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27 octobre 2014 1 27 /10 /octobre /2014 06:00

Diplomaties au temps de Napoléon

Yves Bruley et Thierry Lentz (Dir.)

Rares sont les actes de colloque qui paraissent aussi rapidement. Ceux-ci sont publiés huit mois après la tenue de cette rencontre scientifique, et mérite d'être souligné.

Près de trente contributeurs interviennent, avec parfois des textes assez brefs. Le volume permet un très large tour d'horizon du sujet, à travers cinq parties très nettement distinctes et parfaitement complémentaires : "La diplomatie napoléonienne, entre Révolution et Empire", "Le ministère des Relations extérieures", "Les diplomates et les pratiques diplomatiques", "Penser la diplomatie au temps de Napoléon" et "Diplomates contre Napoléon". Nous découvrons ainsi les lieux de la diplomatie napoléonienne et les grandes figures du temps, souvent oubliées aujourd'hui. On apprécie également la communication "Les ingénieurs géographes, de la cartographie à la définition des frontières" (par Thierry Vette), ainsi que les deux textes d'orientation plus juridique : "La pratique du droit diplomatique à l'époque napoléonienne" (Jean-Paul Pancracio) et "Deux exemples d'interprétations du droit de la guerre en 1808 : la convention de Cintra et la capitulation de Baylen" (Alain Pigeard). David Chanteranne présente une originale "La diplomatie dans la peinture et le cinéma", tandis que jean-Pierre Bois s'intéresse à "L'idée de paix dans l'Europe de Napoléon". La dernière partie, qui aborde la question du point de vue des adversaires de l'empereur, comporte une intéressante et originale étude sur "Ercole Consalvi, restaurateur de la diplomatie pontificale et du Saint-Siège" (Jean Etèvenaux).

Des actes de colloque qui peuvent satisfaire tous les amateurs de l'histoire impériale.

CNRS Editions, Paris, 2014, 377 pages. 22,90 euros.
ISBN : 978-2-271-07990-9.

Diplomatie et diplomates

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 06:00

Le coup d'Etat

Robespierre, Danton et Marat contre la démocratie

Pedro J. Ramirez

Grand journaliste espagnol et excellent connaisseur de la période révolutionnaire, Pedro J. Ramirez nous propose ici une véritable somme sur quelques moments particuliers, véritablement passés au scanner, alors que la majorité de l'Assemblée se laisse déposséder de l'autorité pour laisser agir les plus radicaux de la Convention au premier semeste 1793.

On reste muet devant le luxe de détails et de précisions que Pedro J. Ramirez apporte à la description des événements, mais aussi à la solidité de son récit qui s'appuie sur un dense appareil critique (20 à 30 pages de notes et références à la fin de chaque chapitre !), et l'on se dit aussi qu'il est heureux qu'un éditeur prenne encore le risque commercial, en ces temps de marasme économique et de baisse des ventes de livres (hors ouvrages polémiques ou à scandale) de publier une telle somme.

Nous suivons donc la marche vers le pouvoir absolu de la Convention montagnarde grâce aux correspondances, articles, pamphlets, discours en tribune et autres déclarations publiques ou privées que les principaux protagonistes de l'histoire font connaître ou conservent. Les questions politiques et diplomatiques, intérieures et extérieures, fiscales et économiques sont tour-à-tour abordées, sans jamais oublier la remise en contexte : "Le pire héritage reçu par la Convention (était) ... la création d'un système basé sur le cannibalisme monétaire et la consolidation d'un modus operandi qui rendait indispensable de continuer à l'alimenter avec de nouvelle émissions ... C'était un Gargantua financier qui engloutissait tout et dépouillait peu-à-peu les Français, non seulement de leur richesse réelle, mais même des moyens de subsistance les plus élémentaires". Au fil des pages, on fait mieux connaissance avec un certain nombre de publicistes, de parlementaires, de comploteurs dont les noms peuvent être plus ou moins vaguement connus, mais dont on a oublié le rôle et l'importance (même ponctuelle) auprès des principaux responsables. On assiste aux pressions exercées sur l'Assemblée par un public envahissant, aux manoeuvres d'iinfluence (ou tentatives) des uns et des autres, on constate la détermination (l'obstination ?) d'un Marat, on peut relire les envolées d'un Danton et la pratique fréquente du faux et de l'usage de faux pour discréditer un adversaire, les modalités d'adoption d'une législation d'exception, le lyrisme (parfois bien excessif) qui emporte les foules : "Je demande enfin, pour prouver à la nation que nous ne capitulerons jamais avec un tyran, que chacun d'entre nous prenne l'engagement de donner la mort à celui qui tenterait de se faire roi ou dictateur" ! L'essentiel du livre se déroule dans l'atmosphère empoisonnée et éruptive du Paris révolutionnaire, mais les relations avec la province ou les conséquences des décisions prises à l'étranger ne sont pas oubliées. Les questions militaires (Dumouriez et sa "trahison" en particulier) reviennent également régulièrement dans les propos cités, tout comme les appels lancés dans L'Ami du peuple par exemple. Les approvisionnements de base pour la population et la délicate question du recrutement des "volontaires" constituent ainsi une forme de "fond de tableau" à de très nombreuses scènes, tandis que la répression s'abat sur les royalistes, les derniers partisans parisiens des Bourbons et que l'insurrection vendéenne inquiète. L'argumentation utilisée n'est parfois pas sans intérêt : "La majorité ne peut faire la loi à la minorité lorsque celle-ci a pour elle les principes !", ou "Que les mesures de la République soient dirigées vers ce but, étouffons le germe de la contre-révolution, et qu'il ne soit plus question que du triomphe des Parisiens". Et pendant que les représentants excités des sections et autres "pétionnaires" interviennent dans le débat, le vote public et nominatif devient aussi un moyen de pression sur les opposants qui tiennent à leur vie, facilitant l'évolution vers les lois d'exception et la dictature de la Montagne. 

Une véritable somme rédigée dans un style extrêmement agréable. Un livre d'une telle ampleur mérite d'être lu progressivement, par chapitres successifs, pour en appréhender la richesse et la profondeur.

Vendémiaire, Paris, 2014, 991 pages, 28 euros.
ISBN : 978-2-36358-143-3.

Le détail des jours critiques

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27 septembre 2014 6 27 /09 /septembre /2014 06:10

Cent jours

La tentation de l'impossible

Mars-juillet 1915

Emmanuel de Waresquiel

Réédition d'un ouvrage paru en 2008, ce livre présente une approche originale, par un spécialiste, d'une période souvent mal connue dans ses détails : les ingrédients d'une étude réussie sont réunis.

Dans son introduction, l'auteur explique (c'est évident, mais l'on y pense jamais tant le poids de "images d'Epinal" est fort) que les Cent Jours sont non seulement, du "vol de l'Aigle" à Waterloo, le dernier épisode de l'épopée impériale, mais aussi une période de défaite, de fuite, de doutes, d'exil pour les "vaincus" du moment, royalistes restés fidèles à Louis XVIII. Dans cette étude particulièrement fouillée, s'appuyant en particulier sur de très nombreux témoignages des acteurs et témoins des deux camps, il décrit donc cette période du 1er mars au 8 juillet 1815 en se plaçant le plus souvent sous l'angle d'analyse du roi et des monarchistes. Soyons clairs : le roi en fuit n'en sort pas grandi : il "se soucie de sa maison militaire comme d'une guigne et ne pense qu'à lui", tandis que son frère le comte d'Artois "est un adepte du Courage, fuyons !". Les jalousies et les petitesses des uns, les ambitions et les manoeuvres des autres, dans le monde politique, intellectuel ou militaire, en province, à Paris ou à la cour, tout y passe et la description de cette période donne finalement le tournis. La question des cocardes, si forte de poids symbolique, est longuement évoquée à plusieurs reprises et, dans l'ordre des symboles également, le fait en lui-même que le roi trouve refuge à l'étranger n'est pas neutre : "La décision prise le 23 mars au matin de quitter -même momentanément- le pays lui [a] donné un caractère irréversible, culpabilisant, voire infâmant ... La patrie n'est plus dans le roi dès lors qu'il la quitte. Alors, les liens de fidélité tombent". Autre question, non dénuée d'intérêt, celle de la réalité de la "révolution de 1815", surtout comparée à la "grande" révolution et aux élans enflammés qui l'accompagnaient : au début des Cent Jours, "tout [est] en malveillance et en jalousie". La description de la "Cour de Gand" est passionnante, tout comme les comparaisons qui suivent avec l'exil des ultras en 1830 et l'effet moral sur les exilés de cette Nième "flambée révolutionnaire" qui "a le mérite de séparer le bon grain de l'ivraie, la fidélité d'un côté, le parjure de l'autre". Traitant de tous les aspects du séjour de Louis XVIII en exil, Emmanuel de Waresquiel s'intéresse au "gouvernement" royal et à ses finances ("L'un et l'autre sont au pouvoir ce que le rêve est à la réalité"), aux forces militaires qui vont confluer vers le territoire belge, à la panique qui se généralise lorsque l'on apprend que Napoléon lui-même est en route pour la ville : "Comme d'habitude avec les princes, le salut est dans la fuite" ! Les derniers chapitres sont consacrés aux difficiles négociations qui suivent la défaite de Napléon et sa deuxième abdication, avec un sens du détail et de l'anecdote significative toujours aussi agréable. Les séquelles de la seconde occupation seront perceptibles pendant tout le XIXe siècle (se souvient-on qu'il y avait une zone d'occupation pour les Hessois et les Wurtembergeois entre Cosne et Charolles ?), au plan intérieur comme au niveau européen, du fait d'une "véritable crise de la légitimité politique qui mettra un temps infini à se résoudre".

Les Cent Jours comme vous ne les aviez sans doute jamais envisagés. Un livre passionnant.

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 2014, 687 pages. 12,50 euros.
ISBN : 979-10-210-0658-4.

L'autre côté de la légende

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17 septembre 2014 3 17 /09 /septembre /2014 06:05

Le procès de Louis XVI

Albert Soboul

Grand spécialiste de la Révolution française décédé depuis une trentaine d'années, Albert Soboul a publié ce livre pour sa première édition en 1977. C'est assez dire si, en dépit des années, il est devenu un classique.

A partir de très larges extraits de déclarations et discours, écrits et correspondances, textes officiels et privés, émanant de toutes les tendances considérées et de la plupart des protagonistes du procès, il reprend point par point les éléments objectifs et subjectifs du débat historique. Montrant toute l'importance des fondamentaux idéologiques et des prises de position politiques, Albert Soboul entre dans le détail des événements, des rapports successifs de différents parlementaires et commissaires au contenu de "l'armoire de fer". Tout un long chapitre au coeur du livre (pp. 128-271) est consacré avec une infinie précision aux débats qui se déroulent devant la Convention de décembre 1792 à janvier 1793, et force est d'admettre que les documents cités apportent une réelle plus-value. Et après bien des rebondissements, vient la condamnation, puis l'exécution. La conclusion de l'auteur témoigne de son parti pris constant dans l'ouvrage (la mort était inévitable et à bien des égards nécessaire), mais élève aussi le débat : "Pardonner à Louis XVI, lui accorder des circonstances atténuantes, c'était justifier l'appel à l'étranger, le territoire envahi, la patrie déchirée. Pardonner au roi, c'était condamner la nation. Dans les Conventionnels qui, non sans courage, non sans péril, condamnèrent le roi, nous honorons, comme Michelet, les fondateurs de la République".

Tout à fait recommandé, en particulier pour la richesse, la densité et la diversité des citations qui émaillent chaque page.  

Folio Histoire, Paris, 2014, 387 pages. 8,40 euros.

ISBN : 978-2-07-045686-4.

"Tout roi est un rebelle et un usurpateur"

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2 septembre 2014 2 02 /09 /septembre /2014 06:00

Charles Pierre François Augereau

Le maréchal révolutionnaire de Napoléon

Pierre Folliet

A la fois porteur d'un nom connu mais dont le rôle n'est pas toujours bien compris, ce livre sur le maréchal Augereau s'ouvre sur une phrase d'Emmanuel Le Roy Ladurie à méditer : "Les biographes sont les soldats de l'infanterie de l'Histoire".

Constatant que son héros est celui des maréchaux au sujet duquel les ouvrages sont les moins nombreux, Pierre Folliet revient sur un personnage qui a laissé dans l'histoire de l'empire une image souvent négative : "le pillard d'Italie, l'escogriffe au langage des faubourgs, le soudard traînant son sabre dans les salons de la cour impériale, ou le vieillard livrant Lyon sans défense aux Autrichiens". Ayant constaté la rareté des sources en dehors des documents militaires officiels, l'auteur commence par brosser un portrait contrasté d'Augereau à partir des témoignages de ses pairs et contemporains pour en conclure : "Que l'on considère en lui le héros de Castiglione ou le défectinnaire de Lyon, Charles Pierre François Augereau reste une figure emblématique d'une époque qui a suscité les carrières les plus variées et les destins les plus fabuleux". Entré dans la carrière militaire l'année où Louis XVI monte sur le trône, il sert dans différentes armées et séjourne dans plusieurs Etats européens, dont la Prusse, la Saxe, l'Autriche, Naples, à des titres différents, mais les archives manquent pour cette période de jeunesse. "Rentré en France en 1790, Augereau s'engage dans la Garde nationale. Il commence alors officiellement une carrière qui nous est beaucoup mieux connue". Nous suivons désormais le futur maréchal d'empire (dès le 19 mai 1804), commandant du 7e corps d'armée, devenu duc de Castiglione en mars 1808, qui invite ses soldats le 16 avril 1814 à arborer la cocarde blanche avant de se rallier officiellement à Louis XVIII et de se voir rayé de la liste des maréchaux par Napoléon pendant les Cent Jours pour finir rejeté par tous après avoir perdu toutes ses fonctions et sans traitement. Des Pyrénées-Orientales à l'Italie, d'Allemagne en Pologne, d'Espagne en Saxe, le lecteur peut ainsi suivre un personnage atypique dont la république, le consulat et l'empire font un des grands soldats de France en dépit de sa (très) maigre instruction. Mais au-delà, étant donné que les archives utilisées sont essentiellement celles de Vincennes, ce sont aussi les détails des campagnes du 7e corps qui nous sont présentés, et l'ouvrage est donc autant une biographie qu'une étude d'histoire militaire. En conclusion, Pierre Folliet nuance l'opinion généralement répandue présentant Augereau comme avide de richesses et pratiquant le pillage, en le comparant en particulier à ses pairs et en rappelant les moeurs et usages de l'époque.

Un livre qui se lit facilement et qui apporte d'utiles précisions sur le haut commandement et les armées impériales. 

Nouveau Monde éditions, Paris, 2014, 378 pages, 26 euros.
ISBN : 978-2-36583-377-6.

Le maréchal incompris ?

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21 juillet 2014 1 21 /07 /juillet /2014 06:20

Leipzig

(16-19 octobre 1813)

La fin du rêve de Napoléon et de l'empire français

Frédéric Naulet

Un nouvel ouvrage, un peu tardif par rapport aux autres publications, sur cette bataille qui constitue sans aucun doute une véritable rupture dans l'histoire du Ier Empire.

Contrairement à ce que le titre laisse entendre, la bataille des Vingt Nations en elle-même ne constitue qu'une partie de l'ouvrage. Frédéric Naulet, déjà auteur de plusieurs ouvrages sur les grandes batailes napoléoniennes chez le même éditeur, s'intéresse en effet plus largement à l'ensemble de la campagne d'Allemagne en 1813 et à ses conséquences. Si les questions militaires et les combats sont au centre de son travail (présentation des armées en présence, situation stratégique des uns et des autres, plans de campagne et objectifs, bataille de Dresde, de Kulm, de Grossbeeren, de Wartenburg, de Wachau, etc.), il sait également parfaitement replacer dans ce contexte le rôle particulier des principaux subordonnés de l'empereur, maréchaux et généraux, leurs échecs (fréquents) et leurs responsabilités propres ; mais aussi les (difficiles) tractations diplomatiques qui ne cessent pas durant cette période. La bataille de Leipzig elle-même (la plus importante de l'histoire à cette époque par l'ampleur des effectifs, la longueur du front et le nombre de pièces d'artillerie) est décortiquée dans les chapitres 7 et 8, pour le "match nul" du premier jour et la défaite finale des 18 et 19 octobre. Le neuvième et dernier chapitre évoque la retraite vers l'hexagone des survivants ("une petite retraite de Russie"), sans oublier que subsistent sur le territoire allemand (ou plutôt "germanique", et l'auteur s'attache à plusieurs reprises à préciser ces termes et à évaluer l'importance de la campagne dans l'émergence d'un sentiment national) de nombreuses garnisons françaises, qui vont se retrouver isolées dans leurs places fortes.

Quelques annexes (dont une série de cartes et des organigrammes) ainsi qu'une biographie assez complète (jusqu'aux publications de 2013) apportent une réelle plus-value. Un ouvrage agréable à lire, assez précis tout en replaçant la bataille dans le cadre de la campagne, et les opérations militaires dans le contexte politique et international. Une base solide pour quiconque s'intéresse aux guerres de l'empire.

Economica, Paris, 2014, 357 pages, 30 euros.

ISBN : 978-2-7178-6687-2.

Bataille des Vingt nations

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15 juillet 2014 2 15 /07 /juillet /2014 06:15

Chroniques égyptiennes

Des sables du désert au rives du Nil

1798-1801

Louis Thurman

Comme toujours dans cette collection, un livre particulièrement intéressant. Doublement intéressant même, car il nous permet de lire les lettres adressées par le capitaine Thurman à sa famille à partir de l'Egypte et de la Palestine entre 1798 et 1801, avec cette particularité que l'officier est sapeur et qu'il donne de très nombreuses informations sur les missions propres de son arme et son emploi.

Dès le 16 avril 1798, alors qu'il est en route pour Toulon tout en ignorant le but final de l'expédition, Thurman écrit à son père : "J'ai vu emballer des instruments en tout genre : quart de cercle, lunettes astronomiques, miroirs solaires, etc., etc. Est-ce pour dérouter les suppositions sur le vrai but de l'expédition ? Avec tout cela, 40.000 hommes. On parle de l'Egypte, mais peu de monde ici y ajoute foi. Mais il se peut qu'on aille occuper l'isthme de Suez pour s'ouvrir une route aux Indes et contrarier les possessions anglaises sans doubler le Cap". Et le 6 mai, alors qu'il embarque sur le Tonnant : "J'ignore où nous allons. Notre absence sera au moins de 3 ou 4 ans". L'aventure commence. Au fil des lettres et des pages, nous assistons à la prise de Malte, à la marche sur Alexandrie, la triste description de la condition des femmes qui y sont des "esclaves-nées", à la bataille d'Aboukir vue de terre, les marches dans le sable et l'organisation des défenses sans disposer d'outils ou de matériels, l'épidémie de peste, et toujours des déplacements d'un site à l'autre (souvent à partir d'Alexandrie ou de Rosette) pour construire ou aménager tours, redoutes et organisations défensives. Peu-à-peu, le moral baisse ("Je ne vois pas la fin de notre séjour en Egypte. Bonaparte, s'il parvient en France, songera sans doute à nous. Mais pourra-t-il nous envoyer du monde ? Sommes nous donc expatriés pour toujours ? Et le but actuel de tout cela ?"), même si les relations s'améliorent avec une partie de la population. Après l'assassinat de Kléber les travaux d'infrastructure se poursuivent et leur liste en novembre 1800 est significative (p. 139-140), mais progressivement, sous la pression des Turcs et des Britanniques, il faut se replier sur un dernier carré dans le secteur du Caire : "Nous sommes définitivement abandonnés par la France ! Quand nous pensons, qu'il y a quelques mois, un rnefort de 15.000 hommes aurait encore tout sauvé!". Fort heureusement, Thurman parvient à survivre et à rentrer en France à la fin de l'année 1801. Le livre est complété par une série d'annexes qi complètent utilement le texte courant.

Un recueil de correspondances qui mérite indiscutablement d'être lu, conservé, et mis en parallèle des grandes études historiques sur cette campagne.

La Louve éditions, Cahors, 2013, 190 pages, 20 euros.
ISBN : 978-2-916488-64-6.

Du haut de ces pyramides ...

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6 juillet 2014 7 06 /07 /juillet /2014 06:30

Napoléon et les Français

Jean-Paul Bertaud

Que pensaient effectivement les Français de l'empereur au temps de son règne ? Comment vivaient-ils et comment fonctionnait la société impériale ? C'est à ces questions, entre autres, que s'efforce de répondre le livre.

S'appuyant sur un très solide corpus archivistique et documentaire, Jean-Paul Bertaud organise son ouvrage en trois grandes parties : "L'ordre sans la liberté", "La dictature de la guerre" et "La société des héritiers". Chacune est divisée quatre grands chapitres qui permettent de balayer de nombreux et importants sujets. La première s'intéresse bien sûr à l'organisation politique, avec un focus particulier sur "La dictature policière", et aux missions des fonctionnaires impériaux. La seconde, après un chapitre sur le rôle des diplomates et un sur les questions financières, propose un parallèle entre l'évolution de la situation militaire et le sentiment d'adhésion des populations, des succès éclatants du début du règne à "l'opposition ouverte" qui suit la campagne d'Allemagne de 1813. La troisième enfin aborde les sujets sociaux : l'éducation et la santé, le droit de propriété et la fiscalité, les bourgeois et les nobles (d'anciennes familles ou de noblesse d'empire), les "Croquants, bras nus et miséreux", car l'empire compte aussi "des millions" de pauvres et de vagabonds.

La guerre, finalement, imprègne et modèle le régime et les peuples. L'auteur, qui écrit sans concession et donne presque l'impression de s'exprimer "à charge" (les titres et sous-titres sont parfois excessifs par rapport à la réalité plus mesurée du texte), rend compte d'une réalité complexe et de sentiments ambigus, dont témoigneront l'ancien empereur en exil aussi bien que ses officiers déchus : "Napoléon, à Saint-Hélène, se prétend le libérateur et l'émencipateur des nations. Il l'est, mais par médiateurs interposés. Des Français, souvent d'anciens soldats de la Grande Armée, ne s'opposent pas seulement dans leur pays à la royauté restaurée, ils luttent aussi dans le reste du monde, au nom des principes de 1789 dont l'empereur se veut l'héritier", mais qu'il aura si peu conforté durant son règne.

Un livre particulièrement intéressant et qui mérite d'être lu, relu, croisé avec d'autres ouvrages et médité.

Armand Colin, Paris, 2014, 544 pages. 24,50 euros.

ISBN : 978-2-200-24975-5.

Une société au microscope

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19 mai 2014 1 19 /05 /mai /2014 06:25

Itinéraires d'un officier de la Garde

Présentation et notes par Laurent Nagy

Voici une aventure humaine passionnante qui nous entraîne sur les routes d'Europe, sur les pas des frères Bacheville, soldats parmi les plus fidèles de Napoléon Ier et qui, après la seconde abdication, en butte en l'hostilité de la réaction royaliste, vont effectuer un véritable tour d'Europe et connaître l'exil.

L'ouvrage s'ouvre sur une solide introduction de Laurent Nagy, qui permet de replacer le récit dans son contexte et rappelle à la fois les principales étapes de l'évolution politique durant la période et celles du parcours des frères Bacheville. Commencé à l'île d'Elbe en 1814, le récit reprend après les Cent Jours avec leurs démélées judiciaires dans la région lyonnaise et un départ pour la Suisse. De là, ils traversent l'Allemagne, la Pologne, la Galicie, la Moldavie et poussent jusqu'à Constantinople, avant de revenir par les îles grecques, Athènes, Janina et l'Italie avant de rentrer en France. Des voyages qui s'étendent entre 1816 et 1819 : "Allant à pied, une petite besace pendue au côté et un mauvais parapluie à la main" (les brillants officiers de la Garde avaient désormais l'allure de mendiants).. Accueillis ici et là par d'autres Français, expatriés ou exilés eux-aussi, ou par des libéraux du pays hôte auprès desquels ils sont généralement recommandés, recevant de loin en loin une lettre et un peu d'argent de leur famille, ils errent à travers l'Europe centrale et orientale. A Dresde : "C'était le 24 août 1816, que nous étions ainsi traités dans une ville où j'avais passé en vainnqueur trois ans auparavant à pareil jour" ; ou à Cracovie : "En reconnaissant de loin l'uniforme des troupes polonaises qui partagèrent tant de fois nos travaux guerriers, un pouvoir secret vint réveiller en nous le sentiment de ce que nous étions. Un mélange d'amoure-propre et d'orgueil national nous fit mettre un morceau de ruban rouge à la boutonnière de nos habits râpés et les soldats de la république, dont plusieurs avaient également la Légion d'honneur, nous portèrent les armes". Des Etats allemands en Pologne, les deux frères se séparent à Jassy et Barthélémy poursuit seul vers la capitale ottomane où il ne reste qu'une semaine et pense à poursuivre vers la Perse avant de rejoindre Smyrne (où il espère retrouver le général Savary) puis les îles grecques. D'Athènes à Janina, sa route passe par de hauts lieux de l'antiquité (on est d'ailleurs surpris tout au long de ce récit par le soin mis à visiter les régions traversées et leurs plus emblématiques monuments), puis le célèbre pacha de Janina l'engage pendant plusieurs mois pour instruire "à l'européenne" ses soldats. Il finit par s'enfuir et parvient à rejoindre l'Adriatique, Trieste, où il retrouve Maret et d'autres exilés (le nombre d'exilés français relativement célèbres que l'on retrouve à travers toute l'Europe est presque surprenant), circule en Italie, est présenté, à Rome, à Madame Mère, mère de l'empereur déchu et reçoit du prince Louis-Napoléon une lettre de recommandation pour son frère Joseph aux Etats-Unis. Par les Etats de Piémont, il va enfin pouvoir rentrer en France.

Un livre souvent surprenant, très intéressant sur le plan des circulations des hommes et des idées en Europe, du rôle des représentations consulaires dans les différents pays traversés, du souvenir souvent intact laissé par l'empereur en de nombreux endroits, de  la solidarité active qui se manifeste entre exilés et proscrits, etc. Des souvenirs, réédités pour la première fois depuis les années 1820, qui séduiront aussi bien les amateurs de récits de voyages que les amateurs d'histoire. Original et d'un contenu très riche.

La Louve éditions, Cahors, 2013, 299 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-916488-57-8.

Etonnants voyages d'un fidèle de l'empire

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3 mai 2014 6 03 /05 /mai /2014 06:20

Dictionnaire des révolutionnaires français

Pierre Brasme

Un belle galerie de portraits ! Sauf erreur, il y avait bien longtemps qu'un volume de ce type, véritable outil de travail, n'avait pas été édité. Et à coup sûr à un tarif aussi modeste.

De "A" comme "Armand Duplessis de Richelieu, duc d'Aiguillon" à "Y" comme "Claude Alexandre Ysabeau", Pierre Brasme dresse, plus ou moins rapidement, les biographies de près de 140 personnages plus ou moins célèbres de la période révolutionnaire. On retrouve, bien sûr, les Babeuf, Barras, Chénier, Desmoulins, Fouquier-Tinville, Guillotin, Hébert, Lafayette, Marat, Philippe-Egalité, Robespierre ou Talleyrand. Mais connaissiez-vous les deux Prieur ("de la Côte d'Or" et "de la Marne") ? Savez-vous combien de représentants de la noblesse figurent parmi eux ? Le nom de Claude Fournier L'Américain vous rappelle-t-il quelque chose ? Des citations, des anecdotes émaillent le propos (et l'on regrette d'ailleurs l'absence de références bibliographiques) et les textes (pour la plupart d'une à quatre pages selon la notoriété de l'intéressé) se lisent aisément.

Un bon ouvrage de départ avant d'aller plus loin et un manuel de travail qu'il convient de conserver à portée de la main. 

Coll. 'Biblis', CNRS Editions, Paris, 2014, 507 pages, 12 euros.

ISBN : 978-2-271-08001-1.

Portraits de révolutionnaires

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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