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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 06:20

14-18

Hommes et femmes d'Ille-et-Vilaine dans la Grande Guerre

Eric Joret et Yann Lagadec (Dir.)

Nouvelle splendide publication en provenance de Bretagne, avec ce gros volume parfaitement illustré.

En trois grandes parties, les auteurs nous présentent tout d'abord "Le monde des combattants d'Ille-et-Vilaine", avec le recrutement, la formation et les engagements des régiments de recrutement local, ainsi que la vie des poilus bretons jusqu'au "journal de tranchées", aux évolutions dans la durée de la guerre, à l'armistice et à quelques cas particuliers (instituteur, artiste, enfants-soldats), sans oublier les religieux, les aviateurs et les marins. Puis ils s'intéressent ensuite à "L'Ille-et-Vilaine, un département de l'arrière", avec les problématiques de la sécurité et de l'ordre public, des hôpitaux, des prisonniers de guerre, des femmes, de la production agricole et des réquisitions, des activités maritimes et du commerce, de la présence des Américains, de la vie des paroisses et même... des pompiers. La troisième partie enfin aborde la question "Des sorties de guerre" avec la démobilisation et ses suites, les associations d'anciens combattants, les quelques cas de fusillés pour l'exemple et toutes les thématiques liées à la mémoire et aux monuments aux morts. En un mot, tout savoir, de façon agréable, sur la Grande Guerre en Ille-et-Vilaine.

Le tout est très complètement et magnifiquement illustré d'une profusion de documents de tous types, parfaitement reproduits (très belle qualité d'impression), ce qui donne à l'ensemble le caractère d'une très solide étude de synthèse et celui d'un album de grand style. Franchement, la barre est placée très haut.

Archives départementales, Rennes, 2014, 425 pages, 29 euros.
ISBN : 978-2-86035-027-3.

 

Ille-et-Vilaine

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15 novembre 2014 6 15 /11 /novembre /2014 06:15

Non, l'Allemagne n'était pas coupable

Notes sur la responsabilité de la Première Guerre mondiale

Philippe Simonnot

Etonnant petit livre à plusieurs titres. Edité à la fois en français et en allemand, il cherche à démontrer que non seulement l'Allemagne n'est pas responsable de la Première Guerre mondiale, mais que les dirigeants français ont voulu ce conflit, puis en ont détruit ou caché les preuves, pour des raisons tout autant économiques et financières que politiques et diplomatiques.

Pour Philippe Simonnot, économiste atypique dans le concert actuel, les causes et surtout le discours ultérieur sur les responsabilités dans le déclenchement du conflit et les réparations ne peuvent pas être collective (l'Allemagne en tant que nation) mais sont individuelles et doivent être aussi recherchées du côté des Russes et des Français. Le propos n'est pas absurde en lui-même et, "surfant" sur la vague des Somnambules, plusieurs livres récents reprennent cette thèse. Pour appuyer son argumentation, l'auteur retient en particulier quelques publications pacifistes et socialistes de l'immédiat après-guerre, ainsi que le livre La victoire d'Albert Fabre-Luce (1924), très hostile à Poincaré. On retrouve donc assez logiquement dans ce petit volume les thèmes classiques de ces écrits : instrumentalisation par la Serbie des assassins de Sarajevo, responsabilités russes dans les mobilisations, volonté allemande au cours des derniers jours de juillet de négocier, suppositions rapides : "Ceux qui voulaient empêcher l'Allemagne de parvenir à l'hégémonie mais ne le pouvaient pas par des moyens pacifiques -c'est-à-dire la compétition économique- ont tenté de le faire au moyen de la guerre, et le traité de Versailles serait bien l'aboutissement de cette stratégie néo-clausewitzienne : c'est la guerre comme continuation de l'économie par d'autres moyens"

Certains aspects évoqués sont pertinents, certains éléments sont avérés, mais comme souvent en histoire rien n'est ni tout blanc, ni tout noir. Le processus qui mène à la guerre est particulièrement complexe : les hommes politiques français ne peuvent pas en être totalement exemptés, les responsabilités russes sont probablement plus importantes que ce que l'on a longtemps bien voulu admettre, mais celles de l'Allemagne, pour être partagées, n'en sont pas moins réelles. Le traité de Versailles fut sans aucun doute au moins maladroit sinon inique, il n'en demeure pas moins que cela ne lave pas les dirigeants de Berlin et de Vienne de leurs responsabilités antérieures. A lire avec intérêt, et à toujours recontextualiser. 

Editions Europolis, Berlin, 2014, 62 pages (x2).

ISBN : 978-3-9814942-3-5.

Les origines de la guerre

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3 novembre 2014 1 03 /11 /novembre /2014 06:00

Les Demoiselles aux pompons rouges

La résistance héroïque des Fusiliers marins à Dixmude

Benjamin Massieu

Remarqué il y a quelques mois pour sa biographie de Philippe Kiefer, Benjamin Massieu nous propose un récit factuel, très enlevé, en hommage aux combats des fusiliers-marins de l'amiral Ronarc'h à l'automne 1914.

Lorsqu'ils quittent le secteur de Dixmude le 16 novembre 1914 après vingt-six jours sans interruption de combats héroïques et avoir interdit aux Allemands le franchissement de l'Yser, la brigade de fusiliers-marins a perdu l'équivalent de son effectif de départ... En six chapitres, Benjamin Massieu retrace l'ensemble de l'épopée, de l'arrivée de ces marins rapidement extraits au début d'août des dépôts de la Flotte dans la capitale pour contribuer d'abord à l'ordre public puis éventuellement à sa défense, à son transfert début octobre vers Dunkerque, puis leur engagement incessant au feu pendant plus d'un mois. L'héroïsme des défenseurs de Dixmude (la tactique est simple : mourir sur place. Et cet ordre : "Sacrifiez-vous. Tenez au moins quatre jours") sera très vite mis en valeur dans la presse alliée, et ce à très juste titre. Les chapitres 4, 5 et 6 décrivent par le menu cette bataille dantesque face à un adversaire très supérieur en nombre, lourdement équipé en artillerie, dans l'environnement fantasmagorique d'une ville totalement en ruines, sous la pluie quasi-permanente et dans des tranchées noyées. Renforcés par des tirailleurs sénégalais, leurs lignes souvent mélangées à celles des Belges et en liaison étroite avec la célèbre 42e DI du général Grossetti, les fusiliers-marins devront finalement abandonner la ville après avoir perdu presque 50% de leur effectif en une journée, mais parviendront à se rétablir sur la rive occidentale de l'Yser qu'ils transforment en "un bastion infranchissable".

L'iconographie, nombreuse et variée, est exceptionnelle, ce qui renforce encore l'intérêt du volume. De l'histoire-bataille assez classique, mais efficace. 

Editions Pierre de Taillac, Villers-sur-Mer, 2014, 159 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-36445-046-2.

Epopée

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 06:25

Mémoires du chef des services secrets

de la Grande Guerre

Charles Dupont

Préfacé par Michael Bourlet et présenté par Olivier Lahaie, ce livre nous propose de découvrir les mémoires de l'homme qui fut au coeur, avant, pendant et après la Grande Guerre, des services de renseignement militaire français.

Les mémoires à proprement parler du général Dupont font d'abord l'objet d'une profonde mise en contexte d'Olivier Lahaie qui présente en une cinquantaine de pages l'homme et sa carrière. Puis, le texte de l'ancien chef des services de renseignement français commence, et les lecteurs habitués à la lecture de souvenirs de guerre seront sans doute surpris. En effet, Charles Dupont ne raconte pas le détail du quotidien de "sa" guerre, mais multiplie les brefs chapitres thématiques, dans l'ordre chronologique des événements qui le marquèrent. Les cinq premiers chapitres sont consacrés à des situations vécues avant 1914, puis cinq chapitres traitent de questions particulières (unités de réserve allemandes, violation de la neutralité belge, plan de concentration, entrée en campagne des Russes, etc.). Onze chapitres abordent ensuite divers épisodes de la guerre (la Marne, Verdun, la chute de Joffre, etc.), puis Dupont parle de ses missions en Allemagne, en Silésie et en Pologne. Sa conclusion montre bien son excellente connaissance de l'armée allemande, dont il décrit dans les années 1920 ce que peut devenir (et deviendra) la Reichswehr de 100.000 hommes. Au fil du texte courant, Olivier Lahaie précise les annotations et ratures qui figurent sur le document original, ce qui est parfois révélateur. On peut regretter que Charles Dupont ne développe pas davantage certains aspects, car pour de nombreux chapitres il faut en rester à une affirmation rapide et le lecteur reste quelque peu sur sa faim. Il faut le croire sur parole, alors même qu'il est fort peu critique à l'égard de son propre service et ne semble se reconnaître aucune erreur. Cependant, ce texte vif et dense est particulièrement intéressant et rend sans aucun doute bien compte de ce que fut son rôle.

Un livre particulièrement utile pour quiconque s'intéresse non seulement à la Grande Guerre elle-même, mais aussi à ses suites et conséquences en Europe orientale, heureusement complété par plusieurs pages de notes, sources et bibliographie. A inclure sans hésitation dans toute bibliothèque sur la Première Guerre mondiale.

Histoire & Collections, Paris, 2014, 297 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-35250-358-3.

Renseignement

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1 novembre 2014 6 01 /11 /novembre /2014 06:00

14-18 insolite

Albums-photos des soldats au repos

Joëlle Beurier

Un livre-album construit autour (et grâce à) des fonds iconographiques du Service historique de la Défense relatifs à la Grande Guerre.

Après avoir présenté le cadre dans lequel furent réalisés ces albums de photographies, l'auteure présente une très large sélection des clichés de façon thématique. Au fil des pages surgissent la question de la violence, le rapport au corps et à la nudité, la question du "genre", les jeux, les scènes de détente, les photos "posées", les moments plus artistiques, et pour finir la photographie aérienne. Toutes les photos ne sont pas de la même qualité, mais elles présentent l'intérêt d'avoir été conservées par les intéressés pour ce qu'elles montrent et sont donc importantes. Beaucoup sont touchantes, justement parce qu'elles correspondent à des activités "privées" et n'ont pas initialement d'autre ambition que de conserver ou soutenir les souvenirs de leurs propriétaires. Par contre, les légendes qui accompagnent ces photos et le texte courant sont souvent tout-à-fait "dans le ton" des sujets à la mode (la violence, la sexualité, etc.) et n'apporte pas beaucoup à la connaissance du conflit, de ses soldats-photographes et des clichés eux-mêmes (heureusement les références des fonds sont données en fin de volume). Certaines situations sont à toute force intellectualisées, alors qu'elles ne constituent que des faits bien normaux, comme ces trois soldats noirs qui sourient (p. 24), non pas "comme sur les boites de chocolat Banania", mais comme trois camarades heureux de profiter d'un moment de repos (au soleil semble-t-il) ; ou cette jeune soeur d'un soldat en permission qui a revêtu la tenue de son frère (p. 110-111) et dont on doute que "tout son corps raconte la difficulté à changer de sexe". Tout au plus un jeu pour elle et une pose peu naturelle, et l'on en trouve du même type aujourd'hui que l'on juge simplement peu réussies... 

Profitez largement des photos, elles constituent le coeur de l'ouvrage.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2014, 256 pages. 26,90 euros.

ISBN : 978-2-36583-969-3.

Photos du quotidien

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31 octobre 2014 5 31 /10 /octobre /2014 06:25

Mission auprès de l'armée serbe

1915-1917

Carnets de guerre du général Douchy de Corfou à Salonique

Annotés par Jérôme d'Hautefeuille

Il n'est pas dans nos habitudes de chroniquer les "impressions à titre privé" dont nous pouvons avoir connaissance, mais ces souvenirs du général Douchy présentent un intérêt certain. Imprimés il y a peu sous forme d'un volume pour la famille, ils rendent compte des ses missions dans les Balkans.

Durant la Grande Guerre, le général, alors colonel, a en effet successivement servi à Corfou, oeuvrant à la reconstitution de l'armée serbe avec les survivants échappés de la défaite de l'automne 1915, puis sur le front de Salonique en 1916-1917. Placé au plus près des eux commandants français sur place (le général de Mondésir et le général Sarrail), il nous livre un témoignage de premier plan. Il nous renseigne avec beaucoup de précision sur les relations entre les Français et les Serbes et sur les attentes, les espoirs, la détermination, le nationalisme exacerbé de ces derniers, les rivalités internes et les heurts qui surgissent régulièrement entre eux et le commandement français qui fournit matériels et soutien logistique. On y trouve également de fréquentes références à des conversations avec le général Sarrail, qui n'en sort pas grandi, et au désordre qui règne au sein de l'état-major des armées d'Orient. Dans la dernière partie également, des informations de première main sur le procès en 1917 du colonel "Apis" et de ses amis de la Main noire et quelques exemples de situations ayant (selon lui) conduit aux refus d'obéissance sur le front d'Orient.

Une contribution très utile à notre connaissance au détail des opérations dans les Balkans, entre politique, diplomatie et questions militaires pendant la Première Guerre mondiale.

Les amateurs intéressés par l'acquisition de cet ouvrage, qui n'est normalement pas distribué, peuvent nous faire parvenir leur demande par courriel à l'adresse de guerres-et-conflits, et nous la retransmettrons aussitôt à monsieur Jérôme d'Hautefeuille.

Tirage limité

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30 octobre 2014 4 30 /10 /octobre /2014 06:10

Le feu aux poudres

Qui a déclenché la guerre en 1914 ?

Gerd Krumeich

En signant cet ouvrage consacré aux responsabilités dans le déclenchement de la Grande Guerre, l'historien allemand bien connu (il a longtemps été l'un des rares à travailler sur la Première Guerre mondiale) s'oppose frontalement à Christopher Clark (dont le succès des Somnambules en Allemagne est significatif) et semble retrouver en quelque sorte les échos de thèmes sur la responsabilité de l'impérialisme, du militarisme et du nationalisme qui furent à l'honneur dans le dernier tiers du XXe siècle, tout en les adoucissant et en les amendant.

Avec le brio que permet une intime fréquentation des sources et une longue carrière de travail, Gerd Krumeich brosse le tableau politique et diplomatique de l'Europe à la veille des entrées en guerre et revient sur la fébrilité des principaux acteurs qui pousse parfois à quelques heures d'intervalle à la paix et à la guerre. Il insiste d'ailleurs très justement en introduction sur l'indispensable respect d'une stricte chronologie. Il s'intéresse tout particulièrement à la politique internationale de l'Allemagne et à ses ressorts (dont la quasi-psychose de l'encerclement, qui semble augmenter au premier semestre 1914). Son récit de la crise de juillet insiste sur le rôle de l'empire wilhelmien dans le déroulement des événements et se poursuit par une originale critique de la théorie de la "localisation", "calcul aussi sphistiqué qu'irresponsable" puisqu'il poussera paradoxalement (selon l'auteur) la Russie à intervenir. Croisant les sources et multipliant les références, il fait appel à l'ambassadeur allemand à Londres, Lichnowsky, mais aussi à l'ambassadeur italien Carlotti en poste à Saint-Pétersbourg, aux dirigeants serbes et hongrois, etc. L'auteur détaille ensuite la chronologie détaillée des journées qui suivent la réponse serbe à l'ultimatum autrichien et tente de déterminer quelle est la part personnelle que peut avoir joué Guillaume II dans la succession des événements. Il s'intéresse alors au processus des mobilisations parmi les différents futurs belligérants (en particulier la question de la mobilisation partielle puis complète russe et celle des réactions allemandes à ces nouvelles), en soulignant très justement que "rien n'était donc moins sûr qu'une interaction directe entre la mobilisation et la guerre", tout en n'attribuant pas à notre sens une place suffisante aux procédures et contraintes techniques de mobilisation : "Toutes les puissances qui allaient être impliquées dans ce conflit avaient tenu le même raisonnement. Céder ou négocier s'avéra donc inenvisageable. Le seul dénouement possible fut de livrer un combat impitoyable", que nul n'envisageait comme tel. Finalement, l'Allemagne serait non pas seule responsable, mais un responsable essentiel. Ce qui est fort probable. Mais peut-on être responsable par manque de discernement et de précision dans le discours ? Est-on coupable par peur ou par manque de finesse ?

Un livre solide, fortement référencé, qui fait honneur à son auteur. Du fait de l'ancienneté et de l'importance de l'historiographie sur cette question depuis un siècle, on peut estimer que les débats seront sans doute encore nombreux. Leur permanence montre aussi que la Grande Guerre est d'abord une question infiniment complexe et qu'elle suscite toujours un extraordinaire intérêt.  

Belin, Paris, 2014, 301 pages, 23 euros.
ISBN : 978-2-7011-9090-7.

Qui sont les responsables ?

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26 octobre 2014 7 26 /10 /octobre /2014 06:00

La bataille du Grand Couronné

ou bataille de Lorraine, août-septembre 1914

Philippe Bruant

Si le nom est au moins connu des amateurs d'histoire, bien peu de gens sont sans doute capables de donner le détail des événements et de tirer les enseignements de la bataille du Grand Couronné, entre la fin du mois d'août et le début du mois de septembre 1914.

Organisé en une succession de chapitres assez brefs, que l'on peut globalement regrouper en deux parties principales (la première décrivant les événements, la seconde en expliquant tel ou tel aspect), le livre est extrêmement fouillé et apporte de très nombreuses informations précises (jusqu'aux conditions météo locales des journées importantes). Une importance particulière est accordée à la topographie, à l'importance de Nancy et de sa région, à l'artillerie, aux chemins de fer, à la conduite des troupes allemandes et aux comportements des armées (pillages, atrocités envers les populations), etc. L'auteur en tire finalement une conclusion d'ensemble : "Bref, dès la bataille du Grand Couronné, les soldats français et leurs officiers réalisent que l'armée allemande est une armée de techniciens avec un professionnalisme qui la différencie de l'armée française qui est une armée de citoyens dont les principes fédérateurs sont ceux de la République". Oui et non, l'armée allemande est aussi une armée de conscription et la différence se fait sans doute dans la qualité de l'instruction militaire dispensée en amont de la guerre. Et il n'est plus ici question d'armée "professionnelle" ou "de citoyens", mais de volonté politique et de commandement.

Il faut souligner l'importance visiblement attachée par l'auteur à la pédagogie, pour que chacun puisse comprendre la succession des événements et l'on apprécie le nombre et la diversité des exemples, chiffres, détails, croquis et graphiques qui scandent tout le livre. Une publication qui mérite d'être largement connue.

Gérard Louis éditeur, Haroué, 2014, 141 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-35763-074-1.

Sauver Nancy

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 06:25

Images interdites de la Grande Guerre

Hélène Guillot (Dir.)

A la fois catalogue d'exposition et livre "autonome" en tant que tel, ce beau volume nous présente non seulement une sélection de belles photographies mais aussi l'histoire de la Section photographique de l'armée pendant la Grande Guerre.

Non seulement Hélène Guillot explique ce que fut (création, production rôle, importance, héritage) la Section photographique de l'armée, mais encore les différents (et nombreux !) contributeurs prennent chacun en charge la présentation et l'analyse d'une photo particulière, présentée en vis-à-vis de leur texte, pour les deux premières parties ("Stratégie et intérêts militaires", et "Diplomatie et politique intérieure"), tandis que la troisième partie ("Les conditions de production") nous permet de faire plus ample connaissance avec quelques uns de ces photographes et opérateurs officiels. Les images présentées ont été choisies avec un soin particulier et présentent toutes un réel intérêt, chaque intervenant expliquant pourquoi il fut décidé à l'époque de ne pas les utiliser.

Un livre à la fois esthétique et d'une réelle puissance d'évocation, dont les textes de qualité, sobres et précis, renforcent tout l'intérêt. Excellent.

Presses universitaires de Rennes, 2014, 186 pages, 25 euros.

 

Photographes de guerre

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 06:25

14-18

La guerre en images

Carl de Keyzer et David van Reybrouck

Un catalogue d'exposition, à la fois magnifique album et quasi-oeuvre d'art.

L'essentiel de l'ouvrage est consacré à la reproduction sur double page grand format de splendides photos, en noir et blanc ou en couleurs, prises durant la Grande Guerre par des photographes officiels français, belges et allemands. Le format, la grande qualité des reproductions, les poses soignées, les cadrages parfaits, tout participe à faire de chaque photo une pièce d'exposition digne des plus belles collections. Même si le thème est dur (très dur, pp. 108-109 ou 186-187 par exemple) ou inquiétant (immense place vide, pp. 200-201), paradoxal (eintre au milieu des ruines, pp. 166-167) ou amusant (l'aviateur 'Pépéte', p. 85), l'émotion est au rendez-vous. Des angles de vue choisis (la cavalerie à l'entraînement dans l'Aisne, pp. 36-37) ou un réalisme saisissant (fabrication de détonateurs de grenades, pp. 58-59) donnent à toutes les images une force souvent exceptionnelle.

Pour les "pros", la biographie sommaire des différents photographes est précisée, ainsi que la définition et les références des photos. Vous aimez les (très) beaux livres ? Il y a des livres qui parfois suscitent une adhésion immédiate. Celui-ci en a indiscutablement été un. Voici, dans la production actuelle, une pièce maîtresse de votre bibliothèque.

Editions Mardaga, Bruxelles, 2014, 239 pages, 45 euros.

ISBN : 978-2-8047-0235-9.

Accès direct à la page de l'éditeur : ici.

Magnifique !

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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