Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
2 juin 2013 7 02 /06 /juin /2013 07:00

Les Romanov

Une dynastie sous le règne du sang

Hélène Carrère d'Encausse

Secrétaire perpétuel de l'Académie française et grande historienne de la Russie, Hélène Carrère d'Encausse a pu se tromper dans le domaine de la prospective avec son Empire éclaté paru en 1978. Mais dans le domaine de l'histoire, et peut-être plus difficile de l'histoire de qualité pour le grand public, elle figure au premier rang des meilleurs et des plus grands.

Son excellente connaissance de ces régions (on lui doit déjà plus de 25 ouvrages sur le monde russe et soviétique) lui permet de brosser avec brio une vaste fresque historique, des origines de la Russie à l'assassinat des derniers Romanov. L'histoire très troublée des premiers siècles, jusqu'au règne de la Grande Catherine, avec ses prétendants et ses faux tsars, avec ses assassinats politiques et ses relations presque paranoïaques entre père-souverain et fils-héritier, avec les influences occidentales et la lourde présence de l'église orthodoxe, nous semble particulièrement bien décrite. De Catherine II à Nicolas II, les événements sont sans doute mieux connus, mais l'auteure prend soin de présenter l'évolution de l'Etat et de la société russes dans leur ensemble, qu'il s'agisse des poussées libérales ou des mouvements de réaction, de la question des nationalités (Polonais), de l'organisation policière de l'empire ou de l'émergence des mouvements révolutionnaires. On ne suivra pas Hélène Carrère d'Encausse dans toutes ses affirmations, en particulier sur le règne de Nicolas II, la personnalité et la politique du tsar (le témoignage de Maurice Paléologue n'est, par exemple, pas exempt d'erreurs, de raccourcis approximatifs, voire de contre-vérités ou de justifications pro-domo), mais le grand public trouvera dans ce livre un récit à la fois très sérieux sur le fond et facile à lire dans la forme.

La bibliographie indicative (bien classée) est assez complète et propose un certain nombre d'utiles ouvrages en anglais. Un index enfin clôture le volume. Pour retrouver 300 ans d'une histoire mouvementée et souvent sanglante en 400 pages !

Fayard, Paris, 2013, 442 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-213-67759-0.

Partager cet article

Repost0
1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 06:51

L'Europe dans la construction politique et identitaire russe

du XIXe siècle à nos jours

Stéphanie Burgaud et Delphine Placidi-Frot (Dir.)

Deux décennies se sont écoulées depuis la fin de l'Union soviétique. Et pourtant, la Russie reste encore une énigme pour les chercheurs. A la fois crainte et admirée, l'ouverture brutale sur l'extérieur a provoqué autant de questionnements que de réponses sur son histoire et sa culture politique.

Fruit du colloque La Russie et l'Europe du XIXe siècle à nos jours : nouvelles approches transdisciplinaires, organisé en octobre 2011 à l'Institut d'études politiques de Toulouse, ce livre apporte d'intéressants éléments de compréhension à propos des relations ambigües entre le vieux continent et un pays dont la majeure partie du territoire se situe en Asie. Publié sous la direction de Stéphanie Burgaud, docteur en histoire, et Delphine Placidi-Frot, professeur en sciences politiques, il est placé sous le signe de la pluridisciplinarité, comme le fut le colloque initial, international et transgénérationnel, avec des contributions de chercheurs en histoire, droit et sciences politiques. Une approche thématique permet d'aborder tout le panel des relations russo-européennes tout en balayant chronologiquement les deux derniers siècles.

Tout débute par une étude des relations entre l'Union soviétique et l'Europe. La naissance de l'URSS débouche sur un isolement diplomatique, renforçant cette mentalité de forteresse assiégée par le monde occidental (héritée du tsarisme). Inscrit par le temps long, le souvenir laissé par les pays Baltes et la Pologne effraie les nouveaux maîtres de la Russie. La volonté de créer un espace de sécurité pose les bases des traités de sécurité territoriale, d'où les expériences parfois douloureuses de Locarno et Munich. Après la guerre, l'exclusion de l'Union soviétique (voulue néanmoins par celle-ci) du construction européenne, comme les intérêts stratégiques liés à la guerre froide, rendent difficile le dialogue entre l'Europe occidentale et sa partie orientale sous tutelle de Moscou. Ces tensions se retrouvent après la chute du rideau de fer, et notamment dans les années 2000 lorsque la volonté russe d'endiguer le délabrement de son étranger proche semble entrer en conflit avec la grande poussée vers l'Est de l'Union européenne, la zone tampon d'Europe de l'Est restant un sujet tabou.

Le temps long est abordé dans une deuxième partie avec trois articles traitant de la Russie en qualité de puissance eurasienne. La question de la poussée vers l'Est, mais également celle d'une politique européenne qui reste une des priorités du pouvoir tsariste sont traitées. Pour autant, l'orientalisation des esprits lettrés et l'héritage pluri-séculaire de cette terre orthodoxe baptisée par Byzance inspire le pouvoir tsariste, qui se voit comme le régénérateur de l'Empire byzantin, la « nouvelle Rome ». La guerre perdue contre les Turcs renforce cette notion de duel entre Europe et Russie. Enfin, une étude de cas sur les Balkans entre 1991 et 2001 permet de mieux comprendre la politique étrangère russe d'aujourd'hui. Pays ethniquement hétérogène, la Russie s'inquiète de l'éclatement de la Yougoslavie, qui fait revivre une solidarité slave et orthodoxe, « instrument consensuel » grossi par le pouvoir. Mais en dehors de cette vision simplificatrice, la question de l'intégrité des frontières reste bien le sujet principal de la diplomatie d'un pays bientôt pris au piège des conflits caucasiens, et dont les intérêts balkaniques buttent sur l'ingérence américaine et l'impossible réponse européenne à cette crise.

Les échanges humains et culturels entre la Russie et le reste de l'Europe viennent clôturer ce colloque. Le « grand tour » des aristocrates russes et l'exotisme d'une Europe vue sous l'angle des Lumières forment les enfants de l'élite fortunée de Russie. La poursuite de l'armée napoléonienne bouleverse les officiers de l'armée russe : les idéalistes retombent sur terre et les condescendants révisent leur jugement. La multiplication des voyages au cours du XIXe siècles voient l'approche passionnelle des Russes changer pour une attitude « raisonnable et analytique ». Une étude de l'influence russe sur la sociologie française décrit le départ de ces sociologues orientaux, émigrant en France pour éviter les difficultés et la censure. L'intervention suivante est un état des lieux des différences et des incompréhensions au sujet des législations familiales française et russe du XIXe, avec notamment une analyse intéressante des droits de la femme variant en fonction des impératifs démographiques et éducationnels. Un article rédigé en anglais clôture enfin ce colloque en analysant les discours académiques et l'euroscepticisme russe, opposant parfois des pays russophobes à une vieille Europe devenue l'interlocuteur privilégié, malgré les différences sur les questions d'identité, de sécurité et de démocratie libérale.

Ce volume collectif présente donc de nombreux points d'intérêt et réussit son pari. La lecture est agréable et offre aux lecteurs une solide base permettant de mieux comprendre les relations compliquées entre l'Europe et la Russie (et les influences ou rejets qui en résultent), culturellement et politiquement parlant, tout en proposant de nouvelles pistes de recherche prometteuses.

Philippe Marque

Editions de la rue d'Ulm, Paris, 2013, 184 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-7288-0492-4.

Russie "d'Europe"

Partager cet article

Repost0
29 avril 2013 1 29 /04 /avril /2013 07:00

De Lénine à Gagarine

Alexandre Sumpf

Lenine-a-gagarine953.jpg

On ne regrette pas la lecture de cette somme de presque 1000 pages ! Excellent connaisseur de l'URSS et spécialiste de l'histoire culturelle et sociale de la Russie au XXe siècle, Alexandre Sumpf nous propose ici un ouvrage inédit de référence.

Après d'être interrogé dans une longue introduction (pp. 19-87) sur la nature et les errements du "socialisme" soviétique, l'auteur organise son ouvrage en trois grandes parties, essentiellement centrée sur l'entre-deux-guerres et les années qui suivent la Seconde guerre mondiale. La première, "Etre soviétique", lui permet d'aborder les questions individuelles (éducation, consommation, travail), y compris la situation des femmes ("Un prolétariat surexploité" "en dépit de la rhétorique libératrice du régime"), "L'éducation politique de la population adulte", la réalité du chomage ("Dans les années 1950-1960 ... le chômage industriel, officiellement inexistant, n'étant pas envisageable, une partie des employés se retrouve payée à ne rien faire"), ou la délicate question du logement. La seconde , "Etre citoyen", traite logiquement de la "vie" politique dans ses différentes facettes, de l'exercice limité des droits civiques au contrôle de l'opinion publique ; de la notion de "classe sociale" à l'utilisation de l'armée, de la police (des polices) et de la "Justice" par le pouvoir, avec une partie entière consacrée aux "Sacrifices des soldats" dans le chapitre "Les héros du socialisme soviétique" (le très difficile retour à la vie civile des combattants de la Seconde guerre mondiale est bien détaillé, et l'on s'aperçoit qu'en dépit du discours de la propagande les invalides deviennent "les intouchables de la société soviétique"). La troisième enfin, "L'avenir radieux", décortique quelques grands mythes instrumentalisés par le pouvoir (la Grande guerre patriotique, les succès de la science socialiste, la récuparation des exploits sportifs) et s'intéresse aux différences entre "culture officielle" et "culture populaire" avant de conclure sur une analyse de la question religieuse et du culte de la personnalité, avec ce paradoxe : "De même que l'on sépare Staline du stalinisme, critiquant le premier pour mieux sauvegarder le second, les Soviétiques ont toujours fait la distinction entre le pouvoir (vlast) et les supérieurs hiérarchiques (natchalstvo), ce qui dédouane le système". Caractérisant l'Union soviétique comme un "Etat-propagande", Alexandre Sumpf considère en conclusion que "l'expérience vécue par les Soviétiques n'est pas une parenthèse. Elle s'inscrit à la fois dans le temps long d'une histoire nationale et dans une époque "d'ambitions modernatrices et de désillusions sociales", et l'auteur appelle "à poursuivre goulûment le festin de l'enquête historienne".

On apprécie enfin en fin d'ouvrage les plus de 100 pages de cartes, références, bibliographie et index. Un livre qui doit être connu de tous les amateurs qui sera probablement appelé, tout en suscitant bien des débats, à figurer parmi les classiques du sujet.

Folio Histoire, Gallimard, Paris, 2013, 931 pages. 14,50 euros.

ISBN : 978-2-07-034948-7.

Partager cet article

Repost0
27 avril 2013 6 27 /04 /avril /2013 06:55

La formation du système soviétique

Moshe Lewin

Formation-systeme-sov954.jpg

Moshe Lewin est un historien franco-américain titulaire d’un doctorat de l’université de la Sorbonne et professeur de l’université de Philadelphie. Il a vécu en URSS jusqu’aux lendemains de la Seconde Guerre mondiale et, en tant qu’historien, a profité de son vécu dans le pays pour développer et promouvoir une autre vision de l’URSS. Cet ouvrage est une somme d’articles et de conférences, il se veut une « réserve d’idées pour de futures études ». L’expérience particulière de l’auteur fait de lui un précurseur et un spécialiste de l’histoire sociale soviétique. Inspiré par l’école des Annales, il va se faire le porte parole d’une histoire soviétique alternative et dégagée du seul prisme totalitaire, prisme hégémonique jusqu’alors en Occident. Ses travaux ont ouverts la voie à une vision plus sociale que politique de l’URSS, qui met en avant un système social complexe où le politique est qu’un produit parmi d’autres, fruit de tendances, tensions et croyances.

Le grand apport de cette étude -compte tenu de l’historiographie existant à l’époque- est la démonstration par l’auteur de l’importance d’un double rapport expliquant la période étudiée, ce qui le conduit à estimer que le stalinisme est une entreprise de modernisation d’une civilisation rurale par l’industrialisation. En réaction, elle va recréer des mécanismes  impériaux. Cette démonstration est appuyée par une description de la vie rurale, de ses coutumes  et croyances. La mise en perspective de l’impact des réformes sur la population fait apparaître aussi bien les erreurs des dirigeants soviétiques que l’importance des tendances historiques lourdes. L’effort extraordinaire que constitua l’industrialisation à profondément modifié les équilibres sociaux préexistants : en détruisant par la révolution la classe capitaliste et en faisant apparaître une nouvelle classe dirigeante, les bolchéviques vont partir d’une tabula rasa avec une situation sociale inférieure à la période tsariste. Les errements politiques vont donc alterner entre marche en avant (collectivisation, dékoulakisation) et freinages (NEP). Le baromètre qui peut permettre d’évaluer de telles politiques est en fait l’évolution réelle de la situation des populations. C’est sur cette situation de crise que va s’établir le stalinisme et les purges consubstantielles aux erreurs précédentes. Emerge alors l’Etat, presque compris comme une fin en soi, Etat mû par la la nécessité d’assurer la promotion sociale d’une population massivement rurale. Ce renfort de l’Etat apparaît -aux yeux de Moshe Lewin- comme le retour d’un invariant russe : l’autoritarisme tsariste.

Ce recueil de travaux a ouvert un champ de compréhension nouveau de l’URSS. Il présente surtout le fait que le social à une influence directe et indirecte sur le politique, ce que la vision uniquement totalitaire de l’URSS ne permet pas de percevoir. Mais cette « nouveauté » frustre aussi le lecteur, dans le sens l’on pressent que tous les sujets ne sont pas abordés. Le style et les sujets traités font que cet ouvrage est plutôt destiné à un lectorat ayant déjà une certaine connaissance de l’URSS, ses mécanismes et ses personnalités, afin de pouvoir analyser les propos de l’auteur au fur et à mesure. Ce retour à une histoire sociale est bienvenu, dans la mesure où l’étude des seuls évènements politiques cache une partie de la réalité de ceux qui font l’Histoire et surtout de ceux qui la subissent : les populations. Dans cette affirmation réside toute la richesse de cet essai, qui prouve l’importance et la portée que peut avoir une « intuition » dans la compréhension de grands mouvements historiques. Il ne faut toutefois pas que le balancier parte trop loin : le défaut d’une telle approche tout aussi exclusive serait de faire passer à côté des mécanismes autoritaires, qui ont fait par exemple la spécificité du stalinisme. Cet essai est assurément une clé de compréhension supplémentaire à la lecture totalitaire classique.

Thibault Laurin

Coll. 'Tel', Gallimard, Paris, 2013, 529 pages. 17,50 euros.

ISBN : 978-2-07-013798-5.

Partager cet article

Repost0
16 avril 2013 2 16 /04 /avril /2013 07:00

Histoire de la Russie des Tsars

Richard Pipes

  Histoire-de-la-Russie917.jpg

Paru en 1974 aux États-Unis et édité depuis dans de très nombreux pays, Histoire de la Russie des Tsars est devenu un classique, y compris dans le monde universitaire anglo-saxon. Il reste une référence encore aujourd'hui pour aborder de façon générale l'histoire et la civilisation russes malgré les controverses vigoureuses dont il fait l'objet, en particulier en Russie et, il faut bien le dire, un certain « vieillissement ».

Cet ouvrage nous parvient enfin (presque 40 ans après sa publication outre-Atlantique !) en langue française, grâce à la traduction d'Andreï Kozovoï, maître de conférences à Lille 3, ainsi qu'au pari osé de Perrin qui l'édite dans sa collection ‘Pour l'Histoire’. Richard Pipes nous livre dix siècles d'histoire russe, de l'établissement des principautés varègues au IXe siècle jusqu'à la révolution d'octobre 1917 qui marque la chute de l'Empire des Tsars, en passant par l'établissement progressif du servage paysan au XVIe et XVIIIe siècle et l'avènement de la dynastie Romanov sur le trône de Moscou.

Après une introduction présentant la géographie du territoire et son impact sur l'organisation sociale, économique et politique du pays, l'auteur brosse le portrait, dans une première partie sobrement intitulée « L’État », d'une Russie en devenir jusqu'au règne de Catherine II et analyse la construction progressive d'un État fort et brutal, que ni l'occupation mongole ni le « Temps des Troubles » n'arrivent à enrayer. La seconde partie, « La Société », dépeint l'environnement social du pays du XVIe au XIXe siècle avec quatre sous-parties consacrées aux paysans, à l’Église, aux hommes de l'administration centrale et à « la bourgeoisie absente ». Enfin le dernier temps, au titre évocateur de « L’intelligentsia contre l’État », raconte les dernières années du tsarisme et son incapacité à continuer à contenir une société qui étouffe de plus en plus et qui exprimera sa colère en 1917.

Ce sont donc dix siècles qui nous sont décrits et expliqués avec un rare sens de la formule et une dialectique qui appuie de façon remarquable la thèse principale développé par l'auteur. C'est une des raisons pour lesquelles ce livre relève parfois plus de l'essai plus qu'un un véritable ouvrage d’histoire généraliste sur la Russie. Le fil conducteur de Richard Pipes, tout au long de l'ouvrage, consiste à montrer que  l'établissement du régime bolchevique, sa pratique du pouvoir, sa manière de penser l’État et la société, et même une partie de son idéologie politique (!) trouvent leurs principales origines non pas seulement dans les théories développées par Marx et les autres grands penseurs socialistes mais dans le régime tsariste et son histoire. Selon l'auteur, il n'y a pas eu de « table rase » du tsarisme comme l'a si fortement affirmé la propagande du régime soviétique.

A partir de cette vision historiographique originale, il présente au lecteur la genèse et la constitution des concepts fondateurs de la pensée politique et sociétale du peuple russe et de ses dirigeants tels que le plus important d'entre eux : « l’État patrimonial » ou « domainial » : « Le prince n'est pas un suzerain mais un dominus, un despotês, un maître dans son domaine ». Ce n'est pas seulement la terre qui appartient au prince mais aussi les personnes et les biens qui s'y trouvent et qui doivent se soumettre à son pouvoir absolu. Ce concept explique de manière adéquate « l'asservage » progressif de la population paysanne, la limitation de la liberté de circulation ou encore la facilité avec laquelle les tsars n'hésitaient pas à déplacer des populations d'un bout à l'autre de l'Empire. Il développe nombres d'idées et de concepts tout au long de ce passionnant et pour le moins tumultueux récit, faisant de cet ouvrage une solide introduction à l'histoire russe.

On regrette tout de même un effet « entonnoir » trop prononcé et le manque d'une bibliographie complète, celle proposée par Andreï Kozovoï étant particulièrement succincte.  C'est donc un livre qui porte un regard original et authentique sur la Russie, et nous donne des clés pour comprendre ce pays, qui semble à la fois proche et lointain et dont la logique des décisions nous trouble souvent. Un classique à découvrir en France, à mettre en parallèle avec d’autres travaux.

Thierry Barroca

Coll. ‘Pour l'Histoire’, Perrin, Paris, 2013, 460 p. 24,50 euros.

ISBN : 978-2-262-03992-9.

Perrin, Paris, 2013, 

Partager cet article

Repost0
9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 07:00

La république juive de Staline

Anne Nivat

République juive884

Ente l'enquête et le récit de voyage, Anne Nivat nous propose un livre parfois déroutant mais toujours original. Au terme d'une longue enquête sur la république autonome juive du Birobidjan, quelque part sur la frontière de Chine, au fond de la Sibérie, cette grand reporter indépendante nous décrit ce territoire méconnu entre trois parties ("A partir d'Israël", "De Chine" et "Le Birobidjan"); après en avoir rapidement raconté l'histoire depuis sa création en 1928.

La première partie est donc une découverte indirecte de La république juive de Staline, par le biais d'entretiens avec des émigrés russes en Israël. Nous partageons là les souvenirs des uns et des autres (15.000 personnes environ originaires de la région se sont établies dans l'Etat hébreux depuis les années 1990), parfois embellis, souvent nostalgiques, même si "je ne me sens pas du tout éloigné géographiquement du Birobidjan. C'est dans la tête que ça se passe !". Et l'on observe un vrai intérêt pour l'actualité, la vie, la politique russe (et éventuellement juive en Russie). La seconde commence par un séjour en Chine au moment des Jeux olympiques de Pékin, opportunité pour se rendre à Harbin, où vivent également deux communautés, "russes" et "juifs". Les descriptions sont très vivantes et semblent criantes de vérités, qu'il s'agisse des rues de la ville, de l'hôtel, du restaurant, du "théâtre russe" avec son spectacle "osé" pour classes moyennes chinoises en goguette. De là, il faut neuf heures de bus pour atteindre la frontière du Birobidjan, en traversant des "villages" à l'échelle de la Chine (160.000 habitants pourtant !). Objectivement, cette lointaine province chinoise ne nous tente pas : "comme tous les bouts du monde, celui-ci a un petit côté désespéré et pathétique".

Nous voici enfin arrivé "A destination". Elle revient alors sur l'histoire étonnante de cette "république" (en fait sujet autonome de la Fédération de Russie), à travers la propagande soviétique depuis les années 1930. Les commémorations se succèdent, les rencontres se multiplient (quelles personalités !), souvent avec des personnes âgées qui appartiennent à la "première vague d'immigration", venues d'Ukraine ou de Bielorussie, mais la population juive reste très minoritaire dans la région en dépit des discours officiels. De nombreuses conversations aussi, avec des représentants de toutes les classes sociales. Et finalement, "une vie de désespoir, de drames, de retrouvailles, exemplaire sous le socialisme triomphant". Le parti communiste, toujours bien implanté, reste la seule opposition réelle à Poutine, en tête dans tous les suffrages comme dans le reste de la Russie. Les images d'une région en déclin, en dépit de l'enthousiasme de quelques uns, et qui surtout se dépeuple. Parfois, presque la misère derrière la dignité de façade...

Le style est simple et sobre, le texte se lit avec aisance, et l'on apprend énormément de choses. Un récit enlevé, qui ne se quitte pas dès lors qu'il est commencé. Un très beau et très riche travail de grand reporter.

Fayard, Paris, 2013, 367 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-213-63340-4.

Partager cet article

Repost0
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:05

Les génocides de Staline

Norman M. Naimark

 GENOCIDES-STALINE.jpg

Initialement paru en 2010 aux Presses universitaires de Princeton, ce petit livre de Norman M. Naimark constitue en quelque sorte l'aboutissement de plusieurs années de recherches, de réflexion et de publications. L'auteur en effet, professeur dans plusieurs grandes universités américaines, veut démontrer que les massacres de masse exécutés dans les anées 1930 sur ordre de Staline s'apparentent tout-à-fait à des génocides (dont il définit les formes dans le premier chapitre).

Après avoir retracé "La genèse d'un génocidaire" (le portrait qu'il trace du Petit père des peuples est plus proche de celui d'un pervers que d'un chef d'Etat : "Le fait de connaître beaucoup de ses victimes ne semblait qu'accroître le plaisir qu'il prenait à ce jeu malsain"), il s'intéresse dans les chapitres qui suivent aux grandes purges et aux déportations massives. On retiendra en particulier le chapitre III, consacré à "La Dékoulakisation" et à la liquidation de la NEP, qu donne lieu à de véritables opérations militaires, "complétées" par la répression policière avec des bilans chiffrés impressionnants ; le chapitre IV, qui traite de la célèbre famine de 1932-1933 en Ukraine, conséquence immédiate d'une volonté féroce d'imposer la collectivisation des terres tout en brisant un nationalisme vivace ; et le chapitre V, qui s'intéresse justement à l'élimination de tous les nationalismes non-russes ou grand-russes, des Polonais aux Sibériens, des Baltes aux Caucasiens. Presque à chaque page, les chiffres s'ajoutent aux chiffres, x centaines de milliers ici, y là, n ailleurs... Les millions se cumulent... Les dates des décisions sont indiquées, les lieux d'exécution sont donnés. Le bilan ne semble en aucune façon criticable et la responsabilité première et personnelle de Staline directement engagée : entre 1930 et 1953, "1;1 à 1,2 millions de citoyens soviétiques exécutés ... 6 millions déportés vers les 'colonies spéciales', dont 1,5 millions connurent une 'mort prématurée' ... De 16 à 17 millions de citoyens soviétiques condamnés aux travaux forcés ... 3 à 5 millions de victimes de la famine ukrainienne ou des exécutions de citoyens polonais et baltes", sans compter ceux qui moururent en route, de malnutrition ou des séquelles des violences subies... Alors, le débat porte, bien sûr, sur l'emploi du mot "génocide", étroitement lié depuis la fin de la Seconde guerre mondiale et le procès de Nuremberg à l'holocauste, et, de fait, "il n'y eut pas de Treblinka soviétique, conçu pour assassiner les gens dès leur arrivée". Nous ne rentrerons pas dans ce débat, qui n'est plus historique mais moral et juridique. Quel que soit le qualificatif employé, ce régime fut bien totalitaire et tortionnaire.

Un petit volume très dense qui vous plonge au coeur de l'horreur. Non, pardon, au coeur de la réalité de l'Union soviétique pendant une vingtaine d'années.

Editions L'Arche, Paris, 2012, 144 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-85181-781-5.

Partager cet article

Repost0
4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 07:01

Béria

Chef de la police secrète stalinienne

Thaddeus Wittlin

Beria824.jpg

Encore aujourd’hui, reconstituer l’histoire de l'exercice intérieur du pouvoir durant les premières décennies d’existence de l’URSS reste un exercice délicat. Il est aisé de trouver des ouvrages politiques généralistes, ainsi qu’une multitude de biographies de Staline, dont chacune prétend dévoiler les derniers « secrets » d’un tyran omnipotent. Mais, au détour d’un rayon de librairie, peut-être vos yeux seront-ils attirés par un livre rare, à la couverture très voyante, dédié à l’un des principaux lieutenants du « Petit père des peuples » : Lavrenti Pavlovitch Beria.

Il s’agit en fait de la réédition du livre publié en 1972 aux Etats-Unis, Commissar : The life and Death of Lavrenty Pavlovitch Beria (Mac Millan Co., New York, 1972) de Thaddeus Wittlin (1909-1998), premier biographe de ce personnage de l’ombre. Wittlin, écrivain américain d’originaire polonaise, a combattu l’invasion germano-soviétique en tant que soldat de l’armée polonaise au début de la Seconde guerre mondiale. Fait prisonnier en 1939 par les Soviétiques, il a fait la douloureuse expérience d’un séjour de plusieurs années au Goulag, avant d’émigrer aux Etats-Unis où il a publié de nombreux ouvrages sur l’Union soviétique.

Le personnage traité ici, Lavrenti Pavlovitch Beria, né en 1899, grandit dans une famille pauvre d’un petit village géorgien. Au cours de ses études, il se révèle être doté d’une faculté d’adaptation impressionnante. D’abord simple informateur de police, il parvient, en véritable tacticien, à gravir les échelons des organes répressifs et progresse dans la hiérarchie de la Tcheka, la fameuse police politique soviétique. Rapidement repéré par Staline, il fait ses armes dans sa Géorgie natale, où il étouffe toute velléité d’indépendance après l’annexion à l’URSS, et en Azerbaidjan par des purges, des déportations et des assassinats ciblés (ou le développement des « suicidés »). De plus en plus puissant, Beria multiplie les casquettes, et devient bientôt le véritable dirigeant de Géorgie, le biographe de Staline, puis commande le tristement célèbre NKVD, administre le Goulag, ordonne le massacre de Katyn, créé du contre-espionnage militaire ou SMERCH (« Mort aux espions ! »), pilote les assassinats de dissidents dans le monde entier et une grande partie de l’espionnage en Occident, et la liste continue… Craint par tous et surtout par ses pairs, Lavrenti Beria est présenté dans ce livre comme un homme froid et calculateur qui sait se placer en permanence « dans les petits papiers » de Staline et joue sur la peur du dirigeant de se voir assassiné par l’un ou l’autre de ses proches collaborateurs. Son pouvoir grandit inexorablement. Il veille même Staline sur son lit de mort, après l’avoir secrètement haï pendant des années ! Mais il perd la vie dans la lutte pour la future direction de l’Union, en particulier pour avoir baissé sa garde face à ses adversaires. On ignore encore les circonstances exactes de son décès, dont l’auteur donne trois versions différentes. C’est pour dire la difficulté d’étudier un personnage si secret.

Wittlin n’émet pas à proprement parler de jugement de valeur sur l’individu (même si le portrait est terrible), alors que son passé de soldat polonais naturalisé américain en pleine guerre froide aurait pu l’inciter au contraire. Pour autant, des inexactitudes viennent régulièrement perturber le cours de la biographie. Il est en effet très peu probable que l’auteur ait pu consulter des documents d’archives soviétiques sensibles pour étayer son argumentation, quand bien même celles-ci n’ont pas été détruites. Quelques chapitres sont fondés sur des témoignages oraux recueillis vingt à trente ans après les faits, alors que l’âge des protagonistes, la propagande anti-Beria de Khrouchtchev et les clivages politiques américano-soviétiques ont sûrement joué des tours aux « souvenirs » des victimes et aux proches de l’organisateur des purges staliniennes. Il semble ici que l’auteur ait aussi pris quelques libertés, romançant (pour compléter l’absence d’informations fiables) certains passages de la vie privée du personnage qu’il ne traite d’ailleurs que très peu en dehors des années de jeunesse. L’auteur va jusqu’à sous-entendre que Beria aurait assassiné Staline d’un coup de poing américain de fabrication artisanale utilisé pour ses séances de torture ! Il est parfois difficile de séparer la réalité de la fiction.

Toutefois l’ouvrage a le mérite d’être humble face à ce défi. La lecture est agréable, et le sujet se concentre essentiellement sur la vie publique de Lavrenti Pavlovitch Beria dont il s’agit, rappelons le, de la première biographie, rédigée durant une période très hostile à la consultation de sources primaires et au recul nécessaire à ce type d’étude. Thaddeus Wittlin dresse donc le portrait d’un homme peu idéologue, soucieux d’efficacité, très travailleur, mais également d’un ambitieux se comportant parfois en véritable marquis de Sade (il aurait laissé derrière lui des dizaines de jeunes filles violées). Entre l’image partisane d’un « résistant de l’intérieur » (objectivement assez peu crédible) prônée par son fils Sergo en 1999 dans une tentative de réhabilitation et d’humanisation de son père ( Beria mon père, au cœur du pouvoir stalinien, Plon-Criterion, 1999), et les violentes diatribes de Khrouchtchev qui ne donna jamais la même version de la mort de son ancien collègue tout en le critiquant vivement post-mortem (pour mieux faire oublier son propre rôle ?), cet ouvrage reste un bon compromis et la (seule ?) référence française sur l’histoire du commandant en chef du NKVD. Au-delà, cet ouvrage rédigé il y a quarante ans (ce qui justifie une nouvelle bio. actualisée) montre à la fois, du fait des progrès de l’historiographie, les limites parfois imposées par les circonstances politiques à certaines recherches et l’approche par les Américains pouvaient avoir de la personnalité des principaux responsables soviétiques.

Un livre intéressant à plusieurs niveaux et à bien des égards passionnant.

Philippe Marque

Nouveau Monde éditions, Paris, 2013, 490 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36583-375-2.

Partager cet article

Repost0
8 janvier 2013 2 08 /01 /janvier /2013 07:00

La France et le pacte d'assistance mutuelle de la Petite Entente

(juin 1936 - avril 1937)

Matthieu Boisdron

La-France-et-le-pacte-d-assistance-mutuelle-de-la-PE-2.jpg

Vous trouverez, en cliquant ici, le texte complet de cette communication, prononcée par Matthieu Boisdron en novembre 2011, dans le cadre d'un colloque organisé à l'université de Pecs en Hongrie et dont les actes viennent d'être publié dans ce pays. On sait que ces négociations en Europe centrale et orientale interviennent alors que l'Allemagne réoccupe la Rhénanie et re-militarise. L'intérêt des Français à soutenir ces conversations était donc réel, mais les résultats ne furent pas à la hauteur des ambitions.

 

Partager cet article

Repost0
12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 07:01

La Roumanie des années trente

De l'avènement de Carol II au démenbrement du royaume (1930-1940)

Matthieu Boisdron

Couverture-de-l-ouvrage--La-Roumanie-des-annees-trente-.jpg

Les études en français sont peu nombreuses dans la bibliographie sur cette partie de l'Europe à cette époque. Il faut donc féliciter Matthieu Boisdron de s'être lancé dans cet excercice difficile et il nous semble utile de revenir sur cet ouvrage, bien que sa parution remonte déjà à 2007.

Au long de son étude d'environ 200 pages, il nous donne à voir, et nous permet de mieux comprendre, deux choses bien différentes : d'une part, au plan intérieur, la complexité (mais aussi le caractère à certains égards presque inexorable) de la lente descente aux enfers de la Roumanie de l'entre-deux-guerres, qui ne parvient pas à établir durablement un régime démocratique et glisse vers un rapprochement avec l'Axe ; et d'autre part, au plan international, les toujours surprenantes insuffisances (ou incompréhensions, ou incapacités) de la diplomatie française à conserver à son réseau d'alliances en Europe orientale un minimum de réalité et de tonicité.

Le personnage central est bien sûr le roi Carol II, qui accède au trône en 1930, dont la vie privée pour le moins compliquée (il vit officiellement avec sa maîtresse de confession juive) et les choix politiques personnels (il cherche à développer son influence sur les gouvernements successifs, puis à imposer un régime personnel) lui retirent progressivement le soutien de la plupart des grandes institutions et de la majorité des partis politiques.  La montée en puissance à partir du milieu des années 1920 de l'extrême-droite radicale (elle-même divisée en plusieurs mouvements hostiles) et en particulier la place prise par la Garde de Fer (sous différentes appellations) de Codreanu compliquent encore la situation intérieure, au point que lorsque Staline présente ses exigences territoriales, en juin 1940, le régime est "déconsidéré et moribond". Fort heureusement, plusieurs annexes présentent les gouvernements successifs du pays (p. 169), la constitution de février 1938 (p. 175) et les principaux partis politiques roumains (p.200), ce qui permet au lecteur "débutant" de suivre sans difficulté le texte courant. On note également en fin d'ouvrage plusieurs cartes, une solide bibliographie et un utile index.

Un seul (petit) regret : le texte aurait peut-être gagné à être plus ramassé et le livre à faire une dizaine de pages de moins, ce qui lui aurait donné à la fois plus de fluidité et plus de "muscle". En effet, certaines idées ou affirmations sont reprises trois ou quatre fois avec des périphrases à quelques paragraphes de distance, ce qui brouille un peu la lecture. Il n'en demeure pas moins qu'il s'agit d'une très intéressante description de la situation intérieure etr internationale de la Roumanie durant l'entre-deux-guerres, d'autant plus utile que ce pays avait noué des relations étroites avec la France et que la Grande Roumanie des années 1920-1930 pouvait aspirer au statut de véritable puissance régionale.

Partager cet article

Repost0

Qui Suis-Je ?

  • : Guerres-et-conflits
  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
  • Contact

  • guerres-et-conflits
  • L'actualité de la presse, de l'édition et de la recherche en histoire

Partenariat

CHOUETTE

Communauté TB (1)

Recherche

Pour nous joindre

guerres-et-conflits@orange.fr

Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

Sur la toile