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25 mai 2013 6 25 /05 /mai /2013 06:55

Les batailles de Marseille

Immigration, violences et conflits, XIXe-XXe siècles

Stéphane Mourlane et Céline Regnard (Dir.)

Cet ouvrage collectif permet d'aborder, grace à une quinzaine de textes très différents la réalité sociologique de Marseille, l'image que la ville donne d'elle-même et la perception que l'on en a. Face à la présence plus ou moins massive de populations d'outre-Méditerranée, mais venues aussi d'Italie ou d'Indochine, travaillée par les mouvements sociaux et (au moins en partie) gangrénée par les truands et les mafias, du milieu du 19e siècle à la coupe du monde de 1998, voici un tableau impressionniste de la cité phocéenne. En quoi, et éventuellement comment, la présence de populations aussi bigarrées suscite-t-elle la violence ? Comment des conflits extérieurs sont-ils "importés' à Marseille ? Quels sont les rapports avec la criminalité ? Autant de questions traitées dans une optique d'histoire sociale de la ville.

Si certains textes n'emporteront pas l'adhésion, le postulat initial de l'auteur étant très apparent, l'ensemble forme un tout cohérent particulièrement documenté qui passionnera les amateurs et les chercheurs.

Presses universitaires de Provence, Aix-en-Provence, 2013, 182 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-85399-864-2.

Marseille, ville d'immigration

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 07:15

Etre soldat

de la Révolution à nos jours

François Cochet

Le dernier ouvrage de François Cochet, que nous chroniquions hier, reçoit semble-t-il un excellent premier écho dès sa parution. Il nous parait donc justifié de mettre en ligne très rapidement l'entretien qu'il a bien voulu nous accorder parallèlement :

Question : Votre livre débute presque par une approche des notions d'honneur et de discipline. Sont-elles à ce point, aujourd'hui encore, fondatrices de l'état de soldat ?

Réponse : Il me semble, en tout cas,  que "honneur et discipline", s'ils ne sont pas des concepts  uniquement attachés aux milieux militaires, sont aujourd'hui davantage visibles, lisibles et revendiqués, dans ces milieux, bien plus et de manière bien plus cohérente que dans d'autres corps d'Etats ou dans d'autres professions. Ces valeurs structurent l'avenir du métier des armes tout en poursuivant une tradition multiséculaire. Bien entendu à l'image de l'ensemble de la société française, honneur et discipline militaires ont évolué par rapport au 18e siècle et même au début du XXe siècle. Pourtant à tous ces titres, il m'a paru légitime de commencer par l'évocation de ces valeurs.

Question : Parmi les diverses formes de guerre dont les armées conservent encore la mémoire et les savoir-faire (combat type centre-Europe, guerres de décolonisation, etc.), quel est celui qui vous semble le plus important, non pas au plan de la "technique" mais de l'état d'esprit des militaires d'aujourd'hui ? Peut-on légitimement, à votre sens, parler en cohérence avec ce passé de "4e génération du feu" ?

Réponse : Dans l'armée française de la fin du XIXe siècle existe déjà des missions au sens différent. Le combat de type "centre-Europe" se nomme alors plutôt celui de la "ligne bleue des Vosges", tandis que les troupes coloniales, après 1901 sont consacrées aux "petites guerres" africaines ou asiatiques. Durant la Guerre froide, les divisions blindées françaises doivent veiller à l'Est, tandis que d'autres troupes combattent en Indochine ou en Algérie. La fin du monde bipolaire  Est-Ouest a peut-être fait glisser les curseurs, dans la mesure où les guerres d'aujourd'hui sont toutes "asymétriques". Pourtant les mémoires de l'armée française, tant en termes tactiques d'ailleurs qu'en termes d'état d'esprit, relève toujours de deux approches: les opérations ponctuelles de faible ou moyenne intensité et la préparation à des actions de plus haute intensité. En cela le terme de "4e génération du feu" me semble pertinent, mais aussi dans la continuité des générations précédentes. 

Question : L'image du militaire dans la société est généralement bonne aujourd'hui. Par comparaison avec des situations antérieures, est-ce que cela tiendrait plutôt selon vous à l'affaiblissement d'un "pacifisme militant" ou à une ignorance du fait militaire par nos concitoyens ?

Réponse : Il me semble qu'il y a effectivement un recul des anti-militarismes dans la société française du XXIe siècle. Les Français aujourd'hui aiment leur armée, surtout  au moment du succès de l'intervention au Mali. Mais pourquoi ? Si l'antimilitarisme d'extrême gauche s'estompe, n'est-pas parce que les Français ont perdu toute référence collective à la chose militaire depuis la suspension du service national ? Ils aiment l'armée, comme ils aiment les pompiers, parce que, comme ces derniers, elle est désormais cantonnée à des rôles strictement professionnels. C'est donc un amour construit -me semble-t-il- sur non plus un antimilitarisme, mais bien plus profondément sur une "a-militarisation" de la société française. Il n'est pas certain que la nation qui a inventé le concept de "peuple en arme" soit  gagnante à cette évolution. 

Question : Pouvez-vous revenir sur la notion de camaraderie que vous développez au chapitre 6 ?

Réponse : La camaraderie militaire me semble s'exprimer dans différents registres. Camaraderie de formation d'abord, notamment au niveau des écoles, tant chez les officiers que chez les sous-officiers. Camaraderie d'attitude ensuite, par l'unité de la condition militaire. Camaraderie de sort, lorsque les soldats connaissent le feu réel où le grade s'estompe sans disparaître, dans le sort partagé. Dans la condition militaire, plus que dans d'autres, la camaraderie  -en tout cas revendiquée- me paraît jouer un rôle important et structurant. Maintenant, bien entendu, c'est dans le feu du combat, et peut-être surtout dans la défaite d'ailleurs, qu'elle s'exprime le mieux et le plus. Dans la quotidienneté des carrières, il ne faut pas être naïf et la camaraderie laisse la place, comme dans le civil, à des stratégies individuelles bien senties. 

Question : Vous semblez parfois aller à contre-courant d'idées souvent répétées, par exemple lorsque vous expliquez que les forces armées depuis deux siècles sont très majoritairement restées fidèles aux autorités en place et que la participation de quelques unités à des aventures politiques est toujours restée marginale. La question ne se pose évidemment plus dans le monde actuel, mais historiquement l'armée française a donc une vraie tradition de légalisme ?

Réponse : C'est effectivement ce que j'ai voulu montrer. Les différentes familles de la gauche française ont construit des images simplificatrices de l'armée en en faisant un outil de "droite", voire selon certaines terminologies "fascistes". Je montre que dans les  3 grandes tentatives de projection de certains militaires dans le champ politique, ce ne sont, à chaque fois, que d'infimes minorités de l'ensemble de l'armée qui ont agi. Effectivement, l'armée française contrairement à l'armée espagnole du XIXe siècle ou à des armées africaines ou latino-américaines du XXe siècle, n'a pas de tradition ‘golpiste’ et demeure, dans son immense majorité légaliste. 

Merci très vivement pour ces compléments très intéressants et plein succès pour cet ouvrage.

Qu'est-ce qu'être soldat ?

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20 mai 2013 1 20 /05 /mai /2013 07:10

Etre soldat

de la Révolution à nos jours

François Cochet

Dans cette nouvelle étude (attendue depuis son récent Armes en guerre, XIXe-XXIe s., ici), François Cochet atteint un niveau supérieur de maturité et de synthèse, que seule permet une longue pratique et une véritable maîtrise d'un sujet. Dans ce volume, il nous propose rien de moins qu'une étude dans le temps long du soldat français et commence par ces mots : "Etre soldat n'est décidément pas un métier ordinaire".

Avec beaucoup de nuances et un grand souci des subtiles transformations progressives mais aussi des permanences qu'il est possible d'identifier, l'auteur aborde toutes les facettes du sujet. Il dresse d'abord un bilan d'une évolution générale de la composition des armées, "Du professionnel au peuple en armes : l'histoire d'un aller-retour" ; puis s'interroge sur les valeurs qui pourraient être plus ou moins spécifiquement militaires (ou au moins revendiquées comme telles) et qui en quelque sorte structurent les hommes comme la collectivité : "Le métier des armes : honneur, discipline et obéïssance, hiérarchie", à la fois dans leurs perceptions anciennes et actuelles, leurs manifestations au combat et leurs traductions successives dans les textes réglementaires. Il s'intéresse ensuite ("Sinstruire pour combattre") à la formation et à la préparation opérationnelle, des différents niveaux de scolarité que les armées ont connu en deux siècles au RETEX d'aujourd'hui, sans oublier le rôle, important dans notre histoire, des réservistes. Dans une quatrième partie, François Cochet aborde les changements dans "Les formes de la guerre", de l'épopée révolutionnaire et impériale aux Opex actuelles, en passant par la conquête coloniale, les guerres mondiales et celles de décolonisation (avec un focus particulier sur les troupes coloniales), et termine cette partie par quelques considérations sur "La condition des soldats au feu" : "Le combat n'est pas une activité intellectuelle, mais sensorielle et réflexe. Elle alimente sous des formes différentes et selon des gradations infinies une philosophie de bon sens terrien ou une réflexion appuyée sur des lectures approfondies. C'est avant et après le combat que l'on peut éventuellement philosopher. C'est d'ailleurs l'arrière qui philosophe bien davantage que les combattants eux-mêmes"... Phrase à méditer par les commentateurs "Je-sais-tout" !

Les deux chapitres qui suivent ("Craintes, blessures, captivité : les traumatismes du soldat", chap. 5 ; et "L'entre-soi : la culture militaire", chap. 6) nous permettent d'approcher certaines réalités intimes, rarement partagées avec le grand public qui n'en a souvent qu'une perception déformée. On note ici de bons développements sur la notion de camaraderie (de promotion ou au combat), sur les conditions d'avancement (on regrette que l'étude s'arrête sur ce point à l'entre-deux-guerres) ou sur "La montée de la culture interarmées". La fin de l'ouvrage examine le soldat dans son environnement général : "La grande muette, l'armée et la politique" (chap. 7), "L'image du soldat en France" (chap. 8) et "Le soldat, acteur social" (chap. 9). Contrairement à certains fantasmes trop répandus, "au XIXe siècle, comme au XXe siècle siècle, les soldats restent étrangers aux grands événements politiques ... Ainsi, il faut affirmer clairement que l'armée française n'a aucune vocation 'golpiste' contrairement à certaines armées d'autres Etats ... Si certaines unités ont participé activement à certaines aventures politiques, c'est toujours à titre anecdotique et reliquaire, l'immense majorité des forces armées demeurant fidèle au légalisme qui constitue son horizon culturel essentiel". Pas de langue de bois, un texte solidement appuyé et référencé.

On le voit, les thèmes abordés sont très nombreux et l'auteur fait ici oeuvre de synthèse et de pédagogie. Les lecteurs déjà spécialisés sur ces questions pourront regretter que la pagination relativement limitée dans cette nouvelle collection interdise de développer certains points. François Cochet, sans doute, a parfois été contraint d'alléger son texte pour rester dans le gabarit fixé par l'éditeur. Au demeurant, ce volume est dès à présent indispensable pour tout étudiant s'intéressant aux questions militaires et, par l'ampleur du champ traité, sera tout-à-fait utile à tous ceux qui veulent replacer ces différentes questions dans leur contexte. Un ouvrage très vivement conseillé.

Armand Colin, Paris, 2013, 285 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-200-24825-3.

Simple profession ou vocation ?

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9 mai 2013 4 09 /05 /mai /2013 06:55

Atlas des esclavages

De l'Antiquité à nos jours

Marcel Dorigny et Bernard Gainot

Nouvelle réédition, dans la collection bien connue des Atlas chez Autrement, de ce volume paru pou la premire fois en 2007. Plus de 150 cartes et graphiques illustrent et précisent les quatre grandes parties de l'ouvrage : "Les esclavages avant les grandes découvertes", de llAntiquité au Moyen-Âge, d'Europe en Afrique et dans le monde arabe ; "Les traites légales (XVIe-XIXe siècle)", par l'Atlantique nord, l'Atlantique sud ou l'océan Indien pour les besoins des colonies européennes, mais aussi intérieure à l'Afrique avec les grands royaumes négriers du Niger et de la Volta ; "Les sociétés esclavagistes (VIIe-XIXe siècle)", avec la description des plantations et des villes coloniales, mais aussi la présentation des cas particuliers du Brésil et des Etats-Unis ; "Les abolitions (fin XVIIIe-fin XIXe siècle)" enfin, à partir de la Révolution française et de la révolte de Saint-Domingue, le courant abolitionniste au XIXe siècle, ses résultats et la répression de la traite illégale.

Les cartes sont très "parlantes", le graphisme soigné et des encarts résument les points clefs de chaque partie ou précisent des données chronologiques (on apprend ainsi que le congrès de Vienne adopte en 1815 une Déclaration des Puissances sur la traite des Nègres. La dernière carte en conclusion représente sur une planisphère les Etats pratiquant (ou tolérant) aujourd'hui une forme plus ou moins dure (ou plus ou mons avouée) d'esclavagisme : même des formes de "servitude domestique clandestine" existent en Europe, le nombre de pays concernés en Afrique et en Asie par la persistance de l'esclavage traditionnel est impressionnant, de la Mauritanie à la Birmanie.

Une bibliographie et quelques annexes complètent ce volume très pédagogique, synthétique et clair.

Autrement, Paris, 2013, 96 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-7467-3497-5.

Historiquement universel et toujours actuel

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7 mai 2013 2 07 /05 /mai /2013 07:00

La Franc-Maçonnerie

Histoire et dictionnaire

Jean-Luc Maxence (Dir.)

Combien de fois, chaque année, de nombreux magazines et périodiques font-ils leur couverture avec un titre plus ou moins accrocheur sur la Franc-Maçonnerie ? Qui dans le grand public, pourtant, peut dire la connaître ? Quelles idées reçues le seul mot n'évoque-t-il pas ? C'est tout le mérite de ce volume, à la fois livre d'histoire, encyclopédie et dictionnaire, de nous permettre de l'approcher avec (pour autant qu'un "non-initié" -sans jeu de mots- puisse en juger) autant de sérieux et d'objectivité que possible.

A la différence de nombreux autres titres de la collection 'Bouquins', la partie strictement "Dictionnaire" n'occupe qu'une pagination limitée avec de (souvent très) brèves entrées nominatives (les Maçons célèbres), et l'essentiel de l'ouvrage est organisé en sept grandes parties thématiques (comme les "7 officiers qui rendent la loge juste et parfaite") : "L'avènement de la Franc-Maçonnerie", "L'utopie et le projet maçonnique", "L'imaginaire maçonnique", "La symbolique maçonnique", "La Franc-Maçonnerie comme voie initiatique", "Esotérisme et/ou exotérisme", et "Quel avenir pour la Franc-Maçonnerie". Chacune d'entre elles compte un certain nombre de contributions très ciblées ("Le Rite Ecossais Rectifié", "Quand la Franc-Maçonnerie vint aux femmes", "Surréalisme et Franc-Maçonnerie", "Antimaçonnerie et scandales", etc.) et l'ensemble est particulièrement riche en informations.

Bien sûr, le sujet restant souvent "sensible" ( ? ), et on ne partagera pas nécessairement toutes les analyses présentées par les auteurs (les "pieuses" dénégations sur la réalité du fonctionnement en réseaux sont parfois peu convaincantes). Néanmoins, pour ce qui est du cadre et du contexte historique, social, culturel et intellectuel de la Franc-Maçonnerie "dans son temps" depuis le début du XVIIIe siècle, l'ouvrage semble particulièrement complet, les contributions sont très diverses et assez longues -sans être lassantes- pour développer correctement chaque sujet, et le livre finalement ne ressemble à aucun autre. Un outil de référence et de travail.

Coll. 'Bouquins', Robert Laffont, Paris, 2013, 1216 pages, 32 euros.

ISBN : 978-2-221-11635-7.

Mythes et réalités de la Franc-Maçonnerie

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 07:00

Les origines de la France

Quand les historiens racontaient la nation

Sylvain Venayre

Le propos de Sylvain Venayre dans ce nouvel ouvrage est à la fois original et utile : retrouver, dans les travaux et écrits des "grands anciens" (et leur utilisation ultérieure) comment les historiens des siècles précédents ont conçu, cherché à identifier, parfois imaginé ou "fantasmé", qu'elles furent les origines de la France.

Il étend essentiellement son champ de recherche aux XIXe et XXe siècles, mais ne s'interdit pas, surtout dans les premiers chapitres, de fréquents retours à des périodes plus anciennes encore. Nous voyons ainsi défiler devant nous, au fil des chapitres organisés de façon chrono-thématique, de Montlosier à Thierry, de Guizot à Michelet, de Quinet à Fustel de Coulanges, de Vidal de La Blache à Fauriel, Jullian et Lavisse, de Febvre à Bloch et Foucault, tous les grands noms de la science historique française. Leurs livres, articles et conférences sont précisés, commentés et largement cités.  Au fil des années, de la volonté des monarchistes lors de la Restauration de "retrouver le lien" avec l'époque antérieure à la Révolution, à l'école des Annales et aux récentes grandes productions encyclopédiques sur l'histoire de France, nous suivons parallèlement les attendus politiques ou les non-dits idéologiques qui dominent d'une période à l'autre. 

Une excellente étude qui relativisera nombre d'idées reçues encore présentes dans la mémoire populaire sur "nos ancêtres les Gaulois" et l'idolâtrie des origines. Un ouvrage qui traduit bien l'importance de l'histoire dans la constitution d'une mémoire et d'une volonté collective, ce qui explique les toujours actuelles tentatives d'instrumentalisation.

Seuil, Paris, 2013, 433 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-02-110875-0

Aux sources du mythe

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5 mai 2013 7 05 /05 /mai /2013 06:50

La France de la Belle époque

Dictionnaire de curiosités

Jacqueline Lalouette

Un livre équilibré et plaisant, qui revient de manière agréable dans la forme et sérieuse sur le fond sur cette fameuse "Belle époque", dont l'auteure nous précise en introduction que les limites chronologiques comme le contenu sont bien difficiles à établir.

De A, comme "A bas la calotte", à Z, comme "Zouave du pont de l'Alma", Jacqueline Lalouette (professeure émérite d'histoire contemporaine) nous invite à "pénétrer plus intimement dans l'histoire intellectuelle, artistique, religieuse, sociale, économique de la France des années 1895-1914". Vous y retrouverez ainsi par exemple "Les assassinats politiques", de Sasi Carnot à Jaurès ; "Biribi", pour "l'ensemble des établissements disciplinaires de l'armée française en Algérie" ; les célèbres "Hussards noirs de la République", pour symboliser les institeurs et "la dignité de leur vie, leur disponibilité pour leurs élèves et leur fidélité envers la République" ; la querelle des "Inventaires bien sûr ; les "Pioupious du 17e" (mais l'on n'est pas persuadé que la chanson de Monthéus appartienne effectivement "au répertoire de la chanson militaire" ; etc. Curieusement, les questions militaires (pourtant si importantes dans la société française du temps : affaire Dreyfus, des fiches, expansion coloniale, alliance franco-russe, Fachoda, crises internationales, etc.) sont totalement absentes en tant que telles et n'apparaissent que marginalement à l'occasion d'une ou l'autre entrée.

Vous retrouverez dans ce volume "le parfum" d'une époque, qui fut "belle" pour les plus aisés, mais particulièrement "dure" pour les plus modestes. Comme quoi, les souvenirs parcellaires et les mémoires reconstruites peuvent tout transformer.

Tallandier, Paris, 2013, 286 pages. 19,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0120-6.

Age d'or perdu ?

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4 mai 2013 6 04 /05 /mai /2013 09:01

La musique militaire sur Theatrum Belli

par Thierry Bouzard

En quelques jours, Thierry Bouzard, l'un des très rares spécialistes (le seul ?) français des musiques militaires, vient de publier trois articles différents sur Theatrum Belli :

- "A quoi servent les musiques militaires ?" (le 21 avril) : ici

- "Les Roses du parachutiste : un poème, un auteur et une histoire" (22 avril) : ici

- "L'instruction pour les tambours de 1754" (26 avril) : ici

 

La musique militaire adoucit-elle les moeurs ?

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2 mai 2013 4 02 /05 /mai /2013 07:05

Profession cinéaste :

politiquement incorrect

Jacques Dupont

Il est des ouvrages que, dans une vie, on découvre et qui nous marque, parce qu’il nous parle, nous touche par leur profondeur, leur intelligence et, enfin, parce qu’ils sont l’œuvre d’auteurs qui savent écrire et raconter. Plusieurs tranches de vies, ou plusieurs vies en somme, au gré des tumultes d’une histoire nationale, entre guerres et paix, crises et conflits… L’ouvrage de Jacques Dupont est de ceux-là. Et il a cette valeur qui en fait un témoignage de premier ordre puisqu’il émane d’un intellectuel, artiste et passionné aux convictions politiques fortes mais raisonnées, loin de tout fanatisme aveugle.

Considéré comme l’un des meilleurs cinéastes de sa génération. Jacques Dupont obtint, en 1946, un prix au Festival de Cannes pour l’un de ses premiers documentaires, intitulé Au pays des pygmées. C’est un évènement car un prix pour un documentaire est, à cette époque, loin d’être anodin. Jacques Dupont œuvre en passionné d’ethnologie, en précurseur dans son domaine. Son travail sur les pygmées, sur lequel il revient ici avec le recul des années, reste aujourd’hui immanquablement associé à un autre documentaire, resté lui aussi légendaire : Pirogues sur Ogooué, datant de 1947. Comme le premier, le film est réalisé dans des conditions rustiques, avec peu de matériels et une poignée d’amis et passionnés.

Quelques années plus tard, Jacques Dupont, qui rêve perpétuellement de défis, va vivre aux prix (et le prix) de ses engagements, avec des décalages conceptuels sur l’époque des années 1950, marquée par le poids de la « bien-pensance communiste ». Il s’intéresse et se penche sur la guerre de Corée puis celle d’Indochine. Ce qui aboutit à un documentaire, Crèvecœur, consacré au bataillon français en Corée (1950-1953) ; œuvre de renommée internationale –encore aujourd’hui– et qui fut remarqué aux Oscars à Hollywood (catégorie meilleur film documentaire en 1955). La plupart des soldats français qui apparaissent à l’image meurent durant cette bataille de Crèvecoeur. En France, le film ne fut quasiment pas distribué, sous la pression du parti communiste. On lit donc avec un vif intérêt toutes les circonstances qui ont entouré la réalisé de ce documentaire dans des conditions à la fois périlleuses et difficiles. Jacques Dupont devient vite incontournable. Il travaille avec les plus grands de son époque, ingénieurs du son, cinéastes, écrivains. Avec Joseph Kessel et Pierre Schoendoerffer, il tourne même en Afghanistan, en 1958 (La Passe du diable).

Très doué, au cœur de la « Nouvelle Vague », il réalise, en 1960, une véritable fiction, Les Distractions, où l’on découvre des acteurs prometteurs Jean-Paul Belmondo, Alexandra Stewart, Mireille Darc, etc. Un bel avenir de cinéaste semble s’ouvrir à lui, jusqu’à ce que ses convictions politiques, sa conviction du respect de la parole donnée, le rattrapent.

Homme de parole, homme de pensée libre, lui qui a bravé l’interdiction de célébrer le 11 novembre 1940 –ce qui lui valut la prison et d’être interrogé sans ménagement par les Allemands–, lui qui a cherché ensuite à gagner l’Angleterre pour continuer le combat contre l’occupant, il ne peut se résoudre au changement de cap de la politique du général de Gaulle vis-à-vis de l’Algérie. Par ses relations d’amitié, profondes, fidèles et sans compromis, il se retrouve happé dans le combat de l’OAS contre l'Etat. Il est alors broyé par une machine policière qui, sans nuance et au péril d’une généralisation affligeante, brise net sa vie professionnelle et soumet à rude épreuve son équilibre familial. Emprisonné à la prison de La Santé, il est finalement innocenté par la Justice mais le pouvoir ne lui pardonne pas et n’efface rien… Quelques années plus tard pourtant, grâce à des relations qui connaissent la qualité de ses réalisations et ses valeurs à la fois artistiques et humaines, la télévision lui offre l’opportunité de ressusciter ses dons de cinéaste, pour des fictions d’histoire militaire toujours fortes, comme Honoré d’Estienne d’Orves (1990), L’Abbé Stock, le passeur d’âmes (1991) ou Les Vendéens (1993).

Jacques Dupont a consacré huit années à écrire ce livre puissant, d’une très grande richesse. On y découvre une profonde passion pour son métier, son attachement viscéral à une certaine approche humaine faite de vérité, loin des faux semblants. Un livre inclassable, et incontestablement déjà un véritable classique pour ressusciter une époque avec toutes les nuances qui s’imposent, notamment pour la période algérienne… Car Jacques Dupont a cette capacité à faire revivre des épisodes de l’histoire (défaite et exode de 1940, les aventures en Afrique, en Corée, en Afghanistan notamment) de manière à la fois ramassée et fouillée ; grâce à un vrai style rédactionnel… Il s’agit aussi d’un livre écrit avec une profondeur d’âme devenue trop rare. Sans doute aussi le résultat de nombreuses meurtrissures ; lui a perdu notamment deux enfants, Jean-Jacques et Catherine. Il aura su, malgré tout, rester digne, sans rancune ni amertume face à une administration qui, rétrospectivement, a privé la France d’un homme de grand talent…

Jacques Dupont nous offre donc un livre testament en quelque sorte car il est décédé le 10 mars dernier, quelques semaines après la parution de sa dernière œuvre. Le parcours d'un homme engagé, hors normes, animé par une vraie passion et croyant en des valeurs fortes d'amitié et de solidarité.

Pascal Le Pautremat

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2013, 354 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-35617-004-0.

 

 

 

Cinéma, guerre et engagement personnel

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23 avril 2013 2 23 /04 /avril /2013 07:00

Les brigands

Criminalité et protestation politique (1750-1850)

Valérie Sottocasa (Dir.)

Les-brigands930.jpg 

Le phénomène du brigandage est certainement aussi ancien que le fait de guerre et, encore de nos jours, le thème suscite à la fois peur et fascination pour ces individus ayant fait le choix de la violence et de la marginalité.

Cet ouvrage est constitué par les communications prononcées lors du colloque « Brigands et brigandage, criminalité, violence et protestation politique vers 1750-1850 », organisé en mai 2007 par le laboratoire FRAMESPA du CNRS et qui faisait intervenir de nombreux chercheurs en science humaines, pour la plupart historiens. La publication est dirigée par Valérie Sottocasa, maître de conférences en histoire moderne et spécialiste de ce passage douloureux du XVIIIe au XIXe siècle en France. Etudier le phénomène du brigandage n’est pas chose aisée à une époque où la tradition orale l’emporte sur l’écrit pour la majorité de la population. Les victimes et les bourreaux sont rarement des gens de lettres, et la honte du viol, les rapines ou le meurtre laissent peu de témoignages en dehors des comptes-rendus de procès, par nature hostiles à cette « lie » de la population puisque rédigés par les élites d’un Etat en pleine reconstruction.

La première partie nous présente les plus célèbres brigands de l'époque, divers de par leurs origines sociales et familiales, en défrichant le passage de la légende à la réalité de personnages entrés dans la mémoire populaire, comme Mandrin ou des bandes de brigands parisiens. Les intervenants décortiquent les textes d’époque, dans lesquels les brigands sont tour à tour présentés comme des justiciers assoiffés de liberté ou des brutes primitives, visions représentatives des questionnements institutionnels et philosophiques d’un siècle opposant nature humaine et civilisation  (à travers un commentaire intéressant de l’œuvre Jean Sbogar de Charles Nodier). La présentation concrète de ces bandes paraît d’autant plus complexe, avec la description de réseaux organisés autour de relations quasi-entrepreneuriales voire familiales, bien avant les « bandes organisées » actuelles. La question du genre vient avec les rapports homme-femme dans ces sociétés patriarcales : si la victime féminine est presque toujours considérée comme un butin partagé entre les assauts hiérarchisés des brigands, d'autres femmes au contraire peuvent devenir de véritables cadres de ces organisations criminelles (receleuses, mères maquerelles, etc.).

Vient alors la question des rapports entre le pouvoir public et le brigandage, alors que « la lutte contre le brigandage est une des étapes essentielles de la construction de l’Etat en France ». Les convulsions politiques induisent ou provoquent dans certaines régions des situations de quasi guerre civile. Sont alors visés les bandits de grands chemins qui profitent de la détérioration générale de l’ordre public, mais aussi et dans le même temps les rebelles, les Chouans, les déserteurs et militaires réfractaires aux lois sur la conscription et autres curés refusant la constitution civile du clergé. De la Maréchaussée aux régiments de ligne, les forces armées sont rarement absentes de ces dossiers. Cette véritable guerre contre l’ennemi intérieur prend ainsi de multiples aspects militaires (tirailleurs, sentinelles,  raids, etc.) qui marquent durablement la perception de ces bandes par les autorités, dont les rapports « tracent le panoptique des vainqueurs », face à des criminels n’ont pas la possibilité de laisser de traces écrites de leurs « exploits » ou « méfaits », ou de leurs motivations.

Une série descriptive des modèles régionaux de ces criminels clôture l’ouvrage. Le cas breton est évidemment abordé, où le brigandage se mêle à l’insurrection sous forme de contestation politique et religieuse (on parle autant de brigands que de « fanatiques »). En Languedoc, le brigandage dissimule aussi une réaction politique, alors que dans les Pyrénées, les images romanesques des contrebandiers gascons cachent le drame d’une rupture sociétale mettant fin aux particularismes de la région. Emeutes et contestations couvrent une criminalité difficile à maîtriser du fait de la topographie, où les montagnes sont le refuge de brigands urbains aussi bien que de jeunes bergers réfractaires. Le banditisme en Corse présente lui aussi ses spécificités, le maquis apportant un refuge à divers individus qui agissent sous motif de vengeance privée ou de contre-pouvoir, bénéficiant parfois du soutien d’une population méfiante envers l’Etat.

Etudier ces groupes de marginaux qui n’ont pratiquement jamais décrits eux-mêmes leurs faits et gestes et dont la seule connaissance archivistiques qui nous est parvenue est celle des débats judiciaires et des procès, éventuellement des romanciers, est un véritable défi. Entre contestation politique, religieuse, la vendetta privée ou le classique attrait pour les richesses matérielles, le brigandage est un sujet éminemment vaste, qui reste présent sur le temps long. Une riche bibliographie vient ponctuer cet ouvrage, surtout destiné à des chercheurs qui pourront y trouver de nombreuses pistes de travaux ultérieurs.  

Philippe Marque

Presses universitaires de Rennes, 2013, 246 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-7535-2182-7.

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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