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22 avril 2015 3 22 /04 /avril /2015 06:00

Ukraine

La vérité historique

Alexandre Volkonski

Alors que la question ukrainienne fait régulièrement la Une des nos médias et suscite des débats passionnés sur le rôle des pays occidentaux dans la crise, il faut saluer la réédition de ce petit ouvrage, publié en 1920.

Notons d'abord la formule utilisée en fin de la présentation sur la quatrième de couverture : "L'entreprise de désinformation se poursuit, favorisée comme jamais en Europe par l'ignorance de générations auxquelles on a enseigné le dédain de l'histoire et de la géographie". Le propos est donc clairement engagé, mais puise son argumentation dans une présentation d'un profond passé. L'introduction et la préface relèvent de la même eau, tandis que la seconde détaille pour le lecteur la vie et les engagements du prince Volkonski, officier brillant bien qu'atypique, qui s'engage à partir de 1918-1919 pour la Russie et contre l'indépendance ukrainienne en argumentant ses publications sur des références historiques : "L'Ukraine aujourd'hui se trouve dans une situation très proche de celle où elle se trouvait en 1920 lorsque A. M. Volkonski décrivait les forces nationalistes qui argumentaient sur l'ethnogenèse des civilisations pour créer une identité ukrainienne dès le Xe siècle différente de celle de la Russie". Dans une première partie (chap. 1-2), le prince russe s'intéresse ainsi successivement à l'éthymologie du mot "Ukraine" en particulier, mais aussi à celle de "Ruthène" et de "Russie", revient sur l'histoire ancienne des princes fondateurs de l'Etat de Kiev, raconte le transfert des lieux de pouvoir à Moscou et insiste sur la réelle unité (selon lui) de la Russie ancienne. Une seconde partie (chap. 3-4) détaille, selon les vues de l'auteur, les différences entre "grands" et "petits" Russes, "blancs" et autres, tous représentants d'un même peuple et termine par une explication de géographie politique sur le thème des steppes du sud "russo-ukrainien" et du rôle civilisateur qui y fut celui de la Russie. La troisième et dernière partie enfin (chap. 5-6) affirme qu'il n'y a pas de culture ukrainienne propre, que celle-ci est et ne peut être que russe, et enfin revient plus longuement sur ce qui constitue un peu (aussi) un fil rouge du livre : le rôle désintégrateur de l'Allemagne et la place de ce dernier pays dans la naissance et le développement du nationalisme ukrainien, d'abord anti-russe.

Un volume (très) engagé, dont certains exemples ne manquent cependant pas de pertinence. Dans le contexte actuel de tension entre les deux pays, une pièce qu'il est très utile de joindre au dossier, tout en conservant une prudente réserve. Les ouvrages militants sont souvent utiles, parfois indispensables, toujours à connaître mais jamais à suivre aveuglément. A lire attentivement.

Editions des Syrtes, Paris, 2015, 282 pages, 17,- euros.

ISBN : 9782940523139.

Russie - Ukraine

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14 mars 2015 6 14 /03 /mars /2015 06:00

Journal de Sibérie

(1903-1911)

Irinarkh Chemanovski

Dans le cadre d'une politique éditoriale qui nous permet de disposer d'un nombre croissant de titres traitant du monde russe, les éditions des Syrtes nous proposent le témoignage rare d'un jeune missionnaire parti évangéliser les peuples animistes du nord de Sibérie occidentale au tout début du XXe siècle.

Tout au long du livre, nous suivons donc un personnage tout à fait particulier, dont la préface par Eva Toulouze nous présente ce que l'on sait de la biographie, et nous croisons les populations locales, dont le mode de vie dès que l'on s'éloigne de la ville n'a visiblement pas changé depuis des siècles. Le volume est divisé en cinq parties thématiques qui reprennent des articles d'Irinarkh Chemanovski : "Découverte d'une région et de ses hommes", "Les peuples de la région d'Obdorsk", Chemanovski, porteur des Lumières", "Vie spirituelle, chrétienne et orthodoxe", et "Rencontres autochtones". Au-delà de la description précise et imagée à la fois de l'environnement, des sites, de la nature, du climat, etc., qui déjà est en elle-même très riche, c'est bien sûr dans l'exceptionnel travail d'ethnologue de son auteur sur les tribus et peuples de la région que le livre se distingue, car peu-à-peu il séjourne plus longuement chez les habitants et s'éloigne toujours davantage de la ville pour s'enfoncer dans la steppe. Habillé comme les autochtones, circulant souvent "dans un petit traîneau samoyède", Irinarkh Chemanovski a une approche très humaine, très sensible des populations locales et multiplie les observations pertinentes sur ses interlocuteurs, leurs différences d'approche de la société russe "moderne" de l'époque, sa volonté de les faire mieux connaître par la création d'un musée, leur perception de la religion orthodoxe alors qu'ils sont encore pour un grand nombre d'entre eux adeptes du chamanisme, leur rapport à l'école ou à l'alcool, leurs rites funéraires et de mariage, etc. Il s'interroge bien sûr, au fil des pages, sur la "plus-value" de la civilisation : comment intégrer ses peuples "sauvages" mais libres dans la société russe et la communauté orthodoxe ? Le volume se termine enfin sur quelques annexes très utiles (dont un glossaire des termes ethniques) pour tous ceux qui ne connaissent pas vraiment ces territoires isolés du bout de la Russie peu après 1900.

Un ouvrage qui se lit (presque) comme un roman d'aventures, sur fond de découverte de l'autre et de poursuite de son travail de missionnaire. Un vrai dépaysement au pays des Lapons il y a un siècle.

Editions des Syrtes, Paris, 2015, 250 pages, 20,- euros.

ISBN : 9782940523153.

Evangéliser le grand Nord russe

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2 février 2015 1 02 /02 /février /2015 06:10

La France, les Français en guerre(s) et l'Europe médiane

au XIXe et XXe siècles

(Coll.)

Deuxième volume de la collection lancée par la jeune maison Codex sur le thème des relations entre la France et l'Europe centrale, en particulier la Hongrie, avec la publication des actes d'un colloque tenu au printemps 2014.

Les neuf communications sont particulièrement intéressantes car elles présentent, pour la plupart, le point de vue hongrois (ou au moins non français), à partir de sources peu connues dans l'hexagone. Parmi les sujets qui nous intéressent plus directement, relevons "La coopération militaire de la France avec ses partenaires en Europe centrale pendant l'entre-deux-guerres", par Istvan Majoros, bonne synthèse même si elle est un peu convenue (mais à replacer dans le contexte particulier de la Hongrie) ; avec "Juin 1940 : du sauvetage des soldats polonais pris au piège de l'immense cul-de-sac breton", Lech Maliszewski revient sur un épisode peu connu de la fin de la campagne de France (et l'on peut pour mémoire y ajouter les archives du major général du GQG français) ; l'article "Les services de renseignement militaire hongrois aux derniers jours de la Seconde guerre mondiale", traite de cette brève période de la fin de l'hiver 1944-1945 durant laquelle deux gouvernements hongrois s'opposent. On regrette que la contribution d'Emre Saral, "Territories in Anatolia under French Occupation and Turco-French Relations (1918-1923)", tout en proposant par ailleurs d'intéressantes pistes et références dans les domaines politique et diplomatique aux chercheurs francophones, n'évoque pas en dépit de son titre la situation en Cilicie, ce qui semble un comble sur le sujet. Un petit volume utile et intéressant sur des thématiques rarement traitées dans l'hexagone.

Editions Codex, Talmont-Saint-Hilaire, 2015, 147 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-918783-08-4.

France - Hongrie

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11 décembre 2014 4 11 /12 /décembre /2014 06:00

La joie pour l'éternité

Correspondance du goulag (1931-1933)

Alexeï et Valentina Lossev

Deux intellectuels russes condamnés au goulag au début des années 1930, sauvés par leur foi et leur amour. Alors que l'intérêt pour le monde russe ne se dément pas dans le domaine de l'édition, cet ouvrage atypique apporte une note originale.

Alexeï Lossev, philosophe, et sa femme Valentina, scientifique, échangent pendant leur captivité (lui dans l'extrême Nord, elle en Sibérie) de longues lettres très personnelles qui leur permettent de se raconter l'un à l'autre, de témoigner de ce qu'ils vivent, de décrire leurs pensées et leurs sentiments, d'exposer leur foi et de confirmer leur amour. Chaque lettre est précédée de quelques lignes (en italiques) qui expliquent la présentation formelle du courrier et (autant que possible) les circonstances de sa rédaction. Le style général est simple et profond : "Si nous allons en relégation pour nos péchés en ce monde-ci, c'est là une grande miséricorde de Dieu envers nous". Mais les conditions de vie quotidiennes sont tout aussi clirementx explicitées : "Partout, une boue infranchissable et un temps pluvieux d'automne. Pendant environ deux semaines, j'ai travaillé dans la forêt, sur la rivière, à flotter le bois. Des rhumatismes que j'ai ainsi contractés ont mis fin à cette activité". Ce n'est toutefois pas un camp de concentration, mais une relégation, un relatif isolement en semi-liberté dans des contrées désolées : "Ecris-moi, s'il te plaît, ce qu'il en est de la nourriture pour toi, ce que tu manges. Il faut manger le plus possible de légumes. Tu es resté sans légumes verts pendant un an et demi. J'ai si peur que tu attrapes le scorbut". Et l'un pense en permanence à l'autre : "Ces jours-ci, je compte présenter une requête à la Commission des amnisties individuelles, mais je ne sais comment faire. Car l'essentiel pour moi, c'est d'être avec toi". Et toujours les références à leur foi, dans laquelle ils puisent aussi la force de tenir : "En théologie, je me suis intéressé presque exclusivement à la dogmatique, dans la mesure où il s'agit d'un domaine qui, pour un chrétien théologien, est à la fois ce qui est le plus élaboré par l'Eglise et le plus concret". Tout au long de cette correspondance, ils se racontent également leurs échanges avec "l'extérieur", leurs relations et amis restés en liberté, et s'informent mutuellement des possibilités de recours et de demandes de rapprochement ou de remise de peine.

En résumé, une correspondace à la fois intime et ouverte, qui plonge au plus profond des deux êtres mais qui brosse également le tableau d'un environnement difficile aux premiers temps de l'archipel, de la petitesse des hommes et de quelques slidarités maintenues. Une correspondance qui parfois dérange nos certitudes, mais qui sonne juste.

Editions des Syrtes, Genève (CH), 2014, 314 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-9405-2312-2.

Exil intérieur

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3 décembre 2014 3 03 /12 /décembre /2014 05:50

Journal de Russie

1928-1929

Pierre Pascal

Voici les derniers carnets restés inédits de Pierre Pascal, jeune normalien et officier de réserve qui, en 1917, fait le choix de rejoindre la révolution russe. Le récit des années antérieures a été publié par les éditions  L'Âge d'homme entre 1975 et 1982. Cette ultime partie, qui évoque les années 1928 et 1929, est tout aussi intéressante.

Dès les premières pages, on comprend que la chasse aux trotskistes est ouverte, mais que les difficultés quotidiennes tiennent aussi au problème très concret du ravitaillement. On a chronologiquement la liste des "exilés administratifs" et de ceux qui reçoivent l'ordre de rejoindre sur le champ telle commune de l'extrême-Nord ou de Sibérie. De jour en jour les constats semblent pires (le tout sur un ton et dans un style qui restent d'une étonnante sobriété), le véritablement pourrissement d'une société qui tient par la peur, et l'on se demande comment certains Occidentaux ont pu se laisser abuser au point de se faire les propagandistes de Staline. Compagnons de route ou idiots utiles et aveugles, il y aurait là une belle recherche à conduire... Le discours révolutionnaire et la façade populaire, pour cacher les prévarications et les arrangements personnels : "Le pillage du monastère a enrichi quelques communistes qui depuis ne le sont plus".  Pierre Pascal circule aussi en province et note ses observations. Il indique les produits et leurs prix sur les marchés, et souligne les contradictions entre le discours sur l'alcoolisme et la distribution de vodka. Il y a aussi les témoignages sur l'influence soviétique à l'extérieur : "Le bureau politique (français) a été complètement refondu à Moscou : Cachin en est resté comme enseigne et parce qu'il est souple". Sur les collectes forcées, celui qui ne donne pas ayant rapidement "des problèmes" avec l'administration. Ou sur les arrestations abusives : "Un enfant de 14-15 ans est emmené, en mauvais veston percé, nus pieds, par un sergot. Il a essayé sans succès de 'voler'...". Quelques mots sur la famine en Ukraine, sur l'exil intérieur de Trotski, quelques commentaires sur des discours de Staline et les avis qu'ils suscitent, la répression souvent, la faiblesse morale aussi, la lâcheté : "On essaye d'écrire l'histoire de la révolution d'octobre, et on se refuse à y mettre des faits qui me sont connus de source très sûre. En 1918 et 19, les dirigeants blocheviks étaient si peu sûrs de garder le pouvoir qu'ils prirent toutes leurs dispositions pour filer à l'étranger, déposèrent de l'argent dans les banques étrangères au nom de personnes sûres", et toujours "On annonce -pas encore officiellement- une épuration dans le parti communiste : excellent moyen de se débarraser des indésirables de toutes natures". A partir du début de l'année 1929, le récit des problèmes dans les usines, de la famine, des centaines de déportés, la censure de plus en plus dure, la désaffection croissante de la population, les petits arrangements avec de vieux camarades : les anecdotes deviennent quasi-quotidiennes, et la vie quotidienne de plus en plus insupportable. A la gare, "on fait la queue le soir pour s'inscrire, après quoi on revient le matin, plusieurs matins de suite, pour recevoir à billet". La question religieuse est réglée manu-militari, et à l'occasion de la fermeture de deux églises transformées "en maison d'accouchement", "une foule de 2000 personnes se trouva sur la place et conspua les agents du pouvoir, battit le chef de la milice. Naturellement, force resta à la loi : l'église fut fermée et des dizaines d'habitants envoyés en Sibérie", etc.

Dans tous les domaines, le récit de l'intérieur d'un système aussi délabré que totalitaire. Le jeune officier normalien de 1917 a pratiquement perdu tout espoir. Mort d'une illusion révolutionnaire. Mais aussi réalité d'un système. Et lorsqu'il sera de retour en France, longtemps, très longtemps, il se taira. Hélas. Un ouvrage simple, sobre, absolument indispensable à quiconque s'intéresse à l'URSS de l'entre-deux-guerres.

Les éditions Noir sur blanc, Lausanne, 2014, 767 pages, 30 euros.

ISBN : 978-2-88250-354-1.

Officier, déserteur, communiste, désabusé

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 06:00

Le passé de la Russie est imprévisible

Journal de bord d'un enfant du dégel

Andreï Gratchev

La production actuelle est à la fois quantitativement et qualitativement très intéressante sur le monde slave et l'histoire russe. Ce volume de témoignage, qui vient combler un creux de l'époque Kroutchtchev-Brejnev- Gorbatchev, en est une nouvelle preuve.

Après avoir rapidement présenté ses premiers souvenirs d'enfance durant la Grande Guerre patriotique et sous Staline, Andreï Gratchev nous raconte sa jeunesse et son temps de jeune adulte à partir de 1954, début de "l'ère du dégel". Nous y retrouvons avec quelques évolutions la suite logique des témoignages déjà publiés sur la période antérieure, mais avec des adaptations progressives (apprentissage de l'anglais, écoute clandestine de Radio Liberty, mais toujours la pression de l'Etat totalitaire) : "Des millions de Soviétiques furent redevables à Krouchtchev d'un changement bien concret : la construction de logements individuels avec toilettes, salle de bain et (même !) l'eau chaude", la fin des appartements collectifs marquant en quelque sorte le début de la désagrégation du système stalinien. Au fil des chapitres qui suivent, l'auteur raconte rapidement son entrée dans la vie active et publique, ses souvenirs de la période Brejnev  et en arrive, p. 235, à l'avènement de Gorbatchev, dont il ne faut pas oublier pour apprécier la suite qu'il fut le porte-parole, l'un des conseillers politique et le dernier conseiller de presse. Tout en défendant le bilan et l'héritage de son mentor, il souligne les contradictions qui traverse le groupe de ses partisans (les "réformateurs"), s'étend sur les conséquences (très diverses) de la chute du mur de Berlin et l'année 1989 ("L'année où l'époque s'est détraquée"), et l'on constate que Gorbatchev en fait accompagne ou entérine simplement les évolutions plus qu'il ne les suscite. Nous suivons (pour l'essentiel de l'intérieur) les heures (parfois dramatiques, toujours tendues) de disparition de l'URSS (voir l'anecdote des "S" successifs à rajouter à URSS, p. 308), Elu sans être candidat et en son absence au dernier comité central du PCUS et de l'URSS, il suit par le détail le putsch minable de 1991, la prise du pouvoir par Eltsine (toujours un peu par hasard), les relations entre les deux hommes, l'émergence des parlements nationaux et l'implosion de l'URSS. Le bilan est en demi-teinte : "Tel le mystérieux météorite de la Toungouska, la 'comète Gorbatchev' a traversé le ciel de la politique russe et du monde, laissant derrière elle des kilomètres d'arbres tombés dans la taïga et un profond cratère qui s'est rempli peu-à-peu d'eau sale. Comment expliquer ce qui est arrivé à cet énorme pays, superpuissance menaçante et dernier empire du monde ?". Puis la France est devenue une "deuxième patrie"... 

Ce livre de témoignage, qu'il faut nécessairement passer au crible de la critique et de la comparaison avec les autres sources, n'en reste pas moins fondamentalement intéressant et important pour comprendre les évolutions les plus récentes de la Russie, analysées par un apparatchik devenu adepte de la liberté..., sans oublier la grandeur de sonn pays.

Alma éditeur, Paris, 2014, 518 pages, 25 euros.
ISBN : 978-2-36279-127-7.

Illusions et dégel

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16 novembre 2014 7 16 /11 /novembre /2014 06:20

Rideau de fer

L'Europe de l'Est écrasée, 1944-1956

Anne Applebaum

Processus de mise au pas en quelques années de la moitié du continent : telle est la description détaillée que nous propose Anne Applebaum, de façon générale dans la zone "d'influence" soviétique, plus particulièrement en Allemagne de l'Est, Pologne et Hongrie.

A partir de très nombreuses sources locales (archives et entretiens) et d'une volumineuse bibliographie, l'auteure explique comment un système profondément totalitaire a été imposé à des pays très différents d'Europe orientale, mais aussi qu'une vie "cachée" de la société a continué à exister et qu'un écart croissant s'est creusé entre le discours officiel et la réalité vécue. Partant d'une définition somme toute classique du totalitarisme (mot naît en Italie avec Mussolini puis étendu à tous les régimes plaçant le seul Etat au-dessus de tout), elle dresse d'abord le tableau de la situation à la fin de la seconde guerre dans des pays particulièrement dévastés. Elle situe la place et le rôle des principaux acteurs et insiste sur cinq domaines précis que l'on retrouve ensuite en fil rouge tout au long de l'ouvrage : le nettoyage ethnique, le contrôle de la jeunesse, la propagande à la radio, les organisations et instances politiques et le contrôle de l'économie. Ce ne fut pas toujours facile, en particulier durant les premières années, car certains pays avaient à la fois une longue tradition de liberté et une forte aspiration à la retrouver. Les polices "secrètes" et politiques sont dotées de pouvoir littéralement extra-ordinaires, la paranoïa règne ("Si un membre d'un groupe de 20 est arrêté, cela pouvait suffire à inspirer la peur aux 19 autres"), les insatisfactions se multiplient, les Eglises ne se laissent que partiellement manipuler, etc. Chaque structure menacée, chaque catégorie de la population tente de s'adapter, de gagner du temps, d'éviter le pire : de répressions en renoncements, les nouvelles "démocraties" populaires peuvent installer leurs régimes et leurs pouvoirs. Souvent, le processus est conduit par étapes successives, les compagnons de route et les "idiots utiles" étant progressivement éliminés. A ces égards, Anne Applebaum décrit en détail la prise en main de structures comme l'éducation de la jeunesse, les "offensives" en faveur de la production (qui se soldent généralement par des échecs -cachés-), les efforts pour s'assurer le soutien et la participation des intellectuels et artistes, les grandes manifestations patriotiques et prolétariennes qui permettent de s'assurer le concours et le contrôle de la population ou les initiatives prises "en faveur" des milieux urbains, supposés plus favorables au socialisme. Elle souligne également le silence, la neutralisation somme toute assez rapide des opposants qui plongent dans l'anonymat et disparaissent, et les conditions tout à fait particulières faites aux nouveaux maîtres de ces pays, dans des quartiers privés, protégés par d'importantes forces de sécurité, coupés des réalités de leur propre peuple.

Un livre à charge donc, mais mesuré, pesé, référencé. A "charge justifiée" en quelque sorte. Qui laisse songeur quant aux fondements des discours publics des années 1945-1956, y compris dans nos démocraties occidentales, et laisse rêveur sur le peu de fiabilité (ou d'honnêteté) de ceux qui les prononcent.

Grasset, Paris, 2014, 602 pages, 28 euros.
ISBN : 978-2-246-80482-6.

Totalitarisme

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17 octobre 2014 5 17 /10 /octobre /2014 06:00

Gueorgui Efron

Journal (1939-1943)

Qualifié de "l'un des plus terribles récits de la vie quotidienne pendant la Seconde guerre mondiale", ce livre est, à certains égards, une plongée dans l'horreur ordinaire, au pays d'Ubu roi, au coeur de journées faites d'efforts pour survivre et de petites arrangements entre amis, comme si le système malgré tout n'existait pas. C'est également celui d'un jeune homme qui n'a rien d'un opposant au régime (au contraire), et qui en note les incohérences, parfois même s'en sembler s'en rendre compte.

Traduit par Simone Goblot et préfacé par Véronique Lossky, l'ouvrage présente le journal personnel du jeune Gueorgui Efron, dit Murr, qui, venant de France, rejoint Moscou avec sa mère en 1939 et commence aussitôt à noter les observations. Une première partie a été saisie par le police politique quelques semaines après leur arrivée en URSS et la présente édition commence donc en mars 1940. Dès les premières lignes, l'espoir d'une libération de son père est exprimé et les réalités du quotidien s'impose : "Moulia nous a trouvé une chambre à Moscou, onze mètres carrés, à Sokolniki. D'ailleurs, ce n'est pas vraiment à Moscou, mais le métro arrive jusque là". Dans un premier temps, le jeune Murr, étudiant qui note ses pensées et ses activités de la journée deux à trois fois par semaine, s'adapte assez facilement à la rusticité de sa situation et se préoccupe surtout de sa scolarité et de ses relations avec les jeunes filles. Mais les "détails" ancilaires ne manquent pourtant pas d'être nombreux : "Le prix de notre repas avait doublé ... Désormais, nous prendrons la nourriture pour une seule personne et nous le partagerons". Dans l'insouciance relative de sa vie de jeune homme, c'est bien pour sa mère que les conditions de vie sont pénibles (logement, alimentation, salaire, passeport intérieur), entre les problèmes du quotidien et les visites au NKVD. Même déformés, les échos des événements qui se déroulent à l'ouest parviennent jusqu'à la petite chambre moscovite : "Aujourd'hui, j'ai lu dans la Pravda que les Allemands avaient pris Bruxelles ; ils ont percé la ligne belge Dill, occupé Louvain et Malines ; les défenses françaises ont été rompues sur cent kilomètres ... En France, les combats ont un caractère plus sérieux (là, les Alliés disposent de forces importantes), néanmoins les Allemands infligent aux Français et aux Anglais des pertes plus importantes et continuent d'avancer en direction de Reims. Une contre-attaque des forces alliées a eu lieu à Sedan, et, dans ce secteur du front, les Allemands se sont renforcés en repoussant les attaques". Avec plus ou moins d'intensité,  pendant quelques mois, ces événements du quotidien se poursuivent et se superposent aux évolutions de la situation internationale (L'occupation par les troupes soviétiques de la Lituanie, de la Lettone et de l'Estonie et la constitution de gouvernements prosoviétiques, procommunistes, dans ces pays signifient, incontestablement, le renforcement de l'URSS et l'expansion du communisme. C'est ce qu'il fallait"), donnant à Murr l'opportunité de témoigner spontanément par écrit de sa confiance (malgré tout) dans le régime soviétique : "Jusqu'à présent, Hitler réalise point par point son programme. Après avoir mis sous tutelle allemande toute l'Europe de l'Ouest et l'Italie, il se lancera dans une campagne contre l'URSS, je n'ai aucun doute à ce sujet". Curieusement, il s'intéresse assez longuement (pp. 332-333 et suivantes) au conflit de l'été 1941 en Syrie, auquel il attache une importance particulière (première défaite allemande). Puis survient le 22 juin : "A midi et quart, le Commissaire du peuple aux Affaires étrangères Molotov a pris la parole à la radio pour annoncer qu'après que les troupes allemandes ont attaqué la frontière soviétique, ... l'Allemagne a déclaré la guerre à l'URSS". Et, immédiatement, cette affirmation : "Je crois que la guerre que les nazis mènent contre l'URSS, c'est le commencement de leur fin". Tandis que se poursuit la quête éperdue d'un logement stable et que la propagande présente une vision plus qu'édulcorée de l'évolution de la situation militaire, il se réjouit de "l'union" entre l'Union soviétique et la Grande-Bretagne. Il doit subir le choc du suicide de sa mère le 31 août, alors qu'il se prépare à l'évacuation vers l'orient russe et va être mobilisé, dans une désorganisation générale très perceptible. Et si les Allemands continuent à progresser, le pain est rationné... Toujours ces aller-retour entre le quotidien le plus pragmatique et les considérations politiques plus larges. L'encombrement des voies de communication et des chemins de fer est particulièrement bien décrit, mais Murr n'en tire pas les conséquences sur le délabrement du régime, même s'il constate dans le train (le moindre trajet dure plusieurs jours, voire plusieurs semaines) : "Il n'y a pas de gens plus mal organisés, plus brouillons, plus contradictoires que les Russes". Au cours des mois qui suivent, l'auteur reste dans une situation intermédiaire, recensé mais non intégré dans une formation, il termine ses études et n'est pas engagé en première ligne dans les opérations militaires. Il "nomadise" à travers l'intérieur russe, passant des dizaines de jours entre deux gares, et l'on observe que sa préoccupation essentielle semble désormais être l'alimentation. Les références aux repas et à leur qualité sont pratiquement quotidiennes, et prennent une place de plus en plus importantes dans ses notes. La dissolution du Komintern le 15 mai 1943 est qualifiée "d'événement colossal", bien qu'elle soit "une concession faite aux Alliés", tandis que Gueorgui Efront poursuit ses études dans le domaine de la littérature et trafique discrètement pour récupérer quelques billets et survivre. Le journal s'arrête de façon abrupte au 25 août 1943, et l'on sait que Murr, à ce moment-là, est directement pris par la guerre. 

Curieusement, ce journal est tenu alternativement en russe et en français (la distinction dans l'ouvrage se faisant par l'utilisation des italiques). Ce compte rendu précis de la réalité soviétique du temps, dans toute sa misère et sa petitesse, est à lire. 

Editions des Syrtes, Paris, 2014, 752 pages, 27 euros.
ISBN : 978-2-9405-2305-4.

Tristes réalités soviétiques

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2 juillet 2014 3 02 /07 /juillet /2014 06:15

Entre coopération et antagonismes

Les dimensions des relations franco-hongroises

de l'époque moderne à l'intégration européenne

Ce volume constitue les actes d'un colloque tenu à Pécs en 2013 en partenariat avec l'université de la ville et offre un utile tableau des relations entre Paris et Budapest dans le temps long.

En effet, sans qu'il soit nécessaire (comme le disent eux-mêmes les organisateurs) de sur-valoriser l'importance des rapports entre la France et la Hongrie, force est de reconnaître qu'elles sont anciennes et solides. Or, aujourd'hui, à part quelques articles relatifs aux choix politiques de l'actuel gouvernement magyar, on ne trouve que bien peu de choses dans la production récente. La dizaine d'intervenants brosse un large tableau, de "L'invention du hussard en France" par Eric Labayle à "2013 : perspectives sur le paysage bouleversé des relations franco-hongroises" par Ferenc Gazdag, en passant par le souvenir des soldats de la Grande Armée à Pécs, l'impossible alliance des années 1916-1922, les accords de Bled et la Petite Entente à la fin des années 1930, les contacts entre services de renseignements au début des années 1940 ou le rôle du président Mitterrand dans le renouveau de ces relations.

Un volume atypique, sur un sujet original, qui apporte une réelle plus-value dans le cadre de la production francophone d'ensemble. Chacun y apprendra beaucoup.

Editions Codex, 2014, 165 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-918783-07-7.

Pour commander directement : ici.

France - Hongrie

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21 mai 2014 3 21 /05 /mai /2014 06:25

Ivan le Terrible

ou le métier de tyran

Pierre Gonneau

Déjà auteur de plusieurs ouvrages sur l'ancienne Russie, Pierre Gonneau nous propose aujourd'hui une biographie du premier tsar de Russie, Ivan, dit "le Terrible", au XVIe siècle.

Le personnage a traversé l'histoire jusqu'à nous à travers les arts et la littérature, auréolé d'une réputation de folie meurtrière. L'auteur commence par dresser un rapide état des sources (finalement assez nombreuses) et des ruptures qui marquent son règne. Le livre est divisé en cinq grandes parties chronologiques, de "L'héritier de la Moscovie" à "La fin du règne".Le récit est parfois assez terrible, car Ivan est tout sauf un enfant de coeur. Orphelin de père à trois ans, il est l'héritier d'une famille où la mort rôde entre frères, où une église orthodoxe est omniprésente, où les épouses répudiées finissent au mieux au couvent. Au début de son règne, entre les complots, les assassinats et les révolutions de palais (deux clans s'opposent par les armes), le jeune tsar est encore un enfant qui apprend sans doute à cette époque qu'une "justice sommaire immédiatement exécutée" est une garantie de survie. Politiquement et militairement, la période est marquée par la rude opposition entre la Russie et deux voisins, les Tatars du sud et d'Asie centrale d'une part, les Polono-Lituaniens à l'ouest et au nord-ouest. Très croyant, bien éduqué (au moins au regard des standards de l'époque), Ivan exerce un pouvoir absolument personnel, s'arroge progressivement en propriété strictement personnelle un ensemble croissant de villes et terres, et favorise l'idée (très politique et qui lui est extrêmement utile) que Moscou serait la troisième Rome. Curieuse notion de la civilisation et de l'héritage latin, puisque le tsar sème la terreur, vole, brûle, pille dans son propre pays pendant cinq ans, entre 1565 et 1570 : "L'ordinaire de la répression est fait d'exactions commises impunément par les opritchniki et de procès qu'ils intentent en étant sûrs ou presque de les gagner ... Une autre pratique courante consiste à exécuter des proches ou des domestiques d'un dignitaire, sans porter atteinte à sa propre personne. Souvent, on se plaît en outre à suspendre le ou les cadavre(s) des suppliciés au seuil de sa porte, ou bien dans sa salle à manger avec interdiction de le décrocher et ordre de vaquer comme si de rien n'était à ses occupations" ! Paranoïaque, tourmenté, il tue les uns, empoisonne les autres, revoie les plus heureux, et à force de destructions en vient à exercer sa répression sur certains de ses propres partisans. Paradoxalement, ces crimes ne l'empêchent pas d'être très cultivé et on lui attribue plusieurs écrits et interventions brillantes. Pour assoir définitivement son pouvoir alors qu'il est en situation très difficile face à l'Eglise et aux Boyards, il renonce à sa charge, revient, se démet à nouveau, nomme un nouveau tsar et se retire sur ses terres avant de le renvoyer et de reprendre son trône. Toujours dans une espèce de semi-folie marquée par la mort de son propre fils : "On s'accorde à penser que le tsar n'a pas voulu tuer l'héritier du trône, et qu'il a porté des coups mortels sous l'emprise de la colère. Il est beaucoup plus difficile d'établir s'il s'agit d'une simple dispute familiale ou d'un conflit politique". Le livre se termine par l'évocation des derniers mois de ce souverain totalement atypique et par une interrogation qui surgit aux dernières pages : Est-ce que "terrible" est la bonne traduction du terme russe, que l'on peut aussi comprendre par "sévère", "strict", voire "formidable" ? Le sens actuel n'aurait été définitivement admis qu'à la fin du XVIIe siècle. L'ultime double comparaisons (Néron-Ivan, Ivan-Staline) semble trop brève et trop superficielle, mais n'enlève rien au grand intérêt de cet ouvrage, qui se termine par une belle chronologie, quelques annexes généalogiques, un double index et plus de trente pages de bibliographie. Un beau tableau d'une époque de fer et de sang, mais aussi de création d'une puissance par la volonté d'un homme.

Tallandier, Paris, 2014, 557 pages, 26 euros.

ISBN : 979-10-210-0275-3.

Le tsar sanglant

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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