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16 novembre 2015 1 16 /11 /novembre /2015 06:00

Athos

La Sainte Montagne

Ferrante Ferranti

Passionné par la beauté et les mystères de la petite péninsule de Grèce du Nord restée un Etat théocratique, une "république monastique" depuis l'époque byzantine, l'auteur a déjà publié un bel album de photographies sur le sujet et nous en propose aujourd'hui la description tranquille, de l'intérieur, à la vitesse du pélerin.

Après avoir raconté son arrivée en bateau sur la presqu'île, tout en nous rappelant l'origine du site et l'histoire de sa fondation, Ferrante Ferranti nous fait visiter tous les sites : le petit port de débarquement d'abord, seul mode d'accès, puis la modeste capitale administrative qui a "gardé des allures de principauté des Balkans au XIXe siècle", entre modernité et tradition : "Même si la modernité y pénètre par le biais des panneaux solaires, du téléphone portable et de la voiture, les Athonites détiennent l'image de farouches défenseurs de la Sainte Tradition, car aucun compromis n'est fait sur la quiétude de la vie monastique". Suivent ensuite les descriptions des différents monastères, à partir du centre spirituel de "La Grande Laure", dans lesquels il se rend en premier. Il se déplace ensuite de l'un à l'autre, généralement à pied, ce qui nous vaut quelques belles descriptions des vues sur la montagne ou sur la mer, paysages si propices à la réflexion : "Sur la plage de la baie Marionos, je médite avec nostalgie sur le temps où les Bénédictins étaient ici les témoins de l'unité chrétienne dans l'ascétisme". Au fur et à mesure des visites, il nous présente bien sûr chaque ensemble architectural ("Tous les monastères sont bâtis de la même façon, tels des châteaux-forts, avec une grande tour, généralement érigée en premier, et d'autres parties construites en bois à partir du Xe siècle"), mais décrit aussi les moines qui y vivent et qu'il rencontre (on note d'ailleurs qu'ils sont en général très réservés, donnant le sentiment pour la plupart d'être assez peu accueillants), évoque les oeuvres d'art (dont de magnifiques icones) que l'on peut y admirer, nous rappelle les crises intérieures que ces lieux connurent (car les oppositions internes furent importantes entre communautés et nationalités au cours de l'histoire) jusqu'à une époque très récente : "Les Ottomans s'en sont allés et la fin du communisme dans les Etats slaves de tradition orthodoxe a permis le renouveau de la spiritualité". Le tenants de la tradition la plus stricte vivent quasiment en état de siège : "Nous refusons toute aide financière car des menaces économiques pèsent sur l'Athos. L'argent de l'Union Européenne va tout détruire ; des députés exigent même de venir nous contrôler. Nous voulons que la Sainte Montagne reste ce qu'elle est. Elle n'est ni un site archéologique ni un centre touristique, mais un lieu vivant qui demeurera orthodoxe et existera jusqu'au Jugement dernier !".

Entre lents cheminements, icônes miraculeuses, frugale restauration à base de pain et d'olives, vapeurs d'encens, couchers de soleil sur la montagne, antiques bibliothèques, fresques aux murs, Ferrante Ferranti poursuit aussi un itinéraire spirituel : "Avec lui, j'ai oublié le temps ; combien d'heures au-je passé à ses côtés, sur la terrasse surplombant les eaux, jusqu'à devoir faire rouvrir les portes du monastère fermées et cadenassées après le couchant". Un petit livre reposant, agréable à lire, riche d'enseignements et qui permet sans aucun doute une approche sereine de ce petit territoire, mais aussi des principes qu'il entretient.

Editions Desclée de Brouwer, Paris, 2015, 161 pages. 19,50 euros.
ISBN : 978-2-22006-742-1.

République monastique

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13 novembre 2015 5 13 /11 /novembre /2015 06:00

L'Islam en 100 questions

Malek Chebel

Alors que la question de la place de l'Islam dans la société française appartient désormais au débat public quotidien, ce petit livre format poche est d'un indiscutable intérêt, même si, à notre sens, il ne pose pas les deux ou trois questions "qui gênent".

Organisé en trois grandes parties comptant chacune une trentaine de brefs chapitres ("Le Coran et le prophète", "L'Islam, ses rituels, son oeuvre", et "L'Islam et la France"), l'ouvrage est très riche en informations factuelles et références historiques permettant de mieux appréhender, pour la première partie les conditions de la naissance de l'Islam, de rédaction et de contenu du Coran, de la division entre Sunnites et Chiites, des relations entre l'Islam et les autres religions monothéistes ; puis pour la seconde les modalités d'exercice de leur foi par les musulmans, le sens de nombreux symboles et l'approche de différents aspects de la vie privée et sociale (la nourriture, le mariage, les arts, etc.). La troisième enfin évoque la présence musulmane en France depuis le Moyen-âge jusqu'aux évènements les plus récents, dans les domaines politiques, artistiques et culturels mais aussi de vie propre de la comuunauté musulmane en tant que telle. On le voit, beaucoup d'informations et de précisions qui seront extrêmement utiles à tous ceux qui souhaitent s'intéresser calmement au sujet. Il faut néanmoins noter que l'argumentation est assez systématiquement favorable à l'Islam (le chapitre sur l'esclavage par exemple est à cet égard significatif) et surtout que quelques questions essentielles ne sont abordées que partiellement (à travers les chapitres consacrés au Coran, à la charia, et à "Quelle grande réforme de l'Islam reste-t-il à faire?") et surtout ne sont pas traitées sur le fond. Concrètement, dans la réalité, quelle place le respect du Coran par les croyants et l'application de ses préceptes laissent-ils à la vie politique démocratique et laïque ? Les questions religieuses priment-elles sur les choix politiques dans les relations internationales des pays musulmans ? Les influences extérieures (Arabie Saoudite, Maroc, Algérie, Turquie, etc.) sur les différentes composantes de l'Islam de France sont-elles mesurables (ou mesurées) et quelles sont leurs conséquences ? Là, pas de réponse nette, voire pas de réponse du tout (voir le chapitre sur le CFCM). Et sur de tels sujets (semble-t-il tout de même plus importants que la notoriété de Simbad le marin ou la vie de Barberousse, qui font chacun l'objet d'un chapitre), ce quasi-silence voilé de brouillard pose question. 

Coll. 'Texto', Tallandier, 2015, 302 pages, 9,- euros.

ISBN : 979-10-210-1633-0.

Islam

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27 octobre 2015 2 27 /10 /octobre /2015 07:07

Qu'est-ce que le futurisme ?

suivi du Dictionnaire des futuristes

Giovanni Lista

Exceptionnelle étude rédigée par un grand spécialiste du mouvement futuriste, qui replace cette quasi-épopée artistique dans son contexte, en précise ses héritages et nous en fait ressentir toute la complexité.

On sait que le mouvement futuriste, d'avant-garde, né en 1909, se veut "révolutionnaire", tout autant politique qu'artistique, au nom de la modernité. En ce début de XXe siècle, les innovations techniques se multiplient, s'accélèrent, et le royaume d'Italie peine à sortir de son sous-développement structurel et quelques intellectuels et artistes rêvent de construire une nouvelle Italie en pointe de l'Europe nouvelle. Selon un plan chrono-thématique, Giovanni Lista développe d'abord avec brio ce qu'était la péninsule au début du siècle, puis l'élaboration de la pensée futuriste par Marinetti et son difficile positionnement politique (d'une révolution rouge à une révolution noire) comme son influence dans les différentes formes d'art au long des années 20 et 30. Les pages (très mesurées) sur le rapport à la guerre et les interactions entre art et technique sont tout-à-fait intéressantes, et à bien des égards changent des raccourcis fréquents sur les relations entre futurisme et fascisme. Enfin, le livre ouvre sur "l'image" du futurisme, ses mythes et ses permanences transnationales. Sans jamais oublier le coeur artistique de son sujet, l'auteur sait toujours prendre en compte les autres domaines de la vie sociale et publique. Dans les "Héritages et développements", il s'intéresse à l'après 1945, en particulier dans la peinture, la littérature et la poésie.

Un très riche volume qui passionnera tout ceux qui s'intéresse au rôle de l'art dans la société et aux interactions entre l'art et la vie publique. Les brèves mais nombreuses biographies du "Dictionnaire des futuristes" qui clôturent le volume ouvrent également bien des pistes dans tous les domaines. 

Folio Essais, Paris, 2015, 1163 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-02-07-045080-0.

Marinetti et ses héritiers

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6 octobre 2015 2 06 /10 /octobre /2015 06:00

Morgarten

Entre mythe et histoire, 1315-2015

Pierre Streit et Olivier Meuwly

Bataille fondatrice de la Suisse et composante essentielle de son histoire, la bataille de Morgarten reste mal connue dans la réalité historique de son déroulement, mais elle n'en a pas moins été intensivement invoquée, voire utilisée, depuis le XIXe siècle au bénéfice de l'Etat fédéral et de la Confédération. Un questionnement entre histoire et mémoire à parti d'un exemple concret.

La bataille de Morgarten, en novembre 1315, voit la défaite sanglante de l'armée du duc Léopold de Habsbourg dans une embuscade tendue par les paysans libres de Schwytz et Uri. La première partie du livre (chapitres 1 à 3) est consacrée à l'histoire suisse de ce début du XIVe siècle, à l'analyse des sources sur la bataille elle-même et au rôle de Morgarten dans la mémoire suisse du XXIe siècle. La seconde grande partie en reprend l'évocation, sous l'angle de sa place dans l'histoire et la mémoire suisse. Quel est le rôle du mythe dans l'esprit d'une nation ? En quoi un mythe peut-il être si lié à l'histoire et être un élément positif de sa constitution ? Quelles ont été les évolutions et les ruptures au XIXe siècle, puis dans la deuxième moitié du XXe ? Autant de questions (qui ne concernent pas que la Suisse, on le voit bien) auxquelles s'efforcent de répondre les auteurs, en considérant "qu'il n'y a pas a priori d'histoire mythique qui s'oppose à une histoire parfaitement objective. Seule l'honnêteté intellectuelle compte et peut faire le départ entre les deux univers". Ils en appellent ainsi à une "désidéologisation de l'histoire tant souhaitée par de nombreux historiens". En clair, "tout fait, invoqué ou attesté, doit être discuté ; il ne sert à rien de lui imposer une lecture unique sous peine d'en extirper un nouveau mythe. Un mythe n'est pas mauvais parce que l'histoire l'a identifié comme tel". Voilà qui nous rappelle directement le débat pichrocholin sur "le roman national" qui agite tant les idéologues français. Et voici ce qui peut aider à y réfléchir.

Cabédita, Divonne-les-Bains, 2015, 107 pages.

ISBN : 978-2-88295-734-4.

Pour commander directement : ici.

L'histoire et le mythe

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13 septembre 2015 7 13 /09 /septembre /2015 07:00

Josué

Premier conquérant de la terre sainte

Stéphane Encel

En ce dimanche, retour sur les textes saints du monde occidental. Pari osé pour ce professeur d'histoire des religions que de tenter d'écrire la biographie d'un personnage sur lequel il n'existe aucune source directe et dont on n'est même pas certain qu'il ait effectivement existé, les scientifiques étant depuis longtemps très divisés : "Si l'on me pardonne ce raccourci, Josué ne peut exister pour l'historien, mais sur-existe pour les croyants ... En l'absence de preuves, de traces, d'indices extrabibliques, Josué est immatériel, impalpable pour l'oeil des scientifiques cherchant la réalité de ce qui s'est réellement passé".

Et pourtant, pari réussi, car cette histoire nous est contée de telle façon qu'elle prend forme malgré les doutes sur sa stricte véracité. Josué , chef de guerre dans le sillage de Moïse qu'il accompagne sur la Montagne, apparaît dans le Sinaï après la fuite du peuple juif d'Egypte. Il assure la première reconnaissance de la terre de Canaan où les Hébreux espèrent s'installer et s'illustre à la tête des Juifs qui vont progressivement détruire "les sept peuples de Canaan", dans des batailles toujours présentées comme purement défensives (ce qui intellectuellement n'est pas neutre). L'environnement culturel est particulièrement sanglant, entre le massacre systématique des populations conquises et le sacrifice régulier de fils d'Israël pour satisfaire un Dieu qui exige encore et encore des morts, qui exige le châtiment suprême pour ceux qui ne suivent pas sa loi. Successeur de Moïse sans être son égal, Josué dirige la conquête effective de la "terre d'Israël" en trois grandes phases successives, et c'est au début de ces campagnes que se situe l'épisode des fameuses trompettes de Jéricho, dont les sonneries interminablement répétées autour de la ville pendant plusieurs jours finirent par faire chuter les murs de la ville : "Hommes et femmes, jeunes et vieux, jusqu'aux taureaux, aux moutons et aux ânes, les passant au fil de l'épée", à l'exception d'une prostituée. Au fil des combats et de l'accroissement vers le nord des territoires soumis aux Hébreux, chaque événement marquant est l'occasion d'une leçon divine, d'un "dialogue" parfois difficile entre le peuple élu et Dieu. Lorsque la zone conquise est finalement partagée entre les tribus d'Israël par un Josué devenu trop âgé pour guerroyer, elle s'etend du fleuve Litani au sud de la mer Morte. Cette séquence, dont le récit est émaillé d'anecdotes (voulues édifiantes pour les générations ultérieures), est également une opportunité pour l'auteur de nous présenter en détail ces tribus, leurs origines et leurs différences, mais aussi les oppositions qui surgissent entre elles. Elle éclaire cette période mal connue de ce qui deviendra la Palestine et la Transjordanie, de part et d'autre du Jourdain, "terre pure et terre impure", tout en nous entraînant dans une exégèse savante de la loi talmudique.Les cinquante dernières pages enfin suivent l'héritage, la filiation, la trace de l'histoire de Josué dans celle du judaïsme, jusqu'aux débats les plus récents sur le sionisme.

Au fil des pages, Stéphane Encel critique et commente les textes antiques et leurs analyses ultérieures, nous donnant également une leçon de lecture et de compréhension de textes souvent obscurs, elliptiques, voire contradictoires pour le "lecteur moyen". Il en ressort un tryptique (Dieu, la terre, le peuple) qui reste l'un des fondements d'Israël. Nous avons ainsi beaucoup plus que la simple biographie d'un personnage qui n'a peut-être pas existé : nous avons une présentation large des fondements culturels et cultuels d'une population dans son ensemble.

Tallandier, Paris, 2015, 304 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0631-7.

La biographie imposible

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10 septembre 2015 4 10 /09 /septembre /2015 06:00

Ces 12 papes qui ont bouleversé le monde

Christophe Dickès

Le livre est un peu un pari, puisqu'il s'agit pratiquement pour l'auteur de retracer, à travers la vie de douze papes qui en leur temps jouèrent un rôle exceptionnel, quelques grandes phases de l'histoire de l'Eglise.

Christophe Dickès, qui a dirigé en 2013 un très complet Dictionnaire du Vatican et du Saint-Siège (ici), commence par expliquer dans son introduction le caractère particulier, douloureux presque, de cette fonction de Souverain Pontife, puis comment il a "sélectionné" les douze papes choisis parmi plus de deux cent soixante. Il s'intéresse finalement, après Saint Pierre bien sûr, premier de tous, à deux papes du Ve et VIe siècles (Léon le Grand et Grégoire le Grand), à quatre souverains temporels du Moyen-âge lorsque les successeurs de Pierre prétendent régenter le monde occidental et se heurtent à quelques uns des plus grands monarques (Grégoire VII, Innocent III, Boniface VIII et Jules II), à deux papes grands rénovateurs du rite et de la doctrine (Pie V et Pie X), et enfin à trois "modernes" (Pie XI, Jean XXIII et Jean-Paul II). Chaque chapitre biographique remet dans son contexte du moment l'action des papes choisis et met en relief à la fois leurs personnalités et leurs qualités propres ainsi que leur rôle particulier durant leur "règne". Bien écrites, agréables à lire, ces biographies nous en apprennent ainsi beaucoup non seulement sur le pape concerné mais aussi sur son époque. Personnellement, j'ai tendance à préférer les papes du Moyen-âge, vieux souvenirs de la lutte des Guelfes et des Gibelins, lorsque les papes n'hésitaient pas à partir en campagne et faisaient trembler rois et empereur ("Aller à Canossa"). Et puisque nous en sommes à cette période, j'ai regretté qu'aucun des neuf papes d'Avignon et du grand schisme d'Occident ne figure dans la liste. Sans doute est-ce le Méridional en moi qui parle... 

Un regard pointilliste sur l'histoire du Saint-Siège, qui met en valeur certaines personnalités et certaines évolutions. Une lecture complémentaire à de récents ouvrages plus complets.

Tallandier, Paris, 2015, 380 pages. 21,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0328-6.

Quelques papes exceptionnels

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22 juillet 2015 3 22 /07 /juillet /2015 06:00

Singulière noblesse

L'héritage nobiliaire dans la France contemporaine

Eric Mension-Rigau

L'un de mes camarades exprime souvent, au deuxième degré, l'idée que la page la plus pertinente du Figaro est celle qui présente les annonces de mariages, naissances et décès dans la "bonne société". Plus trivialement, la présence dans les magazines "people", voire dans des périodiques spécialisés qui leur sont exclusivement consacrés, des monarques, héritiers, prétendants et nobles d'hier et d'aujourd'hui reste une perpétuelle source d'étonnement. Mais si j'ai tendance à considérer qu'un maréchal d'empire mérite davantage ses titres qu'un "héritier" qui n'a connu que l'effort de naître, je préfère néanmoins un authentique aristocrate qui considère toujours que "noblesse oblige" à un bourgeois parvenu qui étale ses Rolex (avant 50 ans ?). Le sujet, en tout cas fait toujours parler...

En trois grandes parties ("Un monde de mémoire", "L'attraction du pouvoir" et "Les arbitres des élégances"), Eric Mension-Rigau nous fait donc pénétrer dans l'histoire récente de ces familles, leurs évolutions, leurs difficultés parfois, leurs exigences personnelles souvent. Il s'intéresse essentiellement au XXe siècle, mais remonte parfois jusqu'au XIXe. Dans la première partie, le récit des efforts entrepris pour conserver tel ou tel château est d'autant plus intéressant que des situations très différentes sont évoquées, différences également entre les propriétaires eux-mêmes, plus ou moins aisés, plus ou moins titrés, ... ou pas du tout, mais se prenant parfois au jeu dès lors qu'ils sont propriétaires d'un château. De même, les évolutions sociétales touchent la noblesse traditionnelle tout autant que les autres catégories de la population et le rapport des plus jeunes à leur histoire familiale à tendance à s'affaiblir, quand ils n'en conservent pas que les aspects snobinards ou caricaturaux. Dans la seconde partie, le paradoxe du service des armes et de l'Etat est résumé par une citation de Jean d'Ormesson : "Nous disions tout le mal de la France que nous pouvions, mais il était de bon ton d'aller se faire tuer à son service", et l'auteur donne un peu plus loin l'exemple de "la famille Le Pelletier qui, avec ses deux branches de Glatigny et de Woillemont, rassemble onze générations d'officiers de Louis XIV à nos jours", sans distinction de la forme de gouvernement. Servir devient plus important que l'adhésion à un pouvoir particulier. Chiffres à l'appui, il témoigne également que les représentants des familles titrées sont en pourcentage encore plus nombreux au Quai d'Orsay, et de façon générale encore très présents dans la haute administration. L'auteur s'intéresse également à la question du mariage et au concept de "dérogeance" : "La noblesse a toujours fait des mariages avec la bourgeoisie riche pour redorer son blason. La haute noblesse est la plus mâtinée : plus vous allez vers la hauteur, plus vous avez de sang bourgeois, plus vous descendez, plus vous avez de sang bleu". Viennent alors dans la troisième partie les sujets liés à l'éducation, à la culture, au savoir-vivre : "Le bal des Débutantes, réapparu en 1992 à l'hôtel Crillon, place de la Concorde, et organisé pour la vingt-deuxième année en 2014, est à cet égard exemplaire. S'il prétend s'inscrire dans la tradition d'un art de vivre à la française, il flirte en réalité avec Hollywood et tourne le dos à la noblesse". L'évolution des jeunes générations n'est pas fondamentalement différente de celle de leurs camarades des mêmes universités ou grandes écoles, surtout si la famille conserve de solides moyens financiers... Finalement, on parle autant d'argent que de comportement et de savoir-être dans ce livre, qui se termine presque sur une longue liste de nobles occupant des postes de direction dans la banque, le monde industriel, le MEDEF, mais aussi parfois dans le sport ou le monde des arts.

Un livre dense, solidement référencé et qui donne beaucoup d'informations. Au bilan, un "déclassement" relatif, culturel plus que social, de plus en plus rapide semble-t-il, en dépit de certaines "poches de résistance", pour lesquelles la notion de devoir(s) reste une réalité Et je préfère toujours mon maréchal d'empire.

Fayard Histoire, Paris, 2015, 377 pages, 20,- euros.
ISBN : 978-2-213-67086-7.

Que reste-t-il de la noblesse ?

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29 mai 2015 5 29 /05 /mai /2015 06:00

Les écoles dans la guerre

Acteurs et institutions éducatives dans les tourmentes guerrières

XVIIe siècle - XXe siècle

Jean-François Condette (Dir.)

Les enfants, les adolescent(e)s, les jeunes hommes et jeunes femmes, comme leurs maîtres et professeurs, occupent une position particulière dans les sociétés en guerre. Tout le mérite de ce livre est de tenter de dresser un tableau aussi complet que possible de cette problématique aussi souvent ambigüe que paradoxale.

Après une première partie qui aborde quelques situations antérieures (en particulier deux textes sur la période de la guerre de 1870), l'ouvrage se concentre sur les périodes de la Grande Guerre (11 contributions) et de la Deuxième guerre mondiale (9 contributions). Les intervenants s'intéressent autant aux enseignants eux-mêmes ("La valorisation du rôle des professeurs de l'enseignement secondaire dans la Grande Guerre", par Yves Verneuil, par exemple) qu'aux scolarités et à la vie dans les établissements ("L'enseignement ménager dans Lille occupée, 1915-1918", par Stéphane Lembré). On relève aussi l'étonnante histoire de "L'école commerciale de jeunes filles de Lille, 14 décembre 1915 - 6 juillet 1926", par Philippe Marchand, "une école née de la guerre" ; tandis que Ludovic Laloux revient sur "La croisade des enfants : un mouvement spirituel et patriotique fondé en 1915 au cours Saint-Seurin à Bordeaux". Pour la période 1940-1945, les mêmes thématiques se retrouvent, mais le champ d'observation est pour une part élargi à d'autres belligérants. On remarque le texte de Nathalie Duval sur "Les 'écoles nouvelles' à l'épreuve de la Révolution nationale", celui de Jean-François Condette sur "Les recteurs du Maréchal, administrer l'Education nationale dans les années noires de la Seconde guerre mondiale, 1940-1944", et celui de Monika Salmon-Slama sur "Le lycée polonais Kamil Cyprian Norwid de Villard de Lans, un lycée pour les Polonais dans le Vercors".

Les textes sobres sont variés, équilibrés et parfaitement référencés. Une vraie plus-value pour quiconque s'intéresse à ces thématiques.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2014, 548 pages, 32,- euros.

ISBN : 978-2-7574-0765-3.

Education et éducateurs en temps de guerre

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5 avril 2015 7 05 /04 /avril /2015 06:00

La papauté foudroyée

La face cachée d'une renonciation

Philippe Levillain

Un peu d'histoire religieuse, puisque nous sommes en un dimanche particulier. Acteur incontournable de la vie internationale aussi bien qu'agent influent dans la vie intérieure de nombreux Etats, le Vatican a été récemment soumis à des secousses internes importantes et à la révélation du scandale Vatileaks, et donc fragilisé, alors qu'un nouveau Souverain pontife tente d'inspirer de profondes évolutions. Le livre de Philippe Levillain arrive donc au bon moment pour nous aider à comprendre les changements en cours.

L'auteur date le début de sa chronique du pontificat de Jean-Paul II, avec les nombreuses questions non traitées ou non résolues par le pape polonais. Et, pour mieux comprendre la "renonciation" de Benoît XVI à la charge catholique suprême, pape autour duquel est construit l'essentiel du livre, il fait appel à l'exemple de Célestin V en 1294. Toute, absolument toute la politique intérieure vaticane et l'évolution de l'Eglise depuis une quarantaine d'années sont remises à plat et contextualisées, en queue de trajectoire du concile Vatican II. Après être longuement revenu sur les modalités de l'élection de Benoît XVI et les relations du nouveau pape avec son prédécesseur, dont le nouvel élu accepte d'endosser les erreurs ou les indécisions : "Il en résulte que le pontificat de Benoît XVI semble pris entre une élection favorisée par le sentiment du 'moins pire' et une Renonciation décidée à cause de l'impossibilité d'instaurer des réformes qu'il entendait mettre en oeuvre depuis 2010". Se pose ensuite la question de la canonisation de Jean-Paul II, selon une "initiative organisée" qui se heurte à de nombreuses réticences au Vatican même et dont il sera finalement très peu parlé. Dans un long développement qui témoigne de sa connaissance du sujet, Philippe Levillain détaille le processus de béatification puis de sanctification, en faisant référence tout à la fois à la doctrine, aux usages et aux influences au sein de l'Eglise. Il s'intéresse ensuite aux difficultés auxquelles se trouve confronté Benoît XVI, de la question des évêques traditionnalistes et de monseigneur Lefebvre, au fameux discours de Ratisbonne sur l'Islam et le djihad, à la Légion du Christ et ses scandales, et aux débats réccurrents sur la sexualité et la morale chrétienne, sans compter les scandales de pédophilie qui se multiplient à l'époque. Il aborde ensuite le dossier Vatileaks et les publications parallèles sur les finances et le fonctionnement du Saint-Siège, dont l'auteur minimise l'importance ou la nouveauté (ce qui nous donne d'ailleurs une vingtaines de pages très intéressantes d'explications sur le pourquoi et le comment de l'évolution des finances du Vatican). La deuxième moitié du livre est consacrée aux dix-huit derniers jours du pontificat de Benoît XVI, son retrait volontaire dont il trouve l'origine plusieurs années auparavant, l'organisation du conclave et l'élection de son successeur, soulignant les avancées que l'Eglise doit au dernier pape et passant au crible la liste des papabile. Le livre se termine sur les débuts du pontificat de François, toujours confronté aux mêmes questions que son précédesseur, comme l'homosexualité, l'avortement, le mariage des prêtres, et bien sûr les finances vaticanes et une administration supérieure de l'Eglise qui doivent être réformées.

Complété par plusieurs annexes qui donnent le texte intégral de documents importants, le livre est parfois un peu hardu pour qui n'est pas très au fait des finesses de la vie intérieure du Vatican. Mais il a le mérite d'être précis, dense, riche d'informations. Un volume sans aucun doute très utile pour tous ceux qui s'intéressent à ces questions.

Tallandier, Paris, 2015, 253 pages. 18,90 euros.

ISBN : 979-10-210-1007-9.

Vatican

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 06:00

Adolphe Sax

Sa vie, son génie inventif, ses saxophones,

une révolution musicale

Jean-Pierre Rorive

Magnifique album biographique superbement illustré en hommage à l'inventeur du saxophone, pour le bicentenaire de sa naissance. Une très belle réalisation à apprécier en ce dimanche.

Un inventeur de saxophone sur un site plutôt consacré à l'histoire des conflits ? Sans hésitation, car la carrière du Belge Adolphe Sax va à plusieurs reprises croiser longuement les armées (françaises en particulier), à travers les évolutions de leurs formations musicales; et cela dès les années 1844-1845. Au-delà du seul saxophone naturellement immédiatement associé à son nom, Sax est en effet à l'origine de la réorganisation totale à partir de 1845 des musiques régimentaires, d'abord à 50 exécutants dans l'infanterie et à 36 dans la cavalerie ; mais l'on apprend que les débats vont se poursuivre pendant l'essentiel du XIXe siècle. Si son influence s'exerce en Belgique, elle est particulièrement importante en France et il est, en particulier, l'un des acteurs les plus remarqués du festival de musiques militaires sur l'hippodrome de Paris en juillet 1846. En dépit des graves difficultés juridiques et financières qu'il doit affronter sous la Monarchie de Juillet et la Seconde République, il poursuit ses efforts sous le Second empire et le livre s'orne de très belles reproductions d'images de l'époque. L'ouvrage se termine sur d'importantes parties consacrées aux différents instruments qui ont bénéficié de l'inventivité de Sax et, bien sûr, sur le saxophone lui-même jusqu'à nos jours. 

S'appuyant sur de très nombreuses et diverses sources d'archives (dont les archives militaires de Vincennes), balayant largement toute la vie et la carrière de son héros, Jean-Pierre Rorive et son éditeur nous fournissent également un volume qui bénéficie d'une iconographie absolument remarquable. Un très bel album de prestige, par le texte autant que par l'image, pour votre bibliothèque.

Gérard Klopp Editeur, Mondorf-les-Bains (L), 2014, 225 pages, 48 euros.

ISBN : 2-911992-76-8

En avant la musique !

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

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Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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