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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 07:00

Au combat

Réflexions sur les hommes à la guerre

Jesse Glenn Gray

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Un vrai classqiue qui a profondément marqué des générations d'étudiants, chercheurs et amateurs sur la question de la guerre. Dans ce livre, publié pour la première fois en 1959 et basé sur son expérience personnelle de la Seconde guerre mondiale, Jesse Glenn Gray nous présente sa réflexion sur l'homme dans la guerrre.

Le livre est divisé en six grands chapitres qui nous entrainent tout-à-tour du récit de la réalité des combats à la perception indivudelle des événements et à une véritable réflexion philosophique (I : "Se souvenir de la guerre et oublier", II : "L'attrait persistant du combat", III : "L'amour : allié et adversaire de la guerre", IV : "Le soldat et la mort", V : "Figures de l'ennemi", VI : "Le tourment de la culpabilité"), La conclusion s'ouvre sur ce constat terrible : "Pour beaucoup, la perspective d'une paix stérile et insipide est aujourd'hui aussi effrayante que celle d'une grande guerre ... Si, par quelque magie, tous les peuples de la terre pouvaient être assurés de jouir d'une paix éternelle, un observateur perspicace ne manquerait pas de discerner chez eux, un véritable regret et une véritable déception, mêlés, bien sûr, à des soupirs sincères de soulagement et de joie". C'est assez dire l'ambivalence des sentiments exprimés au long de l'ouvrage, et l'auteur nous invite finalement à pratiquer "l'ancienne vertu d'espérance". On pourrait multiplier les citations relatives à l'exaltation des combats contre "l'ennui" de la paix, sur l'importance des liens de camaraderie  dans les groupes primaires ("Ils avaient conscience que, en abandonnant leur poste pour sauver leur vie, ils exposeraient leurs compagnons à un plus grand péril. Le moral du combattant a pour essence cette loyauté envers le groupe"), sur l'intensité avec laquelle il faut vivre ("La peur de la mort qu'éprouve le lâche provient en grande partie de son incapacité à aimer autre chose que son propre corps"), ou sur le soldat professionnel, "enfermé dans un monde de moyens et d'instruments, lui-même en étant un parmi d'autres" ou le désir très largement partagé de victoire totale, mais, "sitôt la victoire acquise, voici que nous sommes choqués au-delà de toute mesure par cette licence morale".

Un grand livre qui, à de multiples égards, n'a rien perdu de son actualité.

Coll. 'Texto', Tallandier, Paris, 2013, 298 pages. 10,50 euros.
ISBN : 979-10-210-0088-9. 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 07:00

La stratégie de l'audace

Quatorze cas concrets

Général Gilbert Forray

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Le général Forray, qui termina sa carrière comme CEMAT entre 1987 et 1991, s'est lancé depuis quelques années dans l'écriture d'ouvrages historiques (dont le dernier, Les débarquements en Angleterre : de César à Hitler, est paru en 2010 chez le même éditeur). Son nouvel opus s'ouvre sur "Quelques réflexions préalables", puis présente quatorze cas concrets d'opérations militaires de vive force pour tenter de déterminer si l'audace à de l'avenir. Sa réponse finale laisse en fait peu de doutes, à en croire son avant-propos dans lequel il cite Leclerc : "Ne me dites pas que c'est impossible".

Après avoir rapidement défini les principales notions théoriques (on s'étonne qu'ici les trois croquis reproduits semblent avoir été sommairement tracés à main levée), il entre directement dans le récit des événements qu'il a retenu. Douze d'entre eux sont tirés de la Seconde guerre mondiale (avec une dominante pour les années 1940 et 1944 et curieusement aucune opération conduite sur le front russe), les deux derniers sont beaucoup plus récents : Kolwezi en 1978 et les Malouines en 1982. Chaque chapitre est organisé sur le même principe : description du cadre général de l'action, rappel précis de la chronologie des faits, analyse et enseignements que l'on peut en tirer, le tout agrémenté de quelques cartes (on aurait aimé ici aussi qu'un graphiste apporte sa plus-value...), photos et de nombreuses citations. Certains  (comme "Le Haltbefehl du 24 mai 1940") ne susciteront pas nécessairement une adhésion totale. D'autres (comme "Opération 'Merkür', l'invasion de la Crète par les Allemands") sont peut-être plus adaptés au sujet, ce qui facilite la rigueur de la démonstration. On ne s'étonnera pas enfin de la conclusion de l'étude très précise sur Kolwezi : "Elle fait apparaître de façon claire les difficultés de la prise de décision, l'interaction entre le niveau politique et le niveau militaire et le courage qu'il a fallu, aux différents niveaux, pour la prendre. Cette opération justifie pleinement le titre de notre ouvrage : la stratégie de l'audace".  Et, dans le contexte actuel d'adaptation finale de la Nième version du Livre blanc, on méditera cette phrase en conclusion du chapitre sur la guerre des Malouines : "Exemple concret des liens qui unissent la stratégie politique et la stratégie militaire. Entre les deux, la stratégie des moyens s'était invitée par la contradiction entre la littérature des livres blancs élaborés dans le calme des bureaux ("une forme de poèsie disait un ancien Premier ministre), qui avait condamné ce type d'intervention, et la réalité sanglante et brutale d'une situation politique imprévue et imprévisible qu'il faut affronter avec les moyens que l'on a, et non avec ceux dont on aurait dû disposer". Très moderne, on vous le dit. 

Au bilan, le livre est sans doute plus à retenir pour la bonne description qu'il offre des exemples choisis et la solide analyse des facteurs (en particulier militaires) qui influent sur le résultat final d'une bataille ; que pour la réponse apportée à la question initiale. En effet, comment l'audace pourrait-elle être étrangère à l'engagement des armées ?, qui n'était (peut-être ?) qu'un prétexte à quatorze beaux récits. Au regard de son contenu, je vais, en fait, classer ce livre dans le rayon "Seconde guerre mondiale" de ma bibliothèque.

Editions Economica, Paris, 2013, 281 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-7178-6548-6.

 

Nota : Dans un registre proche, il y a quelques jours, le 15 février, War Studies Publications annonçait la mise en ligne par la Hoover Institution de l'université de Stanford des carnets personnels tenus entre 1900 et 1946 par le général Stilwell, qui termina sa carrière comme interlocuteur américain de la Chine nationaliste de Tchang Kaï-Chek (ici).

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19 septembre 2012 3 19 /09 /septembre /2012 07:00

Les officiers français dans l'entre-deux-guerres

Une génération dans la tourmente

François Cailleteau et Alain Pellan

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Le contenu du livre va plus loin que ne pourrait le laisser penser le seul titre. En effet, les deux auteurs, partant du constat que "les officiers français entrés en service dans l'entre-deux-guerres ont pu connaître, s'ils ont survécu et s'ils sont restés sous l'uniforme, presque un quart de siècle de guerre continue, de 1939 à 1962", étudient prioritairement les promotions entrées dans les écoles entre 1923 et 1936. Mais ils n'abordent que très rapidement les périodes de formation et les années qui précèdent immédiatement la Seconde guerre mondiale. Ils centrent en effet leur étude sur le rôle, la place, l'action de ces officiers à partir de 1939 et surtout de 1940. François Cailleteau a rédigé les parties qui correspondent aux officiers de l'armée de Terre, Alain Pellan a pris en charge celles qui concernent les officiers de la Marine et de l'armée de l'Air.

La longue première partie, rédigée par François Cailleteau, adopte un plan chronologique ("Lavant-guerre", "La campagne de 1939-1940", "1940-1942", "1943-1945", "La liquidation de la guerre", "1945-1954" et "1954-1962") très détaillé, ce qui permet de faire la part des évolutions et donne au texte une certaine subtilité. Nous retrouvons ces hommes prisonniers après la déblâcle, dans l'armée d'armistice, dans l'empire ou dans les FFL, parfois très tôt engagés, parfois longuement hésitants et fidèles à la légalité, ou à leurs chefs. Cette partie se termine sur une approche statistique des pertes et des carrières (par exemple, "40 % des anciens [officiers] FFL sont devenus généraux. 70 % des généraux sont brevetés. Un bon tiers des officiers ayant obtenu au moins 7 citations est parvenu aux étoiles", mais aussi "un sur sept de ces officiers est mort pour la France") et le constat que "cette période amène dans le corps des officiers des novations importantes dans les opinions et les mentalités, novations qui vont peser lourd dans la période suivante". Cependant, "l'écart entre les accomplissements individuels souvent remarquables et les échecs collectifs est énorme. Ce fut une génération broyée par l'histoire".

Les deuxième et troisème parties, consacrées à l'armée de l'Air (pp. 93-116) et à la Marine (pp. 117-136) ont moins d'ampleur, ne serait-ce que parce que les effectifs concernés sont numériquement moins importants.Dans les deux cas, Alain Pellan adopte un plan presque identique et termine chacune par un chapitre consacré au "Déroulement des carrières", de 1946 à 1962 pour les aviateurs, de 1948 à 1962 pour les marins. On trouve dans les deux cas de très nombreux chiffres et de précieux renseignements individuels.

Globalement, les auteurs sont assez peu critiques sur les officiers qui firent, parfois jusqu'au bout, le choix de la collaboration avec l'occupant allemand (ils parlent du "sentiment justifié d'avoir fait leur devoir dans des circonstances difficiles") et il reste, ici, une interrogation à laquelle il n'est pas répondu : où était pour l'essentiel placé le curseur, dans l'institution militaire, entre "légalité" et "légitimité". 

Constatant en conclusion qu'il s'agit bien d'une génération sacrifiée les deux auteurs résument leurs propos et évoquent les jeunes générations actuelles, dont les motivations initiales ne sont pas substantiellement différentes : "le goût du risque, l'attrait de l'aventure dans les pays lointains et la volonté de défendre la place et le prestige de la France dans le monde".

Collection 'Guerres & Guerriers', Editions Economica, Paris, 2012, 150 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-7178-6463-2

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20 mai 2012 7 20 /05 /mai /2012 07:15

Préparer l'avenir

Nouvelle philosophie du décideur

Henri Hude

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La collection "Guerres et Opinions" s'enrichit d'un nouvel opus, dont il est parfois difficile de préciser en quoi il relève du titre même de la série, tant son approche n'a que peu à voir au premier abord avec la "guerre".  Comme le souligne d'ailleurs le sous-titre, et bien que ce livre ait été réalisé sur la base de cours dispensés aux élèves-officiers de Saint-Cyr, l'auteur s'adresse aux "futurs décideurs" et il s'agit d'abord d'un ouvrage de philosophie et de philosophie politique : "Cette nouvelle philosophie des décideurs ... s'adresse, au départ aux futurs chefs militaires, mais elle s'adresse aussi bien à tout responsable conscient que son action impacte la vie de la cité".

Le volume se présente donc sous la forme de 14 chapitres, qui semblent constituer autant de leçons, eux-mêmes extrêmement structurés par paragraphes. Les références à l'histoire, présentée comme essentielle dans la formation intellectuelle d'un individu responsable, sont finalement peu nombreuses et concernent essentiellement l'époque romaine dont l'organisation impériale est jugée quasiment idéale.

Sauf mauvaise compréhension ou erreur d'interprétation de ma part, l'auteur considère qu'il faut dépasser "l'idéologie libérale post-moderne", accusée d'avoir détruit "les deux principaux piliers de la grande philosophie des Lumières : la Raison et le Devoir". Soit. Et après ? Si certaines phrases évoquent des idées qui semblent assez solidement établies, d'autres résonnent comme des prises de position personnelles et je n'ai pas été convaincu par la démonstration d'ensemble qui, à mon sens, emprunte trop souvent aux raccourcis et aux assimilations rapides. De nombreuses références à Hobbes, quelques unes à Nietzsche, on croise davantage Bergson que Platon, on effleure Hegel, Kant et Machiavel ; quelques définitions (que l'on peut discuter) de l'autorité, de la démocratie, du contrat social, de la morale et de la "loi naturelle"...  Je ne suis toujours pas convaincu : un étrange sentiment de répétitions, de discours présentés comme de véritables axiomes, d'évidences reformulées. Le point le plus positif semble être, simplement, de nous faire réfléchir à des questions de fond auxquelles l'urgence du quotidien et l'immédiateté des préoccupations matérielles nous empêchent souvent de prêter attention.

Ceci étant dit, pour bien les connaître, je pense un instant aux élèves-officiers de l'ESM et je me demande (litote étudiée) comme ils ont reçu et perçu ces cours... Ce livre pour le moins particulier devait-il trouver sa place dans l'excellent catalogue d'Economica ? Soyons honnête : je n'en suis pas persuadé, loin de là, tant l'approche de ces questions me paraît peu adaptée, au moins dans sa forme.

Mais cet avis, comme toute chose en philosophie, est bien sûr discutable (et inversement).

Rémy Porte

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14 avril 2012 6 14 /04 /avril /2012 07:30

Toi, ce futur officier

général Eric Bonnemaison

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Commandant les Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan, et directeur de la collection "Guerres et guerriers" chez Economica, le général Eric Bonnemaison était sans doute parmi les mieux placés pour rédiger cet ouvrage. Les esprits chagrins peuvent faire observer qu'il n'est pas étonnant que le livre en soit à sa troisième édition du fait de la situation de son auteur, il n'en demeure pas moins, au-delà de cette mesquinerie, que ce titre apporte une vraie plus-value par la claire synthèse qu'il présente.

S'adressant directement à son lecteur avec des phrases courtes et l'emploi du "tu", Eric Bonnemaison aborde successivement des questions aussi importantes que le sens qu'un jeune officier doit donner à son engagement, quelques définitions de la guerre aujourd'hui ("la guerre irrégulière, c'est du poker"), revient sur "Les principes politiques de la guerre", le courage et la tabou de la peur ; avant de s'intéresser aux "Vertus du commandement" (autorité, exemplarité, sollicitude, responsabilité), puis à la nécessité de "Transmettre ces vertus" et enfin aux "Vertus intellectuelles du chef". On le voit, le propos est ambitieux. Sans doute pour soutenir l'attention du lecteur, l'ensemble du texte est ponctué de dizaines de petits dessins plus ou moins humoristiques (qui a certains égards ne sont pas sans rappeler l'ancien TTA de pédagogie militaire, qui n'était donc pas si mal fait que cela), de citations puisées aux meilleures sources et de témoignages personnels (tirés d'une riche expérience individuelle).

On ne trouvera pas d'idées particulièrement nouvelles ou originales dans ce livre, mais en la matière peut-il y en avoir et tout n'a-t-il pas été dit ? Depuis le général Lagarde, CEMAT dans les années 1970 et au début 1980,  l'armée de terre n'a pas cessé de multiplier les documents de références et les publications de synthèse sur le "style de commandement" d'une part, les "devoirs du soldat" d'autre part. Et pourtant des textes sur ce sujet et dans cet esprit n'en restent pas moins indispensables. Le général Bonnemaison nous en offre ici une synthèse vraiment globale, dans un style direct et facile à lire. Il en aborde au fil des chapitres toutes les facettes (sans oublier de s'adresser aux parents ou à la compagne du futur officier) avec la force de conviction qu'autorise un brillant parcours personnel.

Un ouvrage clair et abordable, susceptible non seulement de séduire les futurs officiers, mais encore d'offrir d'utiles rappels à tous ceux qui viennent d'entrer en service.

 

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Profitons de cette opportunité pour signaler que les éditions Economica, dont chacun connaît la grande diversité des titres et le riche catalogue, disposent désormais d'un nouveau site internet, à partir duquel il est extrêmement aisé d'accéder aux collections "Histoire" et "Sciences et arts militaires". 

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28 mars 2012 3 28 /03 /mars /2012 08:00

Les emblèmes de la République

Bernard Richard

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Cette période pré-électorale est sans doute propice à la réflexion civique et cet ouvrage "tombe à pic". Bernard Richard nous propose ici une véritable somme, qu'il dédicace d'ailleurs à Maurice Agulhon, l'historien bien connu de la République. Comme il l'explique dans son introduction : "Faire voir, ou entendre, la République pour la faire aimer, voilà le rôle, aujourd'hui comme hier, des emblèmes abordés ici".

Tout y passe. Dans le temps et dans l'espace. Les symboles révolutionnaires les plus marqués, comme le bonnet phrygien et l'arbre de la Liberté, et Marianne (de Marie et Anne, deux prénoms catholiques majeurs), dont l'acte de naissance peut être rédigé dans le Sud-ouest, sont étudiés dans la première partie "Sous le signe de la liberté".
La seconde ("Emblèmes majeurs et emblèmes secondaires") s'intéresse au drapeau tricolore, dérivé de la cocarde de 1789 ; à la Marseillaise, ce "chant de guerre pour l'armée du Rhin" né à Strasbourg puis repris dans le monde entier ; à la fête nationale du 14 juillet, un temps remplacée par la Saint-Napoléon le 15 août ou contestée par des "fêtes alternatives" comme la Sainte Jeanne d'Arc ou le 1er mai ; au célébrissime Coq gaulois, "création tardive des antiquaires du XVIe et du XVIIe s.", mais également à tous les autres dont le faisceau de licteur (aujourd'hui bien oublié) et jusqu'à la "marque graphique", quasi logo commercial utilisé par l'Etat et par les administrations depuis 1999 (et qui reprend ensemble les symboles anciens avec un dessin modernisé).

La troisième partie est consacrée aux "Monuments et espaces républicains", des bâtiments publics comme les mairies, à la statuaire officielle et jusqu'au nom des rues. Bernard Richard consacre un chapitre au Panthéon, ce "lieu de culte républicain", sans oublier les Invalides ou le Mur des Fédérés, et il termine cette monumentale étude par "Les monuments aux morts de la Grande Guerre", dont la construction se développe jusqu'aux plus lointaines colonies durant l'entre-deux-guerres.

Il s'interroge dans sa conclusion : "Pourquoi ne pas tenter avec ces nouveaux Français ce que les pères fondateurs de la République en France avaient si bien réussi, grâce à Gambetta et à ses compagnons 'opportunistes', auprès d'un monde rural qu'ils avaient commencé, dans un premier temps, par stigmatiser ?". Nous le disions en introduction : avec un luxe de détails, d'anecdotes et de références, sans jamais être ennuyeux, Bernard Richard pose des questions de fond qui devraient interpeller tout citoyen sur son histoire... et son avenir.

On peut écouter ici un entretien de 50 mn. de l'auteur avec Philippe Arondel sur la radio Fréquence Protestante (émission du jeudi 22 mars).

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26 mars 2012 1 26 /03 /mars /2012 08:20

Le sacrifice du soldat

Sous la direction de Christian Benoit, Gilles Boëtsch, Antoine Champeaux et Eric Deroo

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Cet ouvrage collectif a, certes, été remarqué lors de sa parution, mais il mérite d'être (re)lu attentivement. Il totalise en effet sur ce thème sensible (et toujours d'une brûlante actualité) une quarantaine de contributions rédigées par les auteurs les plus divers, civils et militaires, historiens, journalistes, universitaires, réalisateurs, etc.

Les textes sont regroupés en trois parties : "Histoire du sacrifice du soldat, des Thermopyles à l'Afghanistan", "Le corps martyrisé" et "Le corps mythifié". Chaque article est relativement bref (en moyenne 4 à 5 pages), ce qui donne à l'ensemble un rythme, une densité et une richesse tout-à-fait remarquables. Tous les aspects de cette thématique, jusqu'aux événements les plus récents, sont abordés.

Bien qu'ayant fait l'objet de nombreuses recensions en 2009/2010, il est souhaitable que ce collectif voit sa "carrière" se poursuivre. La cohérence de l'ensemble du volume et la qualité des articles justifient qu'il soit lu, relu, utilisé et cité.

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23 mars 2012 5 23 /03 /mars /2012 08:00

  Charles de Gaulle 

Leçons de commandement

 Bruno Jarrosson

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Homme de l'entreprise, mais aussi historien, Bruno Jarrosson livre ici un ouvrage original et passionnant.

En rappelant, en ouverture d'une première citation, que Charles de Gaulle n'est pas encore devenu le 30 juin 1940 "Charles le glorieux", mais qu'il n'est encore que "Charles le seul", l'auteur donne le ton. Cet ouvrage, qui semble destiné à tous les cadres civils et militaires, du secteur public comme du secteur privé, a pour ambition d'identifier les "leçons" léguées par celui qui fut le premier président de la Ve République, dans les domaines de la stratégie, de la prise de décision, du leadership, de l'aptitude à la négociation et de l'exercice du commandement.

Logiquement parsemé de citations et de nombreuses anecdotes, le livre ne se limite pas à l'action du chef de la France Libre pendant la guerre, mais l'intérêt de l'auteur s'étend à l'ensemble de la carrière et de la vie de Charles de Gaulle : le chapitre 7 ("Ne pas dévoiler ses intentions") commence par une évocation de la campagne électorale de 1967, le chapitre 12 ("Qu'il fût un chef, qu'il y eût un Etat") revient sur le sens profond de l'entretien entre de Gaulle et l'ancien président Lebrun à l'automne 1944, le chapitre 24 ("Un dialogue social vite réglé") s'interroge sur la rencontre de juin 1945 entre le chef du gouvernement provisoire et les représentatns des anciens prisonniers en colère, etc.

On le voit, l'organisation de l'ouvrage n'est pas chronologique, ce qui en la matière n'aurait guère de sens, mais thématique, et se termine par un extrait du fameux discours sur "Paris outragée !" avec cette appréciation : "Même ramenée à sa plus simple expression, la voix du gaullisme reste une source d'inspiration".

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Etant donné le caractère un peu atypique de ce livre, nous avons voulu en savoir plus :


Question : Pourquoi un cadre du secteur concurrentiel privé prend-t-il le temps et la peine de rédiger un livre sur "les leçons de commandement" du général de Gaulle ?

Réponse : Tout d'abord, écrire ne me "prend" pas du temps (cela m'en donne au contraire) et ce n'est aucunement une peine (c'est plutôt une joie). Cela étant :

- Pour une première raison personnelle : écrire est pour moi la façon privilégiée de penser un sujet.

- Pour une seconde raison qui tient davantage au sujet lui-même. Passionné d'histoire, j'ai aperçu dans les oeuvres et la vie du général de Gaulle beaucoup de propos et de circonstances qui résonnaient avec les "solutions" que l'on cherche et met en place pour les entreprises. Il y a donc là un matériaux riche. Cela m'a frappé. Par ailleurs, sur cette question du "commandement", de Gaulle se montre un acteur créatif, innovant, qui n'hésite pas à inventer.

Question : Quel est donc, dans ce cas, votre "public-cible", et y en a-t-il un ? Que pensez-vous lui apporter ?

Réponse : La notion de "public-cible" relève de la stratégie de la demande qui s'applique, me semble-t-il, mal aux livres d'idée (stratégie de l'offre). Ce livre intéressera les personnes qui réfléchissent sur le sens que prend l'histoire concrète et sur la façon dont un personnage historique peut ouvrir le champ des décisions en s'élevant au-dessus des préjugés de son époque.

Question : Quel "de Gaulle" vous semble le mieux illustrer les principes que vous mettez en valeur, le militaire ou le politique (sous réserve que l'on puisse distinguer entre les deux) ?

Réponse : Un des aspects intéressant chez de Gaulle est qu'il faisait de la politique comme un militaire et qu'en tant que militaire il était très politique. Dans des situations politiques comme le 18 juin 1940, il utilise les principes stratégiques appris à l'Ecole supérieure de guerre. C'est l'intégration des deux domaines, militaire et politique, l'utilisation de l'un à propos de l'autre, qui donne à l'action de Charles de Gaulle son exceptionnelle fécondité dont on suit la trace dans les différents épisodes de sa vie comme dans ses livres.

Question :Envisagez-vous éventuellement de vous intéresser désormais, dans le même esprit, à d'autres grands personnages ?

Réponse : Oui, je travaille actuellement sur les quatre décideurs de la Seconde guerre mondiale : Staline, Hitler, Churchill et Roosevelt (étude comparative), ainsi que sur la panne d'intelligence stratégique pendant la Première Guerre mondiale, illustrée par les généraux en chef français et allemands.

 

Bruno Jarrosson, merci pour ces réponses aussi directes qu'intéressantes et à très bientôt.

Amis lecteurs, voilà un petit livre à ne pas rater...

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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