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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 08:40

Indochine, 1946-1954.

Témoignages inédits

présentés par La Sabretache

Couverture-de-l-ouvrage--Indochine-1946-1954---T-m-copie-1.jpg 

Comme le précise très justement Jacques Valette au début de son introduction, "la guerre d'Indochine fut mal comprise des Français alors qu'elle se déroulait ; elle reste presque inconnue de leurs descendants, hors quelques épisodes très médiatisés comme Dien Bien Phu". Ce volume est donc lebienvenu et se présente sous la forme d'une vingtaine de récits, témoignages et évocations, rédigés par des "Anciens d'Indo".

Contrairement à ce qu'affirme le sous-titre, tous les textes ne présentent pas un caractère réellement inédit et, même si l'on comprend qu'il pouvait être nécessaire de resituer le cadre de l'action, l'article introductif du général (2S) Kieffer apporte peu. Mais de nombreuses autres contributions sont plus originales, comme "Les hussards des rizières (1948-1950)" (par le général 2S Boissau), qui s'intéresse au parcours du 1er hussards, ou "Le génie voie ferrée en Indochine" (par le lieutenant-colonel (h) Richard, qui détaille l'organisation et les missions de cette unité si particulière. On lit également avec intérêt trois articles, l'un du colonel Carles présentant le colonel Tran Dinh Vy (à l'époque sous-officier dans l'armée française), les deux autres de ce dernier sur "Le commando Vanderberghe", dont il fut l'adjoint, et sur "Le général Gambiez, père spirituel du commando 24". Les sous-officiers ne sont pas oubliés et plusieurs articles ont été rédigés par d'anciens sergents, comme le récit d'une "Opération aérotransportée dans la plaine des Jarres", par l'adjudant-chef Gusic, servant à l'époque à la 5e compagnie du 2e BEP. Inévitablement, Dien Bien Phu n'est pas absent de ce volume, et l'on ne compte pas moins de cinq communications consacrées à la célèbre cuvette (dont deux traitent du Service de santé).

Comme toujours dans ce type d'exercice, il est impératif de recontextualiser les récits et de prendre en compte qu'il s'agit généralement de textes rédigés plusieurs dizaines d'années après les événements sur la base dela seule mémoire individuelle et au mieux d'une documentation très fragmentaire. Lecolonel (h) Gagniard l'exprime en introduction de son article : "Alors que les faits remontent à près de soixante ans et que La Sabretache me sollicite pour évoquer les vicissitudes d'un sous-lieutenant de l'Arme blindée en Indochine, je vais tenter, à l'aide d'un journal de marche partiellement récupéré, de mereplacer dans les circonstances qui, pendant deux ans, ont profondément imprégné la suite de mon existence". Cet impératif étant posé, le volume prend tout son intérêt et l'on peut approcher, comme le sous-entend la dernière partie de la phrase citée l'origine de ce "mal jaune", de l'attachement profond et durable que tant de soldats métropolitains ressentirent pour "la perle del'empire".

Enfin,les amateurs apprécieront le cahier centra len couleurs qui reproduit les insignes de tradition de toutes les unités des trois armées ayant participé à la bataille de Dien Bien PHu.

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11 février 2012 6 11 /02 /février /2012 09:52

Les Binh-Xuyên,

des hors-la-loi devenus combattants nationalistes ?

BINH 1

A la fin de la guerre d'Indochine, les équilibres politiques au (Sud) Vietnam sont particulièrement fragiles et complexes, et le mouvement Binh-Xuyên, dont les unités servent depuis 1948 aux côtés des forces françaises, s'est progressivement mué en parti politique tout en conservant son appareil militaire. Dès 1955 toutefois, battu lors de la "bataille de Saigon", son chef Lê-Van-Viên (dit Bay Vien) doit trouver refuge en France.

Curieuse histoire que celle de ces repris de justice devenus nationalistes sans avoir en rien abandonné les "lois du milieu", alliés du Vierminh à partir de 1945 avant de rallier Bao Daï trois ans plus tard. Si leur rôle est parfois rapidement évoqué dans les ouvrages consacrés à la guerre d'Indochine, on a généralement oublié les conditions de leurs naissance et leur puissance réelle en 1954.

BINH 4

Né entre 1920 et 1925, le mouvement Binh-Xuyên se rattache à la tradition des bandes de pirates et n'est à l'origine qu'un groupement plus ou moins informel de vauriens, voleurs et truands en rupture de ban, cherchant à échapper aux forces de l'ordre. Ils trouvent refuge près du fleuve éponyme, au sud de l'agglomération de Saigon-Cholon, dans une région de forêts et de marais difficilement pénétrable, et se livrent à de multiples méfaits dans les environs (piraterie fluviale, extorsion de fonds, enlèvements, etc.). Leur nombre total ne dépasse pas 200 à 300 hommes selon les périodes, pauvrement armés d'armes blanches et de quelques vieux fusils. Ils survivent ainsi dans des conditions difficiles, comme une "fédération" souple de groupes mafieux, jusqu'à l'arrivée des troupes japonaises et choisissent aussitôt de servir l'occupant contre les Français, ce qui leur procure quelques armes, leur permet de sortir de la clandestinité et leur assure une relative "régularisation" de leur situation et de leurs financements. A la suite du coup de force japonais du 9 mars 1945, ils rallient le mouvement nationaliste vietnamien qui est en train de se structurer et, dans l'atmosphère confuse et enfiévrée de l'été 1945, participent à des manifestations indépendantistes sous une banderole portant, pour tout programme, l'inscription "Ban Am Sat Binh-Xuyên" ("Comité d'assassinat Binh-Xuyên") ! Le pas est franchi : tout en conservant leur organisation propre, ils deviennent des "soldats politiques". Au fur et à mesure que l'administration française se réimplante dans la province, de nombreux jeunes rejoignent les rangs des "hommes d'honneur" (?) et, en septembre, ils entrent en résistance. Bien qu'officiellement alliés d'Ho-Chi-Minh, ils n'en maintiennent pas moins farouchement leur autonomie et leurs cinq (puis sept) "régiments" ( "Chi Dôi", en fait de grosses compagnies, ou de petits bataillons) restent sous leur commandement exclusif.

BINH 2Tout en continuant par exemple à pratiquer le racket auprès des établissement de jeux de Cholon ou des corporations commerçantes de Saigon, ils vont désormais tenir un "front", contre lequel les troupes françaises font pourtant rapidement preuve de modération, car le commandement de Cochinchine ne désespère pas de les rallier, comme les Caodaïstes et les Hoà-Hao. Néanmoins, on leur attribue avec certitude au moins 40 attaques contre les postes français et les villages loyalistes entre mars 1946 et avril 1948. Ils représentent alors, selon les services de renseignement, un effectif d'environ 2.000 combattants, équipés de 1.200 à 1.300 armes à feu (pistolet, fusils, armes automatiques), ce qui à l'échelle du sud de la péninsule constitue une force non négligeable.

 

En juin 1948, après plusieurs mois de frictions avec le parti communiste, de plus en plus méfiant à l'égard de ces éléments peu perméables à l'orthodoxie idéologique et qui poursuivent en grande partie leurs trafics anciens, les Binh-Xuyên reconnaissent le Gouvernement provisoire du Sud-Vietnam et leur chef Lê-Van-Viên, nommé colonel de la Garde nationale, proclame alors "accorder notre confiance absolue à Sa Majesté l'Empereur Bao-Daï, pour guider notre pays, dans le cadre de l'Union française, vers l'indépendance et l'unité". Désormais adversaires irréductibles du Vietminh, ils vont se battre avec l'armée française, l'armée nationale vietnamienne naissante et les milices des sectes religieuses tout en conservant leur particularisme, en s'organisant progressivement en parti politique nationaliste, et ... en poursuivant néanmoins de nombreuses activités illicites. BINH 3

 

En décembre 1954, le général Lê-Van-Viên commande toujours les Forces armées nationalistes Binh-Xuyên (FANBX). Il dispose d'un état-major à peu près complet, avec ses quatre bureaux traditionnels, et d'un centre militaire de formation des cadres, d'une force de police (à l'effectif d'un, puis de deux bataillons, avec lequel il assure en particulier "l'ordre public" (sic !) dans la capitale), et de six bataillons opérationnels plus une compagnie autonome. Il contrôle le Front du salut national, mis sur pied à la suite des Accords de Genève avec les représentants des divers partis nationalistes et des sectes, et un mouvement de jeunesse en uniforme, le Thanh Niên Phung Su ("Jeunesse qui sert").

 

L'ancien "pensionnaire" du bagne de Poulo-Condor peut faire et défaire les ministères... Que de chemins parcouru en moins de dix ans ! Mais la roche Tarpénienne est toujours proche du Capitole et les Binh-Xuyên sont rayés de la vie politique et militaire sud-vietnamienne par Diem quelques mois plus tard.

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2 février 2012 4 02 /02 /février /2012 09:28

 

 

Chroniques de Cochinchine

(1951-1956)

 

 

général Guy Simon

linklinkCOCHINCHINE-SIMON.jpg 

En complément du billet d'hier sur les minorités ethniques au Tonkin, il nous paraît intéressant d'évoquer ce livre, paru pour la première édition chez Lavauzelle en 1995. Dans son "Avertissement" au lecteur,le général Simon précise les raisons qui l'ont poussé à publier les lettres qu'il écrivait de Cochinchine à son père : "Je crains que notre guerre se réduise, pour la génération prochaine, à quelques batailles importantes livrées sur les confins tonkinois à des armées communistes venant de Chine. S'il ne subsistait que ce souvenir, le but de notre action ne serait pas compris et la moitié de nos morts serait oubliée. C'est le rôle de ces lettres, maintenant livrées au public, d'apporter un complément d'information".

Le jeune lieutenant Simon commence à écrire à sa famille avec une grande régularité dès son embarquement sur le transport de troupes Athos II en février 1951 et la dernière lettre reproduite est datée du 3 juillet 1956. C'est dire si ce volume de plus de 320 pages est riche. N'y cherchons pas de longues tirades sur des considérations de haute géostratégie, mais attardons-nous sur ces témoignages quotidiens, concrets, humains. Il raconte par exemple l'attaque de son poste en juillet 1951, son désarroi en constatant les désertions des torailleurs indigènes, en relate la difficile reconstruction et s'interroge sur les réactions au sein de la chaîne hiérarchique. De très nombreuses correspondances commencent par "Je rentre d'opération" (deux, trois, parfois quatre jours de nomadisation dans sa zone de responsabilité), dont le récit, fait en quelques phrases sobres, est suivi du "bilan", parfois étonnant : "1 drapeau viet-minh, 1 fusil en bois, 1 batterie d'accus, 5 scies à métaux, 1 chapeau mou, 1 imperméable, 5 tenues complètes, 3 paires de sandales, 1 lampe électrique, 1 valise de pharmacie, 1 valise de documents, 50 cartouches" (5 novembre 1951).

Ses propos personnels (ils ne sont destinés qu'à son père) peuvent parfois être extrêmement vifs, voire surprendre ou choquer. Le 3 mars 1952, son analyse des rapports entre communautés sur le territoire est terrible, et mérite d'être longuement citée en dépit de sa longueur : "Voici un an que je suis en Indochine et tu me demandes ce que j'en pense. Peut-être seras-tu bien étonné quand tu le sauras. 1er : Je suis profondément écoeuré par mes compatriotes. Tous les civils, beaucoup de sous-officiers et un bon nombre d'officiers ne songent qu'à gagner de l'argent, à boire et à s'amuser ; ils font preuve, à l'égard des autochtones d'un racisme effrayant. 2e : Par contre, l'Indochine a fait ma conquête ... Et les habitants des campagnes me plaisent infiniment par leur simplicité et l'affection dont ils entourent celui qui a gagné leur confiance. En résumé, je voudrais éliminer la plupart des Français et tous les Annamites évolués (qui sont odieux) ; au prix de quoi je resterais bien cinquante ans au commandement d'un sous-quartier quelconque ... Ma manière de voir est celle des coloniaux de l'époque héroïque". Un an et demi plus tard, il s'interroge sur les priorités du haut commandement : "Je me demande vraiment si Gallieni était un grand home en proclamant que le Tonkin commandait tout l'Indochine. J'ai peut-être maintenant la déformation du Cochinchinois, mais je suis furieux de voir que, pour un succès de prestige à Na San (et quel succès !) on a compromis l'équilibre des forces du Sud-Vietnam et, en tout cas, supprimé toutes les chances que nous avions de ramener la paix ici. Ces militaires du Tonkin, qui ne font que la guerre, et qui la font mal puisqu'ils n'arrivent à rien, semblent incapables de comprendre la subtilité et l'intérêt de notre travail. Sans espoir de gagner au Nord, ils ont choisi de perdre au Sud". Revenant sur le territoire pour un dernier séjour, il écrit le 10 mars 1954 : "Le moral n'est pas fameux. Autant mon premier séjour m'avait semblé constructif, autant celui-ci débute dans le marasme et dans l'inefficience" et, maniant un humour au deuxième degré : "D'ailleurs, les états-majors sont utiles. La preuve : en 1953, on a jauni le 2e RIC qui était noir ; en 1954, on va noircir le 11e RIC qui est jaune. Heureusement que le commandement pense à tout".

En bref, les réactions (parfois presque instinctives) et les réflexions, restées dans leur "jus", d'un lieutenant longuement affecté en Cochinchine. A prendre comme telles. Elle ne résument pas la guerre d'Indochine et ne constituent qu'un regard particulier sur ce conflit, à un niveau de responsabilité et dans une certaine zone. Comme tous les témoignages. Rien de plus, mais rien de moins. A total cependant, une liberté de parole toujours marquée par le souci des populations et des hommes qui lui sont confiés : un récit humain.

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1 février 2012 3 01 /02 /février /2012 00:20

Les minorités ethniques

au Tonkin

MINORITES TONKIN

Plusieurs études ont été consacrées aux minorités montagnardes pendant la guerre d'Indochine et l'on sait qu'elles ont généralement été considérées comme particulièrement fidèles au drapeau tricolore. Différents livres également soulignent les aléas, les hésitations, et les insuffisances de la politique métropolitaine à l'égard des Thaï ou des Mèo.  Il n'est pas question de revenir maintenant sur ce débat. Considérons toutefois, objectivement, que cet attachement tient au moins autant à un rejet de la domination vietnamienne, plus proche donc plus dangereuse, qu'à une inclination particulière pour un hexagone si lointain. Selon l'universel principe "les ennemis de mes ennemis sont mes amis", leur adversaire était l'étranger le plus proche et le plus menaçant, et la résistance à "l'étouffement culturel" était essentielle.

 

Posons quelques données factuelles. Face aux quelques 8.000.000 d'Annamites du Delta et à l'importante minorité chinoise, on distingue neuf "peuples montagnards", dont deux seulement atteignent un volume numériquement significatif. Selon les chiffres de 1936, les Thaï des diverses obédiences sont environ 670.000, les Müong 112.000, les Man 89.000, les Mèo 77.000, les Hakka 3.000, les Lati, La-qua et Kelao 2.000 chacun. La carte ci-dessus en présente leurs aires géographiques d'installation traditionnelle et l'on constate que les Man (qui s'appellent eux-mêmes "hommes des montagnes") sont ceux dont les zones d'habitat sont les plus dispersées.

Leur légende fondatrice, qui fait remonter l'origine deleur peuple à une princesse de Chine, mérite d'être racontée. L'empereur avait promis la main de sa deuxième fille et la moitié de son empire à celui qui lui ramènerait la tête d'un ennemi particulièrement dangereux. Seul le chien Pan-Hou y parvint, et l'empereur lui donna effectivement sa cadette, mais fit le choix, pour diviser son empire, d'une frontière "altimétrique" : Pan-Hou et sa nouvelle épouse ne reçurent que les sommets des montagnes...

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19 janvier 2012 4 19 /01 /janvier /2012 17:18

 

 

 

 

Les enseignements de la guerre d'Indochine (1945-1954)

Rapport du général Ely (tome 1)

 

 

 

 

RAPPORT-ELY.jpg

La publication de ce volume par le Service Historique de la Défense au printemps dernier est curieusement passée presque inaperçue. L'idée de mettre à la disposition du public et des chercheurs le texte intégral du rapport de fin de campagne du dernier commandant en chef en Extrême-Orient remonte à 2003 (remerciements à l'adjudant-chef -aujourd'hui en retraite- Henriot pour avoir saisi sous Word la totalité du texte original), mais n'a pu trouver un aboutissement que huit ans plus tard. Ce rapport devait être constitué à l'origine de trois tomes, dont deux seulement ont été imprimés et diffusés : le fascicule 1, traitant des questions politico-militaires, à très probablement été détruit dès sa rédaction terminée (et avant d'être dupliqué), car il mettait sans doute trop directement en cause la direction politique de la guerre et sa conduite stratégique à l'échelon gouvernemental. Il n'en reste aujourd'hui aucune trace. Le fascicule 2 est celui qui fait l'objet de la présente édition. Le troisième volume devrait paraître dans le courant de l'année 2012.

 

La présentation générale, par le capitaine Cadeau qui a soutenu en 2010 une thèse remarquée sur l'emploi du génie en Extrême-Orient, permet de brosser rapidement la chronologie et le contexte des évènements en Indochine d'une part et de reconstituer les conditions de rédaction de ce volume à partir des rapports préliminaires des officiers engagés sur le territoire (de lieutenant à colonel) d'autre part. Le volume est ensuite divisé en quatre parties principales : "La guerre des idées" (période pré-insurrectionnelle, guerre psychologique et actions de déception) ; "La guerre sans front" (renseignement, ouverture des axes, postes isolés, contrôle en surface, emploi des forces mobiles, pacification, fortification) ; "Les formes non orthodoxes de la guerre" (actions dans les grands vides, maquis, actions en forêt et en brousse, commandos, actions fluviales et côtières) ; "Adaptation des armées et des services" (de l'infanterie à l'intendance et au service de santé en passant par toutes les armes). En tant que de besoin, le texte courant est accompagné de cartes et de croquis, également reproduits à l'identique.

 

RAPPORT-ELY-2.jpg

L'intérêt de ce volume tient d'abord dans la forme adoptée pour la rédaction du document d'origine, qui multiplie les références et les citations aux comptes rendus intermédiaires. La "mythologie héroïque", dans laquelle baignent souvent les récits plus ou moins romancés sur la guerre d'Indochine, est écornée dans de nombreux domaines, et les problèmes les plus concrets sont abordés sans fard. Ne prenons que quatre exemples parmi bien d'autres : les parachutistes ("Les besoins de la bataille firent que non seulement les parachutistes combattirent souvent comme de simples fantassins, mais que les opérations aéroportées proprement dites furent trop souvent des actions décousues et de petite envergure au lieu d'être des engagements massifs") ; les commandos ("En Indochine les unités de commandos eurent souvent un rendement décevant et cela même de l'aveu de leurs supporters. Mais les cause de leurs échecs furent multiples. Tout d'abord, il y eut souvent une mauvaise utilisation des commandos ... D'autre part, l'encadrement était non seulement insuffisantsous l'angle quantitatif, comme pour la plupart des unités du corps expéditionnaire, mais il l'était aussi qualitativement") ; l'arme du Train ("Les procédés mis en oeuvre pour assurer la sécurité des transports routiers doivent être retenus, car dans les zones soumises à la guérilla ils conserveraient toute leur valeur") ou le service de santé ("Toutes les unités venues de métropole furent dissoutes et l'on mit sur pied une série de formations adaptées aux conditions locales"). En bref, une analyse complète et solidement étayée de l'ensemble de la campagne d'Indochine.

 

Longtemps resté classifié, donc non communicable, ce texte fondamental doit désormais être étudié en détail. Il peut être à l'origine par exemple, de différents travaux universitaires sur la contre-guérilla. Il est également souhaitable qu'il soit lu par le plus grand nombre possible d'officiers d'active : les problématiques du combat asymétrique sur un terrain particulièrement difficile contre un adversaire très motivé (fanatisé) ne sont-elles pas d'une éternelle actualité ?

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18 janvier 2012 3 18 /01 /janvier /2012 15:43

Historical Dictionary of the Indochina War :

an International and Interdisciplinary Approach (1945-1954)

goscha

Enseignant en Relations internationales à l'université du Québec et spécialiste reconnu de l'Extrême-Orient, Christopher Goscha vient de faire paraître le premier dictionnaire en langue anglaise sur la guerre d'Indochine (University of Hawaii Press, Honolulu et Nias Press, Copenhague). Plus de 600 pages et de l'ordre de 1.500 entrées, pour un prix neuf qui n'est pas négligeable (100 £ ou 175 $ selon nos sources).

L'évènement méritait d'être immédiatement souligné, tant du fait de la compétence bien établie de l'auteur qu'au titre de cette originalité en langue anglaise. En effet, les historiens nord-américains sont généralement très critiques sur l'action de la France en Indochine durant cette période. Nous reviendrons donc sur cet ouvrage pour une recension plus complète dès que nous l'aurons reçu.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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