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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 06:25

Les poilus du Sud-Ouest

Le 18e Corps dans la Grande Guerre

Vincent Bernard

Vincent Bernard, animateur du site Le Cliophage, se frotte ici à un essai d'histoire régionale. Un ouvrage grand public mais fort bien documenté.

Procédant selon le principe du sablier, l'auteur consacre son chapitre 1 à présenter "La France et son armée" à la veille de la guerre, puis centre son propos sur sa région, dont il détaille les unités, du corps d'armée aux bataillons. Il traite ensuite de la mobilisation à proprement parler, du départ pour le front du Nord-Est et des premiers engagements : "Les premiers Sud-Ouest véritablement 'tués à l'ennemi' sont sans doute ceux du 15e dragons de Libourne" (un jeune lieutenant). Ce sont ensuite les combats de Charleroi, de Guise, puis la Marne et l'Aisne et une première longue halte au Chemin des Dames. La suite de la guerre est (en proportion de la pagination) plus rapidement traitée, avec deux chapitres consacrés aux tranchées (chap. 5) et à l'amère victoire (chap. 6). Au fur et à mesure, la localisation des régiments est précisée, les pertes évaluées, les participations aux "mutineries" de 1917, les conditions de vie des poilus précisées à partir de leurs témoignages. 

Ponctuellement, un tableau rappelle tel point d'organisation, les implantations ou les taux des pertes. On apprécie les quelques cartes, le cahier photos central, les nombreuses références (dont 17 témoignages de poilus du Sud-Ouest en bibliographie finale), et une annexe qui récapitule les inscriptions aux drapeaux et récompenses collectives des régiments de la région. Une bonne étude qui prend soin de replacer régulièrement le cas particulier d'une région dans le contexte plus large de la situation nationale.

Editions Sud-Ouest, Bordeaux, 2014, 183 pages. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-8177-0328-2.

Histoire régionale
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14 février 2014 5 14 /02 /février /2014 06:25

14-18

Quatre ans cachés dans le grenier

Dominique Zachary

Comme le précise Jean-Yves Le Naour dans son introduction, on connait des cas relativement nombreux au début de la Grande Guerre de soldats français dépassés par l'avance allemande, isolés de leurs unités et qui soit ont été pris après quelques semaines, soit ont pu passer aux Pays-Bas.

Mais l'exemple qui nous est compté ici est tout-à-fait extraordinaire puisque Alfred Richy et Camille Muller, de la 13e compagnie du 164e RI, parviennent à rejoindre la ferme de la famille Richy à Baslieux, après la chute de Longwy. Ils ne pensaient dans un premier temps qu'effectuer une halte de quelques jours sur place avant de rejoindre leur grande unité repliée vers Verdun. Mais, finalement, bloqués par la présence de nombreux Allemands dans le petit village, ils vont passer les 51 mois de guerre à venir dans un grenier , dont ils ne pourront sortir que brièvement et en de très rares occasions : derrière "un énorme tas de fagots de bois", ils "bénéficient d'un petit espace de quelques mètres carrés". Une partie non négligeable du volume reste consacrée à des explications plus larges (évolutions de la situation militaire, représailles allemandes contre les populations civiles et rigueurs de l'occupation, vie quotidienne, etc.), car les sources sont naturellement peu nombreuses : un petit carnet tenu par Alfred Richy (dont on ne sait pas exactement ce qu'il représente) et des souvenirs de famille racontés par les descendants (qui se traduisent par quelques anecdotes). Les deux jeunes hommes seront libérés avec leur village, le 18 novembre 1918, par un détachement de la 3e Armée US. Ils rejoignent alors Verdun, puis Paris, pour régulariser leur situation militaire et seront finalement démobilisés au début du mois d'août 1919. L'auteur est journaliste et non historien : le propos est parfois approximatif ou excessif (les lois Dalbiez -et non Dolbiez- et Mourier "intensifient le dépistage des embusqués"), et les digressions peuvent être un peu longues ou répétitives, mais il faut bien en passer par l'environnement pour reconstituer la vie des deux soldats, puisque la base documentaire directement liée à leur situation est bien mince.

Mais il n'en reste pas moins qu'il s'agit d'un petit livre attachant car ce grenier-refuge fut une véritable prison et la situation des deux anciens poilus fut parfois paradoxale durant l'entre-deux-guerres. Le récit d'une expérience tout-à-fait exceptionnelle par sa durée.

Editions Jacob-Duverney, Paris, 2013, 213 pages, 18 euros.
ISBN : 978-2-84724-506-6.

Incroyable aventure
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13 février 2014 4 13 /02 /février /2014 06:25

Quelle connerie la guerre !

Général Paul Diez

Quelle connerie la guerre s’avère un ouvrage assez inhabituel au premier abord. À partir du journal tenu par Paul Diez, Maurice Bernard, en sélectionnant des extraits et en les regroupant par grands thèmes, offre une vision très originale de la Première Guerre mondiale, préfacée par le général Bach.

Paul Diez est un des innombrables généraux de brigade de l’armée française, assumant un commandement au front dans un domaine technique (l’artillerie) durant ces quatre années de combat. Mais il possède également une personnalité relativement hors norme. Profondément républicain (contrairement à nombre de ses pairs), technicien méthodique formé à Polytechnique, soucieux d’efficacité autant qu’économe du sang de ses soldats, il n’hésite pas à s’insurger contre la théorie de l’offensive à outrance qui est le credo de l’armée française au début du conflit. Il dénonce ensuite la gestion parfois erratique de la guerre de position, où le feu doit nécessairement être la clef de l’affrontement. Enfin, il appréhende parfaitement le caractère mondial des opérations et en mesure tout à fait logiquement les conséquences.

Faute de connaître l’ensemble des faits (et leur dessous), il demeure difficile d’apprécier à leur juste valeur (en d’autres termes d’adhérer ou de refuser) les jugements parfois cruels qu’il porte sur les autres généraux. En revanche, les extraits présentés (mais quels sont exactement les critères de sélection ?) offrent une vision parfois renouvelée du quotidien de l’armée française.

La résistance à l’innovation (à travers l’utilisation du téléphone en artillerie), l’absence de formation technique d’une partie des officiers répondent aux promotions, parfois imméritées aux yeux du général Diez. Personnellement agnostique, politiquement anticlérical, il dénonce au hasard d’une page le prosélytisme religieux des ministres des divers cultes. Là encore, il s’avère difficile d’en juger, tant le facteur religieux a tenu son rôle dans la vie des tranchées. La question des mutineries ou des refus de combattre est abordée lucidement, car le général Diez, servant dans une armée de conscription, est profondément convaincu que les cadres sont comptables de la vie des citoyens sous leurs ordres. Il s’intéresse de ce fait sincèrement au soldat de base, au « poilu », dont il mesure les souffrances et dont il s’efforce de cerner la mentalité.

L’apport essentiel de ces extraits réside cependant dans la description aussi précise qu’inattendue des arrières immédiats du front, en l’occurrence la zone de quelques kilomètres de profondeur, à partir des premières lignes, placée sous l’autorité militaire, et qui abrite dépôts de tous ordres et cantonnements de repos pour les unités qui se relèvent à tour de rôle dans les tranchées. Là, dans cette aire bien particulière, alcool et prostitution se révèlent monnaie courante.

Au bout du compte, cet ensemble de petits chapitres (« L’artillerie sur le champ de bataille », « La guerre et la technique », mais également « Le poilu », « Le boche », « L’arrière », « Les officiers », « Les généraux, les politiques, le pouvoir ») présente une réelle cohérence de pensée. Tous ces éclairages, s’agrégeant en un tout cohérent, finissent par brosser un tableau de la Première Guerre mondiale qui, loin d’un récit d’opérations militaires, permet d’approcher (à défaut de saisir entièrement), compte tenu de la position de l’auteur dans la hiérarchie, le fonctionnement du front au quotidien.

On ne peut que remercier Maurice Bernard d’avoir pris l’initiative de relire ce journal. Cette version réduite et ordonnée permet d’en saisir la richesse et offre à tout amateur de la Première Guerre de quoi alimenter sa réflexion et relativiser certaines affirmations communément admises. Quelle connerie la guerre est un livre court, qui se lit d’un trait et mérite d’être savouré autant pour ses traits d’impertinence intellectuelle que pour ses analyses mordantes et intelligentes. Il sera ensuite croisé avec d’autres témoignages pour confronter les analyses et les points de vue.

Jean-François Brun

Editions Riveneuve, Paris, 2014, 165 pages, 

ISBN : 978-2-36013-185-3.

Un général atypique
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8 février 2014 6 08 /02 /février /2014 06:30

Atlas de la Première Guerre mondiale

La chute des empires européens

Yves Buffetaut et Fabrice Le Goff

On connait bien la très utile collection d'atlas qui figure au catalogue de la maison Autrement. Et, en cette année du centenaire de la Grande Guerre, il était intéressant de réaliser une nouvelle édition, revue et augmentée, de ce volume.

Le volume est organisé en trois parties principales ("Le monde en 1914", "Une forme de guerre nouvelle" et "Un monde nouveau et instable"). Les quelques 80 cartes sont d'excellente facture (à la fois claires et précises) et le texte courant d'Yves Buffetaut, rédacteur en chef de Tranchées, bien connu pour ses écrits personnels, synthétique et complet. Toutes les grandes thématiques sont abordées sur l'ensemble des fronts, européens et ultramarins (territoires, armements, techniques, etc.) et le seul reproche que l'on puisse faire à l'ouvrage est le choix d'une (toute) petite police d'écriture. Quelques biographies de personnalités, une bibliographie de référence et un index complètent le volume qui rendra sans aucun doute les meilleurs services.

On ne peut donc qu'inviter les amateurs à se procurer ce très pratique outil de travail et de référence immédiate.

Autrement, Paris, 2014, 95 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-7467-3615-3.

Indispensable outil de travail
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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 06:10

Le Service de santé

1914-1918

Marc Morillon et Jean-François Falabrègues

Les chiffres totaux des victimes de la Grande Guerre donnent le vertige. Le spectacle des "gueules cassées" impressionne dans les années 1920 et 1930. La question de la "fine blessure" qui permettait d'échapper quelques temps aux rigueurs et aux dangers du front reste toujours débattue. Autant de bonnes raisons pour se procurer cet ouvrage.

En un peu plus de 100 pages, les deux auteurs parviennent à présenter un panorama (presque) complet du rôle et des nombreuses évolutions du Service de santé des armées pendant la Grande Guerre. Les sévères critiques adressées au SSA au cours des premières semaines et des premiers mois de guerre ne sont pas cachées, mais sont évoquées de façon indirecte, par la présentation de l'organisation de l'époque et de ses limites (sans toutefois développer les problèmes internes de doctrine, d'organisation et d'insuffisance des moyens). Mais, plus largement, toutes les branches et subdivisions de Service sont présentées, des brancardiers de l'extrême-avant aux hôpitaux et centres de convalescence les plus éloignés du front ; de même que les différentes catégories de personnel, de tous grades et de tous statuts. Il faut d'ailleurs observer, à l'attention des amateurs d'uniformologie, que le volume est sur ce plan très complet par le nombre et la diversité des éléments d'uniforme, équipements, mannequins qui figurent au fil des pages. De façon générale, les illustrations sont nombreuses et de qualité, en particulier avec l'apport des riches collections du musée du Service de santé des armées (Val-de-Grâce), hélas trop souvent méconnues. Comme le précise dans sa préface le médecin général des armées Debonne, citant le sous-secrétaire d'Etat Godart, "les médecins sont les seuls à pouvoir faire bénéficier ceux qui vivront dans la paix de ce qu'ils ont appris dans la guerre". Et il faut bien reconnaître que dans tous les domaines, de la simple hygiène aux opérations les plus lourdes, de la radiologie aux vaccins et aux questions dentaires, les progrès ont certes été extrêmement importants. Le recours quotidien aux médecins (terme générique) devient ainsi presque un réflexe pour toutes les couches de la société. Quelques pages sont consacrées au soutien médical de l'armée d'Orient (y compris les actions au profit des Serbes), aux infirmières (y compris bénévoles) et aux aumôniers. Pas de contributions directes aux débats sur les sujets difficiles, mais de nombreux chiffres, des encarts, des détails qui constituent autant de renseignements utiles aux différents sujets.

Un livre-album de synthèse, des textes relativement brefs (c'est à la fois un atout et une faiblesse) qui accompagnent une très belle iconographie : voila un ouvrage qui mérite sans contestation de figurer dans toute bibliothèque de l'amateur de la Première Guerre mondiale, et plus largement des questons militaires.

Bernard Giovanangeli Editeur, 2014, 159 pages, 35 euros.

ISBN : 978-2-7587-0116-3.

Soigner et sauver
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5 février 2014 3 05 /02 /février /2014 06:10

Des vignes aux tranchées

La Grande Guerre en pays biterrois

Beatrix Pau

Avec ce volume tiré d’un texte déjà ancien (son DEA soutenu en 1995), Beatrix Pau nous fait (re)vivre le quotidien d’une ville et d’une région très éloignées du front pendant la Grande Guerre.
Le texte est sobre, sans fioritures, les citations nombreuses et référencées. Sur différents points, l’historiographie a progressé en presque vingt ans, et la bibliographie (au moins) aurait gagné à être adaptée, et quelques pages auraient mérité d’être développées. Mais on pense, bien sûr, aux travaux fondateurs de Jules Maurin, en quelque sorte ici approfondis et précisés. L’ensemble est tout-à-fait passionnant et complète parfaitement bien les différentes études publiées ces dernières années sur telle ou telle région.

De façon chrono-thématique, le livre est divisé en trois parties principales : « Entrer dans la guerre », « Vivre en guerre », et « Affronter la mort ». Dans la première, du collectif au particulier, nous retenons les chapitres « Solidarité et générosité » (qui accompagnent le départ des hommes lors de la mobilisation) et « Affronter l’absence », qui aborde les deux aspects des conséquences de l’absence du père pour le reste de la famille, l’époux et les enfants. Le deuxième nous plonge dans la réalité quotidienne de la vie à l’arrière en temps de guerre, les difficultés financières, la remise en question de la propriété des biens et même le thème (parfois étonnant si l’on n’y réfléchit pas) du temps de loisirs et de la relative difficulté à suivre l’actualité des spectacles ou des activités sportives. L’auteure relève d’ailleurs ce paradoxe qui n’est qu’apparent : « Il exista une accoutumance à un état de guerre, c’est-à-dire aux misères, aux pénuries, aux restrictions, mais non à la guerre elle-même, la meilleure preuve étant la volonté de paix, … si forte, si présente dans les lettres ». La troisième partie, enfin, s’attache à la question de la mort et des deuils, sujets qui ont constitué un aspect important des travaux ultérieurs de Béatrix Pau. Dès l’automne 1914, « le conseil municipal de Béziers faisait déjà ce triste constat : les deuils succèdent aux deuils dans notre cité particulièrement éprouvée ». L’auteure fournit tout à la fois de nombreux chiffres et des cas précis de situations particulièrement douloureuses, liées aux formes que prend l’annonce de la mort d’un fils ou d’un mari au combat, aux « morts de l’arrière » dans les hôpitaux militaires, puis au « deuil de masse » et aux formes prises, dans les familles ou collectivement, pour honorer les morts : dès novembre 1915 « se forma à Béziers l’œuvre du monument aux morts à Saint-Nazaire ». Enfin, après la fin des combats, se pose la question du rapatriement (ou non) des corps des anciens champs de bataille vers les cimetières des lieux de résidence. Une véritable politique, définie par la loi, d’exhumations, de transferts ferroviaires organisés comme des manœuvres de 4e bureau avec gares de groupement et gares régulatrices. Selon les communes, « nous estimons entre 15 et 25 % environ le nombre de corps militaires ‘morts pour la France’ ramenés dans le Biterrois ».

Excellent ouvrage d’histoire locale largement ouverte sur les larges problématiques de la « grande » histoire, ce livre multiplie les aller-retour entre l’individuel et le collectif, privé ou public, et présente avec forces graphiques et tableaux à l’appui les aboutissements, les conséquences et les séquelles immédiates ou plus lointaines sur une commune du Languedoc de la guerre, en apparence si éloignée, vécue dans le Nord-est ou en Orient. L’ensemble est accompagné de nombreux encarts qui reproduisent des extraits de lettres, de discours ou d’articles et de quelques photos (dont la qualité de reproduction en noir et blanc laisse hélas à désirer). Et cette ultime phrase, de Foch, sur laquelle se termine le livre : « Les peuples ne perdent la vie que lorsqu’ils perdent la mémoire ». Au-delà des seuls amateurs de l’histoire de Béziers et de sa région, l’étude de Béatrix Pau, sobre et précise, séduira tous ceux qui s’intéressent à « l’Intérieur » pendant la Grande Guerre.

Editions du Mont, Cazouls-les-Béziers, 2013, 254 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-915652-54-3.

La guerre, loin de la guerre
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 06:30

Les 300 jours de Verdun

Jean-Pierre Turbergue (Dir.)

Superbe nouvelle édition, préfacée par le général Irastorza, de cet albumm grand format dont j'avais eu le plaisir de m'occuper lors de sa première parution en 2006 avec une équipe de cadres civils et militaires de Vincennes.

Des prolégomènes aux conséquences, du premier au dernier jour, les illustrations innombrables sont valorisées par la mise en page, les cartes sont nombreuses, les photos pleine page (voire en double page) et les colonnes de droite et de gauche reproduisent des textes littéraires, des lettres, des témoignages d'acteurs et témoins de la bataille, français et allemands, de tous grades et de tous statuts. Et, jour après jour (effectivement tous les jours), les opérations, les ordres et les comptes rendus, les bilans et les pertes. Sans oublier des thématiques importantes sur les matériels les plus divers, les véhicules, les avions, l'artillerie, les armes et outils individuels, les communications, etc... Le bois des Caures et le fort de Vaux, Fleury, le tunnel de Tavannes, Douaumont, la voie sacrée, le Mort Homme, etc. Tout sur tous à Verdun ! Un gros volume indispensable pour quiconque souhaite mieux connaître cette titanesque bataille de dix mois, mais aussi une belle réalisation au plan esthétique.

Un superbe cadeau à offrir (ou à s'offrir !) et en même temps une volumineuse synthèse de référence.

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2013, 550 pages, 59 euros.

ISBN : 978-2-35617-015-6.

Pour commander directement auprès de l'éditeur ; ici

Magnifique !
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 06:30

Journal d'un mobilisé

1914-1918

Auguste Allemane

Encore un journal de la Grande Guerre ? Oui, mais comme souvent lorsqu'il s'agit de la publication d'une petite maison, un témoignage de qualité, choisi, sélectionné. Bref, un témoignage utile.

Réserviste (il est né en 1870), fonctionnaire à la mairie de Bordeaux, Auguste Allemane est chef de cabinet du maire lors de la déclaration de guerre. Dans la première moitié des années 1920, il reprend ses notes, carnets, correspondances, rappelle ses souvenirs pour rédiger ce texte avant que l'oubli ne fasse son oeuvre. Il nous entraîne ainsi dans sa guerre, du 18 août 1914 au 16 décembre 1918. Il reste d'abord avec ses hommes plusieurs longues semaines dans la région d'Orléans (on parle de renforcer Paris, d'aller cantonner dans les territoires ennemis occupés, etc., bref, les missions des classes les plus anciennes), puis remonte vers la Seine-et-Marne à partir du 11 septembre. De fréquentes considérations et descriptions sur la vie et les activités de l'arrière front : les blessés, les prisonniers, les cours martiales, etc. Puis, en novembre, ce sont les Flandres, où il organise la tête d'étapes de Steenvoorde, derrière Ypres, entre Français, Belges et Britanniques. La bataille, au loin, et la montée vers les lignes de tout ce que Foch peut envoyer en renfort : "Par régiments entiers, tout cela passe avec un bruit infernal jour et nuit". Les difficultés quotidiennes, parfois presque la misère, mais aussi la débrouillardise et la volonté de réussir sa mission de soutien : "Quelle idée malheureuse que de vouloir créer une formation d'éclopés, de malades dans cette petite ville insalubre, sans eau potable ... Au lieu de travailler à faire des soldats, je fournis les hôpitaux et les asiles de convalescence". Une brève permission au printemps 1915 à la suite d'un décès dans sa famille, puis le retour l'arrière front de l'Yser et ses bombardements incessants : "Dans notre petit coin en 24 heures ont été consommés 20.000 obus et 1.700.000 cartouches". Tour à tour des soldats de l'Armée des Indes ou d'Afrique du Nord passent et parfois font halte. Des montées en première ligne de plus en plus fréquentes du fait de la crise des effectifs, la diversité des tenues (de moins en moins réglementaires et de plus en plus adaptées aux conditions locales), les premières permissions régulières à partir de l'été 1915, et le provisoire qui dure : "Je me fais installer un abri en tôle métro recouvert convenablement de terre et de rondin et j'emménage demain. Tout le confort y sera rassemblé : un chassis en bois, une paillasse et quelques épaves ramenées des villages ravagés : petite table, glace, porte-manteau, deux chaises. C'est admirable". De nombreux exemples d'embusqués et ce constat : "Que de photographies de tranchées ou de boyaux, où l'on se fait héroïquement représenter debout, la lorgnette à la main, sont prises à 6 ou 7 kilomètres du danger, ou dans le camp retranché de Paris ! Ne savons-nous pas que, si le bout des doigts dépassait seulement le parapet, plusieurs balles feraient place nette ?". Des anecdotes sur les promotions plus ou moins méritées, la pluie et le vent, la peur et la fatalité, et toujours les bombardements : "Voici les marmites qui tombent. Allons tenir compagnie à nos hommes, nos frères de misère et veillons !". Et au début de l'année 1916, une citation et la croix de guerre : "Je puis assurer que la mienne n'est pas une croix de l'arrière ; je serais heureux de la porter en songeant, sans faux orgueil, qu'elle n'est pas déplacée sur ma poitrine". En dépit d'une permission, l'hiver et le printemps, sous la neige et la pluie, sont très pénibles. Il quitte ses Girondins pour un régiment breton et rejoint la région de l'Oise et ce sentiment en juin 1916, à quelques jours du début de l'offensive de la Somme : "L'impression générale est faite d'espérance. Il semble que le moment des grandes offensives est proche, nous le sentons à beuacoup d'indices". Impossible de tout citer, de tout détailler jusqu'à la fin du livre, mais nous relevons néanmoins quelques phrases : "Les officiers peuvent se procurer une parcelle de bien-être et le sentiment du devoir à remplir les soutient. Mais combien de nos soldats faut-il maintenir par l'amitié, les attentions, le réconfort de la sympathie. Pour certains, une usure profonde se manifeste" ; "Dernier jour de l'année, lourd, sombre ... La gaîté est morte" (31 décembre 1916) ; "Les journaux assurent que nous avons la maîtrise de l'air. C'est fort heureux ... à en juger par le nombre des avions boches qui, le temps étant plus clair, se promènent au-dessus de nos têtes" (23 avril 1917) ; "Nous croyons que le front occidental tiendra le coup jusqu'au moment où arriveront les renforts tant attendus. La guerre s'en trouvera allongée, mais le but sera quand même atteint" ; etc.

Des photos inédites et des coupures de la presse régionale agrémentent et illustrent ce volume que complètent les états de service détaillés d'Auguste Allemane. Un témoignage d'un officier de la territoriale engagé en première ligne comme dans l'immédiat arrière-front, dense et mesuré.

Editions Sud-Ouest, Bordeaux, 2014, 303 pages. 19,90 euros.
ISBN : 978-2-8177-0326-8.

Un bordelais en guerre
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29 janvier 2014 3 29 /01 /janvier /2014 06:25

Permissionnaires dans la Grande Guerre

Emmanuelle Cronier

L’hypothèse d’une guerre courte fait que la question des permissions des soldats ne se pose pas en août 1914, ni pour les autorités militaires, ni pour les mobilisés. Pourtant, le sujet prend de l'importance avec l'allongement de la durée du conflit et, à partir de juillet 1915, des permissions sont accordées. E. Cronier revient sur cette expérience singulière, faite à la fois de « retrouvailles » et de « confrontation » avec ceux de l’arrière (p. 10). Abordant le sujet dans un premier chapitre chronologique, l’auteure revient également sur les permissions à travers l’étude des espaces temporels (le voyage, le retour…) et spatiaux (la ville, le café, la rue, la gare…). L’ouvrage est très riche et, bien qu’il se concentre sur la capitale, il évoque également le sort des « sans-famille » (p. 135), c’est-à-dire les combattants des régions envahies, des colonies ou des nations alliées. Emmanuelle Cronier délivre un tableau très exhaustif de la (des) permission(s) : les retrouvailles au sein la famille, qui ne se correspondent pas toujours à ce que le combattant espère, le recours à la prostitution, la violence des combattants, mais également les tentatives de quelques soldats pour rester à Paris et ne pas repartir au front, « antichambre de la mort » (p.233) -7 000 agents parcourent ainsi la capitale pour retrouver insoumis et déserteurs (p. 192)-. Le chapitre 8 pose aussi quelques questions pertinentes sur l’identité du permissionnaire. Emmanuelle Cronier développe de manière très intéressante le moment du départ, qui est « encadré de rituels » (p. 235) par l’ensemble du groupe combattant, et poursuit la réflexion dans le chapitre 9 sur la « virilité fragile » du permissionnaire (p. 274). Autour d’une dizaine de chapitres, et de quelques illustrations, elle aborde, avec une approche assez neuve, les aspects militaires et logistiques, culturels et sociaux, intimes et familiaux des permissionnaires. Un régal.

P.-L. B.

Paris, Belin, Paris, 2013, 350 p., 25 euros.

ISBN : 978-2-7011-4762-8.

Perms !
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24 janvier 2014 5 24 /01 /janvier /2014 06:25

100 ans déjà

La guerre est finie

Philippe Delestre et Philippe Claudel

Le dessinateur Delestre et le romancier Claudel se sont associé pour produire ce petit volume qui n'est ni tout-à-fait un récit de guerre, ni tout-à-fait une bande dessinée. Les dessins se suivent plus ou moins chronologiquement, avec une accélération brutale à partir de 1916, et en dessous de chacun figure une brève phrase, un commentaire sur une ou deux lignes.

Après une rapide introduction par chacun des deux hommes, le livre s'ouvre sur un premier dessin qui représente un garde champêtre annonçant dans un village la mobilisation. Puis c'est l'image d'un train, avec des visages hilares : "Ils s'en vont pour deux mois, disent-ils, et reviendront pour faire les vendages". Suivent les images d'un soldat allemand et d'un soldat français en train de rédiger rapidement une carte à leurs proches à l'occasion d'une halte, et celle d'un paysan quittant sa commune avec sa charette qui gémit "sous le poids du strict minimum et du précieux". Les images, brièvement commentées se succèdent et marquent tous les temps de la Grande Guerre, toutes les images emblématiques, tous les moments forts. Toujours en parallèle, les Français et les Allemands, les malheurs des uns répondant aux blessures des autres. La relève, l'hôpital, les prisonniers, les morts, la tranchée, les loisirs dans l'arrière front, etc. Un discours parfois victimiste, une tentative pour présenter à partir de 1918 un espoir commun, des dessins souvent naïfs...

Quel serait donc le meilleur qualificatif : mignon ? gentil ? doux rêveur ? espérance ? humanité ? Je ne sais pas. Pas un livre d'histoire, mais une évocation de la misère et des espoirs des hommes, dans les deux camps. C'est (j'hésite...) presque charmant tant les illustrations sont belles. Un petit album qui esthétiquement "vaut le coup".

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2013, 102 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-35617-013-2.

Pour commander directement chez l'éditeur : ici

Pour une mémoire apaisée
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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