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22 avril 2014 2 22 /04 /avril /2014 06:20

La Révolution française

Une histoire toujours vivante

Michel Biard

Cette réédition en format poche d'un ouvrage collectif important paru pour la première fois en 2010 est une bonne chose. Par la diversité des thèmes abordés, il propose une compréhension renouvelée de l'histoire de la période révolutionnaire à travers des thématiques généralement peu abordées.

Plus de trente contributeurs pour cette présentation kaléïdoscopique de la Révolution française (avez-vous remarqué qu'elle est la seule toujours écrite avec un "R" au début ?), qui s'interrogent ainsi sur les sujets (de fond) les plus variés et les thèmes qui font (encore) polémique dans l'historiographie de la période. Ils le font d'ailleurs presque toujours (et ce thème est longuement développé dans l'introduction) par rapport à "l'école" de Furet et aux approches antérieures de la période, ce qui donne parfois un ton un peu militant, même s'il reste toujours argumenté et référencé. Les auteurs étudient ainsi les liens intellectuels entre les philosophes des Lumières et les révolutionnaires, les "écritures" successives de cette histoire de la Révolution, ses fondamentaux politiques et constitutionnels, l'émergence du suffrage des citoyens, la place nouvelle de la presse et la tentative de créer une "religion laïque" ; mais aussi les clubs et sociétés politiques, la conte-révolution et la guerre civile, la guerre à l'extérieur, le citoyen en armes, l'évolution de la position de la noblesse dans la société et ses prérogatives financières, les aspects économiques, la question de "L'Etre suprême et celle de la scolarisation des enfants, son impact sur les découvertes scientifiques aussi bien que dans le domaine artistique, le thème du "vandalisme révolutionnaire et celui de "l'exportation de la Révolution" hors des frontières de France. Au passage, les auteurs rappellent certaines réalitésplus générales : "Cette histoire dite 'scientifique' ou 'universitaire' serait-elle pour autant ennuyeuse ? Nous pensons que tel n'est pas le cas ... Les ambitions des professionnels de l'histoire n'ont pas toujours comblé les attentes des amateurs d'histoire" (Annie Duprat) ; "La stigmatisation de la Contre-Révolution devient une nécessité politique, transformant l'opposant en traître à la patrie ... Une pensée manichéenne s'impose dont les siècles suivants se font les héritiers" (Valérie Sottocasa), "La marge de l'historien est étroite. En même temps qu'il convient de récuser les jugements de valeur, il faut refuser les usages automatiques de notions intemporelles lorsque l'on se livre aux indispensables études thématiques et comparatistes" (Jean-Clément Martin), etc. Le tout est d'une grande précision ("A la fin de 1789, environ 250 titres ont vu le jour, plus de 400 en 1790, la grande année de la presse"), et chaque texte constitue dans le même temps une véritable synthèse sur son sujet ("La révolution n'a pas été une catastrophe économique", Guy Lemarchand). Quelles ont été les influences de la période sur la question coloniale ? Sur la vie et l'organisation de la famille ? Sur l'instruction publique ? Sur la compréhension des phénomènes militaires ? Autant de sujets réellement fouillés, non sans que les opinions des auteurs ne transparaissent à l'occasion de références à des situations actuelles ou en conclusion : "Considérant que l'école, de la primaire à l'université, doit rester un des vecteurs du "mieux" vivre ensemble, on comprend qu'elle soit devenue la cible privilégiée des adversaires des héritages révolutionnaire et républicain du XIXe siècle jusqu'à nos jours" (?). La rectification de nombreux a priori relatifs aux Montagnards et à la Terreur tend ainsi parfois à leur défense pure et simple, ce qui correspond sans doute à un mouvement de balancier trop ample.

Chaque chapitre se termine par une bibliographie indicative adaptée, qui peut permettre à chacun d'aller plus loin sur le thème traité. La relative brièveté de chaque texte permet une lecture "entrecoupée", par éléments ou sujets successifs. Un très bon ouvrage que l'on confrontera avec profit aux autres publications ou rééditions récentes traitant de la période.

'Biblis', CNRS Editions, 2014, 447 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-271-08067-7.

Controverses révolutionnaires

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17 avril 2014 4 17 /04 /avril /2014 06:20

Napoléon et la campagne de France

1814

Jacques-Olivier Boudon

Toujours très pédagogique, Jacques-Olivier Boudon nous propose un nouvel ouvrage sur la campagne de France, en prenant soin d'embrasser l'ensemble des problématiques et des secteurs d'opérations.

Il fait ainsi le récit très précis de ces deux mois de campagne, au premier trimestre 1814, que les victoires impériales entre Brie et Champagne donnent parfois l'impression de localiser exclusivement dans le grand Est parisien. Mais il n'oublie pas de parler des autres fronts, dans le Nord, la région lyonnaise, le Sud-ouest. Il traite également de l'Italie, où Murat tente non seulement de sauver son trône de Naples mais aussi de réunir son son sceptre (pourtant si fragile !) le centre voire le nord de la péninsule. Dans le même temps, il dresse le tableau de la nouvelle carte de l'Europe qui naît du reflux français, en Hollande ou en Suisse. Des combats sur la Seine aux opérations de Champagne et aux "vraies-fausses" conversations de paix, Jacques-Olivier Boudon nous donne à comprendre aussi la réalité française de l'époque. Les conditions de la guerre sont particulièrement difficiles pour une armée numériquement surclassée et mal ravitaillée (l'on aurait pu attendre quelques développements complémentaires sur les mouvements populaires armées qui tentent de s'organiser sur les arrières des coalisés), la discipline se délite, et l'auteur n'oublie pas de consacrer un chapitre à la vie des populations qui résident dans les zones des combats, ainsi qu'à l'administration impériale qui se délite en partie, ou aux manifestations royalistes qui se multiplient en divers points de France tandis que leurs réseaux s'activent. Le livre se termine bien sûr sur les derniers jours de l'empire (avec des coups de projecteur sur la situation personnelle des proches et des collaborateurs directs de Napoléon), la célèbre abdication de Fontainebleau et le traité de Paris qui ramène la France dans ses frontières de 1792.

De très nombreuses citations émaillent chaque page, extraites des correspondances ou des souvenirs de personnages célèbres ou d'anonymes. Une belle bibliographie termine le livre, ponctué par cinq cartes claires et lisibles (qui ne concernent hélas que les opérations de Brie et de Champagne). Un volume de large synthèse qui intègre tous les thèmes autour de la campagne militaire proprement dite. Un ouvrage de référence par ailleurs agréable à lire.

Armand Colin, Paris, 2014, 365 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-200-28740-5.

1814

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11 avril 2014 5 11 /04 /avril /2014 06:30

La révolution française

Pierre Gaxotte

Un si grand classique à si petit prix !

Doit-on encore présenter la Nième édition de cette Révolution française, dont la première publication en 1928 fut un véritable événement intellectuel, littéraire et politique ? L'on sait bien que l'auteur, longtemps proche de l'Action Française et très imprégné des idées maurassiennes, ne développe pas une thèse favorable aux principaux acteurs de la période..., mais sa culture classique et son style font de l'ouvrage un véritable monument. Par ailleurs, le talent littéraire apparaît dans de nombreuses descriptions, de détail, de situations personnelles ou d'ensembles plus larges, comme celle de la condamnation de Louis XVI ou celle de la Fête de l'Etre suprême. On ne résiste pas au plaisir de citer cet extrait du début de la première partie qui brosse rapidement le tableau de l'Ancien régime et remonte pour ce faire jusqu'aux premiers temps du Moyen-Âge : "Fonctionnaires impériaux, grands propriétaires, aventuriers qui ont prospéré, brigands qui se sont rangés : ces nouveau roitelets ont mille origines. Violences, usurpations, contrats, immunités, partages, aliénations, opérant au hasard des circonstances : voilà les sources instables et incohérentes de leur pouvoir. Tous les attributs de la puissance publique se détachent, se brisent, se vendent, se volent. L'un s'empare d'un péage, l'autre d'un marché. Il n'y a plus d'armée, il n'y a que des bandes. La justice se partage en mille juridictions spéciales : territoriales, personnelle, censuelle, haute et basse. Les âmes se dissolvent comme les droits".  Tout le reste est de la même eau. On n'écrit plus l'histoire ainsi aujourd'hui, certes, mais le souffle du texte, dans une langue parfaite, laisse rêveur : "Si, dans la confusion des idées et dans l'aveuglement des passions, on put de bonne foi, pendant quelques semaines, confondre la défense nationale et la défense révolutionnaire, on ne tarda pas à être détrompé. En décembre 1793, Anglais, Prussiens, Autrichiens sont battus. La Vendée agonise. La Gironde n'est qu'un souvenir. Toulon et Lyon ne sont même plus des noms sur la carte. Pourtant la Terreur redouble. Elle atteint son point culminant après Fleurus. Plus le gouvernement révolutionnaire est solide, plus il est sanguinaire, plus la guillotine est active. Les historiens qui veulent à tout prix nous représenter les hécatombes montagnardes comme les excès regrettables d'une riposte légitime se trouvent, à partir de 1794, fort embarrassés. Aussi, dans leur désir d'innocenter le système, sont-ils contraints de charger un homme, Robespierre, de tous les crimes qu'ils n'arrivent pas à expliquer autrement. Diversion puérile !". Connoté, oui ; orienté, oui ; mais beau et si bien écrit !

Tout amateur d'histoire de la Révolution et de l'Empire, ou tout simplement d'histoire de France, doit avoir lu ce volume.

'Texto', Tallandier, Paris, 2014, 524 pages, 12 euros.
ISBN : 979-10-210-0454-2.

Un grand classique

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24 mars 2014 1 24 /03 /mars /2014 06:25

Histoire de la campagne de France

La chute de Napoléon

Jean-Joël Brégeon

La campagne de France de 1814 a été, au plan militaire, exemplaire à bien des égards. Dans ce volume, Jean-Joël Brégeon revient en détail sur ce premier trimestre d'il y a 200 ans, qui voit Napoléon multiplier les victoires puis succomber sous le nombre... L'image est trop belle.

Déjà auteur d'une quinzaine d'ouvrage portant pour l'essentiel sur la période de la Révolution et de l'Empire, il commence par évoquer, parmi d'autres, le célèbre tableau La campagne de France de Meissonnier : la scène est "parfaitement imaginaire, même si tout le monde semble être à sa place ... La réussite tient au fait que l'anecdotique passe après la force d'évocation". Pour distinguer son livre des autres productions déjà parues sur ce sujet, Jean-Joël Bréjeon organise son ouvrage en douze chapitres qui allient description des événements et témoignages des contemporains, et surtout il associe à ce récit la prise en compte de l'environnement politique et diplomatique. Partant du constat de la situation en Europe (Napoléon est désormais seul) et dressant le bilan des faiblesses et des lâchetés ("Autour de l'empereur, au plus haut niveau, doute et lassitude ont gagné les esprits. désormais, c'est l'instinct de survie politique qui conduit les uns et les autres"), l'auteur s'intéresse plus particulièrement à Murat, le beau-frère fait roi de Naples qui marchande puis refuse son concours. Vient dès le début de l'année la reprise de la campagne militaire avec linvasion du territoire. Mais, "rien ne se passe comme prévu" : les généraux et les maréchaux qui ne sont pas directement avec lui perdent du temps, négligent de rendre compte, n'exécute pas les ordres reçus. Au bilan, Napoléon n'a jamais disposé au total de plus de 60.000 hommes et il remporte ses victoires avec moins : 16.000 à Brienne-le-Château ou à Fère-Champenoise.  On sait qu'il va battre à tour de rôle les différentes armées des coalisés qui marchent en ordre dispersé, et l'auteur insiste également sur les groupes de partisans levés dans les départements occupés du nord-est, mais aussi on le sait encore moins du sud-est ou du sud-ouest, thème hélas rarement traité. Nous sommes ensuite à Lyon, avec le capitaine Maffre, tandis qu'Augereau semble convaincu que la défaite est inéluctable ; à Paris où l'incompétent Joseph s'agite inutilement, où l'impératrice souhaiterait agir tandis que le ministre de la Police oscille entre incapacité et erreurs. La dure loi des nombres finit par s'imposer : les coalisés entrent dans la capitale et le pouvoir impérial s'effondre comme un château de cartes.  

Tout au long du livre, Jean-Joël Bréjeon multiplie les longues citations d'acteurs et de témoins de ce drame classique. Chaque chapitre se termine par des références bibliographiques directement adaptées. Complété par quelques annexes, ce livre original dans sa forme présente une large synthèse de ces quelques cruciales semaines.

Perrin, Paris, 2014, 400 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-262-04024-6.

1814

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 06:25

Trafalgar, 21 octobre 1805

Le Waterloo maritime

Rémi Monaque

La défaite fut sanglante et son nom reste gravé dans la mémoire populaire. En voici une présentation lumineuse, aussi bien dans le détail des événements que dans la remise en contexte.

Dans ce livre paru pour la première fois en 2005, en douze chapitres solidement référencés mais toujours faciles à lire, Rémi Monaque,lui-même ancien marin, brosse un tableau complet de la marine napoléonienne au début du règne. Une première partie (chap. 1 à 5) s'intéressent aux opérations navales dans les mois et années qui précèdent, présentent les principaux acteurs, les plans de campagne et insistent sur l'importance (très souvent ignorée) des campagnes navales conduites aux Antilles. La seconde (chap. 6 à 12) est consacrée à la bataille elle-même et à sa postérité. L'auteur commence par présenter les matériels (navires et artillerie) et les hommes en présence (Français, Espagnols et Anglais) avec un luxe de détails et quelques tableaux de synthèse bienvenus, puis s'intéresse dans un bref mais dense chapitre aux idées tactiques des amiraux quis ce font face, personnalités fort différentes. Après avoir décrit le déplacement et les manoeuvres des escadres, il revient sur différents témoignages complémentaires et s'attache à déterminer de façon aussi précise que possible le bilan des pertes humaines et le sort des blesés et prisonniers. Dans un dernier chapitre, Rémi Monaque tente de caractériser les conséquences immédiates et ultérieures de cette bataille navale pour les trois belligérants, s'interroge sur les résultats de la guerre de course que la France est désormais contrainte d'adopter, mais aussi sur les conséquences doctrinales (y compris aux Etats-Unis) et psychologiques dans chaque nation.

Soixante pages d'annexes (d'une grande richesse), références d'archives et bibliographie et deux index complètent et terminent ce volume, ponctué de huit cartes. Un excellent volume qui se lit aisément, sur une période où l'on parle plus souvent de campagnes terrestres que de guerre navale. 

Tallandier, Paris, 2914, 393 pages. 24,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0438-2.

Désastre naval

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5 mars 2014 3 05 /03 /mars /2014 06:30

L'empire napoléonien

Une expérience européenne ?

François Antoine, Jean-Pierre Jessenne, Annie Jourdan et Hervé Leuwers (Dir.)

Au-delà des conquêtes, le Premier empire fut-il une première expérience de création d'un "espace européen" au sens moderne du terme ? Une trentaine d'intervenants venus d'Europe et des Etats-Unis tentent de répondre à cette questiion, avec le risque inhérent à ce type d'exercice : "Dans la perspective d'une histoire qui ne soit pas seulement celle du régime et encore moins celle de l'empereur, mais bien celle des Européens". Or, comment consolider une histoire "hors sol" ? Si nous sommes persuadés que l'Empire fut bien une histoire européenne, il n'empêche que tous les Européens n'étaient pas également moteurs de l'histoire. Des histoires nationales connectées, oui, c'est non seulement utile mais indispensable, mais à la poignée d'éventail il y a bien un pays, un régime, un homme qui imposent leur vision et leur tempo. Alors, Napoléon, une histoire européenne ?

L'ouvrage est divisé en cinq grandes parties qui abordent un très large panel de thématiques et d'approches. Toutes les contributions ne susciteront pas l'adhésion immédiate des lecteurs, mais toutes proposent un autre regard et finalement (le mot revient à plusieurs reprises dans différents textes) un constat "paradoxal". Dans la grande diversité (et la grande richesse) des communications proposées, on apprécie en particulier les articles de Marie-Pierre Rey ("Alexandre Ier versus Napoléon : un autre projet pour un autre modèle européen"), de Natalie Petiteau ("Mémoires d'un empire européen de Napoélon"), d'Annie Jourdan ("La réunion de la Hollande à la France : histoire d'un processus, 1810-1811"), de John Dunne et de Malcom Crook ("Les premières élections européennes ? Organiser les élections dans les départements réunis à l'empire napoléonien : Quand ? Où ? Pourquoi ?" et "La pratique électorale dans les départements réunis sous le Premier Empire"), de Matthieu de Oliveira ("Quelle(s) monnaie(s) pour l'Empire ?"), de Laurent Brassart ("Une politique agricole pour l'Europe ?"), de Michel Broers ("Un Empire des lois ? Les peuples de l'empire et l'ordre juridique napoléonien"), de Pedro Rujula ("Conquête et administration. Suchet et le projet impérial dans la péninsule ibéique, 1809-1814"), de Jacques Hantraye ("La diffusion de l'état civil dans l'Europe napoléonienne"), de Cédric Istasse ("Appartenance à la Grande Armée et identité nationale : étude des cadres géographiques de référence des soldats belges à travers leurs correspondances"), ou de Nicolas Todorov ("La langage comme indicateur du brassage culturel à l'époque du Premier empire : l'exemple de l'Allemagne").

En réunissant jeunes chercheurs et chercheurs confirmés, les directeurs de l'ouvrage ont permis d'ouvrir plus largement le champ de questionnements et ont choisi de favoriser le foisonnement des recherches, dont il est impossible de rendre compte en quelques lignes. Même s'il ne fallait conserver que cet atout, ce volume mérite pleinement de figurer dans toute bonne bibliothèque napoléonienne.

Armand Colin, Paris, 2014, 492 pages, 33 euros.

ISBN : 978-2-200-28777-1.

Napoléon et l'Europe

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4 mars 2014 2 04 /03 /mars /2014 06:30

Au service de l'empereur

Alan Forrest

Spécialiste de la Révolution et de l'Empire, Alan Forrest nous livre ici (première édition en anglais en 2002) une approche "par le bas" de l'épopée impériale : "En faisant le choix d'observer la guerre à travers les yeux des soldats français, on racontera celle-ci, autant que faire se peut, avec leurs propres mots".

L'ouvrage est divisé en huit chapitres thématiques ("Combattre pour la Révolution et l'Empire", "Dire la guerre", "Images officielles de la guerre", "La voix ddu patriotisme", "De Valmy à Moscou", "Vie quotidienne", "L'appel de la famille et de la ferme", et "D'une guerre à l'autre"). Le premier brosse le tableau d'un régime impérial profondément ancré dans une culture militaire triomphante, vingt ans de campagnes à l'échelle de l'Europe et au-delà (Egypte, Antilles), campagnes meurtrières avec des contingents venus de tous les territoires. Au fil des chapitres, on le voit, toutes les thématiques sont abordées et l'auteur fait le choix de proposer de nombreuses citations des correspondances de soldats, dont il tire les leçons et enseignements tout en les replaçant dans le contexte de l'époque. Les descriptions (une promotion, la visite de l'empereur, la fureur des combats, un sentiment de fierté, la vie quotidiennes, les violences aux civils (en particulier en Espagne), etc; sont parfois étonnantes : "C'est une bien vilaine chose qu'une grande ville brûlée. Figure-toi Paris brûlé, toutes les maisons sans toits, sans portes ni fenêtres, remplies de débris fumants, quelques maisons conservées ou vous semblant intactes, comme la Cité ou l'île Saint-Louis ; tu verras Moscou en grand deuil". A la réflexion, finalement, des observations assez "banales" sous la plume de soldats : "En dehors de quelques exceptions, lesauteurs de ces lettres et carnets n'étaient pas les héros patriotes admirés par Jaurès et Michelet et présentés pédagogiquement par Ernest Lavisse ... Ils pouvaient embrasser la cause avec sincérité et aimer leur pays avec passion, il n'en reste pas moins que dans leurs écrits ils e montrent tout simplement humains". Ce qui explique le dernier chapitre, a priori étonnant, dans lequel Alan Forrest dresse un parallèle avec la Grande Guerre et les écrits des poilus : "Comme leurs aïeux en 1800, les soldats parlaient de la famille et des récoltes, de ce qu'ils voyaient des campagnes et de l'état des cultures".

Un trés intéressant recueil de témoignages, tout-à-fait complémentaire d'autres ouvrages, qu'il sera utile de confronter à des publications récentes sur les soldats de l'empereur, plus statistiques ou académiques.

Editions Vendémiaire, 2013, 349 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-36358-121-1.

Soldats de l'empereur

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21 février 2014 5 21 /02 /février /2014 06:25

Avec la cavalerie du comte de Pahlen contre Napoléon

Mémoires (1806-1815)

Eduard von Löwenstern

Si l'on dispose de nombreux témoignages d'anciens soldats et officiers de l'armée impériale, la publication en France de souvenirs d'officiers subalternes des armées coalisées est beaucoup moins courante.

Le jeune von Löwenstern, d'origine balte, participe aux côtés du comte von der Pahlen, brillant commandant de la cavalerie russe, aux campagnes contre Napoléon de la fin de l'année 1806 jusqu'à l'occupation en France. Il décrit avec force détails tous les événements de sa vie militaire, des engagements les plus rudes aux loisirs réservés aux officiers d'ancienne lignée (mais souvent désargentés), des heures passées avec ses camarades à la description des prises de guerre, la boue des chemins défoncés et les douceurs des bals de la bonne société, ses amours de jeune homme et les rencontres avec les monarques européens, de la Narev à la Seine, de la Vistule à la Marne. Promu lieutenant en mars 1811, il connait une assez classique vie de garnison jusqu'à ce que Napoléon entame la campagne de Russie. C'est avec le chapitre 3 que s'ouvre le récit de la campagne de 1812 et, dès lors, von Löwenstern ne va pratiquement plus quitter son cheval jusqu'en France. Il participe d'abord, à l'arrière garde, à la protection de l'armée russe en retraite (quelques propos peu amènes sur les Polonais, puis sur les Français) et ne se prive pas de raconter ce qu'il observe ("Les princes Alexandre von Würtemberg et August von Oldenbourg, qui nétaient sortis du quartier général que pour assister au spectacle, décampèrent lorsque les choses devinrent sérieuses", dès la première bataille). Après l'évacuation de Moscou, il assite de loin à l'incendie de la ville mais, malade, quitte provisoirement le service actif.

Il retrouve la cavalerie du comte Pahlen en 1813 pour la campagne d'Allemagne, dans une atmosphère de "loisirs" qu'il qualifie lui-même de "d'ambiance de débauche" (alcool, cartes, etc.), puis participe à un raid vers le coeur de l'Allemagne, "sur le chemin de Dresde", circulant de nuit dans un territoire encore contrôlé par "des sections de troupe du l'armée du vice-roi d'Italie, du roi de Naples et du prince Poniatowski". Pas de prisonnier : les cosaques "sabrèrent impitoyablement ces pauvres gens ou les noyèrent dans les marais". Les noms de bataille évoquent d'autres échos pour un lecteur français (Bautzen, Leipzig), mais le rédacteur ne décrit que ce qu'il voit et s'abstient de présenter une version idéalisée ou romancée des combats. Entre deux beuveries et deux cavalcades, c'est l'entrée dans la capitale du roi de Würtemberg, Stuttgart, une garnison d'hiver près du Rhin avant la campagne de France de 1814. Sans doute est-ce sa campagne la plus dense et la plus active : il est à Brienne, à Bar-sur-Aube, à Fère-Champenoise, à Troyes, Arcy, et combat jusque sous les murs de Paris, où il assure pour son chef une mission auprès du tsar. Ses descriptions sont de la même qualité, sans fioritures, sans excès, reconnaissant les difficultés de progression de l'armée russe : les auberges où il prend ses quartiers, la cannonade et la charge sabre au clair, les inévitables pillages auxquels il assiste, et même une suspension d'armes avec les Français près de Nogent : "Le comte Gérard dépêcha son aide de camp auprès de Pahlen afin de la remercier de lui avoir renvoyé son équipage ... (il) proposa aussi de suspendre le feu des tirailleurs d'élite le long de la Seine, parce que cette fusillade inutile qui durait sur les deux rives à longueur de journées ne pouvait mener à rien. Le comte Pahlen y répondit positivement, et l'on interdit aussitôt à nos chasseurs de continuer à tirailler". Pendant les Cent Jours, il est rappelé vers la Sarre, entre dans l'est de la France, mais virutellement la guerre est finie. Dans Paris occupé, il s'amuse ... et s'endette. Les dernières pages sont consacrées à la fin de son séjour en France, à son lent retour vers la Courlande à travers l'Allemagne, sans oublier sa passion du jeu et son élévation au titre de prince.

Un livre attachant par le sentiment de sincérité qui s'en dégage. Et des descriptions qui, pour une fois, donnent un aperçu de ce qui se passait "de l'autre côté".

Editions des Syrtes, Genève (CH), 2014, 285 pages, 23 euros.

ISBN : 9782940523030.

Cavalerie russe

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19 février 2014 3 19 /02 /février /2014 06:30

La guerre secrète de Napoléon

Île d'Elbe, 1814-1815

Pierre Branda

Comment l'empereur déchu a-t-il vécu pendant quelques mois sur son île méditerranéenne ? A-t-il voulu, conçu, préparé très en amont son retour de l'île d'Elbe ? Dans quelles proportions s'agissait-il d'un véritable pari ? Telles sont quelques unes des passionnantes questions dont Pierre Branda dénoue pour nous les fils.

Pour faire le récit de cette "dernière aventure" de Napoléon dans les deux premières parties, l'auteur commence par nous décrire les difficiles circonstances du trajet de l'empereur déchu vers le Sud et la Provence jusqu'à sa "prison maritime". Puis il s'intéresse longuement à l'organisation publique, politique et militaire, que le nouveau souverain de l'île met rapidement en place, en reproduisant en quelque sorte à échelle réduite les règles et les pratiques de l'ancien empire continental : "Tout était fait pour que l'île soit financièrement rentable", mais la priorité est accordée à la petite armée et à la maison de l'empereur. Pierre Branda brosse en particulier dans cette partie le portrait des quelques fidèles qui accompagnent Napoléon (Durac, Bertrand, Drouot) et rappelle les initiatives prises pour la construction de routes, la plantation d'arbres, l'éclairage public, l'hygiène, etc. Les efforts, parfois peu réalistes, déployés pour développer l'agriculture et l'industrie de l'île (espoirs placés dans une mine de fer) sont très clairement expliqués ; de même que la formation, la place dans la nouvelle principauté et le rôle des 400 hommes de la Garde qui forment le "bataillon de l'île d'Elbe" (dont 80 lanciers polonais et 6 mamelouks) sous les ordres d'un Cambronne pour le moins rustre. On trouve rapidement autour de l'empereur déchu de nombreux Corses, qui prennent en particulier en charge la police et l'équivalent des renseignements généraux, et une unité presque spécifiquement composée de soldats corses voit le jour (un peu plus de 200 hommes). Mais au-delà des apparences, l'auteur sait aussi souligner les difficultés, les manques, les déficits : le nouveau royaume est petit, pauvre et tous les efforts de Napoléon n'y peuvent (presque) rien changer, même la reconstitution d'une "cour" avec chambellans et officiers d'ordonnance. Une partie de sa famille (mère et soeur) et son "épouse polonaise" lui rendent visite, et avec la douceur du climat il retrouve la santé, mais à l'heure du congrès de Vienne l'Europe, et surtout Louis XVIII, s'interrogent : va-t-il rester sur son morceau de rocher ? La troisième partie aborde enfin le coeur du sujet (ou du moins correspond au titre du livre) en détaillant les actions royalistes françaises (jusqu'à un projet d'assassinat ?), autrichiennes, anglaises (paradoxales puisque Londres peut sembler le meilleur allié de Napoléon), etc. qui s'entrecroisent en Méditerranée et notamment à partir de la Toscane. Il étudie aussi les réseaux que Napoléon reconstitue à travers l'Italie du Nord et en France (grâce aux Corses). Pierre Branda dresse également un bilan du sentiment nostalgique qui se répand dans l'armée et dans l'hexagone, mais "un sentiment ne fait pas une conspiration". De même, il détaille l'évolution des relations entre Napoléon et Murat, dont le trône de Naples est de moins en moins assuré. A partir de l'hiver 1814-1815, la situation évolue plus rapidement et les événements semblent s'accélérer : "La pensée de rentrer en France germait dans son esprit". Cependant, "tout porte à croire qu'il se soit décidé très vite, à l'instinct en quelque sorte". Il va quitter l'île, mais pour débarquer où ? En Toscane, en Ligurie, en Corse, dans l'hexagone ? Le choix le plus audacieux et le plus risqué est fait : les 1.000 hommes qui constituent alors toute l'armée impériale embarquent le 26 février au soir sur six petits navires. Le périlleux voyage est parfaitement décrit (la chance et l'audace payent et la flotille échappe aussi bien aux navires français que britanniques) et le 1er mars, alors que "la nuit était sur le point de s'achever", apparaissent les plages de Golfe Juan. Les Cent Jours commencent.

Plutôt qu'un livre sur la "guerre secrète" stricto sensu, voici une excellente étude du séjour de l'empereur à l'île d'Elbe, présentée dans un style fluide et agréable. Un épisode méconnu de l'épopée impériale qui retrouve ici toute sa réalité, sa densité, ses illusions aussi.

Perrin, Paris, 2014, 474 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-262-03291-3.

Préparer le retour d'exil

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18 février 2014 2 18 /02 /février /2014 06:30

Les Suisses de Napoléon à la Bérézina

B. de Tscharner (Dir.)

A l'initiative du musée des Suisses dans le monde, ce petit livre s'intéresse au rôle et la place des Suisses dans l'armée impériale pendant la retraite de Russie, à l'occasion de la présentation au public d'une nouvelle salle du musée sur "Les Suisses de Napoléon", dont un impressionnant diorama sur "La Bérézina".

François Walter présente d'abord "L'Europe et la Suisse en 1812" en expliquant le système de la "Médiation" et les conséquences pour la Confédération de la politique de blocus ; Fred Heer s'intéresse ensuite à "La bataille de la Bérézina", la ruse de Napoléon, la construction des ponts (les célèbres sapeurs sont hollandais et wurtembergeois), et le sort des autre régiments suisses du corps d'Oudinot ; Hans-Jakob Streiff nous apprend tout sur "Thomas Legler et la chant de la Bérézina", composé à la fin de l'année 1812 mais porté à la connaissance du public en 1868 ; Alain-Jacques Czouz-Tornare revient sur "La Bérézina et son impact sur l'histoire suisse", ses échos immédiats comme ses conséquences ultérieures, son influence sur le recrutement des volontaires et jusque sur les institutions fédérales. Beat Aebi ("Les dioramas") et Anselm Zurfluh ("Une nouvelle salle pour un nouveau musée à Penthes") terminent ce volume en donnant toutes les précisions utiles sur ce passionnant musée et son évolution.

Un petit volume sur un point particulier de l'histoire de l'empire, agréable à lire et qui ouvre sur d'intéressantes visites.

Editions Cabédita, Divonne-les-Bains, 2013, 79 pages.

ISBN : 978-2-88295-667-5.

Pour commander directement : ici

Le site du Musée des Suisses dans le monde : ici

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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