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30 janvier 2015 5 30 /01 /janvier /2015 06:00

Populisme

Les demeurés de l'histoire

Chantal Delsol

L'auteure, dont les titres et qualités sont nombreux, est par ailleurs éditorialiste au Figaro et à Valeurs Actuelles. Son propos est donc dans le droit fil de ses analyses et prises de position politiques antérieures.

En dix chapitres de dix à vingt pages, Chantal Delsol démonte le mécanisme accusatoire contre les "populistes", terme systématiquement employé et considéré comme péjoratif par les "élites" intellectuelles, médiatiques et politiques. Remontant aux origines de la démocratie grecque et des "tyrans" des cités helléniques, elle brosse le portrait du "meneur de foule" et s'intéresse au mot "démagogie", avec la distinction entre unicité de la cité et multiplicité des individus et des opinions. Au sens éthymologique, les "nombreux" sont aussi les "idiots", "pauvres et méchants à la fois". Pendant de longs siècles, la figure du chef populiste disparait, car "le comportement que l'on va dénommer 'populiste' n'a véritablement de sens que sous un régime démocratique, qu'il s'agisse de l'ancien ou du moderne". C'est donc avec le XIXe siècle que se poursuit la réflexion, à la recherche de la "trahison du peuple" et de l'identification du discours populiste moderne. Chantal Delsol prend alors à bras le corps la question de l'attachement des "masses", du peuple, aux traditions, à la terre, à "l'enracinement", dont elle fait pour la suite du livre une question centrale : "Jamais un peuple ne se soulève au nom d'un concept. Il est trop lié à la vie et ne comprend que la vie". Et plus les grands principes s'universalisent, moins il se sent en prise avec eux : "La montée des populismes raconte la révolte des particuliers devant des idéologies de plus en plus mondiales, donc de plus en plus abstraites". D'où le décrochage, puis l'opposition avec les élites, qui n'hésitent pas à présenter les "populistes" comme des conservateurs qui refusent le progrès. De là la confusion actuelle avec la démagogie politique et le déni : ceux qui s'opposent aux gouvernants se voient pratiquement refuser le qualificatif de citoyen responsable. Suivent quelques longues pages sur le communisme et le nazisme, où la démonstration se perd parfois un peu. Les derniers chapitres abordent davantage les rives de l'actualité, avec la question de la non-représentation parlementaire de mouvements (le FN en France) qui obtiennent des scores électoraux importants, celle de l'endo-recrutement d'élites installées, celle du dirigeant ("C'est parce qu'il représente une réaction contre un rationalisme consensuel enraciné dans les institutions que le phénomène populiste réclame en général le charisme d'un chef"), etc. Il en résulte enfin que les élites en viennent à vouloir maintenir ce peuple sous contrôle puisque des "demeurés" ne peuvent pas avoir raison contre les politiques qui savent manier les concepts. Elle rappelle enfin l'opposition (classique) entre le centre et la périphérie, entre une capitale et les provinces : "La province a davantage le sens de son identité, qu'elle cultive avec passion. Car elle n'a cure de se vouer au changement et encore moins au changement perpétuel. Un destin d'aventure ne la tente pas. On y marche dans un sillon, qu'il ne s'agit pas de perdre". Regardez aujourd'hui la géographie électorale. Finalement, les élites ne comprennent rien, ou comprennent de moins en moins. 

Un texte écrit en assez gros caractères, des phrases généralement courtes et un style parfois proche de celui du pamphlet, mais aussi quelques répétitions et paradoxalement quelques longueurs : la démonstration aurait sans doute gagné à s'étendre sur quelques dizaines de pages de moins pour être plus "percutante". Mais le volume n'en est pas moins intéressant, en particulier dans ses références historiques à l'histoire antique, et dans le discours partisan actuel il offre l'intérêt de remettre, de son point de vue, quelques pendules à l'heure. Et pour les autres de redéfinir les termes du débat.

Editions du Rocher, Monaco, 2015, 267 pages. 17,90 euros.

ISBN : 978-2-26807-643-0.

Mépris politique
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17 janvier 2015 6 17 /01 /janvier /2015 06:00

Histoire du Front national

Dominique Albertini et David Doucet

Créé en 1973 comme structure fédérant différentes personnalités et organisations de la droite radicale, le Front national fait désormais régulièrement la Une de tous les médias. Au rythme de l'actualité, cette réédition mise à jour d'un livre paru il y a un peu plus d'un an se justifie pleinement.

Dans ce volume solidement référencé (plus de 90 personnes interviewées, amis et adversaires du FN, anciens et membres actuels, dont la liste et les dates d'entretiens figurent en fin de volume), les auteurs racontent l'histoire d'une "fédération électorale" créée par les cadres du mouvement Ordre Nouveau pour les élections législatives de 1973 et dont Jean-Marie Le Pen devient le chef unique par étapes après n'avoir été choisi que par défaut : il fallait un nom connu aux fondateurs du parti. Le récit détaillé des secousses internes (opposition avec le PFN à la fin des années 1970, scissions successives), la description de personnalités étonnantes (Duprat, Stirbois), la pauvreté paradoxale du parti alors que Le Pen a fait un riche héritage avec en contre-point la mobilisation des militants qui payent le matériel de propagande de leurs poches. Le parti végète et ne réalise que des scores marginaux jusqu'au début des années 1980 et c'est lors des cantonnales de 1982 que quelques candidats tangentent ou dépassent les 10%, puis l'année suivante qu'une liste FN dépasse à Dreux les 16% avant de participer à la gestion de la municipalité avec le RPR. Le livre se poursuit par l'alternance des succès (législatives à la proportionnelle, élections européennes) et des échecs (scission de Mégret). Au fil des pages, on croise en particulier différents représentants de la droite parlementaire, de Giscard d'Estaing à Balladur, qui auraient affirmé ne pas avoir rejeté une alliance avec le FN dès cette période. Les auteurs s'intéressent bien sûr aux premiers succès municipaux du parti (Toulon, Marignane et Orange) et à la mise en oeuvre d'une politique de "préférence nationale" dans ces communes. Les années 1995-2000 constituent en quelque sorte le creux de la vague en dépit d'un sucès marqué aux régionales, sur fond de divisions internes, de conflits de personnalités, de départs plus ou moins discrets et de manoeuvres d'appareil où l'on voit apparaître (et parfois disparaître) les noms les plus connus du parti. Au passage, on apprend qu'avant les élections présidentielles de 2002 l'Elysée favorise la collecte des signatures de grands électeurs pour Mégret afin d'affaiblir Le Pen, mais l'on sait ce qu'il en est le soir des résultats, le 21 avril. Emerge alors la fille cadette, Marine, dont la prise de pouvoir progressive se fait au détriment de dirigeants historiques qui parfois s'éloignent d parti (Gollnisch, Bompard) et à partir de 2011 se succèdent les événements que nous connaissons aujourd'hui.

Un livre à lire (en prévisions des prochaines échéances électorales ?), car il éclaire de l'intérieur et par le menu, et sans être systématiquement à charge, l'histoire d'un parti politique passé en quarante ans de 0,5 à 25% des suffrages.

Coll. 'Texto', Tallandier, 2014, 376 pages. 10,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0724-6.

Fascination - répulsion
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12 décembre 2014 5 12 /12 /décembre /2014 06:00

Communisme

En Europe, l'éternel retour des communistes. 1989-2014

Stéphane Courtois (Dir.)

Dans cet ouvrage collectif (18 auteurs de 16 pays), les textes s'intéressent aux évolutions des partis communistes européens depuis la chute du mur de Berlin. Le résultat est à bien des égards impressionnant.

Aprs une communication introductive de Patrick Moreau, qui présente un point de situation général, à l'échelle continentale, des évolutions doctrinales et des résultats électoraux, les articles qui suivent nous entraînent dans le détail de situations nationales parfois curieuses, de l'orthodoxie marxiste-léniniste maintenue du Parti communiste portugais à la quasi-disparition d'une structure partisane communiste en Estonie où pourtant les anciens dirigeants conservent à titre personnel une influence ; de l'étonnant Parti progressiste des travailleurs chypriotes qui passe un temps par l'alliance avec les nationalistes tout en maintenant un lien fort avec la Russie nouvelle à "la dernière dictature européenne" que constitue la Biélorussie qui "n'a engagé aucun processus de transition". Au passage, même le très respectable grand-duché du Luxembourg, paradis des banques internationales, connaît l'existence d'un Parti communiste dont l'histoire résumée nous est contée et qui (s'il faut rassurer les possédants) "se maintenait à 1,4 % mais restait sans représentation parlementaire" en 2013. Le texte consacré à l'Ukraine, au-delà de la seule question de l'évolution du Parti communiste national, présente aussi sous forme de tableaux les résultats complets des principales élections intervenues depuis l'indépendance, ce qui permet aussi de d'évalue les rapports de forces et l'influence des autres partis aujourd'hui impliqués dans la crise avec la Russie. Enfin, les trois derniers articles s'intéressent à des thématiques croisées : le syndicalisme en Europe du Sud, la captation à des fins privées d'une part importante des entreprises et richesses privatisée,s et la question de l'internationalisme, "utopie perdue" au XXIe siècle, même si des rapprochements existent comme au sein du Parti de la gauche européenne.

Abondamment référencés, très fréquemment accompagnés de tableaux récapitulatifs, les textes offrent un point de situation très complet de l'histoire récente de ces partis, à "l'Ouest" comme à "l'Est" de l'Europe, si tant est que ces appellations conservent une pertinence autre que géographique. Vivement recommandé à tous ceux qui s'intéressent à l'histoire récente des idées politiques.

Editions Vendémiaire, Paris, 607 pages, 28 euros.
ISBN : 978-2-36358-150-1.

Mutations communistes
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19 novembre 2014 3 19 /11 /novembre /2014 22:39

1905

La séparation des Eglises et de l'Etat

Patrick Cabanel

Petit volume pédagogique qui revient sur un événement non seulement important de notre histoire, mais encore en grande partie fondateur de notre cadre politique républicain.

En trente questions qui permettent de balayer très largement tout le champ politique, social, culturel et même mémoriel de la loi de 1905, Patrick Cabanel nous brosse avec compétence le tableau (et le bilan) de cette mesure si contestée en son temps. Sachant présenter les données du problème avec mesure et recul, il revient sur les définitions, l'origine de la décision, les réactions des uns et des autres, l'évolution dans le temps, le rapport au politique et à la laïcité, le cas particulier de l'Alsace-Lorraine concordataire, la situation du protestantisme et celle de l'islam, etc. Le livre se termine sur une chronologie et une biographie indicative.

Un petit ouvrage peu onéreux qui rendra indiscutablement bien des services aux étudiants et qui peut être tout aussi utile comme outil de réponse rapide à ceux qui s'intéresse aux évolutions politiques et intellectuelles de la France du début du XXe siècle.

Geste éditions, La Crèche, 2005, 63 pages, 9 euros.
ISBN : 2-84561-171-4.

Laïcité républicaine
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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 06:15

France - Algérie

L'impossible divorce

Stéphane Babey

Un cri du coeur et un essai de synthèse tout à la fois. Fortement marqué par une histoire et par des convictions personnelles aussi.

La position de l'auteur s'exprime dès la première phrase : "L'Algérie est une chance pour la France et la France une chance pour l'Algérie". Considérant que les liens humains et personnels entre les deux rives de la Méditerranée sont exceptionnellement anciens et forts, il rêve à "une France et une Algérie qui ne seront jamais plus étrangères l'une à l'autre". A partir de ses voyages dans son deuxième pays, de ses rencontres, de ses conversations, de sa connaissance du système politique miné et épuisé de l'Algérie, il prêche son espérance en un nouvel avenir, en dépit d'une situation actuelle très critique : "Des images pathétiques d'Abdelaziz Bouteflika lors de son hospitalisation à Paris, il n'est qu'une chose à retenir : le pouvoir issu de l'Indépendance est plus usé encore que le peuple algérien désespéré". Un peuple algérien qualifié un peu plus loin "d'exsangue" et dont la jeunesse refuse (elle l'a montré dans un passé récent) l'islamisme et l'intégrisme. Tout, dans le parcours personnel de l'auteur explique et justifie cet ouvrage, qui ouvre par ailleurs sur de nombreuses réflexions (y compris sur l'incurie de certains médias métropolitains et leurs discours simplistes), mais doit-on pour autant accepter son raisonnement tel quel ? Ne peut-on pas considérer que sa double appartenance culturelle ou "nationale" peut aussi être un prisme déformant ?

Une histoire cahotique qui (ré)apparaît ponctuellement au fil des chapitres, des cicatrices mal refermées, une réelle proximité entre (certaines parties des) deux peuples, un engagement personnel par l'écriture, tout cela donne un livre intéressant, agréable à lire, qui interroge sur notre présent et notre avenir. Mais dont les réponses ne suscitent pas nécessairement l'adhésion. 

Editions du Rocher, Monaco, 2014, 219 pages. 17,90 euros.
ISBN : 978-2-26807-630-0.

Divorce impossible ?
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14 novembre 2014 5 14 /11 /novembre /2014 06:00

Démocraties sous contrôle

La victoire posthume de Ben Laden

Jacques Follorou

Petit volume, petit format, style direct, questions dérangeantes. Ce texte du célèbre journaliste du Monde dresse en quelque sorte le bilan de l'envers du tableau de la lutte contre le terrorisme entamée depuis 2001.

Se demandant finalement si les démocraties occidentales, et en particulier les Etats-Unis, ne payent pas chez eux, au plan des libertés individuelles, un prix trop lourd pour des résultats en demi-teinte, Jacques Follorou dresse un bilan sans concession des actions du JSOC, des drones, de l'utilité des "prisons spéciales", des dégats collatéraux. Il n'oublie pas que la Grande-Bretagne est plus que le meilleur élève des USA, la France étant qualifiée de "force supplétive". La "surveillance de masse" via les divers leviers de la NSA est finalement considérée comme "inefficace" et il appelle en conclusion à une "réflexion sur la vraie nature d'une violence politique ou religieuse (qui) se pose partout dans le monde".

Un côté "pamphlet" (sur un ton mesuré), qui, à défaut de convaincre en lui-même, a le mérite de poser des questions essentielles.

CNRS Editions, Paris, 2014, 55 pages, 5 euros.
ISBN : 978-2-271-08298-5.

A propos du livre, sur RFI : ici.

Délicate question
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18 octobre 2014 6 18 /10 /octobre /2014 06:00

Les rebelles. Une anthologie

Jean-Noël Jeanneney et Grégoire Kauffmann (Dir.)

Un volume de poids, à tous les sens du terme, qui rappelle nos anthologies de français ou de philo il y a quelques années, et qui laisse un peu l'impression de surfer sur des confusions à la mode (et de profiter par exemple du thème annuel des Rendez-vous de Blois par exemple).

Le livre s'ouvre sur une brève introduction générale, dont les premières lignes donnent envie de continuer la lecture ("A toutes les époques, certaines fortes figures se sont dressées contre cette apparence de fatalité : à bon ou mauvais escient, parfois avec folie et toujours avec vaillance". L'objet de ce recueil est donc de (re)mettre à la disposition des lecteurs des textes fameux, souvent tombés dans l'oubli, de "révoltés". L'ouvrage en donc constitué de 19 grandes parties, dont chacune s'attache à un personnage (Hugo, Jaurès, Clemenceau, Bernanos, etc.) ou à un combat plus collectif et commence par une page d'introduction particulière. Le problème de ce type d'ouvrage est de vouloir ratisser trop large, certains combats menaçant les "rebelles" de risques plus importants que d'autres. On ne suivra donc pas les directeurs de l'ouvrage dans tous leurs choix (la "révolution féministe" est sans aucun doute caractéristique de la fin du XXe siècle, mais les risques pris par ses animatrices semblent bien minces dans un contexte législatif, culturel et médiatique qui leur est globalement favorable). On reconnaitra, de même, qu'il était plus difficile de se lever contre "l'argent-roi" à la fin du XIXe siècle qu'en 1968. Chaque partie est ensuite traitée à travers une sélection de textes assez brefs, supposés illustrer la forme, le ton et le fond de cette révolte. Révolte parfois toute relative : le de Gaulle des années 1930 prend normalement le commandement de son régiment à Metz et poursuit sa carrière de manière classique. Simplement, il exprime des idées différentes. Est-il à cette époque un "rebelle" ? Alors, quelle est donc la définition du "révolté" ? N'existerait-il plus, désormais, que dans ce triangle infernal de la "révolution-rive gauche", limité par le café de Flore, le pub Saint-Germain et Castel ?

Bref, les thèmes et les extraits reproduits suscitent d'autant plus de réactions, d'accord ou de désaccord, et poussent à la réflexion, qu'on approche de la période très contemporaine. Finalement, n'était-ce pas le but réel des auteurs ?

Ed. Le Monde et CNRS Editions, Paris, 2014, 608 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-271-08221-3.

Définition(s) à géométrie variable
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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 05:50

 

Les régions du déshonneur

La dérive fasciste des mouvements identitaires au XXe siècle

Francis Arzalier

Réédition revue et augmentée d'un ouvrage initialement paru en 1990, ce livre a pour ambition d'établir le parcours d'un certain nombre de responsables et mouvements politiques régionaux très marqués par leurs relations avec l'extrême-droite radicale.

Le texte couvre donc très largement l'ensemble du XXe siècle jusqu'au début du XXIe, mais s'étend aussi bien au-delà des seules régions françaises. Non seulement d'autres régions européennes balkaniques ou orientales sont plus ou moins évoquées, mais surtout l'étude s'ouvre au Moyen-Orient entre Juifs et Arabes et se termine sur l'intégrisme islamique et l'Afrique, ce qui peut sembler pour le moins "capillo-tracté". Globalement, les deux premiers tiers du livre sont consacrés aux situations (générale et régionales) jusqu'à la Seconde guerre mondiale incluse, et ce sont  objectivement les plus convaincants. Le chapitre 7 s'intéresse aux épurations plus ou moins sommaires (mais globalement peu excessives) de l'immédiat après 1945. Il revient en détail sur les à-coups et soubresauts de "l'affaire Bickler", mais termine sur une description imaginaire d'un enterrement en 1984 réunissant tous ceux (pour la plupart déjà morts) qui furent compromis dans ces relations avec l'occupant. La dernière partie nous semble mélanger un peu rapidement toutes les questions, et les rapports avec la question moyen-orientale ou les situations africaines paraissent pour le moins excessifs, et l'on a quand même du mal à passer en une ligne des sectateurs d'Al Quaïda au séparatisme basque... Sauf à considérer qu'un peuple n'a pas le droit de se revendiquer pour ce qu'il est ? C'est là une autre question, et d'ailleurs où fixer la limite ?, et le simple fait de la poser pourrait laisser dubitatif quant à l'objectivité du discours d'ensemble.

Un livre à lire, par contre pour ce qu'il raconte de certaines situations en Europe pendant la première moitié du XXe siècle.

Librairie Vuibert, Paris, 2014, 297 pages. 22,90 euros.

ISBN: 978-2-311-10015-0.

Ambigüités
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5 septembre 2014 5 05 /09 /septembre /2014 05:30

Les événements fondateurs : les accords d'Evian (1962)

Succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne

(1954-2012)

Guy Pervillé

Réédition d'un manuel rédigé par l'un des meilleurs spécialistes de l'Algérie et des relations franco-algériennes, cet ouvrage destiné en premier lieu aux étudiants sera utile à tous. Il se distingue à la fois par sa précision, sa méthodologie et sa rigueur.

Le livre est structuré en trois grandes parties, qui abordent successivement la période de 1954 à 1961 ("Des réformes aux négociations"), les négociations d'Evian elles-mêmes les accords et leur application et enfin la période courant depuis 1962. Scrupuleusement référencé à partir de sources très variées, distinguant l'essentiel du secondaire, les faits des commentaires, l'ouvrage est une réelle référence. Il replace les événements de 1962 dans le temps long et présente leurs conséquences jusqu'à ces dernières années. Chaque chapitre se termine sur deux ou trois documents qui permettent de mieux comprendre telle prise de position ou telle décision et aucune évolution importante chez l'un ou l'autre des protagonistes n'est tue. 

L'ouvrage se termine par une chronologie précise, une dizaine de pages de biographies, une belle bibliographie et un index. Un outil objecivement intéressant.

Coll. U, Armand Colin, Paris, 2012, 288 pages. 29,40 euros.

ISBN : 978-2-200-24907-6.

Relations franco-algériennes
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20 juin 2014 5 20 /06 /juin /2014 06:20

La torture, de quels droits ?

Une pratique de pouvoir, XVIe-XXIe siècle

Norbert Campagna, Luigi Delia et Benoît Garnot

Constatant que "les controverses sur la validité de la torture judiciaire, qu'on aurait pu croire définitivement closes à la fin des temps modernes, sont redevenues d'actualité au XXIe siècle", les auteurs s'intéressent à la place, à la contestation et à la défense, des pratiques de la torture dans le cadre des procédures judiciaires, comprises au sens large.

Le livre est divisé en trois parties principales, qui correspondent aux grandes périodes historiques : "La contestation de la torture, XVIe-XVIIIe siècle", "L'abandon de la torture, XVIIIe siècle", et "Le retour de la torture, XXe-XXIe siècle". La douzaine de contributions présentées s'intéressent aux situations qui prévalent en France, en Angleterre, en Autriche, en Italie ou en Suisse au fil des siècles, et forment un ensemble tout-à-fait cohérent. Les rapports au droit, à la morale, à la religion, mais aussi les impératifs politiques nationaux (ou présentés comme tels) sont pris en compte et les deux dernières interventions ("De la torture et d'autres moyens de faire parler un poseur de bombes", et "Sortir de la torture : la logique des cercles vicieux"), si elles ne sont pas toujours absolument convaincantes dans leurs démonstrations, visent à présenter des réponses judiciaires ou policières alternatives.

Entre histoire du droit, histoire des idées politiques et histoire des questions de sécurité, un petit volume qui mérite d'être lu, ne serait-ce que pour mieux contextualiser des questions d'histoire des siècles passés et prendre en compte les évolutions intellectuelles, philosophiques et politiques des deux ou trois derniers siècles.

Editions Imago, Paris, 2014, 213 pages, 20 euros.
ISBN : 978-284952-710-8.

La question de la torture
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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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