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25 octobre 2012 4 25 /10 /octobre /2012 07:05

Rothschild, une banque au pouvoir

Martine Orange

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L'histoire de demain s'écrit aujourd'hui et les grandes enquêtes sur des thèmes politiques, économiques et financiers ont toujours constitué pour les historiens ultérieurs des éléments d'information intéressants. Depuis 30 ans, la banque Rothschild a connu des revers et des succès, mais reste très proche des cercles politiques les plus élevés.

Les deux protagonistes de cet ouvrage cohabitent ainsi dès le titre : la banque, métaphore du monde financier, tend la main au pouvoir politique. A moins que ça ne soit l’inverse. Il s’agit bien de ce rapport ambivalent, et tant controversé, que Martine Orange choisit de décrypter au fil des 400 pages de son livre. Après diverses participations à des journaux, elle décide de mettre ses connaissances en affaires économiques au service de Médiapart. Parallèlement, elle enrichit le champ des publications économiques en s’intéressant au patronat comme à la célèbre banque Lazard. Basé sur des témoignages, et centré sur l’univers de la banque, son dernier écrit s’emploie à retracer l’histoire de la banque Rothschild, « dernière grande banque familiale » selon David de Rothschild.

La nationalisation de 1982 semble annoncer la fin de l’ère Rothschild. C’est une première approche toute en noirceur que peint Martine Orange, où l’acharnement du gouvernement de gauche contre la famille Rothschild cache en réalité une chasse féroce aux ressources financières. Figurant parmi les condamnés du pouvoir, la banque se retrouve seule pour affronter une véritable épidémie de quasi-désertions, au moins de « retournement de vestes ». La reprise en main de l’établissement est menée tambour battant par David et Eric de Rothschild. Le gouvernement, sous l’égide d’Ambroise Roux, permet la réinstallation de la banque dans le système d’influence du monde patronal en l’intégrant à l’Afep. Les cercles d’influence protègent ainsi la maison Rothschild mais ne lui rendent pas son autonomie. Débute alors un vrai combat pour recréer une banque, qui s’achève sur un succès, grâce au soutien de Badinter.

Alors que le veto se lève, Rothschild est appelée à représenter l’Etat dans nombre d’affaires populaires : la banque tient ainsi son rang dans les privatisations. Au monde financier qui prône le « greed is good » (la cupidité a libre cours), Rothschild répond par l’adoption du modèle de la banque d’affaires façon Lazard et l’union avec les cousins anglais permet à la maison de prétendre au titre de banque d’affaires internationales. Sous la bienveillance de la deuxième cohabitation, Rothschild prouve son influence, entre autres, dans l’affaire Renault.

L’année 1995 ne dissout pas les liens entre domaine politique et financier mais a une acidité certaine pour la famille Rothschild. L’arrivée de Nicolas Sarkozy à la mairie de Neuilly en 1993, grâce au banquier Vernes, montre la perméabilité des deux mondes : Nicolas Sarkozy pratique sans détour le jeu des rapports entre mandats politiques et  secteur privé. Entre affaires, nouvelles recrues, et mandats de l’Etat, Rothschild est placée au cœur du monde de la haute finance et des évolutions industrielles, mais ne manque pas à ses principes. Le gouvernement Jospin s’en tient plutôt à distance, injectant ses directives par à-coups, comme pour l’affaire France Télécom.

Le véto ministériel refait son apparition en 2005 avec la nomination de Thierry Breton, mais le retour en grâce de Rothschild, à la fois pour la maison et les hauts fonctionnaires, s’avère primordial. Puissance qui s’exporte, la banque ne parvient pas à légitimer l’idée d’une alliance franco-allemande. « Il va changer les choses » assure t’on alors dans la sphère financière lorsque François Henrot est nommé à l’Elysée : ainsi débute l’ère Sarkozy. Jamais une banque n’a eu une telle proximité avec le pouvoir et Rothschild se révèle l’interlocuteur privilégié de l’Etat. L’argent s’installe au cœur de la politique, d’après l’auteur, avec plusieurs affaires comme celle de la BPCE. Alors que Rothschild se classe première des banques-conseils en fusions-acquisitions, la crise des « subprimes » la tétanise.

Malgré la défaite de la droite aux élections présidentielles, Rothschild reste au pouvoir et fournit le nouveau Secrétaire général de l’Elysée. Comme l’affirme la famille : « C’est la tradition de la maison de se mettre à la disposition de la République ». Martine Orange replace alors la figure de David de Rothschild dans un rôle de conseiller, voire même d’arbitre, dans la joute menée par le monde des affaires et le pouvoir.

C’est un ouvrage enrichissant à bien des égards que nous délivre Martine Orange, riche de très nombreuses informations de détail, même si l’on ne peut pas parler « d’objectivité totale ». Mais il s’agit d’un vrai travail de recherche et d’investigation journalistique. Plonger dans le monde fantasmé des affaires où l’argent est roi, et dans l’univers politique qui semble en être si proche et où la manipulation est coutumière, ne pourra que séduire le lecteur avide d’en savoir davantage sur les trames politico-financières de la République.

Barbara FELICE

Editions Albin Michel, Paris, 2012, 359 pages, 20 euros

ISBN 978-2-226-24383-6

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30 août 2012 4 30 /08 /août /2012 07:00

La guerre robotisée

Didier Danet, Jean-Paul Hanon, Gérard de Boisboissel

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Ce beau volume de plus de 330 pages constitue les actes d'un colloque international organisé en novembre 2011 par le pôle Action globale et forces terrestres du Centre de recherche des Ecoles de Saint-Cyr - Coëtquidan. Affirmons le immédiatement : il constitue dès à présent un ouvrage de référence pour trois raisons : il s'agit d'un sujet relativement neuf, abordé dans sa globalité, par une équipe internationale. Tactique et stratégie, économie et technique, morale et droit, mais peut-être surtout une vraie question politique. Les très nombreuses pistes ouvertes au fil des différentes contributions intéresseront tous ceux qui s'interroge sur les guerres de demain... et celles d'aujourd'hui !

 

Plus d’une vingtaine d’intervenants donc, militaires et civils, pour une « première » aussi complète que réussie. La première partie (« Robots et action globale des forces terrestres ») pose la question de l’intervention actuelle et future des robots dans les conflits, de la préparation des chefs militaires à l’optimisation de leur emploi et des conséquences organiques que cela peut engendrer. La seconde (« Mutations technologiques et industrielles ») s’intéresse aux coûts relatifs, aux investissements nécessaires et à la problématique de recherche et développement. La troisième (« Questionnements socio-politiques ») revient sur les obstacles éthiques, moraux et juridiques qui surgissent sans qu’une réflexion préalable, en amont, n’ait réellement permis d’envisager des réponses satisfaisantes. La conclusion enfin (« Réflexions prospectives ») s’attache à préciser ce que pourra être demain la robotisation non seulement du champ de bataille en général mais des unités en tant que telles. Tout au long de l’ouvrage résonnent, comme un fil d’Ariane, les échos du débat qui, souvent (et depuis longtemps) oppose, pour faire simple, les adeptes de la technicité aux partisans de la rusticité. Que l’on soit au non favorable à cette évolution, que l’on appartienne à un camp ou à l’autre, les derniers mots de la préface du général Bonnemaison s’imposent tout au long du livre : « Penser cette dimension particulière de la conflictualité contemporaine est donc une impérieuse nécessité pour les forces terrestres qui sont concernées au premier chef ». On ne peut en effet pas se contenter de refuser la réalité.

 

(En aparté, nous pouvons une nouvelle fois nous étonner de l’extrême froideur de la plupart des grands éditeurs vis-à-vis des actes de colloque et des ouvrages collectifs, au prétexte que, ne s’agissant pas d’un récit unique grand public, le livre serait moins « vendable ». Ces publications en réalité, nous en avons eu (et nous en aurons encore) maints exemples, constituent les véritables bases de l’apprentissage et de la connaissance dans les domaines les plus variés, par la diversité des interventions sur un sujet commun et par la richesse des pistes ouvertes par les meilleurs spécialistes. Il nous faut donc ici remercier et féliciter les derniers éditeurs -parmi lesquels Economica, dans le cas présent, mais aussi SOTECA 14-18, Riveneuve Editions, PIE Peter Lang ou les Presses Universitaires par exemple- pour avoir encore le courage de produire des volumes de cette qualité.)

 

Editions Economica, Paris, 2012, 336 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-7178-6499-1

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6 juin 2012 3 06 /06 /juin /2012 07:05

Histoire des drones

Océane Zubeldia

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Dans cet ouvrage parfaitement accessible au grand public, mais extrait d'une thèse remarquable soutenue il y a environ deux ans, Océane Zubeldia dresse un tableau très complet de toutes les problématiques liées à l'histoire et à l'emploi des drones, qui occupent si souvent l'actualité à propos des opérations en Afghanistan.

Divisé en sept parties, l’ouvrage aborde d’abord la question de l’origine à proprement parler des « avions sans pilote » depuis le début du XXe siècle, et l’on est surpris d’apprendre, par exemple, la nature et le nombre des expérimentations qui se déroulent aux Etats-Unis, en Grande-Bretagne et en France dès la Première Guerre mondiale. Dans une seconde partie, l’auteur s’intéresse à ce que les drones représentent industriellement et économiquement dans les différents Etats et souligne que l’industrie privée, plus que le domaine militaire peut-être, constitue aujourd’hui un débouché important. La troisième partie traite de l’emploi opérationnel, des efforts d’Israël aux engagements du Golfe, du Kosovo, à la lutte contre le terrorisme et à l’Afghanistan.

Les trois parties suivantes (4 : France ; 5 : Etats-Unis ; 6 : Israël) permettent d’apporter un éclairage complet sur trois situations nationales différentes. Pour la France, les dossiers du renseignement et des forces spéciales constituent des priorités, et le domaine de la sécurité intérieure reste un objet d'études pointues, sinon de préoccupations. Aux Etats-Unis, le nombre de programmes différents, dont certains s’étendent jusqu’en 2035, donne une idée de l’importance prise par ces systèmes aussi bien dans l’armée de l’air que dans l’armée de terre : « L’armée de terre américaine cumulait en mai 2010 un million d’heures de missions pour l’ensemble de ses systèmes inhabités aériens … Elle réalise actuellement en une seule année plus de 220.000 heures de vol ». En Israël, Etat pionnier, « les drones sont au cœur de la politique d’emploi de défense » et la firme Israel Aircraft Industries « représente le principal employeur industriel du pays avec plus de 14.000 salariés ».

L’ultime partie enfin, titrée « Stratégie et prospective » permet d’élargir la réflexion à d’autres problématiques, technologiques bien sûr (« Quel sera le drone de demain ? »), mais aussi juridiques et morales. En effet, quelle devient la place de l’homme dans la guerre ?, que reste-t-il du droit des conflits armés ?, comment définir un combattant lorsque celui qui « met en œuvre » (on ne sait plus exactement quel verbe employer…) le drone peut se trouver à des dizaines de milliers de kilomètres de sa cible, par l’intermédiaire d’un réseau spécialisé de satellites ?

Le livre se termine sur une chronologie et sur un très utile ensemble d’index, de recueil des sigles, de notes, de références archivistiques et bibliographiques qui permettent au non-spécialiste de parfaitement suivre et comprendre l’ensemble de l’ouvrage. Une étude parfaitement complémentaire de toutes les publications plus techniques ou plus stratégiques qui fleurissent actuellement, auxquelles elle apporte une profondeur et une densité nouvelles. Un livre tout à la fois facile à lire et de référence.

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Océane Zubeldia a bien voulu répondre à quelques questions :

Question : Pouvez-vous résumer, en quelques lignes, comment se situe la France dans la véritable compétition internationale qui entoure l’industrie des drones et la définition de leur emploi militaire ?

Réponse : Les drones représentent le secteur qui connait la plus importante croissance dans le domaine aéronautique et les cabinets d’analyse économique sont très confiants en prévoyant un réel renforcement des demandes. Actuellement, les deux « poids lourds » sont les Etats-Unis et Israël. Même si la France n’est pas encore un chef de file en la matière, elle conduit des efforts conséquents pour trouver les meilleures solutions technico-industrielles. Au-delà d’une simple définition, l’emploi opérationnel des drones au sein des forces terrestres et aériennes n’est plus à prouver à travers les différentes missions successives en opérations extérieures comme sur le territoire national.

Question : Vous nous proposez une étude sur des engins sans pilote mais, au-delà des aspects strictement techniques, l’homme semble toujours être au cœur de votre réflexion. Pouvez-vous nous expliquer cette apparente contradiction ?

Réponse :  Nous sommes dans une ère du « tout technologique », alors que, paradoxalement, l’homme n’a jamais été aussi présent. Les drones répondent à cette attente en liant le technique à l’humain. Charge à ce dernier de trouver le bon compromis entre l’efficacité et la sûreté. Des premières expérimentations motorisés des drones pendant la première guerre mondiale jusqu’à nos jours, les évolutions témoignent de la complexité de cette recherche et de l'équilibre à trouver.

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Question : On a parfois le sentiment, à vous lire, que l’avenir est peut-être davantage dans des utilisations civiles que militaires, et même en dehors de toute question de sécurité et d’ordre public ?

Réponse : Les utilisations militaires sont loin d’être laissées de côté. Les questions de sécurité se placent également au cœur de la réflexion, à cette différence près que pour généraliser cet emploi d'engins inhabités dans la sphère publique les défis sont importants, notamment ceux liés à l’intégration dans la circulation aérienne, mais aussi juridiques. Les applications civiles dans notre quotidien sont pour l’instant peu nombreuses, cependant la diversité de leurs potentialités permet d’envisager dans un proche avenir une véritable "explosion" des utilisations après le dépassement de certains verrous, techniques mais ici aussi juridiques.

Question : Après ce premier essai, quels sont désormais vos projets éditoriaux ?

Réponse : Mes projets concernent l’écriture, commencée, d’un livre sur les As, ces aviateurs de la Grande Guerre, leur personnalité et leur bravoure face aux attentes opérationnelles de l’époque. Il sera édité par le CNRS. Parallèlement, je porte ma réflexion sur les questions liées à la cyberguerre et je poursuis ma recherche sur les drones.

Océane, merci. J'espère que ce premier livre sera suivi par de nombreux autres.

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15 mai 2012 2 15 /05 /mai /2012 07:15

Réflexions sur la guerre motorisée dans l'espace européen

à travers la presse et la littérature militaire.

Etude comparative France / Allemagne / Grande-Bretagne

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Journal of the Royal Tank Corps, avril 1928

 

Dans cet article, Candice Ménat, doctorante à l'Institut d'études politiques d'Aix-en-Provence (CHERPA), présente ses travaux en cours dans le cadre de sa thèse. Elle vise, à travers l'étude chronologique de la presse militaire et des écrits des officiers dans les trois principaux pays européens entre 1919 (enseignements directs de la Première Guerre mondiale) et 1935 (à la veille de la publication des nouveaux règlements d'emploi), à reconstituer "l'arbre généalogique" de la doctrine d'emploi des chars et du couple "chars / avions". Où naissent les idées ? Comment passent-elles d'un pays à l'autre en étant, au fur et à mesure d'aller-retour successifs, progressivement amendées et adaptées. Quelles sont les influences croisées éventuelles ? Comment sont-elles successivement présentées ? Comment finissent-elles par se traduire dans des règlements d'emploi différents ?

Les revues systématiquement analysées sont : la France Militaire, la Revue Militaire Française, la Revue de Cavalerie (et en tant que de besoin les autres revues d'arme, infanterie et artillerie), Militär Wochenblatt, Wissen und Wehr, Army Quarterly, Journal of the Royal Tank Corps et Journal of the Royal United Service Institution (RUSI). Aussi souvent que nécessaire, il sera fait appel aux autres ressources (périodiques et livres) publiées durant cette période. On le voit, un travail titanesque.

Pour lire l'ensemble de l'article, cliquer ici.

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3 avril 2012 2 03 /04 /avril /2012 08:00

Encyclopédie de l'armement mondial

Tome 1 : Afghanistan à Australie

 

Jean Huon

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Il s'agit de la première phase d'un travail absolument titanesque, puisque l'auteur annonce dans son avant-propos que cette nouvelle Encyclopédie de l'armement mondial ambitionne de recenser et présenter à terme les armes individuelles et collectives de 190 pays... Elle fournira des données sur plus de 3.000 armes mises en service entre 1860 et aujourd'hui, et comptera au total sept volumes, dont l'éditeur précise que les parutions des tomes 2 à 7 s'échelonneront de mars 2012 à octobre 2014.

Une première partie présente un historique général des armes à feu (pp. 15-29) en illustrant chaque étape de cette évolution de planches et croquis, de la platine à mèche aux premières armes à répétition. Viennent ensuite les présentations plus spécialisées : les fusils, fusils d'assaut, pistolets, revolvers, fusils mitrailleurs et mitrailleuses.

A partir de la page 77, chaque pays dans l'ordre alphabétique (Afghanistan, Afrique du Sud, Albanie, Algérie, Allemagne, Andorre, Angola, Arabie Saoudite, Argentine, Arménie et Australie pour ce tome 1) est ensuite rapidement présenté dans son histoire militaire et l'armement de ses forces de sécurité sur un siècle et demi. Il en résulte bien sûr que la principauté d'Andorre (avec ses quelques Glock 17 autrichiens ou HK 33 A2 allemands) est traitée en moins d'une page, alors qu'il en faut 4 pour l'Albanie et plus de 170 pour l'Allemagne. L'ensemble est accompagné de nombreuses photos (parfois originales : les Beretta plaqués or de la garde d'Arabie Saoudite), de tableaux précisant les caractéristiques techniques et chaque chapitre se termine par une bibliographie spécialisée.

Un ouvrage indispensable aux spécialistes et collectionneurs, mais probablement aussi très utile aux amateurs des questions tactiques pour les données précises qui sont fournies à chaque page.

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21 février 2012 2 21 /02 /février /2012 08:30

La guerre totale

sous la direction de Dominique Barjot

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Avec ce nouveau volume, paru dans la collection "Bibliothèque stratégique", il apparaît que la prise en compte de l'ensemble des conditions (en particulier financières, économiques et industrielles) qui constituent le contexte général dans lequel se déroulent les opérations militaires est désormais une nécessité admise par tous.

En proposant ce livre de quelques 490 pages, les nombreux auteurs font donc oeuvre utile. Les textes, rédigés par dix-huit universitaires français et étrangers (britanniques, canadien, italien, américains, japonais, etc.) sont organisés en quatre grandes parties : "Armer", "Produire", Innover" et Gérer". L'ampleur de la thématique frappe, à la seule lecture du titre des communications : de "La mobilisation des hommes dans la Grande Guerre" (Jean-Jacques Becker) à "La révolution de l'artillerie" (Hew Strachan), des "Entreprises et entrepreneurs face à l'effort de guerre : électricité et travaux publics" (Dominique Barjot) à "La chimie en guerre" (Pap Ndiaye), ou de "Improvisation et organisation dans la production d'armements terrestres. Le cas italien" (Luciano Segreto) à "Evolution du système japonais de production aéronautique au cours de la Seconde guerre mondiale" (Kazuo Wada). On voit que de nombreuses facettes de la mobilisation des pays en guerre sont étudiées, à partir de situations nationales très différentes. Cette approche comparatiste, ou au moins la confrontation induite de ces conditions particulières (avec les difficultés rencontrées dans ce domaine en France, mieux connues), constitue sans nul doute l'un des plus grands intérêts de l'ouvrage. On apprécie en particulier certaines communications tout-à-fait originales dans la littérature française et l'on retiendra par exemple "Effort de guerre et contestation sociale : les effets inattendus de la mobilisation économique en Russie sur les équilibres socio-politiques", dans lequel Jacques Sapir trouve les origines du modèle soviétique.

Paradoxalement, le texte introductif est celui qui parvient le moins à convaincre, du fait de nombreuses "ellipses" ou raccourcis approximatifs. Quelques exemples parmi de nombreux autres : la guerre sous-marine à outrance de l'Allemagne n'est pas inspirée par l'amiral von Tirpitz au début de la Grande Guerre, Lloyd George n'est pas à l'origine du système des convois maritimes et le commandement interallié de Foch n'est pas "accéléré" par la nécessité d'équiper la jeune armée américaine. On s'interroge sur certaines affirmations rapides, comme "l'artillerie permet d''exploiter au mieux deux innovations majeures : les obus à gaz ... et les chars" ? Comme quoi, on peut être l'une des sommités de l'histoire des techniques et de l'industrie et n'avoir qu'une approche assez vague des questions militaires. Ceci conduit à regretter, une nouvelle fois, qu'un ouvrage collectif sur la guerre ne compte parmi ses rédacteurs aucun officier historien, constat d'autant plus "urticant" que nous sommes un certain nombre parfaitement convaincus de l'importance et de l'intérêt de ce sujet.

Il n'en rete pas moins que ce volume dans son ensemble apporte beuacoup. D'un grand intérêt, il fournira à tous de riches enseignements (soulignons la présence de nombreux tableaux et graphiques) et de nombreuses références.

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17 janvier 2012 2 17 /01 /janvier /2012 15:43

Armes en guerre XIXe – XXIe siècle. Mythes, symboles, réalités

François Cochet, CNRS Editions, 2012.

 

Cochet-Armes en guerreComme l’auteur le précise dans son introduction, il s’agit à la fois « de ramper au ras du sol avec les combattants qui utilisent leurs armes, qui cherchent à éviter les effets de celles de leurs adversaires » et de s’élever au niveau de « la guerre des bureaux d’étude, des chefs et des décideurs, tant civils que militaires », tout en prenant en compte les processus de fabrication et la question des munitions aussi bien que la formation individuelle et collective des soldats aux nouveaux systèmes d’armes.

 

Illustrant toujours son propos d’exemples très concrets, François Cochet aborde à la fois des questions d’histoire militaire stricto sensu, mais aussi d’histoire industrielle, d’histoire sociale et des mentalités, ce qui donne à l’ensemble une grande richesse. Il a divisé son étude en trois parties, qui lui permettent de traiter son sujet à partir de points d’observation très différents : « Les armes disent les évolutions guerrières » (aspects technologiques, expériences du champ de bataille, traumatismes, etc.), « Les armes disent la guerre des chefs » (conception, fabrication, mise en dotation et doctrine d’emploi, etc.), « Les combattants disent leurs armes et celles de l’adversaire » (le rapport individuel à l’armement, les avis portés par l’utilisateur sur le matériel, les bricolages locaux non prévus initialement, etc.). Il pose en conclusion une question qui nous intéresse tous : « Les technologies militaires du futur permettront-elles de sortir de ce qui semble, depuis le néolithique, une équation fondamentale, à savoir que malgré la possibilité de tuer au-delà de l’horizon et de plus en plus loin et précisément, il n’en demeure pas moins que, dans un grand nombre de cas, c’est le fantassin qui doit terminer le travail de près ? ».

 

Actuellement l’un des meilleurs connaisseurs de la « chose militaire » dans le monde universitaire, François Cochet propose ici un ouvrage qui s’inscrit dans la continuité de ses travaux antérieurs et les complète. Un ouvrage qui doit figurer dans toute bibliothèque bien tenue.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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