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18 mars 2016 5 18 /03 /mars /2016 06:00

Journal intime

Saint-Pétersbourg, Moscou, Berlin, Mandchourie

Baron Ludwig von Knorring

Le baron Ludwig von Knorring appartient à ces familles d'ascendance germanique (balte) qui servent le tsar. Il a rejoint la carrière diplomatique et son Journal s'ouvre sur un entretien avec son ministre, en décembre 1903, au cours duquel il rend compte de la volonté japonaise d'entrer prochainement en guerre contre la Russie, avant d'être invité à "reprendre sa vie oisive". Le ton est donnné.

Avec l'apparent détachement que donnent une solide éducation et une réelle aisance financière, ce diplomate nous raconte son quotidien, mais aussi nous en apprend beaucoup sur la réalité et le fonctionnement de la diplomatie de l'empire. De l'incompréhension de la situation par Nicolas II (qui parle en 1904 de "cette stupide soi-disant guerre avec le Japon") aux manoeuvres de la Cour après la révolution de 1905 ("Malgré l'immense charme personnel émanant de notre Auguste Souverain, il est bien à craindre que rien ne puisse marcher, grâce à Son caractère qui, hélas, n'est pas fait pour la haute mission que Dieu Lui a confiée"). Au fil des pages, des soirées, des cérémonies, des invitations, il croise tous ceux qui comptent dans l'empire, grandes familles, ministres et politiques, membres de la famille impériale. A chaque fois, l'indication de la rencontre est suivie de quelques lignes précisant le contenu des conversations et se terminant par un commentaire sur la pertinence de telle ou telle observation. On dispose ainsi que témoignages ponctuels sur la façon dont la guerre russo-japonaise est comprise et perçue dans la capitale russe, sur l'extrême sensibilité des relations avec l'Allemagne, sur l'inquiétude qui se manifeste à propos du Royaume-Uni, sur les courants d'évolution à l'oeuvre dans les provinces Baltes et en Finlande. Les conversations entre grands de l'empire (toute la haute noblesse russe passe devant nous) au Yacht-Club, avec ses petites passions partisanes mais aussi ses soucis caritatifs au bénéfice des soldats. Certes, le moindre "incident" touchant à l'ego de tel ou tel est souvent monté en épingle, mais cela aussi fait partie de la réalité quotidienne pour ces familles, du côté russe comme du côté allemand ; et l'on assiste aussi aux conversations discrètes en dehors des sièges officiels de l'autorité pour nouer des alliances ou pour calmer des inquiétudes, politiques, diplomatiques, économiques et financières, et ou l'on suit de curieux processus décisionnels : "De chez (l'amiral) Abaza, les télégrammes (chiffrés) vont chez l'empereur d'où, après un certain laps de temps, ils sont retournés à Abaza par lequel ils sont censurés et seulement après cette opération transmis à l'état-major de la marine". Le baron von Knorring reste d'une grande lucidité (à plusieurs reprises à propos de la poliique russe en Finlande) et ne s'illusionne pas au sujet de la plupart des dirigeants influents : "Je trouve la grand-duc Alexis qui est très gai, comme si de rien n'était, et c'est pourtant grâce à son incurie que notre flotte est dans l'état pitoyable où elle se trouve". Il fait également le récit, par témoins interposés, de l'interminable croisière vers l'Extrême-Orient de la flotte russe du Pacifique (débuts de révoltes, attitudes des Français et des Britanniques, etc.), jusqu'au désastre de Tsushima. De même, on assiste, de loin d'abord, à la révolution de 1905, aux propositions de réformes institutionnelles, à leur proclamation puis à leur ... non application et à la dissolution de la Douma.

En résumé, un tableau passionnant de la haute société russe au début du XXe siècle, qui rencontre ponctuellement la famille impériale sans faire partie du premier cercle de la Cour, qui est "aux affaires" tout en pouvant se permettre une luxueuse vie privée, qui assiste à un lent naufrage, en a en quelque sorte conscience mais s'illusionne sur la capacité de résistance du système, qui s'inquiète de l'éventuel mariage de telle ou telle princesse mais ignore à peu près tout des conditions d'existence de l'immense majorité de la population. La solide réputation des éditions des Syrtes concernant les ouvrages sur le "monde russe" ne peut qu'être confirmée par cette belle publication. Une lectue indispensable pour quiconque s'intéresse aux dernières (difficiles) années de l'empire des tsars.

Editions des Syrtes, Paris, 2016, 273 pages, 20,- euros.

ISBN : 978-2-940523-36-8.

Diplomatie et vie politique russes

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19 janvier 2016 2 19 /01 /janvier /2016 06:00

Koutiepov

Le combat d'un général blanc : de la Russie à l'exil

Nicolas Ross

Auteur de plusieurs ouvrages sur la période révolutionnaire en Russie et la guerre civile, Nicolas Ross publie aujourd'hui une intéressante histoire du général Koutiepov qui fut, à partir de 1917, très étroitement associé à toutes les actions entreprises par les Blancs contre les Bolcheviques, d'abord dans le cadre de la guerre civile russe, puis à partir de ses lieux d'exil.

Les deux premiers chapitres posent le cadre général de l'action et rappelle ce que fut la carrière, en particulier durant la Grande Guerre de celui qui n'est encore que colonel en 1917. Les qualités de Koutiepov, sa détermination, son sens tactique y sont en particulier mis en valeur. Puis l'ouvrage se concentre sur la période 1920-1930. Celui qui a été nommé au plus haut grade de la hiérarchie militaire russe par le général Wrangel commence son exil avec ses troupes repliées de Crimée sur la péninsule de Gallipoli, où le dénuement est à peu près complet et où il faut déployer des trésors d'imagination pour organiser la vie, l'alimentation, la santé, la formation des futurs cadres, maintenir la discipline, etc. Peu à peu, les détachements, "régiments", écoles militaires sont transférés vers la Bulgarie ou la Serbie-Yougoslavie. Surnommé "le général de fer" (sa détermination confine souvent à la rudesse, voire à la cruauté, lors des combats de Crimée par exemple), il acquiert une place exceptionnelle dans le dispositif russe blanc en exil : "Koutiepov incarnait l'armée russe à l'étranger tout court ... Il était l'incarnation et le symbole de l'armée. Et c'est en cette qualité qu'il est devenu une figure centrale de l'émigration russe". Certes monarchiste, mais russe avant tout, il entre progressivement dans l'action clandestine, sans cesser pour autant d'agir en faveur de ses anciens soldats, désormais regroupés en "associations". Ces chapitres ("Dans les Balkans" en particulier) sont l'occasion de passionnantes pages sur la place que tiennent ces anciens soldats de l'armée impériale russe dans la vie de la Bulgarie du début des années 1920. Tout le "petit" et le "grand" peuple de la communuauté russe en exil passe successivement devant nous, à l'occasion des déplacements de Koutiepov et des réunions auxquelles il participe dans les différentes villes européennes où les uns et les autres se sont repliés, y compris le grand-duc Nicolas Nokolaïevitch (entre Antibes et le château de Choigny près de Paris). C'est à cette époque (mi-1924), qu'il se lance dans l'action secrète et clandestine. Après avoir présenté les deux grandes associations militaires (l'Union des Anciens de Gallipoli et surtout l'Union générale des combattants russes), qui jouent un rôle essentiel au sein de l'émigration, l'auteur s'intéresse de près aux missions de renseignement et contre-révolutionnaires poursuivies sur le sol même de l'URSS naissante pendant les années 1920. Le portrait du général Koutiepov devient moins net, on se demande parfois dans quelle mesure il ne fait pas preuve d'une confondante naïveté devant les actions des services soviétiques, et à tout le moins on reste parfois étonné face à certains choix alors qu'il sait parfaitement que ses interlocuteurs ou correspondants sont des agents de l'OGPU. Entre vrais et faux traitres, et même si certains événements relatés relèvent davantage de l'anecdote d'une part et si le caractère très contestable de certaines sources en rend l'analyse critique délicate d'autre part, on est impressionné par le nombre d'actions conduites (et parfois l'ambition de certaines d'entre elles) sur le sol même de la Russie jusqu'à une date très avancée. Les deux derniers chapitres sont consacrés à la mystérieuse disparition de Koutiepov en plein Paris aux premiers jours de 1930 et aux hypothèses envisagées lors de l'enquête et depuis. Son corps ne sera pas retrouvé, mais les agents doubles (voire triples) sont nombreux. Nicolas Ross envisage les différentes pistes, cependant l'action des services de renseignements d'URSS semble difficile à exclure.

En résumé, une vie qui tient du roman, mais du roman vrai, sur fond de survivance de l'armée impériale en exil, de lutte contre le bolchevisme et d'actions troubles des services spéciaux. Un sujet original et passionnant, même si la partie finale devra nécessairement être croisée avec d'autres analyses.

Editions des Syrtes, Paris, 2016, 333 pages, 23,- euros.

ISBN : 978-2-940523-38-2.

Russe blanc

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21 novembre 2015 6 21 /11 /novembre /2015 06:00

Raspoutine

1863-1916

Général Alexandre Spiridovitch

Qui était Raspoutine ? Entre rumeurs, contre-vérités, fantasmes, ce trouble personnage fait planer une ombre assez nauséabonde sur une grande partie du règne de Nicolas II. Cette biographie, publiée pour la première fois en France chez Payot en 1935, a la prétention de nous en donner l'image la plus authentique, sur la base des innombrables rapports de police le concernant et des souvenirs personnels de l'auteur.

L'auteur, le général Spiridovitch, fut chef de la sécurité personnelle secrète du dernier tsar pendant plus de dix ans, et recevait alors "communication de tous les renseignements recueillis par le département de la police et par l'Okhrana". Son propos est donc à prendre avec précaution, mais il est indiscutablement un témoin de premier ordre. Vivant dans l'intimité de la famille impériale et des palais, au courant de tous les événements et de tous les mouvements, il est donc sans doute à la meilleure place pour retracer le parcours du moujik, le "starets" qui sut si bien placer sous son influence l'impératrice.

En 26 chapitres de dix à vingt pages, la vie de Raspoutine est donc retracée de sa naissance en Sibérie en 1863, dans une famille de petits paysans, relativement aisés sans être riches, aux conséquences de son assassinat en décembre 1916, en particulier la description des grandes manifestations de joie qui s'expriment dès l'annonce du décès. Le guérisseur commence à approcher la famille impériale en 1906 par l'intermédiaire des princesses monténégrines et d'une demoiselle d'honneur de l'impératrice, est progressivement reçu dans un grand nombre de palais prestigieux, souvent par l'intermédiaire des femmes, et gagne la confiance du couple impérial en jouant sur la maladie du tsarévitch : "En 1907, la faveur dont jouissait Raspoutine auprès de Leurs Majestés augmenta dans d'immenses proportions, après qu'elles eurent été témoins de l'influence bienfaisante qu'exerçait le starets sur la santé de l'héritier du trône, influence qu'elles attribuèrent à la puissance de ses prières". Le livre raconte ensuite, avec de très nombreux détails, la vie de Raspoutine parmi la haute société impériale, avec ses excès, sa vulgarité ; les anecdotes se multiplient, à Saint-Pétersbourg comme en province, bénéficiant de l'appui de hauts personnages, jouant contre le gouvernement, s'appuyant sur les uns pour dénigrer les autres. Celui que certains appellent désormais "le paysan du diable" pose un vrai problème à l'église orthodoxe, dont des membres éminents se déchirent sur son nom. Les scandales passent désormais sur la place publique, la presse pourtant très surveillée s'en fait l'écho et "dans la société russe commençait à se répandre l'ignoble et monstrueuse calomnie des rapports intimes entre Raspoutine et l'impératrice". Les conflits se terminent par la défaite des ennemis de Raspoutine et des ministres : le guérisseur est plus que jamais présent auprès de l'impératrice et il accompagne la famille impériale dans ses déplacements. Pendant la Grande Guerre, Raspoutine est de plus en plus entouré par les spéculateurs et les financiers qui tirent directement profit du conflit, multiplie les recommandations pour des personnages peu scrupuleux, négocie son appui, finalement se compromet davantage encore. Mais dans le même temps, il est lui-même manipulé "par ceux qui menaient campagne contre le gouvernement et contre le trône", et la main des agents allemands, dit-on, n'est jamais bien loin. Désormais surveillé en permanence par les agents du ministère de l'Intérieur, il finit par n'être plus qu'un jouet balloté entre ses vanités personnelles et les clans en lutte autour du pouvoir. Au début de l'année 1916, les beuveries et les scandales se succèdent, mais cela ne l'empêche pas de manoeuvrer en coulisses pour faire nommer Sturmer Premier ministre et dans cet environnement délétère les projets d'assassinat commencent à émerger. On reste assez étonné de l'importance prise par le personnage au plus haut niveau de l'Etat, du temps et de l'énergie que tous (pour ou contre) lui consacrent alors que le pays est en guerre. Le complot final atteint Raspoutine, fréquemment présenté comme un agent de l'Allemagne, alors qu'il est au sommet de son influence, et sa disparition marque durablement la famille impériale.

Dans son livre-témoignage, le général Spiridovitch parle autant de Raspoutine que du tsar et de l'impératrice, qu'il s'efforce de défendre à tous crins en les présentant comme victimes d'un environnement hostile. Trois mois plus tard, la révolution emportait Nicolas II, quelques semaines plus tard, le corps du starets était exhumé et brûlé, et cependant : "Malgré tout le mal qu'il a fait à sa patrie, Raspoutine est moins coupable devant la Russie que les représentants des milieux instruits de toutes les classes de la population qui lui ont ménagé l'accès auprès du trône et qui l'ont exploité dans des buts égoïstes. Ce sont leurs manoeuvres qui ont eu pour résultat que le tsar et la tsarine se sont sincèrement engoués de Raspoutine, en qui ils voyaient un représentant du vrai peuple, un homme envoyé de Dieu pour le bien de leur famille et de la Russie". Etonnant. 

Editions des Syrtes, Paris, 2015, 454 pages, 24,- euros.

ISBN : 9782940523320

Guérisseur ou imposteur ?

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8 novembre 2015 7 08 /11 /novembre /2015 07:00

Policier de Staline

Pierre Deriabine

Après J'étais l'agent de Staline, paru en début d'année (ici), voici un nouveau volume chez Nouveau Monde pour présenter un "défectionnaire" de l'appareil répressif et de renseignement soviétique. Ce transfuge de février 1954, qui occupe alors une position éminente à Vienne, ville à l'époque divisée comme Berlin en quatre secteurs d'occupation, ouvre une nouvelle ère : "la défection est depuis Deriabine le talon d'Achille du colosse soviétique".

L'ouvrage retrace en fait la vie et la carrière de Pierre Deriabine, de sa prime jeunesse aux lendemains de la révolution et de la guerre civile dans sa province sibérienne, à son passage à l'Ouest via la "kommandatura" américaine. Jeune militant motivé, efficace et remarqué pendant l'entre-deux-guerres, il commence la Seconde guerre mondiale dans un régiment d'infanterie, accède aux épaulettes d'officier et agit dans le domaine de la propagande politique avant de devenir commissaire politique en titre. En 1941, il passe du komsomol au PCUS, est blessé par un éclat de mine, rejoint après sa convalescence une compagnie de mortiers, arrive à l'usine Octobre-rouge de Stalingrad en novembre 1942 : "Dans ce bain de sang, le rôle de l'officier politique est d'autant plus difficile à tenir que les officiers de carrière reprennent, rue par rue, ruine par ruine, une importance qu'ils n'ont pas eue depuis la révolution". Deriabine devient officier de liaison, passe capitaine, poursuit sa progression. A nouveau blessé, à l'épaule, en Ukraine, il l'est encore à deux reprises pendant la marche sur Odessa, il entre ensuite à l'école de contre-espionnage militaire à Moscou, dont il sort diplômé parmi les premiers : "Jeune, dur, intelligent, muni d'un excellent pedigree politique, Deriabine est le genre de recrue qui correspond aux critères sélectifs de la Sécurité d'Etat". Après la présentation de la Tchéka et des cours de formation, retour à la carrière de Deriabine, qui devient agent de terrain dans sa province d'origine. Nous avons alors la description du quotidien (bien peu enthousiasmant en réalité) d'un "inspecteur" de la Tchéka en province : "Avec un zèle de missionnaires et une précision d'employés de banque, les inspecteurs politiques mettent en marche des affaires qu'ils ne peuvent plus arrêter, instruisent des cas (100 pages minimum au dossier) qu'il ne leur appartient pas de traiter, et sont jugés eux-mêmes sur le nombre de dossiers produits et non sur la gravité des affaires, qui est hors de leur compétence. Ils font marcher la machine contre la population mais aussi avec son aide la plus effective et la plus dévouée : 8% de la population soviétique exerce ou a exercé le métier d'indicateur". Tous les dessous, parfois bien mesquins ou minables, de cette activité sont décrits au fil des pages, Deriabine franchissant les différents niveaux hiérarchiques jusqu'à appartenir au Directorate de la garde du Kremlin. Nous découvrons alors le KGB, sa toute-puissance que résume une formule : "La population de l'URSS se divise en trois, ceux qui ont été en prison, ceux qui y sont et ceux qui attendent d'y aller". Cette partie du livre abandonne assez régulièrement la carrière de Deriabine pour évoquer de façon plus large le rôle des services de répression dans l'URSS des années 1940-1950, l'organisation et le fonctionnement de la "Garde", le héros du livres apparaissant ponctuellement lorsque ses activités correspondent aux activités décrites. Après la mort de Staline et la chute de Beria, affecté au bureau des renseignements étrangers, pour s'occuper des "Affaires austro-allemandes". Quelques cas mémorables dans cette Allemagne occupée de 1951-1952, où les services spéciaux s'en donnent visiblement à leur aise, sont évoqués, exemples d'enlèvement avec disparition totale de l'opposant, d'intoxication de l'Ouest avec un agent double ou de pressions sur un dirigeant est-européen : "Chaque fois que la Sécurité d'Etat recueille le plus petit renseignement défavorable sur un chef de pays satellite, elle l'ajoute à son dossier, pour le cas où il lui faudrait un jour commencer à élaborer une accusation en règle". Désormais en poste à Vienne, Deriabine commence à penser à son propre passage à l'Ouest, dans une atmosphère délétère au sein de ses propres services : "Les mauvais jours, Deriabine est inquiet. Les bons jours, il est écoeuré. Sa vie toute entière s'exprime en rapports de force, en trafic d'influence". Il met plus d'un an à franchir intellectuellement le pas, à organiser son départ. Effectif, donc, en février 1954.

Un livre qui ne se limite pas à une biographie, mais décrit très largement l'organisation, le fonctionnement et les méthodes des services de sécurité et de répression soviétiques. Le caractère strictement authentique de tous les éléments de la biographie n'est peut-être pas avéré (fort peu de références finalement), certains paragraphes laissent dubitatifs (la présentation de l'éviction de Joukov par exemple), mais l'ouvrage dans son ensemble présente un indiscutable intérêt pour notre connaissance d'ensemble de cette réalité majeure du système soviétique. 

Nouveau Monde éditions, Paris, 2015, 270 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-36942-284-6.

Défection majeure

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28 octobre 2015 3 28 /10 /octobre /2015 06:00

La France et l'Europe centrale

Médiateurs et médiations

Antoine Marès (Dir.)

Du XVIe siècle au XXe, ce bel ouvrage scientifique nous entraîne sur les pas de ces hommes qui servirent de "pont" entre la Pologne, les pays tchécoslovaques et la Hongrie d'une part, la France d'autre part. Une relation aussi affective que politique, intellectuelle que parfois militaire. Une relation parfois ambigüe, parfois conflictuelle, rarement linéaire finalement, mais fondamentale aujourd'hui encore pour l'Europe.

L'ouvrage est divisé en trois grandes parties ("Figures de médiateurs", "Portraits de groupes", "Diversité des médiations") qui regroupent les vingt-trois contributions. Dans la grande diversité des sujets abordés, nous retiendrons particulièrement pour la première partie les textes sur Raoul Chélard au début du XXe siècle et durant l'entre-deux-guerres entre la France et la Hongrie (par Balazs Ablonczy), celui sur Milan Rastilav Stefanik entre la France et la Slovaquie avant et pendant la Première Guerre mondiale (par Michal Ksinan), celui sur Bronislav Geremek entre la France et la Pologne dans les années 1960-1980 (par Maria Pastor). Dans la seconde partie, notre intérêt a surtout été stimulé par "La contribution des exilés polonais en France à la naissance de l'intérêt français pour les questions nationales dans les années 1830-1860" (Leszek Kuk), "Les médiateurs de la Pologne en France pendant la Première Guerre mondiale" (Tomasz Schramm), et "Les projets fédéralistes comme médiation en Europe centrale après Trianon. D'Oszkar Jaszi à Elener Hantos" (Catherine Horel). Dans la troisième enfin, notons "Entre histoire et littérature : interactions et figures de l'imaginaire. Quelques visions de la Pologne chez les romanciers français du XVIIIe s." (Marek Tomaszewski), et "Témoignage sur l'écho de l'école des Annales à Prague dans les années 1960-1970" (Eduard Maur).

Un volume dense, des textes toujours référencés, des contributions solidement argumentées : une qualité constante, une grande richesse d'information, quel que soit votre domaine particulier d'intérêt.

Institut d'études slaves, Paris, 2015.
ISBN : 978-2-7204-0538-9.

Pour commander directement auprès de l'Institut : ici.

Europe centrale et médiane

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25 septembre 2015 5 25 /09 /septembre /2015 06:00

Ukraine

Pourquoi la France s'est trompée

Xavier Moreau

Défini par Thierry Mariani (député) dans sa préface comme "un acte de réinformation" et plus pragmatiquement par son auteur comme un effort pour "comprendre comment les spécialistes et les diplomates français ont pu à la fois méconnaître à ce point la réalité historique et humaine de l'Ukraine et comment ils ont pu tromper à ce point les décideurs français", le livre est très engagé en faveur de la thèse russe, ou plus exactement contre les défenseurs occidentaux du gouvernement ukrainien. Pour être complet, il faut préciser que l'auteur est installé depuis quinze ans à Moscou "comme conseiller de différents groupes internationaux dans les pays de l'ancienne URSS".

Le livre est divisé en six chapitres chrono-thématiques qui retracent l'évolution de la situation dans le pays. "Aux origines du conflit", qu'il  fait remonter au haut Moyen-âge et au XVIIIe s. avec la "création" théorique d'un peuple ukrainien différent du peuple russe, arguments repris ensuite par tous ceux qui auront intérêt à abaisser la Russie. "La marche au conflit" revient sur la période qui s'étend de l'indépendance en 1991 à la "révolution orange" et aux soubresauts qui agitent le pays durant les premières années 2000, y compris dans le projet d'accord-association avec l'Union européenne. "Le désastre" (politique, militaire, économique), qui caractériserait les derniers mois, avec la "rupture de l'ordre constitutionnel" et l'émergence d'une extrême droite radicale (Svoboda), finalement balayée lors des législatives de 2014. Les Etats-Unis sont purement et simplement accusés d'avoir fomenté le coup d'Etat, suivis par les Européens : "Il est bien évident que Washington, bien qu'à l'origine du coup d'Etat et de la guerre civile, l'entend de cette manière. Les Etats-Unis apportent la démocratie et l'Union européenne paie les surcoûts liés au projet". "La guerre civile" fait la part belle au processus de rattachement de la Crimée à la Russie en remontant jusqu'à 1992, puis, bien sûr, à la question des régions orientales avec les accusations de corruption et d'abus de biens publics par l'oligarchie au pouvoir. "La France, la Russie et l'Ukraine" ("La France n'a pas plus d'intérêt en Ukraine en 2014 qu'elle n'en avait en Crimée en 1853") reproche à Paris une approche idéologique, "avant tout romantique et inconsistante du problème ukrainien", et met en cause "une certaine frange de la gauche radicale, s'appuyant sur les réseaux maçonniques" (sic !). Le verdict est sans concession : "En juin 2014, il est devenu clair pour nos partenaires américains que le gouvernement socialiste préfèrera sacrifier n'importe quel intérêt français que de s'opposer, même indirectement, à l'administration américaine". La dernière partie, "Les conséquences politiques de la paix de Minsk", veut démontrer que les sanctions économiques coûtent plus cher à l'Europe qu'elles ne nuisent à la Russie et explique que, de toute façon, l'Ukraine est désormais un Etat en décomposition au sein duquel chaque nationalité se préoccupe de ses propres intérêts. Les élites françaises se seraient soumise à "la tutelle de Washington et à la fin de l'Histoire"... "La Russie a, en outre, l'immense défaut de rappeler aux Français qu'ils sont les héritiers d'une grande Nation", ou d'une ancienne grande nation.

On le voit, un ouvrage militant, qui parfois mélange les périodes, les exemples et les arguments. Un ouvrage à considérer pour ce qu'il est, mais à ne pas négliger car il exprime une voix différente dans la grande mièvrerie des médias nationaux. 

Editions du Rocher, Monaco, 2015, 185 pages. 18,90 euros.

ISBN : 978-2-26807-638-6.

Pour la Russie

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14 juillet 2015 2 14 /07 /juillet /2015 06:00

Pierre le Grand

Le premier empereur de toutes les Russies

Francine-Dominique Liechtenhan

Voici un portrait très contrasté du tsar Pierre le Grand (ainsi qu'il se nommera lui-même), contemporain de l’empereur romain germanique Léopold Ier, de Guillaume III roi d’Angleterre et stathouder de Hollande, de Charles XII en Suède, de Louis XIV en France : une période exceptionnelle de l'histoire de l'Europe.

Cette biographie très complète revient sur tous les aspects du personnage, et à travers la description de ses faits, ses gestes, ses décisions, sur sa personnalité complexe, torturée sans aucun doute. Confronté dès sa jeunesse aux drames familiaux et aux violences des premiers âges de la dynastie des Romanov, il alterne les phases d’exaltation et de déprime, les gestes forts pour le développement de la Russie et son intégration à l’Europe mais aussi les actes les plus graves de torture et de répression. Si une certaine « légende noire » (à bien des égards avérée) a retenu sa propension à l’abus d’alcool et son goût pour les plaisirs de la chair sans réelle limite (y compris avec son favori), il faut aussi savoir y ajouter la fondation de l’académie russe des Sciences et l’appel à de nombreux savants et techniciens venus de l’Ouest, mesures qui favoriseront la création d’un Etat moderne. Il visite à plusieurs reprises l’Europe occidentale, jouant des alliances entre la Prusse, l’Autriche, la Hollande et la France et cherchant à établir une sorte de zone d'influence russe sur la Pologne alors encore puissante ; fonde Saint-Pétersbourg, ouverte sur la mer, pour que sa capitale dispose d'un accès direct sur le monde ; multiplie les mesures pour briser le carcan très traditionnaliste de l'église orthodoxe, s'appuie sur l'armée (tout en renforçant la marine) et n'hésite pas à lancer de nouvelles campagnes pour accroître son empire, mais choque aussi ses pairs et les grands par sa relation (puis son mariage) avec une roturière du plus bas niveau, une relation d'ailleurs un brin "sado-maso". Paradoxes permanents : en dépit de ses crimes et de ses turpitudes, "il fut un mari et un père aimant, soucieux de légitimer ses enfants et d'assurer l'avenir de son épouse". De l'intégration des provinces (Etats) baltes à de quasi-déportations massives pour avoir un nombre suffisant d'ouvriers travaillant à la construction de sa nouvelle capitale (on parle de 200.000 victimes) ; de son goût pour le déguisement y compris lors des séjours à l'étranger dès son premier séjour à l'Ouest à sa présence plus ou moins incognito dans les lieux les plus improbables ; de la mise au pas de la noblesse à l'usage systématique des pots de vin pour s'attacher des fidélités internationales : un portrait contrasté pour un souverain qui ne le fut pas moins, qui parviendra généralement à ses objectifs sans manifester le moindre respect ou le moindre égard pour ses sujets ou ses interlocuteurs, et sans doute le moindre remord...

Une biographie durant la lecture de laquelle on retient son souffle, presque un roman tant le personnage est exceptionnel. 

Tallandier, Paris, 2015, 685 pages. 27,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0713-0.

Le premier (très) grand tsar

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7 juillet 2015 2 07 /07 /juillet /2015 06:00

Sur les traces des Cosaques

Francis Moncaubeig

Attaché militaire pendant de longues années en Russie, en Ukraine et en Transcaucasie, Francis Moncaubeig s'est pris de passion pour l'histoire militaire russe et en particulier celle très particulière des communautés cosaques. Dans cet ouvrage de synthèse destiné au grand public, il nous propose pour la première fois dans la période récente en français une présentation d'ensemble de ces "soldats paysans".

Le livre est construit de façon très méthodique, presque pédagogique. A partir d'une présentation du cadre espace-temps, qui permet de resituer ces populations dans leur environnement, Francis Moncaubeig évoque les "Généralités et traits communs des différents groupes de Cosaques", puis les aborde par zones géographiques successives : ceux de Sibérie, de Russie centrale, du Caucase et d'Ukraine. Leur origine est souvent assez obscure, mais dès le XIIIe siècle leurs troupes participent à la défense des terres des princes de Kiev, se heurtent aux khanats tatars et deviennent au fil des siècles, aux marches de l'empire, les meilleurs défenseurs des tsars et de la religion orthodoxe ; leurs régiments se distinguant dans tous les conflits qui agitèrent l'histoire russe. Les pages consacrées aux différentes communautés sont tout à fait intéressantes, qu'il s'agisse des communautés les plus connues (Don, Volga, etc.), ou de celles plus éloignées dont la "grande" histoire n'a pas toujours retenu le nom (Transbaïkalie, Amour, Oussouri, etc.). Après s'être intéressé en une petite vingtaine de pages au renouveau des Cosaques depuis 1990, l'auteur nous présente une trentaine de portraits de chefs cosaques prestigieux, dont certains jouèrent un rôle important dans l'une ou l'autre des guerres mondiales (Kornilov, Krasnov, etc.). Trois annexes complètent bien le volume, dont une intéressante bibliographie des oeuvres litttéraires consacrées aux Cosaques et une utile chronologie.

Un livre sans prétention scientifique, basé sur une abondante documentation imprimée et de très nombreux entretiens et dont les quelques notes de bas de page permettent surtout de mieux comprendre quelques termes particuliers. Visiblement, un livre de passion, qui permet de mieux connaître ces "guerriers libres", qui se lit avec aisance et que l'on quitte à regret. Un livre d'autant plus utile que la documentation récente en français est peu importante, ... et qui donnera peut-être l'idée d'une publication plus ample.

Anovi, Chinon, 2015, 215 pages, 17,- euros.

ISBN : 978-2-914818-65-0.

Hourra !

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2 juillet 2015 4 02 /07 /juillet /2015 06:40

Russie - Occident

Une guerre de mille ans

Guy Mettan

Un ouvrage sur un thème historique analysé dans le temps long, par un journaliste suisse. A partir de quelques expériences professionnelles et personnelles, Guy Mettan se demande en effet pourquoi (et comment) une hostilité telle que celle qui se manifeste à l'égard de la Russie aux Etats-Unis et en Europe occidentale peut être possible.

Son propos est direct, le texte est vif, le style sans fioriture. S'il affirme vouloir écrire un ouvrage qui ne soit ni "pour", ni "contre", mais aussi objectif que possible, force est de reconnaître qu'il prend plus facilement position en faveur de la Russie que de ses interlocuteurs internationaux, et que ses arguments tiennent parfois du sophisme (si l'on a fait ceci ou pas fait cela à telle ou telle époque, pourquoi l'a-t-on fait récemment ?). Et de rappeler en exergue du premier chapitre cette plaisenterie russe : Savez-vous ce qui, en Occident, distingue les kremlinologues des sinologues ? Les sinologues aiment la Chine, tandis que les kremlinologues détestent la Russie". Mais ceci étant dit, la lecture est presque "rafraîchissante" dans le discours général actuel des médias, et nombre d'exemples donnés laissent pensifs. La première partie ("La force d'un préjugé") s'intéresse à certaines manifestations récentes de la russophobie dénoncée par l'auteur à l'occasion des événements de Tchétchénie, d'Ossétie, des JO de Sotchi, ou de l'Ukraine en 2014, puis la seconde ("Petite généalogie de la russophobie") tente d'en établir l'arbre généalogique depuis le Moyen-Âge. Elle en aborde surtout les différentes facettes nationales (en France, en Grande-Bretagne, en Allemagne, aux Etats-Unis), en référence avec les tropismes (réels ou supposés) de chaque nation concernée, et l'on n'adhère pas toujours aux exemples historiques donnés, surtout parmi les plus anciens. Enfin, la troisième partie ("La russophobie, mode d'emploi"), assez originale et bien vue sous la plume d'un journaliste, s'efforce de démontrer que le choix du vocabulaire n'est jamais innocent : "Dans la couverture du conflit ukrainien, citer des 'rebelles séparatistes du Donbass' n'a pas du tout la même signification que de faire parler des 'résistants anti-ukrainiens'. De même que 'l'annexion de la Crimée par la Russie' n'a pas la même connotation que 'le retour de la Crimée au sein de la mère-patrie russe'. Il s'agit pourtant des mêmes hommes et d'une même réalité". On notera également l'argument cité à plusieurs reprises selon lequel l'Occident s'est tout-à-fait satisfait de la partition entre Tchéquie et Slovaquie, puis de l'implosion yougoslave, enfin de la création de l'Etat du Kosovo : alors, pourquoi un traitement différent pour l'Ukraine orientale ? Autre thème évoqué à plusieurs reprises : pourquoi la Russie devrait-elle accepter sans rien dire que l'OTAN s'installe directement sur ses frontières, contrairement aux accords pris à la fin du XXe siècle ? Enfin, la partie consacrée aux "Mots et à la grammaire de la novlangue antirusse" est d'autant plus intéressante qu'elle rappelle nombre de discours et reportages...

Outre la thèse défendue par l'auteur, l'ouvrage finalement nous invite (paradoxalement) à mettre un bémol sur la confiance que nous pouvons accorder aux médias, et l'on pourrait prendre en conclusion cette citation de Soljenitsyne, évoquée dès la première page : "La société occidentale éclairée d'aujourd'hui (c'est elle qui fait la loi) n'est au vrai que bien peu tolérante, surtout quand on la met en cause ; elle est toute entière coulée dans un moule rigide d'idées conventionnelles. Certes, pour combattre les contradicteurs, elle ne joue pas du gourdin, mais elle use de la calomnie, et, pour les étouffer, de son pouvoir financier. Essayez donc de vous frayer un chemin à travers les entrelacs des préjugés et des affirmations tendancieuses dans quelque brillant journal d'audience nationale !". Tiens, j'en parlais justement à Athènes... Un discours différent de celui généralement promu et en vogue : on aime bien.

Editions des Syrtes, Genève, 2015, 482 pages, 20,- euros.
ISBN : 978-2-9405-2318-4.

Haine de la Russie ?

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14 juin 2015 7 14 /06 /juin /2015 06:00

Le grand échiquier de Poutine

Olivier d'Auzon

Les éditions Lavauzelle poursuivent leur politique d'édition d'ouvrages originaux traitant de l'actualité la plus immédiate et des questions géopolitiques les plus chaudes. Cet effort, qui permet de faire progresser la compréhension des phénomènes en cours, mérite d'être souligné, sans se laisser emporter par des conclusions nécessairement partielles, du fait du manque de recul et de documents.

Dans ce nouvel opus, Olivier d'Auzon (déjà auteur dans la même collection d'un L'Inde face à son destinici, et de Piraterie maritime : l'Afrique à l'abordageici) nous propose de retrouver une approche réaliste de la politique internationale à l'égard de la Russie, qui (sans illusion) prenne effectivement en compte le poids réel de ce pays dans le jeu diplomatique. Comme pour ses précédents ouvrages, il multiplie les citations de communiqués et articles de presse de ces dernières années, donnant d'ailleurs la parole à des personnalités que l'on entend parfois peu sur ces thèmes dans les grands médias. A partir de là, il aborde tous les grands sujets, de la queston de l'Ukraine à celle des rapports avec la Chine, des relations avec les Etats européens à la concurrence avec les Etats-Unis, de la question de l'islamisme à l'alliance plus ou moins officielle avec certains pays arabes ou musulmans. Au fil des pages, il traite de l'efficacité (avérée mais relative) des sanctions économiques ; des accords de Minsk ; de la question énergétique et de celle connexe des gazoducs trans-continentaux ; du sujet sensible de l'Asie centrale et des conversations sur ce thème avec la Chine et l'Inde (un rapprochement en cours ?) ; de l'analyse faite par le Kremlin de l'évolution de pays arabes aussi différents que la Syrie ou la Libye ; plus original un chapitre est même consacré aux relations entre la Russie et le Vatican.

On le voit, il s'agit bien d'un vaste panorama, qui se termine sur une bibliographie en grande partie anglo-saxonne et une assez longue liste d'articles de presse. Non pas une étude de synthèse au sens propre (on peut regretter quelques aller-retour ératiques dans la chronologie) car l'on perçoit parfois mal la cohérence d'ensemble, mais un point de situation assez complet, une série de coups de projecteur qui, dans le tourbillon de l'actualité, permet au moins de fixer quelques idées et quelques pistes (globalement favorables à un rapprochement réaliste).

Lavauzelle, Panazol, 2015, 117 pages; 19,80 euros.

ISBN : 978-2-7025-1627-0.

Le nouveau tsar

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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