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29 novembre 2013 5 29 /11 /novembre /2013 06:25

Essai sur la guerre des partisans

Denis Davidoff

C'est au catalogue d'une petite maison qu'il faut chercher l'heureuse réédition de ce classique de la "petite guerre", assez fréquemment cité mais rarement lu;

A partir de son expérience personnelle de commandant d'un corps de cavaliers semi-réguliers pendant la campagne de Russie contre les Français en 1812 (il était alors colonel des hussards), le général Davidoff a rédigé cet essai, dont l'édition russe de 1821 est traduite en français en 1841. Il donne de la "petite guerre", qui selon lui exige de privilégier les forces légères et très mobiles, cette définition : "La guerre de partisans consiste à occuper tout l'espace qui sépare cet ennemi de sa base d'opérations, couper ses lignes de communications, anéantir tous les détachements et convois qui cherchent à la rejoindre, le livrer aux coups de l'ennemi, sans vivres, sans cartouches, et lui barrer en même temps le chemin de la retraite. Voilà la guerre de partisans dans toute l'acception du mot".

Cet essai est présenté avec l'avant-propos du général de Brack, repris de l'édition française originale. Il est ensuite divisé en trois parties principales. La première, plutôt historique, présente les développements des opérations de "petite guerre" dans le passé récent (à l'époque), entre 1618 et 1809, en Allemagne, en Hongrie et en Espagne, puis l'expérience de la Russie en 1812. La seconde, met en relief les principes de la conduite de la guerre des partisans et de l'emploi des forces irrégulières, en insistant sur le rôle du chef et la conduite de ses opérations, à partir de l'expérience personnelle de l'auteur. La troisième partie enfin s'intéresse à l'ennemi et à la protection qu'il faut assurer de ses propres voies de communication et magasins dans l'hypothèse de "ripostes" ou de "contre-attaques" selon les mêmes règles. Passant alternativement du très concret à la réflexion plus élevée, l'ouvrage fait (re)découvrir des principes essentiels, qui conservent souvent toute leur pertinence. Les aller(retour entre expérience vécue et enseignements ultérieurement mûris sont à cet égard intéressants. Le tout est accompagné de croquis et cartes de la main même du général Davidoff, repris de l'édition russe originale.

Un petit volume peu onéreux qui doit absolument figurer dans toute bibliothèque militaire bien tenue et qui passionnera aussi bien les amateurs des campagnes du Premier empire que ceux qui, aujourd'hui, s'intéressent aux principes de la contre-insurrection.

Editions Astrée, Paris, 2012, 136 pages, 16 euros.

ISBN : 979-10-91815-00-0

Sur la "petite guerre"

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7 octobre 2013 1 07 /10 /octobre /2013 06:54

Anatomie de la bataille

John Keegan

Heureuse idée que de republier ce grand classique peu de temps après le décès de son auteur. Un ouvrage considéré dès sa première parution en Grande-Bretagne en 1976 comme une référence.

Avant d’aborder le fond du texte, arrêtons-nous un instant pour signaler l’intérêt de la longue introduction (ou plutôt première partie) rédigée par John Keegan, en particulier en ce qui concerne l’utilisation de l’histoire par les militaires (on sait qu’il a très longtemps enseigné à Sandhurst), son intérêt, ses défauts et ses risques. Dans le corps de l'ouvrage, au-delà des analyses parfois très intellectualisées qui en seront ensuite issues, Keegan « décortique » littéralement trois batailles emblématiques de l’histoire anglaise (parties 2, 3 et 4) : Azincourt, en octobre 1415 (pp. 75-119) ; Waterloo, en juin 1815 (pp. 121-233) ; et la Somme, en juillet 1916 (pp. 235-337). Pour conclure, il tente de définir dans une dernière partie ce que pourraient être les batailles de demain. C’est donc à un large survol de 500 ans d’histoire militaire qu’il nous convie. Pour chaque bataille, sur la base de la documentation et des témoignages disponibles, il décrit de façon factuelle les événements, puis s’intéresse au rôle particulier des principales armes et à leurs interactions, cherchant à identifier le moment où la situation a basculé, et pourquoi. Il s’intéresse également aux hommes, tués, prisonniers, blessés et fuyards, ce qui nous vaut par exemple pour Azincourt que la journée fut « une effroyable boucherie ». Pour Waterloo, il revient par exemple sur la notion de « terrain », à tenir ou à conquérir, mais aussi sur celles de « peur » et de « panique », qui à un certain moment peuvent paralyser les hommes, ou sur la transformation d’une « foule » (simple masse d’hommes) en « armée » organisée et commandée. Sur la Somme, il considère que « le corps expéditionnaire britannique de 1916 est une des formations militaires les plus remarquables et les plus admirables jamais alignées sur un champ de bataille ». Quant à la doctrine d’emploi de l’infanterie, qualifiée « d’une extrême simplicité », elle semble adaptée à la formation minimale des divisions de nouvelle formation de l’armée Kitchener et se distingue de celle des Français qui « consiste à monter à l’assaut par petits groupes et par vagues, le tir des uns soutenant le mouvement des autres », jugée « trop difficile à assimiler » par les jeunes unités anglaises. Enfin, dans la dernière partie, sa critique raisonnée de l’emploi des grandes unités blindées est également intéressante : « Sur le terrain, une division blindée de la Seconde guerre mondiale ressemble assez peu à l’image commune de la Blitzkrieg … Ils [les chars] sont souvent noyés dans une masse de fantassins », et finalement, contrairement à une idée reçue, « du point de vue de l’expérience humaine, les batailles de la Seconde guerre mondiale ressemblent souvent à celles de la Première ».

Une analyse à trois niveaux : celui des principes généraux de conduite de la bataille, celui des décisions des chefs et des états-majors, celui de la perception de l’individu jeté dans la mêlée. Un ouvrage indispensable pour quiconque souhaite commencer à s’intéresser à l’histoire militaire, sans considération de période ou de théâtre d’opérations. 

Perrin, Paris, 2013, 410 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-262-03543-3.

Un très grand classique

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6 octobre 2013 7 06 /10 /octobre /2013 06:35

La révolution militaire

Geoffrey Parker

Paru pour la première fois en 1988 aux Presses universitaires de Cambridge et publié en français en 1993, ce livre a indiscutablement marqué plusieurs générations. Cette réédition bénéficie d'un appareil critique revu et de quelques modifications ou corrections.

Dans le débat historiographique, Parker s'est vu opposé depuis les années 1990 d'autres analyses (Jeremy Black), mais sa thèse n'en reste pas moins intéresante. L'auteur considère que les XVIe et XVIIe siècle voient naître une véritable révolution militaire qu'il relie directement au développement de l'artillerie, sur terre et sur mer, à l'augmentation rapide des effectifs sous les armes, au développement de la marine (et donc du commerce et de l'économie) et à une capacité d'adaptation des Etats européens à ces nouvelles conditions. Le présent ouvrage est divisé en cinq parties principales : "La révolution militaire revue et corrigée" (artillerie, forteresses et guerre de siège, question de la "bataille décisive", etc.), "La guerre des services" (levée, équipement, entretien et approvisionnement des nouvelles armées), "Victoire à la mer" (notion de Seapower, rôle des territoires coloniaux, évolutions des flottes de combat), "La révolution militaire dans les pays lointains" (Amérique hispanique, Afrique, Indonésie, Inde et Extrême-Orient), et "Par-delà la révolution" (tentatives pour préciser les limites chronologiques et les facteurs essentiels, financement de la guerre). On le voit, les thèmes abordés sont extrêmement nombreux et ce livre figure indiscutablement désormais parmi les classiques, même si l'on peut (si l'on doit) le critiquer sur tel ou tel point. 

On apprécie en particulier les quelques 150 pages de notes, références et index, qui à la fois permettent d'aller plus loin, mais aussi ouvrent en fait sur toute l'histoire européenne de ces deux siècles, dans le détail de sa vie politique, diplomatique, militaire et technique (tel général, telle campagne, tel traité, telle région industrielle, etc.). Un volume de référence qu'il faut garder à portée de la main.

Folio Histoire, Paris, 2013, 489 pages. 11,50 euros.

ISBN : 978-2-07-045335-1.

Quand l'Europe part à la conquête du monde

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28 septembre 2013 6 28 /09 /septembre /2013 06:33

Théorie du combat

et Enseignement militaire au prince de Prusse

Carl von Clausewitz

Si tout le monde a entendu parler du De la guerre de Clausewitz (que certains ont lu), voici réuni en un seul petit volume deux textes bien différents, écrits précédemment, et qui complètent et expliquent en partie les publications ultérieures.

Deux petits documents bien différents donc, par leur contenu et par leur objet. D'une part le "Résumé de l'instruction militaire donnée par l'auteur à S.A.R. le prince de Prusse dans les années 1810, 1811 et 1812", et d'autre part le début de rédaction et le plan détaillé de "Fragment de plan pour la tactique ou la théorie du combat". Il apparait qu'en de nombreux points, sur le plan de la tactique, les fameux "principes de la guerre" qui seront ultérieurement formalisés par Foch sont ici déjà exprimés, peut-être de façon moins claire, mais bien réelle. Le premier texte aborde aussi bien la manoeuvre d'une compagnie d'infanterie que celle d'un escadron de cavalerie, mais aussi la question de la guerre défensive ou celle des lignes d'opérations. Le second (qui n'est rappelons-le qu'un document en cours de rédaction et partiellement rédigé) traite plus spécialement de la "Théorie de la victoire" et des moyens pour y parvenir, du rapport entre offensive et défensive, de l'élaboration d'un plan de combat, etc.Une succession de points particuliers, architecture du livre inachevé, plus de 600 idées sont citées, listées et plus ou moins développées en quelques ligne. On constate que nombreux sont ceux qui conservent (au moins aux échelons d'exécution et de mise en oeuvre) une réelle pertinence aujourd'hui. 

Un publication utile pour tous ceux qui travaillent sur les principes de la guerre et qui s'intéressent aux questions tactiques et doctrinales du début du XIXe siècle. Ce livre semblent essentiellement diffusé par correspondance : nous en précisons les coordonnées ci-dessous.

Editions Astrée, Paris, 2013, 175 pages. 19,50 euros.

ISBN : 979-10-91815-02-4

Vente par correspondance auprès de :

http://www.editions-astree.fr/BC/Bon_de_commande_ClausewitzTC.pdf

Principes du combat

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29 août 2013 4 29 /08 /août /2013 06:40

Géopolitique du Japon

Une puissance inquiète

Barthélémy Courmont

Dans le format désormais caractéristrique de cette jeune collection, Barthélémy Courmont, professeur de sciences politiques en Corée du Sud et déjà auteur de plus de vingt ouvrages consacrés à l'Extrême-Orient ou aux Etats-Unis, nous présente à la fois l'histoire, la situation actuelle et les défis auxquels le Japon est confronté.

La première partie (pp. 11-46) pose le cadre général en traitant à la fois de l'histoire de l'archipel nippon depuis les origines, de sa géographie et de ses constantes culturelles. La seconde (pp. 47-76) s'intéresse à la situation complexe de l'empire du Soleil levant entre 1945 et les années 2000, "entre géant économique et nain politique". La troisième replace le pays dans son contexte régional, "à reconstruire", vis-à-vis des deux Corée, de Taiwan, de la Chine continentale et des principales nations d'Asie du Sud-est, et aborde la question de l'éventuelle révision constitutionnelle, en particulier sur les questions militaires. La quatrième, enfin, présente la puissance japonaise "sous parapluie" américain et la question délicate des rapports d'alliance et d'influence entre Tokyo et Washington, face à Pékin, mais aussi à l'Union européenne.

Accompagné de nombreuses cartes, ce petit volume vous permettra de mieux comprendre les problématiques qui se posent à ce "pays ni complètement ouvert sur l'extérieur, ni complètement coupé du monde", "puissance inquiéte" pour son propre avenir et qui joue, au moins dans les domaines technologique, commercial et financier un rôle exceptionnellement important. Si à horizon visible aucun bouleversement ne semble à attendre, la dernière phrase de l'auteur reste en suspens : "Rien n'est à exclure sur le plus long terme".

Argos éditions, Paris, 2013, 154 pages, 13,90 euros.

ISBN : 978-2-3661-4002-6.

Quel avenir pour la puissance japonaise ?

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16 août 2013 5 16 /08 /août /2013 07:00

Une digue au chaos

L'armée des citoyens

Jean-Jacques Langendorf

Alors qu’une « votation populaire » aura lieu en Suisse en septembre sur le maintien ou non de l’original système de défense basé sur la milice populaire, ce petit ouvrage se veut, et est, une vigoureuse illustration de l’intérêt, de l’importance, de la nécessité d’une défense pleinement assumée par l’ensemble des citoyens.

Dans sa préface, Philippe Leuba rappelle que « l’armée constitue un dossier inévitablement politique, mais ne saurait se limiter à ce statut, parce que notre sécurité va bien au-delà … En oubliant la mission fondamentale qui lui est assignée, en acceptant qu’elle soit réduite -avec la bénédiction cauteleuse de ses adversaires- à être un jouet que l’on peut assembler ou désassembler à sa guise, nous perdons de vue que c’est l’affaiblissement du pays qui est en jeu ». Et Jean-Jacques Langendorf établit ce constat : « Celui qui ne dispose pas d’un minimum d’informations historiques est comme une taupe aveugle qui chercherait son chemin dans une prairie … Qui veut s’orienter, qui veut savoir où il est, voire qui il est, a besoin d’un minimum de connaissances historiques que l’école avait pour mission de lui révéler … Il va de soi que la suppression, ou la réduction, de l’histoire dans les programmes scolaires a pour effet, et c’est d’ailleurs le but recherché, de participer à la décérébration universelle ». Le cadre est posé. L’ensemble du volume est donc consacré à la défense et à l’illustration, à partir de très nombreux exemples historiques, de la milice citoyenne, seule susceptible selon l’auteur d’assurer réellement la défense de la patrie. Des références fréquentes sont faites à l’analyse de cette notion de « milice » dans les autres pas (dont L’armée nouvelle de Jaurès, mais aussi la garde nationale américaine). Il cite les avis très favorables exprimés par le gouverneur militaire de Paris visitant une école militaire suisse en 2012 et détaille la position des différents partis politiques helvétiques sur la question. Il s’efforce ensuite de déterminer les menaces diffuses (terroristes, bandes armées, mafias) d’aujourd’hui et de demain, dont les modes d’action disqualifient selon lui les armées professionnelles, mais rendent toute leur importance à la notion de citoyen en arme. Au terme d’un vibrant (et brillant) pamphlet, la dernière phrase résonne : « Le dilemme et simple : ou les Suisses affirment leur volonté de défense, ou ils sont mûrs pour une capitulation, quelle que soit sa nature ! ».

Mais, finalement, n’est-ce vrai qu’en Suisse ?

Editions Cabédita, Bière (CH), 2013, 78 pages.

ISBN : 978-2-88295-680-4.

La Suisse et son armée

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19 juillet 2013 5 19 /07 /juillet /2013 06:33

Les drones aériens :

passé, présent et avenir. Approche globale.

Centre d'études stratégiques aérospatiales

Une véritable somme ! A ce jour, l’indiscutable référence en la matière ! Avec cet ouvrage collectif de plus de 700 pages, qui rassemble plus de 40 contributions, voici dans tous les domaines un point de situation complet sur le sujet.

L’avant-propos du général Mercier, CEMAA, est une leçon d’intelligence dont quelques technocrates et autres « petits marquis » pourraient utilement s’inspirer : « Une place a également été laissée à certaines approches controversées. Cela est important. Nous ne devons pas rejeter le débat, mais au contraire l’accepter, le favoriser. A la base de toute création de connaissance, seule cette posture permettra à chaque lecteur de se construire une opinion solide et éclairée ». Les parcours antérieurs et les spécialités des différents intervenants témoignent qu’il ne s’agit pas que d’une affirmation de principe : officiers et universitaires, chercheurs et opérationnels, alternent au fil des pages dans une perspective résolument transdisciplinaire.

Cette volumineuse synthèse est structurée selon un plan très pédagogique : « Qu’est-ce qu’un drone ? » (pp. 21-213), « Les systèmes de drones : de l’emploi aux effets » (pp. 215-398), « L’avenir des systèmes de drones » (pp. 399-650). Au fil des articles, sont abordées toutes les questions historiques (Océane Zubeldia), morales (Emmanuel Goffi), économiques (Jean-Jacques Patry ou Bertrand Slaski), juridiques (Laurie R. Blank), tactiques, etc. qui agitent aujourd’hui le monde de la sécurité et de la défense sur ces matériels, dont l’importance est confirmée lors de chaque engagement (voir la récente opération Serval). Beaucoup d’éléments concrets et actualisés sur ces « systèmes aériens opérés à distance », jusqu’à une réflexion sur « L’organisation des unités de drones », et deux « analyses-témoignages » sur « Le drone MALE français à l’épreuve du combat » en Afghanistan et pendant l’opération Harmattan. Les chapitres 5 et 6 en particulier sont consacrés à des problématiques assez peu développées par ailleurs : « Les drones sur le territoire national : entre missions intérieures et usages civils », et « Aspects juridiques, éthiques et sociologiques ». Globalement, s’ils émettent ici et là des réserves, la plupart des contributeurs sont persuadés de l’intérêt et de l’importance de ces « engins volants non-habités » et certains n’hésitent pas à envisager un « avenir radieux » pour les drones (« Drones solaires : la quête du vol perpétuel », par Olivier Montagnier, ce qui ouvre avouons-le d’assez incroyables -et inquiétantes ?- perspectives ; ou « Systèmes automatisés capables de raisonnement éthiques », par Ronald C. Arkin, où l’on se dit que Le meilleur des mondes n’est peut-être pas si éloigné…).

En un mot comme en 100 : absolument indispensable pour quiconque veut se mettre au courant et souhaite s’intéresser au dossier.

La Documentation Française, Paris, 2013, 706 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-11-009376-9

La question du jour ?

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16 juillet 2013 2 16 /07 /juillet /2013 06:33

Introduction à la géopolitique

Histoire, outils, méthodes

Olivier Zajec

Excellent ! En moins de 200 pages denses et petit format, Olivier Zajec parvient à synthétiser des dizines d'ouvrages. 

Après avoir défini le terme lui-même de "géopolitique", il revient dans le chapitre 1 sur l'histoire (complexe et critiquée) de la géopolitique à partir des principaux auteurs français, allemands et anglo-saxons. Puis, après s'être rapidement intéressé aux formes politiques des Etats et à la question des frontières, il traite des différents paramètres physiques et objectifs qui influent sur l'analyse géopolitique (géographie, insularité, population, religion, etc.), avant d'aborder les questions énergétiques (pétrole et "terres rares"). En résumé, un tour d'horizon de la question, agrémenté d'encarts, cartes, tableaux et graphiques et complété par une bibliographie indicative de qualité. Un texte sobre, des phrases courtes, des définitions en quelques mots, si nécessaire imprimés en caractères gras pour attirer l'attention et faciliter la mémorisatio : un manuel de travail qui sera très utile à tous les étudiants ou à ceux qui débutent dans la discipline.

Rédigé par l'une des meilleures plumes de la jeune génération, ce volume se révèle être dès à présent un "outil", un "usuel" indispensable.

Editions Argos, Paris, 2013, 172 pages. 13,90 euros.

ISBN : 978-2-36614-003-3.

Comprendre le monde

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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 06:45

Conflits en zone urbaine

Gyula Csurgai, Pierre Pascallon, Alexandre Vautravers (Dir.)

Dans ce volume collectif, les contributions sont quasiment toutes très intéressantes. Que l'on soit d'accord ou non avec les auteurs (et on l'est souvent), de multiples idées sont agitées et présentées, de multiples hypothèses sont envisagées.

Considérant à juste titre que "la réalité d'aujourd'hui est bien une réalité urbaine", les auteurs multiplient les angles d'approche : "La guerre au milieu des populations" (Pierre Pascallon), "La ville, nouveau lieu de la guerre" (Vincent Desportes), la question de l'adaptation des forces militaires à ces conflits particuliers (Tanguy Struye de Swielande). Ils s'attardent ensuite sur quelques cas concrets ("Conflits urbains au Pakistan", Claude Rakisits). Pas de tactique ici, mais une approche très "sciences-politiques".

Un livre qui ne propose pas obligatoirement une ou des réponse(s), mais qui a le grand mérite de poser sans trop de fard des questions essentielles, dont celle de la pression démographique croissante sur nos sociétés et celle induite des replis communautaristes. Il faut toutefois distinguer entre une intervention extérieure dans un milieu urbain, et l'emploi intérieur des forces armées. Si les "caractéristiques techniques" du combat peuvent être similaires, il y a une fonction politique et morale bien différente. Un ouvrage à connaître par quiconque s'intéresse à ces questions (qui restent au regard de certaines analyses plus de "sécurité intérieure" au sens large que du domaine militaire), mais auxquelles des interventions récentes (Irak, Côte d'Ivoire, etc.) au coeur de mégalopoles donnent une vraie actualité. Un sujet (des sujets) qu'il faut encore réfléchir et dont il faut indiscutablement diffuser les conclusions successives.

Editions Le Polémarque, Nancy, 2013, 191 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-9529246-9-6

Entrer en (campagne) ville

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29 juin 2013 6 29 /06 /juin /2013 06:45

Le Cyberespace

Nouveau domaine de la pensée stratégique

Stéphane Dossé, Olivier Kempf, Christian Malis (Dir.)

Ce n'est pas simplement une question de mode, comme quelques esprits chagins pourraient le laisser dire, mais une véritable nécessité dans le monde actuel (et futur). L'on ne peut donc que se réjouir de la réunion, autour des trois co-directeurs de l'ouvrage, d'une quinzaine des meilleures plumes de la réflexion stratégique française actuelle. Il s'agit ici des actes d'un colloque tenu à la fin de l'année 2011, sur un sujet dont les organisateurs disent en introduction : "Un débat dépassant les cloisonnements habituels est devenu une nécessité, sinon un devoir".

A la suite d'une préface de Christian Malis, bien connu, et un avant propos du général Marc Watin-Augouard, qui met en relief les évolutions très rapides du domaine ("La lutte contre la cybercriminalité ne s'arrête jamais, y compris en phase de conflit"), l'ouvrage est divisé en trois grandes parties : "Penser stratégiquement le cyberespace", "Cyber géopolitique", et "Penser opérationnellement la cyberguerre". Pour la première, nous retiendrons en particulier (mais honnêtement toutes les contributions apportent une contribution utile et le choix est donc difficile) "La pensée stratégique au défi du hacking et de la cyberguerre" (par Charles Bwele) et "Principes stratégiques du cyber (par Olivier Kempf). Pour la seconde partie, "Le cyberepace : un espace politique, un enjeu de puissance" (par Guillaume Tissier) et ""L'encadrement juridique de la cyberdéfense" (par Barbara Louis-Sydney), très intéressants. Et enfin pour la troisième, plus tournée vers les applications concrètes, "Cyberespace, opérations d'information, influence" (par François Chauvency) et "Vers un combat cyberélectronique" (par Aymeric Bonnemaison). 

C'est passionnant, c'est convaincant, mais en écho à l'introduction surgit un doute : la France héritière de Colbert et du centralisme administratif républicain est-elle en mesure de prendre des décisions "dépassant les cloisonnements habituels" ... Ne risque-t-on pas de créer une nouvelle "usine à gaz" ? Un ouvrage indispensable à toute personne s'intéressant au sujet.

Economica, Paris, 2013, 180 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-7178-6568-4.

Réalités concrètes dans un monde virtuel

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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