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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 00:05

Boko Haram

Les mots d'une crise

Collectif

Ce que le titre ne dit pas explicitement, c'est qu'il s'agit d'une forme de dictionnaire, à la fois spécialisé et analytique, permettant de mieux comprendre les évènements dramatiques qui se déroulent depuis sept ou huit ans dans la grande région du lac Tchad.

Partie du Nigéria et touchant désormais le Cameroun, le Niger et le Tchad, la menace de Boko Haram est une réalité aussi bien sécuritaire que politique et sociale dans la sous-région, obligeant les Etats touchés, bon gré mal gré, à coopérer. Fruit d'un travail collectif, ce lexique spécialisé présente et explicite plus de 200 mots, termes, acronymes, noms propres afin de mieux comprendre les ressorts de cette problématique. De A comme "Abu Musab Al-Barnawi", fils du fondateur de Boko Haram qui a porté la guerre jusqu'au lac Tchad, à Z comme "zones transfrontalières", vous en apprendrez sans doute beaucoup sur les "Attentats suicides", les "Bandits de grand chemin", les "chefs de canton", le "droit de poursuite", les "enrôlements", les "Islamo-Peuls", les "otages", le "recrutement" et la "réinsertion", les "sanctuaires" ou les "tribunaux coutumiers". Au passage, Saviez-vous que l'armée camerounaise a creusé des tranchées sur une centaine de kilomètres de frontière avec le Nigéria pour tenter de limiter les incursions ? Ou les FATIC ? : "Forces armées tchadiennes en intervention au Cameroun" en 2015, de l'ordre de 5.000 hommes. Une dizaine d'opérations (souvent bi ou multinationales) des années 2015-2019 sont rapidement présentées et  un certain nombre de termes propres à cet islam africain sont définis. Le livre étant bilingue, la partie dictionnaire en français cède la place à sa reprise en anglais page 101, ce qui est tout à fait intéressant pour ceux qui s'intéressent à cette région dans son ensemble et apporte une vraie plus-value.

Un volume sans aucun doute indispensable pour tous ceux qui travaillent sur la sécurité en Afrique occidentale. Un outil de travail nécessaire.

L'Harmattan, Paris, 2020, 191 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-343-21257-9.

Pour commander directement le livre : ici.

Région du lac Tchad
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15 décembre 2020 2 15 /12 /décembre /2020 00:01

1940

Vérités et légendes

Merci à la Revue Défense Nationale pour cette longue e-recension mise en ligne sur son site, avec cette conclusion à laquelle je suis sensible : "Une excellente synthèse et une mise à jour historiographique qui est tout à fait bienvenue pour les quatre-vingt ans de la bataille de France".

Pour lire l'ensemble de la chronique : ici.

N'hésitez pas à partager !

Echos (29)
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14 décembre 2020 1 14 /12 /décembre /2020 00:01

Enchaînés

Nicolas Mingasson

Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur le quotidien des soldats en Afghanistan (ici) ou la mort en opérations extérieures (ici), Nicolas Mingasson nous propose aujourd'hui, au terme de deux années d'entretiens avec des soldats rentrant de théâtres d'opérations extérieures, un ouvrage aussi sérieux qu'intime sur les victimes de stress post-traumatique.

Dès son préambule, Nicolas Mingasson donne le ton : "Le monde de ces vétérans enchaînés aux pires souvenirs que la guerre sait produire est un monde de silence et d'isolement auquel, je le réalise aujourd'hui, bien peu accèdent. Ils sont là, mais nous ne les voyons pas, ils sont là, mais nous ne les entendons pas ... J'avançais au milieu de tous ces drames, et peu à peu une évidence se faisait : après avoir travaillé sur le soldat au combat, puis le deuil de guerre, restait un chapitre à écrire : celui du traumatisme de guerre". Tout le livre est basé sur de très nombreux témoignages qui permettent de reconstituer ces parcours et de suivre ces hommes, du choix de l'engagement aux conséquences familiales du traumatisme. Il est pour cela divisé en quatre grandes parties : "Les OPEX", "La guerre en soi", "Vivre sans la guerre" et "Dégâts collatéraux". La première parte permet de balayer toute une série de sentiments pendant les opérations (la peur, la haine, l'impuissance, la solitude, etc.), qui montrent finalement bien l'importance d'une solide cohésion du groupe mais aussi ses limites en situation de crise paroxysmique. La seconde reste au niveau individuel du soldat atteint de stress post-traumatique à son retour, dans ses pensées les plus intimes, ses cauchemars, parfois l'abus d'alcool, les relations nouvelles avec les camarades et les chefs (le soutien ou l'incompréhension), et jusqu'à la tentation du suicide. La troisième partie parle de reconstruction, parfois en quittant l'institution militaire. La quatrième enfin nous raconte (ou plutôt l'auteur laisse la parole aux partenaires et aux familles) le désarroi et souvent l'impuissance des proches, avec les drames induits à l'échelle du couple et des enfants.

Bien sûr, et Nicolas Mingasson le reconnaît, tous les retours d'OPEX ne sont pas aussi dramatiques et les soldats victimes de ces blessures invisibles sont une minorité, mais d'une part leur nombre ne peut être nié et d'autre part leurs souffrances n'ont rien à faire avec une quelconque approche quantitative. Un livre profondément humain, qui éclaire sans fard mais avec pudeur une réalité de tous les conflits.

Les Belles Lettres, Paris, 2020, 454 pages. 25,90 euros.

ISBN : 978-2-251-45087-2.

Pour commander directement le livre : ici.

Blessures invisibles
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13 décembre 2020 7 13 /12 /décembre /2020 00:01

Salan

Pierre Pellissier

Voilà une biographie attendue depuis longtemps ! Contraint à l'oubli par sa participation à la tentative de putsch en Algérie puis à l'OAS, le général Salan, sans méconnaître les évènements du début des années 1960, méritait d'être tiré de l'ombre au regard de sa carrière exceptionnelle.

Le livre nous propose donc de suivre l'officier de la Première Guerre mondiale et de Saint-Cyr à la fin de sa vie. Nombreux seront sans aucun doute ceux qui apprendront le détail de son séjour au Levant à partir de 1920, qui lui vaut d'être fait chevalier de la Légion d'honneur comme lieutenant à l'âge de 21 ans. En 1924, c'est la découverte de l'Indochine. Affecté au 3e régiment de tirailleurs tonkinois, il rejoint le poste de Nguyen Binh, en train depuis Lang Son, puis par la RC4, "autant de lieux qui marqueront plus tard sa carrière". Outre ses responsabilités proprement militaires, il devient responsable de l'exploitation de mines d'étain. Il apprend la langue vernaculaire, vit au milieu de ses tirailleurs, fils spirituel de Gallieni : "d'abord soldat, il doit poser les armes dès la paix obtenue pour devenir administrateur. Il n'oubliera jamais cette définition ; elle restera valable quelques décennies encore, partout où l'armée française va tenter de contenir les guérillas". Capitaine en 1930, il rédige l'année suivante un manuel bilingue pour l'enseignement des langues locales, qui lui vaut les palmes académiques. Rentré en métropole en 1937, il devient l'adjoint du chef du bureau Renseignement du ministère des colonies, plus particulièrement en charge de l'Extrême-Orient. Il y est promu chef de bataillon en 1938, et peut suivre la montée des menaces tant en Asie qu'en Europe. En 1939, il entre en Ethiopie via le Soudan anglo-égyptien avec un faux passeport et une fausse carte de presse pour apporter armes et argent aux résistants éthiopiens et au printemps 1940 prend le commandement d'un bataillon de tirailleurs sénégalais en cours de formation, par la suite intégré au 44e régiment mixte d'infanterie coloniale. Engagé sur la Somme en juin, puis est dirigé par le "réduit breton" avant de se replier vers les Charentes. Pour ces quelques semaines, il est cité trois fois. Lorsqu'il arrive à Montauban en juillet, le régiment ne compte plus que 20 officiers sur 80 et 600 hommes sur 3.000. Dans le cadre de l'armée d'armistice, il reprend ses fonctions au service de renseignement du ministère des Colonies. Il n'oublie pas l'Indochine, mais ne peut pas faire grand chose : "Suite tragique de notre défaite, l'Indochine va vers son destin, nous l'abandonnons aux Japonais". Il rejoint alors l'organisation secrète du colonel Groussard. Au titre de ses activités au ministère il reçoit la Francisque, tout en multipliant les contact avec les Nord-Américains et Londres, ce qui lui vaut d'être muté "disciplinaire" à Dakar en février 1942. Il y retrouve d'ailleurs Lacheroy, assiste de loin au débarquement anglo-saxon en Afrique du Nord et à l'occupation de la zone "libre" et au début de l'année 1943 rejoint Alger. Désormais colonel, il est bientôt affecté à la 9e DIC, au commandement du 6e régiment de tirailleurs sénégalais. La Corse, l'île d'Elbe, la Provence et la remontée vers l'Alsace. Général à la fin de la campagne, il est appelé par Leclerc en Indochine. Il retrouve donc l'Extrême-Orient, qu'il ne quittera presque pas pendant plusieurs années avec le rôle que l'on sait (l'auteur consacre près de 150 pages à cette période) : "Perdre un empire, c'est se perdre soi-même, c'est enlever tout un sens à une vie d'homme, à une vie de bâtisseur". Les derniers chapitres sont bien sûr consacrés à l'Algérie, où Salan arrive en 1955, période à laquelle Pierre Pellissier consacre plus de 200 pages, jusqu'à "la plongée dans la clandestinité" la retraite venue. C'est désormais le récit du putsch et de l'engagement dans l'OAS, en particulier dans le domaine politique bien développé, et la clandestinité jusqu'à son arrestation en avril 1962. Immédiatement jugé, il refuse de répondre et se contente d'une déclaration liminaire : "Je ne suis pas u chef de bande, mais un général français, représentant l'armée victorieuse et non l'armée vaincue. A la différence de celui qui vous demande licence de me tuer, j'ai servi le plus souvent hors de métropole. J'ai voulu être officier colonial, je le suis devenu. Je me suis battu pour garder à la patrie l'empire de Gallieni et du père de Foucauld. Mon corps a conservé les traces profondes de ce combat. J'ai fait rayonner la France aux antipodes. J'ai commandé. J'ai secouru. J'ai servi et, par dessus tout, j'ai aimé. Amour de cette France souveraine et douce, forte et généreuse, qui portait au loin la protection de ses soldats et le message de ses missionnaires ... Quand on a connu la France du courage, on n'accepte jamais la France de l'abandon". Il va rejoindre la prison de Tulle (dont le régime est décrit) où, alors que les libération commencent dès 1966 pour ses codétenus, il reste jusqu'en juin 1968 et consacre ensuite son temps à la rédaction de ses mémoires.

Une biographie qui nous entraîne donc bien au-delà de la seule période de la guerre d'Indochine, au long d'un parcours de vie et d'engagement qui, par respect de la parole donnée et sens du sacrifice, explique les choix des dernières années. Indispensable pour tous ceux qui s'intéressent à l'histoire de l'armée française au XXe siècle.  

'Tempus', Perrin, Paris, 2020, 716 pages, 12,- euros.

ISBN : 978-2-262-08656-5.

Pour commander directement le livre : ici.

Le "Mandarin"
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12 décembre 2020 6 12 /12 /décembre /2020 00:01

Le général Georges

Un destin inachevé

Max Schiavon

Réédition revue et augmentée du livre paru en 2009 et totalement épuisé. Une biographie de référence, monumentale, qui apporte beaucoup d'éléments sur l'histoire de l'armée française de la IIIe République, deuxième guerre mondiale incluse.

Le général Georges est surtout connu pour avoir été grièvement blessé lors de l'attentat qui coûte la vie au roi de Yougoslavie, à Marseille, à l'automne 1934 (quellles furent réellement les séquelles sur le long terme ?), et pour avoir été le commandant des troupes sur le front du Nord-est en 1939-1940. Au-delà de ces deux périodes, Max Schiavon nous livre une biographie très complète, organisée en deux grandes parties (jusqu'en 1939, puis la Seconde guerre mondiale) et revient sur les nombreuses et variées affectations de Georges en première partie de carrière. Après Saint-Cyr, le futur général sert à deux reprises en Algérie (notamment sud-algérien), est breveté de l'Ecole supérieure de Guerre et sert comme officier d'ordonnance du ministre. La Grande Guerre le voit alterner les commandements dans la troupe et les postes en état-major, sur le front de France mais aussi en Grèce au moment où le roi Constantin est contraint de quitter le trône sous la pression des Alliés. Après le conflit, il commande le 64e régiment de tirailleurs marocain en occupation en Allemagne avec lequel il participe en 1923 à l'occupation de la Ruhr, à l'issue de laquelle il est élevé au généralat. Il participe ensuite à la guerre du Rif avec Pétain, avant de suivre la scolarité du Centre des hautes études militaires, qui prépare les futurs grands chefs de l'armée. Il rejoint l'Afrique du Nord en 1928 pour prendre le commandement de la division d'Alger, puis en 1931 celui du 19e corps d'armée, tout en ayant entre temps brièvement rejoint le cabinet du ministre de la Guerre. Membre du Conseil supérieur de la Guerre, Gamelin lui est préféré pour succéder à Weygand en 1935 et il devient major général. La seconde partie, à partir de 1939, est dans un premier temps mieux connue (drôle de guerre et campagne de France), mais le lecteur en apprendra beaucoup sur Georges à partir de l'été 1940, ses rapports à Pétain et Vichy (il est l'un de ceux qui demandent en 1942 au maréchal de quitter l'hexagone), ce qu'il pense de De Gaulle et de la Résistance, sa présence et son rôle à Alger aux côtés de Giraud. La fin du volume est consacrée à l'immédiat après-guerre, entre procès et réhabilitation.

Un livre indiscutablement important, même si l'empathie de l'auteur pour son sujet est parfois trop nette (l'effondrement moral de Georges lors de la percée allemande à Sedan est attesté par bien d'autres témoignages que celui de Doumenc). Le sous-titre ("L'homme qui aurait pu éviter la débâcle") paraît ici bien excessif, mais c'est le jeu de la mise en page de la couverture. En tout été de cause, une biographie de référence pour un officier général ayant connu, jusqu'au drame final, une superbe carrière. 

Editions Pierre de Taillac, Paris, 2020, 536 pages. 26,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-164-3.

Pour commander directement le livre : ici.

Une carrière exceptionnelle
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11 décembre 2020 5 11 /12 /décembre /2020 00:01

France, Inde, URSS et Finlande

Navires & Histoire  -  n° 123

Le magazine d'histoire maritime du groupe Lela Presse nous offre avec ce numéro la première partie d'une étude tout à fait originale sur la marine finlandaise dans la Seconde guerre mondiale, celle-ci commençant bien sûr pour Helsinki par la "guerre d'hiver". Frédéric Stahl commence par évoquer la naissance de la Finlande à la fin de la Grande Guerre, et donc celle de sa jeune marine, essentiellement composée de petits bâtiments (escorteurs, patrouilleurs, vedettes diverses, mouilleurs et dragueurs de mines, canonnières, etc.). Comme toujours, les photos sont exceptionnelles et souvent inédites.

Parmi les autres articles, relevons la suite des études sur "Les armements marseillais" et "Géopolitique de l'Inde dans l'océan Indien", et surtout l'histoire étonnante de la quarantaine de cargos Liberty Ships américains livrés à l'URSS dans le cadre de l'effort de guerre allié à partir de 1943 (par Jean-Yves Brouard). Enfin, plus de 25 pages sont consacrées à l'actualité militaire, maritime et navale dans le monde, avec en particulier un focus important sur le conflit du Haut-Karabakh (même s'il n'y a pas d'intervention de la marine azerbaïdjanaise).

Un numéro tout à fait intéressant à plus d'un titre.

Pour s'abonner à Navires & Histoire : ici.

Tour du monde
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10 décembre 2020 4 10 /12 /décembre /2020 00:01

La Seconde guerre mondiale et l'Indochine

Militaria  -  n° 423

Un sommaire essentiellement centré sur les années 1940-1950 dans ce numéro, et parmi la dizaine d'articles nous retiendrons en particulier les deux qui traitent des parachutistes en Indochine : l'un retraçant le parcours de "Léonard Murawski, du maquis d'Auvergne aux rizières d'Indochine", l'autre présentant "Les paras vietnamiens" (1ère partie). Pour la Seconde guerre mondiale relevons en particulier les Ardennes avec le 504e Parachute Infantry et un article sur la bataille de Montélimar (en fait au nord et au nord-est de la ville) en août 1944.

Une qualité rédactionnelle et iconographique maintenue conjuguée à une fidélité rédactionnelle à une approche de l'histoire par l'objet qui, avec les rubriques étoffées sur l'actualité de l'histoire vivante et des bourses, permet d'afficher de n° 423. Une longévité rare dans la presse spécialisée.

Pour s'abonner à Militaria : ici.

Paras en Indochine
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9 décembre 2020 3 09 /12 /décembre /2020 00:01

Innsbruck 1805

Les soldats du 76e de ligne retrouvent leurs drapeaux

Jérémie Benoit, Vincent Bourgeot et Pierre-Baptiste Guillemot

A partir d'un tableau de Charles Meynier, illustrant le retour au 76e de ligne en 1805 des emblèmes perdus lors de la campagne d'Helvétie de 1799, le volume revient sur les opérations de 1805 au Tyrol, mais aussi sur le simple fantassin français et ses équipements.

Le premier article remet le tableau de Meynier dans son contexte, puis sa représentation des uniformes est analysée (une analyse particulièrement fine qui vaut expertise). Trois articles sont également consacrés à Dominique Vivant Denon, qui accompagna le général Bonaparte lors de l'expédition d'Egypte puis devint directeur du "musée Napoléon" (Le Louvre) et véritable directeur des Beaux-Arts qui commandait des travaux à de très nombreux artistes. On apprécie toujours l'extraordinaire qualité de l'iconographie, composée de (magnifiques) planches souvent inédites. Enfin, quelques pages en fin de volume présente "l'actualité" de l'histoire en figurines (le fantassin de 1805 et le maréchal Ney).

Une belle réalisation qui séduira sans nul doute les amateurs d'histoire napoléonienne.

La Compagnie d'Elite / Epopée, Versailles, 2020, 64 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-9565127-2-1.

Pour commander directement ce volume : ici.

 

Art et histoire militaire
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8 décembre 2020 2 08 /12 /décembre /2020 00:01

Allemagne et France

au coeur du Moyen-Âge

Dominique Barthélemy et Rolf Grosse (Dir.)

Une intéressante approche comparative à une époque où, certes, ni la France ni l'Allemagne n'existent sous leur forme actuelle, mais où les fondamentaux, en particulier culturels, sont déjà nettement perceptibles.

L'ouvrage compte une vingtaine de contributions d'une grande richesse et s'ouvre sur un texte, signé des deux directeurs, qui évoquent les relations, les proximités et les différences entre territoires français et allemands de l'époque romaine au XIIIe siècle. Parmi tous les sujets traités au fil du livre, dans le domaine des arts, de la culture, de la politique (dont une intéressante contribution sur le tournoi chevaleresque et la naissance des armoiries), nombreux sont ceux qui abordent les questions militaires et politico-militaires de l'époque ou qui évoquent quelques figures emblématique de la période. Celle de Stéphane Lebecq nous rappelle par exemple que Hugues Capet, fondateur d'ne de nos grandes dynasties, est le petit-fils d'Henri Ier l'Oiseleur, roi de Germanie. Une ascendance rarement évoquée. Jean-Louis Kupper dresse un portrait "implacable" du duc Gislebert de Lotharingie, qui oscille entre France et Allemagne : "Dans le domaine des armes, son audace était extrême, à tel point qu'il ne redoutait pas d'affronter tel obstacle tenu pour insurmontable". Les deux directeurs d'ouvrage reprennent la plume ensemble pour nous parler de la trêve de Dieu, "de la Catalogne à Cologne", dont ils relatent la naissance et l'évolution jusqu'à son apparition en Europe du Nord une cinquantaine d'années plus tard, et en décrivent les modalités. Gerhard Lubich nous raconte la campagne méconnue d'Henri V d'Allemagne contre la France en 1124, Jean-René Valette évoque "La métamorphose allemande de Perceval", devenu Parzival, et Dominique Barthélemy s'intéresse aux "Allemands à Bouvines" : "La bataille de Bouvines, du 27 juillet 1214, ne fut donc pas vraiment franco-allemande. Elle a été menée et gagnée par l'armée royale française contre la chevalerie de Flandre et du Hainaut, groupée autour du comte Ferrand, imparfaitement appuyée par un contingent impérial. Et un comte anglais a eu sa part de défaite à peu près autant que ce dernier. Au soir des combats, les vainqueurs ont répertorié 127 chevaliers prisonniers, dont à peine 25 Allemands".

Excellemment mis en page, superbement illustré, bénéficiant d'une impression de qualité sur un beau papier, ce livre passionnera tous les amateurs d'histoire du Moyen-Âge et au-delà tous ceux qui s'intéressent à l'histoire franco-allemande dans le temps long. Particulièrement apprécié sur le fond et dans la forme. La qualité de sa réalisation peut en faire un joli cadeau en cette période de fin d'année.

Passés/Composés, Paris, 2020, 238 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-3793-3231-9.

Pour commander directement le livre : ici.

France / Allemagne
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7 décembre 2020 1 07 /12 /décembre /2020 00:01

L'Aiglon

Le rêve brisé de Napoléon

Laettia de Witt

Né alors que l'empire est à son apogée, le fils de Napoléon Ier, titré roi de Rome, mort à 21 ans quasiment prisonnier de sa famille maternelle, Napoléon II n'a officiellement régné que quelques jours. C'est cette brève et triste vie, finalement très mal connue, fait ici l'objet d'une belle et sensible biographie.

Le livre est divisé en quatre grandes parties chronologiques : "L'héritier impérial" jusqu'à la chute de l'empire, "Prince exilé" qui relate les deux années suivante jusqu'à la séparation avec sa mère, "Duc de Reichstadt" raconte la triste jeunesse de cet enfant "ni roi, ni prince, ni héritier" jusqu'à ses 20 ans, "De la politique à la légende" nous rappelle ce que furent les derniers mois de la vie du fils de l'empereur qui "bâtit peu à peu sa personnalité autour de deux axes que sont la carrière militaire, la seule, selon ses propos, qui convienne au fils de Napoléon, et la fidélité à son père". Sous la surveillance constante des agents de Metternich, en grande partie coupé du monde réel sans être pur autant prisonnier, son nom est évoqué en diverses circonstances (comme pour accéder au trône de Belgique lors de l'indépendance du pays, ou à celui de Pologne lors du soulèvement contre la Russie), mais l'hostilité des cours de Vienne et de Paris rendait par avance ces hypothèses peu plausibles. Les derniers chapitres sont consacrés à raconter quelques complots bonapartistes, également voués à l'échec, et à la brève carrière militaire (environ 6 mois) du duc de Reichstadt comme commandant à la tête du 60e bataillon d'infanterie hongroise. "Sévère mais juste envers ses subordonnés, il se révèle un excellent chef de bataillon", mais la fatigue le submerge rapidement. Il doit bien malgré lui quitter son commandement et sera promu colonel en second peu de temps avant son décès. Laetitia de Witt revient ici longuement sur l'état de santé (et son évolution) du duc de Reichstadt ("La santé du prince devient un problème d'Etat. Le monde observe le traitement que l'Autriche réserve au fils de Napoléon"), jusqu'à sa mort le 22 juillet 1832. Le dernier chapitre est consacré à "La revanche de la postérité" avec cette formule bien trouvée : "Le duc de Reichstadt n'est plus ! Vice l'Aiglon !", à travers la littérature et le théâtre bien sûr, jusqu'au retour des cendres en France encadré par des soldats allemands en décembre 1940. L'histoire se termine par une ultime inhumation dans un caveau sous celui de son père avec une simple plaque au sol. "De son vivant, le duc de Reichstadt a eu pour rêve de rentrer à Paris. Mort, il n'y revient que pour y subir la permanence de l'oubli. Quel triste épilogue !"

Les notes de références sont rejetées en fin de volume et totalisent près de 40 pages en petits caractères, ce qui témoigne de la rigueur du travail, complété par 8 pages de sources et bibliographie, avec l'indication de documents méconnus ou issus de fonds privés. Un volume passionnant et l'on est surpris par tout ce que l'on apprend sur la période viennoise de la vie du jeune prince. Une belle lecture.

Tallandier, Paris, 2020, 494 pages. 24,90 euros.

ISBN : 979-10-210-2476-2.

Pour commander directement le livre : ici.

Destin tragique
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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