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9 avril 2015 4 09 /04 /avril /2015 06:00

Face à la guerre

Ecrits 1914-1916

Georg Simmel

Un petit ouvrage tout à fait intéressant, en ce qu'il présente les textes publiés pendant la Grande Guerre elle-même, dans la presse allemande de l'époque, par l'un des plus éminents intellectuels de la période.

La première partie comprend la reproduction de certains articles, dans lesquels Simmel s'interroge sur le développement de la guerre et ses conséquences sociales. Les réflexions sont profondes, les textes sont denses, la philosophie n'est jamais loin, et l'on sent l'auteur parfois tiraillé entre des tendances opposées, sinon contradictoires. Parmi les articles réunis, "L'idée d'Europe" ("L'idée d'Allemagne devient la légataire universelle des énergies qui tendaient vers l'idée d'Europe, comme elle hérite de bien d'autres idées qui, à notre vie de jadis, dictèrent un lit trop étroit ou un horizon trop lointain : ces énergies, aujourd'hui, on les ramène à leur source pour les faire jaillir à nouveau") ; "Deviens ce que tu es" qui reprend la célèbre formule de Nietsche ("Qui ne peut travailler au chantier de l'Allemagne nouvelle devra rester sur la touche : aux hommes et aux choses qui, intérieurement, ont déjà leur compte et sont devenues infertiles, la guerre intime seulement la sentence. Car ces secousses s'impriment aux arbres pour faire tomber le fruit blet, qui n'a l'apparence de la fraicheur que pour une molle complaisance") ; "L'Europe et l'Amérique" ("L'Amérique, en soufflant sur les braises de cette guerre, n'agit pas contre un camp, mais contre tous, contre l'Europe comme un tout") ; "La crise de la culture" ("Peut-être va-t-elle (la guerre) définitivement éliminer bien des contenus transitoires de la culture, et en faire naître autant de nouveaux") ; "La dialectique de l'esprit allemand" ("Lorsque l'on croit nous déprécier parmi les peuples, la raillerie qui moque ce que nous devenons au rythme qui est le nôtre masque à coup sûr un sentiment d'inquiétude et d'angoisse quant à ce que nous pouvons encore devenir") ; "Transmutation de l'âme allemande" ("Nous avons le sentiment si intense de vivre maintenant de l'histoire, autrement dit : un moment unique, toute comparaison avec des épisodes du passé sonnant faux") ; "Eclairer l'étranger" ("Nous nous adressons aux neutres afin que vérité soit faite dans le monde, et pour une seule raison : elle est la vérité ; et même si elle ne parvient pas au monde, même si le monde fait la sourde oreille, nous la disons pourtant") ; et "Bergson et le cynisme allmand" ("Si nous étions des cyniques, nous l'eussions peut-être esquivée, cette guerre, au prix de notre dignité et de notre avenir"). La seconde s'interroge, à travers les parcours de Simmel et de Bergson, sur la place de l'intellectuel en politique et dans la société en temps de guerre, sur les rapports entre philosophie et propagande, sur les notions de 'vieux monde' et 'd'homme nouveau'. Au-delà de l'analyse comparative, même si Simmel meurt avant la fin de la Première Guerre mondiale et quels qu'aient pu être ses engagements personnels antérieurs, on trouve dans ses textes (dont on se rappellera cependant qu'ils ont été écrit sous le régime de censure du temps de guerre) des signes précurseurs, des traces annonciatrices, d'un discours développé par des groupes radicaux de l'entre-deux-guerres.

Editions de la rue d'Ulm, Paris, 2015, 119 pages, 12 euros.

ISBN : 978-2-7288-0528-0.

Analyse d'un intellectuel allemand

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6 avril 2015 1 06 /04 /avril /2015 06:00

La Première Guerre de Charles de Gaulle

Frédérique Néau-Dufour

On connaît peu la Première Guerre mondiale du futur chef de la France Libre. Tout au plus sait-on qu'il a été prisonnier et qu'il tenta de s'évader à plusieurs reprises. Ce livre format poche, paru pour la première fois en 2013, comble ainsi un vide, tout en aidant à comprendre ce qu'était la personnalité de Charles de Gaulle, et sans doute aussi où il puisa une partie de ses convictions, militaires, politiques et intellectuelles.

Pour relire la chronique que nous avions publié lors de la première parution : ici.

Un livre agréable à lire, qui mérite d'être connu.

Texto, Paris, 2015, 377 pages, 10,- euros.

ISBN : 979-10-210-1036-9.

Le (jeune) grand Charles

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1 avril 2015 3 01 /04 /avril /2015 06:00

14 - 18

La guerre maritime en Manche et en mer du Nord

Patrick et Serge David

Petit volume par le format, mais dense et riche sur le fond. Une belle étude régionale navale.

On a toujours un peu le sentiment que les marins se sentent mal-aimés sur le thème de la guerre de 1914-1918. De fait, et très légitimement, elle paraît à nos compatriotes essentiellement continentale. Mais ceci n'enlève rien à l'importance de ce "front secondaire" que furent les mers et océans pour les Français. Ravitaillement, transports de toutes natures, blocus, lutte anti-sous-marine, etc., autant de thèmes qui méritent d'être traités, pour lesquels des centaines de milliers d'hommes oeuvrèrent et souffrirent, parfois jusqu'à la mort, et que les auteurs mettent à l'honneur sous l'angle d'une approche régionale. Tout ou presque est abordé : les marines marchande et militaire, la spécialisation des navires, les réquisitions, les armes, l'arsenal, les navires-hôpitaux, etc. Le tout est abondamment illustré de photos d'époque et accompagné de citations des acteurs et témoins. On apprécIe dans les annexes la reprise intégrale des mesures imposées aux Allemands dans le domaine naval par le traité de Versailles, l'impressionnante liste des navires coulés en Manche par l'U-18, de nombreuses précisions sur les bâtiments concernés, et une bibliographie de référence utile.

Un livre agréable et riche d'informations qui doit être connu de tous les amateurs.

Les éditions du Bout du Monde, Amfreville, 2015, 78 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-917854-15-0.

Guerre navale

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29 mars 2015 7 29 /03 /mars /2015 06:00

Un crime de guerre en 1915 ?
Le torpillage du Lusitania

Gérard Piouffre

Dans la plupart des ouvrages généraux 'grand public', le torpillage du Lusitania est présenté comme étant à l'origine de l'entrée en guerre des Etats-Unis, sans grand souci de la chronologie d'ailleurs. Mais, au moins, chacun connaît le nom de ce navire.

Journaliste et auteur prolifique spécialisé dans la marine et dans l'aéronautique, Gérard Piouffre nous propose de revivre le drâme du Lusitania. Il va en fait bien au-delà, puisqu'il replace l'événement dans une perspective plus longue puisque, après un prologue qui raconte la dernière journée à quai du paquebot à New York et l'installation des passagers, l'auteur retrace l'histoire du navire avant la Grande Guerre et ses principaux voyages à partir de septembre 1907, puis aborde la question du blocus naval de l'Allemagne par le Royaume-Uni et la réponse du Reich avec la guerre sous-marine. Il rappelle aussi que les Britanniques n'hésitent pas à transporter du fret militaire ou à usage de guerre sur des navires civils et que les services diplomatiques allemands ont, par voie de presse en particulier, lancé plusieurs avertissements aux voyageurs américains quand aux risques encourus, risques énergiquement niés par les autorités britanniques. En détaillant la prise de décision par les responsables de la compagnie Cunard Line de transporter des munitions et du matériel de contrebande de guerre pour Londres dans un souci de rentabilisation de la ligne commerciale, il pose également la question des responsabilités. Les chapitres qui suivent sont consacrés au récit très précis du dernier voyage du bâtiment et au torpillage lui-même, à travers les actions du sous-marin allemand U-20 et les réactions (certaines peu adaptées) du capitaine du navire. Il développe ensuite l'instrumentalisation du désastre par les diplomates, les hommes politiques et les journalistes de l'Entente, qui espère faire ainsi entrer rapidement les Etats-Unis dans la guerre à leurs côtés, et s'interroge sur l'absence d'escorte par la Roayl Navy à l'approche de la côte sud de l'Irlande, alors que deux sous-marins allemands actifs au moins sont identifiés. Il récuse la "théorie du complot" (en expliquant pourquoi) qui aurait été ourdi par les autorités britanniques, mais n'en accuse pas pour autant l'Allemagne de crime de guerre. Les dernières pages sont consacrées aux recherches et plongées entreprises sur site depuis les événements et jusqu'à ces dernières années (saviez-vous que l'épave est classée au patrimoine national par l'Irlande ?), un peu comme pour le Titanic, et cette ultime partie est tout aussi passionnante.

Basé sur les témoignages des acteurs et des survivants, mais aussi sur le rapport de la commission d'enquête britannique, le livre est écrit dans un style vif et enlevé. On peut adhérer ou non à certains propos que l'auteur prête à tel ou tel intervenant (les reconstitutions de dialogues sont toujours sujettes à caution), mais l'ensemble est globalement convaincant et nous rappelle qu'un événement considéré comme connu dans le discours commun peut cacher bien d'autres aspects en réalité. Annexes et bibliographie complètent ce volume qui se lit avec facilité. 

Editions Vendémiaire, Paris, 2015, 247 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-36358-172-3.

Lusitania

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25 mars 2015 3 25 /03 /mars /2015 06:00

Un siècle d'oubli

Les Canadiens et la Première Guerre mondiale (1914-2014)

Jean Martin

Rappelant en introduction que "plus de soldats canadiens ont pris part à la Première qu'à la Seconde guerre mondiale et (que) près d'une fois et demie plus d'hommes y ont perdu la vie, pour une population une fois et demie inférieure", l'auteur précise également que si l'histoire militaire stricto sensu n'est qu'une composante de l'histoire des guerres, plus large, les deux sont complémentaires. Jean Martin se propose ensuite de rétablir un certain nombre de réalités sur le corps expéditionnaire canadien en France, à partir des archives et de documents déjà publiés mais épars.

En huit chapitres, il aborde en particulier la question de la composition du corps expéditionnaire, de la provenance des soldats (de très nombreux Britanniques originaires d'autres territoires que le Canada lui-même mais installés au Canada, tout au long du conflit) et des officiers (essentiellement nés, eux, au Canada) et constate que le célébrissime 22e bataillon est de loin "le plus canadien". Il évalue à la hausse d'ailleurs, la contribution des Canadiens francophones. L'auteur s'intéresse ensuite à l'emblématique bataille de Vimy. Il refait l'historique des combats dans ce secteur puis détaille les opérations d'avril 1917 : "la journée du 9 avril sera la plus coûteuse en pertes de la guerre pour le Canada, mais le succès est complet". Au-delà de l'image d'Epinal et des mémoires plus ou moins reconstruites (anecdote de la tempête de neige), Jean Martin redonne aux combats leur juste place, considérant que c'est un succès que le Canada doit partager avec d'autres. Il s'attache ensuite à étudier le CEC dans sa globalité, ses pertes au fil des mois, l'âge des hommes et le cas particulier de quelques minorités. Pour les pertes, il s'efforce de déterminer au fil du temps le pourcentage entre blessés et tués en fonction des périodes, et d'identifier le nombre et les caractéristiques des malades, des prisonniers, des gazés, des mutilés volontaires, etc. Un travail impressionnant illustré par de nombreux tableaux et graphiques. Enfin, il relève que de nombreux Canadiens servant dans d'autres armées alliées, britannique bien sûr, mais aussi australienne, et parfois même française (au moins 17 légionnaires), et nous présente quelques cas individuels tout-à-fait particuliers, comme ce soldat engagé à un jet de pierre de sa maison natale près de Loos-en -Gohelle, ou ce capitaine qui avait auparavant servi dans deux régiments français avant de partir s'installer au Canada. La dernière partie, enfin, s'intéresse à la question de la conscription, de la crise qui traverse à ce moment-là le pays et de "l'opposition" si souvent évoquée du Québec (il rappelle l'origine et le déroulement des graves évènements de mars 1918).

En résumé, un bon et beau livre d'histoire militaire (pardon, d'histoire des guerres..., ou bien les deux peut-être ?). Un livre précis, utile, important pour mieux connaître et comprendre la réalité de la contribution canadienne à la Grande Guerre.

Athena éditions, Outremont (Canada), 2014, 235 pages.

ISBN : 978-2-924142-18-9.

Pour commander directement auprès de la Librairie du Québec : ici.

Mémoires et histoire canadienne(s)

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18 mars 2015 3 18 /03 /mars /2015 06:00

L'Aisne occupée

Les civils dans la Grande Guerre

Philippe Salson

Ce livre s'inscrit dans un courant qui a vu paraître un nombre signficatif d'ouvrages ces derniers mois : un regard local (ou régional) sur les conséquences de la Grande Guerre à partir de la population civile.

Si la situation des populations civiles des départements occupés a été longtemps oubliée, elle fait désormais l'objet (et depuis quelques années) de nombreuses publications et, sans entrer dans le débat sur l'intérêt plus ou moins relatif de la "micro-histoire", disons tout de suite que ce livre apporte beaucoup. Comme l'écrit l'auteur dans son introduction, "l'échelle départementale paraît la plus appropriée pour mettre en valeur la diversité des situations locales entre les territoires ruraux et les territoires urbains, entre les zones d'opérations, les zones évacuées au cours de la guerre et les zones à l'abri des combats". En croisant les diverses sources d'archives officielles et privées, l'auteur construit son ouvrage en quatre grandes parties : "Des civils surpris par l'invasion", "Le choc économique de l'occupation", "Face à l'autorité occupante", et "Au contact des soldats". Chacune est divisée en trois chapitres qui, au total, permettent de passer en revue l'ensemble des sujets. On suit donc avec précision l'installation de l'administration militaire allemande, ses préoccupations immédates, la mise en place d'une véritable exploitation économique des territoires, qui se traduit par des pénuries croissantes et des problèmes sanitaires (hausse significative de la mortalité en 1917), mais aussi par des difficultés sociales inattendues. L'auteur souligne néanmoins que si "les conditions de vie dans l'Aisne occupée sont alors beaucoup plus dures qu'en France non occupée", elles sont "comparables à celles de l'Allemagne pour la période 1916-1918" et qu'il n'y a pas "de projet d'affamer délibérement la population".  Il étudie bien sûr de près les relations entre les autorités restées sur place et les occupants, au niveau des communes, et recherche les nombreuses et différentes stratégies d'évitement adoptées localement pour subir le moins possible les conséquences de cette occupation, y compris dans l'acceptation de relations entretenues avec l'ennemi au plan commercial, parfois sur la base d'un système de troc, et même affectif.

En résumé une étude précise et détaillée, qui complète et confirme souvent les travaux conduits ailleurs, par exemple dans les Vosges. On apprécie la présence de tableaux et graphiques pour étayer le propos (en regrettant toutefois qu'ils soient parfois imprimés trop petits ou dans des nuances de gris un peu pâles). Enfin, les notes, références, bibliographie et sources garantissent la qualité de la recherche et permettent à ceux qui le souhaitent d'approndir leurs connaissance, dans tel ou tel domaine. Un volume important et utile.

Presses universitaires de Rennes, 2015, 305 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-7535-3593-0.

Histoire départementale

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15 mars 2015 7 15 /03 /mars /2015 06:00

La Grande Guerre des sciences sociales

Frédéric Rousseau (Dir.)

Préfacé avec beaucoup de finesse et de mesure par Jules Maurin ("L'histoire est toujours complexe et changeante, évolutive"), ce volume collectif propose une série d'études sur des thémes relatifs à des groupes particuliers ou à des situations ponctuelles pendant la Grande Guerre, sous l'angle des sciences sociales.

Nul ne songe plus à nier aujourd'hui l'intérêt objectif et l'importance de l'apport des sciences sociales dans l'analyse et la compréhension de la Première Guerre mondiale, dont l'ampleur (dans toutes ses facettes) n'a pu qu'entraîner des échos et des répercussions sur le corps social tout entier, à des degrés divers dans l'espace et dans le temps puisque celui-ci est tout sauf monolithique. L'ensemble des études montrent ainsi le côté "kaléïdoscopique" des situations individuelles, bien différentes de la "vulgate moyenne" sans cesse répétée, souvent insatisfaisante pour le chercheur qui en connaît et décrypte la diversité des éléments constitutifs. Ainsi, qu'il s'agisse des rapports entre les soldats germanophones et et tchéco-slovaques dans l'armée austro-hongroise, de la questions des mutineries de 1917, de la réorganisation du service de santé militaire en 1915, de la micro-histoire à l'échelle d'un département (l'Aisne) ou de la représentation des infirmières, il existe bien un discours commun (au sens de "pensée commune", de plus petit commun dénominateur) qui témoigne de la reconstruction mémorielle depuis l'entre-deux-guerres de ce que furent ces situations dans la réalité du temps. Ou du moins de ce que furent parfois ces situations, ou certaines de ces situations. L'indispensable prise en compte critique des témoignages ne peut pas conduire à simplement rejeter, ou à condamner, comme socialement marqués ceux des élites. Celles-ci existent, exercent des responsabilités, prennent des décisions qui engagent les "petits", constituent également des groupes identifiables aux réseaux enchevêtrés, et leurs récits apportent aussi un éclairage sur ce qu'était, dans sa diversité et sa complexité, à la fois la société du temps et les processus de prises de décision (ici plus rapidement condamnés que développés, cf. les pages sur l'organisation du SSM). Il en ressort que la prise en compte des données des sciences sociales apportent une importante plus-value à la compréhension de la période, mais sans exclusive et en ancrant toujours l'analyse dans ce qu'était l'époque. Car, à tout prendre, est-il surprenant alors que se multiplient les pertes que l'image de l'infirmière soit magnifiée à la fois à titre individuel par un soldat blessé et collectivement par les autorités publiques dans leur ensemble ? Faut-il s'étonner que les difficultés de l'Intérieur aient des échos sur le front, que les refus d'obéïssance interviennent au moment où la situation sociale est très tendue à l'arrière et que les correspondances rédigées aux armées évoquent les inquiétudes et la lassitude des familles devant une guerre qui n'en finit pas ? Pour autant, l'infirmière telle que l'attend et que l'espère le blessé n'est-elle pas aussi cela ? Et le style de commandement personnel de tel ou tel chef comme la situation opérationnelle locale de telle ou telle unité pèsent-ils moins dans le développement des refus d'obéïssance ? Le même individu s'exprime-t-il de la même façon dans l'intimité et en public ? Exprimera-t-il la même opinion un ou deux ans plus tard ? Ce que peut penser le jeune homme de 20 ans célibataire est-il du même ordre que les réflexions du père de famille de 35 ou 40 ans ? En toute chose donc, prise en compte de l'hétérogénéité des situations particulières et prudence face aux généralisations.

En s'appuyant en particulier sur des témoignages très divers, ce volume permet donc souvent d'aller au-delà des apparences et d'approcher une forme, ou une partie, de la réalité. Sans exclusive : la seule permanence dans toute guerre reste l'homme (au sens générique du terme, bien sûr), avec ses convictions personnelles et ses peurs souvent non-dites, immergé dans un contexte particulier.

Athéna éditions, Outremont (Canada), 2014, 295 pages.

ISBN : 978-2-924142-20-2.

Disponible sur commande auprès de la librairie du Québec : ici.

Sociohistoire

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9 mars 2015 1 09 /03 /mars /2015 06:00

Elie Viallet

capitaine des chasseurs alpins

août 1914 - juin 1915

Jacques Gasqui nous propose la correspondance d'un capitaine des chasseurs alpins qui, jusqu'à son décès en juin 1915, effectue toute sa guerre sur le front des Vosges.

Préfacé par le général commandant l'école d'infanterie et le général commandant la brigade de montagne, l'ouvrage présente l'ensemble des courriers adressés par le capitaine Viallet à sa famille, accompagnés d'explications complémentaires sur le contexte et, peut-être surtout, d'une très abondante iconographie parfaitement adaptée.

Intégré à l'armée d'Alsace après la proclamation de neutralité de l'Italie, il connait le baptème du feu au pied de l'Altenberg et dans la vallée de la Fecht et ne quitte plus le front d'Alsace. Blessé à deux reprises en début de campagne, il ne reçoit pas moins de quatre citations, dont trois à l'ordre de l'armée, en quelques mois. Dans chaque lettre perce son affection pour ses hommes, dont il admire à la fois la débrouillardise, le stoïcisme sous les pires conditions météo, le courage au feu, sans oublier une pointe d'humour : "Le bataillon ayant bien travaillé depuis le début de la campagne, on vient de nous accorder quelques jours de repos. Un de ces jours, on va nous donner des gâteaux" (12 novembre 1914). Il raconte les présentations aux journalistes ("Hier, nous avons fait une belle manoeuvre devant les journalistes de Paris : Temps, Figaro, Petit Parisien, Journal-Illustration, etc. Attention aux articles qui paraîtront prochainement, le 13e et les alpins ne seront pas oubliés"). Placé en réserve de corps d'armée, son bataillon est fortement engagé à partir de la troisième semaine de janvier 1915 sur l'Hartmannswillerkopf. Si Elie Viallet décrit aux siens l'organisation de ses positions et l'aménagement de ses tranchées, il reste muet sur les conditions réells des combats, et le reconnaît d'ailleurs : "Je t'assure que je t'écris souvent : tous les deux ou trois jours une lettre ou une carrte. D'ailleurs, toutes se ressemblent comme le communiqué officiel : santé bonne, situation inchangée". Jacques Gasqui complète utilement cette correspondance par des extraits de documents officiels ou des souvenirs des chefs d'Elie Viallet, ce qui permet de suivre avec précision (belles cartes) le déroulement des opérations. Les opérations vont se poursuivre durant tout le printemps, jusqu'à la mort du capitaine sur l'Hilsenfirst, et la correspondance familiale conserve le même caractère tendre, descriptif des moments tranquilles, pour ne pas inquiéter les siens.

On apprécie particulièrement l'appareil de notes et de références, les illustrations, la cartographie, la bibliographie finale. Un volume non seulement intéressant mais utile pour compléter notre connaissance des combats dans ce secteur des Vosges. 

Bernard Giovanangeli éditeur, Paris, 2014, 159 pages, 20,- euros.
ISBN : 978-2-7587-0128-6.

Souvenirs d'un alpin

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18 février 2015 3 18 /02 /février /2015 06:00

La Grande-Bretagne dans la Grande Guerre

Pascal Le Pautremat

Avec un peu de retard par rapport à sa parution, voici donc la présentation du seul livre récent consacré en France à l'histoire générale du Royaume-Uni et de son armée pendant la Grande Guerre. Situation d'autant plus étonnante que le rôle du principal allié occidental a été d'une importance essentielle sur le front du Nord-est, mais aussi parce que Londres a, en Orient et outre-mer, clairement (et légitimement) suivi sa propre politique.

Pascal Le Pautremat, après un premier chapitre qui fait le point de la situation du Royaume-Uni avant la Grande Guerre, en particulier dans les domaines politique, économique et stratégique, puis un second  qui détaille les modalités de montée en puissance militaire et de l'économie de guerre, organise son propos de façon chronologique, année par année (chap. 3 à 7, de 1914 à 1918). L'ultime chapitre enfin est consacré à la sortie du conflit et à l'immédiat après-guerre, au plan international comme intérieur. Très descriptive, l'étude apporte beaucoup en termes de connaissance de l'allié, de son engagement, de l'équipement et de l'emploi de ses troupes, de sa mobilisation industrielle et de son "home front". Il est peut-être trop mesuré dans l'analyse et la problématique, en particulier pour ce qui concerne les tensions (récurrentes) franco-britanniques, souvent à peine évoquées au détour d'une phrase. De même, si l'empire est bien sûr régulièrement cité, l'ouvrage reste clairement centré sur la métropole et les îles britanniques, et les fronts orientaux périphériques (à l'exception des Dardanelles) sont un peu rapidement abordés. Peut-être le sujet était-il trop ample pour être traité en un seul volume ?

On apprécie la longue biblioraphie finale très variée et les annexes (dont l'annexe 2 qui présente l'effort humain de la Grande-Bretagne dans la guerre sous forme de tableaux). Un volume qui, dans le quasi-désert éditorial sur le sujet mérite indiscutablement d'entrer dans votre bibliothèque.

SOTECA 14-18 Editions, Saint-Cloud, 2014, 320 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-9163-8531-0.

Entente Cordiale ou Perfide Albion ?

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16 février 2015 1 16 /02 /février /2015 06:00

Du sang bleu dans les tranchées

Bertrand Goujon

Excellent ! En dépit de quelques réserves personnelles (les goûts du lecteur...) les publications se succèdent chez Vendémiaire avec un niveau maintenu d'exigence foncière et de qualité.

L'auteur introduit son livre par une citation extraite de la Grande illusion, entre le major Rauffenstein et le capitaine de Boëldieu, donnant ainsi le ton de l'ouvrage : "Je ne sais pas qui va gagner cette guerre ; la fin, qu'elle qu'elle soit, sera la fin des Rauffenstein et des Boëldieu"... A partir (en particulier) de très nombreux témoignages publiés (on se reportera utilement à la bibliographie finale), Bertrand Goujon retrace les parcours de guerre, dans leur variété mais avec quelques constantes, de la noblesse française, et d'abord de cette petite noblesse provinciale qui souvent, "sur ses terres", structure et polarise encore en 1914 la vie locale. Peut-être aurait-il été, d'ailleurs, nécessaire de préciser davantage ce que représente ces "nobles" dans leur diversité économique, sociale et culturelle, le simple fait d'arborer une particule, voire de porter un titre, ne suffisant pas à la définir. Le récit est, pour ceux qui s'inéressent déjà aux échelons "intermédiaires" de commandement, assez entendu, mais il offre l'intérêt de multiplier les citations et références. Partant des "Illusions perdues de l'été 1914", il termine par "L'impôt du sang et la mémoire des morts", passant par l'évolution des sentiments au long de la guerre, l'existence d'embusqués (comme dans toutes les couches de la société), la certitude d'avoir "Un rang à tenir", le choix de certaines armes jugées plus prestigieuses, la volonté d'avoir aux yeux de tous un comportement exemplaire, etc. Bertrand Goujon insiste en particulier sur la "ruralité" ou le côté "province" de la plupart de ces nobles, et il souligne les particularités d'une classe sociale, pardon d'un corps social ce qui est différent, qui brille quelque part de ses derniers feux, avec un monde qui disparaît. Mais pour valider le fait que "les hauts gradés d'ascendance nobiliaire ont tendance à choisir leurs collborateurs parmi leurs pairs", une poignée d'exemples semblent d'autant plus insuffisant que l'on peut en présenter autant "prouvant" le contraire. Quelques graphiques statistiques de synthèse auraient été ici les bienvenus pour appuyer l'argumentation. On voit bien enfin, en conclusion, qu'un certain nombre de nobles anciens combattants sont élus à la Chambre ou au Sénat à partir de 1919, mais il faut aussi relativiser ces exemples en prenant en compte le nombre total de parlementaires, par exemple. Finalement, "les noblesses françaises" (il est bon de distinguer au sein même de ce groupe) sont après la guerre "globalement fragilisées en termes démographiques, patrimoniaux, économiques et politiques".

L'armée française de 1914-1918 était le fruit de quarante ans "d'ascenseur républicain" et si les nobles (terme générique) sont bien sûr représentés parmi les cadres subalternes et supérieurs, ils sont bien loin d'en être l'illustration absolue. Tout est ici fonction de finesse dans la description. Avec toutes ces difficultés, une étude courageuse et originale. Un livre riche et intéressant, où l'on appréciera les très nombreuses citations et références. Une plus value réelle dans notre connaissance de la mosaïque des armées de la Grande Guerre.

Vendémiaire, Paris, 2015, 669 pages, 25,- euros.
ISBN : 978-2-36358-156-3.

Noblesse de France

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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