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18 mars 2013 1 18 /03 /mars /2013 06:50

Les Tsars maudits

1613-2013

Le Figaro Histoire  -  n° 6

 FIGARO-HISTOIRE-6.png

Sur les quelques 130 pages de ce numéro, une soixantaine sont consacrées à l’ancienne famille impériale russe, avec une succession d’articles très divers. On y insiste (beaucoup) sur les quelques cas dramatiques dans l’histoire des Romanov, et les règnes les plus brillants sont en proportion moins bien traités. Au total, dans un tout autre domaine, l’histoire antique tient une place importante dans ce numéro avec trois articles passionnants : « Enée à la porte des songes », entretien avec Paul Veyne ; « Qui a tué Ramsès III » (Marie Zawisza), véritable enquête scientifique ; et le portofolio « Un siècle d’or en clair-obscur » (Michel de Jaeghere), dont les superbes illustrations représentent quelques uns des plus beaux exemples de la statuaire romaine de « l’âge d’or » de l’empire.

Comme toujours, pour chaque article, un certain nombre de livres complémentaires permettant d'aller plus loin sur le sujet sont signalés.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 07:05

Prochain café historique de La Chouette :

Venez nombreux !

 Chouette Empire ottoman 20mars

N'hésitez pas à relayer largement l'information

sur les réseaux sociaux

Mercredi prochain 20 mars à partir de 19h00 au bar Le Concorde

(en haut du boulevard Saint-Germain, métro Assemblée nationale)

La réunion commence à 19h00 précise pour se terminer à 21h00. Chaque participant commande et règle sa propre consommation en arrivant et rejoint la salle mise à notre disposition au 1er étage, pour deux heures de discussions et d'échanges dans une ambiance agréable avec les meilleurs spécialistes de leurs domaines respectifs.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 07:00

Les immenses ressources de Gallica :

Le Poilu tel qu'on le parle

Gaston Esnault

 POILUS-1.jpg

Nous évoquions il y a une semaine tout l'intérêt pour les amateurs, les curieux, les chercheurs, d'aller "fureter" dans les méandres des immenses ressources de la bibliothèque numérique Gallica (ici). En voici une nouvelle preuve avec ce savoureux Le Poilu tel qu'on le parle, "dictionnaire des termes populaires récents et neufs employés aux armées en 1914-1918, étudiés dans leur étymologie, leur développement et leur usage". A consommer sans modération !

Signalé sur la page facebook d'Inflexions, publié en 1919 par un agrégé de grammaire, c'est une véritable "pépite" qui vous fera pénétrer dans l'intimité des soldats du front.

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17 mars 2013 7 17 /03 /mars /2013 06:55

Livre blanc et budget de la Défense

Ce n'est plus une menace d'averse, c'est un avis de tempête

 tornade.jpg

Dimanche dernier, nous relevions que les nuages noirs s'accumulaient sur l'avenir de la Défense (ici). Durant la semaine, la météo s'est encore dégradée, si l'on en croit les nombreux billets et articles mis en ligne sur la toile. Parmi ceux-ci, relevons en particulier ceux de Jean Guisnel sur son site Défense ouverte (Les sénateurs montent au créneau pour défendre le budget militaire et Le budget de la Défense en déclin depuis 60 ans), celui d'Olivier Kempf sur EGEA (Apocalypse tomorrow ?) et ceux de Laurent Lagneau sur Zone militaire - OPEX 360 (Le scénario hallucinant de Bercy pour la prochaine loi de programmation militaire, et -moins inquiet- Budget de la Défense : le scénario 'apocalyptique' ne devrait pas avoir lieu). Dossier important et à suivre.

Signalons également, pour donner au débat un peu de profondeur dans le temps long, l'article "La France et sa défense depuis la fin de la guerre froide, élément de réflexion sur la réforme comme chantier permanent", de Tristan Lecoq, paru dans le n° 33-34 de Outre-Terre, "France la nation alignée". Disponible sur Cairn.info (ici).

Rappelons ce que sait tout historien : l'outil militaire est la première et l'ultime forme (par sa simple existence d'abord, et éventuellement par son emploi ensuite) de manifestation de la souveraineté et de la volonté d'un Etat... 

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 07:04

L'opération Serval au Mali

L'intervention française décryptée

Thomas Flichy (Dir.)

 Serval1--2-.jpeg

A peine plus d'un mois ! Alors que l'opération Serval a été déclenchée le 11 janvier dernier, ce petit volume se propose déjà, non pas d'en détailler les développements militaires bien sûr, mais d'en analyser le cadre et le contexte.

Sous la direction de Thomas Flichy, une douzaine de contributeurs (autour d'un fort noyau Sciences Po. et Ecoles de Coëtquidan) aborde point par point, dossier par dossier, thématique par thématique, les causes et composantes essentielles de cette guerre du Sahel. Après avoir présenté le Mali et les Touaregs, les auteurs s'intéressent aux "Potentialités maliennes et [au] jeu des puissances", des mines d'or à l'uranium, de la réserve américaine à la condamnation russe et à la prudence chinoise. Ils tentent ensuite de décrypter "Comment la France en est-elle venue à intevenir ?", en partant de la troisième rébellion touarègue, en s'interrogeant sur l'encadrement juridique, en croisant l'alliance de circonstance entre "menace djihadiste" et "question de l'Azawad" et en réflechissant aux caractéristiques géographiques du théâtre d'opérations. La quatrième partie enfin, "Vers un nouveau partenariat stratégique", appelle à "Des actions civilo-militaires au service de la paix malienne" et prône "Un renouveau de la coopération franco-africaine". A notre sens, bien qu'elle soit "pétrie de bons sentiments", cette partie est la moins convaincante. Mais on peut toujours espérer... 

Outre l'exploit presque "journalistique" de rédiger une première étude en si peu de temps alors que les opérations sont toujours en cours, on appréciera que la mission proprement militaire soit replacée dans un contexte politique, diplomatique, social, culturel et économique plus large. Certaines références ont la fragilité des communiqués trop rapides des agences de presse, mais ce premier livre sur l'opération Serval donne indiscutablement des clefs de compréhension qui seront utiles à tous ceux qui s'intéressent à l'armée française aussi bien qu'à l'Afrique aujourd'hui. Nous attendons désormais avec impatience le volume "complémentaire" qui détaillera les conditions militaires de l'engagement et le déroulement de la campagne !

Editions Lavauzelle, Panazol, 2013, 123 pages. 14,80 euros.

ISBN : 978-2-7025-1567-9.

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 06:59

A quelques jours de notre prochain café historique de La Chouette

Chouette Empire ottoman 20mars

et pour compléter notre récente présentation du livre d'Hamit Bozarsian Histoire de la Turquie, de l'empire à nos jours, nous avons demandé à l'auteur, qui ne pourra malheureusement pas être des nôtres, de bien vouloir préciser pour vous certains points. 

Histoire Turquie825

Question : Il a beaucoup été écrit sur la chute de Constantinople vue d'Occident. Pouvez-vous nous dire si l'on sait comment cette victoire ottomane a été ressentie et présentée dans le monde musulman de l'époque ?

Réponse : La réponse à cette question peut être double. En premier lieu, il est évident que cet événement constitue un choc parce que Byzance est la continuité de Rome, dans ce qu’il a d’impérial mais aussi dans ce qu’il représente pour le christianisme. Il ne faut, en effet, pas oublier que l’Europe du 15e siècle est très fragmentée et ne dispose pas d’une structure impériale susceptible d’ériger le christianisme en une puissance digne de l’héritage romain. De l’autre côté, Constantinople est le siège d’empire et le maitre de Constantinople est considéré comme l’empereur universel par excellence. D’où la tentation de certains dignitaires européens de dissocier christianisme et empire et de reconnaître Mehmed le Conquérant comme successeur légitime de Byzance, comme l’homme qui perpétue le rêve de Daniel. Une médaille à son effigie, frappée après sa mort, présente Mehmed comme Bizantii Imperatoris et Ottomanum Turcarum Imperator, titres qui sont repris pour celles commémorant Selim I et Süleyman le Magnifique. Plus tard, le diplomate vénitien Marcantonio Barbaro (1518-1595) écrit : « Puisque par la permission de Dieu, l’empereur ottoman, au cours de victoires continues, s’est emparé de tant de provinces et a assujetti tant de royaumes, et de ce fait s’est rendu formidable au monde entier, il n’est pas hors de raison de se demander s’il ne peut pas finalement aller jusqu’à une monarchie universelle ».

Question : La réunion en la personne du souverain du sultanat et du califat constitue un tournant important et la question épineuse du califat embarrasse les chancelleries occidentales dans les années qui suivent la Première Guerre mondiale. La disparition de cette responsabilité religieuse a-t-elle eu des conséquences particulières dans un pays profondément croyant ?

Réponse : les débats autour du khalifat et les craintes que vous évoquez, montrent le décalage entre la réalité d’une institution et l’imaginaire de puissance qu’elle peut engendrer ailleurs. Les quatre derniers khalifes ottomans laissent un bilan pour le moins médiocre : Abdülhamid II, qui doit composer avec la France et l’Angleterre, sait qu’il ne peut brandir la carte khalifale qu’à condition de ne pas l’utiliser concrètement. Le « Sultan rouge », dont le règne est marqué par des massacres d’Arméniens à une très grande échelle, est détrôné en 1909 sans aucune marque de respect que son rang aurait pu exiger. Le deuxième, Sultan Resad, lance un jihad contre la Russie, la France et la Grande-Bretagne, mais en se ralliant avec l’Allemagne, qui est tout de même un pays chrétien. Son armée est largement commandée par des officiers allemands. Il ne dispose en réalité d’aucun pouvoir réel, et n’a aucune marge de manœuvre pour empêcher un événement aussi tragique que le génocide arménien. Le troisième, Vahdettin, est considéré comme un valet de l’Angleterre, puissance victorieuse qui occupe Istanbul. Le dernier, Abdülmecid, qui n’a plus le titre de sultan, ne dispose d’aucune force. Le califat était déjà mort lors de sa suppression. Parmi ses derniers défenseurs figuraient un athée notoire et un alévi (adepte d’une confession considérée comme hérétique par les sunnites). Contrairement aux autres institutions religieuses, comme les confréries qui gardent une extraordinaire vitalité malgré leur interdiction officielle en 1925,  le khalifat n’avait plus aucun souffle pour se défendre.

armee-ottomane.jpg

Question : On connait en France le nom des Janissaires ou celui des Mamelouks, mais quelles ont été les grandes phases d'évolution de l'armée ottomane et quel rôle a-t-elle joué comme "pilier" éventuel du pouvoir ?

Réponse : Classiquement, l’armée ottomane était composée de deux corps, les détenteurs de fiefs et les Janissaires ; mais le premier (105.000 au début du 16e siècle, seulement 20.000 à la fin du 17e) était très mal organisé et le deuxième (20.000 hommes en 1528, 39.000 au 18e siècle), s’était graduellement mué en une instance de censure armée, signant émeutes et renversement des sultans. Les insurrections de 1730 (qui détrône Ahmed III, auquel la vie est épargnée) et de 1808 (renversement de Selim III, victime de régicide) font partie des phases importantes de l’histoire de l’Empire. La nouvelle armée, formée et entraînée par les officiers européens, notamment après la suppression de ce corps en 1826, est dans un premier temps fidèle au pouvoir, mais les jeunes officiers passeront massivement à la contestation au début du 20e siècle. Ce sont eux qui vont déclencher la Révolution dite « Jeune turque », dans les faits un pronunciamiento, en 1908. C’est le début d’un processus qui va déboucher sur une dictature unique en 1913, qui est de nature partiellement militaire. Mustafa Kemal lui-même est issue de cette tradition.   

Question : Des Arméniens aux Kurdes et aux Assyro-Chaldéens, la question des minorités semble récurrente. S'est-elle aggravée ou a-t-elle été abordée différemment entre la période impériale puis la période républicaine ?

Réponse : Oui, il y a une différence selon les périodes. Dans l’Empire ottoman les Kurdes ne sont pas considérés comme une minorité, concept qui est d’ailleurs absent du vocabulaire impérial, et les non-musulmans, subordonnés, constituent des communautés extraterritoriales soumises à l’autorité de leurs dignitaires religieux. Les idées de l’homogénéisation du territoire par l’islamisation, puis par la « turcification » voient le jour sous Abdulhamid II (1876-1909), en partie sous l’impact des guerres russo-ottomanes et des insurrections des peuples chrétiens des Balkans. Au tournant du siècle, ce nationalisme se fait graduellement social-darwiniste, pour déboucher sur un vaste chantier de nettoyage ethnique, comprenant, notamment, le génocide arménien. En 1914, les chrétiens représentent 20% de la population de la Turquie actuelle ; ils ne sont plus qu’1% en 1924. S’il y a un antisémitisme émergeant sous l’Empire ottoman finissant, les juifs ne sont désignés comme une « menace » pour la « turcité » que sous la République. Enfin, même si l’Etat se méfie des Kurdes et ordonne la déportation d’une partie d’entre eux en 1917-1918, la question kurde est le produit d’une part de la division du Kurdistan à la suite de la Première Guerre mondiale, d’autre part de la politique ultranationaliste et très répressive de la République kémaliste.  

Merci très vivement pour la précision de ces réponses et plein succès pour votre livre.

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16 mars 2013 6 16 /03 /mars /2013 06:55

Serval : l'excellence militaire française

DSI  -  n° 90

DSI-90.jpg

Outre les nombreuses rubriques et brèves, les deux thèmes à la Une de ce numéro de mars 2013 permettent à la fois la diffusion de données précises et d’utiles articles de réflexion générale. Pour « Serval. Succès foudroyant », on relève le bilan précis des moyens aériens engagés dans l’opération, celui des forces attendues de la MISMA et une réflexion sur « L’autonomie stratégique française ». Mais entrent également dans ce thème l’article d’André Dumoulin sur « Mali et Union européenne. Les poupées gigognes de la sécurité », ainsi (sous bien des aspects) que celui de Benoist Bihan sur « Le charme dangereux des petites armées ». Le même auteur signe un peu plus loin « Pour une stratégie nationale française ». On note également que la parole est donnée à plusieurs officiers stagiaires de l’Ecole de guerre (Eric Koessler, "L’avenir des forces spéciales, reflet de nos ambitions" ; et Jean Pourcelet, "Le triomphe de l’approche indirecte"). N’oublions surtout pas ce bon vieux C. von C., qui évoque à propos du futur Livre blanc « le syndrome de la lasagne »…

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 07:00

Julian Corbett

Renouveler la stratégie maritime

Joseph Henrotin

  Corbett861

 

Quand un auteur a la capacité à expliquer clairement pour les non-spécialistes, et sans les déformer, des notions théoriques complexes, cela mérite d'être souligné. A partir de sa large connaissance de des questions militaires et stratégiques (il a publié chez Economica en 2011 Les fondements de la stratégie navale au XXIe s.), Joseph Henrotin nous propose dans ce petit volume de (re)découvrir l'originalité de la pensée de Julian S. Corbett, historien de la Marine britannique et théoricien de la guerre navale, proche de l'amiral Fischer à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Joseph Henrotin nous présente d'abord la "Vie et oeuvre de Julian S. Corbett". Il revient sur ses responsabilités successives, ses publications, ses rapports officiels et sa méthode de travail. Puis il centre bien sûr son propos sur les "Théories" du stratégiste anglais, qualifié de "pragmatique" : "La pensée de Corbett est de nature globale. Elle ne rejette aucun phénomène, aucun facteur ni aucun niveau a priori. Il s'agit de penser le rôle de la marine dans la guerre". Presque en "fils spirituel" très britannique de Clausewitz, Corbett considère "la stratégie maritime comme extension à la mer de la politique" et "la puissance navale comme un instrument de la politique des Etats", mais il ne fait pas pour autant de la Navy un saint Graal. La marine n'a en particulier d'importance dans les opérations que dans la mesure où elle contribue avec les forces terrestres à la réalité de l'action militaire : le contrôle des lignes de communication et l'appui aux opérations combinées. Corbett insiste également longuement dans différents écrits sur l'importance d'un état-major rodé, rompu, entrainé, et surtout intégré, ce qui constitue au début du XXe siècle une vraie nouveauté dans le milieu très traidtionnaliste de la marine britannique. Il appuie en particulier son raisonnement sur les opérations à l'époque les plus récentes (deuxième moitié du XIXe s.) jusqu'à la guerre russo-japonaise, et prend toujours en compte les évolutions induites par le progrès technologique, extrêmement rapide en son temps. Joseph Henrotin tente ensuite de déterminer l'influence que ce penseur a pu exercer à l'époque (en particulier au sujet des principaux engagements navals de la Première Guerre mondiale ou de la campagne de Gallipoli), puis ultérieurement, sur la Royal Navy comme sur certaines marines étrangère ("La postérité critique" et "Les limites de Corbett").

Bien écrit, entrecoupé d'encarts qui précisent une notion ou un exemple, bénéficiant malgré son petit format d'une bibliographie et d'un index, ce volume doit être connu par tous ceux qui s'intéressent à la guerre navale et aux questions de stratégie qui y sont liées.

Argos, Paris, 2013, 146 pages. 12,90 euros.

ISBN : 978-2-36614-007-1.

ROYAL-NAVY-1.jpg

Joseph Henrotin a bien voulu nous apporter quelques précisions complémentaires :

Question : Avocat, écrivain, journaliste, historien, la première partie de la vie de Julian S. Corbett est marquée par de multiples activités. Comment est-il devenu stratégiste et spécialiste de la guerre navale ?

Réponse : Peu à peu et au fil non seulement de sa fascination pour l'Angleterre élisabéthaine et de la réflexion qu'elle entraîne chez lui -il cherche à comprendre le "comment"- mais aussi de rencontres qui vont l'amener à évoluer. Des rencontres certes littéraires, mais aussi concrètes, avec J. K. Laughton notamment -qui milite pour une approche scientifique et "globale" de l'histoire- mais aussi, d'une manière sans doute décisive, avec sa future femme. Hésitant encore entre une carrière artistique (où la mer joue d'ailleurs un rôle important) ou de recherche, elle le pousse à embrasser la recherche. A ce stade, rapidement, l'histoire ne lui suffit plus : il s'agira alors de chercher à cerner les principes de la puissance, d'abord de l'Etat, ensuite maritime et enfin navale. Ceci dit, Corbett n'abandonnera jamais l'histoire, elle est pour lui la matière première de ses réflexions.

Question : On a le sentiment que Corbett tient le plus grand compte des évolutions techniques, d'autant que les grandes marines de cette époque connaissent une véritable révolution matérielle. A quelle place et avec quelles conséquences intègre-t-il ce facteur "pratique" dans son argumentation "théorique" ?

Réponse : Corbett ne s'intéresse pas réellement à la technique comme objet, mais comme "fournisseur de mutations tactiques", de sorte que si sa réflexion prend en compte ces évolutions (comme la torpille ou le sous-marin), c'est de manière consubstantielle à la guerre navale. Or, il s'attache à des principes qui sont supérieurs à la tactique. Si ces principes sont "aménagés" par les évolutions techniques, ils n'en sont pas pour autant rendus caducs. Un bon exemple en la matière est sa réflexion autour de la défense contre les attaques amphibies. Il constate que les forces attaquantes bénéficient d'évolution en termes de propulsion et de construction navale qui augmentent leur vitesse, mais les principes du déploiement des forces en défense n’en sont guère, en retour, qu'aménagés. Si les défenseurs doivent s'adapter, leurs fondamentaux restent valables. Surtout, Corbett est tout sauf un doctrinaire : sans doute sa formation d'avocat l'incite-t-elle à prendre en compte l'ensemble des facteurs et, s'il n'a pas publié des "lois de stratégie maritime" mais bien "quelques principes", c'est justement pour prendre en compte la nécessaire adaptation face au contexte.

Question : Plus particulièrement, comment aborde-t-il la question du sous-marin et de la guerre sous-marine, avant 1914, pendant la guerre et après ?

Réponse : C'est une question importante, parce qu'elle montre l'esprit "en mouvement perpétuel" qui doit être celui de tout stratégiste. Au début du siècle, Corbett croit peu dans les capacités du sous-marin, qu'il estime surtout utile en défense côtière, et on peut le comprendre en voyant ce qu'était un sous-marin de l'époque : petit, peu armé, très instable en surface même par mer calme, avec peu d'autonomie en plongée. L'amiral Fisher, First Sea Lord, ami et récipiendaire des conseils de Corbett sera plus optimiste, prônant de gros sous-marins en plus de bâtiments côtiers. Au fur et à mesure des évolutions des classes, Corbett se montrera moins sceptique et l'action du 22 septembre 1914 (trois croiseurs britanniques coulés et 1400 hommes perdus du fait du sous-marin U-9 devant Ostende) achève de le convaincre. Pour Corbett, en particulier à la fin de la guerre et jusqu'à sa mort, le sous-marin est l'une des raisons qui lui fait penser que sa conception de la "flotte en vie" est fondamentalement valable et qu'incidemment, la bataille décisive prônée par Mahan, si elle est doit être considérée comme un outil parmi d'autres, est aussi à manier avec précaution : elle peut "faire perdre la guerre en une après-midi"…   

 

ROYAL-NAVY-2.jpg

 

Question : Corbett est en fait assez critiqué sur la conduite des opérations navales pendant la Grande Guerre. A quels obstacles s'est-il heurté et comment expliquer une si faible influence pratique ?

Réponse : Corbett est dans une posture délicate. D'une part, ses analyses sont plus prudentes que celles de Mahan, dont les conceptions irriguent alors la pensée de la Royal Navy et de ses officiers. D'autre part, Corbett n'est pas militaire et même pas marin, il se heurte donc au corporatisme d'une force assez fermée sur l'extérieur, bien qu'il y ait aussi de solides amitiés. Au demeurant, c'était le cas un peu partout à l'époque, et Corbett est sans doute un des premiers exemples de stratégiste civil travaillant avec les militaires. Reste qu'ami et conseiller de Fisher, Corbett a aussi une position d'influence par ses idées, au risque qu'elles soient mal comprises. Certains n'ont pas hésité à lui mettre l'échec de la bataille du Jutland sur le dos, ses conceptions (qui ont partiellement été coulées dans les instructions données à la flotte) étant critiquées pour manquer d'agressivité. Si on peut rétrospectivement donner raison à Corbett (après le Jutland, la marine allemande sera dans une posture de "flotte en vie" en mer du Nord), à l'époque les critiques ont été vives et s'il sera chargé de la rédaction de l'histoire navale officielle de la guerre, elles le suivront jusque son lit de mort.     

Question : Il est souvent question de Corbett comme faisant face aux partisans de Mahan dans la Royal Navy. Mais en quoi est-il plus intéressant que Mahan ?

Réponse : Les deux sont souvent comparés mais en réalité, leur vues ne situent pas au même niveau. Mahan est un "propagandiste" : il donne aux marines une fonction et une légitimité en les enracinant dans l'histoire et en démontrant leur importance, ce en quoi il est pertinent. Mais s'il développe des conceptions théoriques, elles resteront toutefois en chantier. Mahan se focalise sur la bataille décisive et considère que les forces terrestres sont d'une utilité mineure -le même type de raisonnement que tiendra Douhet en stratégie aérienne. Corbett est différent, sa réflexion est plus mûre -c'est dans la combinaison des stratégies particulières que réside la puissance- et relève également d'une exploration permettant de chercher des leçons et des principes applicables en tous temps. La "moisson" de ce point de vue, est très supérieure, qualitativement et quantitativement, à celle de Mahan. D'une part, parce que les aspects maritimes ne sont qu'un des aspects de sa vision : Corbett est aussi un théoricien de la guerre limitée et, avant Liddell Hart (et d'une manière plus subtile à mon sens), de l'approche indirecte dans la conduite des conflits. D'autre part, parce que dans le domaine naval, les concepts inhérents à la maîtrise de la mer (et sa relativité), aux « flottes en vie », à la maîtrise en dispute (jusque dans ses relations à la piraterie), à la structure même des forces navales ou aux opérations amphibies restent éminemment actuels. De fait, et paradoxalement, vous trouverez chez les stagiaires et les chercheurs de la Naval Postgraduate School américaine bien plus de travaux citant Corbett que Mahan…

Merci vivement pour ces développements et plein succès pour ce nouvel ouvrage. 

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 06:55

Kolonial Wehrmacht !

Ligne de front  -  mars/avril 2013

 LIGNE-DE-FRONT-41.jpg

Bravo à ce magazine bien connu des amateurs de la Seconde guerre mondiale pour être sorti magistralement des sentiers battus. La rédaction explique en effet dans son éditorial qu’elle a souhaité faire partager les documents officiels redécouverts dans les archives de l’Oberkommando der Wehrmacht qui prévoyaient, dès l’été 1940 et la défaite de la France, la création, parallèle à un redécoupage de l’Afrique à intervenir avec la signature de la paix (la carte p. 26 ne me semble toutefois pas exacte), d’une armée (et d’une police) coloniale pour son futur Mittelafrikanisches Reich. Yann Mahé en présente l’organisation prévue, la chaîne de commandement qui devait être instituée, les matériels qui auraient pu équiper ces unités. Quelques beaux organigrammes complètent cet article, à la fois riche et novateur, sur des structures qui « resteront à l’état de papier ». Pour le reste, on retient en particulier l’article de Guy François (« Titans d’acier ») sur les unités d’artillerie lourde sur voie ferrée en 1940, l’aventure contée par Didier Laugier (« Hausser et les 11 salopards ») de la prise de Belgrade en 1941 par … 11 motocyclistes, et le texte d’Alexandre Thers sur « Les tactiques de combat du Werwolf », projet de résistance à outrance sur le sol allemand au printemps 1945 qui se solde par « un fiasco retentissant ».

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 06:50

Guerres, empires et migrations

Atelier de chercheurs

vendredi 29 mars 2013

TRAVAILLEURS-CHINOIS.jpg

Organisé par le pôle "L'Etat en action" du centre d'histoire sociale du XXe siècle de l'université Paris I Panthéon-Sorbonne et accueilli par la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, cette journée réunira pour confronter les recherches entre les différentes périodes quelques spécialistes des guerres, du fait migratoire et de l'empire colonial français. Deux interventions sur notre thème de prédilection de la Grande Guerre :

- Laurent Dornel, en fin de matinée, sur "Guerres et migrations. Les travailleurs étrangers coloniauxet chinois en France pendant la Première Guerre mondiale. Enjeu d'une recherche en cours".

- Emmanuel Blanchard, en début d'après-midi, sur "La Première Guerre mondiale : un premier 'âge' de l'immigration algérienne ?.

Les séances se tiendront, le 29 mars, de 10h00 à 17h00 à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration, 293 avenue Daumesnil, 75012 Paris (métro Porte Dorée).

Réservation obligatoire en amont auprès de : marianne.amar@histoire-immigration.fr

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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