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9 juin 2013 7 09 /06 /juin /2013 06:50

L'inconnue de la tranchée

Une enquête d'Augustin Lebeau

Hélène Amalric

Décembre 1914, l’armée française commence à s’enliser dans la glaise du Nord et de l’Est dans une guerre de tranchées qui va durer. Climat, condition du soldat, âpreté des combats, la vie au front est très dure… Comme si cela ne suffisait pas, voilà que des poilus découvrent un cadavre sur le parapet d’une tranchée, près de Compiègne. Quoi de malheureusement plus normal en période de conflit pourrait-on croire, si ce n’est que celui-ci est féminin et civil ! Des indices, des éléments ? Rien de probant ni de concret, à part une Bible et une lettre, toutes deux rédigées dans la langue de Shakespeare.  La défunte serait-elle, dès lors, britannique ? Il s’agit de ne point froisser l’allié d’outre-Manche !

Que faire ? La nécessité de mener une enquête est évidente mais depuis la déclaration de guerre le 3 août 1914, les pouvoirs de police judiciaire dans la zone du front ont été délégués aux autorités militaires, donc à la gendarmerie, laquelle a déjà du pain sur la planche. Le commandement confie donc l’affaire à l’adjudant Augustin Lebeau, qui a suivi une formation juridique avant-guerre et se trouve parler anglais. Le profil de l’investigateur parfait d’autant plus que le sous-officier est connu pour être discret et la chose est heureuse : le cas est plus qu’embarrassant !

Premier roman publié mettant en scène l’adjudant Lebeau, cet opus (qui n’est pas sa première aventure, mais celle-ci paraitra ultérieurement) nous plonge directement dans l’atmosphère de la Première Guerre mondiale sans trop abuser des images d’Epinal du poilu englué derrière son rempart de sacs de terre. Si, bien évidemment, ce fut l'une des formes du quotidien des combattants au front, il convient de ne pas oublier les autres réalités, de la logistique de l’arrière à la vie difficile des travailleurs et des femmes en usine ou à celle plus « folle » de certains planqués et profiteurs de l’arrière… Hélène Amalric parvient à éviter cet écueil, grâce à une connaissance du sujet qui peut parfois surprendre tant le roman policier historique est un domaine périlleux. Editrice, traductrice et auteur de « polars » (le mot est lâché), elle cite des anecdotes authentiques qui ne sont pas forcément connues du commun des mortels (l’affaire des plaques publicitaires pour le bouillon KUB placardées sur les murs et « censées » renseigner l’ennemi avec des indications topographiques…) et fourni de nombreux renvois au bas de page pour éclairer la lanterne d’un lecteur qui n’est pas forcément expert de l’époque et/ou de la chose militaire. Il ne faut en effet pas perdre de vue que si l’on est dans un roman policier, la guerre est bien sur omniprésente et pas uniquement celle du front : celle de l’ombre et ses méandres dans lesquels rien n’est jamais clairement défini dans la dualité du Bien et du Mal.

On se laisse entrainer sans mal par ce roman captivant, au style fluide et à l’érudition sincère et généreuse. La suite (et le commencement de la geste, donc) est à attendre impatiemment !

Gilles Eté

Marabout poche, Paris, 2013, 243 pages. 6,99 euros.

ISBN : 978-2-501-08566-3.

Roman policier
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11 mai 2013 6 11 /05 /mai /2013 06:50

Exposition d'images en 3D

Centre mondial de la paix - Verdun

Depuis le 23 avril, présentation en grand format d'images stéréoscopiques prises il y a près de cent ans. Proposée au public au salon international du tourisme il y a quelques semaines, cette véritable "plongée dans le temps" restera exposée au Centre mondial de la paix de Verdun jusqu'à la fin de l'année.

Pour plus de renseignements : ici.

Par ailleurs, du 23 avril au 30 juin, toujours au Centre mondial de la paix (Palais épiscopal, place Monseigneur Ginisty, 55000 Verdun, 03 29 86 55 00), exposition temporaire "La Meuse déchirée", sur la vie des populations civiles de part et d'autre de la ligne de front.

Enfin, jusqu'au 26 mai prochain, l'exposition "Rapporteur de guerres" présente de superbes photos prises par Patrick Chauvel sur les lieux de conflits récents, du Liban en Afghanistan.

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30 avril 2013 2 30 /04 /avril /2013 06:55

Lire L'armée nouvelle

Cahiers Jaurès  -  n° 207-208

Dans ce numéro de janvier-juin 2013 des Cahiers de la Société d'études jaurésiennes, dix contributeurs analysent le célèbre projet de loi du dirigeant socialiste à l'aune de son environnement de l'époque et s'efforcent d'en retrouver l'influence ou les traces dans les écrits des grands partis ouvriers des pays voisins. Dans ce florilège, nous avons plus particulièrement apprécié "L'armée nouvelle et la pensée militaire française de la guerre future (1900-1914)" (par Olivier Cosson), même s'il manque les références à un certain nombre d'ouvrages novateurs de l'époque ; et "L'Armée nouvelle : défense nationale et mêlée sociale" (par Jean-François Chanet), qui s'ouvre sur une comparaison entre Jaurès et Clemenceau et se termine par ce regret sur la situation présente : "On peut s'inquiéter de ne pas voir mieux prises en compte les raisons sociales qui font souhaiter que la jeunesse française, sans distinction de genre, ait une autre idée de la relations entre la défense et la citoyenneté". On remarque surtout les trois articles (Gerd Krumeich, Emmanuel Jousse et Andrea Geuna) consacrés à la perception du livre outre-Rhin ("L'Armée nouvelle : une affaire franco-allemande"), au Royaume-Uni ("La traduction de L'Armée nouvelle en anglais") et à Rome ("La réception manquée de L'Armée nouvelle par le mouvement ouvrier italien"). Finalement, ne faut-il pas comprendre que l'écho et l'influence de ce texte furent plus importants après la Grande Guerre qu'ils ne le furent à l'époque de sa parution ?

Un ensemble d'études d'autant plus intéressant que nous entrons en période de commémoration du centenaire, et l'on sait bien que les débats furent particulièrement vifs en France en 1911-1914 autour des projets de réorganisation militaire et de la loi des trois ans.

Le volume peut être commandé sur Cairn-info : ici.

Projet de loi historique
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29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 07:10

Entretien avec le général d'armée (2S) Elrik Irastorza

Président du GIP "Mission du centenaire"

Afin de présenter directement à tous ceux qui attendent de connaître les objectifs et le programme des manifestations de 2014 un point de situation, le général d'armée Irastorza a bien voulu répondre à quelques questions :

Question : Mon général, depuis la mise en ligne de son site internet et de sa page facebook, la Mission du Centenaire est plus "visible" dans le paysage, sans que les finalités en soient forcément bien perçues. Pourriez-vous revenir sur ces objectifs ?

Réponse : Dès que j’aborde le sujet de cette commémoration  la première question qui m’est généralement posée  est la suivante : « Par les temps qui courent n’avons-nous pas plus important à faire que procéder à une énième commémoration de la guerre de 14-18 ? Pourquoi revenir une fois de plus sur ce douloureux événement de notre histoire nationale alors qu’il n’y a plus un seul survivant de l’enfer des tranchées et autres lieux de ce titanesque affrontement ? ». Il nous faut pourtant bien admettre que, dans l’histoire de nos sociétés, il y a des événements dont il convient de se souvenir, parce qu’ils constituent de véritables ruptures, des ruptures durables au point de marquer encore, des siècles durant, notre vie quotidienne. La Révolution française en est une qui vient immédiatement à l’esprit pour nous avoir fait passer de l’Ancien Régime à la société que nous connaissons aujourd’hui. Nous en avons commémoré le Bicentenaire en 1989. Nous pourrions tout aussi bien commémorer en 2014 le 800e anniversaire de la bataille de  Bouvines qui vit émerger, pour la première fois dans notre histoire, l’idée de sentiment national autour du roi Philippe Auguste.

La guerre de 1914 nous a fait passer du XIXe au XXe siècle en étant la dernière du premier cité et la première du second, mais surtout en entraînant des bouleversements dans notre société qui vont bien au-delà de l’affrontement sur les champs de bataille et de leurs conséquences statistiques. Nous avons donc devant nous une tâche immense que je résume souvent par deux verbes : honorer et comprendre. Honorer nos soldats morts pour la France et ceux venus mourir chez nous pour notre liberté, en leur rendant, une fois encore, l'hommage qui leur est dû mais aussi partager avec tous, dans un esprit constructif d'amitié, la mémoire de ces sacrifices. Comprendre et par extension faire comprendre comment nous en sommes arrivés à cet affrontement humainement dévorant, comment nous avons pu tenir, 52 mois durant, à l’avant comme à l’arrière dans des conditions qui dépassent l’entendement, et comment, enfin, la société française mais aussi le reste du monde sont sortis de ce premier conflit mondial.

La mission du GIP « Centenaire » peut donc se résumer en quatre verbes : organiser, coordonner, accompagner, informer :

- Organiser les grands temps forts du Centenaire entre 2014 et 2018, avec notamment les grands rendez-vous de l’année 2014 (commémoration de la mobilisation générale, bataille de la Marne, etc.). A ce titre il est opérateur du gouvernement.

- Coordonner et accompagner, en s’appuyant sur les Comités départementaux du Centenaire (CDC) ce qui permet de faire participer l’ensemble du territoire national à cette grande dynamique mémorielle.

- Informer enfin, le grand public sur les préparatifs et le déroulement du Centenaire, grâce à un portail internet de référence : www.centenaire.org

Question : De nombreux amateurs craignent que la dimension militaire de la Grande Guerre ne soit abordée "en retrait" par rapport à d'autres aspects du conflit. Que pouvez-vous leur répondre ?

Réponse : Nous savons tous que ce conflit a impliqué la société française dans quasiment tous les domaines, que ce soit durant la guerre ou après, en entrainant des bouleversements durables. Il est donc justifié que cette période tragique mais cruciale de notre histoire nationale intéresse dans tous ses aspects les historiens,  les chercheurs mais aussi les simples citoyens. Mais il est évident que le sacrifice consenti par nos soldats suscite encore une véritable fascination. Il suffit pour s’en convaincre de parcourir les champs de bataille et de tendre l’oreille pour s’en persuader. Ce qu’ils ont enduré n’est qu’un des éléments du volet militaire mais il nous incitera, là encore dans un souci de compréhension, à aller au bout de cette dimension du conflit.

Question : Quelle est la place de la recherche historique dans le dispositif d'ensemble et quel pourrait être, par exemple, le rôle du Service Historique de la Défense ?

Réponse : Vous le savez, il n’y a plus de témoin vivant, plus de mémoire vive pour susciter l’attention, voire l’émotion. Nous sommes passés d’une mémoire de chair à une mémoire de pierre et de terre mais pas seulement. Nos familles entretiennent toujours le souvenir de ces combattants et nos archives regorgent de documents officiels et de témoignages d’une exceptionnelle richesse. Nous assistons d’ailleurs à une exhumation de véritables petits trésors familiaux et je pense que la tendance va s’accélérer. Il y a là un champ d’action absolument fabuleux pour les historiens ! A eux d’en extraire la substantifique moelle au profit de tous ceux qui n’ont ni le temps ni la compétence pour aller au-delà de l’intérêt de l’honnête homme pour l’histoire. Le Service Historique de la Défense a naturellement tout son rôle à jouer dans cette dynamique et je rappelle que ses autorités de tutelle sont membres du GIP.

Question : Pouvez-vous nous dire si une activité majeure, à la fois institutionnelle et populaire, scientifique et culturelle, pourrait marquer à Paris le début du centenaire de la Grande Guerre, car il y a dans ce domaine des attentes fortes ?

Réponse : Nous avons parfaitement perçu cette attente. Paris occupera une place capitale tout au long de ce cycle mémoriel qui verra se multiplier colloques, expositions et bien d’autres activités artistiques et culturelles. Nous sommes actuellement dans la phase d’inventaire de toutes ces initiatives et d’élaboration d’un calendrier national et international qui nécessite de la coordination et donc un peu de temps. Je pense que nous pourrons donner un éclairage très précis dès l’automne. Mais il faut bien garder à l’esprit que la victoire de 1918 fut celle de tout un pays. Il conviendra donc d’impliquer non seulement la capitale et la zone des combats mais aussi tout l’arrière front. Les comités départementaux et académiques du centenaire s’y emploient avec une belle conviction.

Question : En pratique, comment s'organise le travail préparatoire entre le G.I.P. en tant que tel et le conseil scientifique de la Mission ?

Réponse : Le conseil scientifique de la Mission fonctionne sous l’impulsion du professeur Antoine Prost. Six commissions thématiques ont été créées, parmi lesquelles une commission « pédagogique », une commission « internationale », une commission « production intellectuelle », une commission « productions culturelles », une commission « valorisation et productions numériques » et enfin une commission « programme commémoratif ». L’animation de ces commissions a été confiée à six membres du conseil scientifique.

Difficile de tout savoir d’une Grande Guerre aux lectures forcément plurielles. Le conseil scientifique est également la vigie et le « filet de sécurité » de la mission dans l’exécution de la mission qui lui a été confiée…

Question : Quand sera connu le programme de l'ensemble des manifestations ?

Réponse : La concomitance des calendriers fait que notre pays devra commémorer, avec d’autres en 2014 et 2015, la Première et la Seconde Guerre mondiale. Depuis novembre 2012, le GIP relève donc de « la Mission des anniversaires des deux guerres mondiales »  créée, auprès du ministre de la défense et présidée par le ministre délégué auprès du ministre de la défense, chargé des anciens combattants. Cette mission a pour objet de concevoir, d'animer et de coordonner les initiatives à caractère international ou national propres à rendre hommage aux hommes et aux femmes qui ont lutté pour la défense de la France pendant la Première Guerre mondiale et pour sa défense, sa libération et la victoire sur le nazisme pendant la Seconde Guerre mondiale. Elle s’appuie sur le GIP pour tout ce qui a trait à l’anniversaire de la Première Guerre mondiale et sur les services du ministère de la défense et de l'Office national des anciens combattants et victimes de guerre pour tout ce qui concerne l'anniversaire de la Résistance, des débarquements, de la libération de la France et de la victoire sur le nazisme.

Il y a un gros travail de coordination à parachever, notamment au plan international. Là encore nous aurons une claire perception du calendrier à l’automne.

Question : On sait que la Première Guerre mondiale reste un sujet qui intéresse des centaines de milliers de Français, et au-delà de très nombreuses personnes chez tous les anciens belligérants. Quel(s) message(s) souhaiteriez-vous faire passer ?

Réponse : Près d'un siècle après le début de son déclenchement, la Première Guerre mondiale occupe toujours une place à part dans notre mémoire collective. Qui n’a pas le souvenir de l’aïeul unissant  avec ses mots à lui, dans un improbable oxymore, le plus souvent sans haine ni forfanterie, l’horreur et la camaraderie des tranchées ? Qui ne se souvient pas de ces douilles de 75 patiemment sculptées trônant fièrement sur la cheminée ? Qui n’a  pas au fond d’un tiroir ou dans une boite au grenier les cartes jaunies écrites d’un mauvais crayon à la lueur d’une bougie dans une cagna où les rats le disputent aux poux ? La Grande guerre est donc indiscutablement constitutive de notre mémoire collective et le Centenaire sera sans doute la dernière occasion d'offrir un moment privilégié de "réflexion historique et de pédagogie civique" en proposant aux plus jeunes générations les clés de compréhension d'une période parmi les plus difficiles de notre histoire nationale.

Durant plus de quatre ans, la France sera ainsi la destination privilégiée de tous ceux qui, de par le monde, auront à cœur de se souvenir et de comprendre. Cet intérêt pour notre pays sera un puissant moteur de notoriété internationale et de développement économique bien au-delà des seuls territoires du champ de bataille. Nous aurons donc une obligation nationale : accueillir dignement, dans un esprit d'amitié, tous ceux qui viendront chez nous  se souvenir des leurs et comprendre.

Ce centenaire sera enfin une opportunité d'affirmer notre fierté d'être Français, de réaffirmer notre solidarité internationale et de consolider la nécessaire fraternité entre les peuples.

Merci beaucoup mon général pour toutes ces réponses. En vous souhaitant plein succès dans ce complexe travail de coordination et d'animation, et en espérant vous retrouver à l'automne pour des précisions complémentaires.

Exclusivité 1914-2014
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25 avril 2013 4 25 /04 /avril /2013 07:00

Race & War in France

Colonial Subjects in the French Army, 1914-1918

Richard S. Fogarty

  Race-et-war940.jpg

Partant du constat que l'engagement par la France pendant la Grande Guerre de quelques 500.000 hommes recrutés dans l'empire colonial (sur 8 millions de mobilisés au total) a été à l'origine de profondes mutations culturelles, sociales et politiques ultérieures, Richard S. Fogarty étudie la réalité, les ambivalences, les ambiguités de la prise en compte de cette réalité par la métropole. A la différence de la politique encore ouvertement raciste à l'égard des troupes noires au sein de l'armée américaine de l'époque, les élites françaises (civiles et militaires) se félicitent alors de cette "preuve" d'intégration. Pourtant, de nombreuses réserves se manifestent encore, et se manifesteront pendant de très longues années.

L'auteur divise son étude en sept chapitres thématiques : "Reservoirs of Men" (sur la politique militaire et la situation des troupes indigènes dans l'empire avant la Grande Guerre, évolution du recrutement pendant la guerre, etc.), "Race and Deployment" (volume et place de l'encadrement européen, organisation des unités, peuples considérés comme "guerriers", combattants et ouvriers, hivernage), "Hierarchies of Rank, Hierarchies of Race" (place des indigènes dans la hiérarchie et possibilités d'accession à l'épaulette), "Race and Language in the French Army" (apprentissage du français, officiers interprètes, manuels d'instruction), "Islam in the French Army" (respect des prescriptions coraniques, islam modéré, situation des autres cultes -peuples d'Indochine-, tentatives de déstabilisation de la propagande allemande), "Race, Sex and Imperial Anxieties" (relations avec les Françaises, rumeurs, misère sexuelle), "Between Subjects and Citizens" (rapport entre service militaire et citoyenneté, situation particulière des musulmans d'Afrique du Nord, la question de la polygamie, naturalisations et projets et réformes législatives à la fin de la guerre). Il s'agit d'une étude sérieuse et très solidement référencée, même si l'on échappe pas à quelques considérations désormais "classiques" dans les ouvrages universitaires d'outre-Atlantique (effets de mode, études de "genre", société et monde militaire de l'époque parfois vus au prisme de réflexions actuelles, etc.).

Disposant d'un bel appareil critique, l'ouvrage se termine par une bibliographie conséquente (dont de nombreuses utiles références en anglais pour le lecteur francophone) et un index complet. Un ouvrage qui complète et rassemble à la fois nos connaissances sur le sujet, tout en donnant à comprendre comment le monde anglo-saxon voit aujourd'hui l'armée coloniale française de la Grande Guerre (à travers certaines considérations inexistantes à l'époque).

John Hopkins University Press, Baltimore (Ma., USA), 2008, 374 pages.

ISBN : 978-0-8018-8824-3.

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 07:00

1914-2014 : Une dynamique mémorielle puissante est en marche ...

Pourquoi célébrer le centenaire de la Grande Guerre ?

 

Dans ce texte de quelques pages, le général d'armée (2S) Elrik Irastorza, président du Groupement d'intérêt public "Mission du centenaire de la Première Guerre mondiale", précise les missions et les ambitions de cet organisme, dont on parle beaucoup mais que l'on connaît peu. Il détaille les 5 grands enjeux de ces manifestations et les 7 objectifs fixés, dont celui de mieux faire connaître la recherche historique, afin de : "Honorer et comprendre, et par extension faire comprendre". Un texte à lire pour mieux suivre la montée en puissance des préparatifs durant les prochains mois (les annonces relatives au programme complet devant intervenir à l'automne).

Pour consulter l'intégralité du document, cliquer : ici.

 

En route vers 2014
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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 06:55

World War I Bridges

WW1-BRIDGES.jpg

Adossé au musée historique de la Grande Guerre en Italie, de Maserada sul Piave (et rédigé en anglais), ce site très didactique est riche de nombreuses informations sur les traces, souvenirs, archives, manifestations et travaux divers sur la guerre mondiale de l'Italie (1915-1918). Au-delà, il diffuse également des informations très diverses relatives aux commémorations dans différents pays. Le panel est extrêmement éclectique et les nombreux liens permettent d'accéder à des ressources peu connues en France.

Pour accéder au site, cliquer ici.

guida-ricerche.jpg

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12 avril 2013 5 12 /04 /avril /2013 06:50

Les Etats-Unis sont-ils indifférents

au centenaire de la Première Guerre Mondiale ?

Mike Neiberg

neiberg_verdun.jpg

On lire (ici) sur le site de l'International Society for First World War Studies l'analyse par le professeur Mike Neiberg de l'attitude des autorités (et des éditeurs ou des grands musées) américains à l'égard des commémorations envisagées pour les années 2014-2018. Bien peu de choses pour l'instant. Prudence, manque de financements, réserve intellectuelle ou désintérêt pur et simple ?

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3 avril 2013 3 03 /04 /avril /2013 07:00

1914

Le destin du monde

Max Gallo

1914-GALLO.jpg

Auteur plus que prolifique, académicien, romancier et historien (la distinction entre les deux est parfois à peine perceptible), Max Gallo ne laisse pas indifférent. Auteur de 110 ouvrages environ (!), passant allègrement de Spartacus et de Néron à Mussolini via Robespierre, Napoléon, Louis XIV, Garibaldi ou de Gaulle, il a remis au goût du jour la vaste fresque historique du "roman national". Mais peut-on ne pas être convaincu par un ouvrage signé d'une si haute personnalité ? A priori, oui. Le style est aujourd'hui inimitable. Evoquant au début de son livre la proclamation de l'empire allemand en 1871 à Versailles, il écrit : "Les éperons germaniques ont rayé le parquet de la galerie du Roi-soleil" ! Mais au-delà des effets de style, les raccourcis sont nombreux : "Joffre veur renouveler le 'coup d'Austerlitz' en passant à l'offensive en Lorraine et au nord de Verdun" peut-on lire à la date du 14 août... C'est un peu court.

L'ouvrage est chronologiquement découpé en trois 'Livres', eux-mêmes divisés en parties et chapitres, qui nous conduisent de janvier à décembre 1914. Le premier dresse le tableau de la situation en Europe et en France du début de l'année au double assassinat de Sarajevo (pp. 47-108), le second est centré sur la 'crise de juillet', les mouvements des opinions publiques, les hésitations des gouvernements et les conversations diplomatiques qui se multiplient entre le 28 juin et le 3 août (pp. 111-196), le troisième enfin traite des premiers mois de la Grande Guerre, du 4 août au 31 décembre 1914 (pp. 199-327). Il n'y a pas, à proprement parler, d'analyse par l'auteur de l'enchaînement des événements ni d'étude précise de tel ou tel aspect de la marche vers la guerre et des premières opérations, mais plutôt description (voire simple présentation) des faits au jour le jour. Par ailleurs, entre quelques phrases de liaison, parfois fort brèves, qui séparent systématiquement les différents paragraphes, l'essentiel du texte courant est en fait constitué par des citations et des extraits de la presse de l'époque ou des témoignages et souvenirs des acteurs et témoins. Cette "histoire de la Première Guerre mondiale" est en fait une chronologie un peu développée de l'année 1914 qui ne dit pas son nom. Cela nous annonce-t-il pour les années prochaines un "1915", puis un "1916", etc., du même acabit ?

Cette (importante) réserve posée, le livre n'est pas dénué d'intérêt, ne serait-ce que parce qu'il porte à la connaissance du plus grand public de nombreux extraits de textes, parfois peu connus en dehors des spécialistes. Pratiquement aucune note de bas de page, ni bibliographie indicative, ni index : un récit factuel des événements qui laisse au final l'impression d'un kaléidoscope, une infinité de points plus ou moins de détail (et à ce titre souvent utiles), mais qui laisse sur sa faim par manque de hauteur de vue et d'analyse. Espérons que le nom et la notoriété de l'auteur seront suffisants pour assurer la diffusion du livre et que sa lecture donnera au plus grand nombre le goût et l'envie de rechercher dans d'autres ouvrages des études plus solides (sans être pour autant ennuyeuses !). Après tout, le rôle d'un académicien n'est-il pas de (re)donner le plaisir de la lecture ? Si cet objectif est atteint, Max Gallo aura une nouvelle fois bien mérité de notre histoire nationale.

Rémy Porte

XO Editions, Paris, 2013, 355 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-84563-574-6.

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2 avril 2013 2 02 /04 /avril /2013 06:55

Musée 'SOMME 1916'

Albert, 80300

musee-somme-1916.jpg

Ce musée a été fondé il y a 20 ans. Installé dans un ancien souterrain de 250 m. de long à 10 m. sous terre, il retrace la vie et les combats des soldats britanniques et alliés à l'époque de l'offensive de juillet 1916, et reçoit plusieurs milliers de visiteurs, en majorité des touristes d'outre-Manche. Chaque année, de nouvelles scènes sont reconstituées : les nouveautés 2013 sont "Le sniper" et "Une tranchée allemande".

Contact, renseignements, réservations :

http://www.musee-somme-1916.eu/index.php?option=com_content&view=featured&Itemid=272&lang=fr

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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