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10 mai 2012 4 10 /05 /mai /2012 07:30

Un silence d'Etat

Jean-Jacques Jordi

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Voilà un livre qui a fait, à notre connaissance, l'objet de peu de recensions et dont la réputation se développe plus par le bouche-à-oreille et les réseaux sociaux que par les chroniques publiées. Son auteur, Jean-Jacques Jordi, est déjà auteur de nombreux ouvrages sur Marseille, l'Algérie, les migrations et les Harkis.

En un peu moins de 200 pages (on apprécie le nombre et la précision des références d'archives), il brosse un tableau aussi complet que possible, semble-t-il, des disparitions "inexpliquées" d'Européens à la fin de la guerre d'Algérie, avec ces questions posées dès l'introduction : "Pourquoi les différents gouvernements n'ont-ils pas cherché à expliquer à leurs concitoyens cette histoire ? Pourquoi a-t-on laissé aux 'groupes mémoriels' la prise en main de cette histoire ?". Il reconnait par ailleurs que son étude "ne prétend pas à l'exhaustivité, mais a la volonté d'apporter des réponses". Il faut à nouveau souligner qu'il appuie son travail sur l'exploitation des ressources de nombreux centres d'archives.

Après avoir défini ce qu'il faut entendre par "disparu dans la guerre d'Algérie", il dresse rapidement un tableau des événements et des disparitions entre 1955 et les accords d'Evian, puis s'attarde davantage sur la période qui va jusqu'à l'indépendance effective. Un bref chapitre IV s'intéresse aux "Barbouzes et Mission C, entre fantasmes et réalité" (on regrette que certains documents soient reproduits en petit format, ce qui les rend peu lisibles) ; puis le chapitre V constate "L'impuissance des commissions mixtes" de cessez-le-feu : "Les commissions mixtes n'ont donné aucun résultat tangible à cause de la volontaire non-application du FLN". Au fur et à mesure que les semaines passent, la situation devient de plus en plus difficile : à Oran, le 5 juillet, où la responsabilité du général Katz paraît bien directement engagée ; au cours du dernier semestre de 1962 (avec un pic pendant les mois d'été) durant lequel leur nombre est tel que "le FLN doit penser une véritabnle gestion des personnes enlevées".

Les derniers chapitres sont consacrés aux suites des événements : le silence complice entretenu dans l'hexagone par le pouvoir gaulliste et les difficultés des familles et survivants à faire connaître et reconnaître des faits pourtant avérés (et ceci en dépit d'une enquête du CICR de Genève en 1963). La longue liste des "Personnes disparues présumées décédées" clôt ce volume, non sans quelques frissons dans le dos.

Une étude parfaitement documentée qu'il sera sans nul doute difficile de considérer comme "quantité négligeable" pour les travaux à venir et de ne pas citer désormais en référence.

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17 mars 2012 6 17 /03 /mars /2012 08:40

Ils avaient 20 ans.
Ils ont fait la guerre d'Algérie

Dominique Paganelli

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Quoi de commun entre Raymond Poulidor, Jean-Pierre Beltoise, Jacques Higelin, Pierre Santini, Pierre Joxe, Cabu ou Jacques Barrot ? Sans se connaître, et bien avant d'être célèbres, il ont appartenu à ce million et demi d'appelés qui ont, d'une façon ou d'une autre, participé à la guerre d'Algérie. Comme le précise Benjamin Stora dans son introduction, l'auteur "a suivi avec obstination et patience leurs destins parallèles dans ces années 1950" et, dans son avant-propos, Dominique Paganelli, ancien grand reporter pour la télévision, revient sur quelques aspects du débat de l'automne 1999 qui voit finalement le vote de la loi qualifiant de "guerre" les "opérations de maintien de l'ordre" en Algérie.

Le thème était donc "glissant" : quelques people en guerre d'Algérie... Plutôt que de faire "raconter leur guerre" à chacune des quinze célébrités d'aujourd'hui dont les témoignages constituent le coeur de l'ouvrage, Dominique Paganelli a choisi de classer ces récits chronologiquement et thématiquement : "La Toussaint rouge", "L'incorporation", "La traversée", "La vie quotidienne", "La patrouille", "La peur", "Le mal-être", "La désertion", "Les paras", "Le combat", "La torture", "Le retour", "Mars 1962", "Le terrible silence", "Et après ?".

Pari osé et difficile, disions-nous. Quelques textes sont étonnants et le témoignage de Jean-Pierre Farkas (journaliste) sur ses gardes de nuit ("Tous les bruits sont interprétés à l'aune de sa propre peur") est tout-à-fait réaliste. De même, le récit par Raymond Poulidor de ses constatations sur le déroulement du référendum de septembre 1958 ne manque pas de saveur. Le chapitre sur "Les paras" présente toute la complexité de la situation, vue par le regard d'un appelé "lambda"  ("partie noble de l'armée", "des héros", "une simplicité de relation entre l'officier et ses hommes" pour Gilles Perrault, mais aussi "éducation à coups de poing", "des décervelés", "Rien n'est donc bon chez eux" pour Jacques Higelin). Globalement toutefois, le sens général est hostile aux "engagés" et à leurs missions, certains témoignages sont mêmes résolument militants. Tout simplement sans doute parce que, comme dans tous les conflits, chacun se souvient de "sa" guerre, dans "son" secteur, avec "sa" mission et à "son" niveau de responsabilité, c'est-à-dire de circonstances nécessairement très différentes de celles d'autres participants et qu'il est toujours extrêmement difficile de tenter des généralisations à l'échelle d'un territoire grand comme plusieurs fois l'hexagone sur lequel les formes de guerre évoluent en plusieurs années. Ces appelés d'hier sont aussi les notabilités d'aujourd'hui, ce qui accentue un rejet ambiant ordinaire : en racontant 50 après leurs souvenirs de guerre, ils ne peuvent (même involontairement) ni se départir d'un demi-siècle de discours public, ni aller trop nettement contre les généralités fréquemment répétées. L'historien connaît bien ces problématiques de "ré-écriture mémorielle" et de remise dans les contextes : celle du temps des événements, comme celui du témoignage.

Un livre original donc, à certains égards surprenant. Mais aussi un livre "dans l'air du temps", que l'on lira facilment, qui ne manque pas de charge émotionnelle, ajoutera quelques anecdotes intéressantes et qui, ne l'oublions pas, remet dans le lot commun d'une génération quelques personnalités (plus ou moins) médiatiques.

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9 mars 2012 5 09 /03 /mars /2012 08:10

Insignes de l'armée de Terre

Guerre d'Algérie

Jean Marchetti et Charles Janier

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Voilà un album superbe qui ravira les amateurs.Grand format, magnifiquement illustré, il constitue sans aucun doute LA référence incontournable en la matière. Les auteurs ont fait le choix de classer les milliers d'insignes reproduits parallèlement à une présentation chronologique du conflit de 1954 à 1962 et chaque grand chapitre correspond à une année de guerre. Un texte explicatif, mais aussi des cartes et des organigrammes accompagnent systématiquement chaque partie, au sein desquelles les insignes (formations combattantes, mais aussi services et soutien, EM, commandos, centres de recrutement et de formation, gendarmerie, insignes de béret et de spécialité, insignes de manche en tissu, brevets divers, etc.) sont présentés par grandes unités ou subordination. Le tout est complété par de nombreuses photos (grand format et en couleurs).

Illustration-de-l-ouvrage--Insignes-de-l-Armee-de-Terre---.jpg

Bref, une magnifique réalisation qui peut parfaitement constituer un superbe cadeau.

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7 mars 2012 3 07 /03 /mars /2012 08:00

  Harkis, soldats abandonnés

Témoignages

 

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Voilà un beau livre. Un livre utile. Un livre indispensable. Après une sobre préface de Pierre Schoendoerffer et une introduction générale du général (2S) Maurice Faivre, se succèdent en alternance dix témoignages, six de harkis ou de membres de la famille de harkis et quatre "d'hommes d'honneur" qui étaient à l"époque jeunes officiers (et qui, on l'a compris, ont noué et conservé depuis la guerre d'Algérie des liens personnels très forts avec "leurs" harkis).

Chacun raconte son histoire, personnelle, mais qui croise par ailleurs celle des autres. Des parcours qui se ressemblent, poignants. Des espoirs, des hésitations, des engagements, des morts, souvent violentes... Des discours officiels et des consignes officieuses contraires... Certaines phrases pèsent très lourd : "C'était des sujets douloureux dont on ne discutait pas ; on agissait, tout simplement. Il avait réussi à sauver mes harkis, je ne lui en demmandais pas plus. C'était un homme d'honneur. Il le savait. Sauver la vie d'un homme, contre un ordre, ce n'est pas désobéir. Il avait sa conscience pour lui. Comme moi", raconte le lieutenant-colonel de Rotrou, alors lieutenant, en parlant du capitaine Marce. "Je ne dirai rien des circonstances de mon évasion ; il y a des choses qu'on doit garder secrètes. Je suis un rescapé. Ils auraient pu me tuer, mais me tuer ne leur aurait rien apporté. Ce qui leur rapportait, c'était de me torturer comme ils ont torturé d'autres collègues, des copains", se souvient Abdel Madjid Lalem.

Pierre Schoendoerffer l'écrit dans sa préface, en s'adressant directement aux harkis : "Vous, les survivants, vous gardez l'espérance, et cela atténue la tache noire sur le drapeau tricolore". On vous le disait : émouvant.

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6 mars 2012 2 06 /03 /mars /2012 06:23

Trois ans chez Bigeard

Albert Bernard

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Contrairement à ce que pourrait laisser croire son titre et la photo de couverture, ce volume ne se limite pas à raconter quelques années de la vie d'un subordonné de Bigeard (qu'il appelle "le patron", ou plus simplement à partir de son indicatif radio "Bruno"). en Algérie. Albert Bernard, radio du capitaine commandant la 4e compagnie du 3e R.P.C., revient en fait sur toute sa vie et ses "quasi-mémoires" valent autant par la description qu'il peut donner de "sa" guerre d'Algérie que par le récit qu'il fait de son existence après son retour dans l'hexagone.

Sur un peu plus de 510 pages, la carrière militaire du parachutiste de 1ère classe Bernard s'étend des pages 47 à 236. L'auteur évoque les opérations auxquelles il a participé entre 1956 et 1958 (Djedida, Sirocco, les Aurès, Agounennda, Nomade, Timimoun, les deux batailles d'Alger, etc.). C'est la guerre "vue du bas" au niveau qui était le sien. Il rapporte ce qu'il a vu, entendu, compris des événements avec un regard particulier, celui d'un jeune métropolitain dont la famille est totalement étrangère aussi bien à l'Algérie qu'à l'institution militaire. Il parle ainsi du matériel dont il dispose et porte sur ces équipements le regard précis de l'utilisateur. A propos de l'expédition de Suez, à laquelle Bigeard ne peut pas personnellement participer car il a été blessé dans un attentat quelques semaines plus tôt, il raconte le départ puis l'installation à Chypre, et son désappointement lorsque le 2e RPC puis le 1er REP sont engagés mais que le "3" reste l'arme au pied à Limassol. Les propos sont sans doute ceux qui courraient dans les popotes des compagnies: " Lorsque les Russes apprennent que le régiment de Bigeard va sauter sur le canal, ils n'hésitent pas à menacer d'intervenir eux-mêmes depuis Moscou. Quelle réputation !". Lorsqu'il évoque en deux pages la question de la torture, c'est essentiellement pour reprendre les ordres donnés par son chef de corps "de pratiquer des interrogatoires humains" et pour rappeler les massacres antérieurs commis par le FLN, dont "les photos n'ont jamais été montrées en France, elles sont trop atroces". C'est au sujet de l'état d'esprit, de l'ambiance créée, voulue et entretenue par Bigeard dans son régiment que les propos de l'auteur sont sans doute les plus touchants. Ils irriguent d'ailleurs l'ensemble du livre et les devises, les expressions-choc, les formules du colonel parachutiste vont marquer le jeune Savoyard pour toute sa vie (Etre et durer, Croire et Oser, Avec le sourire, etc.). Il revient également à plusieurs reprises sur une distinction qui lui semble importante : bien que sa carrière militaire n'ait pas été beaucoup plus longue que celle de ces (r)appelés qu'il voit cantonnés dans des missions statiques et sans gloire, il était, lui, un engagé appartenant à un régiment d'élite qui a parcouru le pays d'une opération à l'autre.

 

Si elles ne traitent plus des questions opérationnelles, les deuxième et troisième parties du livre (pp. 238-332 et 333-418) n'en sont pas moins intéressantes, bien au contraire. Marié en Algérie en décembre 1958 et installé avec sa jeune épouse dans le quartier de Saint-Eugène, il va vivre comme employé civil de la société d'Electricité et Gaz d'Algérie (EGA) tous les évènements qui se succèdent jusqu'en 1962. Tour à tour, sont évoqués à partir de ce nouveau point de vue le plan de Constantine, le plan Challe, la "Paix des Braves", les unités territoriales d'autodéfense, les amicales des anciens paras, la vie quotidienne d'une famille européenne ordinaire dans un environnement de plus en plus dangereux. Le titre donné au chapitre suivant, "La grande trahison", rend bien compte de la manière dont cette population va se sentir abandonnée par le général de Gaulle : l'insécurité croissante, la semaine des barricades, le putsch d'avril 1961, la naissance de l'OAS, les accords d'Evian, le blocus de Bab-el-Oued sont ainsi présentés à travers le regard d'un chef d'équipe de l'EGA : "Dans les grandes villes, tout le monde est 'OAS', c'est-à-dire, tout le monde est pour le maintien de l'Algérie française ... Non, moi non plus je ne veux pas partir, ni quitter mes copains ... Qu'il s'agisse des Pieds-Noirs, ou de ceux qui se sont installés récemment en Algérie, personne ne veut partir".

C'est pourtant ce à quoi il doit se résoudre dans l'urgence à la fin du mois de juin 1962.  Abandonnant sur place tout ce qui fait sa vie quotidienne, il est quasiment exfiltré en moins d'une journée sur un vol militaire à destination de la métropole avec sa femme et ses enfants, grâce à l'aide d'un lieutenant du 3e RPIMa, et retrouve sa Savoie natale. Dans la troisième partie du livre, le lecteur va suivre pas à pas la difficile "reconstruction" d'un avenir familial et professionnel dans cet hexagone souvent hostile aux "Rapatriés" : "L'accueil qui nous est réservé n'est pas fameux lorsqu'on apprend que nous sommes des Pieds-Noirs, c'est-à-dire des gens suspects". Tout n'est pas alors d'un égal intérêt, mais ce récit montre un homme profondément déterminé, dur au labeur, qui mène de front deux, voire trois, métiers (employé de gaz de france, horticulteur amateur, éleveur) pour pouvoir construire sa propre maison et élever sa famille, tout en s'investissant dans la vie associative locale afin d'être d'abord, tout simplement, accepté et intégré. Quelques pages sur ses dernières rencontres avec "Bruno" lorsque celui-ci est appelé au gouvernement par Giscard d'Estaing, sur l'Union nationale des parachutistes et l'Union nationale des combattants, sur la commémoration du 19 mars, "une date qui fait polémique" ("Pour ma part, je ne participe pas aux commémorations du 19 mars et du 5 décembre, mais je me recueille devant le monuments aux morts le 8 mai et le 11 novembre, en pensant tout particulièrement à mes camarades tombés au combat à mes côtés en Algérie") mènent à une brève conclusion suivie de quelques annexes.

 

Au bilan donc, plus qu'un Nième ouvrage sur la guerre d'Algérie, ce livre se révèle être un témoignage sur une expérience humaine, individuelle, pendant la seconde moitié du XXe siècle, dans des circonstances parfois dangereuses, parfois troubles, souvent matériellement difficiles, avec les qualités et les défauts de ce type de publication. En filigrane, au fil des références et citations, on retrouve la marque qu'un chef de corps a su imprimer à ses subordonnés, lesquels s'en souviennent respectueusement et amicalement vingt, trente ans plus tard. Bigeard l'entraîneur d'hommes est en effet présent en fil d'Ariane et clef de compréhension tout au long du livre.  Certaines phrases peuvent être considérées comme "brut de fonderie", certaines observations peuvent paraître hâtives, approximatives ou partiales, mais elles rendent compte de l'état d'esprit, de l'émotion et des pensées d'un "petit", d'un "sans grade", qui s'est toujours efforcé de vivre dignement et a voulu transformer ses valeurs et principes en réalisations concrètes. L'exemple est assez significatif pour justifier une lecture critique attentive.

L'ensemble est complété par trois "cahiers-photos" qui illustrrent les différentes étapes de la vie de l'auteur et les principales parties du livre, et qui se terminent sur les clichés pris en 2010 aux Invalides lors de la cérémonie en mémoire du général Bigeard.

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6 février 2012 1 06 /02 /février /2012 09:50

Port-Fouad,

laboratoire d'une occupation et révélateur d'une crise

(lieutenant François David, 2007)

Port-Fouad391.jpg 

Guerre et action psychologiques

en Algérie

(Marie-Catherine Villatoux, 2008)

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La défense en surface (1945-1962)

Le contrôle territorial dans la pensée stratégique française d'après-guerre

(Marie-Catherine Villatoux, 2009)

Defense-surface390.jpg

La collection des Cahiers d'histoire militaire appliquée, lancée en 2007 après une longue maturation par le Service historique de la Défense, semble être interrompue (ou au moins suspendue) puisque, à notre connaissance, aucun volume n'est paru ni en 2010, ni en 2011. On peut le regretter, car les trois titres disponibles (petites brochures de 60 à 100 pages d'une prix modique) sont du plus grand intérêt.

Dans Port-Fouad, laboratoire d'une occupation et révélateur d'une crise, le lieutenant (r) François David pointe la nouveauté, l'originalité, mais aussi les ambigüités et les limites de l'action du 5e bureau français pendant l'occupation de la zone Port-Fouad / Port Saïd à la fin de l'année 1956, entre la fin des combats contre l'armée égyptienne et la prise en compte de la situation par les premiers Casques bleus. Dans le volume 2, Marie-Catherine Villatoux, spécialiste bien connue de ces questions, met en relief l'essentiel de la genèse et de la mise en place (avec ses difficultés et ses contradictions) de la Guerre et [de] l'action psychologiques en Algérie et l'on lira en annexe le texte complet de la conférence prononcée le 2 juillet 1957 sur ce sujet, dans le grand amphithéâtre de la Sorbonne, devant quelques 2.000 officiers de réserve, par le colonel Lacheroy. Le dernier numéro, paru en 2009, La défense en surface (1945-1962), revient sur un concept français particulièrement mis en valeur dans les années 1950 et sur lequel le maréchal Juin comme le généralBeaufre ont insisté à plusieurs reprises.

N'hésitez pas à vous procurer ces études, qui comportent -chacune- une utile bibliographie de référence.

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Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile