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13 décembre 2012 4 13 /12 /décembre /2012 07:00

Introduction à la cyberstratégie

Olivier Kempf

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Ce livre est particulièrement bienvenu. D'une part, le sujet est non seulement d'une grande actualité, mais encore fait l'objet d'interrogations (voire de fantasmes) auprès de très nombreux amateurs des questions stratégiques au sens large ; d'autre part l'auteur, Olivier Kempf, qui anime le site Etudes géopolitiques, européennes et atlantiques sur lequel il consacre très fréquemment des articles à ce sujet, en est l'un des meilleurs connaisseurs. Il précise dès son introduction : "Nous nous trouvons comme les théoriciens de l'après-guerre qui durent penser l'irruption stratégique de l'arme nucléaire ... Avec le cyberespace, la stratégie ne peut plus être exactement comme avant".

L'ouvrage commence par une indispensable série de définitions (pp. 9-23), avant d'aborder en deux grandes parties les "Facteurs stratégiques" (les lieux, les frontières, les espaces, les sphères, le temps et les acteurs cyberstratégiques), puis les "Dispositifs stratégiques" (les notions d'attaque et de défense, de dissuasion, de dissymétrie et d'assymétrie, ainsi qu'une approche de l'attitude des principaux pays sur ces questions). Il se termine sur deux annexes : "Principes stratégiques du cyber espace" et "Check-list de l'action stratégique", ainsi que sur une (très) utile bibliographie et (bien sûr) Webothèque. L'ampleur du sujet saute aux yeux, son importance est désormais indiscutable, non seulement dans le domaine stratégique collectif, mais très concrètement pour la vie quotidienne de chacun. Et au terme de la lecture, rien ne justifie que nous "baissions les bras" : l'ancien principe des "forces morales", l'importance de la volonté clairement exprimée et de l'engagement déterminé, principes à certains égards presquesque "fochiens", se trouvent de fait confortés par ce nouveau défi. Si le livre peut parfois sembler inquiétant au lecteur qui maitrise encore mal ces paramètres, il ouvre aussi des perspectives (chapitres 7 et 9), parce que "rien n'est perdu".

Si un lecteur presque totalement béotien, "100 % lettres classiques" comme moi (français, histoire, philo, latin, grec. Fermez le ban !), a pu comprendre, soyez sans crainte : l'ouvrage est particulièrement pédagogique, sans jamais tomber dans la simplification abusive. Il éclairera les néophytes tout en présentant une analyse globale de la question pour ceux qui s'y intéressent depuis plus longtemps. C'est, indiscutablement, un livre qui, par son caractère complet, est appelé à rester longtemps une référence sur le sujet.

Editions Economica, Paris, 2012, 176 pages, 19 euros.
ISBN : 978-2-7178-6527-1.

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4 décembre 2012 2 04 /12 /décembre /2012 07:10

Enjeux de guerre

Pierre-Joseph Givre et Nicolas Le Nen

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Alors que certains croyaient pouvoir, naïvement, tirer dès le début des années 1990 les "bénéfices de la paix", jamais la guerre n'a été aussi présente en permanence dans tous les discours, toutes les préoccupations de nos sociétés.

Les auteurs de cet ouvrage, les colonels Pierre-Joseph Givre et Nicolas Le Nen, en connaissent les réalités, la nature évolutive et les enjeux pour avoir participé aux opérations les plus complexes, et sans doute les plus difficiles, en ex-Yougoslavie, en Afrique et en Afghanistan. De ces expériences, ils ont tiré des leçons de réalisme et des réflexions éclairantes (au moins au regard de la société actuelle, car certaines sont, somme toute, assez classiques), qu'ils nous livrent dans ce cours essai, dense, vif, parfois percutant. Ce texte incisif devrait faire réfléchir de nombreux décideurs.

L'objectif de cet ouvrage est de présenter, d'expliquer, la réalité complexe des guerres actuelles (et futures), en délivrant un message fondamental selon lequel la période exceptionnelle de paix en Europe dans laquelle nous vivons depuis trois générations pourrait n'être rien d'autre qu'une « veillée d'armes ». Certes, la France ne connait plus de menaces directes à ses frontières et l'hexagone n'apparaît que très marginalement affecté par les guerres extérieures. Toutefois, il ne faut pas céder au mirage de la paix perpétuelle : l'avenir de notre monde reste très incertain. Cette mise en garde mérite d'être entendue, méditée et précisée : une prise de conscience lucide, constructive, est indispensable pour préparer l'avenir. En effet, la paix se mérite, elle se gagne parce qu'une nation ou un peuple ne se berce pas de vaines illusions : Si vis pacem, para bellum.

Pour démontrer cette thèse et l'enrichir, les auteurs développent cinq aspects. La première partie identifie et analyse les sources de la guerre que sont l'intérêt, l'honneur et la peur. La deuxième partie, intitulée la « Guerre mortelle », se préoccupe essentiellement de l'état actuel de la « remarquable trinité », formule de Clausewitz , dans laquelle l'armée, l'État et la population interagissent, cette dernière constituant aujourd'hui l'épicentre fragilisé. La troisième partie se consacre au "nouveau" type de guerre auquel nous sommes confrontés aujourd'hui : la guerre diffuse, une guerre qui s'immisce dans tous les pans des activités humaines et dont le succès ne se situe plus dans l'intensité de l'effort de guerre mais dans la complémentarité des moyens civils et militaires mis en œuvre. Enfin, la « Guerre des trinités » et la « Guerre des hommes » clôturent cet ouvrage, qui suscite le questionnement, la remise en cause de nos certitudes trop rapidement établies et de nos représentations caduques sur la guerre et ses modalités. Les auteurs alternent les références à des textes fondateurs et une argumentation efficace pour adresser une mise en garde percutante, voire quelque peu déstabilisante mais néanmoins nécessaire, contre l'illusion d'une paix immuable. La guerre reste pour eux intimement associée, chevillée, à la nature humaine. Il serait donc inutile de chercher à l'éviter, d'essayer de la contourner, car il ressurgit aussitôt dans un domaine ou un espace voisin. Au contraire, il est essentiel de réfléchir pour mieux l'appréhender, la comprendre et la préparer. Leurs références à l'importance de la "volonté" (d'abord politique) n'est pas sans nous rappeler l'expression "forces morales" en usage au début du XXe siècle. Même lorsque les mots changent dans les discours publics, les faits restent têtus.

Kathleen SIMON

Economica, Paris, 2012, 111 pages, 16 euros.

ISBN : 978-2-7178-6512-7.

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 07:10

Sun Tzu,

ou l'art de gagner des batailles

Bevin Alexander

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Cette traduction française d'un ouvrage publié l'année dernière aux Etats-Unis est à bien des égards riche d'enseignements. Considérant que "les principes de Sun Tzu peuvent s'appliquer à n'importe quelle situation", l'auteur reprend le déroulement d'un certain nomdre de grandes batailles du monde occidental depuis la guerre d'indépendance américaine (Saratoga en 1777) et s'efforce d'en effectuer une critique à l'aune des principes édictés par l'auteur chinois. Le maître mot, le critère essentiel, le premier facteur discriminant est : "Pour éviter ce qui est fort, frappe ce qui est faible", c'est à dire : est-ce que le commandant en chef s'est efforcé d'atteindre ses objectifs de manière indirecte et en occupant les secteurs non protégés par l'ennemi.

Bevin Alexander divise ensuite son ouvrage en autant de chapitres que de batailles ou conflits étudiés : Saratoga en 1777, Waterloo en 1815, les campagnes de 1862 de la guerre de Sécession, Gettysburg en 1863, la bataille de la Marne en 1914, la bataille de France en 1940, Stalingrad en 1942, la libération de la France en 1944 et Incheon et l'invasion de la Corée du Nord en 1950. A ce niveau, à notre avis, un constat s'impose : les engagements étudiés ne sont pas tous du "même pied" : quoi de commun entre Saratoga, bataille nettement circonscrite dans un cadre spatio-temporel limité, et la bataille de la Marne (ou pour être plus juste la juxtaposition des batailles voisines s'étendant de l'Ourcq à Verdun et génériquement regroupées sous l'appellation de bataille de la Marne), ou l'offensive contre la Corée du Nord sur laquelle pèse encore plus lourdement de très fortes contraintes politico-diplomatiques ? Or, ces aller-retour entre des échelles différentes, du strictement tactique au stratégique en passant par l'opératif, rendent à notre sens la démonstration moins convaincante, toutes les situations n'étant pas comparables, même si "les axiomes de Sun Tzu s'appliquent à n'importe quel contexte militaire".

Il n'en demeure pas moins que chaque étude de cas est très riche d'enseignements car l'auteur décrit dans le détail les mouvements préalables des troupes et précise le rôle de chaque responsable en situation de commandement (même si cette partie est parfois un peu sommaire), mais la succession rapide de brefs paragraphes trouble le lecteur. Par exemple, pour intéressante qu'elle soit, la présentation de la campagne de France du printemps 1940 aborde à la fois la question au niveau des différents groupes d'armées, de l'OHL et du commandement suprême d'Hitler : on est parfois à deux doigts de s'y perdre. L'ultime chapitre consacré à la guerre de Corée amplifie cette complexité (au moins apparente) en mettant en relief l'importance du rôle de l'autorité politique ("Le gouvernement Truman, avec une vision extrêmement étriquée de ce qui serait le plus avantageux pour les Etats-Unis"), dont les prises de décision sont susceptibles d'évolutions rapides dans la conduite stratégique de la guerre.

En résumé, un ouvrage solidement référencé et appuyé sur un important appareil de notes, absolument à lire, sans toujours adopter le point de vue systématique de l'auteur. Lorsque Bevin Alexander appelle en conclusion à "s'assurer d'avoir des chefs intelligents", il s'agit bien d'un truisme : quel gouvernement choisirait un "chef idiot", ou "veule" ou notoirement "incapable" ? Peut-être n'y a-t-il pas de réponse à certaines questions, et cela nous renverrait à la part d'ombre et de mystère, de "brouillard de la guerre", qui repose sur les aptitudes et capacités personnelles de quelques chefs exceptionnels... Autre, et vaste, débat.

Editions Tallandier, Paris, 2012, 296 pages; 20,90 euros.

ISBN : 978-2-84734-919-1

P.S. : Les lecteurs intéressés trouveront de très nombreuses informations et analyses sur L'art de la guerre sur le site spécialisé Sun Tzu France, à l'adresse : http://suntzufrance.fr/

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12 septembre 2012 3 12 /09 /septembre /2012 07:05

Comprendre la guerre. Histoire et notions

Laurent Henninger et Thierry Widemann

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En réunissant en un volume les articles qu’ils publient, depuis des années, presque à tour de rôle chaque mois, dans Armées d’Aujourd’hui, Laurent Henninger et Thierry Widemann rendent un véritable service à tous les amateurs d’histoire militaire. Ce qui caractérise en effet ces chroniques mensuelles d’une page est à la fois leur concision et leur précision. Il s’agit d’un exercice de synthèse extrêmement difficile : présenter en quelques milliers de signes de façon aussi originale, argumentée et pertinente que possible un sujet généralement traité par des volumes entiers. J’ai souvent admiré la qualité de leurs propos, même si, sur certains points, je peux exprimer des désaccords. Ils renouent d'ailleurs en cela avec une ancienne tradition de la IIIe République, qui voyait les longs articles de la presse institutionnelle édités quelques mois plus tard sous forme de brochures ou de livres.

Le corps du texte est précédé par une brève introduction sous double signature, mais pourquoi revenir sur « cette poussiéreuse discipline volontiers ringarde » qu’était l’histoire militaire il y a une trentaine ou une quarantaine d’années ? Ce n’était pas systématique, elle correspondait aussi à une époque et était le fruit d’un héritage. L'aggiornemento a été depuis longtemps réussi, et il vient à l'esprit de personne de s'interroger sempiternellement sur les formes prises par l'enseignement de la philosophie ou des mathématiques il y a 40 ans. Les deux auteurs y précisent modestement l’objectif poursuivi : « Ce livre souhaite offrir à un large public quelques outils permettant de comprendre les rivalités et les menaces qui traversent un monde instable, et de trouver les mots pour les décrire ». C'est, de ce point de vue, une véritable réussite. L’ouvrage rassemble ensuite quelques cinquante fiches thématiques, organisées en trois grandes parties : « La guerre et l’Etat », qui aborde les questions générales, de principe et de stratégie ; « L’art de la guerre », qui permet globalement de passer de la stratégie à la tactique et aux règles d’emploi des forces armées dans les situations les plus diverses ; « Les hommes et les armes », où sont traitées des notions plus culturelles ou technologiques. Pour chaque article, afin d’appuyer leurs démonstrations, les auteurs font régulièrement référence aux événements militaires qui se sont succédés depuis la haute Antiquité, parcourent allègrement l'époque moderne et les guerres de l'Empire, mais n’oublient jamais d’évoquer les aspects les plus récents ou actuels de la question. En fil rouge, la notion (ou l’idée) de « système de guerre » apparait régulièrement.

Puisqu’il n’est pas possible de citer les cinquante textes différents, n’en retenons que deux. « Qu’est-ce qu’une victoire ? » (« Une victoire militaire est peu de chose si elle n’atteint pas le registre politique … La victoire complète ne résulte pas d’un seuil que l’on aurait atteint dans les destructions réalisées chez l’adversaire, mais d’un moment où une autorité politique, en accord avec sa propre population, considère, à partir d’une conception partagée des critère de la victoire et de la défaite, qu’elle ne peut plus poursuivre la lutte : la reddition est donc un phénomène à la fois psychologique et culturel ». Et « A quoi sert l’histoire militaire ? » : « Se poser la question équivaut à se demander à quoi sert l’histoire … L’histoire n’apporte pas de réponses toutes faites -ce serait une grave erreur de le croire, ou même simplement de le souhaiter-, mais elle fournit des outils et des méthodes -qui prennent parfois la forme de questions ou de problématiques- permettant de mieux penser la complexité à laquelle nous sommes confrontés ».

On objectera que sur certains points des discussions peuvent s'élever. Certes. Tant mieux. A tous les points de vue, ce petit volume est dès à présent absolument indispensable, qu’il soit utilisé comme un outil de travail pour un « rappel » immédiat par les uns, déjà avancés dans l’étude des questions militaires, ou comme une référence « de base » pour les autres (étudiants en particulier) qui commencent à s’intéresser à ces questions. Voilà 8 euros très judicieusement employés.

Collection ‘Tempus’, Perrin, Paris, 2012, 227 pages, 8 euros

ISBN : 978-2-26-04000-0

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Laurent Henninger et Thierry Widemann ont bien voulu répondre ensemble à quelques questions :

Question : Par rapport au nombre total d'articles publiés dans Armées d'Aujourd'hui, quelle proportion avez-vous sélectionné pour figurer dans cette publication et selon quel(s) critère(s) ?

Réponse : Presque tous les articles ont été retenus. Nous en avons exclu ceux dont les thématiques pouvaient paraître redondantes, mais il ne doit y en avoir qu’un ou deux.

Question : Vous expliquez dans votre introduction commune vouloir mettre à la disposition du grand public un outil présentant simplement des notions complexes. Pensez-vous y être parvenus ?

TW : Notre collaboration avec Armées d’aujourd’hui dans le cadre de cette rubrique est très ancienne puisqu’elle remonte au début des années 2000.  Nous avons acquis une certaine habitude de vulgariser des notions habituellement utilisées par les universitaires.

LH : Les conseils comme les contraintes de la rédaction du magazine ont également joué leur rôle dans l’acquisition d’un savoir-faire à mi-chemin de l’érudition et du journalisme. Cela restera malgré à nos lecteurs de dire si nous avons réussi ou non…

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Question : Si vous deviez ne retenir chacun qu'un article sur les cinquante que le volume compte, lequel choisiriez-vous et pourquoi ?

LH : Je crois qu’il s’agit de l’article sur le mythe de la guérilla (p.  137). J’ai toujours eu l’impression qu’il existait un énorme nuage de fumée autour de cette question, répandu par tous les courants idéologiques et pour toutes les raisons imaginables, parfois même de façons contradictoires. Or, il me semblait urgent d’envisager d’abord cette question comme un mythe. À partir de là, on s’aperçoit que, derrière ce rideau de fumée, il ne reste plus grand-chose de vraiment solide…

TW : Ce serait probablement l’article « stratégie » (p. 17). Il y avait là un défi à relever : faire tenir la définition d’une notion devenue aussi complexe en une seule page.

Question : Dans le cadre du renouveau général des études sur les questions d'histoire militaire, sécurité et défense, avez-vous d'autres projets ? Envisagez-vous une « suite » ou un « complément » ?

Réponse : Comme nous continuons à alimenter cette rubrique dans Armées d’aujourd’hui, dès que nous aurons atteint la prochaine « masse critique », la question pourra à nouveau se poser. Cela prendra alors sans doute la forme d’une deuxième édition augmentée.

Merci chers amis pour ces précisions, plein succès pour cette excellente synthèse et à très bientôt.

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7 juillet 2012 6 07 /07 /juillet /2012 07:00

Stratégies gagnantes en temps de crise

Thomas Flichy (dir.)

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Voilà un petit livre (78 pages) original et intéressant. Il s'agit, tout d'abord, d'un ouvrage collectif, regroupant neuf contributions parfois relativement brèves sur le thème des stratégies gagnantes (bien au-delà du seul domaine militaire) et en particulier du rôle éminent de certaines fortes personnalités, durant des périodes parfois fort reculées. Nous passons ainsi de l'empire de Dioclétien à la république de Venise, du roi Louis XI à Gaston Fébus, de Philippe le Bel à Cavour, etc. Nous constatons, une nouvelle fois, que les questions de fond qui surgirent alors furent parfois très proches de celles que nous nous posons aujourd'hui : faut-il privilégier le "repli dans la citadelle ou [les] chevauchées hardies", comme se le demande le directeur d'ouvrage dans sa conclusion. Sa réponse, à la fois, est attendue et laisse le lecteur dubitatif : "L'étude de neuf personnalités historiques ayant réussi à triompher d'une crise montre que, sur le long terme, les politiques heureuses vont bien au-delà des calculs de positionnement. Les stratégies gagnantes reposent souvent sur une personnalité charismatique, sachant s'entourer, ayant une vision globale du monde ainsi que de véritables capacités d'anticipation. Les stratèges sont à la fois des pacificateurs et des hommes de guerre"

On retiendra également qu'à toutes les époques l'aptitude à innover afin d'atteindre un objectif sur le long terme clairement identifié (et, notons le au passage, le refus de la facilité et de la démagogie) restent également des constantes des Stratégies gagnantes en temps de crise. Voilà quelques utiles rappels, mais veillons toutefois (et ce sont des historiens qui l'affirment) à ne pas systématiquement chercher dans les événements du passé de solutions "clef en main" aux difficultés du jour. Tout au plus y trouve-t-on, avec certitude, une aptitude au raisonnement sur des situations complexes...

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28 juin 2012 4 28 /06 /juin /2012 07:10

Cyberstratégie

L'art de la guerre numérique

Bertrand Boyer

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Enfin un ouvrage qui, tout en brossant un tableau très complet de la "cybermenace", peut être lu par un béotien sans l'usage permanent d'un dictionnaire spécialisé !

Toute la première partie ("Livre I : Méthode stratégique et milieu") de l'ouvrage de Bertrand Boyer est en effet consacrée à une définition des termes, à l'étude théorique du lien entre "guerre" (classique) et "cyberguerre", à un rappel de l'historique de la question depuis la naissance d'Internet et à l'analyse des questions juridiques. C'est donc nanti d'un copeux viatique que le moins connaisseur des questions informatiques peut aborder les deux grandes partis suivantes : "De la nature de la cyberguerre" et "Les fondements de la cyberstratégie". On le fois, la démarche est très progressive et méticuleuse. Pris par la main, acompagné dans le raisonnement, le lecteur découvre les différentes définitions posibles de la cyberguerre, fait le point des spécificités tout-à-fait particulières de cet "espace" nouveau, classifie et décrypte les différentes catégories de "cyberguerre" à partir d'une typologie des actions offensives et défensives dans le monde "virtuel". Après avoir proposé "Les cinq piliers de la puissance numérique", l'auteur tente de faire un point de situation des mesures prises en Europe et en Amérique du Nord, puis pose un certain nombre de questions qui nous ramènent presque aux principes "fochiens" de la guerre ("L'impossible bataille décisive", "Prépondérance de l'offensive sur la défensive", "Primauté de la concentration des forces"), mais aussi à un constat (attendu mais inquiétant) sur l'instabilité et les risques de notre monde : "Se résoudre à ne pas contrôler le cyberespace" et "Gagner et maintenir la confiance en nos systèmes" : d'une part "la cyberguerre signe le retour de la manoeuvre, elle permet de redonner corps, au niveau tactique, aux théories offensives", mais aussi "l'analogie avec la période de la guerre froide est pertinente. Une forme de re-glaciation stratégique s'opère et nous renvoie au concept d'équilibre entre puissances numériques". Aujourd'hui, "l'heure est ... aux investissements à la fois financiers et humains ... Pour peser demain, il faut aujourd'hui résolument favoriser l'évolution de notre cadre de pensée, briser les codes qui régissent la stratégie et son rapport à la violence".

Un excellent ouvrage pour commencer à comprendre et approcher les données de ce qui sera, au moins en partie ou sous certaines formes, une des guerres de demain.

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16 mai 2012 3 16 /05 /mai /2012 06:55

Une nouvelle guerre de Trente Ans ?

Bernard Wicht

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Curieuse (mais stimulante) brochure que voici. Ce petit volume (54 pages, 8 euros), rédigé par un bon connaisseur des questions de défense (enseignant à l'université de Lausanne et collaborateur de la Revue Militaire Suisse), nous entraîne dans un aller-retour assez virevoltant, de la crise financière dans l'Europe d'aujourd'hui aux combats en Franche-Comté entre 1634 et 1644 ("Un modèle de guerre cahotique").

Pour l'auteur en effet, qui raisonne à l'échelle macro-historique ("celle des rythmes de la longue durée et des cycles de la conjoncture"), la crise financière actuelle "renvoie à une période de transition hégémonique, marquée par le chaos et l'incertitude". Si l'hypothèse d'une conflagration générale en Europe n'est pas directement évoquée, la déstabilisation à laquelle on assiste "comporte un fort potentiel belligène" : or, ajoute-t-il en reprenant le titre de l'ouvrage célèbre de J.-B. Duroselle, Tout empire périra.

Bernard Wicht dresse le tableau, tel qu'il le voit, de la crise économique et (de l'impuissance) militaire des Etats européens. Il considère que l'on se dirige vers un effondrement des systèmes complexes, "l'U.E. représentant l'ultime avatar de la construction étatique moderne avec sa bureaucratie supra-étatique et son centralisme à l'échelle continentale". L'atmosphère générale est donc plutôt sombre et pessimiste. Pas de "guerre classique" ici par contre (nos armées n'en sont selon lui pratiquement plus capables), mais "le développement inversement proportionnel d'une violence anarchique faite de brigandages et de règlements de compte.. [Le retour] à des formes plus moyenâgeuses de conflits : rezzous criminels et rapines de grande envergure". Plus de "champ de bataille" au sens propre, mais "des raids-éclair à travers tout le pays progressant par ces grandes pénétrantes que sont les autoroutes ... dans le contexte d'une activité sociale et économique s'efforçant de maintenir de conditions d'existence minimales pour la population" !

On peut bien sûr ne pas être d'accord avec cette analyse qui oscille entre les mercenaires de Wallenstein et Mad Max, mais, comme nous le disions en introduction, il est intellectuellement stimulant qu'un théoricien extrapole, s'éloigne des contingences convenues, imagine d'autres scénarios. Après tout, la prospective ne doit-elle pas laisser la place à une part d'imagination créatrice et la "prochaine guerre" n'est-elle pas toujours différente de ce que l'on envisageait au préalable ?

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3 mai 2012 4 03 /05 /mai /2012 08:00

La guerre

  Une vision française

Général Guy Hubin

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Après Perspectives tactiques, le général Guy Hubin signe un deuxième essai, remarquable par sa hauteur de vue et sa lucidité. L'auteur souligne en introduction le danger qui consiste à "nous désarmer psychologiquement, et un jour ou l'autre matériellement", danger qui peut-être nous guette aujourd'hui. "A l'évidence, écrit-il, le goût de la violence nous a quitté mais non moins évidemment, il subsiste chez d'autres"... Réaliste, le général Hubin estime, s'agissant des puissances émergentes, "[qu'] il serait bien hasardeux de penser que leur expansion se limitera aux domaines économique et culturel ... Par la force des choses, des questions de partage de ressources, d'espaces, de pouvoir et d'influence risquent d'entraîner un recours aux moyens de la violence, ruinant la liberté d'action de ceux qui y avaient naïvement renoncé".

Cet ouvrage de 300 pages examine l'évolution du modèle "occidental" de la guerre depuis ses origines. Ce modèle, configuré pour la bataille décisive, rangée, symétrique, où la force est concentrée, remonte à la Grèce antique. Sa genèse est intrinsèquement liée à la pensée rationnelle et déterministe des Grecs anciens. Il est aussi cosubstantiel à un certain contexte socio-politique : "La juxtaposition des exigences économiques, des moeurs politiques et des buts de guerre conduit naturellement à la recherche de la bataille décisive, fille naturelle de l'économie agricole et de la démocratie". Ce style de combat, qui recherche la victoire rapide et décisive, fonctionne à condition que le lien tactique  soit efficient (cette synergie de la discipline, de l'autorité du chef, de l'efficacité des moyens, de l'adhésion à la cause et de la confiance en ses camarades). Sans cette cohésion "sacrée", notre modèle de combat est promis à l'échec.

De facto, mis en difficulté face à un adversaire qui refuse le combat rangé, le modèle hoplitique ne résiste pas au déferlement des cavaliers asiatiques au Ve siècle. Pourtant, il se perpétue -via les Byzantins, eux-mêmes fortement imprégnés de traditions helléniques. Au fond, il semble que ce soit un certain nombre d'innovations techniques, tel l'emploi en Europe de la poudre à canon à partir de la seconde moitié du XIIe siècle, qui permet à notre modèle guerrier de retrouver sa puissance. Les fortifications médiévales n'y résisteront guère : "Des forteresses anglaises du continent aux remparts de Constantinople, toutes tomberont devant la nouvelle puissance du canon". En réaction, les Italiens épaississent leurs murs ; Vauban conçoit au XVIIe siècle des fortifications ingénieuses qui focalisent l'art de la guerre sur la poliorcétique. Les pages que l'auteur écrit sur la France de Louis XIV sont à notre sens des morceaux d'anthologie. L'auteur traverse l'histoire comme chaussé des bottes de Sept lieux, avec vélocité mais non sans adresse. Il enchaîne de manière fluide les dissections savantes des différents conflits (Guerre de Cent ans, Guerre de Sécession, Première et Deuxième guerre mondiale, Algérie, ...) analysant tout-à-tour l'apport des grands théoriciens / praticiens et les évolutions successives de notre modèle guerrier. Le général Hubin, qui nous avait dans son précédent ouvrage convaincu de la pertinence de son analyse tactique, nous fait ici la démonstration de son discernement stratégique.

On peut néanmoins formuler trois critiques. Tout d'abord, on regrettera l'absence de notes en bas de page, qui affaiblit son appareil scientifique. Ensuite, les cartes, par ailleurs fort nombreuses, placées en annexe, auraient dû être intégrées au corps du texte. Leur éloignement altère leur efficacité. Enfin, La guerre, une vision française offre une somme d'informations considérable (gros travail qu'il faut saluer), mais la synthèse aurait sans doute être pu poussée un peu plus loin.

Quoi qu'il en soit, l'oeuvre du général Hubin ne saurait être un bien de consommation jetable. Elle a vocation à durer. Pour aujourd'hui comme pour demain, cette réflexion générale sur la guerre est riche d'enseignements. L'auteur appelle à "définir un nouveau paradigme d'emploi des forces pour nous aider à résoudre les problèmes stratégiques de notre temps". Notre liberté d'action, ainsi que notre dignité, sont des biens précieux. C'est pour elles, en dernière analyse, qu'il faut être prêt à (re)prendre éventuellement les armes.

B.B.P.

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10 mars 2012 6 10 /03 /mars /2012 10:10

Perspectives tactiques

général Guy Hubin

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Il est peu courant qu'un ouvrage de tactique générale fasse rapidement l'objet de plusieurs rééditions. Tel est pourtant le cas de celui-ci, ce qui incite à revenir sur les analyses de son auteur.

Issu de l'arme blindée et ayant longuement servi dans les troupes aéroportées, le général Guy Hubin est passionné de tactique et il tente d'esquisser dans ce livre les fondamentaux de la manoeuvre tactique future. D'un niveau de technicité certain, sans pour autant tomber dans l'inaccessible au commun des mortels, Perspectives tactiques prend toute la mesure des bouleversements en cours dans l'art du combat. Mieux, il propose un certain nombre de réflexions, de concepts et d'instruments qui enrichissent la théorie tactique et participent à son aggiornamento.

A travers dix-sept chapitres courts et cadencés, l'auteur analyse les processus d'évolution technique, jette un coup d'oeil à l'histoire et imagine les modalités de la manoeuvre future susceptibles d'ouvrir les brèches de la victoire. Ce livre tombe à pic car "nous arrivons à un moment où la nature de la manoeuvre va devoir changer, ainsi que la structure propre des forces", selon Hervé Couteau-Bégarie qui signe la préface.

Les rôles sont en train de s'inverser : "Désormais, les forces de mêlée devront localiser, préparer, concentrer l'objectif pour l'offrir aux coups d'une artillerie dont l'intervention, associée à celle des feux air/sol, décidera du sort du combat, car c'est elle qui détruira avec le meilleur rendement". L'auteur nous l'affirme : "Dans moins de cinq ans, l'artillerie possèdera des munitions capables de tirer au but sur des objectifs éloignés de plus de 30 km. Dans la mesure où ces objectifs auront été détectés, ils seront susceptibles d'être détruits. Sur un champ de bataille de plus en plus transparent, la réalisation d'une telle performance interdira la concentration des efforts". Par conséquent, la taille des pions tactiques devra nécessairement diminuer pour éviter la destruction. La responsabilité de l'exécution de l'action descendra très bas, à l'échelon du peloton ou de la patrouille, tandis que les échelons supérieurs exerceront surtout une fonction de contrôle.

Le tacticien de demain devra savoir que la dissimulation de ses forces, principal ressort de la surprise d'hier, va devenir beaucoup plus complexe et qu'il lui faudra trouver d'autres leviers que celui-ci. La maîtrise du rythme, le bon dosage des moyens et la combinaison judicieuse des armes seront déterminants pour vaincre.

En somme, comme le suggère le titre de son ouvrage, Guy Hubin nous offre des perspectives tactiques pour demain et après-demain. Exercice réussi.

B.B.P.

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18 février 2012 6 18 /02 /février /2012 09:00

Res Militaris

De l'emploi des forces armées au XXIe siècle

Michel Goya

RES-MILITARIS.jpg 

L'ouvrage n'est pas à proprement parler une nouveauté (parution chez Economica en 2010), mais il mérite que l'on y revienne. Signé par le colonel Michel Goya, officier des troupes de Marine, breveté de l'école de guerre et docteur en histoire, actuellement directeur d'études à l'IRSEM,il reprend une quarantaine de fichesrédigée pendant son affectation au cabinet du chef d'état-major des armées, regroupées par thématiques : "La pause stratégique", "Stagflation militaire", "Savoir et pouvoir", "Face aux réformes", etc.

Accessible et particulièrement intéressant, Res Militaris suit une approche pluridisciplinaire qui s'appuie sur l'analyse de cas historiques mais fait également de nombreux emprunts à la sociologie, à l'économie, à la géographie ou au management d'entreprise pour expliquer des événements, des situations et s'intéresser à leurs conséquences. Au grè des fiches, nous passons par la plupart des conflits contemporains, de la guerre du Rif à l'Irak en 2009. Michel Goya revisite ainsi les conclusions tirées (parfois à chaud) des ces guerres, les échecs, mais aussi les réussites et les victoires. que ce soit au niveau tactique, opératif ou stratégique, pour en tirer des éléments de réflexion utiles pour le présent comme pour l'avenir.

Il ne s'agit pas de "révolutionner" la pensée militaire, mais bien d'inciter à réfléchir sur "l'emploi des forces" en prenant en compte des fondamentaux, aussi bien au plan des acquis traditionnels, des nouveautés les plus récentes comme des probabilités futures. Il n'y a pas de "solution-miracle" imposée par l'auteur, mais une invitation à prendre du recul, et aborder tout le champ des possibles en "s'attendant à être surpris".

Un ouvrage de référence indispensable dans toute bibliothèque bien tenue.

Pawel Bronclik

Pour accéder au blog LA VOIE DE L'EPEE de Michel Goya.

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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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