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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 06:25

L'Orchestre noir

Enquête sur les réseaux néo-facistes

Frédéric Laurent

Cette réédition à partir d’un texte pour l’essentiel publié en 1978 entre désormais dans la catégorie des livres d’histoire, puisque l’ouvrage s’intéresse désormais à des événements vieux d’une trentaine ou d’une quarantaine d’années. Mais il y entre avec les faiblesses d’un livre rédigé à une époque où les travaux sur le sujet tenaient plus de l’investigation journalistique que de la recherche historique. Comme le précise en première page du livre une note liminaire, certains aspects paraissent effectivement datés.

L’ouvrage s’intéresse à la nébuleuse des extrémistes les plus radicaux de l’extrême-droite européenne, de la fin de la Seconde guerre mondiale à la stratégie de tension dans l’Italie des années 1970. La première partie (« De la guerre à la guerre froide ») est consacrée en quelque sorte au passage de témoin entre les dirigeants de la génération compromise dans la guerre et les « petits gradés » du fascisme ou les plus jeunes rapidement repérés par les services occidentaux (américains en particulier) et réutilisés au nom de l’anticommunisme. La seconde traite des conséquences des guerres perdues de décolonisation auprès de quelques militaires de différents grades (et civils), dont l’OAS et ses réseaux dans la péninsule hispanique constituent l’exemple mis en avant. Les deux suivantes (« Aginter-Presse : les mercenaires de l’ordre nouveau » et « Italie : le coup d’Etat permanent ») se focalisent sur la structuration de ces réseaux au plan international et leurs actions, en Afrique et en Amérique latine en particulier. Il insiste longuement sur les attentats qui ensanglantent la péninsule italienne et le peu de résultat des enquêtes conduites. La dernière enfin (« L’Orchestre noir : service ‘action’ de la droite à travers le monde »), commence avec une présentation de la Ligue anticommuniste mondiale, et se poursuit avec l’évocation d’agences espagnoles ou portugaises inévitablement liées aux mercenaires en Afrique et à des groupuscules plus ou moins sulfureux. La postface, rédigée en 2013, consiste en fait en une présentation actualisée des suites données aux enquêtes italiennes sur les attentats de la période des ‘années de plomb’ : « Etrange justice italienne trop souvent désarmée devant le sens profond de ces tueries et bien peu curieuse d’en connaître les mandants ». Au fil des pages, la CIA est presque constamment présente, les réseaux type ‘Gladio’ fréquemment évoqués, aussi bien que l’OTAN, le SID italien ou le PIDE portugais, voire la DGSE.

Finalement, qu’en reste-t-il ? Le sentiment d’un complot permanent de ces milieux et de ces organisations contre les régimes démocratiques, l’absence d’hésitation devant le recours à une violence aveugle ; mais aussi l’étonnant amateurisme de la plupart des acteurs, le fait qu’ils soient pour la plupart manipulés et l’impression diffuse d’une volonté militante de l’auteur qui fait passer quelques pieds-nickelés pour des comploteurs dangereux à l'échelle planétaire (incidents mineurs grossis et mis au même niveau que de graves attentats, rencontres ponctuelles qui « pourraient » être systématiques, etc.). Alors que penser du livre ? Il est certes à lire car, sur cette époque d’attirance relative de certains militants pour la « lutte armée contre le système »,  les informations restent peu nombreuses et contradictoires. Il est aussi à connaitre parce qu’il rassemble de multiples informations sur la période. Mais il est indiscutablement à utiliser avec précaution et à citer avec mesure, car, sans confirmation ou analyse critique, certains propos traduisent de rapides raccourcis ou des présentations parfois abusives (que diable la CDU/CSU bavaroise vient-elle faire dans cette galère ?). Utile pour mieux comprendre quelques organisations européennes d’extrême-droite radicale, envisager les liens qui ont pu exister entre elles (ou plutôt entre leurs dirigeants) et s’intéresser à leurs objectifs politiques, revendiqués ou non. Sans toutefois oublier que ces groupes, quasiment disparus avec la fin de la guerre froide, sont restés minuscules n’ont jamais regroupé que quelques dizaines ou centaines de militants, et que tous leurs projets se sont finalement soldés par des échecs, même meurtriers. Les régimes républicains et parlementaires sont restés debout et leurs gouvernements, en quelques années, ont fait disparaitre cette menace. Est-ce à dire que la marionnette présentée n’était finalement peut-être pas aussi dangereuse ? Il reviendra aux historiens d’écrire la fin de l’histoire.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013 (rééd.), 416 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-36583-849-8.

Stratégie de tension

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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 06:25

Les scandales de la République

De Panama à l'affaire Cahuzac

Jean Garrigue

Voilà un sujet sur lequel il sera toujours possible de prévoir une nouvelle édition mise à jour ! La précédente datait de 2004, et force est de reconnnaître que les "nouveautés" n'ont pas cessé ! Mais aussi un sujet délicat si l'auteur veut ne pas en rester à l'écume des choses.

Sans faire dans la chasse aux sorcières et le "tous pourris", voici néanmoins une belle (et longue) série d'exemples de ce que contiennent les poubelles de la République, avec des variantes au fil du temps : "Nous apparait une chronologie des scandales, qui segmente des phases, des périodes, dessinant les contours d'époques contrastées, dont chacune mérite une atttention particulière". De 1887 ("Ah ! Quel malheur d'avoir un gendre !") et le trafic des décorations aux plus récents dossiers avec DSK, Cahuzac et Tapie, une litanie de parlementaires, ministres, hommes politiques, demi-mondaines, journalistes, etc. défile sous nos yeux. Certains noms sont restés dans les mémoires (Caillaux, Stavisky, Bokassa, etc.), d'autres ont disparu depuis longtemps des références courantes (Berthelot, Oustric, de Récy, etc.), mais pour chacun, s'appuyant sur les archives disponibles, les témoignages publiés et une bibliographie conséquente, l'auteur s'efforce non pas de remuer la boue, mais de comprendre le "pourquoi" et le "comment" du scandale. On en apprend beaucoup sur les petitesses de certaines élites et revient en mémoire la formule fameuse des encyclopédistes selon laquelle tout pouvoir est sous la menace de la corruption. Si la presse est souvent à la pointe des enquêtes, elle n'est parfois pas exempte de passivité, voire de complicité. Les IIIe, IVe et Ve républiques ne se distinguent pas ici fondamentalement, alors que leurs majorités ont été diverses et leurs fonctionnements différents. En annexe, un tableau chronologique donne non seulement la liste de ces scandales, mais précise également comment ils ont été révélés, exploités, éventuellement sanctionnés et qu'elles ont été leurs conséquences politiques.

L'ouvrage se lit comme un roman, un peu triste. A conserver et à citer.

Nouveau Monde éditions poche, Paris, 2013 (rééd.), 639 pages. 9,90 euros.
ISBN : 978-2-36583-860-3.

Corruptions et trafics divers

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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 06:35

Gaston Monnerville

(1897-1991)

Un destin d'exception

Jean-Paul Brunet

Spécialiste de l’histoire politique et sociale de la France au XXe siècle, Jean-Paul Brunet nous propose une très belle biographie de ce fils de la République, né dans la famille d’un modeste employé de Guyane française à la fin du XIXe siècle et devenu pendant plus de vingt ans président du Sénat. On garde en mémoire son opposition au général de Gaulle lors des premières réformes constitutionnelles de la Ve République, mais l’on ignore souvent cette affirmation souvent répétée sous des formes proches : « Le fils d’outre-mer que je suis doit tout à la République … C’est elle qui m’a tout appris et qui a fait de moi ce que je suis ».

Au fil des pages, nous le suivons donc pendant sa scolarité, ses loisirs de jeunesse, son inscription au barreau de Toulouse au lendemain de la Première Guerre mondiale, son adhésion à la Ligue des droits de l’homme et son entrée en politique comme dans la Franc-maçonnerie. Appartenant au groupe des « Jeunes Radicaux » plutôt marqués à gauche, il entre au Palais Bourbon en 1932 et poursuit sous le Front populaire une carrière qui le mène au gouvernement. Engagé volontaire pour la durée de la guerre à l’automne 1939, il est affecté sur le Provence et note dès le 25 juin 1940 : « L’empire seul peut sauver la France ». Replié sur Marseille, il reprend ses activités d’avocat et apporte autant qu’il le peut son appui à la résistance, avant de quitter dans l’urgence la ville pour la haute Auvergne après l’occupation de la zone libre. Il rejoint alors les FFI et prépare le retour à la légalité républicaine. Dès la libération, il contribue à la renaissance rapide du parti radical et commence à prendre publiquement position sur le devenir de l’Union française, idée à laquelle il restera très attaché et est à l’origine du FIDES, ce fonds d’investissement des pays d’outre-mer qui voit le jour en 1946.  Battu aux législatives de 1946, il rejoint aussitôt le Conseil de la République (Sénat) qu’il ne quittera plus jusqu’à la fin de sa vie politique et dont il assumera la présidence pendant 22 ans. Deux chapitres sont presque exclusivement consacrés à ses démêlés, débats et oppositions avec le général de Gaulle. Il soutient Alain Poher lors de la présidentielle qui suit le départ du général, conserve un rôle au Parti radical mais voit son influence y décroître face à une jeune génération menée par Servan-Schreiber et consacre davantage de temps désormais à la défense des Droits de l’homme et à la Grande loge de France, avant d’être nommé en 1974 au Conseil constitutionnel.

Une vie particulièrement dense, un engagement politique résolu et constant, une obstination presque : la défense de la République et la grandeur de la France. Une biographie tout particulièrement intéressante et qui permet d’approcher à la fois un homme exceptionnel et la réalité de la vie politique sous trois républiques.

Ibis Rouge Editions, Matoury, 2013, 252 pages, 23 euros.
ISBN : 978-2-84450-435-7

"Forfaiture !"

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 06:25

Difficile démocratie

Les idées politiques en Europe au XXe siècle, 1918-1989

Jan-Werner Müller

Historien allemand spécialiste d'histoire politique, Jan-Werner Müller nous propose ici une somme sur l'histoire du XXe siècle en Europe, vue sous l'angle de l'évolution des idées politiques, ou plutôt (comme il le précise en introduction) il s'intéresse aux "figures-passerelles, philosophes, hommes d'Etat, spécialistes du droit public, rédacteurs de constitutions" et aux "bureaucrates à visions, penseurs proches de partis et de mouvements politiques, ceux que Friedrich von Hayek sppela un jour les vendeurs d'idées de seconde main". Son propos est donc à la fois différent et plus large de ce que l'on trouve dans les habituels manuels type Sciences Po.

Cette volumineuse étude est organisée en six chapitres principaux. "La masse en fusion", qui s'ouvre sur Max Weber et se poursuit par l'analyse des conséquences politiques, culturelles et sociales de la Grande Guerre pour les libéraux, les progressistes, les croyants, les socialistes, les monarchistes, etc... "Les expériences de l'entre-deux-guerres", (à partir d'une citation de Paul Ricoeur qui évoque "une situation d'expérimentations en tous genres") constituent la deuxième partie sur fond, bien sûr, de montée des fascismes et des autoritarismes, la progression des marxistes et la place des syndicats, l'exemple de la Suède avec le seul gouvernement durable de coalition, le cas hongrois et les débats en Allemagne, la place des milieux paysans et ruraux, la terreur en URSS, etc. La troisième traite des "Thèmes fascistes", dont Mussolini disait (tout en tentant pourtant de le faire) qu'il ne pouvait pas être "exporté" parce que trop lié à l'idée de nation. De longues pages sur Sorel dans cette partie, sur les intellectuels italiens et allemands, sur le corporatisme, etc. L'auteur distingue entre les différents régimes (Hongrie, Portugal, Roumanie, Italie, etc.) selon leur caractère plus ou moins conservateur ou traditonnaliste : "Les régimes autoritaires-corporatistes, tout en empruntant le style des fascistes, empêchèrent ceux-ci de se regrouper ... La plupart de ces régimes dénonçaient, outre le matérialisme, tout relent de paganisme ... En Pologne, le maréchal Pilsudski était censé n'être responsable que devant Dieu et l'Histoire". Et il dresse ensuite un tableau des particularités du régime national-socialiste, "une vaste théorie du déterminisme historique et, en premier lieu, biologique". "La reconstruction" commence immédiatement après la Seconde guerre mondiale, marquée par le souvenir de la mort de masse et la Shoah, l'affaiblissement de l'Europe, la recherche de la stabilité et la place finalement prise par la social-démocratie et la démocratie chrétienne. C'est bientôt l'heure de la construction européenne et de la "politique du consensus", entre "paternalisme à l'ancienne" et diminution du rôle de l'Etat, le "néo-libéralisme" et l'importance de l'éducation à l'ouest, tandis que l'autre moitié de l'Europe reste sous contrôle idéologique, policier, politique et intellectuel communiste. L'avant-dernière partie, "Vers une société sans pères", nous fait traverser les années 1960-1970, la crise de 1968 dans ses différentes manifestations, les critiques de "l'Etat bourgeois" sur fond d'une sorte de mauvaise conscience collective. "L'antipolitique et le sentiment d'une époque qui s'achève", enfin, nous conduit à la fin du XXe siècle, avec la crise économique, politique et morale que la plupart des pays connaissent tour-à-tour, "un immense vide idéologique" et l'émergence des droits de l'homme : "ces droits offraient une sorte de minimum moral, après l'échec de tant d'autres projets idéologiques d'avenir radieux", le féminisme et l'écologie, la toute-puissance de l'économie et ses conséquences, etc.

De très nombreuses notes et références ponctuent le texte et le terminent, permettant à ceux qui le souhaitent d'aller plus loin. Comme souvent sur de tels sujets, les critiques et remarques peuvent être nombreuses en fonction des opinions personnelles des uns ou des autres, mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une vaste et ample synthèse qui doit absolument être connue de tous ceux qui s'intéressent à ces questions.

Alma éditeur, Paris, 2013, 555 pages, 24 euros.
ISBN : 978-2-36279-091-1.

Idées politiques en Europe

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27 octobre 2013 7 27 /10 /octobre /2013 06:30

Vertiges de la guerre

Byron, les philhellènes et le mirage grec

Hervé Mazurel

Histoire politique, histoire militaire, histoire culturelle, ce beau livre peut légitimement prétendre à entrer dans plusieurs catégories, tant le propos de son auteur et large et profond.

Dans un texte dense et serré, soutenu par de très nombreuses et judicieuses références, Hervé Mazurel explique comment et pourquoi au début du XIXe siècle des jeunes gens venus de toute l'Europe prirent la route de l'ancienne Grèce au nom d'un idéal romantique. A l'occasion de cet épisode particulier du "volontariat de guerre", ils allaient "combattre pour la liberté sous l'étendard de la Croix", mais aussi "visiter la patrie de Miltiade et d'Aristide". D'anciens soldats des guerres napoléoniennes, des poètes et des étudiants, des exilés politiques, de toutes les nations et de toutes les origines sociales s'engagent volontairement dans la guerre pour l'indépendance de la Grèce. Byron en fut l'un des plus célèbres, mais les Français n'étaient pas en reste. L'ouvrage, d'une très grande richesse, est structuré en quatre grandes parties qui permettent d'aborder toutes les situations et toutes les représentations. "La cristallisation philhellène" s'intéresse aux sources du phénomène et s'interroge sur ce qui entraine ces hommes vers une aventure lointaine. "Le choc de l'événement" traite de ces centaines de jeunes volontaires, tente d'identifier leurs réseaux et s'efforce de répondre à cette question : pourquoi partirent-ils risquer leur vie pour cet idéal ? "La tentation de la guere exotique" compare les espoirs et les aspirations avec la réalité de la guerre vécue, une certaine "sacralisation" de l'engagement armé au service d'une cause noble et juste, une attirance romantique pour l'engagement et le don de soi au service d'une idée, mais aussi la réalité de cette guerre, quelles furent les pertes, les blessures physiques ou non, les séquelles éventuelles (le discours sur la violence de guerre ici n'est hélas pas la partie la plus convaincante). La quatrième partie enfin, "Le triomphe du mythe", recherche les suites : le retour de chacun dans son pays d'origine, les parcours individuels ultérieurs lorsqu'ils sont connus, les témoignages publiés, la "transfiguration légendaire" avec la mort de Byron à Missolonghi.

On apprécie également que ce très gros travail de recherche soit publié avec près de 80 pages de notes, 20 pages de sources, 25 pages de bibliographie, une utile chronologie et un excellent index. Bref, une vraie, une importante étude de référence au carrefour de plusieurs disciplines et autour de la question, somme toute, de l'attrait de la guerre pour une frange significative de la jeunesse.

Les Belles Lettres, Paris, 2013, 636 pages, 37 euros.
ISBN : 978-2-251-38123-7.

Pour l'amour de la Grèce

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30 septembre 2013 1 30 /09 /septembre /2013 06:31

La barricade

Histoire d'un objet révolutionnaire

Eric Hazan

Paris a une longue tradition d'insurrections et de bouillonnements révolutionnaires, et dans ce contexte la barricade tient une place tout-à-fait originale : "On rencontre tout au long des siècles les mêmes éléments matériels ou presque, et les mêmes personnages -gamins, cantinières, ouvriers, étudiants, qui défendent leur rue, leur quartier, leur mode de vie face à des forces toujours supérieures en nombre et en armement".

C'est cette histoire vivante que nous conte Eric Hazan dans ce petit volume, et il nous entraine des barricades de la Ligue au XVIIe siècle à celles de la Commune et de la 'Semaine sanglante' en 1871. Chaque poussée de fièvre révolutionnaire est décrite dans son contexte général et dans le détail de la reconquête de la rue par les autorités légales, et chaque chapitre bénéficie d'une (petite) carte qui localise dans le secteur considéré les principales barricades. Nous passons ainsi de la Ligue à la Fronde, de la Révolution à la chute de Charles X, des premières barricades "prolétariennes" à Lyon sous Louis-Philippe à la révolution de 1848, dernière révolte victorieuse en février. Décembre 1851 et "sa" barricade presque symbolique et l'ouvrage se termine sur les événements de 1871, avec sa "Commission des barricades", présidée par Rossel, un sapeur.

Au XXe siècle, même si "les émeutes, insurrections et révolutions n'ont pas manqué, la barricade y est resté un élément marginal", presque symbolique. Car la ville elle-même n'est plus la même, dans sa géographie comme dans sa population. Bref, une succession de brefs récits de huit à vingt pages en moyenne autour d'une journée ou d'une période et d'un objet presque mythique : la barricade. C'est sympa et riche d'enseignements sur les caractéristiques des révoltes urbaines.

Autrement, Paris, 2013, 169 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-7467-3285-8

Il est tombé par terre, c'est la faute à Voltaire

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29 septembre 2013 7 29 /09 /septembre /2013 06:35

Charles Maurras

Olivier Dard

La voilà ! La première biographie historique de l'auteur de L'enquête sur la monarchie, qui exerça une influence si importante aussi bien sur des intellectuels que sur une partie de la jeunesse, mais qui finira condamné pour "intelligence avec l'ennemi". "Historique" en effet, en non pas seulement "littéraire", ou "politique" comme ont pu l'être trop souvent la plupart des textes antérieurs.

Après avoir évoqué une jeunesse marquée par le deuil et la découverte de la surdité, Olivier Dard nous fait découvrir le jeune poète, le critique littéraire, qui "glisse" en quelque sorte peu à peu vers la politique dans les années 1880-1890. Il rappelle l'influence boulangiste, mais surtout l'appartenance au félibrige, où nait progressivement l'idée du "pays réel", du fédéralisme, avec de véritables hymnes à la Provence, à la Méditerranée et au soleil. L'appel à la monarchie, le retour à l'Eglise, la notion si importante "d'harmonie" (qui ose encore parler "d'harmonie" en politique ?) se dessinent au fil des aventures de presse, de La Cocarde à L'Action Française. On croise Barrès, Sorel, Bainville, Dimier, Sangnier, Daudet, Pujo, plus tard Gustave Hervé, Maritain, Massis, Boutang enfin, et d'autres, et l'on apprend que le café de Flore est alors quasiment son quartier général ! Les choses changent... Olivier Dard revient longuement sur le rapport entre nationalisme français et religion chez Maurras ("Je suis Romain parce que si mes pères n'avaient pas été Romains comme je le suis, la première invasion barbare, entre le Ve et le Xe siècle, aurait fait aujourd'hui de moi une espèce d'Allemand ou de Norvégien. Je suis Romain, parce que n'était pas ma romanité tutélaire, la seconde invasion barbare, qui eut lieu au XVIe siècle, l'invasion protestante, aurait tiré de moi une espèce de Suisse .... Je suis Romain par tout le positif de mon être ... Je suis Romain, je suis humain : deux propositions identiques"). Maurras revendique cet héritage provençal, catholique et français, au point de devenir "un adversaire résolu de la modernité". La Première Guerre mondiale le voit développer une conception personnelle de "l'Union sacrée", au titre de la défense de la nation mais sans renoncer au débat d'idées. L'après guerre est marqué par l'amertume, puisque le sacrifice de tous ces morts ne donne pas pour autant une paix véritable et qu'aussitôt recommencent les débats politiques et les joutes intellectuelles. Les échecs électoraux et la condamnation par le Saint-Siège en 1924-1926 marquent durablement le mouvement, mais le journal d'Action Française poursuit sa route et Maurras, durant les années 1920-1930 semble marqué par ce paradoxe d'un magistère intellectuel (il entre à l'Académie française) mais d'une impuissance politique. La crise de février 1934 est bien sûr analysée par l'auteur, qui remet en question le rôle souvent attribué à l'A.F. dans le journée du 6 février, explique la cassure entre le "vieux maître" et les jeunes militants plus radicaux et la distance prise par le prétendant au trône de France. C'est toute la question de la distorsion, réelle ou ressentie, entre un discours très vif, parfois violent, et la réalité des actions ("inactions" dit Rebatet) conduites. L'avant-dernière partie (10, "Le commandeur au crépuscule") est consacrée à l'immédiat avant-dexième guerre mondiale et à la période de Vichy, au sujet de laquelle Olivier Dard constate, mais discute, l'influence réellement exercée par Maurras, car on ne peut oublier que son nationalisme est resté profondément anti-allemand. Maurras tente alors un délicat exercice d'équilibrisme intellectuel au nom de "La France seule", mais la France est occupée et le monde entier est en guerre... C'est la fin. Le procès, au début de l'année 1945 voit s'opposer l'accusation, qui raisonne à partir des conséquences des textes de Maurras, et la défense, qui argumente sur les intentions de ce dernier. Deux approches alors incompatibles. Condamné, il tente de se défendre, d'obtenir la révision de son procès, sa santé se dégrade et il obtient finalement une grâce médicale en 1952, peut de temps avant de mourir. La dernière partie, enfin, tente d'évaluer l'influence postérieure de Maurras et de ses écrits, en France comme à l'étranger, et le bilan qu'en dresse Olivier Dard est relativement maigre. 

Le livre se termine sur quelques 70 pages de sources, références, bibliographie, index : c'est dire la richesse et la densite de cette excellent biographie, qui doit être connue non seulement de tous ceux qui se passionnent pou l'histoire politique des XIXe et XXe siècle, mais aussi de ceux qui s'intéressent au monde de l'écrit, car Maurras fut, peut-être, d'abord une (grande) plume.

Armand Colin, Paris, 2013, 352 pages, 25 euros.
ISBN : 978-2-200-24347-0

Le maître du nationalisme intégral

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9 juillet 2013 2 09 /07 /juillet /2013 06:36

Histoire des polices en France

De l'ancien régime à nos jours

Jean-Marc Berlière et René Lévy

Excellente présentation, en plus de 800 denses pages, de la situation des forces de police et des organismes concernés, à travers un plan thématique. 

Tour à tour sont ainsi abordées des questions aussi diverses que celles liées au contrôle de la Police ("police des polices"), jusqu'aux évolutions les plus récentes (sécurité nucléaire), le tout dans une perspective historique et sans oublier (bien sûr) l'environnement social du temps. Par aileurs, deux organsations de représsion (gendarmerie et police nationale) prises, chacune séparemment, parfois entre le niveau local et national ou international, et l'approche plus scentifique de la lutte contre la criminalité aujourd'hui permettent de souligner les difficultés actuelles. On apprécie que le chapitre 4 traite "Des Prométhée de la raison d'Etat aux RG : les avatars de la police politique" et que le chapitre 5 réintègre le policier "de base" dans l'étude : "Etre policier : la condition professionnelle". Enfin, une large place (chap. 8) est accordée aux polices minicipales et au marché de la sécurité privée. On le voit, rien n'est oublié.

Une belle et dense étude, d'autant plus intéressante que les pratiques de la gendarmerie évoluent et que l'avenir de cette "armée" au sein du ministre de la Défense est de moins en moins certaine, au regard des évolutions de la législation euroéenne. Près de 100 pages d'annexes, liste des abéviations, références et bibliographie terminent ce volume, qui est appelé à devenir rapidement indispensable pour tout amateur et/ou chercheur sur les questions de sécurité intérieure. Un excellent rapport qualité/prix.

Nouveau Monde éditions 'poche', Paris, 2013, 864 pages. 12,50 euros.
ISBN : 978-2-36583-379-0.

 

Sécurité et ordre public

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 07:00

Etre parlementaire

de la Révolution à nos jours

Jean El Gammal

Que n'a-t-on pas dit, et que ne dit-on pas encore parfois, sur les parlementaires ! Ils jouent pourtant un rôle absolument essentiel dans la vie politique du pays, et en ont joué un plus grand encore à certaines périodes. Par ailleurs (et même si une belle éloquence tend à disparaître), quel souffle, quelle puissance, quelles envolées dans certains discours ! Quel humour (parfois assassin) dans certaines réparties !

Le mérite de ce livre est donc de nous proposer un point de situation, une synthèse de l'historiographie sur cette question : qui sont les parlementaires ? L'auteur, professeur d'histoire politique à l'université de Lorraine, a fait le choix d'un plan chronothématique qui commence en 1789 avec les députés de la Révolution, se poursuit avec les parlementaires du Consulat et de l'Empire puis ceux de la Restauration et de la monarchie de Juillet, tous bien différents, et aborde, à partir de 1848 les "tributaires du suffrage universel". Les phases du Second empire et des débuts de la IIIe République sont bienvenues et Jean El-Gammal ne cache pas, aux temps de la république radicale triomphante, les scandales et les crises qui salissent (souvent très fortement et durablement) la fonction élective. Il nous présente ensuite la création des groupes parlementaires, leur fonctionnement et leur influence, et cite quelques morceaux de bravoure de l'éloquence (parfois incisive, parfois lourde) de journalistes ou avocats brillants députés (voire sénateurs). Il fait également référence à quelques satires bien senties : "Voici deux grands parlementaires. L'un doit la carrière éclatante qu'il a faiteaux sociétés de gymnastique et à la bettarave. L'autre au contraire, qui s'était attaqué pour ses débuts aux problèmes généraux d ela politique, n'a été contraint à rien de moins que de changer radicalement de parti, pour obtenir que ses collègues consentent à l'écouter une seconde fois. Encore dut-il, pour son entrée dans ce parti nouveau, consacrer deux séances à réfuter les opinion du premier sur la betterave"... L'auteur traite ensuite de la situation particulière des "députés-soldats" pendant la Grande Guerre (mais néglige semble-t-il leur rôle très important d'agents d'information -et d'influence- entre les principaux généraux aux armées et Paris), traite bien sûr du vote du 10 juillet 1940 et des "Situations, contraintes et choix" des élus à cette époque, puis aborde enfin les IVe et Ve Républiques. Les excès du parlementarisme des années 1950 sont abordés à travers le rôle de l'assemblée dans l'évolution de la crise algérienne, mais on peut ici regretter que le chapitre soit essentiellement factuel, ce qui laisse sur sa faim. La "rénovation" de Gaulle-Debré de 1958, le tournant de 1962 qui change la nature de l'autorité présidentielle, l'irruption de la modernité dans les années 1970 jusqu'aux divisions internes parfois subtiles des "gauches" et des "droites" d'aujourd'hui et une analyse sociologique de l'hémicycle font l'objet des derniers chapitres.

Une solide bibliographie indicative et un glossaire terminent ce volume, dont on regrette parfois qu'il n'aille pas plus loin dans l'analyse et la synthèse. Tel quel, néanmoins, il constitue une parfaite approche de "l'état de parlementaire" en France depuis deux siècles, permet de mieux comprendre le fonctionnement des assemblées dans la longue durée et, à ces titres au moins, remplit parfaitement son rôle. Un ouvrage dans lequel le grand public, les amateurs et les étudiants trouveront de nombreuses informations et de multiples pistes.

Armand Colin, Paris, 2013, 221 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-200-25903-7.

De l'éloquence à l'action ?

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18 mai 2013 6 18 /05 /mai /2013 07:05

Confession

Michel Bakounine

Il existe en histoire politique des textes auxquels il est fréquemment fait référence et que bien peu de personnes pourtant peuvent se flatter d'avoir lu. La Confession de Bakounine appartient à cette catégorie.

Présenté et annoté par Jean-Christophe Angaut, maître de conférences en philosophie à l'ENS de Lyon et spécialiste de Bakounine, ce texte a été rédigé par le révolutionnaire russe lorsqu'il était en prison en 1851. Il est donc antérieur à la naissance du mouvement anarchiste, et a été, on s'en doute, systématiquement au mieux passé sous silence, au pire critiqué et manipulé, sous le régime tsariste et surtout par son successeur bolchevique. En fait, Bakounine y raconte (confesse, au sens propre du terme) au tsar sa participation aux événements révolutionnaires européens de l'année 1848. Il commence par raconter sa jeunesse d'élève-offier russe, sa démission, son parcours universitaire cahotique en Allemagne puis en Suisse : "J'ai suivi avec une attention soutenue le mouvement socialiste, plus spécialement communiste, car je le considérais comme un résultat naturel, nécessaire et inévitable de l'évolution économique et politique de l'Europe occidentale". Il séjourne ensuite à Bruxelles, puis rejoint Paris, toujours dans la mouvance socialiste radicale, où il apprend qu'il est condamné et déchu de ses titres de noblesse en Russie. Il entre ainsi, au fil de ses déplacements, en contact plus ou moins régulier avec tout ce que l'Europe compte de "révolutionnaires" en puissance et d'exilés politiques, russes, polonais, allemands, etc.

Après cette longue introduction, Bakounine entre dans le vif du sujet : sa relation de la (les) révolution(s) de 1848, sa participation aux événements, sa perception de l'atmosphère politique et des sentiments du public, les répressions ensuite et à nouveau l'exil. Le coeur du livre est donc centré sur l'année 1848 et il est à cet égard très intéressant : "Enfin, la révolution de février (1848) éclata" ! Il s'agit bien sûr d'une défense de Bakounine par lui-même, mais le personnage apparaît sous un jour nouveau ("Résidant plutôt dans mon imagination que dans mon coeur, mon fanatisme politique avait aussi ses bornes bien définies, et jamais ni Brutus, ni Ravaillac, ni Alibaud n'ont été mes héros"). On y assiste à un "printemps des peuples" européens (en particulier en Allemagne, dans l'empire des Habsbourg et en Pologne occupée), à l'émergence du débat entre "peuple" et "nation" entre militants progressistes et on lit les descriptions de la société russe du temps, dans tous ses défauts, qu'il espère pouvoir contribuer à renverser tout en s'interrogeant sur l'avenir de son pays. Il évoque les pistes explorées, parfois les plus utopiques au regard de son manque absolu de moyens matériels (révolte militaire, insurrection paysanne, etc. !) tout en continuant à échanger et correspondre avec des  Polonais, des tchèques, des Allemands, mais "le manque d'argent me clouait à Berlin". D'exil en errance, un projet en Bohême ("J'aspirais à une révolution absolue, radicale ... Je voulais transformer toute la Bohême en un camp révolutionnaire") ne connait pas davantage de début de réalisation ("Il fut ignoré de tout le monde ou bien seulement connu par fragments inoffensifs ; il n'avait d'existence que dans ma coupable imagination") qu'un ultime "rêve révolutionnaire" en Saxe . Au final, un jeune homme emporté par la fougue vers une illusion, très souvent seul, désargenté, mais qui caresse un rêve et tente (maladroitement mais jusqu'au bout de ses capacités matérielles et physiques) de le concrétiser.

Sans entrer dans le débat sur "l'opportunisme", la "sincérité", ou les objectifs réels visés par Bakounine à travers cette Confession au tsar, ni dans la portée politique qu'il faut lui donner, voici l'heureuse réédition d'un texte important pour comprendre l'environnement culturel, social et politique de ces révolutions de 1848, qui éclatent à travers toute l'Europe, fragilisent l'édifice du Congrès de Vienne et annoncent les évènements de la fin du XIXe siècle.

Le Passager clandestin, Paris, 2013, 211 pages, 9 euros.

ISBN : 978-2-916952-84-0

Témoignage d'un fondateur de l'anarchisme

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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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