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15 décembre 2012 6 15 /12 /décembre /2012 07:05

Entre terreur rouge et peste brune,

la Belgique livide (1918-1940)

Bertrand Herremans

Belgique-livide697.jpg

Dans le cadre général des travaux sur l’entre-deux-guerres, très peu nombreuses sont les études centrées sur un corps aussi particulier que celui de la "Carrière". L’ouvrage de Bertrand Herremans est donc d’autant plus intéressant qu’il s’attache à un groupe relativement limité et cohérent : celui des diplomates du royaume de Belgique ayant eu à traiter de la montée, puis des conséquences, de l’antisémitisme et du traitement des réfugiés chassée de Pologne, de Roumanie ou d’Allemagne. Dans « Un contexte puissamment antisémite », dans un environnement très marqué par l’héritage conservateur (voire réactionnaire) et la religion catholique, alors que la révolution bolchevique triomphe en Russie, la question juive occupe une place importante dans les préoccupations des diplomates. Dans le cas particulier de la Belgique, les soubresauts et les évolutions de politique intérieure aussi bien que les pressions et les menaces internationales accentuent le phénomène.

Dans une première partie, l’auteur étudie les réactions du personnel diplomatique belge (en particulier ceux en poste en Europe orientale) face à la menace du « péril rouge », puis face à la montée des thèses nazies. Dans ce contexte, les représentants de Bruxelles manifestent très tôt un rejet, voire un dégoût, de l’antisémitisme allemand et de sa violence, mais l’intensité plus ou moins marquée de leur adhésion aux thèses catholiques traditionnelles d’une part et leur implication plus ou moins forte dans la vie des pays où ils sont affectés d’autre part conduisent à des comportements et des jugements différents. Or, les perspectives pour la petite Belgique sont d’autant plus menaçantes que le développement des thèses racistes s’accompagne en fait d’un accroissement parallèle du danger et des menaces de guerre, ce que tous ne perçoivent pas. La seconde partie de l’ouvrage s’intéresse plus particulièrement à la question des réfugiés durant la période 1933-1940. Les diplomates belges semblent partagés entre une attitude défensive et de repli, et le souhait d’apporter une aide aux plus malheureux. Bertrand Herremans accorde un intérêt particulier aux relations entre le gouvernement et les associations, à la conférence intergouvernementale de 1936 et à « La conférence internationale pour l’adoption d’une convention concernant le statut des réfugiés provenant d’Allemagne ». Durant cette phase, les interventions maladroites de la France sont peu appréciées et les conversations se terminent par « le refus de la majorité des Etats de libéraliser leur politique ».

En conclusion (titrée « Une quête obsessionnelle, désespérée et maladive d’un ordre perdu »), Bertrand Herremans relativise en partie son propos quant à l’antisémitisme des diplomates belges mais, pour l’essentiel nobles et catholiques, ils craignent « un possible renversement du système socio-politique ». Les diplomates belges « cherchent à se revendiquer de l’humanité par opposition à la barbarie qu’ils dénoncent et associent au nouveau régime allemand », mais le souci de préservation de l’intégrité territoriale et de l’unité nationale du pays prend le pas sur toutes les valeurs : « si certains sont effectivement préoccupés par la détresse des réfugiés, les agents comme beaucoup d’autres observateurs et dirigeants belges ne basent pas, même partiellement, leur politique sur l’humanité, mais sur les peurs évoqués et l’égoïsme national ». Une conclusion nuancée, mais qui souligne les ambiguïtés de l'époque, et qui pointe le conservatisme et la faiblesse : « On ne peut reprocher à la diplomatie belge que sa relative répugnance à leur porter davantage secours ».

Une étude aussi originale qu’intéressante.

André Versaille éditeur, Bruxelles, 2012, 238 pages. 44,90 euros.

ISBN : 978-2-87495-196-1.

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20 novembre 2012 2 20 /11 /novembre /2012 07:05

La civilisation du journal

Histoire culturelle et littéraire de la presse française au XIXe s.

Dominique Kalifa, Philippe Régnier, Marie-Eve Thérenty ey Alain Vaillant (Dir.)

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Une parution de référence, datant d'il y a environ un an, mais que nous devions absolument chroniquer.

En effet, cette monumentale étude collective (61 contributeurs) de plus de 1.700 pages ( ! ) permet aux auteurs de "mesurer les effets du journal sur la marche de la société", durant cette période qui va jusqu'à la Grande Guerre et au cours de laquelle l'essor de la presse a été sans précédent. Histoire politique, culturelle, économique : c'est exceptionnel et tous les aspects, toutes les réalités, toutes les complexités de la société du temps défilent sous nos yeux.

Vous suivrez ainsi "Les transformations technologiques de la presse", qui permettent en fin de période les tirages de masse ; vous comprendez mieux "L'économie de la presse", et ses contraintes fiscales ou de publicité par exemple ; les rapports des journaux parisiens aux partis politiques et aux régimes en place ; la question de la liberté d'expression et de la censure ; les distinctions entre les grands quotidiens généralistes et la presse périodique, partisane ou intellectuelle ; la presse de vulgarisation, la "grande" et la "petite" ; la place croissante prise par les illustrations puis les photographies ; la presse départementale et la presse coloniale métropolitaine (on regrette que ce chapitre soit l'un des moins développé) ; la presse féminime et la presse professionnelle (mais aucune référence ici à la vingtaine de titres, dont le quotidien La France Militaire, qui s'intéressent spécifiquement aux questions militaires). Le statut et le rôle du journaliste, l'organisation des rédaction, la mise en page des Unes, l'existence d'un "Editorial" (ou "article de tête") plus ou moins engagé et polémique, la présence des "feuilletons" sous la signature de romanciers prestigieux, la liberté de ton si caractéristique de la IIIe République, le développement des "reportages" et la naissance des "interviews", les différentes chroniques et rubriques régulières, les grandes plumes et les publicistes, la question du rapport entre l'actualité et l'histoire (importance relative d'un événement), le rapport à la vie privée des élites, la création de "l'opinion" et "La démocratie médiatique", le rôle de la presse dans la constitution des identités nationales et sociales, etc... Tout, vous saurez tout (ou presque) sur le sujet. Presque, car deux domaines en effet sont peu ou pas étudiés en dépit de la diversité et de la richesse des titres : le monde colonial et le monde militaire, qui n'est très rapidement évoqué que par quelques lignes au détour des pages 557-558.

Outre le classique "Index des noms de personnes" (pp. 1617-1646), on trouve à la fin de l'ouvrage un "Index des titres de journaux" (pp. 1647-1670) probablement presque exhaustif (sauf pour les titres traitant des questions militaires, 1 cité sur une vingtaine publiés) et une bibliographie véritablement impressionnante (pp. 1671-1755). En dehors de ces quelques réserves, une étude d'absolue référence, indispensable à quiconque souhaite s'intéresser, très largement, à l'histoire du XIXe siècle et au début du XXe.

LE livre dont il faut désormais disposer sur le sujet.

Nouveau Monde Editions, Paris, 2011, 1762 pages, 39 euros.

ISBN : 978-2-84736-543-6

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24 octobre 2012 3 24 /10 /octobre /2012 07:00

Obéir et commander au feu

François Cochet (Dir.)

Experience-combattante.jpg

Voici le deuxième volume d'actes du cycle de séminaires lancé par le professeur François Cochet sur le thème de l'expérience combattante des 19e au 21e siècles. Le volume publié l'an dernier était centré sur la question de la formation des combattants, celui de cette année, Obéïr et commander au feu, est donc parfaitement complémentaire.

Selon le principe adopté depuis le lancement de ce programme de recherche (voir l'entretien ci-dessous), cet ouvrage se distingue par son caractère pluridisciplinaire, tout en restant centré sur les questions militaires, ce qui lui done une grande cohérence. Il est divisé en trois parties principales : "Les éléments de transversalité : lectures des actes d'obéissance et de désobéissance au feu", "Commander et obéïr au combat" et "Adaptations aux ordres reçus et refus d'obéissance". Parmi les thèmes abordés et les intervenants, on remarque le sociologue Claude Weber ("Réflexions sur les formes d'autorité et l'obéissance à un ordre illégal"), le lieutenant-colonel juriste Philippe Frin ("L'environnement juridique du champ de bataille aujourd'hui"), le médecin-chef Yann Andruetan ("L'obéissance en milieu militaire et la psychiatrisation de la désobéissance"), etc. Les exemples historiques traités s'étendent de la conquête coloniale à la fin du XIXe siècle (Rémy Porte, "Les leçons de commandement du capitaine Prokos") à l'Italie des années de plomb (Nicola Labanca, "Le refus de combattre et d'obéïr des objecteurs de conscience italiens dans les années 1970", en passant bien sûr par la Grande Guerre (Michael Bourlet, "Les ordres d'attaque des corps d'armée français en 1915 : permanences et innovations" ; ou Julie d'Andurain, "Les généraux de la Grande Guerre, entre obéissance et désobéissance"), à la Seconde guerre mondiale (Julie Le Gac, "Surveiller et punir : le poids de la discipline dans l'exercice du commandement au feu. L'exemple du Corps expéditionnaire français en Italie (1943-1944)" ; ou Francis Balace, "Commander à quoi, obéir à qui ? Les problèmes franco-belges de subordination et de liaison en mai 1940"), mais aussi à la guerre d'Algérie (Frédéric Médard, "Soldats de métier et conscription : les chefs de section et le rétablissement de l'ordre en Algérie, 1954-1962") ; ou Jean-Charles Jauffret, "Guerre d'Algérie : typologie de la désobéissance"), pour ne prendre que quelques exemples.

C'est dire toute la richesse de ce volume, qui nous parle aussi bien du 1er Corps canadien en 1944 (Yves Tremblay) que de la Légion garibaldienne en 1914 (Hubert Heyriès). Dans la conclusion qu'il m'a été demandé de rédiger, je souligne en particulier "qu'il s'agit ici de verbes d'action, à la fois co-substantiels du métier militaire, et indissolublement liés entre eux puisque, tout au long de sa carrière, un officier, fut-il officier général, ne cesse de commander ET d'obéir, c'est à dire de traduire en ordres pour ses subordonés ceux que lui-même reçoit de son autorité supérieure ... Chacun, à son niveau de responsabilité, est donc quotidiennement en situation de commander et d'obéir".

Notons que les prochaines livraisons aborderons Les environnements du combattant (parution en 2013) et Les blessures des combattants (parution en 2014).

Collection 'Actes académiques', Riveneuve éditions, Paris, 2012, 413 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-36013-112-9

COMBATTANTS 2 

François Cochet nous présente un point de situation sur ce programme de recherche.

Question : Pouvez-vous nous présenter le programme de recherche EXPECOM dans son ensemble ? Quels sont les objectifs poursuivis ?

Réponse : Travaillant depuis une quinzaine d'années sur les comportements des soldats au combat (notamment ceux de la Grande Guerre), j'ai voulu opérer une démarche comparative. EXPECOM 19-21 s'appuie sur une interrogation que j'ai voulu finaliser dans un programme de recherche, labélisé pour les quatre années par la Maison des sciences de l'homme (MSH) - Lorraine. Le constat de départ était simple. Peut-on mesurer des évolutions transversales de l'expérience des soldats au feu depuis le milieu du XIXe siècle ? Certains historiens avancent les thématiques de la "brutalisation" du champ de bataille durant la Grande Guerre, et j'ai voulu suivre sur le long terme les comportements des soldats à l'aune de certaines évolutions techniques. Par-delà les différences technologiques, chronologiques, et les différentes cultures nationales des militaires, les grandes peurs, hantises, fiertés, héroïsmes du champ de bataille évoluent-ils fondamentalement ? En d'autres termes, c'est l'éternelle question des mutations -tant mentales que technologiques- et des permanences, leur équilibre et partage sur les champs de bataille successifs du XIXe siècle à aujourd'hui, qui représentent les enjeux essentiels de ce programme commencé en 2010 et qui s'achèvera en 2014. Il s'agit d'un programme pluridisciplinaire où les historiens -tant civils que militaires- travaillent conjointement avec des juristes, des linguistes, des sociologues ou des médecins.

Question : Que retirez-vous de ce volume 2, consacré à "Obéïr et commander au feu" ? Quelles sont les principales pistes explorées ?

Réponse : Le premier volume avait concerné la formation des soldats, tant d'une point de vue théorique que par "RETEX". Le second volume essaie de suivre les comportement d'obéissance et de commandement, vécus sur le terrain. En aval de la formation initiale des combattants, les réflexes d'obéissance sont intériorisés plus ou moins parfaitement, en fonction de la qualité de la troupe, des circonstances du conflits concerné, de la personnalité du chef. Comment commander au feu quand on est sous-lieutenant ou général ? Ni les modalités, ni les formes du commandement ne sont les mêmes dans cet exemple. De ce point de vue, la communication d'André Martel, consacrée au général Compagnon et à ses différents types de comandement au feu depuis le grade de lieutenant, s'avère tout-à-fait dans la ligne de la démarche.

COMBATTANT-1.jpg

Question : A ce jour, vous êtes à mi-parcours : pouvez-vous établir un bilan intermédiaire ?

Réponse : Malgré les difficultés matérielles (le sciences humaines sont le parent pauvre de la recherche en France) et intellectuelles (dès que l'on touche à la culture militaire, l'université française dans sa grande majorité à tendance à se cabrer), le programme se déroule conformément à mes attentes. Pour les raisons budgétaires évoquées, j'ai été obligé de réduire la voilure en n'invitant pas autant de collègues étrangers que je l'aurais souhaité. Il n'en demeure pas moins que les acquis scientifiques sont très réels et ont déjà permis de faire émerger des invariants comportementaux, mais aussi les différentes cultures nationales des milieux militaires. Les 38 communications des deux premiers volumes de la collection "Expérience combattante 19e-21e siècles" (Riveneuve éditions) commencent à constituer une base-ressource documentaire intéressante, qui va être complétée par la publication du volume du colloque tenu il y a quelques semaines à Metz (consacré aux "Environnements du combattant", tant matériels qu'intellectuels) qui paraitra en 2013, tandis que la dernière session du programme se tiendra fin 2013 et sera consacrée aux "Traumatismes des combattants", physiques, phychiques et mémoriels.

Question : En tant que professeur des universités, comment voyez-vous l'avenir de l'enseignement de l'histoire des conflits ?

Réponse : Nous ne sommes plus très nombreux à travailler sur les conflits en nous intéressant aux combattants et aux dimensions militaires. Les évolutions, en France, ont amené à faire du soldat une "victime", ou un "fusillé pour l'exemple", au mépris de la compréhension des comportements des époques passées. Ces amalgames anachroniques sont le reflet d'une dérive vers le mémoriel et ses fonctionnements propres d'empathie, au détriment de la démarche réellement historienne, construite sur la tentative de compréhension par imprégnation et d'explication du passé. Nous sommes là, vraiment, dans une régression conceptuelle induite aussi, en partie, par la victoire de "l'histoire culturelle", pour laquelle il n'existe plus des faits mais seulement des représentations mentales des faits. La demande de l'institution militaire est plutôt centrée sur la géostratégie, dont les historiens sont de plus en plus évacués par les politologues, ou sur un "RETEX" utilitaire, largement ignorant des expériences historiques. Or, il n'y a souvent de nouveauté qu'ignorance du passé.

Tout cela n'est guère encourageant pour voir se développer une histoire des conflits qui prenne en compte les innovations méthodologiques  d'une histoire des représentations, sans pour autant faire fi de la précision nécessaire à toute histoire du champ de bataille. Entre une "histoire militaire" dépassée consistant à compter le nombre de canons présents dans une bataille et à en rester à un simple procédé descriptif, et une pseudo-anthropologie historique ne maniant que des concepts, il y a de la place pour une histoire des conflits et des hommes sereine et moderne. Fort immodestement, c'est cette histoire que j'essaie de faire avec quelques autres.

Merci François Cochet pour cet état des lieux, à la fois un peu sombre, mais aussi riche de perspectives.

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2 octobre 2012 2 02 /10 /octobre /2012 07:00

Gaule et France

Alexandre Dumas

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Ce petit volume est une pure merveille d'écriture : ou, quand un géant de la littérature ne connaissant rien à la science historique se pique de diffuser une certaine vision de l'histoire.

Le débat récurrent sur les moyens à utiliser pour intéresser le grand public et la jeunesse à l'histoire trouve ici matière à de profondes réflexions. En effet, en 1833, le jeune auteur Alexandre Dumas, dont la notoriété naissante repose sur quelques succès au théâtre, tente (dans le cadre plus large d'un phénomène de mode) de populariser une histoire de la France, des origines au Moyen-Age. Sans la moindre formation (et sans doute fort peu de connaissances solides) en histoire, et avant de se lancer dans les romans (Les Trois Mousquetaires, etc.) qui le rendront célèbre, il se dit impressionné par les succès de Walter Scott ("Après avoir lu Ivanhoe, Le château de Kenilworth, Richard en Palestine, nous fûmes forcés de reconnaître la supériorité de ces romans sur les nôtres" ) et précise en introduction : "Nous substituerons la forme de la chronique à celle de l'annale, et nous abandonnerons la concision pour le développement pittoresque" ! Tout est dit.

Outre le plaisir (parfois extrêmement savoureux) qu'il y a à lire un texte aussi connoté "XIXe s." (style, vocabulaire, idées, etc.), il est également extrêmement intéressant de s'attarder sur le but poursuivi et la (re)construction d'une identité mythifiée (et mythique) au lendemain de l'épopée révolutionnaire et impériale, en partant de "l'histoire" de la "monarchie franco-romaine" ! L'épilogue, dans lequel Alexandre Dumas tente de brosser en quelques pages un résumé (sic !) de l'histoire de France entre Louis XI et la monarchie de Juillet mérite également que l'on s'y attarde (à propos de la retraite de Russie : "Dieu retire donc sa main de Napoléon, et pour que l'intervention céleste soit bien visible cette fois dans les choses humaines, ce ne sont plus des hommes qui combattent des hommes, l'ordre des saisons est interverti, la neige et le froid arrivent à marches forcées : ce sont les éléments qui tuent une armée").

Un petit bijou de l'édition. Un livre qui séduira tous les amateurs d'histoire et de littérature.

Editions Vendémiaire, Paris, 2012, 280 pages, 16 euros.

ISBN : 978-2-36358-037-5

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27 septembre 2012 4 27 /09 /septembre /2012 07:00

L'Armée, l'Eglise et la République

(1879-1914)

Xavier Boniface

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Professeur à l'université de la Côte d'Opale et spécialiste reconnu des questions "politico-militaro-religieuses" en particulier sous la IIIe République, Xavier Boniface nous livre ici une version imprimée de son mémoire d'habilitation à diriger des recherches, soutenu en décembre 2008, dans lequel il se fixe en particulier comme objectif "de revenir sur la laïcisation de l'armée, ainsi que sur sa perception dans la société française avant 1914", dont il distingue deux périodes bien différentes : avant et après l'affaire Dreyfus.

Ce volumineux ouvrage, parfaitement bien référencé et dont le texte courant est accompagné de notes de bas de page judicieuses, est structuré en deux grandes parties : "L'apprentissage de la laïcité dans l'armée de conscription au temps de la république modérée (1879-1898)", et "Un mise au pas laïque et républicaine de l'armée au temps de la république radicale (1898-1914)". La question de l'aumônerie (statuts, missions, présence et rôle, etc.) sert en quelque sorte de fil rouge et l'on s'intéresse aussi bien aux officiers de l'armée d'active qu'aux conscrits. Plusieurs chapitres présentent un intérêt tout particulier, comme "La délation, une affaire de la morale et de la politique" (chap. 6), qui traite de l'affaire des Fiches et du général André, et "Honneur et conscience" (chap 7), qui étudie l'engagement de l'armée dans des opérations intérieures de maintien de l'ordre à une époque où les formations spécialisées de la police et de la gendarmerie n'existent pas encore. Constatant en conclusion que (contrairement à certains poncifs mille fois répétés : "Il est toutefois exagéré d'affirmer, comme le fait William Serman, que ces événements [affaire Dreyfus, affaire des Fiches, etc.] consolident l'alliance du sabre et du goupillon, sous le signe du nationalisme. Au contraire, c'est au moment où le cléricalisme militaire décroît, sous les effets convergents de la politique radicale et de l'acculturation républicaine des officiers, qu'il est le plus stigmatisé") "l'Armée, l'Eglise et la République étaient, dans les années 1879-1914, malgré leurs profondes divergences, sur la voie des accommodements", il nous offre un panorama subtil, précis, mesuré de cette période.

On apprécie à la fin de l'ouvrage les 25 pages de sources, archives, et bibliographie, toutes références parfaitement précisées pour que chacun puisse éventuellement s'y reporter. Un ouvrage qui, à n'en pas douter, fera date et que toute personne intéressée par, ou chaque étudiant travaillant sur, la première partie de la IIIe république doit connaître.

Nouveau Monde Editions, Paris, 2012, 523 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36583-324-0

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8 septembre 2012 6 08 /09 /septembre /2012 07:02

A genou les hommes, debout les officiers !

La socialisation des Saint-Cyriens

Claude Weber

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"Encore un livre sur Saint-Cyr !", diront certains. "Tant mieux", répondons-nous, car celui-ci ne se limite pas à un intérêt plus ou moins exhaustif pour les Tradis. Préfacé avec beaucoup de finesse par Michel Wieviorka, ce gros volume de quelques 400 pages s'intéresse "aux coulisses et au quotidien des élèves" : "Je souhaitais appréhender l'institution par le côté le moins spectaculaire, le moins solennel, pour traiter des réalités journalières. Ce quotidien discret qui socialise, qui construit, entretient et transmet des identités"

Pour mener à bien son étude, Claude Weber, lui-même maître de conférences en sociologie aux écoles de Coëtquidan, a suivi pas à pas pendant trois ans, avec l'entier accord du commandement et du bureau des élèves, la vie d'une promotion (la "capitaine Beaumont"). Il ne s'agit donc pas d'une étude sociologique d'ensemble sur "les" Cyrads de façon générique, mais de "l'observation" précise d'une promotion en tant que telle. L'auteur divise donc son livre en parties et chapitres qui permettent de suivre chronologiquement l'ensemble de la scolarité sur trois ans (soit six semestres) et qui mettent en relief les moments forts successifs : "La première année" commence ainsi par "Qui sont les élèves?", "Les circuits d'intégration", "Les gradés aux jeunes", etc. On retrouve ainsi toute la formation militaire, du "premier Bois du Loup" au "CNEC et les dernières formations militaires", la formation académique, du "Tunnel de la DGER" au "Jury de diplôme" en passant par le stage à l'étranger, les traditions, du "Bahutage" et du "2S" au "Triomphe", etc.

Chacun y apprendra ou découvrira quelque chose, et parfois beaucoup, même les anciens Cyrards eux-mêmes, même peut-être les cadres de l'école, tant l'ouvrage est riche et dense. Toutes les opportunités sont saisies par Claude Weber pour étudier tel ou tel moment particulier, observer les réactions des uns et des autres, en analyser les conséquences, établir des synthèses ou réaliser dees statistiques. Bref, un travail minutieux, soigneux, précis, qui par certains côtés peut surprendre, que l'on soit totalement extérieur à la communauté militaire et à première vue choqué par certains propos, ou que l'on soit si ancré dans l'institution que l'on en perd progressivement le recul indispensable. Les relations au sein des groupes et sous-groupes, l'importance et la réalité des classements successifs, la vie en couple, le poids des traditions familiales et de l'endo-recrutement, l'importance relative du fait religieux ou des questions politiques au sein de la promotion, sont parmi bien d'autres quelques uns des thèmes "transverses" que l'on retrouve, en particulier à la fin de l'étude.

A aucun moment Claude Weber ne porte de jugement définitif. Son propos est toujours réaliste, fin, mesuré, contextualisé. Tout en conservant rigoureusement la position de l'observateur extérieur, il sait s'intégrer et ne cache pas parfois sa discrète sympathie pour le groupe de jeunes qu'il "étudie". Il laisse ouverte les (très) nombreuses questions auxquelles il ne peut pas apporter de réponses définitives, mais n'hésite pas à les formuler et à avancer des pistes d'explication. Il souligne également en conclusion que les armées, l'armée de terre et les écoles ne cessent de se tranformer, multiplient les réformes et réorganisations, et que son étude n'a pas vocation a être définitive : le monde change et l'institution militaire également. Sans doute un peu "différents" d'autres membres de la même classe d'âge, les Saint-Cyriens de la promotion 2005-2008 n'en sont pas moins les représentants d'une partie de la jeunesse de France aujourd'hui. Bref, un ouvrage tout-à-fait intéressant, qui change des poncifs et des idées reçues. A lire et à conseiller.

 

Presses universitaires de Rennes, 2012, 405 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-7535-2019-6

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14 juin 2012 4 14 /06 /juin /2012 07:11

Le souvenir de 1870

Histoire d'une mémoire

Jean-François Lecaillon

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La guerre de 1870-1871, avec le changement de régime en France, la proclamation de l’empire en Allemagne, la perte de l’Alsace-Lorraine et la Commune, constitue un événement essentiel de l’histoire de France. Dès août 1914, toutes les autorités politiques et morales de la IIIe République en utiliseront le souvenir dans les campagnes de propagande contre « les Boches », que l’on nommait encore souvent « les Pruscos ».

Tout l’intérêt de l’ouvrage de Jean-François Lecaillon est de nous présenter chronologiquement les manifestations et les formes successives de ce souvenir d’une des plus cuisantes défaites de l’histoire de France. S’appuyant sur une connaissance probablement presque encyclopédique de son sujet, l’auteur articule son livre en trois grandes parties. Il recense dans un premier temps les chroniques d’une défaite militaire suivie d’une guerre civile (juillet 1870 - mai 1871) ; aborde ensuite la période essentielle de la première partie de la IIIe République, entre le début des années 1870 et 1914 ; termine par les évolutions plus marquées encore du XXe siècle, de 1915 à nos jours.

La partie la plus dense est bien sûr la seconde, mais la plus surprenante est sans doute la troisième. Au cœur du livre, entre 1871 et 1914, l’auteur distingue quatre périodes nettement identifiées : 1871-1879, « Se souvenir pour rendre compte » ; 1880-1892, « Se souvenir pour rendre hommage » ; 1892-1901, « Se souvenir pour rendre vie » et 1902-1914, « Se souvenir pour se préparer », qu’il analyse à travers l’évolution du discours politique national, la presse et la littérature. Certaines observations sur les conséquences de la disparition des « anciens combattants », par exemple, pourraient sans difficulté être transposées (« toutes choses étant égales par ailleurs », comme disent les économistes) à l’après-Grande Guerre ou à l’après-Seconde guerre mondiale. La dernière partie comporte une analyse critique des principaux ouvrages publiés depuis 1945 sur le sujet, critique parfois très nette (dont La revanche d’Henry Contamine, pp. 213-214) ; et une première étude chiffrée des résultats obtenus en interrogeant Internet (Google, Wikipédia): en dépit des progrès de l’historiographie, « les légendes persistent ». Dans un domaine proche, et presque sur le même ton, une comparaison, dans la même partie, des principaux manuels scolaires parus entre 2003 et 2007 est "éclairante".

Bref, un livre original, riche, stimulant. Un simple réserve : sans doute aurait-il été intéressant de "jeter un oeil" un peu plus appuyé du côté des publications militaires pour se demander en quoi et dans quelle proportion au fil du temps l'analyse a postériori de la guerre de 1870 avait pu influencer la préparation de celle de 1914. Un livre, cependant, que liront avec plaisir tous les amateurs d’histoire militaire, politique et sociale des deux derniers siècles.

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30 mai 2012 3 30 /05 /mai /2012 07:05

20.000 soldats sous la terre

Peintures murales et graffitis des fortifications de Thionville, Metz et Strasbourg

Michaël Séramour

 Couverture de l'ouvrage '20 000 soldats sous la terre'

 

J'ai eu le plaisir, à la fin de l'année 2010, de faire partie du jury de soutenance de thèse de Michaël Séramour, et j'avais souhaité, à la fin de mon intervention, qu'il puisse rapidement mettre à la disposition du public le résultat de ses monumentales recherches. C'est désormais chose faite, et il faut remercier les éditions Serpenoise d’offrir au public ce superbe album d’un peu plus de 200 pages. L’ouvrage s’ouvre sur une carte en double page présentant le détail des ensembles fortifiés français et allemands en 1914 entre Epinal, Verdun, Metz et Strasbourg, mais ne traite finalement que d’une partie de la thèse : les fortifications de la région de Thionville, les ceintures intérieure et extérieure de Metz et la place forte de Strasbourg. Il faut dire que ces puissantes installations, utilisées successivement depuis leur construction par les Allemands, les Français, éventuellement les Américains après 1945 et qui ont vu passer des travailleurs forcés d’Europe orientale pendant la Seconde guerre mondiale, sont celles qui offrent le plus large panel de dessins, peintures murales et graffitis.

Tous les groupes fortifiés ont été longuement visités, au cours de véritables expéditions de spéléologie, des plans ont été dressés pour la plupart d’entre eux et sont reproduits dans l’ouvrage, un positionnement précis du moindre dessin a été réalisé, tous ont été photographiés, inventoriés, classés. Cela donne un ensemble magnifique, illustré par des centaines de photos originales, toutes d’excellente qualité. On reste muet devant le réalisme des paysages qui représentent les panoramas de tir des abris du chemin de ronde du petit groupe fortifié d’Illange, devant la fraicheur des saynètes du foyer des officiers du fort de Champagne près de Metz, devant la précision des blasons qui ornent le foyer de la Feste Prinzregent Luitpold ou devant la richesse des peintures murales de fort Kronprinz (devenu fort Foch par la suite) de Strasbourg.

Ce travail exceptionnel, très vraisemblablement exhaustif, d’archéologie du XXe siècle ne pouvait être réalisé que par un passionné. Et il en a fallu de la passion à Michaël Séramour pour réaliser, avec une petite équipe d’amis et de bénévoles, au cours d’une dizaine d’années, à travers des milliers de photos, cet extraordinaire inventaire de notre patrimoine. La plupart des sites ont été fermés ces dernières années, pour des raisons de sécurité. Quelques uns sont difficilement entretenus et restent partiellement accessibles au public grâce au dévouement d’associations locales. Avec le temps, l’action des éléments, voire les dégradations volontaires, ces merveilleux dessins disparaissent et la mémoire s’estompe : c’est à Michel Séramour que nous devrons bientôt d’avoir conservé l’image réelle, in situ, de ces peintures murales et graffitis, ultimes témoignages des dizaines de milliers de soldats qui tinrent garnison en ces lieux.

L’album (40 euros) est en particulier disponible par correspondance auprès des éditions Serpenoise, 3 avenue des deux fontaines, BP 70090, 57004 Metz cedex 1.

 

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1 mai 2012 2 01 /05 /mai /2012 08:00

Les Chrétiens, la guerre et la paix

De la paix de Dieu à l'esprit d'Assise

Xavier Boniface et Bruno Béthouart (Dir.)

Chretiens-paix487.jpg

 

La thématique des rapports entre les grandes religions monothéiste et la guerre connait depuis plusieurs années un véritable renouveau (la question de la définition d'une guerre juste, conduite "au nom de l'humanité" n'y est pas étrangère). Publié aux Presses Universitaires de Rennes, ce volume constitue les Actes de la 18e université d’été du Carrefour d’histoire religieuse, tenu à Douvres-la-Délivrande en juillet 2009 et apporte des éléments de réponse dans le temps long. Il regroupe plus de vingt communications, articulées en trois grands thèmes : « Christianisme du temps de guerre », « Les justifications religieuses des guerres » et « De la paix de Dieu au pacifisme chrétien ». Dans son introduction, Xavier Boniface précise les objectifs : « Il s’agit d’éclairer, dans une perspective historique, sur la longue durée, les liens, plus complexes et plus diversifiés qu’il n’y paraît, entretenus par le christianisme avec la guerre et la paix ».

La période chronologique couverte s’étend du Moyen Âge (Frédéric-Pierre Chanut, « Guerre sainte et guerre juste au Moyen Âge ») aux périodes les plus récentes (Philippe Portier, « Le problème du droit de la guerre dans la pensée catholique contemporaine ») et s’intéresse à toutes les périodes intermédiaires. Pour les amateurs plus spécialement intéressés par la Première Guerre mondiale, trois des cinq textes de la première partie traitent directement du christianisme et des aumôniers pendant la Grande Guerre (Antoinette Guise, « Entre catholicisme et patriotisme : Thérèse de Lisieux, patronne des Poilus ou thaumaturge universelle » ; Dominique-Marie Dauzet, « Prêtres normands dans la Grande Guerre » ; Catherine Masson, « Un journal de guerre 1914-1918 : Achille Liénart, aumônier du 201e RI »), les deux derniers abordant à la fois la Première et la Seconde guerres mondiales (Frédéric Le Moigne, « Les évêques français défenseurs de la cité durant les deux guerres mondiales » ; Olivier Georges, « Pierre-Marie Gerlier et la guerre »). Un seul article sur huit, dans la deuxième partie, est centré sur 1914-1918 (Jean-François Zorn, « Les missions protestantes et la Grande Guerre : un aspect du ‘patriotisme chrétien’ ») ; aucun enfin parmi les huit textes que compte également la dernière thématique.

Il serait vain de vouloir présenter en quelques lignes la très grande richesse de cet ensemble, qui offre une vision presque kaléidoscopique du sujet. Les argumentaires, les actes ou décisions des uns et des autres, les représentations et les images sont étudiés avec précision dans des textes de qualité. Dans leur conclusion, les deux co-directeurs reconnaissent que « les discours sur la guerre et la paix, toujours ambivalents car justifiant souvent la première tout en prônant la seconde, permettent aussi d’éclairer la diversité des positions des Eglises … Entre croisade et guerre juste, entre paix de Dieu et pacifisme chrétien, les attitudes des Eglises chrétiennes vis-à-vis du phénomène guerrier tiennent à la fois à la défense de leurs intérêts et des valeurs auxquelles elles sont attachés, mais aussi à des messages et à des doctrines pacifistes ».

Toutes ces études de cas constituent au final un ouvrage collectif de haute tenue et de grande qualité. Un livre de référence.

 

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19 mars 2012 1 19 /03 /mars /2012 08:00

La guerre pour l'opinion publique

Général Benoit Royal

Couverture de l'ouvrage 'La guerre pour l'opinion publique'

Ancien chef du SIRPA-Terre, aujourd'hui responsable du recrutement, le général Royal est sans nul doute l'une des personnes les plus autorisées pour traiter des questions relatives à la communication militaire. Dans ce petit volume de 105 pages, l'auteur pose d'abord un constat : "Comprendre l'action médiatique". Il développe ensuite huit modes d'action, organisés en trois chapitres : "La stratégie des nouveaux espaces" (Oser l'action directe dans les réseaux sociaux, Maîtriser sa réputation électronique, Exploiter le dynamisme médiatique des militaires), "La stratégie de l'imitation" (Attaquer l'adversaire sur son propre terrain, Oser jouer de la désinformation), "La stratégie de la vertu" (Engager le combat de la moralité, Cultiver la transparence, Valoriser le comportement éthique). Le texte est clair, fluide, rapide ; le vocabulaire positif, directif parfois. L'ensemble est ponctué de nombreuses citations et les différents chapitres sont accompagnés d'encarts qui présentent un cas concret, souvent très récent, à partir duquel le général Royal appuie son argumentation.

Même si l'on reste parfois sur sa faim tant la démonstration est rapide et si l'on ne retrouve pas vraiment de remise en cause de ce qui a été fait ces dernières années (on a l'impression que tout va très bien...), ce petit livre très abordable (14 euros) offre une très utile synthèse des difficultés et des problématiques actuelles d'une communication institutionnelle qui touche aux fondamentaux de l'Etat (intérêts supérieurs) et de l'individu (la vie et la mort). Il ne s'agit donc pas d'information, mais de poursuivre quotidiennement la guerre de la communication.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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