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20 mai 2014 2 20 /05 /mai /2014 06:20

Les services secrets français

en Indochine

Jean-Marc Le Page

Réédition en format poche de l'ouvrage paru il y a deux ans chez le même éditeur et que nous chroniquions en juin 2012, accompagné d'un entretien avec l'auteur (ici).

Il n'y a pas un mot à retirer : non seulement très utile, mais même indispensable pour quiconque espère comprendre l'organisation et le fonctionnement des services français durant cette période. Doit absolument figurer comme outil de travail et de référence dans toute bonne bibliothèque.

Nouveau Monde Poche, Paris, 2014, 523 pages, 9 euros.

ISBN : 978-2-36942-003-3.

Services secrets

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19 mars 2014 3 19 /03 /mars /2014 06:25

L'espoir meurt en dernier

Bernard Grué

Exceptionnelle carrière militaire que celle du colonel Grué, dont il ne nous raconte dans ce volume que la partie indochinoise, avec le 3e REI.

Les trois premiers chapitres sont consacrés au début de carrière de Bernard Grué, de son entrée à Saint-Cyr à la fin de la Seconde guerre mondiale, à ses premiers mois en Indochine avec le 3e Etranger et aux combats de Dong Khé en septembre 1950. Nous le suivons ainsi dans ses responsabilités de lieutenant, chef de poste, responsable de la vie quotidienne comme des opérations, et nous assitons aux terribles combats, de jour et du nuits, aux pertes qui se multiplient, jusqu'à "faire Camerone" dans un blockhaus en feu et à être fait prisonnier. Il connait ensuite quatre années en "rééducation" au camp n° 1 d'abord, puis en d'autres sites aussi sinistres. En phrases brèves, il raconte la mort des camarades, les interrogatoires, les commissaires politiques, la faim, les punitions, le travail forcé, des rencontres atypiques. A l'été 1954, il sera enfin libérés, avec les autres survivants. En conclusion, il explique de façon très pragmatique comment il a pu survivre, avec de nombreux autres officiers, grâce à une discipline de vie et à des mesures préventives "d'hygiène" (autant que possible), puis pourquoi il a fait le choix de rester dans l'armée à l'issue de ce calvaire : "J'avais conscience d'avoir fait mon devoir jusqu'au bout. Et cela m'a sûrement aidé à conserver mon équilibre et à ne pas me renier sous prétexte que j'avais perdu une bataille sans l'avoir mérité".

Un témoignage simple et qui complète utilement les ouvrages déjà publiés.

Editions du Rocher, Monaco, 2014, 189 pages, 18 euros.
ISBN : 978-2-26807-578-5.

Un officier en guerre d'Indochine

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15 mars 2014 6 15 /03 /mars /2014 12:00

La vallée perdue

Philippe de Maleissye

La mention portée en sous-titre du volume, "roman-vécu", porte en elle toute l'ambiguité de ce type d'ouvrage.

De nombreux personnages cités dans le livre sont d'authentiques combattants de Dien Bien Phu et leurs photos figurent à la fin du livre. Mais l'ouvrage, rédigé à la première personne ("je") par un contrôleur générald es armées né au début des années 1960 ne peut être qu'un roman. Un roman qui intègre certes les souvenirs de nombreux témoins et acteurs interrogés, mais qui reconstitue les dialogues. L'ouvrage s'ouvre sur l'arrivée du jeune héros en Indochine et son affectation au 5e Bawouan, il se termine par la vision du champ de bataille de Dien Bien Phu à la fin de combat et la constitution des sinistres colonnes de prisonniers. L'objectif est louable : entraîner le lecteur "au coeur des combats, des affres qu'ils suscitent, des actes de courage ou de lâcheté qui les jalonnent". Il y a donc quelques belles pages, la mise en relief de fortes qualités humaines, le récit d'actions "quotidiennes" presque normales dans la bataille et pourtant si exceptionnelles. De Gabrielle à Eliane, de la Nam Youn à Dominique, le récit est à hauteur d'hommes, et à la gloire de tous les combattants, en particulier parachutistes, et d'abord indochinois. Il faut simplement le savoir en ouvrant le livre.

Une histoire romancée ou un roman réaliste qui se lit aisément (avec parfois quelques longueurs) et qui plonge le lecteur au coeur des problématiques les plus graves. 

Indo-Editions, 2013, 391 pages, 29 euros.
ISBN : 978-2-914086-43-1.

Dien Bien Phu

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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 06:25

Dien Bien Phu vu d'en face

Paroles de bô dôi

(collectif)

Peu d'ouvrages sont disponibles en français sur la perception, la compréhension, le vécu par les soldats vietminh, de la guerre d'Indochine. Celui-ci est donc d'autant plus intéressant.

Le livre a été initialement publié (et fort bien accueilli) en 2010 et ce travail a été réalisé par six (jeunes) journalistes vietnamiens, dont certain(e)s formé(e)s à Lille. Ils précisent la liste des témoins interrogés et leurs fonctions à l'époque, et accompagnent leur texte de photos et de cartes. Les anciens combattants vietnamiens racontent leur propre vécu, leur vision, leur compréhension de la bataille, au poste et au niveau de responsabilité qui était le leur à l'époque. de travailleur requis à chef de corps, de simple soldat à chef d'état-major, et dans les spécialités qui étaient les leurs (fantassin, sapeur, artilleur, transmetteur, renseignement, etc.). On ne peut pas, bien sûr, évacuer d'une simple revers de la main l'hypothèse selon laquelle ces souvenirs tardivement recueillis ont pu évoluer dans le temps et sous l'effet du discours communiste. Mais il faut reconnaître que leur traduction donne un sentiment de grande liberté de ton et de réelle franchise, spontanéïté, dans l'expression. Une rapide première partie évoque en quelques pages la mobilisation populaire du côté vietminh. Puis, le volume se divise en deux grandes phases : "Histoires de soldats" (dans laquelle les témoins interrogés racontent brièvement une expérience de guerre de cette campagne) et "Les 56 jours et nuits de la bataille" (qui reconstitue moment par moment, lieu par lieu, le déroulement chronologique des combats entre le 13 mars et le 7 mai 1954. Les uns et les autres précisent des lieux, des chiffres, des effectifs, des pertes, des consommations de munitions, etc., et, comme tous les anciens combattants, la façon dont ils perçurent le déroulement des opérations et leurs conséquences.

Un livre original et sans aucun doute très utile, voire indispensable, pour tous ceux qui s'intéressent à cette grande bataille.

Nouveau Monde Poche, Paris, 2014, 271 pages, 8 euros.

ISBN : 978-2-36583-893-1

D.B.P., de l'autre côté

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28 novembre 2013 4 28 /11 /novembre /2013 06:25

Le génie au combat

Indochine, 1945-1956

Ivan Cadeau

Attention : très bon ouvrage !

A partir de sa thèse, soutenue en 2010, Ivan Cadeau nous propose une étude qui, à travers le prisme particulier de l'étude d'une arme (le génie), permet de redécouvrir une grande partie des réalités de la guerre d'Indochine.

Bien sûr, parachutistes, coloniaux et légionnaires tiennent le haut du pavé dans la mémoire populaire. Mais sur toutes les pistes, sur tous les cours d'eau, dans le moindre poste, les hommes du génie ont été à l'oeuvre, de la pointe méridionale de Cochinchine à la frontière de la Chine au nord et du Tonkin. Or (comme pour d'autres également moins prestigieux), cet investissement quotidien jusqu'au sacrifice a été oublié. Sans fioriture, sans cacher les réalités, les déficits et les faiblesses, Ivan Cadeau traite successivement du génie comme "arme politico-militaire de la souveraineté française" (car rétablir la libre circulation sur les voies de communication était une véritable mission politique), puis aborde la question de "La participation du génie à la politique militaire de pacification" avec la création de nombreuses unités spécialisées et une adaptation permanente aux contraintes de la guerre en surface, en dépit d'un manque chronique de matériels et de matières premières adaptées. Les officiers du génie et les sapeurs seront gestionnaires, chefs de chantier, forestiers, aussi bien que chefs de section et combattants. Les années 1951-1952 sont marquées par la montée en puissance progressive de l'aide matérielle américaine, mais aussi par la naissance et le développement du génie dans les nouvelles armées nationales des Etats associés, pour lesquelles il pose franchement la question : "Renfort ou affaiblissement du corps expéditionnaire ?" et apporte une réponse mesurée, en rappelant leurs forces et leurs faiblesses. La quatrième et dernière partie est consacrée à "La perte de la liberté d'action du corps expéditionnaire et le rôle du génie dans l'évacuation de l'Indochine" jusqu'en 1956, car la guerre ne se termine pas au soir de la capitultion de Dien Bien Phu. Au fil des pages, sont envisagées les missions, les hommes, les matériels, les évolutions, la débrouillardise des uns et les initiatives des autres. La question du manque de formation des premiers et de l'inadaptation fréquente des secondes est d'ailleurs récurrente tout au long de l'ouvrage et pourrait sans doute être déclinée pour de nombreuses autres armes.

Les cinquante dernières pages présentent un point presque exhaustif de l'état des sources et de la bibliographie, ainsi que deux index (lieux et persones) très complets. On l'a compris, voilà une étude indispensable pour qui souhaite s'intéresser à la guerre d'Indochine dans ses différentes composantes et sous ses différentes formes. Un livre qui remet justement à l'honneur l'arme de la construction et de la destruction, celle de l'aide à la mobilité mais aussi à la contre-mobilité. Celle de la défense aussi bien que de l'offensive. Une arme qui, plus encore que ses consoeurs, a toujours été en sous-effectif par rapport aux besoins.

Service Historique de la Défense, Vincennes, 2013, 508 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-11-129054-9

Pour commander le livre : ici

Le génie du CEFEO

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1 novembre 2013 5 01 /11 /novembre /2013 06:35

Indochine

Des territoires et des hommes

Christophe Bertrand, Caroline Herbelin, Jean-François Klein (Dir.)

A l'occasion de la belle exposition au musée de l'Armée "Indochine, des territoires et des hommes, 1856-1956" que nous avons déjà signalée (vivement recommandée), le musée met à la disposition du public cet "album-catalogue" réellement superbe.

Plus de quarante "prêteurs", publics et privés, institutionnels et particuliers, apportent leur concours à la réalisation de cette manifestation et une cinquantaine de spécialistes contribuent à la rédaction des différents chapitres du volume. Le livre est globalement organisé en deux grandes parties. La première, livre d'histoire, en sept chapitres revient chronologiquement sur les grandes étapes de l'Indochine coloniale, des "Premiers contacts franco-vietnamiens" aux souvenirs et à l'analyse de l'histoire après la décolonisation. La seconde, catalogue à proprement parler de l'exposition, reprend en quatre séquences "Les premiers pas de la France au-delà de la route des Indes", "La formation de l'Indochine française", "Au coeur de la colonie indochinoise" et "Déclin et fin de l'empire en Extrême-Orient". On le voit, les deux sous-ensembles se complètent et se répondent, aspect amplifié par la magnifique iconographie qui vous fera découvrir les pièces les plus rares et/ou les plus originales.

Un superbe catalogue d'exposition qui complétera très utilement et esthétiquement les ouvrages dont vous pouvez déjà disposer sur l'histoire de l'Indochine française. 

Gallimard, Paris, 2013, 319 pages, 39 euros.
ISBN : 978-2-07014260-6.

Superbe catalogue

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15 juillet 2013 1 15 /07 /juillet /2013 06:41

Prisonniers du Viet-minh :

de Diên Biên Phu au camp-tribunal de Cho Chu

Henri Ortholan

On connait le fameux "camp n° 1" ou les colonnes de la mort qui quittèrent Dien Bien Phu. Mais qui se souvient du camp-tribunal de Cho-Chu 

Site perdu en Moyenne Région, pourtant emblématique dans l'histoire du Viet-Minh, dans la région cadre de l'opération Léa, Cho-Chu a aussi été un terrible camp d'interrogatoire et de "jugement" du VM, où une quarantaine de Français, prisonniers après la chute de Dien Bien Phu, ont été victimes en particulier des pratiques (des tentatives) d'endoctrinement des leurs vainqueurs. Ce livre, en fait, retrace, à partir de nombreux entretiens et des témoignages de survivants, toute l'histoire de ce "camp-tribunal", de l'arrivée des hommes à leur libération. Tous les aspects de la vie quotidienne, les petitesses et la perversité des commissaires politiques mais leur gêne aussi et finalement leur incapacité à réussir, les modalités de transfert, l'espoir de la libération, les problèmes de santé et l'endoctrinement, etc., tous sont passés en revue et étudiés au niveau de cette petite structure. On a d'ailleurs le sentiment que la résistance morale des prisonniers (leur cohésion ?) impressionna les responsables VM. Le camp est progressivement démentelé dès les accords de Genève : les prisonniers ne sont donc restés que de quelques semaines à quelques mois dans cet environnement (les 16 derniers quittent le camp en septembre), qui les a cependant marqué à jamais. Mais ils sont ensuite tranférés dans différentes autres structures avant d'être libérés dans des conditions qui jouent toujours sur l'ignorance de ce qui va survenir : où allons-nous ? allons-nous être fusillés ? pourquoi untel est-il emmené ? que va-t-il se passer dans une heure ou dans une journée ?. Henri Ortholan revient à plusieurs reprises sur quelques fortes personnalités de lieutenants et sur le rôle des aumôniers, mais il nous en apprend aussi sur le mystérieux "Hugner", vrai-faux collabo, vrai-faux légionnaire rallié, et probablement parfait "mouton". 

Largement illustré de nombreuses photos, ce livre vous permettra de passer de la "micro" à la "macro-histoire" à travers la présentation soignée d'un cas particulier. Un livre qui mérite indiscutablement d'être connu par tous ceux qui s'intéressent à la guerre d'Indochine.

Editions Le Pays de Dinan, 2013, 207 pages,

ISBN : 978-2-905952-18-0.

Camp vietminh

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31 janvier 2013 4 31 /01 /janvier /2013 07:00

L'Indochine sous Vichy

Entre Révolution nationale, collaboration et identités nationales

1940-1945

Sébastien Verney

  Indo-Vichy774.jpg

Avec cette volumineuse étude, issue de sa thèse soutenue en 2010, au confluent de l'histoire politique et sociale, Sébastien Verney apporte une contribution extrêmement importante à la connaissance de l'Indochine pendant la Seconde guerre mondiale.

Contrairement à l'idée généralement admise d'une "résistance / double jeu" de l'administration coloniale sous l'autorité de l'amiral Decoux, dont il faut cependant bien reconaître que la position extrêmement difficile (total isolement de la métropole à laquelle il s'efforce de "rester fidèle") n'est pas toujours totalement prise en compte, l'auteur brosse un tableau assez noir de la politique collaborationniste conduite localement. La première partie ("L'émergence d'un nouveau régime") nous entraine à travers la fédération indochinoise sur les premiers pas de "L'Indochine à l'heure de la Révolution nationale" et de "La collaboration franco-japonaise : se compromettre pour demeurer". Sébastien Verney insiste sur les rapprochements entre la propagande maréchaliste et les religions et traditions autochtones, le maréchal Pétain étant alors souvent dépeint sous les traits d'un "vieux sage". Lorsqu'il aborde la question de la guerre franco-siamoise ("Une victoire à la Pyrrhus"), c'est aussi pour souligner que les abandons de territoires imposés par les Japonais en 1941 obligent "le gouvernement à jouer désormais la carte identitaire d'un patriotisme lao ou cambodgien". Il traite aussi de la collaboration économique entre l'Indochine et le Japon, et ce chapitre est particulièrement novateur (un coût important pour l'Indochine, mais malgré tout "l'armée japonaise doit composer avec le gouvernement Decoux, même si parfois des réquisitions forcées sont relevées"). Il s'intéresse enfin au "Projet politique d'exclusion et de répression", dont seront victimes les juifs, les francs-maçons, les communistes et les nationalistes indochinois, politique conduite par omothétie (et en référence) avec celle de Vichy. La grande deuxième partie ("De la Révolution nationale à la révolution nationaliste") est plus spécialement consacrée, dans un premier temps, à la politique de gouverneur général en direction de la jeunesse indochinoise et en faveur du sport, dont la limite se trouve rapidement dans l'essor de nationalismes locaux indirectement (involontairement) favorisés ; et dans un deuxième temps aux premiers mois de 1945 qui voient les Japonais s'imposer par la violence, l'amiral Decoux tenter de se rapprocher de la France combattante; L'Indochine bascule ensuite dans une position originale au sein de l'empire ("L'épuration", "L'Indochine en procès"), jusqu'à ce que l'évolution de la situation politique n'impose une normalisation : l'amiral lui-même est interné au Val-de-Grâce avec Weygand, révoqué sans droit à pension en mai 1946 avant de bénéficier d'un non-lieu puis de voir sa révocation annulée en 1949.

Une étude exceptionnelle par son ampleur et la précision de ses références, qui trouve toute sa place dans les bonnes bibliothèques.

Riveneuve éditions, Paris, 2012, 517 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-36013-074-0.

CathedralePetain.JPG

Sébastien Verney à bien voulu nous apporter quelques précisions :

Question : Pourriez-vous définir une "identité" particulière de l'Indochine française à la veille de la Seconde Guerre mondiale, qui la distinguerait par rapport aux autres territoires de l'empire colonial ?

Réponse : Tout d’abord, l’Indochine est un vaste ensemble de plus de 700 000 km2, riche de sa population nombreuse (plus de 20 millions d’habitants, et de loin la zone la plus peuplée de l’empire), mais aussi en ressources qui lui donnent la première place en terme de rendement dans la politique coloniale française. En effet, suffisamment rare pour être relevé, l’Union indochinoise est le seul territoire colonial dégageant (hors crise de 29) des budgets excédentaires. La France la considère donc comme une pièce maîtresse de son empire, tant économiquement que par sa position stratégique en Asie. Ensuite, ce regroupement de territoire divers, situé comme son nom l’indique entre l’Inde et la Chine (le terme officiel d’Indochine date de 1909) est un vaste creuset où se retrouvent des influences culturelles, des origines d’une telle diversité qu’au lendemain de la colonisation les autorités civiles cherchent à organiser cet ensemble éclectique. Par des découpages administratifs autoritaires (entre protectorats et colonie de Cochinchine au Sud) et des classements raciaux discriminatoires entre populations, l’objectif est de s’assurer un contrôle maximal sur ce large ensemble. Ainsi, si l’on parle d’Indochine, il est difficile de trouver une identité indochinoise unifiée, même si cela n’empêche pas les autorités à chercher son élaboration sous tutelle française (projet qui se poursuivra durant la guerre).

PETAIN-INDOCHINE-1.jpg

Question : Vous évoquez autour des pages 80-90 une quasi -"déification" du maréchal Pétain à travers les cultes orientaux et l'utilisation de son image dans un environnement bouddhiste ou taoïste. Pouvez-vous nous en donner quelques exemples et nous dire si cette forme de propagande a été efficace ?

Réponse : Pour solidifier le bloc indochinois derrière le régime de Vichy en métropole et les autorités françaises locales sous la direction du gouverneur général l’Amiral Decoux, la décision est prise de diffuser dans l’empire une massive propagande autour du maréchal Pétain. Cela est une nouveauté pour l’empire, car même si des personnalités françaises ont fait l’objet d’une statuofication sous la IIIe République, que cela soit des militaires ou des personnalités politiques, dont certaines actives dans la colonisation (comme Francis Garnier), la propagande autour de Pétain atteint désormais un zèle inconnu. Dans le cas de l’Indochine, les autorités aveuglées par un certain orientalisme pensent adapter sans problème ce culte aux mœurs locales. Ainsi, à partir de 1941, Pétain devient à la fois une figure taoïste où il prend la place du dieu de la longévité, parfois souvent un alter ego de Confucius, voire une réincarnation bouddhiste pour certains Indochinois. Les Français se félicitent dans un premier temps de cette propagande qui « prend », comme le prouve le vif intérêt qu’elle trouve au sein des populations grâce à la publication de photos, d’affiches et de textes par milliers où sont portées les maximes du Maréchal (traduites en langues locales). Cet engouement est tel que les autorités sont obligées de légiférer afin d’éviter des déformations, voire une forme de marché parallèle autour du personnage. Cependant, en transformant Pétain en une icône locale, les autorités se rendent vite compte de nombreux dérapages, voire des retournements de situation dramatique : si Pétain utilise des maximes abusivement rapprochées à celles de Confucius, il n’en demeure pas moins l’un de ses héritiers aux yeux de Vietnamiens, en raison de l’antériorité du second sur le premier. Ainsi, la France est rétrogradée par certains colonisés au second rang, et de minorés voire de soumis, le colonisé et sa culture n’hésitent pas à se placer à l’égal, voire au-dessus de celle du colonisateur. Il va sans dire qu’à partir de la fin 1942, les autorités face à ces dérives cessent de puiser dans les cultures locales, signe d’une forme d’échec de cette propagande.

Question : Les civils juifs en Indochine semblent peu nombreux et l'application de la législation discriminatoire globalement peu performante. Quel est ici le rôle particulier de l'amiral Decoux ?

Réponse : La persécution des juifs français en Indochine est l’une des découvertes de mes recherches sur la période. En effet, la législation antijuive, mais aussi anti-franc-maçonne est exportée rapidement en Indochine après son application en métropole. Le régime cherche à souder le bloc impérial encore fidèle derrière lui  et étend à l’outremer sa législation. Comme vous le relevez, si l’Indochine compte peu de juifs à la différence d’autres colonies comme l’Algérie, le régime et son premier représentant mettent dès 1940 en place une politique discriminatoire pour une population estimée à 140 adultes et 18 enfants. Sur le modèle métropolitain, des personnes sont démises de leurs fonctions, dans l’administration, mais aussi avec l’aryanisation de l’économie, dans certaines entreprises en Indochine. Il est étonnant de voir l’attention que porte l’administration à l’application de cette législation malgré sa complexité en Indochine (par le biais de formulaire à compléter puis à vérifier) et les faibles effectifs visés… D’autant plus, cette politique d’exclusion en touchant l’économie et l’armée coloniale (qui sera également épurée à une plus grande échelle de ses membres anciennement franc-maçon), contribue à déstabiliser l’encadrement colonial, déjà fragilisé par les appétits japonais et les tensions avec la Thaïlande voisine. Alors pourquoi un tel acharnement ? L’amiral Decoux a une place centrale dans la mise en place de cette politique, guidée par des convictions antisémites certaines. Ce dernier, n’hésite pas relancer les enquêtes sur les déclarations jugées hasardeuses, voire réinterprète avec zèle les cadres fixés par la loi pour définir un « juif ». L’antisémitisme de Decoux suit une position qui se retrouve chez d’autres officiers marins que cela soit l’Amiral Platon ou Darlan. Dans le cas de Decoux il suit un certain pragmatisme quand il concerne des personnes de son entourage proche (comme le directeur de l’EFEO, Georges Coedès non exclu de son poste) et devient une pièce à charge quand il concerne des « fortes têtes » qui résistent à son autorité. Il est à noter, que Decoux cherche à démontrer une loyauté à toute épreuve auprès de Vichy par l’application rapide des mesures prises en métropole, et cette politique antisémite, sans doute sous le regard d’ultras locaux également, est un moyen de l’affirmer.

Question : À partir du moment où une opposition politique nationaliste vietnamienne s'organise, comment s'établissent les complexes relations "quadrangulaires" entre ce mouvement, les autorités traditionnelles, les responsables métropolitains et l'occupant japonais ?

Réponse : L’opposition nationaliste est de deux types, celle qui collabore directement avec les autorités et celle persécutée qui agit dans l’ombre ou sous protection japonaise. La première suit les directives françaises et utilise les mesures de la Révolution nationale pour devenir actrice et non simple spectatrice du fait colonial. Ainsi, si les autorités utilisent les souverains indochinois dans leur mise en scène public, que cela soit Bao Dai dans l’Empire d’Annam ou le jeune Sihanouk intronisé par Vichy, ces derniers et leurs entourages se félicitent du discours traditionaliste, monarchiste et désormais nationaliste que la France coloniale autorise. Ainsi, certains membres de l’élite traditionnelle, je pense à Pham Quynh premier ministre de Bao Dai et lecteur assidu de Charles Maurras, défend la réunification du Viêt Nam en un seul bloc (car ce dernier est divisé en  deux protectorats et une colonie) sans aller jusqu’à la rupture avec la France. D’autres mouvements nationalistes s’appuient sur l’occupation japonaise qui tolère la France de Vichy en raison des accords signés, mais aussi de son intérêt bien compris dans une « Indochine stable et prospère » selon les mots même de Decoux. Ainsi, si les Japonais ne cherchent pas la rupture avec les autorités coloniales, elles soutiennent et protègent des mouvements nationalistes, voire les enrôlent lors de tensions temporaires avec la France (comme lors des affrontements de Lang Son en septembre 1940). Le double jeu du Japon est de privilégier les relations avec la puissance coloniale qui de toute façon ne peut s’opposer frontalement sans disparaître, tout en n’insultant pas l’avenir et préparer une Indochine débarrassée des Français, comme le prouvera l’année 1945.

PETAIN-INDOCHINE-2.jpg

Question : Quelle est la place des militaires français dans le dispositif colonial entre 1940 et 1945 d'une part, et ceux-ci sont-ils (aux échelons subordonnés ?) divisés entre pétainistes et gaullistes d'autre part ?

Réponse : Comme tout territoire colonial, l’armée est la colonne vertébrale de cette domination. Symbole de la puissance française, elle participe au contrôle du territoire, notamment lors des phases de répression contre les zones séditieuses aux côtés de la Sûreté coloniale. À ce titre, elle est considérée davantage de force de maintien de l’ordre plutôt que de force défensive d’une éventuelle invasion. Son matériel vétuste accuse son âge et démontre ses limites face à une armée moderne comme celle du Japon, mais aussi sa capacité de nuisance lors de son affrontement victorieux face à la Thaïlande, lors de la bataille navale de Koh Chang début 1941. L’armée loin d’être un bloc homogène est cependant fidèle au régime, et les défections au début de Vichy sont similaires à bien des territoires coloniaux, c’est-à-dire faibles. Mise à part la révocation du gouverneur le général Catroux, jugé trop autonome en juillet 1940 et qui rejoint de Gaulle lors de son escale à Singapour, il faut attendre fin 1941 début 1942, pour que les lignes bougent. Bien que le réseau de la France libre soit faible en Indochine (aux alentours d’un millier de personnes), les personnes suspectées de gaullisme sont arrêtées, puis jugées parfois par contumace en cas de défection ou sont emprisonnées comme Pierre Boule, futur auteur à succès dans les années d’après-guerre. Le régime est loin d’être tiède avec les éléments indésirables, et dans le cas de Français, nouveauté répressive dans cette Indochine sous Vichy, les peines sont sévères pour le colonisateur : placement dans des camps de concentration répartis sur l’Indochine, dans les prisons indochinoises, mais il faut le noter, dont le régime est bien moins strict que celui réservé aux détenus indochinois. Cependant, des critiques sont présentes et s’accentuent durant le conflit. L’exclusion des éléments jugés peu fiables des rangs de l’armée coloniale, malgré les priorités du moment, attise les fractures : ainsi, lors de recensement des éléments juifs ou francs-maçons, certains chefs de bataillon refusent de répondre aux questionnaires. Cependant l’évolution du conflit conduit les autorités locales à prendre contact avec la France combattante, mais l’antagoniste entre pétainiste et gaulliste paralyse les initiatives. Si d’un côté, Decoux refuse une tutelle gaulliste qu’il juge déconnectée des enjeux locaux, de l’autre, les émissaires gaullistes se méfient du représentant de l’ancien régime, allié des Japonais contre lesquels la France combattante est en guerre. Ces blocages éclatent aux grands jours par communiqués interposés sous les yeux d’un occupant japonais fébrile qui tranche dans la violence le 9 mars 1945 en se débarrassent des autorités françaises.

Question : Finalement, quel est le legs de la période sur le devenir de la péninsule ?

Réponse : Vaste question ! Si de nos jours le patrimoine colonial est toujours présent, surtout dans son aspect touristique autour des lieux de pouvoirs (mairie de Saigon, Palais du gouverneur à Hanoi…), le lien avec Vichy est plus diffus. L’année 1945, année de fracture en Indochine, mais aussi dans d’autres zones de l’empire où l’heure est à l’indépendance du joug colonial, est aussi une année intermédiaire. Les premiers gouvernements qui remplacent les autorités coloniales grâce au coup de force japonais, tentent de gérer une transition, et quoi de plus « simple » que de puiser dans le régime défunt ? Ainsi, bien plus qu’une rupture on peut voir une continuité que cela soit dans l’embrigadement de la jeunesse et des populations (par des mouvements ou une propagande intense), la mise en avant d’un discours national racial né sous la colonisation et porté à son paroxysme sous Vichy. Après 1945, certains officiers français se désolent d’adversaires Viêt-minh formés dans les mouvements de jeunesse de Vichy, et après 1954, Vichy est encore présent auprès d’une élite indochinoise. Ainsi les archives vietnamiennes m’ont révélé que la législation antijuive servira de base par le gouvernement Diem pour définir une nationalité vietnamienne durant les années 50. Dans un autre registre, on peut s’interroger sur les liens entre le culte de la personnalité d’Hô Chi Minh et celui du maréchal Pétain. Si les similitudes sur le culte de la personnalité dans différents pays communistes sont réelles, il est intéressant de se demander si le régime de Vichy qui durant 4 années a géré le quotidien des Indochinois n’a pas influencé, dans ce domaine comme dans d’autres, les ex-pays indochinois au lendemain de leurs émancipations.

Merci pour cet entretien et plein succès pour votre livre. A très bientôt.

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24 janvier 2013 4 24 /01 /janvier /2013 07:01

Les enseignements de la guerre d'Indochine (1945-1954)

Rapport du général Ely, vol. 2

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Le voilà ! Avec ce volume 2, la totalité du fameux "Rapport Ely" de fin de la guerre d'Indochine (ou du moins la totalité de ce qui est parvenu jusqu'à nous) est désormais à la disposition du public et des chercheurs. Il forme, avec le tome 1 que nous chroniquions le 19 janvier dernier 2012 (ici), un ensemble exceptionnel pour essayer de comprendre le déroulement des opérations militaires dans leur ensemble et la défaite finale. Le but de ce deuxième volume est "de dégager les informations qui seraient encore valables aux débuts d'une guerre européenne" et "l'emploi de certains procédés qui pourraient se retrouver sur d'autres théâtres éventuels" : du RETEX avant la lettre.

La première partie (pp. 7-34) s'efforce d'identifier les procédés, méthodes et principes de la guerre vietminh, "d'inspiration sino-soviétique", (défensifs et offensifs) et leur efficacité relative par rapport aux troupes françaises. La seconde, beaucoup plus longue (pp. 37-117), s'intéresse au combat de chaque arme et service, aux difficultés rencontrés et aux enseignements, de l'infanterie au matériel et à l'intendance. Les matériels en dotation ou adaptés localement, l'organisation et les restructurations des unités, les modes d'action tactiques sont tour à tour abordés, sans toutefois que les conclusions ne soient réellement critiques. On atteint ici les limites de l'exercice et c'est à une "lecture en creux" qu'il faut parfois procéder. On apprécie que l'introduction du capitaine Ivan Cadeau soit très largement et très précisément référencée et accompagnée de notes, et les amateurs trouveront également en conclusion une "bibliographie réglementaire" (documents d'état-major et de "littérature grise", émis entre 1945 et 1955, pour la plupart conservés au SHD-Vincennes) de la plus grande utilité.

Comme le souligne le général Paulus dans son avant-propos, nul ne peut dire si ces Enseignements de la guerre d'Indochine ont exercé une quelconque influence effective sur les opérations immédiatement engagées ensuite en Algérie (il est même probable que non), mais ils constituent désormais aujourd'hui un outil de travail absolument indispensable pour quiconque souhaite s'intéresser au Corps expéditionnaire français d'Extrême-Orient et à ses combats.

SHD, Vincennes, 2012, 136 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-1112-9052-5.

(Le site internet du SHD étant actuellement inaccessible pour mises à jour techniques, le Service historique peut être joint via sa page Facebook).

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22 janvier 2013 2 22 /01 /janvier /2013 07:00

Une vie pour l'Indochine

Claude Guioneau

Paul Rignac

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A travers l'expérience assez exceptionnelle d'un homme et ses souvenirs familiaux, Claude Guioneau et son père Roger en particulier, l'auteur nous invite à retrouver une (grande) partie de l'histoire de l'Indochine pendant la Seconde guerre mondiale et au-delà. Outre le récit des événements, à travers le regard d'un commerçant européen, Paul Rignac nous donne également à comprendre le "mal jaune", "cet attachement particulier à l'Indochine et aux Indochinois" qui a touché tant de militaires et de civils.

Après un rapide rappel de l'odyssée familiale entre Bordeaux et le Tonkin (chap. 1), l'essentiel de l'ouvrage est donc consacré à la période 1940-1945 (chap. 2 à 6). Le récit alterne les références indispensables à l'évolution militaire et politique dans le monde (France métropolitaine bien sûr, mais aussi Grande-Bretagne et empire, Etats-Unis, Allemagne, Japon évidemment, etc.), la description de la situation indochinoise au fur et à mesure (rôle et actions du gouverneur général et de son administration) et la présentation de la vie quotidienne de la famille Guioneau, proche des cercles du pouvoir colonial. Avec la création d'un embryon de réseau de résistance (pour la recherche et la transmission du renseignement), on croise par exemple le capitaine Driay, "bientôt chassé de l'armée dans le cadre de l'application des lois antijuives de Vichy", mais qui "continuera néanmoins à percevoir sa solde". L'auteur relève cependant "une forme d'insouciance chez les Européens d'Indochine", en dépit des quelques révoltes nationalistes ou communistes, de la guerre avec la Thaïlande, et du poids de plus en plus lourd de la présence japonaise. Tandis que le chapitre 4 explique rapidement comment les Européens d'Indochine en viennent à vivre dans l'isolement avec des produits de substitution, le chapitre 5 nous ramène à Claude Guioneau, prisonnier ("gaulliste") pour avoir voulu rejoindre les FFL via la Chine en 1943, puis engagé au 11e RIC de Saïgon en 1944 et affecté à la 5e compagnie, "disciplinaire", en secteur caodaïste. Au fil des pages, on croise des officiers résistants, des fidèles de Vichy, on évoque de mystérieuses liaisons avec les Britanniques à Calcutta, mais sans vraiment en savoir plus. A partir de la fin de l'année 1944, l'écheveau devient de plus en plus compliqué dans la péninsule : actions plus déterminées des services anglo-saxons, présence de représentants de la France Libre, maintien de l'amiral gouverneur : "la chaîne de commandement en Indochine devient inconpréhensible et incohérente. Elle est totalement paralysée au moment de la pire épreuve de son histoire", le coup de force japonais de mars 1945. Cette période est longuement traitée dans le chapitre 6 (pp. 57-95). Passé dans l'aviation, Claude Guioneau séjourne ou fait escale à partir de janvier 1946 à travers tout le Sud-est asiatique et peut observer la détérioration de la situation des Européens ("la grande majorité n'a qu'un désir : rentrer en métropole") et l'attitude des Chinois, qui tirent sur les premières troupes françaises débarquant à Hanoï. Parallèlement, il reçoit Leclerc à son domicile, fréquente ponctuellement certains chefs civils et militaires et, sur fond de négociations à Paris entre la France et Ho Chi-Minh, assiste en décembre 1946 à l'insurrection d'Haiphong, durant laquelle il photographie les dégâts causés par le Vietminh. Les deux derniers chapitres (chap. 8, pp. 112-121 et chap. 9, pp. 122-131) racontent les retours ponctuels en métropole, l'abandon du Tonkin et finalement le repli au Cambodge, puis le départ définitif de l'Indochine alors qu'a commencé sous la volonté et le contrôle du parti communiste vietnamien "une longue nuit de persécutions". Claude Guioneau ayant été un excellent photographe, l'ouvrage se termine sur quelques 45 pages reproduisant des clichés (essentiellement des années 40 et 50) tirés de la collection familiale.

Un livre qui retrace le parcours, toujours remis en cause par les "grands" événements, d'un homme qui s'est battu pendant de longues années pour pouvoir travailler et vivre en Indochine française. Et dont la politique, au sens le plus étroit, finit par avoir raison. Un témoignage très intéressant sur cette période (les années 1940 surtout), qui n'est généralement traitée qu'au niveau des hautes autorités politiques et militaires, et un autre regard sur ces Français du bout du monde.

Indo-Editions, Paris, 2012, 189 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-91-4086-39-4.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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