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18 mai 2016 3 18 /05 /mai /2016 06:00

Napoléon à Sainte-Hélène

1815-1821

Gilbert Martineau

Entourée d'un relatif mystère aux yeux du grand public et généralement pour le moins fort mal connues, les années d'exil de l'empereur déchu sur une île "désolée" de l'Atlantique sud sont ici décrites avec un soin minutieux.

Conservateur des domaines français de Sainte-Hélène pendant de longues années et donc excellent connaisseur des lieux comme des personnages qui y vécurent, Gilbert Martineau nous propose ainsi un récit extrêmement détaillé de la vie sur l'île. Les deux premiers chapitres sont longuement consacrés à la présentation des deux personnages les plus connus, Napoléon et son célèbre geôlier lord Lowe, à travers la description de leurs comportements respectifs au fil du temps, leurs rapports avec leurs principaux interlocuteurs, la reconstitution de dialogues, face aux conditions d'installation et de vie au début du séjour, etc. On y découvre également quelques personnages "secondaires" essentiels comme le médecin O'Meara, mais aussi les petites mesquineries qui entourent l'empereur, chacun cherchant à se mettre en avant dans un simulacre de reconstitution d'une "cour" bien étriquée. Du côté britannique, les caractères du général-gouverneur lord Lowe comme ceux de ses adjoints sont bien décrits également (Gilbert Martineau utilise largement les sources anglaises), sans oublier cette obsession d'une évasion qui justifie la présence d'un corps militaire de près de 30.000 hommes : "Que de précautions pour garder un seul homme au milieu des mers", dira Chateaubriand. Les cinq chapitres qui suivent racontent par le menu la vie quotidienne à Plantation House comme à Longwood, année après année, de 1817 à 1821, avec son cortège de visiteurs extérieurs (essentiellement des Britanniques sur la route maritimes des Indes), et l'on sourit, autour des pages 180-190, à la description des Commissaires, peu connus, qui représentent les autres nations (Autriche, France, Russie) : "Il s'agit de donner à cette affaire un caractère européen, à constater que Bonaparte est le prisonnier de l'Europe et à calmer l'opinion publique". Les questions bassement matérielles sont souvent au coeur des conversations et des différents (que de débats autour du coût del'alimentation ou de la qualité du mobilier !), et les mouvements au sein de la petite communauté française animent bien des conversations, sur lesquelles revient Gilbert Martineau. Au fur et à mesure que le temps s'écoule, quelques brochures plus ou moins authentiques ou sérieuses sur le fond racontent en Europe le séjour de l'exilé, et leurs échos parviennent avec décalage dans l'île, où elles sont commentées et ouvrent la voie à de nouvelles crispations entre geôliers et prisonniers, sur fond "d'espionnage" mesquin : "Il faut avoir l'âme bien basse pour se servir des derniers valets et en faire des instruments de haine et de vengeance", dira Napoléon. Du retour difficile de Las Cases en Europe à la question de la maladie de Napoléon, qui hante les esprits et les conversations dès 1818, de la surveillance permanente et des conditions que l'on tente de négocier avec les souverains européens, de la position de Bertrand et de son épouse aux débats permanents avec Lowe, tout est crupuleusement décrit. Ce qui produit d'ailleurs finalement un double sentiment contradictoire : une analyse au ras du sol montre l'incongruité de certaines attitudes alors que l'on est sur une petite île assez largement isolée du monde, une sorte de microcosme ; et une approche plus élevée pose la question du sort du chef d'Etat vaincu et des mesures à prendre à son égard.

Le livre se termine, de manière assez triste, sur le partage des derniers biens de Napoléon au lendemain de son décès, et jusqu'au bout Lowe jouera son rôle de "policier en chef" en faisant fouillant les maigres restes d'une grandeur révolue. Un ouvrage que tous les amateurs de l'histoire de l'empire liront avec intérêt.

Tallandier, Paris, 2016, 511 pages. 25,90 euros.
ISBN : 979-10-210-1930-0.

L'exil

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27 avril 2016 3 27 /04 /avril /2016 06:00

Dictionnaire historique de Sainte-Hélène

Jacques Macé

Vous croyez connaître la fin de l'épopée ? Vous pensez tout savoir de l'exil de l'empereur sur une île désolée de l'Atlantique sud à l'écart des grandes voies maritimes ? Ce dictionnaire (première parution en 2004) ne manquera pourtant pas de vous surprendre.

Après avoir rappelé "les étapes de calvaire" et fait le récit en une centaine de pages des dernières années de vie de l'empereur déchu, Jacques Macé nous offre donc quelques 170 pages de dictionnaire spécialisé, de A comme le médecin Abel Clarke, qui publia le récit de son escale dans l'île en 1817 et de sa rencontre avec l'empereur déchu, à Y comme Younghusband, du nom de ce capitaine en garnison à Sainte-Hélène et surtout de son épouse dont les fresques apportent un peu de piment à un quotidien bien morne. Comme dans tous les ouvrages de ce type, le plaisir de la découverte vient de la grande diversité des sujets abordés, du nom de tel navire à celui de tel officier, mais aussi des entrées plus substantielles comme celle présentant les "Dépenses de Longwood" ou celle sur les "Historiens de Sainte-Hélène". Las Cases et Lowe bénéficient bien sûr de plusieurs pages, et après , vous saurez tout de "l'Empoisonnement de Napoléon" (réfuté), de ses "Cercueils" ou de ses "Masques mortuaires". Au fil des pages, vous découvrirez sans doute les nombreux agents de renseignements que les Britanniques entretiennent autour de Napoléon, ou les "Projets d'évasion" envisagés par ses partisans réfugiés en Amérique.

Un bel et bon ouvrage, à la fois dense et anecdotique, précis et amusant. Un vrai "plus" pour terminer toute bibliothèque napoléonienne.  

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 2016, 540 pages, 12,- euros.

ISBN : 979-10-210-1895-2.

La page de présentation de l'éditeur : ici.

Longwood House

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2 février 2016 2 02 /02 /février /2016 06:00

Joséphine

Le paradoxe du cygne

Pierre Branda

Elle appartient à cette importante cohorte de personnages historiques dont la mémoire populaire ne conserve qu'un souvenir largement déformé, successivement portée aux nues pour sa beauté puis dénigrée pour sa supposée légèreté.

Dans cette belle biographie parfaitement référencée, Pierre Branda revient à juste titre sur la vie de l'impératrice Joséphine, dont il souligne dès l'introduction que son nom même (Marie-Joseph-Rose de Tascher de La Pagerie) a été oublié. Au fil des six grandes parties chronologiques qui scandent son livre, il nous permet de retrouver la future épouse du général Buonaparte pendant sa jeunesse (à bien des égards difficile) aux Antilles pendant la dernière période de l'Ancien régime, puis dans une vie de couple insatisfaisante en métropole à la veille de la Révolution. La période révolutionnaire lui permet de "naviguer" entre les différentes factions au mieux de ses intérêts, et l'on comprend bien alors que la jeune femme est loin d'être une étourdie sans cervelle. Devenue veuve, proche de Barras, elle hante les cercles du pouvoir et rencontre le futur empereur en 1795. Il s'ensuit une relation initialement assez tumultueuse, et Marmont écrit : "Le général Bonaparte est devenu très amoureux de Mme. de Beauharnais, amoureux dans toute l'étendue du mot, dans toute la force de sa plus grande acception". Hâtivement mariés au printemps 1796, ils vivent entre passion et réalisme une étrange existence de couple, entrecoupée par les fréquentes (et parfois longues) absences de Napoléon et par les non-dits de l'un comme de l'autre, en particulier pour tout ce qui touche aux questions d'argent et de statut social. Les épisodes fameux de la campagne d'Italie, sa réputaton de "femme galante" mais aussi son rôle politique, leur éloignement provisoire lorsqu'elle "mène ainsi une double vie", les relations toujours tendues avec sa belle famille, la crise de la campagne d'Egypte ("le héros était un mari trompé"), et l'achat de La Malmaison qui va devenir son havre, marquent les années qui suivent. Dès le retour du général de la campagne d'Egypte, les relations se réchauffent entre les deux époux et, à l'approche du coup d'Etat qui donne naissance au Consulat, "Joséphine va s'employer pour son mari avec toute la grâce, toute l'aisance, tout l'agrément dont elle se sent capable". Installée aux Tuileries et devenue "première dame de France" avant l'heure, elle est "au centre de la cour consulaire" et "inévitablement mêlée de près au jeu politique". Elle n'hésite pas à multiplier les interventions auprès des grands personnages de l'Etat et se crée ainsi une clientèle d'obligés, tout en nouant des contacts parfois ambigus avec l'ancienne noblesse et en se défendant contre les attaques insidieuses de la famille Bonaparte. Si sa place auprès du Premier consul est désormais bien ancrée, si elle bénéficie d'une réelle popularité personnelle, la question de la naissance d'un héritier commence à se profiler et prend une acuité particulière après la proclamation de l'empire. La nouvelle impératrice est alors dans une position assez inconfortable, puisque son statut n'est pas clairement défini  : "A défaut de rôle précis, elle allait rester une icône dont l'image pourrait être utilisée avantageusement par le nouveau régime". C'est ainsi qu'elle apparaît, brièvement, sur le devant de la scène surtout lorsque l'empereur est loin de Paris ou lors des quelques difficultés politiques. Les longues pages consacrées par l'auteur aux problèmes financiers du couple consulaire puis impérial sont tout à fait intéressantes et il apparaît que si Napoléon à titre personnel dépense énormément (ce que l'on oublie facilement), même si "l'art du paraître" de Joséphine "jouait finalement contre elle". La dernière partie, consacrée à "La chute et l'ultime sursaut" est peut-être mieux connue des amateurs. Nous suivons l'ancienne impératrice, cependant bien protégée légalement et financièrement par Napoléon Ier jusqu'aux derniers jours, dans son exil de La Malmaison où elle va recevoir les vainqueurs de la coalition après la chute de l'empire, toujours soucieuse de la défense de ses intérêts et de ceux de se enfants.

Une très agréable biographie, que chaque amateur de la période prendra plaisir à lire. 

Perrin, Paris, 2015, 464 pages. 24,50 euros.

ISBN : 978-2-262-04086-4

Femme de tête autant que de coeur

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23 janvier 2016 6 23 /01 /janvier /2016 06:00

Robespierre

La fabrication d'un monstre

Jean-Clément Martin

Nouvelle biographie de Robespierre, après celle publiée il y a un peu plus d'un an par Hervé Leuwers (ici). Une étude qui aborde bien sûr essentiellement la période révolutionnaire et présente un portrait mesuré du personnage.

Le portrait qui en ressort est finalement celui d'un homme qui (paradoxalement) hésite, ne parvient pas à constituer un réseau de soutiens assez solide et à s'imposer au pouvoir, un idéaliste finalement plus à l'aise dans l'éloquence, les discours enflammés, que dans l'action concrète. Au fil des six chapitres consacrés aux années 1789-1794 (qui constituent l'essentiel du livre), c'est un portrait tout en contraste(s) et en finesse qui nous est présenté. Son rapport à la guerre extérieure, à la violence politique, à la religion, n'est finalement pas aussi simple que les reconstructions ultérieures (qui commencent dès le Directoire) l'affirment. Jean-Clément Martin propose une abondante bibliographie, de nombreux recours aux archives mais aussi utilise largement la presse de l'époque, bien plus vivante que l'on ne se l'imagine aujourd'hui. Après de longues luttes d'influence entre les différentes tendances révolutionnaires, il approche enfin du pouvoir en 1793, se prononce contre l'indiscipline qui agite les Sans-culottes et l'on sait peu qu'il désapprouve les excès des Fouché et autres Carrier en province. Les multiples détails et précisions sur cette période sont tout à fait intéressantes (affaire du jeune enfant-soldat Bara : "Il a inventé un héros de 13ans"), toujours sur fond de jeux d'influence entre les différentes tendances de la Convention parisienne. De débats houleux en journées révolutionnaires surchauffées, on sait comment cela se termine, et n'oublions pas qu'une centaine (oui, une centaine) d'autres révolutionnaires accompagnent finalement Robespierre sur l'échafaud.

On ne referme pas pour autant le livre en étant devenu "robespierriste", mais avec une compréhension sans aucun doute plus équilibrée des évènements de l'époque.

Editions Perrin, Paris, 2016, 367 pages. 22,50 euros.

ISBN : 978-2-262-04255-4.

L'Incorruptible

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20 janvier 2016 3 20 /01 /janvier /2016 04:47

Saisir l'insaisissable

Gendarmerie et contre-guérilla en Espagne au temps de Napoléon

Gildas Lepetit

Spécialiste reconnu de l'histoire de la gendarmerie, Gildas Lepetit nous offre ici une remarquable étude sur son engagement dans le cadre de la guerre d'Espagne, contribuant à combler ainsi un véritable "vide mémoriel".

Chacun connaît peu ou prou l'importance et l'intensité de la rébellion espagnole à l'occupation française, mais qui serait capable d'évoquer la place tenue par la gendarmerie d'Espagne dans cette campagne ? En utilisant, souvent pour la première fois, de très nombreuses sources d'archives, l'auteur nous entraîne de l'envoi de vingt escadrons au nord de l'Ebre à la fin de l'année 1809 au repli définitif en 1813-1814. Il organise son propos de façon très méthodique et pédagogique en trois grandes parties : "La gendarmerie d'Espagne : instrument de répression ou d'annexion ?", "Le gendarme en Espagne, et "Le chant du cygne". Au fil des chapitres et des pages, il brosse un tableau complet de cette gendarmerie, dans la permanence mais aussi les évolutions de ses missions, son organisation, son recrutement, son équipement et jusqu'aux questions de soldes et de primes. La rébellion espagnole (que l'on appelle là-bas "guerre d'indépendance") est bien sûr omniprésente et Gildas Lepetit prend toujours soin de replacer chaque événement, décision ou action particulière dans son contexte local du moment. Il n'hésite pas à pointer les difficultés certes, mais aussi les erreurs commises, du fait des ordres de l'empereur, des chefs militaires (qui s'entendent fort peu entre eux) ou des responsables gendarmiques eux-mêmes. Il sait aussi commenter, en positif comme en négatif, l'efficacité réelle de son rôle et souligne un "coût exorbitant" pour un "résultat contrasté". Ponctuellement, il pose aussi la question du rôle de fond : s'agit-il de conquérir ou de pacifier, de combattre ou de maintenir l'ordre ? Nous avons donc, à la fois, un ouvrage important pour mieux connaître et comprendre la campagne d'Espagne, une étude quasiment sociologique du corps et une approche polymorphe de son histoire.

Un ouvrage indispensable pour quiconque s'intéresse au Premier empire.  

Presses universitaires de Rennes, 2015, 348 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-7535-4283-9.

Gendarmerie impériale

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12 décembre 2015 6 12 /12 /décembre /2015 06:00

Sang royal

La vérité sur la plus grande énigme de l'histoire de France

Jean-Louis Bachelet

Si le thème est intéressant (le sort du Dauphin à la prison du Temple durant la Révolution), le sous-titre suscite la réserve. Me voir promettre la "vérité" sur "la plus grande énigme" me laisse perplexe.

L'ouvrage a ainsi les défauts de ses qualités, entre récit historique et enquête journalistique. On note d'ailleurs qu'aucune note de bas de page ne précise les sources et que la bibliographie finale (à deux exceptions près qui concernent des titres relatifs... à la Vendée) est quasi exclusivement constituée d'ouvrages du XIXe siècle (sur la "rigueur" de certains, il y aurait à redire). Par ailleurs si, en s'appuyant sur les derniers travaux scientifiques (mais aussi une analyse contradictoire des nombreux témoignages du XIXe s.), Jean-Louis Bachelet affirme clairement dans la deuxième moitié de son livre que toute cette affaire n'est qu'une gigantesque affabulation, au sein de groupes où l'on est prêt à croire à peu près n'importe quelle affirmation pourvu qu'elle aille dans le sens de sa foi, la première partie est d'un tout autre style. C'est, en parallèle de la description de la dureté des conditions de vie à la tour du Temple, une sorte de réquisitoire contre la Révolution dont on ne retient que les massacres et les crimes. La place accordée aux colonnes infernales en Vendée, aux noyades de Nantes ou aux excès des comités parisiens est d'ailleurs significative : en quoi ces récits redondants apportent-ils quelque chose à la question de la survie, ou non, du jeune "Louis XVII" ?

Qu'en penser au final ? Un étrange mélange entre critique des excès révolutionnaires et rejet de la théorie "Naundorff = Louis XVII", ce dont les plus rationnels d'entre nous se doutaient un peu. A lire comme un récit anecdotique, pour y "picorer" éventuellement ici ou là quelques détails. 

Editions Ring, Paris, 2015, 316 pages, 18,- euros.

ISBN : 979-10-91447-37-9.

Mystère ou mystification ?

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20 novembre 2015 5 20 /11 /novembre /2015 06:00

Chouans et Vendéens contre l'Empire

1815. L'autre guerre des Cent-Jours

Aurélien Lignereux

De Charette à Cadoudal, les grands épisodes des guerres de Vendée, de la Révolution jusqu'au Consulat, sont bien connues et ont fait l'objet de plusieurs publications ces dernières années. Mais qui se souvient de la révolte qui suit le retour de Napoléon de l'île d'Elbe ? Aurélien Lignereux (auquel on doit déjà en particulier un L'empire des Français, 1799-1815, ici) nous en propose dans ce livre une belle histoire d'ensemble.

En sept chapitres chrono-thématiques, il nous fait le récit de cet épisode oublié des Cent-Jours. L'auteur décrit d'abord le cadre des événements, ces régions de l'Ouest finalement assez mal pacifiées, ou au moins restées rétives, mais qui pour autant n'entendent pas s'abandonner sans préserver leurs particularismes au retour des Bourbons, mai aussi les différences entre l'empire napoléonien autoritaire de 1813-1814 et sa brève restauration "libérale et nationale" en 1815. Il résume sa problématique : "Se battre contre l'empereur, est-ce nécessairement se battre pour le roi ?". Il insiste en particulier sur les difficultés et les ambigüités de la première restauration : "Louis XVIII n'était pas aimé des Vendéens, qui combattaient plus pour leurs privilèges que pour le trône ; ils l'appelaient le roi Pataut, et dans leur langage pataut veut dire patriote". C'est ainsi, différence majeure que les représentants de Napoléon soulignent au début des Cent-Jours, que ce sont les nobles qui viennent chercher les paysans pour les pousser à se révolter, et non plus le contraire comme vingt ans plus tôt. Cette révolte de 1815 est donc d'abord politique. Elle est également moins puissante qu'en 1793 et plus strictement définie au plan géographique, et bénéficie d'un "évanouissement" de l'ordre légal, les autorités se repliant rapidement vers les principales villes voisines. Aurélien Lignereux détaille ensuite le développement et l'implantation du mouvement dans les différents cantons et arrondissements et précise l'organisation des unités et le fonctionnement des institutions et services publics pour les Blancs comme pour les Bleus. On apprécie tout particulièrement le grand soin mis à évaluer les effectifs réels et à peser les possibilités d'actions concrètes des uns et des autres. Les quarante jours de combats effectifs, en mai-juin 1915, marqués par l'attente d'une aide britannique, les difficultés à équiper les troupes levées, les profondes dissenssions entre les chefs blancs, l'incohérence des ordres et des contre-ordres, l'oubli des principes de la "petite guerre" pour imiter sans moyens la "grande", etc. Une formule est employée : "l'amateurisme des royalistes", que l'habileté ou l'héroïsme de quelques uns ne permet pas de compenser. D'autant que, dans l'ensemble, les anciens chefs des premières guerres de Vendée ont mal vieilli et que leurs conceptions tactiques sont contestées, tandis que "les officiers supérieurs bonapartistes multiplient pour leur part les références à la Calabre ou à l'Espagne, qui leur semblent plus opératoires". La défaite de Waterloo et la chute de l'empire devraient ramener le calme, mais l'agitation se poursuit en certains endroits et la situation se dégrade même ici ou là. Dans le désordre qui s'aggrave, les alliances locales se nouent et se dénouent, tandis que la stabilisation politique au niveau national (Seconde restauration) et l'arrivée des premiers régiments étrangers (on rencontre des Prussiens en pays chouan) compliquent la situation. Les régions de l'Ouest vivent en quelque sorte sous occupationn étrangère et le patriotisme pousse plusieurs chefs révoltés à s'opposer par les armes aux Coalisés. Il faut en pratique trois ans pour ramener un calme précaire, dans ces régions où le souvenir de la dernière guerre de Vendée sera instrumentalisé tout au long du XIXe siècle, prenant ainsi paradoxalement toute sa place dans l'histoire politique en dépit de ses piètres éléments militaires.

Finalement, la Vendée et plus largement les régions de l'Ouest ne se contentent pas de se révolter à l'appel des nobles en 1815, mais cette (presque) ultime révolte illustre bien le caractère particulier des "revendications" des populations. Une étude très, très intéressante, qui s'appuie sur de nombreuses références et citations et qui se lit d'une traite. Une guerre bien oubliée aujourd'hui qui accumule les contradictions intérieures et tient surtout du conflit politique.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 381 pages, 222,- euros.

ISBN : 978-2-36358-187-7.

4e guerre de Vendée

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2 octobre 2015 5 02 /10 /octobre /2015 06:00

Le monde selon Napoléon

Jean Tulard

Les propos et écrits du général, Premier consul, empereur, exilé, ont souvent été soigneusement recueillis par les contemporains, et Napoléon lui-même ne s'est jamais privé d'écrire : la ressource est donc immense, et il est même possible (fréquemment ?) de mettre l'auteur en contradiction avec ses propres déclarations antérieures (ce qui prouve néanmoins une vraie capacité d'adaptation à l'évolution des évènements).

Dans ce volume, sous la forme d'un dictionnaire alphabétique, Jean Tulard nous présente ce qu'a pu penser Napoléon de tel ou tel sujet à un moment de son existence. De "A" comme Aboukir à "W" comme Wellington, voici donc une succession de réflexions impériales sur les thèmes les plus variés. Que pensait donc Napoléon de sujets aussi différents que le rôle dess ambassadeurs, l'art de la guerre, la Bourse, le souci des détails, ses propres frères, ses généraux et maréchaux, la Légion d'honneur : "Elle est une des grandes conceptions du temps et aussi bien appropriée aux besoins du trône qu'aux besoins des peuples. Elle établit une honorable fraternité entre le civil et le militaire, entre le maréchal et le soldat, entre le paysan et le duc". A propos du Coran : "Le Coran ordonne d'exterminer les idôlatres ou de les soumettre aux tributs ; il n'admet pas l'obéissance et la soumission à une puissance infidèle En cela, il est contraire à l'esprit de notre religion : Rendez à César ce qui appartient à César, a dit Jésus-Christ". A propos de ses propres proclamations à la veille des batailles : "Ce ne sont pas des harangues, au moment du feu, qui rendent les troupes braves ; les vieux soldats les écoutent à peine, les jeunes les oublient au premier coup de canon. Il n'est pas une seule qui ait le trait de l'impromptu"... A propos de la vente de la Louisiane aux Etas-Unis : "Je viens de donner à l'Angleterre une rivale maritime qui tôt ou tard abaissera son orgueil". Etc., etc. Dans tous les domaines, des déclarations généralement marquée du sceau de l'action, de la détermination, de la volonté de réaliser et de faire durer. A la fois intéressant (les citations sont le plus souvent présentées, dans leur origine et leur contexte) et parfois amusant.

Une lecture agréable, des références utiles.

Tallandier, Paris, 2015, 347 pages. 20,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0281-4.

Pensées impériales

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29 septembre 2015 2 29 /09 /septembre /2015 06:00

Missionnaires de la République

Michel Biard

Réédition d'un ouvrage publié en 2002 mais devenu introuvable, ce livre de Michel Biard (auteur récemment en particulier de La Révolution française, une histoire toujours vivante, ici) nous offre la première étude complète (au moins d'une telle ampleur) sur les Représentants du peuple nommés par la Convention à partir du début de l'année 1793 en mission dans les départements.

Si l'on connait un peu ceux dont le nom est entré dans l'histoire pour une série d'actes sanguinaires  voire de massacres (Carrier à Nantes, Fouché, Albitte, Laporte et Collot d'Herbois à Lyon, etc.) à l'époque du soulèvement fédéraliste, on ignore souvent qu'ils furent présents dans tous les départements métropolitains, aussi bien auprès des armées que des services publics et des administrations. Parfois, plusieurs dizaines de missions se succédèrent en trois ans dans les mêmes secteurs, comme dans le Nord, en Normandie, en Île de France, dans la vallée du Rhône ou sur la côte de Méditerranée. Michel Biard analyse au fil des chapitres la création de cette fonction nouvelle, le choix des représentants de l'assemblée, la réalité de leurs pouvoirs en province, leur rôle effectif dans les différentes régions, leurs contribution à la défense de la république envahie et assiégée, leur condamnation finale globale et leur noire réputation en dépit de réalisations souvent très concètes et utiles, en particulier dans les régions qui ne s'étaient pas soulevées contre la capitale. On y apprend l'effort de "récupération nationale" des matières premières pour soutenir l'effort de guerre, le nombre de délégués issus des rangs de la Gironde et leurs efforts pour "sortir de la Terreur", la création d'ateliers de production, le développement de l'éducation, les initiatives en faveur de la justice fiscale ou du droit du travail, etc. S'ils ont aussi été, bien sûr, "les pourvoyeurs principaux de la guillotine et des pelotons d'exécution", il faut replacer les évènements dans le contexte d'une quasi-guerre civile couplée à l'invasion étrangère qui ne pardonne guère "à ceux qui ont été pris les armes à la main" : "Les représentants ont pour la plupart été convaincus que, dans l'affrontement inexpiable entre la Révolution et ses adversaires, du sang pourrait surgir de la régénération, de la mort de l'ennemi pourrait naître la vie dans une cité de frères enfin apaisée".

En résumé, un livre important qui propose une autre vision d'une période de l'histoire généralement considérée uniquement sous le seul angle des massacres et des crimes. Et un portrait pointilliste de ces représentants en mission qui, finalement, valent souvent beaucoup mieux que leur noire réputation.

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 474 pages, 25,- euros.

ISBN : 978-2-36358-185-3.

Représentants du peuple en mission

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3 septembre 2015 4 03 /09 /septembre /2015 06:00

Napoléon et la France

Thierry Lentz

Auteur bien connu de nombreux ouvrages de référence sur le Premier empire,le directeur de la fondation Napoléon nous propose ici un ouvrage différent qui tente de dresser "le bilan" de l'oeuvre napoléonienne dans tous les domaines.

Dès l'introduction, il règle son compte à l'idée récente (si ce n'est à la mode) d'un Napoléon précurseur du totalitarisme sinon d'Hitler (Il revient d'ailleurs sur la question dans l'avant-dernier chapitre). Il s'attache ensuite à présenter l'oeuvre impériale par grands thèmes à travers une série de chapitres, pour la plupart issus de travaux antérieurs et de communications dans des colloques retravaillées. Au fur et à mesure de sa démonstration, il aborde la question des institutions et de l'Etat, l'organisation administrative des territoires, le code civil et la constitution, le fonctionnement "régulé" de l'économie, les réformes judiciaires et le rôle des différents tribunaux, l'interventionnisme dans le domaine des arts, la suspicion de "dictature militaire", alors même que l'empereur s'entoure essentiellement de civils pour son gouvernement. De fréquentes citations viennent appuyer le propos, et des tableaux stratistiques de synthèse viennent renforcer l'argumentation.

Ni exclusivement élogieux, ni systématiquement critique, le livre pose en termes clairs les données du débat et restitue légitimement à l'empereur sa place dans l'évolution générale du pays, place au moins aussi éminente par son oeuvre législative et réglementaire que par ses succès militaires. Un ouvrage agréable et facile à lire qui constitue une excellente entrée pour approcher Napoléon chef d'Etat. 

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 255 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-36358-186-0.

Héritage

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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