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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 06:00

La fin des empires

Patrice Gueniffey et Thierry Lentz (Dir.)

La question quasi-philosophique des causes de la disparition des grands empires ne cesse de hanter les historiens et ce volume, sans apporter de réponse définitive nouvelle, nous offre un très large panel d'analyses dans le temps long.

Vingt contributeurs s'intéressent ainsi à l'agonie plus ou moins rapide d'empires aussi différents que celui d'Alexandre (323-331 av. J.-C.) ou celui de l'influence américaine aujourd'hui. L'intérêt est donc d'avoir en quelques pages (chaque étude de cas faisant quinze à vingt pages en moyenne) un concentré de présentations et d'analyses sur des périodes de longueur variable, entre la lente disparition de l'empire romain d'Occident et "Les cinquante-cinq jours de Constantinople" en 1453. Quelles soient économiques, démographiques, militaires, ou autres, les causes sont non seulement diverses mais aussi complémentaires ou cumulatives. Parmi les thèmes originaux, celui du remplacement de la puissance aztèque (ou mexicaine ?) par les Espagnols au début du XVIe siècle, mais aussi en jeu de miroirs cinquante pages plus loin le récit du "Long déclin de l'empire espagnol" jusqu'à la guerre hispano-américaine. De même, la lecture successive de l'article présentant "Le reflux de l'empire britannique : de la puissance à l'influence", puis celle de "La tragédie de l'empire colonial français" offre un saisissant parallèle. A l'autre bout du monde, "Les neuf vies de l'empire chinois" aident aussi à réfléchir sur notre monde.

Bien sûr, sur différents cas particuliers, chacun pourra ne pas être en total accord avec les auteurs, et certaines interprétations peuvent paraître privilégiées par rapport à d'autres. Mais l'ensemble est extrêmement riche, dense, ouvert. Un excellent ensemble de contributions qui permet de réfléchir sur le fond au caractère mortel de nos sociétés et organisations politiques. Une trentaine de cartes souvent très pédagogiques accompagnent les différents articles, et chacun se termine par une bibliographie indicative. Une véritable contribution à différents travaux et un outil très utile pour de nombreuses autres études.

Perrin, Paris, 2016, 474 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-262-05160-0.

Histoire globale
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11 février 2016 4 11 /02 /février /2016 06:00

Clemenceau

Dernières nouvelles du Tigre

Jean-Noël Jeanneney

On sait que, parmi d'autres sujets, Jean-Noël Jeanneney s'intéresse depuis longtemps à Georges Clemenceau, et la personnalité comme la carrière du Tigre sont propices à un exercice du type de celui auquel il se livre dans cet ouvrage.

Organisé de façon chronothématique en onze chapitres, il nous présente Clemenceau à diverses époques et confronté à des questions ou des problèmes variés. Nous avons donc successivement le républicain hostile aux campagnes coloniales, le républicain qui critique le parlement de la IIIe République, ce républicain très à gauche qui devenu ministre de l'Intérieur réprime les grèves insurrectionnelles, ce républicain orateur d'exception mais aussi auteur lui-même et amoureux de grande littérature, ce républicain journaliste et pamphlétaire, etc. En résumé, "Le" républicain. Immensément cultivé. Polémiste hors pair. Fin connaisseur de la Grèce antique comme de l'extrême-Orient. Ardent partisan de la laïcité mais scrupuleusement respectueux des croyances privées. Le livre se termine sur la question du traité de Versailles (a-t-il été trop dur à l'égard des Allemands ?) et sur l'opposition de son héros à Foch dans les années 1920. Au fil des pages, bien sûr, Jean-Noël Jeanneney présente Clemenceau, ses décisions, ses propos sous un jour toujours favorable, et (pourtant) pour tout dire attachant.

Une personnalité d'une telle ampleur, d'une telle force, ne peut qu'être particulièrement intéressante. Non sans parti pris, l'auteur nous en montre aussi la complexité, le caractère parfois inclassable en dehors de quelques grands principes fondateurs. A ces titres, l'ouvrage est à lire.

CNRS Editions, Paris, 2016, 219 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-271-08938-0.

Le Tigre
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8 février 2016 1 08 /02 /février /2016 06:00

Leçons d'histoire

pour une droite dans l'opposition

Jean-Etienne Dubois

En travaillant sur les mobilisations et actions des droites contre le Cartel des Gauches dans les années 1920, l'auteur nous en apprend beaucoup sur cette période relativement négligée dans l'historiographie récente.

Mieux encore, Jean-Etienne Dubois ne travaille pas seulement au niveau du gouvernement et des états-majors parisiens, mais il multiplient les références et les aller-retour avec le terrain, les circonscriptions électorales de province, les élections partielles dans les petites communes. Son travail (à certains égards exemplaire) est donc d'une très grande richesse, aussi bien au sujet de cette gauche parfois idéologiquement malmenée au pouvoir que de ces droites protéïformes (et souvent opposées) qui travaillent et s'organisent dans l'opposition... Toute comparaison avec des situations présentes serait bien sûr tout-à-fait abusives. A travers dix chapitres thématiques, de 1924 à 1928, nous suivons toutes les évolutions de ces droites diverses, divisées entre elles mais finalement rassemblées contre le Cartel, du "centre droit républicain" aux mouvements ligueurs d'extrême-droite. Les questions de l'antiparlementarisme, des relations avec l'Eglise catholique, des rapports au monde industriel et financier, de la presse et de la propagande électorale sont traitées avec soin (et parfois avec brio). On peut simplement regretter que, dans leurs causes comme dans leurs conséquences, certaines questions militaires et stratégiques soient à peine abordées (révoltes rifaine et druze, occupation sur le Rhin, nomination de Sarrail, remplacement de Lyautey, par exemple), alors qu'elles traduisent des divergences de fond et illustrent également des conceptions différentes du rapport à l'Etat et à ses intérêts majeurs. Jean-Etienne Dubois étudie aussi les évolutions du sens des mots ("national", "Cartel"), le paradoxe d'une opposition parfois très dure dans le discours mais d'un gouvernement parlementaire globalement au centre, l'influence des modes de scrutin sur les résultats électoraux, etc. 

On compte plus de 160 cartes, graphiques et tableaux au fil des pages, qui viennent judicieusement en appui du texte courant, une volumineuse bibliographie et pas moins de quatre index spécialisés. Une véritable somme, dont on peut bien sûr (c'est notre cas) discuter ici ou là les conclusions et synthèses partielles, mais qui va très rapidement devenir une référence scientifique incontournable, indispensable pour quiconque s'intéresse à la période.

Institut universitaire Varenne-LGDJ, Paris, 2015, 598 pages, 45,- euros.

ISBN : 978-2-37032-064-3.

Années 1920
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6 février 2016 6 06 /02 /février /2016 06:00

Organisations, mouvements et partis

des droites radicales au XXe siècle

Olivier Dard (Dir.)

Dernier opus du programme de recherche pluriannuel consacré aux droites radicales (le volume précédent sur les théoriciens et les individualités, ici) et plongée dans le monde des micros organisations politiques européennes et américaines.

Spécialiste d'histoire politique et en particulier des droites radicales, Olivier Dard a rassemblé huit contributeurs venus de France, du Portugal, d'Espagne et du Canada, pour dresser le panorama de cette nébuleuse "Internationale noire", où il semble que l'enflure des termes (on ne compte plus les "fédérations" et autres "mouvements européens") le dispute à l'extrême maigreur des effectifs et à l'indigence d'un discours qui reste profondément ancré dans des caractéristiques nationales en dépit d'une volonté affichée de dépasser ce cadre étroit. Tout l'intérêt de ce volume réside dans l'identification des cheminements intellectuels transnationaux, mais aussi dans la mise à jour de subtilités doctrinales parfois étonnantes (comme ces "monarchistes populaires" issus de l'Action française de la fin des années 1960, influencés par les milieux carlistes d'Espagne). L'étude d'Olivier Dard sur la filiation "Jeune Nation/Mouvement nationaliste du progrès/Rassemblement européen de la liberté" montre bien les processus d'évolution et de transformation dans le domaine de l'organisation partisane, de crises internes et échecs électoraux et en scissions, au tournant des années 1960. On relève également une étude sur les relations historiques entre le Front national et le MSI italien, une sur la droite radicale en Argentine (avec ses propres contradictions) et une autre sur le Parti de l'unité nationale au Canada. Enfin, la cas des identitaires nord-américains est évoqué à travers l'exemple des références païennes de la "Wulfing Kindred". Entre l'infiniment petit dans le domaine des effectifs, et l'immensité philosophique pour ce qui concerne le discours. Etonnant.

Peter Lang Ed., Berne (CH), 2016, 202 pages.

ISBN : 978-3-0343-2062-7.

Droites radicales
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6 décembre 2015 7 06 /12 /décembre /2015 06:00

Nous sommes la France

Natacha Polony

Nous présentons assez rarement d'ouvrages polémiques de commentaires de l'actualité la plus chaude, mais celui-ci, rédigé de façon méthodique par une journaliste que l'on voit quand même de moins en moins sur les plateaux depuis quelques mois, ne manque pas d'intérêt.

Elle explique dans son introduction que ce livre vif, presque une lettre ouverte ou un pamphlet car elle a un vrai sens de la formule, a été écrit en quelques semaines à la fin du printemps dernier en écoutant les déclarations et en observant les décisions de nos principaux "leaders d'opinion" et décideurs après les attentats de janvier (et donc avant ceux du mois dernier, ce qui en renforce l'intérêt). Refusant d'être "assignée à résidence idéologique", elle pose cette simple question : "Si nous sommes la France, comme certains ont voulu le proclamer après les attentats, qui est ce 'nous' ? ... Qu'est-ce qui peut nous donner espoir de nous sentir de nouveau constituer un peuple qui ne soit pas partiel, amputé de l'une ou l'autre de ses composantes ?"  Elle procède ensuite en trois grandes parties ("Le festival du déni", "Un état des lieux et des dégats", "Que faire ?") à une charge résolue contre tous ceux dont elle estime qu'ils refusent la réalité, qu'ils intrumentalisent les événements ou qu'ils dénaturent les faits. Chacun "en prend pour son grade", l'exécutif en tête ("François Hollande joue les funambules" est sans doute la formule la plus gentille), à l'intelligensia parisienne, celle qui favorise "l'inversion fascinante qui permet de transformer les premiers coupables en victimes, au choix, de la discrimination, du colonialisme, de la France en général", malhonnêteté intellectuelle qui "a quelque chose de profondément choquant, pour ne pas dire abject". La charge est argumentée : on compte trois, quatre ou cinq citations et références par page, pour bien rappeler ce que les uns et les autres ont effectivement dit ou écrit depuis plusieurs mois. La question de la jeunesse (des banlieues mais pas seulement) "privée de grand récit national" est longuement traitée, celle de l'école avec ses défaillances également (car elle n'a pas "apporté ce savoir dont les humanistes pensaient qu'il était la condition de notre humanité"), celle aussi de la religion et de la place qu'elle doit avoir dans notre société, Natacha Polony rappelant ici que les représentants de l'Eglise de France n'ont pas été les derniers à entretenir la confusion. BHL, Kouchner, Sarkozy, les tenants de l'atlantisme et les néoconservateurs, "les alliances douteuses qui ont transformé la politique extérieure de la France en un alignement fantomatique sur la diplomatie américaine", la confusion entre "savoirs" et "opinions", tout y passe. Il faut donc se résoudre à accepter la question que tous refusent d'aborder sur le fond : qu'est-ce qu'une identité ? Et une identité nationale ? Un gros mot ? Une volonté. Et "pour qu'il y ait cette volonté, pour que perdure cette âme, ce principe spitiruel, il faut qu'il y ait un héritage commun". Dit autrement : "Nous sommes la France, certes, mais il ne peut y avoir de France que s'il y a un nous". Quant au roman national, pour terminer en parlant d'histoire : "Aucun déterminisme, aucun dessein caché. La France éternelle n'existe pas. Mais la France actuelle porte la mémoire de sa lente composition, de la lutte patiente du pouvoir royal contre les foédalités, de l'écrasement brutal du sud par le nord, de la poursuite par la révolution et l'empire de l'oeuvre de centralisation engagée sous Colbert ... L'école n'a pas pour objet d'inventer un roman national pour galvaniser un peuple et lui faire croire à quelque prédestination, mais elle a pour objet de forger un récit national qui apporte à chaque futur citoyen son legs ... Si l'école, à un moment, ne se fixe pas pour mission de donner des repères communs, ne vision commune de l'histoire du pays, personne ne le fera".

Allez, une dernière : "La république compte désormais parmi les concepts mous, dont chacun se réclame sans avoir la moindre notion de ce qu'implique un tel régime en termes de souveraineté ou de rapport entre l'individuel et le collectif". Je suis certain que des tas de dents doivent grincer, et l'on s'explique beaucoup mieux pourquoi l'auteure n'est plus présente aux heures de grande écoute... Il ne s'agit ni d'une analyse scientifique, ni d'une thèse de sciences humaines, mais d'un cri du coeur, dont les formules trop rapides et raccourcies peuvent souvent être contestées. Mais au total, quel air frais dans les miasmes des discours radio-télévisés toujours identiques ! Un livre qui ne laisse à aucun moment indifférent : déjà une belle réussite.

Plon, Paris, 2015, 215 pages. 14,90 euros.

ISBN : 978-2-259-23040-7.

Pamphlet
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13 octobre 2015 2 13 /10 /octobre /2015 06:00

Francis Delaisi

Du dreyfusisme à "l'Europe nouvelle"

Eric Bussière, Olivier Dard et Geneviève Duchenne (Dir.)

Les douze contributions de cet ouvrage collectif présentent en trois grandes parties chronologiques la vie et les engagements d'un homme aujourd'hui bien oublié, mais qui exerça en son temps, à plusieurs reprises, une influence non négligeable.

La première partie nous présente en trois interventions les débuts de carrière de Francis Delaisi qui est l'un des organisateurs à Rennes du mouvement d'opinion en faveur de Dreyfus, puis l'un des intellectuels proches de la CGT, journaliste et auteur de plusieurs ouvrages, anticapitaliste et pacifiste, dont les "réflexions ont nourri le mouvement syndicaliste à tendance révolutionnaire". Le seconde s'intéresse à l'après-Première Guerre mondiale, lorsque Delaisi devient un européiste convaincu, pacisfiste, et un "quasi-expert" en économie, célèbre pour son La banque de France aux mains des deux cents familles, paru en 1936, mais également auteur de Le pétrole , Les contradictions du monde moderne, Les deux Europe et de Les financiers et la démocratie, qui lui valent une vraie notoriété internationale. Il y explique en particulier "comment les financiers ont déclenché la guerre mondiale et prophétise une nouvelle conflagration voulue par les deux cents administrateurs qui ont usurpé le pouvoir de l'économie nationale". Il se prononce alors pour une planifcation économique à l'échelle européenne et s'engage en 1934 au sein du Comité de vigilance des intellectuels antifascistes, dont il sera l'un des dirigeants, mettant en avant le "pacifisme intégral". La troisième partie nous permet de suivre l'homme pendant la guerre, qui "dès la débacle bascule totalement dans le choix collaborationniste, puis il y reste fidèle jusqu'à la fin de l'occupation", comme nombre de ses camarades venus de la gauche politique française. Tout en contribuant à de nombreux journaux de la collaboration, il est membre du RNP de Déat ("Il est l'un des rares auteurs publiés par ce parti") et joue un rôle de formation des cadres intellectuels : "Delaisi fait en 1943-1944 des cours de formation professionnelle pour l'éducation économique des journalistes, portant sur l'histoire, la géographie et la géopolitique. Son argumentaire, qui lui a valu ce poste, mérite d'être cité : le gouvernement autoritaire doit convaincre l'opinion rétive ou rebelle et les communiqués du minsitère de l'Information nepeuvent être efficaces s'ils ne sont adaptés à la clientèle de chaque journal par un corps de journalistes avertis". Arrêté en 1945, il présente son parcours comme "les tribulations d'un collaborationniste sincère", uniquement préoccupé par la paix européenne et les questions économiques.

On apprécie tout particulièrement l'exceptionnelle biographie de référence en fin de volume, sans doute exhaustive ou peu s'en faut. Un ouvrage collectif passionnant pour quiconque s'intéresse à l'histoire des idées de l'entre-deux-guerres à la Libération.

PIE Peter Lang, Bruxelles, 2015, 265 pages, 40,- euros.

ISBN : 978-2-87574-285-8.

De la gauche révolutionnaire à la collaboration
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15 septembre 2015 2 15 /09 /septembre /2015 06:00

La France en guerre froide

Nouvelles questions

Sylvie Le Clech et Michel Hastings (Dir.)

Actes d'un colloque organisé avec le soutien et la participation active des Archives nationales, ce volume regroupe vingt-deux communications très différentes qui, sans faire complètement le tour du sujet, ce qui serait impossible, permettent de donner autant de coups de projecteur sur des aspects particuliers de la vie politique et sociale de la France de la IVe République essentiellement.

Le volume est organisé en trois parties, dont les deux premières occupent l'essentiel de la pagination. La première, "Machineries politiques, machineries militantes en guerre froide", après une communication d'ouverture de Jenny Raflik sur "L'OTAN et la France, 1949-1966', traite essentiellement des mouvements politiques, du Parti communiste (qui recueille alors entre le quart et le cinquième des suffrages et contrôle entre 1000 et 2000 municipalités) aux droites nationalistes (dominées par la question de Vichy et par les guerres d'Indochine et d'Algérie), sans oublier les "Associations d'anciens résistants et déportés" (divisées et finalement peu influentes). La deuxième s'intéresse plutôt aux questions de société avec des présentations tout à fait intéressantes sur la naissance et le développement des jumelages sur fond de guerre froide, sur la politique de défense civile entre 1950 et 1960 ou sur "Mémoire scolaire et mémoire académique de la guerre froide", par exemple. On note aussi une communication sur l'association France-URSS et la diffusion du cinéma soviétique. La troisième, enfin, ne regroupe que trois communications et ouvre sur l'international avec une présentation sur la société ouest-allemande, une en miroir sur la société est-allemande et une sur la société italienne.

Les questions militaires et de défense ne sont abordées qu'à la marge, mais ce volume permet de mieux comprendre le contexte, les positionnements des uns et des autres et apporte une réelle plus-value à notre perception de cette période, paradoxalement si proche et déjà si lointaine.

Editions universitaires de Dijon, 2015, 247 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-36441-109-8.

Guerre "froide"
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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 06:00

Le peuple forge ses fers

suivi de Du despotisme

Jean-Paul Marat

Il est toujours intéressant de retourner vers les textes originaux et il faut se faciliter de la réédition de ces deux courts extraits des Chaînes de l’esclavage (1792) sous la forme d’une petite brochure très abordable.

En effet, pour la plupart, le nom de Marat est surtout connu pour son assassinat par Charlotte Corday et l'on se contente généralement de l'associer aux excès les plus meurtriers de la Révolution. Le premier article (11 pages), « Le peuple forge ses fers », entend démontrer à travers une longue série d’exemples historiques (de la Rome antique à l’Angleterre de Jacques II) que la masse populaire ne cherche finalement qu’à se jeter dans les bras d’un sauveur auquel elle abandonne facilement ses droits et sa liberté, et donc que les corps constitués intermédiaires (élus locaux, magistrature, armée, clergé, commerçants et producteurs, etc.) n’ont ni la force ni l’envie d’organiser la résistance : « Le peuple ne se laisse pas seulement enchaîner : il présente lui-même la tête au joug … A l’exception d’un petit nombre de têtes saines, le peuple n’est composé que d’imbéciles, toujours prêts à courir au-devant de leurs fers ». Rappelons que le texte a été rédigé en 1792… Le second article (26 pages), « Du despotisme », poursuit le raisonnement et veut démonter le mécanisme d’accaparement du pouvoir et de marche vers l’absolutisme. Les exemples historiques (Richelieu, Jacques II, Auguste, etc.) se poursuivent pour expliquer qu’après une phase de répression généralement sanglante, le monarque cherchera à accabler la population avec une justice aux ordres, des impôts spoliateurs, le contrôle de l’édition : « Une fois sous le joug, et convaincus de l’impossibilité de le rompre, les sujets ne songent plus qu’à se consoler du malheur de leur situation … Incapables et indignes d’être libres, ils commencent par dédaigner la liberté, et à vanter le repos dont ils jouissent dans les fers ».

Une petite brochure intéressante (ne serait-ce, outre le style de l'écriture, que parce qu'elle explique des références culturelles et historiques d'un certain nombre de responsables révolutionnaires) qui annonce et justifie en quelque sorte les excès de la Montagne. Elle nous rappelle indirectement que, pour calmer les Romains de la décadence, les empereurs devaient fournir « du pain et des jeux », mais aussi que, trois ans avant la rédaction de ce texte, déjà, la Déclaration des droits et des devoirs de l’homme et du citoyen précisait que face à l’oppression, l’insurrection est le plus sacré des devoirs…

Berg International, Paris, 2015, 46 pages, 6,- euros.

ISBN : 978-2-37020-048-8.

Pour commander directement : ici.

L'Ami du Peuple
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10 mai 2015 7 10 /05 /mai /2015 06:00

L'armée française et l'ennemi intérieur

1917-1939. Enjeux stratégiques et culture politique

Georges Vidal

L'irruption d'une idéologie révolutionnaire et internationaliste à partir de 1917 inquiète légitimement les autorités politiques et militaires. Nous sommes alors en pleine guerre et l'alliance russe est toujours considérée comme essentielle. Et au cours des années qui suivent, compliquant la seule question du communisme en politique intérieure, l'émergence de l'URSS amène sous certains angles à réfléchir les questions de défense à l'aune des rapports de la République au communisme, puisque "la relation de Paris à Moscou se construit et se pense d'abord au prisme des relations franco-allemandes".

Pour analyser ces rapports complexes entre l'institution militaire française (mais aussi la conception politique nationale de la Défense, ce qui est différent) et le mouvement communiste, l'auteur développe un plan globalement chronothématique, qui analyse d'abord le mouvement bolchevique perçu comme "L'instrument de l'Allemagne (1917-1934)", puis observe la question à partir de Paris en terme de politique intérieure ("La France au coeur de la Révolution mondiale (1934-1939)", avant de faire un focus sur la place des questions internationales, et en particulier de la guerre d'Espagne ("Le facteur international, 1936-1939"), et de centrer définitivement son propos sur la défense nationale stricto-sensu ("L'armée dans la lutte contre le communiste"). On retrouve à plusieurs reprises, au fil des événements, la dichotomie entre pensées personnelles des uns et des autres, rapports et comptes rendus des échelons intermédiaires de la hiérarchie, et position officielle de l'institution militaire. Si un certain nombre de cadres et dirigeants s'affirment plus ou moins publiquement personnellement hostiles au mouvement communiste international et à sa section française, l'armée comme institution de la République reste très majoritairement à l'écart des agitations et disputes politiques. Rappelons également que c'est le parlement qui vote les lois et le gouvernement qui adopte les textes réglementaires : à chacun sa part de responsabilité... Les pages consacrées à la période qui entoure les émeutes de février 1934 (globalement 1932-1936) sont intéressantes : elles montrent comment l'armée en tant qu'institution réfléchit à la question de l'insurrection intérieure et se prépare éventuellement à y répondre (on aurait pu citer les réflexions conduites sur le "RETEX" avant l'heure des journées révolutionnaires de 1830 et de 1848, dont on trouve par exemple la trace dans la Revue Militaire Générale). Mais, sauf erreur, ces mêmes pages oublient de préciser qu'immédiatement après le déclenchement des événements du 6 février, dans la nuit, c'est le sous-chef de l'état-major général en personne qui interdit, contre l'avis du ministre de l'Intérieur, aux régiments stationnés dans le secteur de Versailles de venir sur Paris participer à la répression des manifestations dans la capitale, en expliquant que ce n'est pas le rôle de l'armée. Et il peut y avoir ici deux lectures. Par ailleurs, dans la longue période de l'entre-deux-guerres, cette perception de la menace révolutionnaire est fluctuante, car elle est aussi conditionnée par la proximité d'une menace allemande directe plus ou moins nette ou urgente. A partir de 1936, la situation se complique, entre une Allemagne qui se fait plus exigeante et une Espagne en proie à une guerre civile très marquée par les questions idéologiques. Peut-on alors distinguer entre Parti communiste en France et régime soviétique à Moscou ? Certains tentent ce quasi exercice d'équilibrisme intellectuel, généralement sans résultat durable. Comme le précise d'ailleurs l'auteur dès son introduction, "le livre montre une tension entre un philosoviétisme, de nature stratégique et économique, et un anticommunisme, idéologique", que l'on retrouve à plusieurs reprises dans le texte courant. Tension qui peut être d'une intensité variable. Enfin, Paris, au coeur d'une région très industrialisée et où les masses ouvrières sont plus mobilisées, pose un problème particulier en terme de sécurité intérieure, puisque c'est également là que sont installés les principaux centres du pouvoir. On oberve également que "Pétain apparaît plutôt comme un homme d'influence qui apporte sa caution morale à la lutte intransigeante de l'armée contre le communisme".

Un livre très intéressant, qui contribue à l'écriture d'une "histoire politique de l'armée", ou une "histoire de l'armée face aux questions politiques". Comme sur beaucoup de sujets, les choses sont complexes et l'analyse se doit d'être fine. A lire attentivement et à conserver. 

Presses universitaires de Rennes, 2015, 260 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-7535-5620-3.

Lutte contre le communisme
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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 06:00

De Gaulle et Mauriac

Le dialogue oublié

Bertrand Le Gendre

Les deux personnages héros du livre ont marqué leur époque, quel que soit ce que l'on peut penser de leur action ou de leur oeuvre par ailleurs. Le premier est l'homme de Londres et fondateur d'une nouvelle République, le second est prix Nobel de littérature et l'un des grands journaliste de la seconde moitié du XXe siècle. L'introduction précise l'objectif de l'ouvrage : "Figures d'un autre siècle, de Gaulle et Mauriac ne sont pas grands seulement par leur stature, de gouvernant pour le premier, de chroniqueur habité pour le second. Ils le sont par les liens qui les unissent. Tel est le propos, jamais approfondi jusqu'ici, de ce livre".

En six chapitres assez brefs, basés soit sur des événements particuliers soit sur des thématiques plus larges, Bertrand Le Gendre dresse un tableau tout en finesse des relations entre les deux hommes. De l'intervention de Mauriac pour tenter de sauver Brasillach en février 1945, aux événements de mai 1968 et à leurs conséquences, l'auteur souligne les différences réelles entre les deux hommes (parcours professionels et choix intellectuels initiaux en particulier) mais aussi l'admiration à bien des égards réciproque qu'ils se portent. D'ailleurs, s'ils s'estiment, leurs parcours ne deviennent parallèles que tardivement : pendant la plus grande partie de la IVe République, s'ils se rencontrent ponctuellement, ils suivent chacun une voie qu'ils pensent profondément juste et se consacrent à l'écriture. Ils re retrouvent en 1958 ("Trop longtemps, Mauriac a réfréné son gaullisme ... Le héraut a retrouvé son héros"), lorsque Mauriac "renonce" à Mendes-France, et par ses écrits le prix Nobel et journaliste soutient activement le général revenu en politique. Toutefois, il "n'a rien d'un courtisan -il a ses opinions- mais il est en cour" et reconnaît cependant que le chef de l'Etat "l'intimide". Plus encore, paradoxalement presque, il ressort "déçu" de ses entretiens avec le chef de l'Etat, mais n'en continue pas moins à le soutenir. Finalement, ils vont l'un et l'autre se heurter aux événements de mai 1968, qu'ils n'ont pas anticipé et qu'ils ne comprennent pas, ou mal, après les débats qui entourent en 1965-1966 l'affaire Ben Barka.

Après la mort du vieux chef, "le gaullisme sans de Gaulle (devient) un anachronisme", et il reste "la foi. La foi en la France pour de Gaulle, sa religion. La foi en Dieu pour Mauriac, son cap politique". Un livre riche, qui ouvre de multiples pistes et qui, sans pencher dans un sens ou dans l'autre, brosse un tableau original d'une relation atypique.

Fayard Histoire, Paris, 2015, 175 pages, 18,- euros.

ISBN : 978-2-213-67215-1.

Dialogue entre géants
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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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