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7 août 2013 3 07 /08 /août /2013 07:00

Porte-Avions

Henri-Pierre Grolleau

 « Beau comme un porte-avions » ? L’expression populaire trouve sans doute ici sa justification.

Très largement illustré avec de magnifiques photos, cet album présente en huit chapitres ces « véritables mastodontes de 90.000 tonnes et de 330 mètres de long, capables de filer plus de 30 nœuds ». Ces bâtiments, véritable « force de frappe », offrent du fait de leurs technologies de pointe de véritables avantages stratégiques aux Etats-Unis : « La mobilité stratégique et tactique qui découle de l’autonomie et de la vitesse complique la tâche de nos adversaires ». Et les améliorations ne vont pas cesser, puisqu’un USS Gerald Ford doit entrer en service en 2015, et un USS John F. Kennedy suivra en 2022. Au fil des pages, défilent devant vous les navires de renfort et de soutien, les sous-marins d’accompagnement, les appareils des escadrons embarqués (superbes photos d’appontage) et les hélicoptères, l’armement, les techniciens au travail qui sur le pont ou dans les niveaux inférieurs permettent la mise en œuvre, mais aussi la vie quotidienne à bord, « une véritable petite ville offrant la plupart des commodités  disponibles à terre dans une agglomération américaine ». Le texte précis renforce l’impact des images. Une belle réussite.

Les amateurs seront très certainement séduits par la qualité des images et les autres apprendront indiscutablement beaucoup de choses sur les porte-avions de l’US Navy et leur aviation embarquée.

Marines éditions, Rennes, 2013, 157 pages, 49 euros.

ISBN : 978-2-3574-3117-1.

Les géants des mers

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 07:00

L'histoire d'une révolution

Philippe Vial (Dir.)

Le quatrième volume de la collection 'Etudes Marines' du CESM, préfacé par Olivier Chaline, présente en sept chapitres ce que Philippe Vial décrit dans son texte initial comme "L'histoire d'une révolution", "un cycle ininterrompu de mutations", une "période ... incroyablement riche en mutations de tous ordres, qui modifient à jamais les traits et la place de la Marine". Nous survolons ainsi chronologiquement une époque de "Vrai-faux déclin ? (1870-1914)" (Jean de Préneuf), qui n'empêche pas pendant la Grande Guerre "Une action en retrait mais décisive" (Jean de Préneuf et Thomas Vaisset). Puis viennent "Un redressement, des limites (entre-deux-guerres)" (Jean-Baptiste Bruneau et Thomas Vaisset), avant les "Déchirements, déclassement et relèvement (1939-1945)" (Jean-Baptiste Bruneau et Thomas Vaisset). Les transformations ultérieures sont analysées dans "Guerre modernisation et expansion (1945-1958)" (Philippe Vial et Patrick Boureille), "Les ruptures institutionnelles" (Philippe Vial), "Les ruptures géostratégiques et technologiques (depuis 1958)" (Patrick Boureille et Philippe Vial), et enfin "L'ère des OPEX (depuis les années 1970)" (Laurent Suteau). Ponctuellement, ici ou là, on regrettera une certaine tendance soit à l'auto-flagellation, soit à embellir les choses : les élites de la Marine seraient ainsi "habitués depuis toujours à travailler de manière transverse, à faire beaucoup avec peu ...", ce qui fera inévitablement sourire le "Terrien" penché sur ses rations individuelles à chaque repas depuis des semaines et qui rêve au carré des officiers de la Royale... Les "représentations" les plus diverses ont la vie dure !

Au bilan toutefois, c'est extrêmement riche, particulièrement bien documenté (on apprécie l'exceptionnelle bibliographie finale) et l'on ne peut qu'approuver les derniers mots de la postface de Robert Franck : "Ce livre est une preuve de plus de la place essentielle et originale que le Service historique de la Défense occupe dans le champ des war studies en France. Une place qu'il conviendrait de conforter". Une vraie référence en moins de 200 pages.

Centre d'études supérieures de la Marine, Paris, 2013, 198 pages.

ISSN : 1292-5497.

Le volume peut être consulté et est téléchargeable gratuitement : ici.

140 ans d'histoire de la Marine

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 07:05

La Marine nationale

en images

Jean Moulin

ALBUM MARINE

Vous vous perdez entre les diverses appellations des différentes frégates en service ? Vous vous demandez quand la nouvelle génération de sous-marins entrera en service ? Vous vous interrogez sur les capacités "3e dimension" de la Marine ? Ce petit livre est pour vous.

En moins de cent pages, tout le potentiel de la Marine nationale, classé par types de matériels. A tout seigneur, tout honneur bien sûr : l'album s'ouvre sur le Charles de Gaulle. Mais vous trouverez également au fil des pages tous les autres bâtiments, avec leurs caractéristiques techniques et militaires, du SNLE le Terrible ("Eviter l'apocalypse") à l'Alouette III ("Une longévité record"), en passant par les navires de type Aquitaine ("Une saga commence") ou Guépratte ("La frégate invisible"), la génération des patrouilleurs L'Adroit ("Vers le futur"), le bâtiment de guerre électronique Dupuy de Lôme ("Les grandes oreilles"), l'Etoile ("Du vent dans les voiles") de la flotte des voiliers du groupe école du Poulmic, et bien d'autres. Les moyens de l'aéronavale ne sont pas oubliés, du Rafale ("La pointe de l'épée") au Super-étendard modernisé ("Le vieux guerriers") et au NH-90 Caïman ("High Tech") par exemple. Chaque double page présente sommairement l'histoire et les missions du type de navires considéré et offre une photo grand format du bâtiment à la mer (ou en vol). Un tableau de synthèse final récapitule en fin d'ouvrage les caractéristiques techniques de tous les matériels.

Une belle et utile publication de synthèse.

Marines Editions, Rennes, 2013, 96 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-35743-116-4.

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15 mars 2013 5 15 /03 /mars /2013 07:00

Julian Corbett

Renouveler la stratégie maritime

Joseph Henrotin

  Corbett861

 

Quand un auteur a la capacité à expliquer clairement pour les non-spécialistes, et sans les déformer, des notions théoriques complexes, cela mérite d'être souligné. A partir de sa large connaissance de des questions militaires et stratégiques (il a publié chez Economica en 2011 Les fondements de la stratégie navale au XXIe s.), Joseph Henrotin nous propose dans ce petit volume de (re)découvrir l'originalité de la pensée de Julian S. Corbett, historien de la Marine britannique et théoricien de la guerre navale, proche de l'amiral Fischer à la fin du XIXe et au début du XXe siècle.

Joseph Henrotin nous présente d'abord la "Vie et oeuvre de Julian S. Corbett". Il revient sur ses responsabilités successives, ses publications, ses rapports officiels et sa méthode de travail. Puis il centre bien sûr son propos sur les "Théories" du stratégiste anglais, qualifié de "pragmatique" : "La pensée de Corbett est de nature globale. Elle ne rejette aucun phénomène, aucun facteur ni aucun niveau a priori. Il s'agit de penser le rôle de la marine dans la guerre". Presque en "fils spirituel" très britannique de Clausewitz, Corbett considère "la stratégie maritime comme extension à la mer de la politique" et "la puissance navale comme un instrument de la politique des Etats", mais il ne fait pas pour autant de la Navy un saint Graal. La marine n'a en particulier d'importance dans les opérations que dans la mesure où elle contribue avec les forces terrestres à la réalité de l'action militaire : le contrôle des lignes de communication et l'appui aux opérations combinées. Corbett insiste également longuement dans différents écrits sur l'importance d'un état-major rodé, rompu, entrainé, et surtout intégré, ce qui constitue au début du XXe siècle une vraie nouveauté dans le milieu très traidtionnaliste de la marine britannique. Il appuie en particulier son raisonnement sur les opérations à l'époque les plus récentes (deuxième moitié du XIXe s.) jusqu'à la guerre russo-japonaise, et prend toujours en compte les évolutions induites par le progrès technologique, extrêmement rapide en son temps. Joseph Henrotin tente ensuite de déterminer l'influence que ce penseur a pu exercer à l'époque (en particulier au sujet des principaux engagements navals de la Première Guerre mondiale ou de la campagne de Gallipoli), puis ultérieurement, sur la Royal Navy comme sur certaines marines étrangère ("La postérité critique" et "Les limites de Corbett").

Bien écrit, entrecoupé d'encarts qui précisent une notion ou un exemple, bénéficiant malgré son petit format d'une bibliographie et d'un index, ce volume doit être connu par tous ceux qui s'intéressent à la guerre navale et aux questions de stratégie qui y sont liées.

Argos, Paris, 2013, 146 pages. 12,90 euros.

ISBN : 978-2-36614-007-1.

ROYAL-NAVY-1.jpg

Joseph Henrotin a bien voulu nous apporter quelques précisions complémentaires :

Question : Avocat, écrivain, journaliste, historien, la première partie de la vie de Julian S. Corbett est marquée par de multiples activités. Comment est-il devenu stratégiste et spécialiste de la guerre navale ?

Réponse : Peu à peu et au fil non seulement de sa fascination pour l'Angleterre élisabéthaine et de la réflexion qu'elle entraîne chez lui -il cherche à comprendre le "comment"- mais aussi de rencontres qui vont l'amener à évoluer. Des rencontres certes littéraires, mais aussi concrètes, avec J. K. Laughton notamment -qui milite pour une approche scientifique et "globale" de l'histoire- mais aussi, d'une manière sans doute décisive, avec sa future femme. Hésitant encore entre une carrière artistique (où la mer joue d'ailleurs un rôle important) ou de recherche, elle le pousse à embrasser la recherche. A ce stade, rapidement, l'histoire ne lui suffit plus : il s'agira alors de chercher à cerner les principes de la puissance, d'abord de l'Etat, ensuite maritime et enfin navale. Ceci dit, Corbett n'abandonnera jamais l'histoire, elle est pour lui la matière première de ses réflexions.

Question : On a le sentiment que Corbett tient le plus grand compte des évolutions techniques, d'autant que les grandes marines de cette époque connaissent une véritable révolution matérielle. A quelle place et avec quelles conséquences intègre-t-il ce facteur "pratique" dans son argumentation "théorique" ?

Réponse : Corbett ne s'intéresse pas réellement à la technique comme objet, mais comme "fournisseur de mutations tactiques", de sorte que si sa réflexion prend en compte ces évolutions (comme la torpille ou le sous-marin), c'est de manière consubstantielle à la guerre navale. Or, il s'attache à des principes qui sont supérieurs à la tactique. Si ces principes sont "aménagés" par les évolutions techniques, ils n'en sont pas pour autant rendus caducs. Un bon exemple en la matière est sa réflexion autour de la défense contre les attaques amphibies. Il constate que les forces attaquantes bénéficient d'évolution en termes de propulsion et de construction navale qui augmentent leur vitesse, mais les principes du déploiement des forces en défense n’en sont guère, en retour, qu'aménagés. Si les défenseurs doivent s'adapter, leurs fondamentaux restent valables. Surtout, Corbett est tout sauf un doctrinaire : sans doute sa formation d'avocat l'incite-t-elle à prendre en compte l'ensemble des facteurs et, s'il n'a pas publié des "lois de stratégie maritime" mais bien "quelques principes", c'est justement pour prendre en compte la nécessaire adaptation face au contexte.

Question : Plus particulièrement, comment aborde-t-il la question du sous-marin et de la guerre sous-marine, avant 1914, pendant la guerre et après ?

Réponse : C'est une question importante, parce qu'elle montre l'esprit "en mouvement perpétuel" qui doit être celui de tout stratégiste. Au début du siècle, Corbett croit peu dans les capacités du sous-marin, qu'il estime surtout utile en défense côtière, et on peut le comprendre en voyant ce qu'était un sous-marin de l'époque : petit, peu armé, très instable en surface même par mer calme, avec peu d'autonomie en plongée. L'amiral Fisher, First Sea Lord, ami et récipiendaire des conseils de Corbett sera plus optimiste, prônant de gros sous-marins en plus de bâtiments côtiers. Au fur et à mesure des évolutions des classes, Corbett se montrera moins sceptique et l'action du 22 septembre 1914 (trois croiseurs britanniques coulés et 1400 hommes perdus du fait du sous-marin U-9 devant Ostende) achève de le convaincre. Pour Corbett, en particulier à la fin de la guerre et jusqu'à sa mort, le sous-marin est l'une des raisons qui lui fait penser que sa conception de la "flotte en vie" est fondamentalement valable et qu'incidemment, la bataille décisive prônée par Mahan, si elle est doit être considérée comme un outil parmi d'autres, est aussi à manier avec précaution : elle peut "faire perdre la guerre en une après-midi"…   

 

ROYAL-NAVY-2.jpg

 

Question : Corbett est en fait assez critiqué sur la conduite des opérations navales pendant la Grande Guerre. A quels obstacles s'est-il heurté et comment expliquer une si faible influence pratique ?

Réponse : Corbett est dans une posture délicate. D'une part, ses analyses sont plus prudentes que celles de Mahan, dont les conceptions irriguent alors la pensée de la Royal Navy et de ses officiers. D'autre part, Corbett n'est pas militaire et même pas marin, il se heurte donc au corporatisme d'une force assez fermée sur l'extérieur, bien qu'il y ait aussi de solides amitiés. Au demeurant, c'était le cas un peu partout à l'époque, et Corbett est sans doute un des premiers exemples de stratégiste civil travaillant avec les militaires. Reste qu'ami et conseiller de Fisher, Corbett a aussi une position d'influence par ses idées, au risque qu'elles soient mal comprises. Certains n'ont pas hésité à lui mettre l'échec de la bataille du Jutland sur le dos, ses conceptions (qui ont partiellement été coulées dans les instructions données à la flotte) étant critiquées pour manquer d'agressivité. Si on peut rétrospectivement donner raison à Corbett (après le Jutland, la marine allemande sera dans une posture de "flotte en vie" en mer du Nord), à l'époque les critiques ont été vives et s'il sera chargé de la rédaction de l'histoire navale officielle de la guerre, elles le suivront jusque son lit de mort.     

Question : Il est souvent question de Corbett comme faisant face aux partisans de Mahan dans la Royal Navy. Mais en quoi est-il plus intéressant que Mahan ?

Réponse : Les deux sont souvent comparés mais en réalité, leur vues ne situent pas au même niveau. Mahan est un "propagandiste" : il donne aux marines une fonction et une légitimité en les enracinant dans l'histoire et en démontrant leur importance, ce en quoi il est pertinent. Mais s'il développe des conceptions théoriques, elles resteront toutefois en chantier. Mahan se focalise sur la bataille décisive et considère que les forces terrestres sont d'une utilité mineure -le même type de raisonnement que tiendra Douhet en stratégie aérienne. Corbett est différent, sa réflexion est plus mûre -c'est dans la combinaison des stratégies particulières que réside la puissance- et relève également d'une exploration permettant de chercher des leçons et des principes applicables en tous temps. La "moisson" de ce point de vue, est très supérieure, qualitativement et quantitativement, à celle de Mahan. D'une part, parce que les aspects maritimes ne sont qu'un des aspects de sa vision : Corbett est aussi un théoricien de la guerre limitée et, avant Liddell Hart (et d'une manière plus subtile à mon sens), de l'approche indirecte dans la conduite des conflits. D'autre part, parce que dans le domaine naval, les concepts inhérents à la maîtrise de la mer (et sa relativité), aux « flottes en vie », à la maîtrise en dispute (jusque dans ses relations à la piraterie), à la structure même des forces navales ou aux opérations amphibies restent éminemment actuels. De fait, et paradoxalement, vous trouverez chez les stagiaires et les chercheurs de la Naval Postgraduate School américaine bien plus de travaux citant Corbett que Mahan…

Merci vivement pour ces développements et plein succès pour ce nouvel ouvrage. 

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5 mars 2013 2 05 /03 /mars /2013 07:00

Les marines de la guerre d'indépendance américaine

(1763-1783)

Vol. 1 : L'instrument naval

Olivier Chaline, Philippe Bonnichon, Charles-Philippe de Vergennes (Dir.)

 Marines-guerre-independance852.jpg

Cet ouvrage collectif, placé sous la direction de Charles-Philippe de Vergennes, constitue le premier tome d’une série consacrée aux marines de la guerre d’indépendance américaine. Il est paru aux Presses Universitaires de Paris Sorbonne, dans la collection Histoire maritime. Ce premier tome est dédié à l’instrument naval en tant que tel, le second sera consacré à leur mise en œuvre opérationnelle. Le cadre historique est celui des vingt années séparant le traité de Paris de 1763, marquant la fin de la guerre de sept ans, au traité de Versailles de 1783 signifiant la fin de la guerre d’indépendance américaine. Cette période met en perspective la diversité des facteurs nécessaires à la création et à la montée en puissance d’une flotte de guerre. L’objectif de ce livre est de faire apparaître et de décrire ces différents éléments et paramètres selon un angle pluridisciplinaire et multinational. Cet instrument naval est un outil de haute technologie, d’une importance majeure, car il incarne et met en œuvre la politique des grandes puissances d’alors.Cet ouvrage condense par ailleurs les communications présentées lors du colloque organisé par la Société des Cincinnati et l’université de la Sorbonne les 8 et 9 juin 2009.

Ce livre est construit autour de six thèmes différents, qui sont autant de clés permettant de comprendre comment s'organise et se structure le développement des flottes de combat. La rivalité franco-britannique est le premier d’entre eux. Les flottes de guerres étant des reflets de la puissance, ces deux décennies sont donc le cadre d’une véritable course à l’armement en Europe. Cet instrument est central, car chaque marine doit remplir de nombreuses missions, allant du convoyage à la dissuasion ou au combat. En France, des personnages importants, tels Choiseul ou Sartine jouent un rôle majeur dans la décision de réarmer et d’investir dans les infrastructures portuaires. A ce titre, la sécurisation des approvisionnements conditionne tant  l’organisation administrative et industrielle nationale que les échanges avec les pays Neutres, en particulier les pays de la Baltique. Ainsi la modernisation des arsenaux et les échanges de savoirs caractérisent cette période. L’exemple de l’arsenal de Brest illustre l’émergence du premier complexe militaro-industriel français. On voit alors se mettre en place des processus très actuels : sous-traitance, volatilité des commandes et surtout difficultés sociales : faire la guerre coûte cher et la finance joue un rôle de plus en plus important. Clive Wilkinson assure ainsi que « les finances de la Navy furent un facteur décisif du développement de l’Etat  moderne britannique ». Les marines en tant qu’instrument stratégique concentrent les meilleurs représentants de nombreuses disciplines et utilisent les meilleures pratiques. Un dernier thème est consacré aux marins français, à leur formation ainsi qu’à leur situation en tant que membres d’équipage.

La méthodologie retenue permet de traiter de l’instrument naval sous tous ses aspects. En effet, la pluridisciplinarité permet de disséquer la constitution des marines de guerres. Les problèmes actuels sont de facto quasi-identiques à ceux rencontrés à l’époque. On peut ainsi retenir plusieurs points communs : la course aux armements, la sécurisation des approvisionnements en matériaux stratégiques, la notion d’interopérabilité ou encore la diversité des missions à assurer avec des moyens limités. L’organisation thématique permet au lecteur de lire à sa guise un ouvrage très complet. Il faut souligner un bel effort pour permettre au lecteur non initié de cerner la complexité et le nombre des problématiques du sujet. Plus encore cet ouvrage fait prendre conscience que « le destin des nations reposait sur les marines de la guerre d’Amérique ».

Un ouvrage excellent, dont nous attendons avec impatience le tome 2.

Thibault Laurin

 Presses universitaires Paris-Sorbonne, 2013, 453 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-84050-890-8.

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2 mars 2013 6 02 /03 /mars /2013 07:04

Escorteurs d'escadre

Robert Dumas et Jean Moulin

Escorteurs-escadre827.jpg

Brièvement préfacé par Pierre Schoendoerffer, qui embarqua pour sept semaines sur le Jauréguiberry en 1977 pour le tournage du "Crabe-Tambour", ce bel album richement illustré vise à rendre hommage à une génération de bâtiments, les "escorteurs d'escadre" (les T 47, T 53 et T 56 en jargon administrativo-technique), dont dix-huit exemplaires seront finalement admis au service actif entre novembre 1955 et juillet 1962. Pendant une trentaine d'années, leurs matériels emarqués et motorisation régulièrement modernisés, ils permettent à la Marine nationale de remplir les missions les plus diverses, y compris celles de service public ou celles qui n'étaient même pas envisagées à l'origine.

L'ouvrage est divisé en deux grandes parties. La première (pp. 28-98) est une description technique extrêmement précise de ce type de navires à l'entrée en service dans tous les domaines (armement, propulsion, alimentation énergie, détection sous-marine, etc.) et des refontes et améliorations successives dont ils ont bénéficié. La seconde (pp. 100-276) reprend l'historique propre de chaque bâtiment, année par année et parfois mission par mission. Citons-les puisqu'ils sont ici à l'honneur : Surcouf, Kersaint, Cassard, Bouvet, Dupetit-Thouars, Chevalier Paul, Maillé-Brézé, Vauquelin, D'Estrées, Du Chayla, Casabianca, Guépratte, Duperré, La Bourdonnais, Forbin, Tartu, Jauréguiberry et La Galissonnière. Pour chacun, la liste complète des commandants successifs du navire est précisée, et dans leur conclusion les deux auteurs rendent hommage à tous "les ingénieurs qui les ont conçus, le personnel des chantiers qui les ont construits, les officiers, les officiers mariniers et les marins qui les ont armés".

A eux tous, ils constituent une vraie page d'histoire de la Marine française au XXe siècle et cet album, abondamment illustré de superbes photos, satisfaira tous les amateurs aussi bien que les spécialistes.

Marines éditions, Rennes, 2012, 280 pages, 49 euros.

ISBN : 978-2-35743-109-6.

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16 novembre 2012 5 16 /11 /novembre /2012 07:00

La Marine française sur les mers du monde

1860-1939

Jean de Préneuf et Philippe Vial

Marine604.jpg

Pour ceux qui douteraient du rôle et de l'importance de la marine français, voici un magnifique album richement illustré à partir des magnifiques (et encore trop peu connues) collections photographiques du Service historique de la Défense.

En six chapitres thématiques ("La construction navale", "Les bâtiments", "Devenir marin", "En mer", "A la rencontre des autres" et "Au combat"), les deux auteurs présentent par l'image (essentiellement des photos noir et blanc ou sépia, issues des fonds publics et privés) près de 80 ans d'histoire de la marine, des innovations techniques au quotidien des marins, de la formation en école à l'entretien des puissants moteurs "en fond de cale", des visites officielles à caractère diplomatique aux compagnies de débarquement, à Kouang-Tchéou-Wan ou en Crète.

Bref, un très joli album, qui peut, en particulier, constituer un superbe cadeau pour tous les amateurs en cette fin d'année.

Gallimard, Paris, 2012, 163 pages, 35 euros.

ISBN : 978-2-07-013872-2

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11 juillet 2012 3 11 /07 /juillet /2012 07:05

Dictionnaire des ministres de la Marine

1689 - 1958

Jean-Philippe Zanco (dir.)

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Quelle somme ! Lui-même juriste mais visiblement passionné par les questions navales, Jean-Philippe Zanco a dirigé pour réaliser ce dictionnaire une équipe de vingt-cinq contributeurs, dont on remarque qu'il s'agit pour la plupart de jeunes chercheurs (et particulièrement talentueux). Par ailleurs, avec cet ouvrage d'absolue référence, il comble un vide presque complet dans l'historiographie française.

Le livre s'ouvre sur une histoire, par le directeur d'ouvrage, du ministère de la Marine du XVIIe siècle au début de la Ve République, historique qui détaille en particulier l'évolution des structures et de l'administration centrale (pp. 25-90), complété par un état chronologique de tous les titulaires du poste entre 1626 et 1958, liste détaillée au jour près par règne puis par gouvernement et faisant apparaître à partir de 1881 le nom de leurs secrétaires d'Etat et de leurs homologues de la Marine marchande et/ou des Colonies. Le dictionnaire à proprement parler commence p. 119 (de Abrial à William-Bertrand). Même pour les moins connus ou les plus éphémères, les notices (impression sur deux colonnes avec une police de caractère bien lisible) sont substantielles et sont systématiquement suivies d'une série de références très précises (sources et bibliographie). On peut parfois regretter que, sur des points très particuliers, les auteurs fassent preuve d'une relative "bienveillance" à l'égard des ministres dont ils écrivent la notice (Lacaze et l'affaire grecque par exemple), mais leurs propos sont toujours référencés et cela ne remet en rien en cause l'exceptionnel intérêt de cette publication (on peut d'ailleurs s'étonner qu'aucun responsable des études de l'ancien Service historique de la Marine ou du SHD-Marine ne figure parmi les artisans de cette superbe réalisation).

Près de cinquante pages de sources, bibliographie et index terminent ce volume qui devient dès à présent LA référence française en la matière.

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25 avril 2012 3 25 /04 /avril /2012 08:00

Le dictionnaire du Titanic

François Codet

Titanic494.jpg

La mer est cruelle et les naufrages célèbres ne se comptent plus. Certains, toutefois, ont durablement marqué les esprits et suscité un intérêt soutenu au fil des années.

D’Irlande aux Etats-Unis et dans les quelques ports où le grand transatlantique avait fait escale, le centenaire du Titanic a donné lieu ce mois-ci à de multiples manifestations. Au-delà même, toutes les grandes télévisions ont consacré des émissions à cet événement et le film fameux de James Cameron retrouve en 3D une diffusion mondiale. Il existe donc bien à la fois un « mystère » du Titanic, au moins dans l’attirance que la dramatique aventure du paquebot continue d’exercer, et un engouement du public.

En proposant chez Marines Editions ce dictionnaire spécialisé de quelques 500 entrées, François Codet répond à de nombreuses questions et nous apprend bien des choses, grandes et petites, anecdotiques ou plus fondamentales, amusantes ou cruelles. La biographie sommaire de très nombreux passagers et membres de l’équipage est rappelée, et au hasard des noms il apparaît par exemple que la plupart des musiciens du bord (on se souvient des images de cet orchestre jouant, imperturbable, jusqu’à ce que le navire s’enfonce dans les eaux) étaient Français et n’avaient pas à proprement parler de contrat de travail : ils étaient considérés comme des passagers de 2e classe. On retrouve également la liste et les caractéristiques de très nombreux navires, dont les grands transatlantiques de l’époque et les bâtiments qui se trouvaient peu ou prou dans les environs de la zone où le Titanic a coulé, ainsi que plusieurs entrées relatives aux fusées lancées après que l’iceberg ait été heurté et au mystérieux navire non identifié qui se serait trouvé à proximité et n’aurait pas répondu aux appels de détresse. On suit, bien sûr, tous les détails de la construction, du lancement et de la navigation à travers l’Atlantique et l’on a le détail à la fois des objets et matériels embarqués, de la liste des menus, des définitions des postes et métiers de chaque matelot ou officier, sans oublier la liste des paquebots détenteurs du Ruban bleu de vitesse de traversée, la chronologie précise de la mise à l’eau des canots de sauvetage -construits en orme et en pin jaune- ou les tours de quart des officiers de bord lors du naufrage, le détail des commissions d’enquête qui suivirent, etc.

En bref, un dictionnaire qui fait à la fois le point des avancées sérieuses les plus récentes dans l’étude de la catastrophe et qui multiplie et explique les anecdotes ou les incidents peu connus sur le navire et sa traversée. Un volume qui devrait faire longtemps référence dans la bibliographie française et qui passionnera tous ceux (ils sont nombreux) qui se posent des questions sur cet événement.

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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