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11 décembre 2016 7 11 /12 /décembre /2016 06:00

Marie Tudor

La souffrance du pouvoir

Isabelle Fernandes

"Marie la sanglante" ne règne sur l'Angleterre que quelques années au milieu du XVIe s. (1553-1558), et la grande Elisabeth Ière qui lui succède l'éclipse souvent. Réédition en format poche d'une biographie parue en 2012, elle mérite grandement d'être lue.

Isabelle Fernandes s'attache donc à retracer l'existence de cette reine méconnue, dont on ne représente trop souvent l'exercice du pouvoir qu'à travers les excès religieux catholiques (300 suppliciés brûlés vifs). En trois grandes parties ("L'apprentissage de l'obéissance", "une impériale soeur" et "La première reine d'Angleterre"), elle nous présente un personnage en réalité tout à fait méconnu. Sa légende noire ("Marie laissa une mémoire odieuse dans l'esprit de quiconque n'a pas l'âme d'un persécuteur", selon Voltaire) est en partie avérée dans un contexte d'opposition très rude avec les Protestants-Anglicans ("la restauration de l'autorité papale, l'alliance avec l'Espagne, les bûchers qui tentèrent de ramener par la force le pays dans le giron catholique, une infécondité tragique et la prise de Calais par les Français permirent aisément de stigmatiser ce règne"), mais on oublie qu'elle prépare aussi le règne d'Elisabeth et qu'elle fut la première femme à accéder au trône. Dans une atmosphère de luttes internes constantes, de complots permanents et d'insurrections à peine larvées, de dissensions entre ses conseillers officiels, elle doit prendre à bras le corps les affaires de l'Etat en temps de crise, alors que "cette femme d'une piété exemplaire ... aurait fait une femme au foyer exceptionnelle, (mais) fut obligée  de résoudre des problèmes qui auraient dérouté des intelligences plus avisées". Alors que son règne débute "sous les meilleurs auspices", elle est confrontée au schisme provoqué par son père, est poussée à se marier pour des raisons exclusivement politiques et dynastiques (avec Philippe d'Espagne), et son pouvoir n'est officiellement confirmé par le Parlement qu'en 1554. L'auteure souligne que parallèlement aux persécutions, Marie Ière développe aussi une véritable pédagogie du retour au catholicisme : "Marie et l'archevêque de Cantorbéry ne renouèrent pas aveuglément avec le passé, ils reconstruisirent au contraire de façon novatrice, s'appropriant les idées qui pouvaient enrichir le message de l'Eglise universelle". Au fil des pages, la mise en relief du rôle des représentants des cultes, du pape, des Français, apporte un éclairage nouveau sur ce règne tourmenté, les relations avec sa soeur Elisabeth sont approfondies, sa triste fin précisée. Isabelle Fernandes s'intéresse aussi à la mémoire de la reine : "Thuriféraires et contempteurs déformèrent son portrait en usant de couleurs qui allaient des teintes fuligineuses au pur ivoire en passant par le rouge sang".

Le livre se termine sur plus de cent pages de notes, annexes, index, bibliographie, ce qui en fait réellement au total un véritable outil de travail, précieux pour améliorer nos connaissances sur l'Angleterre en particulier, et le XVIe s. et ses guerres de religion en général.

'Texto', Paris, 2016, 399 pages. 10,50 euros.

ISBN : 979-10-210-2117-4.

Bloody Mary
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27 juin 2016 1 27 /06 /juin /2016 06:00

Le traumatisme irakien

Tony Blair à l'heure de la vérité ?

Marie-Hélène Labbé

Un tout petit volume, aussi bien en format qu'en pagination, mais un volume qui indiscutablement comptera : Marie-Hélène Labbé revient sur les conditions de l'engagement britannique en Irak en 2003.

Constatant que la puissante commission d'enquête parlementaire n'a toujours pas rendu son rapport cinq ans après avoir entendu les derniers responsables politiques, elle mène sa propre enquête et, s'appuyant sur de très nombreuses citations, met directement en cause l'ancien Premier ministre britannique. Qu'il s'agisse du fonctionnement du gouvernement, des rapports des services de renseignement, des relations avec les Etats-Unis. Ainsi, le "dossier" initial d'accusation contre Saddam Hussein n'est-il qu'un "collage de paragraphes repris de thèses d'étudiants, sans même en corriger les fautes de typographie et surtout sans citer leurs auteurs", et n'a jamais été soumis en amont aux services de renseignement ou aux Affaires étrangères. Globalement, parce que le chef du gouvernement a personnellement décidé de lancer son pays dans la guerre, toutes les fautes, y compris éthiques les plus graves, et tous les dysfonctionnements dans le processus de prise de décision au sommet de l'Etat (quand les "communicants" remplacent les spécialistes...) se retrouvent ici. En résumé, l'intervention en Irak était "fondée sur un mensonge", à la fois injustifiée et illégale : "La légèreté avec laquelle cette décision d'entrer en guerre fut prise, les conséquences catastrophiques pour la région en cause, l'inhibition subséquente du Royaume-Uni sont durablement gravés dans les esprits des décideurs". Le fameux rapport de la commission Chilcot devrait être publié... Quelles seront les conséquences sur le monde politiqe britannique ? Les responsables seront-ils poursuivis ? Si, pour éviter d'être mis en cause, les politiques devaient faire reposer la responsabilité sur les militaires, une grave crise pourrait s'ouvrir : "Les responsables des services de renseignement ont déjà écrit leurs mémoires -où ils ont consigné leur vérité. Celles-ci sont pour le moment dans leurs tiroirs, mais elles en sortiraient s'ils étaient mis en cause et si les responsables politiques -entendez Blair- échappaient à tout blâme".

On attend avec impatience la suite...

PUPS, Paris, 2016, 116 pages. 7,90 euros.

ISBN : 979-10-231-0516-2.

Mensonges officiels
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27 mars 2016 7 27 /03 /mars /2016 08:40

Les libérateurs de l'Irlande

Huit siècles de lutte

Jean-Luc Cattacin

Si la révolte du printemps 1916 est très largement reconnue comme ouvrant la route à l'indépendance nationale irlandaise quelques années plus tard, il ne faut pas oublier, selon l'auteur, que l'histoire dans le temps long de l'île verte n'est qu'une suite ininterrompue d'insurrections successives, dont il nous fait ici le récit.

A partir du constat posé en introduction qu'il y a dans l'histoire irlandaise "une et plusieurs" révolutions et que si "la troisième plus grande île d'Europe fait géographiquement partie des îles britanniques, elle n'est pas britannique, en tout cas pas entièrement", l'auteur nous raconte cette longue résistance à l'Angleterre, une histoire "chantée, glorifiée, magnifiée". Le livre s'ouvre sur un premier chapitre relativement court qui rappelle les événements de Pâques 1916, puis l'auteur en cherche les origines dans les événements antérieurs. Il s'intéresse d'abord à la période immédiatement précédente avec le renouveau linguistique du XIXe siècle, la problématique du Home Rule et l'émergence des Volontaires armées auxquels s'opposent les milices unionistes. Il revient également sur l'histoire du Sinn Fein, la guerre civile au tout début des années 1920 et la naissance de l'Etat libre. Remontant alors dans un lointain passé, il revient à l'histoire mythique de l'Irlande, à sa christianisation au Ve siècle, à la première conquête anglaise au XIIe siècle et déjà aux premières révoltes. Il passe ensuite au XVIe siècle, sous le règne d'Henry VIII avec la séparation entre l'Angleterre et Rome et la création de l'Eglise anglicane dont le roi et le chef, tandis que la population irlandaise reste dans son immense majorité catholique. La colonisation, plus intense et systématique suscite de nouvlles révoltes, mais donne aussi naissance à un sentiment national assez puissant. La question de la terre reste un moteur puissant tout au long des XVIIIe et XIXe siècle, marqués par la terrible répression de Cromwell, une législation anglaise absolument discriminatoire à laquell répondent les premières sociétés politiques secrètes (et parfois leurs groupes armés). Mais l'Irlande est complexe et son histoire tortueuse. Après la tentative avortée de Wolfe Tone de libérer l'île avec le soutien militaire de la révolution française (à nouveau révolte et répression), et tandis qu'une grande partie de la population survit dans une misère noire, l'île change officiellement de statut (adoption de l'Union avec l'Angletette) sans que la réalité vécue ne soit modifiée. Puis vient la "grande famine", après trois ans de mauvaises récoltes, "révolution dans les révolutions", le développement de l'étonnante société des Fenians et la lente marche vers l'autonomie interne. Jean-Luc Cattacin aborde alors dans une troisième partie les secousses qui agiten gravement l'île après l'indépendance. Car les premières années de l'Etat libre sont aussi marquées par de très graves difficultés économiques, et par les partition de l'Ulster, au nord, dont la majorité unioniste souhaite rester (éventuellement par les armes) avec Londres. Le débat tourne rapidement autour de la question de la lutte armée en Ulster, avec l'IRA en particulier. Des centaines d'arrestations plus ou moins arbitraires, mais aussi des milliers de morts (dont 1700 imputables à la seule IRA, et de l'ordre de 700 pour les deux principaux groupes armés protestants). A partir des années 1990 enfin la lente et progressive marche vers une pacification des rapports politiques dans l'île annonce sans doute une paix plus durable, mais par et avec la reconnaissance d'un "peuple irlandais" multiple et complexe.

Un livre très intéressant, dont on peut fort bien ne pas partager l'idée de ce fil rouge révolutionnaire qui serait en quelque sorte la marque de l'histoire irlandaise pendant 800 ans (les causes de chaque insurrection sont diverses et souvent différentes), mais qui propose un panorama large et précis de la question. Une solide synthèse en ce centenaire irlandais.

Vendémiaire, Paris, 2016, 309 pages, 22,- euros.
ISBN : 978-2-36358-198-3.

Révolte(s) irlandaise(s)
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19 mars 2016 6 19 /03 /mars /2016 06:10

Histoire de l'Irlande

De 1912 à nos jours

Alexandra Slaby

A l'occasion du centenaire de l'insurrection irlandaise de 1916, il est heureux qu'un éditeur confie à une vraie spécialiste (Alexandra Slaby est rédactrice en chef de la revue Etudes Irlandaises) une histoire de l'Irlande dans le long XXe siècle.

En effet, si la période 1916-1923 est parfois connue, il était utile de revenir sur différentes périodes qui furent souvent cahotiques ou difficiles pour l'Etat Libre, de l'entre-deux-guerres à la question de l'Irlande du Nord jusqu'au début des années 1990. L'ensemble du livre est ainsi divisé en dix chapitres qui nous entraînent chronologiquement (après un chapitre liminaire qui traite rapidement de l'histoire des XVIIIe et XIXe siècles, de la "grande famine" et de la renaissance linguistique et culturelle) du projet de Home Rule déposé devant la Chambre des communes en 1912,  à la crise financière du début des années 2000 et aux profondes évolutions sociétales de cette ancienne nation catholique. L'importance de la crise irlandaise avant 1914 est bien présentée, la persistance du mouvement indépendantiste et la révolte de Pâques 1916 puis sa terrible répression également. Elle rappelle aussi les contradictions qui traversent l'île pendant la Grande Guerre : "Pour chaque Volontaire (de l'insurrection) y prenant part, il y avait seize volontaires nationalistes dans les tranchées". Les années de l'immédiat après-guerre sont marquées par la renaissance et le développement de la guerre civile (1500 morts), et la question des comtés d'Ulster se pose déjà avec acuité. Alexandra Slaby explicite également cette apparente contradiction de nombreux indépendantistes, à la fois "révolutionnaires" et "conservateurs". La place du catholicisme et de l'Eglise dans le pays, l'origine du bipartisme au parlement national, le long processus qui éloigne progressivement l'Irlande du Royaume-Uni, la première dissidence de l'ETA et les attentats de la fin des années 1930, l'évolution constitutionnelle et les politiques économique et culturelle : chacun de ces thème fait l'objet de chapitres plus ou moins longs qui en apprendront beaucoup à la plupart des lecteurs. La neutralité de la Seconde guerre mondiale s'explique aussi par les difficultés économiques et la rigueur budgétaire ("Il est donc décidé de réduire le budget de la Défense, et le 1er décembre 1939 est votée une réduction de 4000 hommes des effectifs de l'armée. L'Irlande ... n'a pas de force aérienne, pas de marine de guerre. Même la cavalerie polonaise est mieux armée pour faire face à la machine de guerre nazie"). Les contradictions dans lesquelles se trouve alors le pays (par rapport à l'Angleterre mais aussi par rapport à l'Allemagne) sont en particulier exacerbées entre l'Etat Libre et l'Irlande du Nord, et elles expliquent aussi la non-réunification de l'île. L'histoire des années 1950-1990 est essentiellement orientée dans les domaines sociaux et culturels, c'est l'époque où l'IRA se rapproche de l'odéologie marxiste, puis que la république d'Irlande intègre la Communauté européenne. Les questions morales et cultuelles prennent une place de plus en plus importante avec les jeunes générations et, entre crises économiques et financières d'une part et profondes évolutions politiques d'autre part, le pays se modernise à grand pas tout en se fortifiant sur une histoire et une culture propre. Les dernières années étudiées, qui nous sont tout-à-fait contemporaines, sont mieux connues, ne serait-ce que par la presse écrite et la radio-télévision, mais l'auteure a le grand mérite de remettre en cohérence de nombreux éléments dont nous n'avons souvent d'une connaissance éclatée.

Un bel et bon volume qui ne donne jamais dans l'hagiographie et se refuse tout autant à la critique systématique. Un livre très intéressant, pour aller au-delà des paysages de Sky Road (Clifden), du Ring of Kerry ou de Dingle Peninsula. 

Tallandier, Paris, 2016, 461 pages. 23,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1742-9.

L'île verte
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27 janvier 2015 2 27 /01 /janvier /2015 06:00

Histoire secrète des SAS

L’élite des forces spéciales britanniques

Jean-Jacques Cécile

Faisant suite à une première étude parue en 1997, cet ouvrage se veut, en format ‘poche’, une histoire aussi complète que possible de l’unité créée par David Stirling pendant la Seconde guerre mondiale : « Il y aurait un avantage considérable à former une unité combinant le maximum de potentiel de surprise » (et de destruction peut-on ajouter).

A partir du Détachement 1 de la brigade SAS, à l’effectif de 7 officiers, 5 sous-officiers et 55 soldats, le volume de cette formation atypique ne cesse de croître pendant le conflit jusqu'à atteindre celui d'une grosse brigade, au fur et à mesure des missions qui lui sont confiées, d’Afrique du Nord à Malte, de Normandie en Hollande et en Allemagne du Nord, des risques pris et des résultats obtenus. Après une formation extrêmement dense et sélective, le rythme des engagements s’accélère et, entre deux opérations, les hommes s’aguerrissent encore. Après la Seconde guerre mondiale en Europe et un rapide parachutage en Cochinchine contre les Japonais, le 22e SAS Regiment reprend à partir de la fin des années 1940 les traditions de ses aînés en Malaisie. Les effectifs sont à nouveaux à la hausse (des Néo-zélandais sont même brièvement incorporés), mais c’est dans un cadre totalement différent, à Oman, au sud de la péninsule arabique, que l’unité écrit la suite de son histoire. Les années 1960 et 1970 sont essentiellement rythmées par la formation, l’instruction, les stages, etc., même si quelques opérations ponctuelles sont conduites de Bornéo à Aden, et surtout plus durablement au Yémen. C’est avec l’affaire des Malouines en 1982 qu’ils retrouvent les formes d’un engagement massif, somme toute classique, de l’unité, mais c’est dans un autre domaine qu’elle va être employée à partir des années 1990 : les équipes ont commencé à être formées au contre-terrorisme depuis le début des années 1970 et vont en faire leur spécialité, d’abord au sujet de l’Irlande du Nord, puis en Afghanistan et en Irak au début du XXIe siècle.

Un récit vivant, plein d’anecdotes, de portraits de personnalités atypiques, d’histoires d’opérations discrètes, voire secrètes, d'adaptations permanentes aux besoins opérationnels. Un petit volume accessible à tous et que l’on complètera éventuellement avec des travaux plus 'scientifiques' (notons néanmoins qu’un certain nombre de notes et références émaillent le texte).

Nouveau Monde éditions poche, Paris, 2014, 297 pages, 8 euros.

ISBN : 978-2-36942-106-1.

 

Soldats d'exception
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4 août 2014 1 04 /08 /août /2014 07:00

Benjamin Disraeli

James Mc Cearney

Quelle formidable vie, publique et privée, totalement atypique dans l'Angleterre du XIXe s. (et d'aujourd'hui ?) ! Par ailleurs, avec cette belle biographie, James Mc Cearney nous présente un personnage à peu près totalement méconnu en France et qui fut pourtant à deux reprises Premier ministre du Royaume-Uni.

Disraeli reste connu pour son rôle international (politique impériale et conférence de Berlin) et sa proximité avec la reine et impératrice Victoria qui l'annoblit. Mais peu de personnes savent en France que dans l'Angleterre socialement extrêmement figée du XIXe siècle, il est le petit-fils d'un immigré juif, auteur de romans, toujours à deux doigts de la faillite personnelle. Sans grands scrupules mais séducteur, il mène au sein du parti conservateur une politique d'influence que James Mc Cearney décrit avec beaucoup de précision, faisant aussi de cette biographie un véritable "manuel" de science politique anglaise pour la deuxième moitié du XIXe siècle. Benjamin Disraeli remporte de grands succès dans tous les domaines, en particulier politique, mais connaît aussi de graves échecs (Il "est lui-même son pire ennemi") et de profondes déceptions. Ses relations avec les principaux leaders politiques du temps oscillent le plus souvent entre le mauvais et le détestable, ce qui ne l'empêche pas de devenir à trois reprises Chancelier de l'Echiquier, dans des gouvernements traveersés par les crises. Les rapports avec les Eglises ou les projets de réformes parlementaires sont deux thématiques que l'on retrouve durant toute cette période et qui sont finement présentées par l'auteur. L'ouvrage se termine sur la fameuse question d'Orient, les objectifs et la place de la diplomatie britannique, les relations avec la Russie, le Congrès de Berlin enfin constituent la dernière grande partie de cette biographie.

Sur de très nombreux points, sans aucun doute, les lecteurs français apprendront beaucoup sur l'homme, le pays, le gouvernement et la société de son temps.

Pierre Guillaume de Roux éditions, Paris, 2014, 297 pages. 28,50 euros.
ISBN : 978-2-36371-081-9.

Premier ministre atypique
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3 août 2014 7 03 /08 /août /2014 06:20

L'Ecosse en quête d'indépendance ?

Le référendum de 2014

Nathalie Duclos

Un nouvel Etat européen va-t-il (re)naître le 18 septembre prochain ? En sept chapitres d'une grande cohérence et d'une réelle qualité, Nathalie Duclos fait le tour de cette question, qui ne peut en aucun cas nous laisser indifférents.

Après avoir rappelé dans un premier chapitre l'histoire du débat sur l'autonomie et l'indépendance depuis l'union anglo-écossaise de 1707, elle précise l'origine de cette question référendaire et les formes que le gouvernement de Londres comme le SNP entendent lui donner, alors que l'Ecosse bénéficie déjà d'une autonomie accrue au sein du Royaume-Uni. Les chapitres 4 et 5 sont tout particulièrement intéressants car, au-delà d'une vision "romantique" du nationalisme écossais et bien loin des kilts et autres cornemuses, elle explique que les aspects culturels propres (qui ne sont pas remis en cause dans l'organisation actuelle : "cette identité est tenue pour acquise par l'ensemble de la classe politique") comptent finalement moins que les considérations économiques et militaires : "Les grands thèmes de campagne qui opposent les deux camps relèvent de l'économie (il sera beaucoup question de l'autosuffisance de l'Ecosse, de la monnaie, de la fiscalité ou du pétrole), mais aussi de la défense et des relations entre l'Ecosse et l'UE". La question serait donc de savoir si les Ecossais seront plus ou moins riches à l'issue de l'indépendance éventuelle : "A 200 jours du vote, les sondages suggéraient que la peur de perdre la livre sterling pourrait pousser les indécis à voter contre l'indépendance". Peu de lyrisme donc dans ce débat, au moins en apparence. Dans la partie finale, Nathalie Duclos envisage les différentes hypothèses qui pourraient se concrétiser en cas de victoire du "Oui" au référendum, le processus d'accession tranquille à l'indépendance en quelques mois et les conséquences pour les deux pays, mais aussi l'hypothèse d'une victoire du "Non" et, dans ce cas, la possibilité d'un nouvel élargissement encore accru de l'autonomie écossaise, aboutissant quelques années plus tard à une indépendance de fait.

Un petit livre passionnant sur un sujet d'une grande actualité (d'autant plus utile que les principaux médias risquent de ne traiter le sujet que"sur l'air des cornemuses" à l'automne prochain).

PUPS, Paris, 2014, 299 pages. 12,90 euros.
ISBN : 978-2-84050-946-2.

Indépendance écossaise ?
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8 juillet 2013 1 08 /07 /juillet /2013 06:37

L'affaire des missiles Exocet

Malouines, 1982

Retour sur un épisode controversé en son temps. Un documentaire de 55 mn., diffusé le 05 juillet dernier en deuxième partie de soirée sur France 3.

Pour visionner : ici

Guerre des Malouines
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24 juin 2013 1 24 /06 /juin /2013 06:40

Histoire de l'Ecosse

Michel Duchein

J'avoue un faible pour l'Ecosse (comme pour l'Irlande d'ailleurs). Et je garde en mémoire l'histoire du "roi au-delà des mers", qui reviendra restaurer l'indépendance du pays... Dans ce volume, pour l'essentiel publié pour la première fois en 1998 mais complété, Michel Duchein, spécialiste du monde britannique, après un chapitre de présentation de géographie physique et humaine, en aborde chronologiquement toute l'histoire, de l'arrivée des Celtes  au SNP et à la perspective du référendum de 2014.

Non seulement l'auteur traite de l'histoire politique, dynastique, institutionnelle, mais il étudie également pour chaque période l'économie, la religion, les usages, la monnaie, etc. A plusieurs reprises, nous croisons bien sûr la France et les Français (dont l'influence ou le rôle ne sont pas toujours bénéfiques, comme à la fin du XIIIe s. ou au milieu du XVIe), nous suivons Robert le Bruce et nous assistons à la chute de Marie Stuart puis aux guerres jacobites jusqu'à l'union avec l'Angleterre au début du XVIIIe s.  A partir de cette date, l'ouvrage accorde naturellement une place beaucoup plus importante aux aspects économiques, sociaux, culturels, et progresivement la vieille Ecosse s'efface devant les progrès industriels de l'ère victorienne. Un chapitre intéressant est consacré à l'Ecosse durant la Grande Guerre (pp. 609-618), une Ecosse totalement intégrée politiquement et économiquement au Royaume-Uni (Haig lui-même est Ecossais), où émergent les revendications sociales et où perdurent les spécificités culturelles. Les cinquante dernières pages permettent de faire un point de la situation actuelle et ouvrent sur les problématiques de demain.

Témoignant de liens anciens et forts, la France est très présente également dans les annexes, de "L'origine française de Jean Balliol", souverain venu de la Somme, aux lettres patentes d'Henri II, "accordant aux Ecossais la qualité de sujets du roi de France". Utilement complété par un petit lexique, quelques cartes et une chronologie, ce volume séduira tous les amateurs.

'Texto', Tallandier, 2013, 798 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0106-0.

Retour à l'indépendance ?
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19 novembre 2012 1 19 /11 /novembre /2012 07:05

Mission à Kaboul

La relation de sir Alexander Burnes (1836-1838)

Traduit et présenté par Nadine André

 MISSION-KABOUL.jpg

Dans une solide introduction d'une quarantaine de pages, Michael Barry replace dans le contexte plus large de l'histoire de la région et de l'Afghanistan au cours des deux derniers siècles le texte traduit par Nadine André. Il nous rappelle d'ailleurs ainsi que "les voyageurs européens dans le monde afghan, ouzbek ou iranien des années 1830 étaient encore appelés des "Francs" -des Firingi : souvenir lointain de la prépondérance française lors des croisades. Ce n'est qu'après la guerre de 1838-1842 que se substituera, dans Kaboul et Peshawar, l'appellation générique d'Andrez, d'Anglais". Il termine en décrivant par le menu la mort, horrible, de l'officier et diplomate britannique le 2 novembre 1841 à Kaboul. Le te'xte original d'Alexander Burnes est par ailleurs précédé par un "Dossier cartographique" de 11 pages qui permet de retrouver les évolutions frontalières, les principales principautés et les zones de peuplement des grandes ethnies entre le XVIIIe et le XXe siècles, entre l'empire britannique des Indes et l'Asie centrale russe. L'ouvrage enfin se termine avec un dense "Dossier historique" (pp. 305-400), dans lequel Nadine André revient en détail sur la carrière de sir Alexander Burnes et ses voyages au cours des années 1830, le long de l'Indus, vers le khanat de Boukhara, les zones pachtounes et le royaume de Kaboul, menacé par l'anarchie et les querelles de succession. Elle nous rappelle également le déroulement et les conséquences de la première guerre afghane, au cours de laquelle décède Burnes, et revient sur les traits marquants de sa personnalité.

Le corps du texte (pp. 63-303) est donc constitué par le récit détaillé du voyage et du séjour en Afghanistan de l'officier écossais. Il est parsemé de reproductions des croquis et dessins des sites et personnages rencontrés, mais aussi de tableaux statistiques aussi varriés que la liste des faucons de l'émir Ali Murad, les chiffres par commune du peuplement Hazara ou l'état par type de commerces des échoppes du bazar de Dera Ghazi Khan. Plus que le seul récit d'une mission diplomatique et de renseignement, en effet, Alexander Burnes nous offre une véritable étude de géographie physique et humaine, d'ethnologie, politique et sociale. Les questions linguistiques sont traitées, aussi bien que sont détaillées les différentes pratiques religieuses, l'histoire afghane des années antérieures, les différents claniques ou tribaux, la météorologie et le climat selon les régions, la place de la femme dans la société (déjà !), le rôle presque "social" des journées de chasse entre puissants, etc. A travers des paysages somptueux, des déserts du Sud à la vallée du Panjshir, à Héra, à Kunduz, de l'Hindou Kouch à Kaboul, voici donc un superbe récit de voyage, qui est dans le même temps un compte rendu officiel et un témoignage rare. Au-delà des descriptions, on ne saurait oublier l'environnement géopolitique, entre l'empire des Indes, la Perse et la Russie, alors que le "Grand Jeu" anglo-russe agite et déchire la région.

Enfin, imprimé de façon très soignée sur un beau papier, ce livre est complété par un solide appreil de notes et l'on apprécie que le traditionnel index des personnages cités soit complété par un "Répertoire" (pp. 425-457) qui présente sommairement la biographie de chacun, et par un "Glossaire" qui permet en particulier de distinguer entre les différents niveaux des notables et nobles afghans. Un très beau livre, particulièrement intéressant et vivement recommandé.

Editions Chandeigne, Paris, 2012, 490 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-915540-81-9

AFGHANISTAN-2.jpg

Nadine André a bien voulu répondre à quelques questions :

Question : Comment peut-on situer Alexander Burnes dans la hiérarchie européenne des Indes britanniques à l'époque ?

Réponse : En 1836, Burnes, âgé de 31 ans, occupe le poste d'assistant du résident du Cutch, dans la présidence de Bombay. Il a obtenu en 1821 sa nomination dans l’armée de l’East India Company grâce au favoritisme, le système en vigueur à l’époque, mais c’est ensuite à ses seuls talents qu’il doit d’être affecté au service politique en 1829, puis de se voir confier des missions diplomatiques et d’exploration dont le succès lui vaut une notoriété exceptionnelle. Il décline les propositions de postes dans la diplomatie, en Perse, notamment, qui lui sont faites lors de son passage à Londres en 1834-1835. Sa connaissance du nord-ouest du sous-continent et des pays voisins lui permet d’espérer accéder, sans un avenir proche, à un poste de résident dans un état protégé ou d’envoyé dans un état frontalier. Il a eu sous les yeux les exemples d’autres officiers écossais dont la carrière s’est achevée au poste de gouverneur d’une présidence (celle de Bombay pour Mounstuart Elphinstone et John Malcolm). Il est donc très déçu, à son retour de Grande-Bretagne en 1835, car aucune perspective de promotion immédiate ne lui est offerte et ses relations avec son supérieur hiérarchique direct, qui a à son encontre des griefs dont la jalousie n’est pas totalement absente, ne tardent pas à se dégrader. Aussi la mission qu’on lui confie en 1836 répond-elle à ses attentes et lui donne l’espoir de se voir bientôt confier un poste plus prestigieux.

Question : Il est à la fois, comme beaucoup d'hommes de son temps, militaire et diplomate, ethnologue et scientifique. Au terme de votre travail, quelles sont les qualités principales que vous lui reconnaissez ?

Réponse : Burnes a le sentiment d’avoir eu une scolarité médiocre et d’être le membre le moins cultivé de sa famille. Pourtant, il a une érudition non négligeable pour un homme qui a interrompu sa scolarité à l’âge de quinze ans et que l’on peut attribuer à l’excellence du système scolaire écossais de l’époque ainsi qu’à sa soif de connaissances.

Il est épris de liberté, très ouvert, sociable et curieux de tout. Où qu'il soit, il aime se mêler à la population, toutes classes confondues, nouer des contacts et avoir de longues discussions sur une multitude de sujets. C’est lors de ses missions qu’il donne le meilleur de lui-même. Il est également réfléchi, courageux et ambitieux, mais ce sont son flair, son charme, son aptitude à s'adapter à toutes les situations qui lui permettent de mener à bien ses missions et d’en tirer de beaux récits. Il a un réel talent de narrateur et ne donne jamais le sentiment qu’il se prend au sérieux.

Question : Dans le cadre plus large du "Grand jeu" russo-britannique, comment se comprend et s'explique son action ?

Réponse : Burnes échoue à convaincre les autorités de soutenir Dost Mohammed, seul capable, à ses yeux, de faire de l’Afghanistan un rempart contre la Russie. Le problème fondamental est qu’en cette période de « Russophobie », les autorités britanniques ne veulent pourtant pas remettre en cause leurs relations diplomatiques avec la Russie, jugées globalement satisfaisantes au plan européen. Elles considèrent plus simple de prendre aux marches du sous-continent des mesures présentées comme défensives et dont le coût est imputé au gouvernement de l'Inde.

Il y a une part de naïveté chez Burnes lorsqu’il entame cette mission en 1836. Il ne tarde pas à découvrir qu’il n’a rien à offrir en retour des exigences britanniques et son travail est sabordé par les missives officielles sans ambiguïté qu’Auckland envoie à Dost Mohammed. Il finit par comprendre que la mission à Kaboul n’avait pas vocation à réussir. Il a pourtant tout fait pour qu’elle aboutisse. Mais la politique retenue par les autorités est un plan pré-établi plaqué sur la région qui ne prend pas en compte ses spécificités et met en péril un équilibre fragile. Toutes les connaissances de Burnes et les liens qu’il a tissés ne servent donc à rien.

AFGHANISTAN.jpg

Question : Il semble, et vous le démontrez, qu'il pratique finalement une politique différente de celle qu'il préconisait. Comment l'expliquez-vous ?

Réponse : Il ne parvient pas à convaincre ses supérieurs qu'il faut accéder à certaines des demandes de Dost Mohammed. A la fin de l'année 1838, pour apaiser ses réticences et le rallier à la politique retenue, les autorités politiques lui accordent une promotion et un titre et les autorités militaires exigent qu'il soit en première ligne pour préparer l'avancée de l'Armée de l'Indus. Refuser de participer à l'expédition en Afghanistan, c’est mettre un terme prématuré et définitif à sa carrière. Par opportunisme, il fait donc passer son intérêt personnel avant ses convictions. Sans doute aussi espère-t-il pouvoir se rendre utile une fois à Kaboul. Mais Macnaghten n'écoutera ni ses conseils, ni ceux dispensés par d'autres officiers. L’invasion, puis l’occupation de l’Afghanistan lui font perdre ses dernières illusions. Devenu fataliste, il défend désormais une position attentiste et non plus interventionniste.

Ce qui est plus surprenant et plus difficile à expliquer, c’est son comportement à l'égard des Afghans pendant l'occupation. Il a du mal à s’accommoder d’être en quelque sorte une caution officielle pour Auckland et Macnaghten qui exigent sa présence mais ignorent ses recommandations. Cela ne justifie pas pour autant son comportement désormais désabusé, désinvolte, hautain et inamical.

Question : Pourquoi lire l’ouvrage de Burnes sur l’Afghanistan plutôt qu’un autre ?

Réponse : Le récit, destiné au grand public très curieux de découvrir des régions et des peuples alors méconnus, est tiré d'un rapport officiel qui est passé entre les mains de la censure. On peut donc le lire au premier degré, comme un récit de voyage, et l'on fait un beau voyage.

Ensuite, comme Burnes est très elliptique sur les questions politiques, ont peut se reporter aux dossiers historique et cartographique qui permettent, je l'espère, de mieux appréhender la complexité de la situation politique au moment de la mission et du conflit qui lui fait suite, et au répertoire des personnages qui présente plus longuement les principaux acteurs du récit et où l'on croise des personnalités moins connues mais aux parcours parfois étonnants.

Enfin, il y a la remarquable préface rédigée par Michael Barry, dont la connaissance de l'Afghanistan repose à la fois sur un travail d'historien mais aussi sur une expérience ancienne, directe, intime. Il montre combien les conclusions auxquelles est parvenu Burnes sont fondées et rappelle le désastre auquel conduit l'adoption de politiques qui ne tiennent pas compte des recommandations des experts ni des spécificités des pays concernés et des équilibres régionaux.

Merci pour toutes ces précisions et plein succès à cet excellent ouvrage.

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doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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