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13 juin 2014 5 13 /06 /juin /2014 06:20

Histoire des communistes au XXe siècle

Georges Vidal

L'auteur centre sa réflexion sur la dimension proprement politique du communisme pour tenter d'en tirer une synthèse sur l'évolution générale du mouvement communiste international. A bien des égards, le résultat est atteint.

Georges Vidal structure son ouvrage en deux grandes parties qui correspondent à deux périodes essentielles de cette histoire : "L'expansion du communisme et la centralité de l'URSS (1917-1953)", et "L'affirmation du polycentrisme et l'épuisement progressif de la dynamique communiste (1953-2000)". La première part donc de l'installation du régime communiste en Russie et de l'affirmation du pouvoir de Staline, pour aborder ensuite le rôle du Komintern en soutien aux mouvements communistes 'nationaux' dans le reste de l'Europe et du monde durant l'entre-deux-guerres, puis à partir des années 1940 avec ce constat : "la guerre profite au communisme". Si l'URSS a effectivement subi les pires destructions entre 1941 et 1944 et perdu des millions d'hommes et de femmes, le mouvement communiste en temps que tel, lui, a effectivement su "gérer" la Seconde guerre mondiale et sa fin pour son plus grand profit. Le chapitre 6, dernier de cette partie, consacré aux mouvements nationaux et "de troisième voie" de l'immédiat après-guerre annonce les évolutions qui vont rapidement suivre la mort de Staline. Celles-ci sont traitées dans la deuxième partie. Après un rappel des espoirs relatifs soulevés par la déstalinisaton, l'irruption du puissant communisme chinois (et de quelques autres mouvements dans le Tiers Monde) pose à l'URSS un problème permanent de leadership international auquel le pays ne parvient pas à répondre sous Brejnev. En Europe orientale comme en Asie les communismes nationaux s'émancipent, tandis qu'en Europe de l'Ouest l'eurocommunisme à l'italienne se révèle insuffisant pour que les Partis communistes, même les plus réformateurs, échappent au déclin. De Pologne, de Hongrie, de Tchécoslovaquie en Yougoslavie, l'Europe centrale et orientale s'émancipe définitivement au tournant des années 1989-1990, entrainant l'implosion puis la disparition de l'URSS elle-même. Désormais, quelques "communismes résiduels" pour le moins atypiques et peu conformes à l'orthodoxie (Cuba, Corée du Nord, Vietnam, Chine même) s'efforce de maintenir la fiction d'un mythe, mais des milliardaires chinois gonflant leurs comptes off shore à la famine sur laquelle se maintient le régime de Pyongyang, la seul plus petit commun dénominateur qui survive est celui de la dictature politique et du contrôle policier des peuples. Maigre héritage pour une idéologie qui devait assurer la libération des travailleurs et des peuples.

On peut regretter que d'autres facettes de cette idéologie (aspects sociaux, économiques, etc.) ne soient évoqués qu'à la marge, mais le choix éditorial de l'auteur et la pagination relativement limitée pour un sujet d'une telle ampleur conduisaient nécessairement à quelques raccourcis un peu rapides. On regrette parfois également que l'ouvrage ne soit pas davantage référencé et, si la bibliographie finale est "indicative", d'autres titres pourraient être ajoutés à cette liste. Au bilan toutefois, voilà un ouvrage grand public très utile et qui offre une vaste synthèse.

Ellipses, Paris, 2013, 367 pages, 19,00 euros.
ISBN : 978-2-7298-8149-8.

Diversités communistes
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27 avril 2014 7 27 /04 /avril /2014 06:20

Un fascisme roumain

Histoire de la Garde de Fer

Traian Sandu

Voici une véritable somme qui tord le cou à bien des idées reçues.

Dans cet ouvrage très complet sur le mouvement de Corneliu Codreanu en Roumanie (la 'Légion de l'archange Michel', devenue 'Garde de Fer') durant l'entre-deux-guerres, l'auteur s'interroge en effet sur les particularités de ce "légionnarisme" roumain proche du fascisme et du national-socialisme mais qui conserve ses caractéristiques propres. Il faut ainsi se rappeler qu'à la différence de l'Italie et surtout de l'Allemagne, la Roumanie des années 20 et 30 est d'abord un pays vainqueur de la Grande Guerre et qui voit satisfaites ses ambitions territoriales, et un pays rural où une grande partie de la paysannerie est encore analphabète. Progressant chronologiquement dans son récit, de la fin de la Première Guerre mondiale et de la création de la Grande Roumanie aux héritages post-Seconde guerre mondiale, Traian Sandu aborde des questions rarement traitées en France, comme l'enracinement à la fois estudiantin et paysan du mouvement, sa jeunesse, le poids en son sein des intellectuels, la problématique de l'usage de la violence politique assumée, les stratégies électorales et politiques, son profond antisémitisme. Il explique dans le détails les antagonismes avec les autres mouvements "patriotiques" ou de droite et l'opposition résolue du roi au début des années 1930, davantage pour une question de pouvoir que par idéologie sans doute. La description du processus d'arrivée au sommet de l'Etat, puis des conditions d'exercice du pouvoir, donne de belles pages, entre le maréchal Antonescu et l'encombrant "allié" allemand. Enfin, les parties consacrées à la fin de la Seconde guerre mondiale et aux années qui suivent jusqu'à la dictature Ceausescu sont souvent très novatrices.

Parfaitement référencé, accompagné de plusieurs dizaines de pages d'annexes, notes, sources et bibliographie, ce livre doit être connu de tous ceux qui s'intéressent aussi bien à l'histoire des idées politiques qu'à l'histoire de la Roumanie.

Perrin, Paris, 2014, 494 pages. 24,50 euros.

ISBN : 978-2-262-03347-7.

Garde de Fer
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15 février 2014 6 15 /02 /février /2014 06:30

Deux passions françaises

Pierre Mendès France et Charles de Gaulle

Robert Frank et Eric Roussel (Dir.)

Les directeurs de l'ouvrage ont rassemblé près d'une vingtaine de contributeurs, parmi lesquels une pléïade de noms connus (Serge Bernstein, Antoine Prost, Jean-Pierre Rioux, Jean-François Sirinelli, Georges-Henri Soutou, etc.), pour cette analyse des perceptions réciproques entre Pierre Mendès France et Charles de Gaulle, des rapports parfois compliqués entre eux et d'une analyse comparée de leurs conceptions politiques.

Contrairement aux apparences, malgré leurs différences, les deux hommes s'apprécient ("Ce qui les ressemblait était aussi important que ce qui les séparait"). Les textes proposés nous entrainent de leur première rencontre à Londres en février 1942 à leurs conceptions de l'Etat (l'Etat, la loi, les partis, etc.), leurs apports respectifs dans la modernisation de la France (économie, éducation, questions sociales et culturelles) et leur rôle dans le rayonnement international du pays (de la décolonisation aux relations transatlantiques). Un autre point rapproche Mendès France et de Gaulle : "Hommes d'exception, ils ont eu en commun de n'être tolérés qu'en périodes d'exception. En commun de ne pas savoir s'entendre avec les partis politiques, tant ils étaient au dessus ou au-delà. Mendès France aurait-il jamais accédé au pouvoir sans Dien Bien Phu ? De Gaulle y serait-il revenu sans le drame algérien ?".

On l'a compris également, pas d'analyse "révolutionnaire" ici, pas de proposition iconoclaste. On est entre gens de bonne compagnie, dans le consensuel. Alors, au bilan, une excellente étude académique en hommage à deux icônes des années 1950-1960, qui apporte de ce point de vue de très nombreuses précisions et informations, et que l'on croisera avec d'autres réflexions plus critiques : il est parfois bon de déboulonner les idoles.

CNRS Editions, Paris, 2014, 366 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-271-07995-4.

 

Confrontation en tête-à-tête
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27 janvier 2014 1 27 /01 /janvier /2014 06:35

Vérités et légendes d'une 'OAS internationale'

Olivier Dard et Victor Pereira (Dir.)

Neuf universitaires venus de France et des pays concernés par cette étude ont été réunis pour traiter d'un sujet qui a fait naître bien des fantasmes, mais dont la réalité est souvent plus nuancée.

Olivier Dard commence par présenter les "enjeux et perspectives" pour l'OAS Algérie d'une organisation internationale ("Effectivement, le monde a beaucoup moins regardé l'OAS que cette dernière ne l'espérait ... L'examen de l'histoire de l'OAS Algérie n'invite pas à parler sérieusement d'une 'OAS internationale' pour la période mai 1961 - juillet 1962"). Suivent les présentations de différentes situations nationales particulières : Francis Balace avec "Quand les mythes précèdent les faits : l'OAS Belgique" (qui évoque des "outrances journalistiques" et parle de "canulard estudiantin", de "textes d'une rare indigence" et "des sommets d'approximation") ; Luc van Dongen avec "L'OAS et la Suisse" qui distingue entre avant et après 1962 ("le pays intervint à  titre de lieu de rencontre, base logistique, abri, certainement aussi plateforme financière, mais les preuves manquent à cet égard") ; Pauline Picco avec "Réseaux et 'mythe OAS' en Italie (1961-1966)" qui s'intéresse aux relations entre l'OAS et les services de renseignement italien ( entre "informateurs et affabulateurs") et l'extrême-droite italienne ou certaines tendances vaticanes ; Anne Dulphy au sujet de "L'OAS et l'Espagne franquiste", base de repli et structure d'accueil certes, mais "le réalisme a poussé le régime du général Franco à privilégier des relations avec la France gaullienne" ; Riccardo Marchi sur "Les réfugiés français d'extrême-droite au Portugal de Salazar (1945-1974)", qui traite d'un champ plus large que celui de la seule OAS, avec des exilés dont "l'identité politico-idéologique a plutôt été catholique, intégriste et contre-révolutionnaire" mais qui fut sans doute le pays le plus favorable à l'organisation (sentiment de perte de l'empire et combat anti-communiste) ; Victor Pereira revient sur le Portugal et relativise également les informations mille fois répétées sur ce thème avec "Les activistes de l'OAS au coeur des relations franco-portugaises : ou comment la raison d'Etat l'emporte sur les accointances idéologiques". Selon lui, "l'attitude des autorités portugaises face à l'OAS constitue donc, à première vue, un paradoxe". Mario Ranalletti enfin développe le thème "Des anciens de l'OAS en Argentine, terre d'accueil pour les 'réfugiés politiques' français", des arrivées plus ou moins clandestines mais néanmoins connues des autorités comme des journalistes dès les années 1960, avec toute la problématique de la diffusion de la "doctrine de guerre révolutionnaire" dans le sous-continent américain. Mais globalement, "d'après toutes les recherches effectuées, nous voyons les anciens de l'OAS plus soucieux de passer inaperçus, de faire progresser leurs affaires économiques ou de quitter le pays, que de se  mêler à des combats exotiques -comme le conflit péronisme/anti-péronisme-, dont ils ne savaient ni ne comprenaient rien".

Rédigées à partir des archives et en croisant les sources, ces contributions permettent de "dégonfler la baudruche". Au-delà du fantasme des gros titres journalistiques, nous ne croisons de quelques exilés plus ou moins poursuivis, autant de mythomanes et parfois de pauvres types un peu paumés, s'illusionnant sur "l'accueil" qui leur serait éventuellement réservé. Un travail historique référencé qui dresse finalement un tableau bien peu glorieux de cette "organisation internationale". On en viendrait presque à sourire devant certains 'Pieds Nickelés' ! Très intéressant.

'Actes académiques', éditions Riveneuve, 2013, 257 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36013-187-7.

Une hydre ou un mythe ?
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16 décembre 2013 1 16 /12 /décembre /2013 06:30

Jaurès, 1859-1914

La politique et la légende

Vincent Duclert

Le nombre impressionnant de commémorations annoncées pour 2014 autour de la figure rêvée, reconstruite, idéalisée de Jaurès justifie pleinement la publication de ce livre. Dans son introduction, Vincent Duclert explique en effet que le travail historien sur Jaurès "n'a pas existé de son vivant, à l'exception de quelques écrits intellectuels, et qu'il ne s'est pas plus développé après 1914" ; tandis que les représentations, "sa figure dans le discours de la gauche et de la nation",  prennent une place majeure dans le discours public, alors même que "des flous théoriques, des compromis hasardeux ... faisaient que sa pensée et sa trajectoire, parfois sinueuse et ambivalente, étaient facilement récupérables". En fait, quelle concordance entre la vie et les idées de Jaurès en son temps et les représentations instrumentalisées qui en sont présentées depuis sa mort ?

L'ouvrage est divisé en deux parties principales qui se font écho : "Jaurès dans l'histoire" et "L'histoire de Jaurès". La première s'intéresse donc essentiellement, à partir de très nombreuses citations, au(x) souvenir(s) laissé(s) par Jaurès dans les imaginaires individuels et collectifs, aux hommages et aux commémorations, aux images de Jaurès, aux conditions de sa "gloire immédiate" à la suite de son assassinat, qui transforme "aussitôt la figure du défunt en légende vivante". Nous sommes donc bien au coeur d'un processus assez paradoxal qui, au nom de l'Union sacrée pour la guerre qui commence, instrumentalise immédiatement l'image du tribun. Les évolutions de l'entre-deux-guerres avec la séparation entre la SFIC et la SFIO, la panthéonisation en 1924 voulue par le Cartel des gauches, la réutilisation sous le Front populaire, les "vies" posthumes après la Seconde guerre mondiale, constituent autant d'étapes de la construction d'un mythe unanimement célébré aujourd'hui, au point que l'on se demande s'il serait "politiquement correct" (ou "historiquement correct") de l'écorner en revenant à la réalité des faits. Car, et cela est bien dit même avec des précautions de langage, même les biographies "aussi monumentale(s) que littéraire(s)" les plus récentes restent en quelque sorte prisonnières de l'image tutélaire du grand homme. La seconde partie du livre constitue donc un essai de biographie classique, de l'enfance occitane à l'entrée en politique (plus jeune député de France à 26 ans), d'un certain désenchantement ou d'un malaise républicain à la fin des années 1880 au chemin intellectuel vers le socialisme dans les années qui suivent. Les batailles avec les mineurs et les syndicats de Carmaux, l'affaire Dreyfus (si importante), les efforts pour l'unité du mouvement socialiste français, le refus du colonialisme et le pacifisme. On est d'ailleurs surpris ici de voir que la question de "l'armée nouvelle", parfois évoquée en contre-point et qui sous-tend en fil rouge le chapitre "Le socialisme et la guerre", n'est pas traitée en tant que telle. Faut-il en déduire qu'une analyse critique du texte ne serait pas à l'avantage de son auteur ? 

Dans une très rapide conclusion, Vincent Duclert rappelle les multiples facettes du personnage, "au  même moment et intensément historien, philosophe et militant". Le seul problème ici étant que ceux qui suivirent furent également (et même davantage) "historiens" et "militants", ce qui est méthodologiquement et déontologiquement difficile à concilier. Un livre passionnant sur la construction, les évolutions et les tentatives de récupération d'une figure politique essentielle, utiliée dès le lendemain de sa mort.

Autrement, Paris, 2013, 283 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-7467-3344-2.

Jaurès ? Lequel ?
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6 décembre 2013 5 06 /12 /décembre /2013 06:30

Histoire de l'UDF

L'Union pour la Démocratie Française, 1978-2007

Gilles Richard, Sylvie Guillaume et Jean-François Sirinelli (Dir.)

L’histoire politique vient de s’enrichir des actes d’un colloque tenu en novembre 2011 sur l’histoire de l’UDF, grande confédération du centre-droit de la Ve République avec ses composantes libérale, démocrate-chrétienne et radicale. Pour beaucoup dans ma génération, l’UDF n’a jamais eu ni l’attrait ni les couleurs des mouvements gaullistes successifs ou du PCF et a souvent été considérée de façon assez méprisante comme une auberge espagnole pour notables locaux vieillissants ou jeunes loups ambitieux.

Cette publication ne les fera peut-être pas changer d’avis, mais elle a l’immense mérite d’ouvrir un véritable chantier en histoire politique. Ces actes de colloque alternent communications très précises, témoignages des acteurs et débats entre l’estrade et la salle. Parmi les sujets traités, les relations toujours ambigües et conflictuelles avec les gaullistes, les conceptions économiques, le primat européen, les échecs électoraux successifs entre la fin des années 1990 et le début des années 2000 et la baisse définitive d’influence (avant la mort) après la création de l’UMP. Parmi les témoins invités à s’exprimer, certains semblent plus crédibles que d’autres, et l’on ne peut s’empêcher de sourire à cette formule de Jean-Pierre Soisson qui parle « des élections municipales de mars 1977, perdues à Paris mais largement gagnées à Auxerre » … Ah bon ! C’est rassurant ! On y apprend aussi comment Jean Lecanuet s’est trouvé initialement propulsé à la tête du nouveau parti : « Jusqu’au dernier moment, [il] n’était pas d’accord pour la création de l’UDF, c’est la raison pour laquelle nous l’avons nommé président ». Logique, … et très centriste. Jean-Pierre Fourcade évoque en particulier la question des adhérents directs de l’UDF, distincts des membres des partis fondateurs qui conservent leurs propres troupes et finalement « auto-dissous » dans la nébuleuse, ainsi que celle des groupes parlementaires (dont les deux groupes différents au Sénat). On y a la confirmation des difficiles et permanentes tractations entre partis et tendances pour préserver tel ou tel équilibre interne (ce qui n’est pas semble-t-il un facteur d’efficacité), mais aussi qu’un siège de député au parlement européen servait (souvent) simplement à rémunérer un collaborateur (dixit François de Sesmaisons). C’est beau les convictions… Le témoignage final de François Bayrou sur les « mœurs » internes de la confédération est particulièrement éclairant (il parle même de « l’enfer que représentait la pratique confédérale »). Bref, une plongée d’autant plus passionnante dans le fonctionnement d’un grand parti de gouvernement que vous le mettez en corrélation avec les discours publics et les déclarations parfois enflammées des uns et des autres sur le sens du bien commun… A la limite, les témoins sont plus durs avec eux-mêmes (s’en rendent-ils compte ?) que les chercheurs ne le sont avec eux.

Un ouvrage tout particulièrement intéressant, à lire au premier et au deuxième degré.

Presses Universitaires de Rennes, 2013, 196 pages, 16 euros.

ISBN : 978-2-7535-2802-4.

Centristes
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2 décembre 2013 1 02 /12 /décembre /2013 06:25

L'Orchestre noir

Enquête sur les réseaux néo-facistes

Frédéric Laurent

Cette réédition à partir d’un texte pour l’essentiel publié en 1978 entre désormais dans la catégorie des livres d’histoire, puisque l’ouvrage s’intéresse désormais à des événements vieux d’une trentaine ou d’une quarantaine d’années. Mais il y entre avec les faiblesses d’un livre rédigé à une époque où les travaux sur le sujet tenaient plus de l’investigation journalistique que de la recherche historique. Comme le précise en première page du livre une note liminaire, certains aspects paraissent effectivement datés.

L’ouvrage s’intéresse à la nébuleuse des extrémistes les plus radicaux de l’extrême-droite européenne, de la fin de la Seconde guerre mondiale à la stratégie de tension dans l’Italie des années 1970. La première partie (« De la guerre à la guerre froide ») est consacrée en quelque sorte au passage de témoin entre les dirigeants de la génération compromise dans la guerre et les « petits gradés » du fascisme ou les plus jeunes rapidement repérés par les services occidentaux (américains en particulier) et réutilisés au nom de l’anticommunisme. La seconde traite des conséquences des guerres perdues de décolonisation auprès de quelques militaires de différents grades (et civils), dont l’OAS et ses réseaux dans la péninsule hispanique constituent l’exemple mis en avant. Les deux suivantes (« Aginter-Presse : les mercenaires de l’ordre nouveau » et « Italie : le coup d’Etat permanent ») se focalisent sur la structuration de ces réseaux au plan international et leurs actions, en Afrique et en Amérique latine en particulier. Il insiste longuement sur les attentats qui ensanglantent la péninsule italienne et le peu de résultat des enquêtes conduites. La dernière enfin (« L’Orchestre noir : service ‘action’ de la droite à travers le monde »), commence avec une présentation de la Ligue anticommuniste mondiale, et se poursuit avec l’évocation d’agences espagnoles ou portugaises inévitablement liées aux mercenaires en Afrique et à des groupuscules plus ou moins sulfureux. La postface, rédigée en 2013, consiste en fait en une présentation actualisée des suites données aux enquêtes italiennes sur les attentats de la période des ‘années de plomb’ : « Etrange justice italienne trop souvent désarmée devant le sens profond de ces tueries et bien peu curieuse d’en connaître les mandants ». Au fil des pages, la CIA est presque constamment présente, les réseaux type ‘Gladio’ fréquemment évoqués, aussi bien que l’OTAN, le SID italien ou le PIDE portugais, voire la DGSE.

Finalement, qu’en reste-t-il ? Le sentiment d’un complot permanent de ces milieux et de ces organisations contre les régimes démocratiques, l’absence d’hésitation devant le recours à une violence aveugle ; mais aussi l’étonnant amateurisme de la plupart des acteurs, le fait qu’ils soient pour la plupart manipulés et l’impression diffuse d’une volonté militante de l’auteur qui fait passer quelques pieds-nickelés pour des comploteurs dangereux à l'échelle planétaire (incidents mineurs grossis et mis au même niveau que de graves attentats, rencontres ponctuelles qui « pourraient » être systématiques, etc.). Alors que penser du livre ? Il est certes à lire car, sur cette époque d’attirance relative de certains militants pour la « lutte armée contre le système »,  les informations restent peu nombreuses et contradictoires. Il est aussi à connaitre parce qu’il rassemble de multiples informations sur la période. Mais il est indiscutablement à utiliser avec précaution et à citer avec mesure, car, sans confirmation ou analyse critique, certains propos traduisent de rapides raccourcis ou des présentations parfois abusives (que diable la CDU/CSU bavaroise vient-elle faire dans cette galère ?). Utile pour mieux comprendre quelques organisations européennes d’extrême-droite radicale, envisager les liens qui ont pu exister entre elles (ou plutôt entre leurs dirigeants) et s’intéresser à leurs objectifs politiques, revendiqués ou non. Sans toutefois oublier que ces groupes, quasiment disparus avec la fin de la guerre froide, sont restés minuscules n’ont jamais regroupé que quelques dizaines ou centaines de militants, et que tous leurs projets se sont finalement soldés par des échecs, même meurtriers. Les régimes républicains et parlementaires sont restés debout et leurs gouvernements, en quelques années, ont fait disparaitre cette menace. Est-ce à dire que la marionnette présentée n’était finalement peut-être pas aussi dangereuse ? Il reviendra aux historiens d’écrire la fin de l’histoire.

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013 (rééd.), 416 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-36583-849-8.

Stratégie de tension
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26 novembre 2013 2 26 /11 /novembre /2013 06:25

Les scandales de la République

De Panama à l'affaire Cahuzac

Jean Garrigue

Voilà un sujet sur lequel il sera toujours possible de prévoir une nouvelle édition mise à jour ! La précédente datait de 2004, et force est de reconnnaître que les "nouveautés" n'ont pas cessé ! Mais aussi un sujet délicat si l'auteur veut ne pas en rester à l'écume des choses.

Sans faire dans la chasse aux sorcières et le "tous pourris", voici néanmoins une belle (et longue) série d'exemples de ce que contiennent les poubelles de la République, avec des variantes au fil du temps : "Nous apparait une chronologie des scandales, qui segmente des phases, des périodes, dessinant les contours d'époques contrastées, dont chacune mérite une atttention particulière". De 1887 ("Ah ! Quel malheur d'avoir un gendre !") et le trafic des décorations aux plus récents dossiers avec DSK, Cahuzac et Tapie, une litanie de parlementaires, ministres, hommes politiques, demi-mondaines, journalistes, etc. défile sous nos yeux. Certains noms sont restés dans les mémoires (Caillaux, Stavisky, Bokassa, etc.), d'autres ont disparu depuis longtemps des références courantes (Berthelot, Oustric, de Récy, etc.), mais pour chacun, s'appuyant sur les archives disponibles, les témoignages publiés et une bibliographie conséquente, l'auteur s'efforce non pas de remuer la boue, mais de comprendre le "pourquoi" et le "comment" du scandale. On en apprend beaucoup sur les petitesses de certaines élites et revient en mémoire la formule fameuse des encyclopédistes selon laquelle tout pouvoir est sous la menace de la corruption. Si la presse est souvent à la pointe des enquêtes, elle n'est parfois pas exempte de passivité, voire de complicité. Les IIIe, IVe et Ve républiques ne se distinguent pas ici fondamentalement, alors que leurs majorités ont été diverses et leurs fonctionnements différents. En annexe, un tableau chronologique donne non seulement la liste de ces scandales, mais précise également comment ils ont été révélés, exploités, éventuellement sanctionnés et qu'elles ont été leurs conséquences politiques.

L'ouvrage se lit comme un roman, un peu triste. A conserver et à citer.

Nouveau Monde éditions poche, Paris, 2013 (rééd.), 639 pages. 9,90 euros.
ISBN : 978-2-36583-860-3.

Corruptions et trafics divers
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6 novembre 2013 3 06 /11 /novembre /2013 06:35

Gaston Monnerville

(1897-1991)

Un destin d'exception

Jean-Paul Brunet

Spécialiste de l’histoire politique et sociale de la France au XXe siècle, Jean-Paul Brunet nous propose une très belle biographie de ce fils de la République, né dans la famille d’un modeste employé de Guyane française à la fin du XIXe siècle et devenu pendant plus de vingt ans président du Sénat. On garde en mémoire son opposition au général de Gaulle lors des premières réformes constitutionnelles de la Ve République, mais l’on ignore souvent cette affirmation souvent répétée sous des formes proches : « Le fils d’outre-mer que je suis doit tout à la République … C’est elle qui m’a tout appris et qui a fait de moi ce que je suis ».

Au fil des pages, nous le suivons donc pendant sa scolarité, ses loisirs de jeunesse, son inscription au barreau de Toulouse au lendemain de la Première Guerre mondiale, son adhésion à la Ligue des droits de l’homme et son entrée en politique comme dans la Franc-maçonnerie. Appartenant au groupe des « Jeunes Radicaux » plutôt marqués à gauche, il entre au Palais Bourbon en 1932 et poursuit sous le Front populaire une carrière qui le mène au gouvernement. Engagé volontaire pour la durée de la guerre à l’automne 1939, il est affecté sur le Provence et note dès le 25 juin 1940 : « L’empire seul peut sauver la France ». Replié sur Marseille, il reprend ses activités d’avocat et apporte autant qu’il le peut son appui à la résistance, avant de quitter dans l’urgence la ville pour la haute Auvergne après l’occupation de la zone libre. Il rejoint alors les FFI et prépare le retour à la légalité républicaine. Dès la libération, il contribue à la renaissance rapide du parti radical et commence à prendre publiquement position sur le devenir de l’Union française, idée à laquelle il restera très attaché et est à l’origine du FIDES, ce fonds d’investissement des pays d’outre-mer qui voit le jour en 1946.  Battu aux législatives de 1946, il rejoint aussitôt le Conseil de la République (Sénat) qu’il ne quittera plus jusqu’à la fin de sa vie politique et dont il assumera la présidence pendant 22 ans. Deux chapitres sont presque exclusivement consacrés à ses démêlés, débats et oppositions avec le général de Gaulle. Il soutient Alain Poher lors de la présidentielle qui suit le départ du général, conserve un rôle au Parti radical mais voit son influence y décroître face à une jeune génération menée par Servan-Schreiber et consacre davantage de temps désormais à la défense des Droits de l’homme et à la Grande loge de France, avant d’être nommé en 1974 au Conseil constitutionnel.

Une vie particulièrement dense, un engagement politique résolu et constant, une obstination presque : la défense de la République et la grandeur de la France. Une biographie tout particulièrement intéressante et qui permet d’approcher à la fois un homme exceptionnel et la réalité de la vie politique sous trois républiques.

Ibis Rouge Editions, Matoury, 2013, 252 pages, 23 euros.
ISBN : 978-2-84450-435-7

"Forfaiture !"
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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 06:25

Difficile démocratie

Les idées politiques en Europe au XXe siècle, 1918-1989

Jan-Werner Müller

Historien allemand spécialiste d'histoire politique, Jan-Werner Müller nous propose ici une somme sur l'histoire du XXe siècle en Europe, vue sous l'angle de l'évolution des idées politiques, ou plutôt (comme il le précise en introduction) il s'intéresse aux "figures-passerelles, philosophes, hommes d'Etat, spécialistes du droit public, rédacteurs de constitutions" et aux "bureaucrates à visions, penseurs proches de partis et de mouvements politiques, ceux que Friedrich von Hayek sppela un jour les vendeurs d'idées de seconde main". Son propos est donc à la fois différent et plus large de ce que l'on trouve dans les habituels manuels type Sciences Po.

Cette volumineuse étude est organisée en six chapitres principaux. "La masse en fusion", qui s'ouvre sur Max Weber et se poursuit par l'analyse des conséquences politiques, culturelles et sociales de la Grande Guerre pour les libéraux, les progressistes, les croyants, les socialistes, les monarchistes, etc... "Les expériences de l'entre-deux-guerres", (à partir d'une citation de Paul Ricoeur qui évoque "une situation d'expérimentations en tous genres") constituent la deuxième partie sur fond, bien sûr, de montée des fascismes et des autoritarismes, la progression des marxistes et la place des syndicats, l'exemple de la Suède avec le seul gouvernement durable de coalition, le cas hongrois et les débats en Allemagne, la place des milieux paysans et ruraux, la terreur en URSS, etc. La troisième traite des "Thèmes fascistes", dont Mussolini disait (tout en tentant pourtant de le faire) qu'il ne pouvait pas être "exporté" parce que trop lié à l'idée de nation. De longues pages sur Sorel dans cette partie, sur les intellectuels italiens et allemands, sur le corporatisme, etc. L'auteur distingue entre les différents régimes (Hongrie, Portugal, Roumanie, Italie, etc.) selon leur caractère plus ou moins conservateur ou traditonnaliste : "Les régimes autoritaires-corporatistes, tout en empruntant le style des fascistes, empêchèrent ceux-ci de se regrouper ... La plupart de ces régimes dénonçaient, outre le matérialisme, tout relent de paganisme ... En Pologne, le maréchal Pilsudski était censé n'être responsable que devant Dieu et l'Histoire". Et il dresse ensuite un tableau des particularités du régime national-socialiste, "une vaste théorie du déterminisme historique et, en premier lieu, biologique". "La reconstruction" commence immédiatement après la Seconde guerre mondiale, marquée par le souvenir de la mort de masse et la Shoah, l'affaiblissement de l'Europe, la recherche de la stabilité et la place finalement prise par la social-démocratie et la démocratie chrétienne. C'est bientôt l'heure de la construction européenne et de la "politique du consensus", entre "paternalisme à l'ancienne" et diminution du rôle de l'Etat, le "néo-libéralisme" et l'importance de l'éducation à l'ouest, tandis que l'autre moitié de l'Europe reste sous contrôle idéologique, policier, politique et intellectuel communiste. L'avant-dernière partie, "Vers une société sans pères", nous fait traverser les années 1960-1970, la crise de 1968 dans ses différentes manifestations, les critiques de "l'Etat bourgeois" sur fond d'une sorte de mauvaise conscience collective. "L'antipolitique et le sentiment d'une époque qui s'achève", enfin, nous conduit à la fin du XXe siècle, avec la crise économique, politique et morale que la plupart des pays connaissent tour-à-tour, "un immense vide idéologique" et l'émergence des droits de l'homme : "ces droits offraient une sorte de minimum moral, après l'échec de tant d'autres projets idéologiques d'avenir radieux", le féminisme et l'écologie, la toute-puissance de l'économie et ses conséquences, etc.

De très nombreuses notes et références ponctuent le texte et le terminent, permettant à ceux qui le souhaitent d'aller plus loin. Comme souvent sur de tels sujets, les critiques et remarques peuvent être nombreuses en fonction des opinions personnelles des uns ou des autres, mais il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une vaste et ample synthèse qui doit absolument être connue de tous ceux qui s'intéressent à ces questions.

Alma éditeur, Paris, 2013, 555 pages, 24 euros.
ISBN : 978-2-36279-091-1.

Idées politiques en Europe
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Published by guerres-et-conflits - dans Histoire politique
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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