent s’intéressent aux conséquences de ces notions sur la stratégie classique en général (chap. 5), et la stratégie américaine en particulier (chap. 6), avant de s’intéresser en détail à l’US Army (chap. 7), à l’US Air Force (chap. 8), à l’US Navy et à l’US Marine Corps (chap. 9) entre 1991 et 2007. Il traite dans ces derniers du détail de l’évolution de chacune des grandes composantes de l’armée américaine, dans leurs concepts, leurs doctrines et leurs matériels. Enfin, les deux derniers chapitres abordent la question des conséquences politiques (chap. 11) et pour l’Europe (chap. 12) : ils nous semblent à bien des égards particulièrement intéressants (« Se dévoile alors, au fil des publications, une véritable remise en question du mode de guerre occidental -et du régime militaire européen- mais aussi de l’application de la force dans les conflits contemporains »). L’un des constats que l’on retrouve en fil rouge au long de l’ouvrage est bien connu, mais le risque semble s’accentuer, puisqu’il s’agit d’une tendance à l’alourdissement, à l’ankylose, pour ne pas dire à une certaine sclérose du fait de procédures toujours plus contraignantes. Le constat final, en conclusion, est parfois sévère : « Durant la guerre de l’été 2006 au Liban, une des principales leçons retenues par les Israéliens aura été qu’utiliser leurs systèmes de commandement réseaucentrés, certes, aidait mais déformait aussi la réalité opérationnelle (pour l’échelon supérieur) tandis qu’il coûtait un temps précieux pour les échelons de combat. Pire, les coûts financiers du système n’ont pas permis de renouveler les équipements des soldats ». Et l’auteur identifie une menace inquiétante : le risque « d’une technologisation qui, sous couvert de mener au succès, ne mènera qu’à l’échec ». Il n'est en rien "contre" la technologie, au contraire, mais s'efforce d'en fixer les bornes et le niveau : celle-ci ne doit pas contraindre toute la réflexion.

Un ouvrage important, dont quelques chapitres sont parfois assez techniques (mais après tout, cela tient au sujet lui-même) et qui demande également d’avoir une connaissance minimale (ou un goût pour) des évolutions récentes de l’armée américaine. Fort heureusement, un index des acronymes anglo-saxons facilitera la lecture des moins habitués à ces thématiques et une bibliographie finale donnera des idées à ceux qui veulent aller plus loin. Un ouvrage à lire par tous ceux que la réflexion sur les armées de demain et les débats sur les équipements intéressent (on se réfèrera par exemples aux hypothèses actuellement à l'étude pour le futur Livre blanc). Un ouvrage qui mérite de figurer dans toute bonne bibliothèque de stratégie militaire.

Editions Economica, Paris, 2013, 326 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-7178-6528-8.

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Joseph Henrotin a bien voulu apporter quelques explications complémentaires :

Question : Le poids du "tout technologique", tel que vous le décrivez dans ses formes et ses conséquences depuis la fin du XXe siècle, continue-t-il selon vous à croître ?

Réponse : En fait, il faut préalablement voir de quel « poids » on parle. D’un point de vue matériel, la technicisation des armées progresse certainement en Asie, aux Etats-Unis mais aussi en Europe où il pose la question du « paradoxe capacitaire » : des armées compensant la réduction de leur volume par la technologie, qui impose à son tour des compressions de nouvelles réductions. D’un point de vue conceptuel, c’est également le cas, mais de manière plus différenciée selon les zones considérées. C’est là toute la question au cœur de l’ouvrage : la technicisation des armées n’est pas en soi un problème : face à un problème, le high-tech n’est pas la seule réponse technologique que l’on peut apporter. Les problèmes commencent si l’on bascule dans une technologisation conceptuelle où la technologique devient une idéologie selon laquelle la « supériorité technique » serait source de supériorité stratégique. Cela induit une série de conséquences : surfocalisation sur la tactique (soit là où la technologie produit le plus ses effets), oubli des leçons passées, déconsidération pour les facteurs humains ou organisationnels. 

Question : Vous en détaillez les conséquences dans les diverses composantes des armées américaines. Laquelle (de l’Army, la Navy, l’Air Force ou les Marines) vous parait la plus « touchée », et pourquoi ?

Réponse : Je verrais plutôt les choses sous l’angle du tandem Air Force/Navy, où la technologie est consubstantielle à leurs missions. La marine américaine est historiquement la plus prompte à techniciser rapidement : le vrai leader américain en matière de drones de combat de deuxième génération, ce n’est pas l’Air Force mais la Navy, qui s’est distinguée par d’autres premières (radars, armes à énergie dirigée, emploi tactique de missiles de croisière, etc.). Sa vision technologique est très pointue, au risque de ne lui faire considérer ses adversaires que sous l’angle capacitaire. L’Air Force, comparativement, tend à tirer les leçons mais aussi à surexploiter ce qu’elle estime être les succès de la Navy. Vous noterez que ces deux cas sont aussi ceux où la réflexion tactique, opérative et stratégique est la moins poussée des services américains, un paradoxe que notait déjà Bruno Colson. 

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Question : La question des effets sur les armées et doctrines européennes n’est évoquée qu’en fin d’ouvrage. Pouvez-vous les préciser pour les principaux pays de l’Union Européenne ?

Réponse : En fait, l’ouvrage était d’abord consacré aux Etats-Unis dès lors qu’ils constituent une puissance « normative » à l’échelle mondiale : ce sont eux dont les idées sont copiées ou « suggérées » à leurs alliés. Partant de ce fait mais aussi d’une exception culturelle américaine, j’avais articulé ma thèse de doctorat sur eux, l’ouvrage étant une évolution de la partie de la thèse consacré à la démonstration. Pour la deuxième édition, nous avions jugé, le professeur Pavlevski et moi, que des développements sur l’Europe seraient nécessaires, non pas pays par pays mais en s’appuyant sur les éléments de culture stratégique qui leur sont commun et en cherchant les traces du phénomène de technologisation. Je me suis également focalisé sur le cas français, très spécifique parce qu’il est porteur d’une réelle théorisation du rôle de la technique dans la guerre : les généraux Becam, Beaufre, Bru et Poirier ont fait des choses remarquables mais malheureusement, plus personne ne les lit. Concrètement les forces nationales européennes font face à un véritable risque de technologisation, à considérer selon leurs cas spécifiques : alignement conceptuel sur les Etats-Unis ; difficulté, au plan académique, des security studies à prendre en compte les questions militaires (et, partant, conceptions biaisées de la puissance) ; prégnance d’une vision technique de la guerre ; surestimation des effets de la supériorité technologique. D’une manière plus générale, il y a là un immense champ de recherche.

Question : Le rapport (au moins intellectuel) avec les hypothèses à l’étude dans le cadre du futur Livre blanc français semble rapide à établir. Qu’en pensez-vous ?

Réponse : L'ouvrage n'a pas été écrit en fonction des Livres blancs, qu'il s'agisse de 2008 (première édition) ou de 2013. Reste le fait que ces Livres blancs ne sont plus uniquement des documents de stratégie intégrale. Ils sont également devenus des documents de politique étrangère, un début d'énoncé de stratégie militaire nationale, d'établissement de structure de force, voire de stratégie des moyens, sans encore compter les aspects liés à la sécurité intérieure voire à la stratégie industrielle (place des industries de défense). Les rédacteurs sont donc forcés d'aborder des questions historiquement et conceptuellement plus instables que celles liées à "ce que nous sommes, ce que sont nos valeurs et comment nous les défendrons" et notamment la question de la place de la technologie. Si ce livre peut aider à la réflexion des rédacteurs, tant mieux. Mais je pense que les contraintes auxquelles ils font face (à commencer par la diversité des champs à traiter en si peu de temps) ne laisse malheureusement guère de place à l'innovation conceptuelle et à un retour à nos fondamentaux en termes de culture technologique. 

Question : Vous parliez de spécificité française, laquelle est-elle ?

Réponse : C'est le général Poirier qui l'a, le mieux, résumée : il s'agit de penser « naturellement en termes de système homme-machine, l’arme n’étant qu’une prothèse du combattant qui lui (donne)sens ». Comparativement, les Américains pensent l'homme comme une composante d'un système d'armes. Le rapport est donc inversé et si l'homme est dysfonctionnel, il devra être éliminé. La vision française classique place le primat sur les facteurs humains : l'arme n'est qu'une extension du soldat, lui-même extension du politique. Une fois dans cette posture intellectuelle, vous ouvrez le champ des possibles, que ce soit en sociologie de la technique (Ellul, Latour, Callon, voir Virilio ou) comme au plan tactique/opératif/stratégique (Desportes, Goya, Coutau-Bégarie, Géré). Il faut donc d'abord être un bon stratégiste avant d'être un bon "technologue".

Merci pour toutes ces précisions et à très bientôt.


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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 07:03

Les chevaliers teutoniques

Sylvain Gouguenheim

teutoniques.jpg 

L'épopée de l'ordre presque mythique des chevaliers teutoniques suscite souvent légendes et fantasmes. Dans ce solide ouvrage de plus de 750 pages, Sylvain Gouguenheim nous en dresse, à partir des sources les plus diverses, toute l'histoire, depuis la "Maison de l'hôpital des Allemands de Sainte-Marie de Jérusalem", née en août 1189, jusqu'à sa disparition comme Etat face à la Prusse. Mais attention, "l'ordre ne peut s'identifier à sa branche prussienne, même si elle occupe à juste raison le devant de la scène".

La première partie de l'ouvrage est consacrée à l'ordre religieux militaire, subordonné à la Papauté et engagé dans les Croisades. La seconde traite de la conquête de la Prusse et à la progression vers l'Est, opération d'évangélisation des tribus païennes des marches nord-est de l'Europe. La troisième s'intéresse aux caractéristiques d'Etat souverain que l'ordre met en place sur ses nouvelles terres, pour la maîtrise (difficile) du territoire et le contrôle des populations. On remarque d'ailleurs que ses effectifs propres furent longtemps limités et que la conquête en Europe nord-orientale à proprement parler ne commence qu'avec quelques dizaines de frères-chevaliers. La quatrième partie (passionnante) revient sur l'Etat teutonique compris comme un acteur du dialogue entre puissances européennes, en particulier entre le Pape et l'empereur romain germanique. Le dernier chapitre enfin nous entraine à travers le temps, à partir du XVIe s., dans les survivances de l'ordre, en Livonie, dans les baillages allemands, mais aussi (et on l'ignore souvent) à travers les quelques commanderies établies en terre française. L'auteur n'oublie pas son action ultérieure au bénéfice des Habsbourg (souverains catholiques), après le passage à la Réforme du grand-maitre Albert de Brandebourg en 1525. Sait-on qu'il fonda son propre régiment (le Hoch und Deutschmeister Regiment), pour lutter en Hongrie contre les Turcs et qu'après 1918 les traditions de cette unité ont été reprises par l'armée régulière de la Première république autrichienne ?

Sylvain Gouguenheim, tout en reprenant point par point, élément par élément, date par date, l'histoire de l'ordre, n'oublie pas les débats historiographiques qui opposèrent longtemps (et parfois opposent toujours) historiens allemands et polonais, les Teutoniques ayant été (étant ?) considérés dans ce pays comme ceux qui volèrent une terre polonaise pour la faire allemande. Bref, un histoire complète, qui nous entraine de Palestine en Livonie, des marches de Prusse à la région de Nevers : un passionnant livre d'histoire politique, diplomatique, militaire, économique et religieuse. Un ouvrage excellent.

Coll. 'Texto', Tallandier, 2012, 768 pages, 12 euros.

ISBN : 979-10-210-0053-7.

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 07:01

Aide à la Mobilité Internationale

Institut français d'histoire en Allemagne

IFHA.jpg

L'IFHA, cette année encore, ouvre deux bourses d'une montant mensuel de 1.400 euros pour des doctorants en histoire souhaitant poursuivre leurs recherches en Allemagne (1 an, renouvelable une fois, prise d'effet au 1er septembre prochain). La date limite de dépôt des dossiers de candidature (par voie postale uniquement et en deux exemplaires) est fixée au 15 février 2013.

Formulaires des dossiers de candidature disponibles sur : http://www.ifha.fr/spip.php?article108#AMI

Renseignements complémentaires par courriel : ifha@institutfrancais.de

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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