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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 08:10

Churchill et Hitler

François Delpla

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Auteur prolifique (17 ouvrages et des centaines d’articles depuis plus de vingt ans), spécialiste de la Seconde guerre mondiale (il anime la revue La Dernière Guerre - LDG), François Delpla est à certains égards un historien « en marge » des écoles traditionnelles. Excellent chercheur (on se souvient de Les papiers secrets du général Doumenc -Orban, 1992- sur la campagne de mai-juin 1940), il semble parfois élaborer une théorie complète à partir de quelques documents originaux fort pertinents, mais « complétés » par des déductions à caractère psychologique un peu rapides, ce qui lui vaut sa position particulière dans le paysage historiographique.

Son dernier opus, Churchill et Hitler (Editions du Rocher, 2012), appartient à la même veine et l’auteur dresse (en s’appuyant surtout sur les écrits du premier) un double portrait, à la fois croisé et parallèle, des deux principaux dirigeants de la Seconde guerre mondiale, sur fond de choix stratégiques à l’échelle continentale et de relations avec les autres intervenants (Français ponctuellement, mais Américains et Russes essentiellement). Il donne dès l’introduction son interprétation du caractère d’Hitler en faisant sienne la théorie selon laquelle ce dernier aurait basculé dans l’antisémitisme, « de façon aussi brusque que radicale, analogue à un précipité chimique », à l’automne 1918 à la suite d’un traitement par hypnose subi dans un hôpital militaire de la région de Berlin du fait de sa blessure aux yeux pour cause d’attaque aux gaz toxiques. Son médecin traitant, Edmund Forster, « persuadé d’avoir dans la dictature qui s’abattait sur le pays une responsabilité essentielle », se serait suicidé en 1933 après avoir remis le dossier médical de son ancien patient à des intellectuels émigrés à Paris : toutes les pièces du dossier auraient ensuite été détruites, à l’exception « d’un roman, resté inédit, et retrouvé dans les papiers du grand écrivain tchèque, juif et germanophone Ernst Weiss … C’est malheureusement la seule trace aujourd’hui disponible du dossier et les part respectives de ce matériau et de la création romanesque sont impossibles à délimiter »… Pour un historien, voilà qui commence mal…

Et pourtant… En partant du regard de Churchill, « une sorte de psychiatre spécialisé dans les maladies politiques et merveilleusement placé pour en pénétrer les ressorts », François Delpla reconsidère l’histoire des années 1930-1945 en s’intéressant « au choc de deux volontés individuelles ». Dans ce registre, il multiplie les citations, extraites des divers écrits, des discours, des correspondances, des conversations ultérieurement rapportées du « vieux Lion » britannique et sait trouver le rapport oublié ou le témoignage indirect qui fait mouche. Il utilise abondamment les récits et mémoires des « petits » acteurs de la « grande » histoire (secrétaires des uns, attachés de presse des autres, etc.) et trouve, en particulier dans des publications anglo-saxonnes, des références très rarement citées en France.

 

L’ouvrage se divise chronologiquement en trois parties assez classiques. La première, « L’Allemand fonce, l’Anglais piétine », couvre la période 1930-1939, durant laquelle Churchill fait preuve d’une compréhension exceptionnelle (par rapport à ses pairs) du danger que représentera à terme Hitler et des réponses qu’il faudrait faire aux provocations successives soigneusement mises en scène du Führer. La seconde, « La résistance », qui s’étend de la Drôle de guerre au printemps 1941, voit le chef du gouvernement britannique, héraut et moteur de la résistance au nazisme, bien isolé face à la déferlante allemande. François Delpla nous compte au passage une étonnante histoire de « vingt-neuf faux documents qui avaient été introduits dans les archives nationales de Londres entre 1999 et 2004 », affaire restée sans suite en dépit de « la suspicion jetée sur l’ensemble des archives britanniques ». Voilà qui complète notre introduction : en faisant référence aux travaux d’un historien anglais, il relaye les doutes sur l’intégrité des archives officielles. Les faits sont troublants, peut-être (partiellement) exacts, mais la présentation entretient une espèce de « théorie du complot » qui laisse perplexe. La troisième enfin, « L’estocade », nous conduit de l’attaque contre l’URSS en juin 1941 au suicide d’Hitler dans son dernier bunker, alors que Roosevelt et Staline prennent une place essentielle dans la coalition alliée mais que Churchill s’efforce de conserver un pouvoir d’influence (souvent réel). Sont par exemple évoqués à l’occasion des différents chapitres les relations entre services secrets allemands et organisations sionistes (à propos de la déportation des Juifs hongrois), les débats sur l’emploi éventuel par les Alliés de l’arme chimique ou bactériologique sur les villes allemandes, ou le bombardement de Dresde (en faveur duquel les Soviétiques auraient particulièrement insisté).

En conclusion, François Delpla voit les deux hommes comme des « Titans engagés très tôt dans un affrontement mortel » : « Les deux champions engagent un combat sans merci, dans lequel chacun joue la substance même de son pays », la clairvoyance et l’habileté de Churchill faisant pièce à la capacité de dissimulation puis de résistance d’Hitler. Ce dernier n’aurait pas voulu vaincre et détruire l’Angleterre mais lui imposer une coexistence dans laquelle ses valeurs se seraient dissoutes ; le premier « combattait non pas Hitler mais bien le nazisme, n’entendait pas lui permettre de survivre sous des masques et était encore l’un des rares, dans la direction britannique, à être en garde contre ce risque ».

 

Au bilan, à la fin de la lecture de ce volume de près de 570 pages, un sentiment mitigé qui nous renvoie une fois de plus à notre introduction : de grandes qualités de chercheur, un sens aigu du document « qui parle », mais des raccourcis, des ellipses, des rapprochements que l'on trouve parfois hâtifs. On regrette d’ailleurs l’absence de bibliographie finale, car la liste récapitulative des ouvrages utilisés (néanmoins précisés au coup par coup au long du texte dans les notes infrapaginales) permet souvent de mieux percevoir les sources d’inspiration d’un auteur. Un livre à acquérir et à conserver, par la masse considérable de détails qu’il évoque ou révèle et pour les hypothèses qu’il présente, mais à lire avec la retenue et la distance qu’impose une stricte méthodologie historique. Un « livre-source » peut-être, en ce qu’il présente des éléments rarement pris en compte, mais dont certaines conclusions peuvent laisser rêveur.

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12 avril 2012 4 12 /04 /avril /2012 08:00

En territoire occupé.

Italiens et Allemands à Nice, 1942-1944

Jean-Louis Panicacci

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Voici un livre original et extrêmement intéressant.

Jean-Louis Panicacci commence son étude en rappelant en introduction les conditions dans lesquelles vit la Côte d'Azur en 1940-1941. En "zone démilitarisée", les Niçois connaissent la fiction de l'Etat de fait de Vichy soumis aux pressions des vainqueurs, les excès de quelques groupes radicaux (qui demandent davantage de collaboration) ou italophones ultra-minoritaires (qui prônent le rattachement à l'Italie). Ils souffrent également des restrictions : "La municipalité entreprit de mettre en culture des jardins publics et des terrains communaux, la production de ces nouvelles terres agricoles allant en priorité aux oeuvres d'assistance, notamment aus soupes populaires. La faim devient une hantise quotidienne".

L'ouvrage aborde ensuite en cinq chapitres la période de l'occupation italienne, du 11 novembre 1942 (suite au débarquement anglo-américain en Afrique du Nord) au 8 septembre 1943 au soir (conséquence de la chute de Mussolini à Rome). Les mouvements collaborationnistes (Nice est parfois présentée comme "la fille aînée de la Révolution nationale") et résistants sont étudiés, tout comme la situation des Juifs dans le comté ("La ville de Nice devint ainsi un centre politique et culturel juif sous le regard bienveillant de l'armée italienne") et la situation économique ("On vit de quelques poignées de pâtes et de pois cassés"). Les trois qui suivent traitent de l'occupation allemande, ces derniers s'appliquant "à transformer la baie des Anges et ses approches en un véritable camp retranché", dans une atmosphère de guerre civile naissante, entre attentats et représailles. Les deux derniers chapitres enfin ("L'insurrection" et "Epilogue") reviennent sur les circonstances précises de la difficile libération de la ville ("La capitale de la Côte d'azur s'était libérée elle-même"), sur la situation politique et économique locale en 1945, sur les conflits mémoriels (rôle et place des organisations communistes) et les célébrations ultérieures.

Près de 80 pages de notes, annexes, sources et références bibliographiques complètent cette étude particulièrement bien documentée. A la fois un livre novateur et un ouvrage de synthèse, qui témoigne de la maîtrise de son sujet par l'auteur.

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Nous avons voulu en savoir plus en nous adressant directement à Jean-Louis Panicacci.

Question : Vous montrez dans ce livre les nombreuses différences entre les occupations italienne d'abord, allemande ensuite. Comment les définiriez-vous en quelques lignes ?

Réponse : L'occupation italienne est ambiguë puisqu'elle se proclame comme préventive (empêcher un débarquement anglo-américain) alors que, rapidement, elle prend des aspects d'occupation-annexion, les revendications transalpines émises en 1938 pouvant être concrétisées  par la présence des troupes de la 4e Armée. L'occupation allemande est beaucoup plus brutale, mais classique. Elle n'a aucune arrière-pensée politique et ne cherche qu'à défendre le littoral contre un débarquement allié de plus en plus menaçant.

Question : Dans ce contexte, la situation des familles de confession israélite évolue fondamentalement. Constate-t-on effectivement, sous l'occupation italienne, une attitude différente à l'égard des familles d'implantation locale par rapport aux réfugiés de fraîche date ?

Réponse : L'une des spécificités de l'occupation italienne est la protection des juifs pour des raisons liées à l'affirmation de la souveraineté transalpine dans les territoires occupés, plus que pour des raisons humanitaires. Les Français israélites bénéficient également de cette disponibilité italienne, puisqu'ils échappent à l'apposition de la mention "Juif" sur les documents d'identité et les cartes de ravitaillement. Les étrangers, immigrés récents, sont au coeur du dispositif italien car ils sont les plus menacés au vu de leur situation administrative le plus souvent irrégulière.

Question : Face à ces deux armées, comment réagissent les autorités locales d'une part, la population niçoise d'autre part ?

Réponse : Les autorités locales (préfet, maire) manifestent un agacement perceptible de l'occupation italienne, le préfet refusant le statut de "troupes d'occupation" et le maire ne cessant de dénoncer les atteintes à la liberté consécutives aux arrestations et déportations de patriotes niçois. La population manifeste une certaine froideur, qui se muera, progressivement, en tolérance plus ou moins cordiale, surtout après le renversement de Mussolini.

Sous l'occupation allemande, le préfet essaie d'atténuer les rigueurs des mesures d'évacuation et de fortification du littoral, avant sa déportation ; le Secrétaire général et le directeur du Cabinet se montrent ensuite très dociles vis-à-vis de la Kommandantur. Le maire est en résidence surveillée à Avignon, puis à Annot, et le 1er adjoint faisant fonction oppose peu de résistance aux injonctions de l'occupant. La population est très remontée contre les Allemands, mais elle les redoute particulièrement en raison de leur brutalité.

Question : Finalement, quelle est la place réelle de la résistance dans le département ?

Réponse : La Résistance occupe une place croissante dans le département azuréen, passant d'un stade essentiellement politique (1940-1942) à un stade surtout militaire (1943-1944). Ce changement s'explique essentiellement par l'évolution de la carte de guerre et la nécessité de démontrer à l'occupant qu'il suscite un rejet, concrétisé par de nombreux attentats et sabotages, voire de signifier aux collaborationnistes qu'ils sont dans le collimateur en visant plusieurs dizaines d'entre eux, frappés dans leur personne comme dans leurs biens.

 

Merci Jean-Louis Panicacci pour ces réponses, et pour cette étude fouillée sur une région dont on ne perçoit généralement pas qu'elle a également connu les affres de(s) l'occupation(s).

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 09:10

Les cloches de France sous la Seconde guerre mondiale

Bernard Richard

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Les travaux entrepris et publiés par les "sociétés savantes" et par les associations d'histoire locale ou régionale sont paradoxalement nombreux et trop souvent méconnus. Pourtant, partant parfois de la "micro-histoire", ils permettent fréquemment d'aborder avec des références nouvelles des thématiques beaucoup plus larges. Chaque fois que nous en aurons l'opportunité, nous leur donnerons la parole.

L'article proposé ici, rédigé par Bernard Richard (voir la recension de son récent Les emblèmes de la République publiée le28 mars dernier) a été publié dans le n° 69 (janvier 2012) de la revue Patrimoine campanaire, de la Société française de campanologie. Il aborde sous un angle original la question de la réquisition des métaux non ferreux en temps de guerre (phénomène régulier lors de chaque grand conflit depuis le développement de l'artillerie) à travers l'exemple des cloches des églises pendant la Seconde guerre mondiale.

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7 avril 2012 6 07 /04 /avril /2012 09:00

 Sous l'oeil de l'occupant

La France vue par l'Allemagne

1940-1944

Cécile Desprairies

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Cet album permet de retrouver presque 200 photos prises en France par la propagande allemande durant la Seconde guerre mondiale, classées chronologiquement et par thèmes. Pour chaque double page, la photo figure sur la droite et le commentaire (organisé en trois parties : "Ce que la propagande veut montrer", "Ce que l'on peut en lire aujourd'hui", "L'oeil allemand") sur la gauche. On suit ainsi l'armée allemande, de son entrée sur le territoire national à l'occupation progressive des différentes régions, à la collaboration, la vie quotidienne des soldats, les difficultés des Français, la Résistance, etc. Chaque fois que cela a été possible, les clichés sont référencés (date et lieu de la prise de vue, description, nom du photographe -dont un index final récapitule sommairement la carrière).

Quelques images sont particulièrement marquantes, comme cette photo de l'hémicycle du Palais Bourbon totalement occupé par des militaires allemands et des membres du NSDAP à Paris, écoutant un discours radiodiffusé d'Hitler ; ce défilé de membres "français" de la Deutsche Volksgemeinschaft à Thionville (Diedenhofen) ; ou les affiches allemandes utilisant le "V" de la "Victoire", détourné par l'occupant.

Les commentaires "techniques" démontant les mécanismes de propagande par la photo sont parfois sommaires, mais l'ensemble contitue un petit livre fort utile.

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2 avril 2012 1 02 /04 /avril /2012 08:00

Histoire des Justes en France

Patrick Cabanel

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Ce livre constitue la première étude d'ensemble à disposition du grand public sur ces 3.500 Français qui ont été distingués par le titre de "Juste parmi les nations", plus haute distinction civile décernée par l'Etat d'Israël, rappelle l'auteur, à "toute personne non juive qui, au péril de sa vie et sans contrepartie, a sauvé au moins un Juif au cours des années 1940".  Il détaille également longuement les difficultés de cette recherche, induites en particulier par la distinction avec la résistance armée à l'occupant et le fait que les actions de sauvetage des Juifs ont été accomplies dans la discrétion et le silence. Il souligne les obstacles à un travail classique d'historien par l'absence (naturelle) de fonds d'archives complets et cohérents : "Ces 3.500 Françaises et Français, à la fois anonymes et célèbres, panthéonisés mais inconnus", participent à "la revanche des 'sans-grade' de l'histoire'".

L'ouvrage évoque dans une courte première partie (pp. 19-45) la chronologie de la reconnaissance des sauvetages de Juifs en france, de la fin de la guerre à l'entrée collective au Panthéon et à l'attribution de la Légion d'honneur aux survivants en 2007. La deuxième partie (pp. 47-102) tente une difficile étude sociologique des  'Justes' français : certaines régions se distinguent-elles plus particulièrement ? Quels métiers peuvent être considérés comme sous ou sur-représentés ?, etc. Toujours très mesuré dans le propos, Patrick Cabanel constate que "le corpus des 'Justes' n'a pas été constitué selon les critères de représentativité propres à la recherche sociologique ou historique, mais selon ceux de la mémoire, éminemment fluctuants".

Les trois dernières parties (pp. 103-318) abordent des situations concrètes, individuelles ou locales. La troisième étudie avec un luxe de détails les 'Justes' des années 1940-1942, période durant laquelle plusieurs diplomates étrangers en poste en France se distinguent et durant laquelle les milieux chrétiens jouent un rôle essentiel. La quatrième revient sur les lieux emblématiques, comme Le Chambon-sur-Lignon en haute-Loire, Dieulefit dans la Drôme, ou ces "terres de refuge" du protestantisme français dans les Cévennes ou proches de la frontière suisse. Il confirme également que la zone d'occupation italienne, dans la région niçoise par exemple, constitua un secteur plus favorable à l'action de ces courageux bénévoles. La dernière partie enfin fait part des résultats de la recherche dans le domaine particulier du sauvetage des enfants grâce à des filières et réseaux de couvents et d'écoles, où prêtres et religieuses, assistantes sociales, instituteurs et institutrices tiennent une place éminente.

55 pages de notes, 5 pages de bibliographie et presque 20 pages d'index complètent cette étude, par ailleurs accompagnée au fil des chapitres par plus d'une trentaine de cartes, tableaux et graphiques.

Un livre indispensable sur la période.

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 08:20

Collection "Les Grandes dates de l'Histoire"

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Périodiquement, une maison d'édition ou une autre tente de lancer sur le marché français une collection de petits volumes dont chaque numéro est centré sur une bataille ou une campagne. A notre connaissance, aucune production française n'a pu s'installer durablement sur ce créneau, à l'image de ce que la société Osprey a réussi à faire dans le monde anglo-saxon. Quatre difficultés sont à souligner : d'une part, la pagination (comme souvent le format) se rapproche étrangement de celle d'un magazine classique avec ses numéros hors-série et la différence entre les deux types de production n'est pas toujours évidente ; d'autre part la double question de l'iconographie et de la cartographie n'est pas toujours résolue avec bonheur (euphémisme...) ; par ailleurs le caractère très inégal des textes des différents volumes tient à la diversité des auteurs dont tous ne sont pas d'excellents rédacteurs ; enfin l'exposé simplement factuel (accompagné de fréquentes envolées hagiographiques) des événements n'est pas en lui-même suffisant.

La collection évoquée aujourd'hui (et semble-t-il interrompue après la publication de quelques numéros) échappait partiellement à cet écueil grâce à l'exceptionnelle richesse et à la diversité des fonds photographiques conservés au fort d'Ivry par l'ECPAD.

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Dans cette série, nous retenons en particulier le volume 10 mai 1940. La campagne de France. Paul Villatoux, auteur prolifique et excellent chercheur, signe ici un document à la fois sérieux et référencé, agréable à lire et utile. En dépit de ce que laisse entendre le titre, l'album ne se limite pas aux seules opérations de mai-juin 1940 et s'ouvre sur la campagne de Pologne et la Drôle de guerre à l'automne 1939 pour s'achever sur le vote des pleins pouvoirs au maréchal Pétain en juillet 1940. On appréciera en particulier l'originalité du chapitre 2, qui traite longuement de la propagande des deux camps et des manoeuvres d'intoxication conduites entre l'hiver 1939-1940 et le déclenchement de l'offensive allemande, approche qui n'est pas si courante (la thèse de Paul Villatoux portait sur ces questions de guerre psychologique sous la IVe République).

En résumé, une solide introduction par un historien de qualité.

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20 mars 2012 2 20 /03 /mars /2012 08:05

 

Les guerriers du froid 

Vie et mort des soldats de l'armée rouge

1939-1945

 

Catherine Merridale

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Voilà un livre à lire absolument.

En effet, si les témoignages français ou allemands par exemple sont nombreux pour illustrer et comprendre le vécu des combattants pendant la Seconde guerre mondiale, il était jusqu'à ce jour très difficile dans la littérature francophone de sortir du carcan du discours idéologique soviétique pour ce qui concerne les soldats russes.

Ayant longuement travaillé dans les archives russes, mais aussi dans celles de plusieurs anciennes républiques soviétiques fédérées (Ukraine en particulier), Catherine Merridale ajoute à cette dimension officielle une abondante documentation provenant de correspondances privées, de carnets personnels, ... et de la police politique. Dans cette étude extrêmement fouillée (plus de 500 pages + 36 pages de notes, 10 pages de sources et bibliographie -généralempent en anglais- et une utile chronologie), elle aborde chronologiquement (de la Guerre d'hiver contre la Finlande en 1939 au retour des soldats en 1945/1946) le quotidien des soldats, dans leurs activités militaires, mais aussi leurs doutes et leurs espoirs, leur courage et leur sacrifice.

Chacun sait bien que la Seconde guerre mondiale sur le front russe fut particulièrement meurtrière et les images des combats de Stalingrad en hiver ont fait le tour du monde : cette étude méritait donc bien d'être réalisée. Il n'est pas possible de citer tous les cas concrets et toutes les anecdotes qui émaillent ce récit, par ailleurs fort bien écrit, facile et agréable à lire. En attendant un jour prochain d'autres travaux, voici un ouvrage qui restera sans doute précurseur et de référence.

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 08:20

 

Exposition

L'Outre-mer français dans la guerre 39-45

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Le musée du général Leclerc - musée Jean Moulin de la ville de Paris, situé au-dessus de la gare Montparnasse (23 allée de la 2e DB, jardin Atlantique), présente toujours, jusqu'au 24 juin 2012, une exposition sur la France d'outre-mer dans la Seconde guerre mondiale.

Renseignements : http://www.paris.fr/loisirs/musees-expos/memorial-leclerc-et-de-la-liberation-de-paris-musee-jean-moulin/l-outre-mer-francais-dans-la-guerre-1939-45/rub_6923_actu_1038

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12 mars 2012 1 12 /03 /mars /2012 08:00

Canaris

Eric Kerjean

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Il ne s'agit pas ici d'une biographie du célèbre (et mystérieux) amiral chef des services de renseignement militaires du IIIe Reich au sens classique du terme, de la naissance au décès. L'auteur aborde certes les différents épisodes de la vie de Canaris, mais par des retour en arrière au fil d'un texte qui se concentre sur l'immédiat avant-Deuxième guerre mondiale et sur la période de la guerre elle-même.

En fait, l'auteur centre son étude sur la question de l'éventuelle appartenance, ou non, de Canaris à la "résistance militaire national-conservatrice" à Hitler. Alors que, dans l'historiographie courante, l'amiral est généralement considéré comme un "résistant" (toutes proportions gardées), la réponse d'Eric Kerjean, sans aucune ambigüité, est négative. Il multiplie, à l'appui de sa démonstration, les citations et références et finit par convaincre. Pourtant, des officiers qui lui étaient très proches furent longtemps des adversaires avérés du nazisme, mais Canaris aurait systématiquement joué double-jeu au bénéfice d'Hitler. On peut regretter que l'aspect opérationnel de son rôle à la tête des services militaires de renseignement ne soit pas développé en tant que tel, car le retour permanent sur la question politique peut paraître lassant. Au-delà de cet aspect, on retiendra de nombreuses anecdotes, dont la mystérieuse tentative d'assassinat sur la personne du général Giraud après son évasion.

Un livre original donc, atypique, qui prend position et qui apporte semble-t-il beaucoup pour la connaissance des sphères dirigeantes nazies et sur les interactions entre les principaux dignitaires du régime ; mais qui ne répondra peut-être pas à l'attente des lecteurs intéressés par les questions plus opérationnelles. Une étude qui, en tout cas, mérite indiscutablement de figurer dans une bibliothèque "Deuxième guerre mondiale".

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Pour en savoir plus, nous avons posé quelques questions à l'auteur.

Question : Pourquoi avoir choisi ce personnage et pourquoi l'avoir abordé sous l'angle que vous avez choisi ?

Réponse : Avant d'en arriver à Canaris, j'ai emprunté beaucoup de détours et, en particulier, celui de l'antiquité romaine. J'ai consacré plusieurs années de recherche aux questions liées à la conversion et à la traduction de deux textes latins importants qui concernent la conversion forcée des Juifs à la fin de l'antiquité (à paraître). La vie invite parfois avec force à changer de voie, alors, comme le dit Shakespeare, "ce qui ne peut être évité, il faut l'embrasser". J'ai décidé d'accélérer cette métamorphose. Celle-ci passait notamment par l'histoire contemporaine et l'histoire de l'Allemagne nazie. Confronté aux techniques de renseignement mises en place par la DCRI lors de mon parcours universitaire, je voulais m'intéresser aux renseignements au sein du IIIe Reich. C'est là où la figure de Wilhelm Franz Canaris a surgi. Par chance, ce haut dignitaire nazi a été délaissé par les historiens, surtout en France. En dehors du travail d'André Brissaud, par trop élogieux, rien n'avait été fait depuis les années 1970.

Comme tout travail historique, sans a priori, j'ai commencé par lire l'historiographie qui touche de près ou de loins à Canaris. Parallèlement, j'ai consulté les archives disponibles, notamment celles de Munich, à l'Institut für Zeitgeschichte. Rapidement, la question de son engagement au sein de la résistance militaire à Hitler est devenue centrale, car elle constituait le point d'achoppement sur lequel chaque journaliste ou chaque historien intéressé par le cas Canaris échouait. Pour comprendre la vie du chef des services secrets militaires, il fallait apporter une réponse aux raisons de son appartenance à l'opposition conservatrice à Hitler. Cette problématique à permis de faire de ce livre une véritable biographie.

Question : Les auteurs ont souvent, après plusieurs années de recherche sur leur sujet, une certaine empathie avec lui. Votre perception de Canaris a-t-elle évolué avec le temps ?

Réponse : Sans empathie, je vois mal comment il est possible de faire de l'histoire. Si l'historien est ancré dans un présent, il doit aussi se transporter dans une époque et au sein d'un groupe d'individus. Toutefois, l'empathie s'arrête là. J'ai beau avoir côtoyé l'amiral Canaris pendant deux ans, ce n'est pas pour autant qu'une proximité se crée. Lorsque j'ai commencé d'étudier notre personnage, c'est le résistant à Hitler, pendu le 9 avril 1945 au camp de Flossenbürg auprès de ses compagnons d'armes qui m'intéressait. Cette figure changeait de celles, plus connues, qu'étaient Heydrich, Himmler ou Goering. Au fur et à mesure de mes recherches, j'ai dû revoir totalement ma perception. Le déclic principal a eu lieu au moment où j'ai appris qu'à plusieurs reprises, après la mort de Heydrich, Himmler avait protégé l'action de Canaris. Pour comprendre Canaris, j'ai tenté de définir son cadre de pensée et de vision du monde. Il n'a jamais été question de se mettre à la place du chef de l'Abwehr, mais bien de déterminer, grâce aux archives et surtout aux témoignages de ses collègues, sa manière de penser. Et Canaris pensait avant tout comme le chef d'un service de renseignements. Aussi étrange que cela puisse paraître, aucune des personnes qui s'étaient penchées sur ce "drôle d'oiseau" n'avait pris en compte cette dimension essentielle. Or, de 1916 à 1944, Canaris fut un espion et se comporta comme tel.

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Question : Dans le cadre des opérations militaires conduites par les Allemands à partir de 1939, quelle part diriez-vous que l'amiral Canaris a pu prendre ? Son rôle opérationnel a-t-il été important ?

Réponse : Son rôle semble avoir été primordial. Il n'est pas exagéré de dire que les succès initiaux du IIIe Reich dans la Seconde guerre mondiale doivent beaucoup à Canaris et à l'Abwehr. Wolfgang Krieger, spécialiste des renseignements, dit de Canaris qu'il "servit le régime nazi en faisant de l'Abwehr un service de renseignements parfaitement approprié à la guerre et à la domination, dont les quelques 400 officiers et nombreux autres employés faisaient fonctionner un réseau eficace comptant environ 30.000 agents et intermédiaires". Que ce soit lors de l'Anschluss, l'invasion des Sudètes, la campagne contre la Pologne, celle contre l'Ouest, l'opération Barbarossa, la préservation du secret de la solution finale, Canaris était présent et a su chaque fois mobiliser ses agents pour que son organisation serve au mieux les intérêts de l'Allemagne hitlérienne. Là où il ne fut jamais aussi près du théâtre des opérations, c'est dans sa lutte contre les opposants intérieurs à Hitler. Il vivait avec eux au quotidien.

Question : Il est surnommé le "maître-espion". Quelles qualités et quels défauts lui reconnaissez-vous comme chef d'un puissant service de renseignement ?

Réponse : Sa qualité et son défaut sont d'avoir tenté d'être à la fois maître espion et chef de l'Abwehr. La direction d'une telle structure est un poste politique qui, de facto, rendait impossible toute mission d'espionnage. Or, il a été un espion de 1938 à 1944, la période de son infiltration dans la résistance.Quand je présente Canaris comme le maître espion de Hitler, c'est précisément pour évoquer ces six années, où il a excellé dans l'art de l'espionnage tout en dirigeant brillament son service de renseignement. Toutefois, comme le notaient déjà ses supérieurs dans les années 1920, le principal défaut de l'amiral fut son fanatisme politique. Ses opinions politiques l'ont probablement amené à commettre des erreurs stratégiques, dont la plus importante reste sa décision d'accepter la création d'un service unique de renseignement au profit de la SS et de son chef, Heinrich Himmler.

Avant de terminer, je voudrais souligner un point crucial. Il s'agit de la place qu'avait le chef des renseignements militaires au sein du IIIe Reich : Canaris appartenait à la sphère des hauts dignitaires nazis, au même titre qu'un Heydrich, un Goering, un Goebbels ou un Himmler.

 

Merci Eric Kerjean pour ces longues réponses. Bon courage et bonne chance pour vos futurs travaux.

Amis visiteurs, bonne lecture.

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25 février 2012 6 25 /02 /février /2012 08:30

Evacuation de la tête de pont de Dunkerque

mai - juin 1940

dunkerque.jpg 

Cet article reprend, en français, le texte d'une conférence prononcée au Saint-John College de Cambridge en septembre dernier, dans le cadre d'un colloque consacré aux relations militaires franco-britanniques autour des deux guerres mondiales. Il ne vise pas à proposer un Xième récit des évènements, mais à s'interroger sur l'image qui a été donnée en France des combats dans la poche de Dunkerque et de son évacuation, ainsi que de tenter d'établir un point de situation de la bibliographie en la matière.

01_PortDunkerque.jpg 

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Published by guerres-et-conflits - dans Seconde guerre mondiale
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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