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18 avril 2013 4 18 /04 /avril /2013 07:00

L'enfer du retour

Nina Chapelle

  Enfer-du-retour924.jpg

En première approche, on peut hésiter devant ce livre. Pour l'historien en particulier, il manque cruellement de références : un témoignage "à chaud", sur le ton de l'expression orale, au fil de la pensée, presque une psychothérapie, mais aucun nom, aucune précision, aucune indication de détail permettant de valider ou d'infirmer le texte. Or, quelques éléments très factuels peuvent laisser dubitatif (grades, missions ou commandements évoqués, etc.) d'une part, et l'on sait bien que tout témoignage doit être passé au filtre de la critique d'autre part.

Pourtant, ce livre est poignant. Sous pseudonyme, l'épouse d'un cadre rentré d'un Nième séjour en Afghanistan raconte, comme elle l'a vécu, avec ses mots, la descente aux enfers de son mari, sa dégringolade physique et psychique et les innombrables difficultés familiales et personnelles qu'il lui a fallu surmonter. En 32 chapitrres très brefs (parfois une page recto-verso), on y constate en particulier que, pour celui qui "passe à travers les mailles du filet" institutionnel, les incompréhensions, les obstacles, les déceptions, les angoisses sont plus grandes encore. Et ce fut le cas de ce militaire, que fort heureusement son entourage (et sa femme au premier rang) a pu "sauver". A la fin du récit de Nina Chapelle, le lecteur est un peu sous le choc face à tant de malheurs et l'historien se demande si cette galerie de portraits aussi nets, ce récit aussi fluide, ces événements aussi tranchés ont bien été réels. Il reste le sentiment sinon d'une histoire en partie "romancée" sur une base réelle, du moins de 2 ou 3 histoires proches synthétisées en une seule. Et pourtant...

Et pourtant, les quatre longs textes qui, regroupés sous le titre "Paroles d'experts", terminent ce volume (pp. 139-234) donnent au témoignage qui précède toute sa crédibilité : le général Irastorza, ancien CEMAT, le professeur Clervoy, médecin militaire, Axel Augé, sociologue et Jasna Stark, avocate, partent de cette situation individuelle pour évoquer plus largement toute l'importance, dans la société d'aujourd'hui, de la prise en compte effective du syndrome post-traumatique de guerre, les progrès réalisés en quelques années, mais aussi les difficultés à convaincre certaines administrations (qui n'ont parfois plus de "militaire" que le nom même si elles relèvent du ministère de la Défense) et les réticences qui subsistent dans le corps social (civil comme militaire) à l'égard de ces blessures invisibles.

Au bilan, un beau texte, poignant, marquant, qui fait réfléchir et qui pose aussi de nombreuses questions. Et une pensée émue, beaucoup de compassion, pour "Nina Chapelle", son mari et ses enfants.

J.-C. Gawsewitch Ed., Paris, 2013, 238 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-35013-408-6.

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10 avril 2013 3 10 /04 /avril /2013 07:01

Le livre des chuchotements

Varujan Vosganian

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Président de l'Union des Arméniens de Roumanie (pays où il est sénateur et a été deux fois ministre depuis 2006), Varujan Vosganian raconte dans ce livre l'histoire de sa famille et, plus largement, celle de toute une communauté d'exilés.

L'auteur le précise : "Tous les personnages sont réels, les événements qu'ils ont vécus sont réels", mais le style d'écriture et l'angle d'approche choisi font de cet ouvrage un véritable objet de la littérature. Avec un talent consommé, Varujan Vosganian commence son récit par ses souvenirs d'enfance, lorsqu'il écoutait parler son grand'père. Mais il y a aussi les odeurs, le café torréfié à la maison, les vieux livres "en turc, avec des caractères anciens orientaux", la pauvreté dans une Roumanie devenue communiste. Les pages suivantes décrivent les malheurs de l'odyssée familiale lors du massacre des Arméniens par les Turcs et le premier exil à Odessa, puis en Roumanie où il manque à plusieurs reprises d'être arrêté comme juif pendant la Seconde guerre mondiale : "Tout ce que mes grands-pères Garabert Vosganian et Setrak Melikian ont compris de leur siècle, c'est combien il est difficile de mourir dans la terre où vous êtes né ... Les vieux Arméniens de mon enfance n'avaient aucune tombe au chevet de laquelle se tenir ... Ils portaient leurs tombeaux avec eux, sur les lieux de leur errance". Tout le récit est ensuite construit, de manière presque onirique parfois, entre ces deux grandes périodes : à l'hiver 1915-1916, "sur quarante mille habitants des villages arméniens autour de Trébizonde, il n'en vivait plus que mille, cachés dans les forêts", et du temps de la Roumanie communiste "on ne pouvait tout simplement pas aller signer un reçu et retirer son colis [à la poste]. On devait d'abord dire qui, croyait-on, l'avait envoyé et pourquoi, ensuite, quand on vous communiquait le nom de l'expéditeur, il fallait donner des renseignements sur lui". Entre temps, "le vent était tombé, pas un chien n'aboyait, on n'entendait pas le moindre bruissement d'ailes, pas un croassement de corbeaux". Ce n'est plus de l'histoire, mais presque une douleureuse poésie, à travers les "sept cercles" de mort qui conduisent à Deir-ez-Zor.

C'est beau, c'est prenant. Un livre qui mérite d'être connu et lu. Un témoignage original à travers une mémoire familiale meurtrie.

Editions des Syrtes, Paris, 2013, 355 pages, 23 euros.

ISBN : 9782845451780.

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8 avril 2013 1 08 /04 /avril /2013 07:00

Pour ou contre César

Les religions chrétiennes face aux totalitarismes

Emilio Gentile

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Emilio Gentile, professeur d’histoire à l’université de Rome, est notamment l’auteur des Religions de la politique (Seuil, 2005) et de l’Apocalypse de la modernité (Aubier, 2011).  Dans ce nouvel ouvrage, l’auteur lie son thème d’étude au fait politique majeur du XXème siècle : le totalitarisme. Emilio Gentile a ainsi pour projet d’exposer la vision des mouvements antichrétiens totalitaires et l’interprétation que leur a donné la chrétienté : la question de la perception du conflit entre régime totalitaire et autorités religieuses est donc un point central de ce livre. Le contexte historique troublé dans la première moitié du XXe s. oppose des institutions religieuses millénaires à des surgissements violents de la modernité. La perception mutuelle et surtout le processus de compréhension des phénomènes totalitaires par le religieux constituent le cœur de l’ouvrage. Sans être proprement européenne, cette question doit être replacée dans la perspective historique des oppositions ou du partage du pouvoir entre le religieux et le politique.

Le livre suit un fil chronologique, de la fin du XXIIIe siècle jusqu’à la l’aube de la Seconde guerre mondiale. Il s’ouvre sur une présentation du rapport complexe qu’a entretenu l’Église avec la modernité. Cette mise à mal de l’Église par la  Raison s’incarne dans une critique institutionnelle de la Révolution Française et des mouvements qui l’ont favorisée. Le bolchevisme va apparaître comme l’archétype de ce processus. En proclamant son athéisme et son refus du religieux, il devient progressivement la figure « Antéchristique » par excellence. Le communisme sous sa forme bolchevique est la menace principale qui -pour ses autorités- pèse sur l’Église dans l’entre-deux-guerres. En Italie, le fascisme possède un statut plus ambivalent, son programme intégrant un volet relativement favorable à l’Église. Néanmoins, les critiques, qui proviennent à l’origine de responsables secondaires, vont se rapprocher avec le temps des autorités centrales. Par ailleurs, des discordes vont émerger assez tôt dans cette relation, notamment au sujet de l’éducation de la jeunesse. Clairement, selon l’auteur, un choix va être fait par l’Église, celui du nazisme et du fascisme contre le communisme. Cependant ce choix va être amer et, avec la guerre, la prise de conscience progressive de l’horreur de la situation va rendre cet état de fait plus insupportable encore. Il apparait que les relations que peuvent entretenir des idéologies politiques totalitaires avec le religieux sont des relations de concurrence, car toutes ambitionnent de proposer un avenir « meilleur » et exposent un horizon divergent pour l’être humain. Ces horizons sont des absolus inconciliables, mais leur importance fait que chacun use de l’autre pour atteindre ses buts propres, ou pour protéger des acquis menacés. L’auteur conclu sur les questionnements d’alors sur la nature du totalitarisme et de sa religiosité supposée.

L’importance du contexte historique est clairement exposée, sa prise en compte étant nécessaire à une bonne compréhension des relations politico-religieuses dans l’entre-deux guerres. La connaissance et la maîtrise des sources, et particulièrement le recueil de témoignages très précis, donnent une profondeur majeure à ce travail. On peut s’étonner de la faible part qu’occupe le communisme dans l’ouvrage. En effet, il fait partie des deux chapitres introductifs, alors que  les deux parties principales sont consacrées pour l’une au fascisme et pour l’autre au nazisme, qui constituent en fait l’essentiel de l’étude. Quand bien même l’auteur démontre que son existence est un facteur structurant de ces relations, pas un mot n’est dit sur le communisme après 1924. Cette absence tranche avec la volonté de compréhension globale de ces relations. Cette absence ne grève en rien la qualité des démonstrations, cet ouvrage étant amené à devenir une référence sur la question, mais il méritera d’être complété.

Thibault Laurin

Editions Aubier, Paris, 2013, 481 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-704-259.

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13 mars 2013 3 13 /03 /mars /2013 06:55

Les blessures psychiques

en 10 questions

Yann Andruétan

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Il faut souligner ici que cet ouvrage est le second publié en quelques semaines avec une préface du général chef d'état-major de l'armée de terre, qui semble marquer ainsi son souhait de "soutenir la plume" de militaires-auteurs, et donc le rayonnement de l'institution.

En un peu plus d'une centaine de pages, ce quasi-manuel répond à dix grandes séries de questions pour, à la fois, donner des éléments d'information essentiels, concrets, à tous ceux qui s'intéressent au sujet, mais aussi aider les militaires concernés et les familles. Yann Andruétan commence par définir avec des mots simples "Qu'est-ce que le traumatisme psychique ?", en rappelant l'historique de la question. Puis nous entrons progressivement dans le vif du sujet, et la description de la blessure : "Comment savoir si je souffre d'un traumatisme psychique ?", avec des nombreuses précisions sur les différents symptômes et la présentation des évolutions possibles du mal. Il se demande ensuite si "Un militaire est-il davantage exposé au traumatisme psychique ?", du fait du caractère exceptionnel de l'engagement et de l'importance des notions de vie et de mort en certaines circonstances graves. Le retour d'OPEX est au coeur de la question 4 : "Je rentre d'opérations, j'ai des angoisses, ai-je un traumatisme psychique ?", et permet à l'auteur d'expliquer les modalités d'un retour "par paliers" à la normalité de la vie métropolitaine. "Qu'est-ce qui peut me traumatiser ?" ensuite, revient sur le rôle et la place de la mémoire et des souvenirs personnels, et précise les distinctions avec le stress, la peur ou l'angoisse. Vient alors le temps du "comment ?". Au chapitre 6, "Puis-je prévenir ou me protéger d'un traumatisme psychique ?", question liée à la préparation en amont, la capacité de résilience et la force morale, mais aussi la capacité à parler et à raconter au retour. Pour les personnels effectivement touchés, "Comment puis-je vivre avec un traumatisme psychique ?", pose la question du handicap et pousse à "se relever" ; "Comment traite-t-on le traumatisme psychique ?" développe toutes les options thérapeutiques et évalue leurs résultats. Pour conclure, "A quoi le blessé psychique a-t-il droit ?" revient sur les droits statutaires des blessés, les questions d'imputabilité, de réparation et de procédure (longue) de reconnaissance ; tandis que "Quel avenir pour le traumatisme psychique ?"  ouvre sur les nouvelles pistes de soins éventuels.

On le voit, un ouvrage qui atteint son objectif : être précis, concret, sans discours inutilement scientifique ou technique, pour apporter des réponses aussi précises que possible (en dépit de la nature complexe du sujet) à des questions humainement et familialement graves. Un petit guide de référence qui sera très certainement bien utile.

Economica, Paris, 2013, 116 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-7178-6547-9.

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24 février 2013 7 24 /02 /février /2013 06:55

Mon concile Vatican II

Jospeh Ratzinger

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Il y a cinquante ans, à l'occasion du concile Vatican II, celui qui n'est encore qu'un jeune abbé professeur de théologie de 32 ans, prononce une série de conférences, regroupées et présentées dans cet ouvrage.

Alors que l'on ne donne souvent dans les grands médias qu'une image "réactionnaire" du pape Benoît XVI, le profeseur Jospeh Ratzinger porte un jugement beaucoup plus nuancé et subtil sur les évolutions et les fondamentaux de l'Eglise de Rome en ces années 1962-1965. A bien des égards partisan du renouveau concilaire qu'il soutient initialement, il en identifie également très vite des interprétations qu'il estime excessives ou inappropriées. Ses réflexions portent essentiellement sur la réforme lithurgique, l'ouverture au monde de l'Eglise et l'oecuménisme et, dans ces différents domaines, on a le sentiment qu'il est souvent tiraillé entre le nécessaire renouveau, qu'il comprend, et les risques que fait peser une modernisation accélérée dans laquelle les chrétiens (sans jeu de mot) pourraient perdre leur foi. Chaque conférence ici reproduite est remise dans son contexte de lieu, d'époque, de mentalité, etc. et les résultats des choix (parfois des votes) des commissions et des cardinaux sont présentés et explicités.

N'étant ni théologiens, ni spécialistes d'histoire religieuse, nous ne nous lancerons pas dans un (interminable) débat sur le bien-fondé de telle ou telle position ou de telle ou telle analyse. C'est affaire de conscience et de foi. Mais étant donné le rôle joué ultérieurement dans l'histoire récente par Joseph Ratzinger, comme préfet pour la doctrine de la foi nommé par Jean-Paul II, puis comme pape lui-même, il nous semble intéressant de signaler cet ouvrage récent, alors que Benoît XVI fait le choix de quitter le devant de la scène. En histoire religieuse comme dans les autres domaines de la science historique, c'est à partir des textes originaux qu'il faut forger son jugement. Pas sur la base de réinterprétations médiatiques. A ce titre, le livre devrait retenir toute l'attention des fidèles les plus impliqués dans la vie de l'Eglise comme de ceux qui étudient et travaillent sur les questions religieuses.

Editions Artège, Paris, 2012, 303 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-36040-029-4.

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23 février 2013 6 23 /02 /février /2013 07:00

Marseille

Histoire et dictionnaire

Michel Vergé-Franceschi

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Bien connue pour les qualités formelles et foncières de ses volumes, la collection ‘Bouquins’ propose un ouvrage original en l’honneur de (et en hommage à) Marseille, alors que la plus ancienne ville de France est capitale européenne de la culture. L’introduction passionnée, parfois enflammée, de l’auteur (mais peut-on évoquer une telle ville sans passion ?) se termine sur un pressant appel : « Marseille doit être replacée au centre de ce qu’elle est depuis deux mille six cent ans : l’un des centres majeurs de la culture, de la richesse, des échanges -économiques, religieux et culturels- de l’humanité ». Oui, Marseille est une ville particulière, atypique, et Michel Vergé-Franceschi, lui même issu d'une très ancienne grande famille phocéenne, signe là, en plus de 1.000 pages, une vraie déclaration d'amour. Confirmons qu’il faut venir du nord de la Durance pour s’imaginer qu’elle est emblématique de la Provence.

Le livre s’ouvre sur une longue chronologie de la cité phocéenne (pp. 27-70) et une série de cartes et plans de la ville, de l’époque romaine à l’organisation des arrondissements actuels. Le dictionnaire est ensuite organisé en trois parties principales. La première s’intéresse aux personnages et personnalités qui ont fait et font Marseille (pp. 83-619), du riche négociant Abeille qui joua un rôle important durant la Révolution à Emile Zola, auteur des Mystères de Marseille en 1867. La seconde nous présente les lieux, les quartiers et les monuments (pp. 625-806), de l’Abattoir au pont de Vivaux, construit au XIVe s. La troisième et dernière précise les éléments constitutifs et objets de la vie quotidienne, intellectuelle et culturelle, ainsi que les principales phases de l’histoire politique, militaire, économique, sociale de la ville (pp. 808-973), de l’Accent (cette « patrie que l’on traîne avec soi ») à ZUP, pour ces quartiers que l’on dit pudiquement « difficiles » et qui marquent tant aujourd’hui l’image de la cité. On apprécie l’extrême détail des entrées, la richesse des informations pour les périodes anciennes, la diversité des sujets traités. Au fil des pages, nous retrouvons la description de l’assassinat du ministre Barthou en octobre 1934, la liste des "nobles" consuls et échevins de la ville, d’innombrables capitaines des galères, l’histoire de l’académie des belles-lettres de Marseille, Pagnol bien sûr, et la tombe de Jean de Florette au cimetière de La Treille, les noms des rues et leur origine, la caserne Saint-Charles, « plus belle caserne de France », la fête de la Chandeleur, les cartes postales, « inventées à Marseille en 1891 », les fameuses "galéjades" et bien sûr l’OM, né en 1899. Certaines entrées auraient sans doute mérité d’être développées (le quotidien Le Méridional, aujourd’hui disparu ; Sabiani, sulfureux adjoint au maire de l’entre-deux-guerres ; etc.), et l'on ne partagera pas toujours les considérations optimistes de l'auteur sur les évolutions les plus récentes et l'avenir. Mais quand on aime, on en veut toujours plus et l'on est exigeant …

L’ensemble est complété par deux index (des noms de personnes et des noms de lieux) qui permettent de « circuler » facilement entre les parties et les entrées. Un ouvrage original, un dictionnaire complet, un livre aussi plaisant que sérieux, qui peut être abordé par petites phases successives, dans le désordre, juste pour un moment agréable et ce n’est pas seulement le Méridional qui l’affirme. Pour ma part, la prochaine fois que j'y "descends", je vais le tester in situ, grandeur nature, un peu comme un guide touristique.

Coll. ‘Bouquins’, Robert Laffont, Paris, 2013, 1.061 pages, 30 euros.

ISBN : 978-2-221-11643-2.

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 06:55

Le sport et la guerre

XIXe et XXe siècles

Luc Robène (Dir.)

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Ce volume constitue les actes d’un grand colloque international qui s’est tenu à Rennes et à Coëtquidan en octobre 2010. Dans un cadre pluridisciplinaire, il se fixe pour objectif, à travers vingt-cinq communications, de mettre à jour et de préciser les relations complexes qui existent entre les activités physiques et sportives d’une part, les armées et la guerre d’autre part.

L’ouvrage est divisé en six grandes parties (« Le sport et la guerre en questions », « Le sport comme préparation à la guerre », « Cultures sportives, cultures de guerre : le rôle des médias », « Sport, guerre, dominations et résistances », « L’impact de la guerre sur le sport » et « Faire la guerre, faire la paix ») et se termine par deux témoignages : celui du colonel Lapouge sur « L’entrainement physique militaire et sportif aujourd’hui » et celui du colonel Goya sur « L’entrainement physique dans les unités professionnelles modernes : une expérience de cadre de contact ». Parmi les intervenants, on compte des historiens, professeurs en STAPS, agrégé d’EPS, ethnologue, sociologue, politistes, etc. Si la communication portant sur la période la plus ancienne traite du « Tournoi à l’époque du roi René d’Anjou : d’une pratique guerrière à un art courtois » (Jean-Michel Peter et Gérard Fouquet), la très grande majorité des interventions couvrent la fin du XIXe et la première partie du XXe s. Paul Dietschy s’intéresse d’ailleurs dans la première communication à « Le sport et la Grande Guerre : problématiques et approches historiques » et François Cochet, dans la seconde (« Des gestes de l’éducation physique aux gestes de la guerre ») centre son propos sur les années 1890-1920. Comme date-butoir en fin (1914) ou en début (1918-1919) des périodes ou des thématiques étudiées par les différents intervenants, la Première Guerre mondiale est ainsi au cœur de nombreuses réflexions, ce qui complète les travaux antérieurement publiés (par exemple « La chasse coloniale, 1870-1914 » par Lancelot Arzel ; « Le football en Oranie coloniale, 1914-1954 » par Didier Rey ; « La leçon de football des Tommies dans les villages de la Somme et du Pas-de-Calais, 1918-1921 » par Arnaud Waquet ou « Entre deux siècles, deux pays et leurs guerres : genèse des sports modernes en Alsace wilhelminienne, 1879-1914 » par Jérôme Beauchez). Avec une demi-douzaine de communications, la Seconde guerre mondiale n’est pas absente (en remarque l’originale « L’escrime dans les camps de prisonniers de guerre français », de Doriane Gomet) et les réflexions se poursuivent jusqu’à la guerre d’Algérie (« Les migrations des footballeurs professionnels algériens, 1954-1962 », par Stanilas Frankiel), la guerre froide (« Emil Zatopek : de la soumission à la rébellion, 1952-1968 », par Yohann Fortune) et aux conflits des Balkans (« Le rôle du football dans l’éclatement de la Yougoslavie », par Loïc Tregoures). Comme le constatent en conclusion Luc Robène et Dominique Bodin, « le sport [est] devenu, avec la guerre, l’une des activités les mieux partagées du monde moderne ».

Un volumineux et riche ouvrage qui, en mettant à la disposition du plus grand nombre les réflexions de très nombreux chercheurs, apporte une contribution essentielle à cette thématique.

Presses universitaires de Rennes, 2012, 537 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-7535-2126-1.

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7 février 2013 4 07 /02 /février /2013 07:00

Cinema Novo

Avant-garde et révolution

Bertrand Ficamos

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Particulièrement passionné par le cinéma brésilien dont il est un fin connaisseur, Bertrand Ficamos est spécialisé en études cinématographiques à l’université de Bordeaux III et de São Paulo. Résidant actuellement  à Brasilia, il dévoile dans cet ouvrage une analyse des différentes mutations qui ont bouleversé le Cinema Novo, en parallèle de l’évolution du contexte politique et idéologique au Brésil.

Durant les années 1950, sous l'influence du courant néo-réaliste italien, le cinéma brésilien tente de se remettre en question devant la menace grandissante du style, de la « tradition » cinématographique hollywoodienne. Les réalisateurs brésiliens commencent donc à explorer des thèmes populaires, qui suivent au plus près la réalité du quotidien dans le pays. Le Cinema Novo est alors découvert par une partie significative de la jeunesse brésilienne. Glauber Rochaest le réalisateur qui incarne le mieux ce nouveau mouvement. Ce cinéaste engagé, venu de Bahia, réunit de nombreux éléments allégoriques, des opinions politiques assumées et une mise-en-scène élégante et efficace que les intellectuels adoptent immédiatement. Il s'attache à décrire la misère, la faim et la violence, afin de faire réagir son public, allant jusqu'à suggérer le besoin d'une révolution. Le Cinema Novo a aussi compté d'autres réalisateurs importants, comme Nelson Pereira dos Santos, Ruy Guerraet Carlos Diegues. Malgré le coup d'État de 1964, qui pousse la plupart de ces réalisateurs emblématiques à l'exil devant la montée de la répression, la Revolutίon cinématographique brésilienne résiste et persiste à produire de nombreux longs métrages.

Cet ouvrage analyse donc les diverses évolutions ayant traversé le renouveau du cinéma brésilien, extrêmement sensible aux transformations politiques et sociales touchant son pays. Entre l'euphorie de l'inauguration de Brasília et les années de plomb de la dictature, ce cinéma politique est parvenu à éviter les schémas coutumiers et manipulateurs d'un « vulgaire » cinéma de propagande.

Créée par des réalisateurs en quête de scénarios révolutionnaires, l'esthétique du Cinema Novo, bien que partiellement inspirée des innovations de la Nouvelle Vague française, est largement inédite. L’impressionnant matériel dont Bertrand Ficamos fait l’analyse dans cet ouvrage en montre toute la richesse. Au-delà des entretiens avec les cinéastes qu’il effectua pour la rédaction de ce livre, les nombreux séjours au Brésil de l’auteur lui ont permis d'accéder à une grande diversité de documents : correspondances privées, scénarios originaux, projets avortés, communiqués de presse destinés au marché brésilien, dossiers de la police politique et de la censure cinématographique, etc. La découverte, en France, des archives inédites de Claude Antoine, producteur délégué du Cinema Novo à l'extérieur des frontières du Brésil, apporte un nouvel éclairage sur les relations de ce cinéma avec le cinéma européen.

Véritable mise à jour de la conception du cinéma révolutionnaire portée par le Cinema Novo, issu de la génération des réalisateurs des années 1960, le livre va bien au-delà en nous donnant à connaitre (en partie au moins) le Brésil lui-même. En définitive Bertrand Ficamos parvient dans cet ouvrage à faire partager sa passion pour la culture brésilienne et son cinéma. Il réussit également à élargir la réflexion que permet l'expérience du Cinema Novo sur les rapports entre culture et politique.

Juliette Janneau

Nouveau monde éditions, Paris, 2013, 426 pages, 34 euros.

ISBN : 978-2-84736-539-9.

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25 janvier 2013 5 25 /01 /janvier /2013 07:00

Histoire de l'officier français

(des origines à nos jours)

Claude Croubois (Dir.)

Histoireofficier.jpeg

Il s'agit d'un impressionnant ouvrage collectif comprenant cinq parties bien équilibrées, elles-mêmes divisées de manière régulière en chapitres. Chacune des grandes divisions est agrémentée d'une bibliographie thématique. Rédigé par une pléiade de spécialistes qui pour certains font une incursion en histoire militaire alors que d'autres, réputés pour leur profonde érudition en ce domaine, ont écrit par ailleurs sur des sujets dépassant le cadre de l'armée, son aspect « beau livre » en fait un cadeau potentiel. Le visuel tient une place importante et au fil des pages on découvre une iconographie très originale, d'une indéniable valeur esthétique, de nombreux tableaux regroupant des données sociologiques ainsi qu'une chronologie.

Les auteurs ont travaillé à partir d'un matériau d'archives et de sources généralement de première main. Jean Chagniot traite de la période 1445-1789 ; le commandant Gilbert Bodinier étudie la charnière de 1789-1815 ; Claude Croubois et Jean-Pierre Surrault dissèquent les décennies 1815-1870 ; Jean-Charles Jauffret l'entre-deux-guerres franco-allemandes 1871-1919 ; l'ère 1920 à nos jours est enfin assurée par le Colonel (e.r.) Pierre Carles. On suit le déroulement d'une vaste fresque de l'Ancien Régime à la cinquième République. La sélection des officiers, telle qu’elle est décrite, est assez exemplaire de la façon dont une nation dégage ses élites, les tient en considération et éventuellement les recycle. À l'époque de la monarchie absolue, alors que se consolident les mécanismes étatiques qui donneront naissance à la nation moderne, se dessinent la structuration régimentaire de l'armée française, la constitution de la gendarmerie, de l'infanterie, de la cavalerie, avant que n'apparaissent - souvent timidement - des armes nouvelles sous l'effet du progrès technique. Les officiers se distinguent progressivement de leurs homologues civils. S'affirme durablement la singularité d'une profession qui implique un fort sens de l'engagement, voire une vocation : « Le métier des armes implique toujours un certain nombre de risques : le combattant s'expose à tuer, à être tué lui-même, à connaître la défaite, la captivité et la mutilation, voire, s'il est officier, la ruine » (p.15). Le caractère exceptionnel de la fonction d'encadrement dans les armées est l'un des fils rouges de ce volume, de même que les motivations familiales, sociales conduisant au choix de la carrière d'officier, l'aspect académique des études militaires à travers les âges, l'imbrication entre aristocratie et société militaire, la pratique du duel (privilège militaire qui irradie dans d'autres strates de la société), la supervision plus ou moins étroite par la hiérarchie de tous les aspects de la vie de ses membres, les causes et les moyens de l'avancement... L'institution militaire reflète les aspirations idéologiques de chaque régime, et en même temps les transcende, assurant une certaine immutabilité dans un monde politique et social turbulent, même si l'armée peut être occasionnellement un foyer d'opposition.

L'Histoire de l'officier français constitue une somme, qui peut être réactualisée par la lecture d'ouvrages plus récents, mais qui néanmoins demeure un classique absolu pour l'étude de cette thématique, rien d'aussi exhaustif n'ayant été publié depuis vingt-cinq ans.

Candice Ménat

Editions Bordessoules, Saint-Jean-d'Angély, 1987, 429 p., d'occasion à partir de 20 €.

ISBN : 978-290-350-426-7.

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31 décembre 2012 1 31 /12 /décembre /2012 07:05

Maurrassisme et littérature

L'Action française, culture, société, politique

Michel Leymarie, Olivier Dard et Jeanyvs Guérin (Dir.)

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Ce quatrième volume de la série "L'Action française. Culture, société, politique" est constitué par les actes du colloque tenu en octobre 2011 à l'université de Paris 3 Sorbonne nouvelle et il s'attache à essayer de déterminer et à analyser "les rapports entre nationalisme, littérature et, plus généralement, esthétique".

Dix-sept contributions très différentes éclairent d'un jour nouveau cette galaxie, dont les éléments constitutifs sont à la fois proches sur certains points et souvent profondément dissemblables : de Martin Motte présentant "Mistral-Maurras : les enjeux d'une filiation", à Georgiana Medrea analysant "Maurras et littérature en Roumanie", nous voyons défiler devant nous une grande partie de l'intelligensia française de la fin du XIXe siècle et du début du XXe. : Bourget, Daudet, Claudel, Gide, Bernanos et Maulnier parmi bien d'autres. Au-delà de ces études "bilatérales", les intervenants s'intéressent également à certains titres de la presse et de l'édition de l'époque (La Revue Universelle ou la NRF par exemple), à des domaines particuliers du monde littéraire : l'Académie française, le théâtre, ou à des mouvements intellectuels (La Jeune Droite, les Hussards, etc.). Des ralliements plus ou moins durables à l'Action française (Bernanos, par Denis Labouret, par exemple) à l'opposition irréductible (même si elle peut être amicale) aux thèses monarchistes, de l'ambigüité des relations avec Gide (Pierre Masson) à l'opposition esthétique et littéraire avec Claudel (Pascale Alexandre-Bergues) à son très modeste écho personnel en Belgique (Francis Balace), c'est plus qu'un survol de l'intelligensia francophone du temps qui nous est proposée ici.

Tout en soulignant dans leur conclusion que "L'Action française a su engendrer un 'parti intellectuel' de droite comme plus tard le PCF a engendré un 'parti intellectuel' marxiste-léniniste", les trois co-directeurs de l'ouvrage observent en conclusion que "le 'politique d'abord' des maurrassiens ou les mots d'ordre du parti communiste produisent du binaire ... La galaxie maurrassienne a donc attiré les idéologues, beaucoup plus rarement des créateurs qui acceptent mal les directives préremptoires", même si au milieu des années 1930 "la République des Lettres est orientée à droite".

Un excellent complément à tout étude sur l'histoire et l'évolution des idées pendant la première moitié du XXe s.

Presses Universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2012, 320 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-7574-0401-0.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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