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27 février 2014 4 27 /02 /février /2014 06:25

Ils y ont cru

Une histoire intime de l'Italie de Mussolini

Christopher Duggan

Il n'y aurait donc pas que l'effet de la propagande dans les manifestations populaires qui entourent le Duce jusque dans les derniers mois de son exercice du pouvoir ?

Dans une prudente introduction, Christopher Duggan prend soin de poser les limites de son étude, celles des archives privées et autres journaux personnels, et d'éviter toute possibilité de récupération politique. Il constate aussi que les courriers adressés au Duce (environ 1.500 lettres par jour dans les années 1930) proviennent de toutes les couches de la société et de toutes les régions d'Italie. Il observe enfin que "plus les gens souffraient, plus ils avaient tendance à se tourner vers Mussolini pour retrouver espoir" et qu'il faut "attendre la seconde moitié de 1942, quand la perspecvtive du désastre est impossible à nier, pour que l'attrait magique de Mussolini commence à diminuer sérieusement" et souligne qu'il faut distinguer entre la personne du Duce et l'administration ou le parti.

Le corps du livre est organisé en chapitres chrono-thématiques, des "Fruits de la victoire, 1919-1920"au "Dernier acte", avec la chute de Mussolini en 1943 et deux années de quasi-guerre civile. La montée vers le pouvoir, la législation intérieure, les réactions après les tentatives d'assassinat, le rapport à l'Eglise catholique romaine, la colonisation et la campagne d'Ethiopie, l'alliance avec l'Allemagne et l'entrée en guerre, les déboires balkaniques et la guerre en URSS sont successivement abordés. Mais l'auteur ne cache ni le rôle des services de propagande, ni la suppression des partis, ni les lois raciales, thèmes au sujet desquels il note des réactions beaucoup plus froides et identifie les moments de désamour progressif, jusqu'à la rupture.

Une autre vision de l'Italie fasciste, de l'intérieur, grâce à l'exploitation de milliers de documents privés. Documents qui ne constituent pas en eux-mêmes une nouvelle vérité, mais qui relativisent nombre d'affirmations extérieures, et ultérieures.

Flammarion, Paris, 2013, 489 pages, 28 euros.
ISBN : 978-2-0812-2835-1.

Une adhésion populaire

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20 février 2014 4 20 /02 /février /2014 06:30

L'Italie, le fascisme et l'Etat

Continuités et paradoxes

Sabino Cassese

Dans ce petit volume, l'un des plus grands juristes italiens s'interroge sur la réalité d'un Etat spécifiquement "fasciste", fondamentalement de nos structures démocratiques.

En deux grandes parties ("Quel type d'Etat fut l'Etat fasciste ?" et "Le corporatisme fasciste et la première crise de l'Etat"), Sabino Cassese analyse donc les caractéristiques du système politique, administratif et social italien de l'époque, mais aussi les différents acteurs qui interagissent (la société civile, la presse, les associations, etc.), puis s'intéresse au phénomène particulier du corporatisme, son organisation, ses faiblesses par rapport au discours du régime et son action effective. C'est au bilan, nous semble-t-il, une approche très "italienne" du sujet, qui ne donnera pas nécessairement satisfaction de ce côté-ci des Pyrénées, puisque l'auteur en vient à conclure qu'il n'y a pas fondamentalement d'Etat fasciste, Mussolini s'étant généralement appuyé sur des organismes créés antérieurement et certaines de ses réformes lui ayant survécu de longues années. Il consacre en particulier son chapitre 5 à la question (peut-être surprenante) "Un Etat totalitaire ?", notant que 'l'Etat fasciste présente une variété d'éléments contradictoires et tous en opposition avec la présentation courante de l'Etat totalitaire" et soulignant toutes les contradictions institutionnelles et sociales de l'Italie de l'entre-deux-guerres par rapport au discours de propagande. Son étude sur le corporatisme est sans concession (il reprend la formule de Lucien Febvre, "un fatras") et il en relève la grande diversité des origines et des composantes, distinguant entre la rigueur formelle des textes officiels et une "bureaucratie syndicale" (il parle de "fonctionnaire semi-public") qui s'adapte en en jouant aux règles formelles.

Bref, une présentation d'une Italie mussolinienne bien moins monolithique que l'on pourrait le croire : "sa particularité tient dans le fait (qu'elle) a associé un ensemble d'éléments contradictoires, imposant à l'historien deux tâches malaisées : les identifier et étudier la façon dont ils se sont amalgamés, ou ont du moins fonctionné ensemble". Un ouvrage très bien référencé, qui passionnera tous ceux qui s'intéressent à l'évolution politique durant cette période. 

Editions de la rue d'Ulm, Paris, 2014, 170 pages, 22 euros.
ISBN : 978-2-7288-0505-1.

Réalités et ambiguités du fascisme

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19 décembre 2013 4 19 /12 /décembre /2013 06:30

L'Italie par elle-même

Lieux de mémoire italiens de 1848 à nos jours

Mario Isnenghi (Dir.)

Voilà un ouvrage collectif tout à fait original et tout aussi intéressant. Partant du constat de la relative jeunesse de l'unité italienne d'une part et des épreuves traversées par le pays depuis sa constitution sous une forme contemporaine, les contributeurs rassemblés autour de Mario Isnenghi brossent pour nous un tableau extrêmement vivant et contrasté des complexes mémoires italiennes.

Contrairement à ce qu'une lecture trop rapide du titre peut laisser penser ("mea maxima culpa"), les "lieux" au sens géographique du terme ne constituent pas le point nodal du sujet. Seule la première partie ("Milieux") s'y intéresse, en sept chapitres qui nous entrainent de l'identification des différents "pays" italiens à la place de la commune, aux noms des rues, aux lycées, et jusqu'à la mafia et à son histoire dans le pays. La seconde grande partie traite des grands événements qui marquent l'histoire italienne, de la révolution de 1848 à Milan à la Grande Guerre (mais si Caporetto est bien sûr cité, aucun chapitre n'y est consacré ?), puis à la Seconde, avec l'engagement puis la retraite d'une armée italienne sur le front de l'Est, le basculement d'alliance par Badoglio en septembre 1943 et l'arrivée des alliés (et en particulier des Américains) au cours des mois qui suivent. La troisième partie enfin, "Symboles", décrit l'influence ou le souvenir de deux grandes figures bien différentes (Garibaldi et Mussolini), la présence du "mythe" de l'Amérique (en particulier à travers l'immigration) et la place et le rôle des Papes depuis Pie IX et le repli de la souveraineté temporelle des Pontifes sur l'Etat-cité du Vatican. Cette répartition du livre en trois parties aussi différentes s'explique par son origine : l'édition italienne, en 1996-1997, comprenait trois tomes distincts et nous avons ici une sélection des contributions jugées les plus significatives. Au bilan, l'ensemble est néanmoins extrêmement large, très intéressant et permet de mieux approcher les évolutions et les réactions de nos amis transalpins.

Un livre qui passionnera tous les amateurs d'histoire italienne des deux derniers siècles, d'autant qu'il est heureusement complété par une chronologie détaillée (1796-2013).

Editions de la rue d'Ulm, Paris, 2013, 518 pages, 29 euros.

ISBN : 978-2-7288-0502-0

Mémoire(s) italiennes

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9 octobre 2013 3 09 /10 /octobre /2013 06:25

Lucky Vincenzo

Gilbert Spica et Jean-Pierre Vors

Cette recherche d'une histoire familiale par le petit-fils du "héros" du livre est particulièrement intéressante, car elle apporte un éclairage individuel sur certaines opérations de l'armée italienne de 1936 à la fin de la Seconde guerre mondiale. Or, dans la bibliographie en français, de tels textes sont particulièrement peu courants.

Issu d'une famille très pauvre et quasiment analphabète dans le Latium, au pied des Abruzzes, Vincenzo, né en 1909, conte d'abord rapidement son enfance et sa jeunesse, la nécessité de se débrouiller et de travailler (voire de braconner) pour survivre. Puis il  est incorporé pour son service militaire et versé dans l'infanterie, décide finalement de s'engager en 1936 (dans un régiment de la "Régulière" mais pas dans les Chemises noires) et aborde alors en quatre grands chapitres ("Ethiopie, 1936-1937", "Chine, 1937-1939", "Russie, 1942-1943" et "Italie, 1943-1947") sa carrière militaire. Pas d'héroïsme ni d'épopée dans ce récit : Vincenzo cherche d'abord à survivre et se comporte plutôt comme un "embusqué" qui évite le combat lorsqu'il le peut, mais ne cherche pas pour autant à fuir son devoir. Mais au fil des mois et des années, il participe à des opérations de ratissage dans les provinces éthiopiennes, à la défense de la concession italienne de Shanghai au moment de l'attaque japonaise, aux combats, embuscades et escarmouches dans le secteur italien du front de l'Est, dans la région du Don. C'est le regard d'un simple soldat sur les misères de la guerre, sous tous les cieux, mais aussi (comme souvent) la camaraderie et l'amitié, la faim, l'amour, l'évasion, les odeurs, la volonté chevillée au corps de rentrer au pays, entre -40 et + 40 degrés. C'est ce qu'il obtient finalement en 1943, mais lorsque le train qui le ramène entre dans une gare italienne, "les quais étaient étrangement vides ... partout, le même accueil glacial". Son jeune fils ne le reconnait pas : il est parti depuis trop longtemps, et lorsqu'il retrouve enfin le foyer familial, celui-ci manque de tout : "Où étaient passées les distributions de pâtes ? Envolées avec les fascistes ! Plus aucun adepte de Mussolini à Sora, jusque dans les bureaux du parti, désespérément vides". Il voit passer les Allemands descendant vers le sud, puis les Alliés remontant vers le nord, et toujours la misère pour le petit peuple. Alors, "une valise à la main", passant clandestinement par la frontière des Alpes, il rejoint la France en 1947, devient ouvrier, fait venir sa famille l'année suivante, et raconte dans les dernières pages son intégration et celle de ses enfants.

Un discours simple, un témoignage éminemment humain, des détails de la vie quotidienne qui éclairent la réalité vécue au bas de l'échelle pendant quelques grands événements du siècle. 

Editions Baudelaire, Lyon, 2013, 240 pages. 18,50 euros.

ISBN : 979-10-203-0234-2.

Vie, survie et espoir

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8 mai 2013 3 08 /05 /mai /2013 06:55

Histoire de l'Espagne

Des origines à nos jours

Philippe Nourry

Journaliste, déjà auteur de plusieurs ouvrages, dont une biographie de Franco et une de Juan Carlos, Philippe Nourry s’est lancé dans l’ambitieux projet de rédiger une histoire complète de l’Espagne, non pas pour « connaître tous les détails de l’histoire », mais pour « donner à entendre le pourquoi et le comment de ce qui s’est vraiment passé ».

Pour nous présenter cette histoire marquée « par une succession d’accidents historiques qui rompent son évolution », « par des facteurs qui lui étaient le plus souvent étrangers », l’auteur passe assez rapidement sur les époques ibère, romaine, et le royaume goth. Il développe et élargit son propos à partir du Moyen-Âge et s’intéresse longuement au règne à bien des égards fondateur d’Isabelle et Ferdinand, rois Catholiques. Après Charles Quint et Philippe II, c’est le temps du déclin pour la maison d’Autriche, une première guerre de succession d’Espagne et l’avènement d’un Bourbon. Mais le sursaut n’est que provisoire : chassés par Napoléon Ier, les rois légitimes reviennent grâce à l’insurrection populaire et dans les fourgons des Anglais alors que désormais l’empire sud-américain échappe à la métropole. Le XIXe siècle est marqué par les guerres civiles, les coups d’Etat, la cristallisation des oppositions les plus radicales entre monarchistes et révolutionnaires. La guerre perdue contre les Etats-Unis, la dictature, une abdication et la Seconde république. La neutralité sauvegardée pendant les deux guerres mondiales, et entre temps une nouvelle guerre civile et l’intervention internationale, l’arrivée au pouvoir du Caudillo et le développement économique sans réelle liberté politique, la longue agonie de Franco, l’avènement de Juan Carlos et le ralliement de l’immense majorité de la population et de ses élites à la démocratie avant d’être frappée de plein fouet par la crise depuis quelques années et de connaître les affres des menaces sécessionnistes catalane et basque. Ouf ! Quelle histoire, quel parcours !

Et encore ne s’agit-il très rapidement évoqués que des épisodes les plus connus. Qui sait que le comte de Barcelone, prétendant en 1946 au trône d’Espagne, parvint à rallier autour de lui des représentants du Parti socialiste et des syndicats ? Qui se souvient des milliers de morts de la guerre civile des années 1820 ou des massacres des guerres carlistes à la fin du siècle ? Qui connait encore de l’interminable décadence sous le règne de Charles II, « authentique fin de race », au XVIIe siècle ?

Avec ce volume bien écrit, d’une lecture aisée, Philippe Nourry propose au public le plus large une grande et passionnante fresque. Les connaisseurs et les chercheurs complèteront naturellement cet ouvrage par d’autres études plus précises, plus spécialisées, mais tous les amateurs trouveront ici de quoi satisfaire leur curiosité.

Tallandier, Paris 2013, 794 pages. 29,90 euros.

ISBN : 979-10-219-0095-7

Histoire flamboyante et coups de sang

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3 mai 2013 5 03 /05 /mai /2013 07:00

Histoire de l'Italie

Pierre Milza

« Le peuple italien existe-t-il ? Une histoire plurimillénaire est-elle l’histoire d’un territoire ou d’un peuple ? ». L’ouvrage de Pierre Milza s’ouvre sur ces considérations. L’auteur, spécialiste de l’Italie et du fascisme, professeur émérite à Sciences Po Paris où il a enseigné pendant plus de trente ans, a en particulier dirigé le Centre d’histoire de l’Europe du XXème siècle. Il a ainsi rédigé une biographie de Mussolini  publiée chez Fayard en 1999 qui fait aujourd’hui référence. La « somme » historique qui nous est aujourd’hui proposée aborde l’histoire de l’Italie selon plusieurs aspects : culturels, politiques et économiques. Cette volonté d’en illustrer la richesse et d’en expliquer les bouleversements fait de ce livre une quasi encyclopédie des savoirs du territoire italien. Ce livre est avant tout une marque d’amour pour un sujet d’étude particulier aux yeux de l’auteur, celui de ses origines familiales et de ses maîtres à penser universitaires que sont Yves Renouard, Jean-Baptiste Duroselle et Fernand Braudel.

Une histoire sur le temps long est toujours marquée par des ruptures et des continuités. Les continuités sont le fait de synthèses et de renouvellements, les ruptures sont le fait d’essoufflements et de confrontations. Cette étude fait émerger plusieurs constantes historiques propres à l’Italie. L’auteur démontre en effet que la persistance de l’influence italienne au fil des siècles est le fruit d’une capacité hors du commun à synthétiser plusieurs cultures au sein de l’Empire romain par exemple. La culture est tant un support de l’unification -telle la conversion de Constantin au christianisme- qu’un renouvellement de la vision du monde telle que peut l’être la Réforme. De telles affirmations ne peuvent être posées sans décrire le sort du peuple et ses aspirations, qu’il soit légionnaire sous Auguste ou ouvrier en 1922. L’auteur finalement rend compte de l’importance de la lutte séculaire entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel, et fait de cette constante un élément structurant de la politique italienne, que ce soit lors de l’opposition entre Guelfes et Gibelins ou lors de la question des Etats pontificaux. Les ruptures sont tout aussi importantes, telles que cette période méconnue, appelée en France les « invasions barbares » et qui, historiographiquement, est traitée en l’Allemagne sous le nom de « migrations des peuples ». L’auteur fait enfin de l’Italie contemporaine une Italie qui aurait dépassé ses propres contradictions et serait entrée de plain-pied « dans la cour des grands ».

Cet ouvrage est assurément appelé à devenir un classique. Pierre Milza livre ici une étude quasi exhaustive de l’histoire de l’Italie, comme seuls les grands universitaires maitrisant parfaitement leur sujet peuvent en produire une après de longues années de recherches et de publications. La bibliographie et la diversité des références démontrent une connaissance encyclopédique d’un territoire plurimillénaire. L’auteur réussi la prouesse de lier, dans une même œuvre, savoirs archéologiques et analyse politique des gouvernements les plus récents. Cette mise en perspective des connaissances historiques sur l’Italie donnent au lecteur une vision complète des dynamiques qui traversent l’histoire et la société de notre voisin transalpin. Cette richesse est peut-être le seul « défaut » (s’il faut absolument en trouver un) émergeant à travers le millier de pages que comporte cette somme : une trop grande place échoit aux deux derniers siècles. Traiter de manière équilibrée cette période aurait (peut-être) mieux mis en valeur la vision de long terme de ce spécialiste qu’est Pierre Milza sur l’histoire italienne moderne et contemporaine.

En définitive ce livre est  absolument indispensable à tout lecteur s’intéressant à l’histoire européenne et méditerranéenne.

                                                                                              Thibault Laurin

'Pluriel', Fayard, Paris, 2013, 1098 pages, 15 euros.

ISBN : 978-2-818-50336-2.

De Romulus à Berlusconi

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13 septembre 2012 4 13 /09 /septembre /2012 07:00

Discours à la nation méditerranéenne

Richard Veneau

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Voilà un livre très original, un de ces "objets imprimés non identifiés", qui n’est pas « d’histoire » mais nous « parle d’histoire », qui n’est pas un ouvrage scientifique mais fait appel à certains des ressorts les plus anciens de notre culture. Un rêve et un espoir. L’auteur, Richard Veneau, est lui-même semble-t-il une personnalité atypique : dirigeant de la Banque de développement du Conseil de l’Europe, il est à la fois spécialisé dans le management social et est auteur de pièces de théâtre. Il se définit lui-même comme « semi-octogénaire ». L’ouvrage est préfacé par Stefano Condorelli, qui souligne « un phénomène essentiellement méditerranéen : peu de régions du monde concentrent en effet en si peu d’espace à la fois une telle unité (de climat, de paysage, de végétation, de régime alimentaire, de mode de vie, etc.) et une telle diversité (de langues, de dialectes, de spécialités alimentaires, de traditions, de religions, etc.).

Ce Discours à la nation méditerranéenne (en écho peut-être au Discours à la nation allemande, écrasée et divisée, de Fichte après la défaite d’Iéna) est un cri d'amour et un appel. Difficile à résumer, mais dont on ne cesse pas la lecture avant la dernière ligne. Il oscille entre les souvenirs d’enfance (« L’enfance est toujours une manière d’être méditerranéen : un moment de soleil, une aube, une bouffée de senteurs vives et des espoirs plus vastes que la plus ambitieuse des virtualités humaine ») ; la poésie (« La Méditerranée en tant qu’espace cohérent se dorait de couleurs automnales qui annonçaient un crépuscule culturel ») ; l’histoire (parlant de l’empire romain : « En 395, la cassure se produisit. Une ‘pars orientis’ va devenir Byzance, tandis que la ‘pars occidentis’ va être abandonnée aux invasions des Barbares. Ce n’était pas la première fois que nos rives voyaient mourir un empire, mais ce fut la dernière fois qu’elle en inspira un ») ; la sociologie et les sciences humaines (« Etonnant système D. Véritable métèque de l’organisation sociale méditerranéenne. Ni tout à fait simplement citoyen (on comprendra assujetti à l’ensemble du corpus normatif du Droit positif), ni tout à fait barbare (puisque ouvertement désireux de respecter le maximum de lois acceptables par lui) ») ; le réalisme politique (« Reprenons la Méditerranée telle qu’elle se pose actuellement dans le siècle : un carrefour de grandes civilisations, une mer assez étriquée qui ne sert plus guère de poumon économique ou de cœur naturel, un espace maritime dont les ressources s’épuisent, un ancien lieu de transits qui a laissé place à un marigot de trafics. Soyons encore plus féroce avec nous-même ») ; la religion et la morale ( « L’Homme, tel que nous le connaissons et tel que les dieux de la Torah, de la Bible et du Coran le reconnaissent, porte un nom bien identifié au sein des mythologies polythéistes de l’Antiquité. C’est Prométhée » ; « Sur la Côte d’Azur, Riviera, littoral hispanique, îles italiennes, hellènes ou ottomanes : des armées de retraités occidentaux, auxquels il reste plus d’années à vivre qu’à certains gamins qui les guettent d’au-delà de l’ile de Lampedusa et des gardes-côtes italiens ») ; et bien d’autres thèmes encore. Tous tendent à illustrer la permanence, l'intemporalité, l'avenir que constitue cet espace méditerranéen, qui unit et relie différentes terres plus qu'il ne les sépare.

Bref, en un peu plus de 200 pages Richard Veneau remue, triture, malaxe l’ensemble des domaines de la connaissance et en tire avec maestria des phrases riches, denses. « De toute éternité, à échelle d’homme, la Méditerranée existe. Et nous la connaissons. Au plus profond de nous. Comme une géographie, un esprit, un socle et une mémoire. Comme une culture, oui ». Alors, pourquoi pas bientôt un ministre des Affaires méditerranéennes, « pour faire prévaloir » l’idée méditerranéenne « chaque fois que nécessaire lors des débats gouvernementaux », une « vigie de la méditerranéité » ? Et Richard Veneau de conclure : « Nous croyons que tout cela est possible. Et qu’il est envisageable de l’accélérer non en cherchant une solution aux problèmes actuels, mais en les reconnaissant comme, par avance, résolus par l’Histoire ». Un livre enlevé qui, de Troie à Carthage, de Lépante à Malte, nous transporte loin des miasmes immédiatement et ponctuellement actuels.

Nouveau Monde Editions, Paris, 2012, 240 pages. 19,90 euros

ISBN : 978-2-84736-675-4

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 07:10

Ma guerre d'Espagne

Brigades internationales : la fin d'un mythe

Sygmunt Stein

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Nouvel ouvrage sur la guerre d'Espagne et les Brigades internationales, les "vraies", celles qui furent engagées du côté républicain. Le texte de ce militant juif communiste, volontaire aux côtés des républicains espagnols, avait été publié en yiddish en 1956 et n'avait alors reçu qu'une diffusion confidentielle. L'édition d'une traduction française mérite donc d'être soulignée, car remettre en cause un "dogme" de l'historiographie communiste est toujours un challenge. Sa fille, dans une ultime note biographique, se souvient : "Il avait très vite pris conscience que le PC se souciait  davantage de régler leur compte aux révolutionnaire que de battre les fascistes. Souvent, il avait à coeur de me parler des crimes de Staline. Visiblement, il voulait me transmettre 'son Espagne'".

En 27 chapitres denses, le livre nous emmène du départ de Tchécoslovaquie pour l'Espagne ("Les procès de Moscou m'ébranlèrent. Comment etait-ce possible ? Zinoviev, le bras droit de lénine ?") via Paris. Affecté après son arrivée à Albacète, quartier général des Brigades internationales, non à une unité combattante mais à la section de propagande, afin "de maintenir le moral des brigadistes", il est contraint de participer au travail de la censure. Cette situation particulière (et la confiance -pourtant mêlée de soupçons permanents- des cadres dirigeants) permet à Stein, qui dispose d'un laisser-passer, de circuler en de nombreux points (et même à des heures de couvre-feu) alors que ses camarades sont soumis à un régime beaucoup plus strict. Il peut rencontrer beaucoup de monde, de tous les grades et dans tous les types d'unités. Intérieurement, il se révolte rapidement devant le mépris dans lequel les responsables communistes tiennent les simples volontaires : "Combien de déceptions, de sang des camarades innocents, versés inutilement ! ... Je compte lever le voile et présenter ces Brigades pour ce qu'elles étaient en réalité". Son témoignage, qui inspire le plus grand respect pour les simples combattants souvent sacrifiés, est accablant dans tous les domaines relevant du commandement supérieur : manipulations de la presse et désinformation systématique paraissent évidentes. On découvre l'intégration dans les unités sur le front de "liquidateurs" communistes, tuant d'une balle dans le dos les "camarades" qui commencent à dénoncer le système. Dans ce registre, André Marty (l'ancien mutin de la mer Noire devenu responsable du PCF et membre français de la direction de l'internationale communiste, surnommé "le boucher d'Albacète") se distingue tout particulièrement. Stein lui consacre de nombreuses lignes à partir de la page 86 : exécutions sommaires ("Je ne me souviens pas d'une seule rencontre entre camarades où le nom de cet assassin détraqué ne fut évoqué") ; beuveries et orgies organisées pour compromettre les autres dirigeants ("Tout ce beau monde continua de s'empiffrer et de s'imbiber d'alcool jusqu'au petit matin, alors même que l'Espagne républicaine subissait les affres de la faim ... C'était un excellent moyen de s'assurer la loyauté de ces 'chefs' et de ces bureaucrates") ; terreur et mensonges. Tout est bon, tout y passe. Après avoir évoqué la figure de la Pasionaria et ses séjours en France et à l'arrière, il rejoint une unité combattante. Il consacre les derniers chapitres à raconter des exemples de plus en plus nombreux d'antisémitisme à l'encontre des volontaires juifs polonais appartenant pourtant à la première génération des militants communistes et décrit à la fin de son livre la disparition au combat de la compagnie Botwin.

Dans sa postface, Jean-Jacques Marie posent les questions méthodologiques indispensables, relatives à la crédibilité qu'il convient d'accorder à ce témoignage. Après avoir croisé ce récit avec ceux d'autres témoins, sa conclusion est claire : ""Les souvenirs de Stein sont le long cri de colère d'un homme révolté, qui se sent trompé et trahi. Sa déception est à la mesure de son enthousiasme initial, mais il ne sombre pas dans l'aigreur ... Il exagère peut-être, mais ne fabule pas"

Un ouvrage désormais indispensable dans toute bibliographie sur la guerre d'Espagne ou le mouvement communiste international.

 

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14 mai 2012 1 14 /05 /mai /2012 07:00

Les Brigades internationales de Franco

Sylvain Roussillon

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L'historiographie générale de la guerre d'Espagne connaitrait-elle un renouveau ? Jamais n'était paru jusqu'alors un ouvrage faisant toute la lumière sur les volontaires étrangers ayant opté pour la cause franquiste. Qui, d'ailleurs, en avait entendu parler ? Sujet sensible ? Frilosité des éditeurs ? Vision sélective autant que restrictive de la réalité historique ? Autant de raisons qui expliquent sans doute un silence assurément condamnable, au regard des principes même de la recherche en histore sous tous ses aspects. La recherche ne peut en effet admettre la subjectivité en fonction de ses propres convictions, politiques, philosophiques ou autres. Car, le thème qu'aborde Sylvain Roussillon est pourtant essentiel afin de disposer de toutes les dimensions de l'effroyable guerre civile qui secoua l'Espagne, avant la Seconde guerre mondiale. De surcroît, l'auteur, ancien collaborateur de cabinet de plusieurs collectivités locales et territoriales et aujourd'hui directeur général d'une école d'enseignement supérieur, fait preuve d'une démarche à la fois exhaustive et objective.

Et de passer en revue, ainsi, les interventions souvent citées allemande (Légion Condor) et italienne, mais aussi autrichienne, avant de démontrer le caractère assumé de leur intervention par des Marocains intégrant la Phalange, mais aussi, phénomène beaucoup moins connu, des partisans maghrébins venus de l'espace administré par la France, voire en provenance de l'Afrique de l'Ouest comme la Mauritanie actuelle, sans oublier ceux originaires de la Corne de l'Afrique (italienne), Somaliens et Erythréens  ... En expliquant que l'antisémitisme des troupes franquistes, souvent mis en avant, est largement surévalué, Sylvain Roussillon souligne ensuite l'implication de volontaires irlandais, anglo-saxons, mais aussi roumains, portugais, et français, sans oublier des Russes blancs et même des Sud-Américains. Il y eut même quelques volontaires en provenance de la lointaine Asie. Finalement, un monde bigarré aux motivations multiples, mais dont la portée militaire effective restera limitée, au-delà de la symbolique qui, elle, à l'inverse, met en relief un certain oeucuménisme qui devait contribuer, en quelque sorte, à conforter le régime franquiste. Celui-ci sut se faire "discret" pendant la Seconde guerre mondiale, en se rapprochant progressivement du camp allié.

Un livre original qui vient donc combler un manque évident jusqu'à ce jour dans les études conduites en France sur la guerre d'Espagne et le regard porté sur cette guerre civile. Il propose un récit clair, très bien documenté et à bien des égards pertinent. A lire absolument.

Pascal Le Pautremat

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27 avril 2012 5 27 /04 /avril /2012 08:00

  Une longue saison de douleur et de mort

L'affaire Aldo Moro

Philippe Foro

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Enlevé le 16 mars 1978, Aldo Moro, président emblématique de la Démocratie chrétienne italienne, est retrouvé mort dans le coffre d’une voiture quelques semaines plus tard, après avoir été séquestré par un « commando » des Brigades rouges. L’annonce de son assassinat marque à l’époque profondément les esprits et entraîne de multiples questions. Cet ouvrage, qui se dévore littéralement, presque comme un roman policier, présente de grandes qualités et suscite plusieurs réserves.

Philippe Foro consacre judicieusement les premiers chapitres de son livre (« Les années de plomb » et « Une figure de la démocratie italienne ») à brosser le tableau de la situation du pays à cette époque, en prenant en compte les évolutions connues depuis une dizaine d’années. Les troisième et quatrième chapitres (« Le drame de la via Montalcini » et « Les politiques dans la tourmente ») s’intéressent avec des mots justes aux conditions de détention d’Aldo Moro et, durant la même période, aux pressions politiques et au drame vécu par la famille de l’otage. Jusque là, l’étude paraît plus que convaincante.

Les deux derniers chapitres par contre se hasardent sur des chemins difficiles (« Une ténébreuse affaire » et « Qui avait intérêt à la disparition d’Aldo Moro ? »), mais il faut bien un jour se résoudre à les emprunter… Le dossier est en effet particulièrement complexe, sur fond d’hostilité Est-Ouest et de crainte de l’accession au pouvoir de ministres communistes, dans le cadre de la contamination progressive de toutes les grandes administrations par des réseaux mafieux et/ou P2, alors que les services de renseignement sont totalement désorganisés par une profonde réforme et que les extrémistes des deux bords n’hésitent plus à envisager le recours aux armes et à la violence. Or, pour espérer d’identifier les responsables d’un tel assassinat (non seulement les auteurs directs mais aussi leurs inspirateurs), l’auteur ne dispose que de sources indirectes, orales, tardives, contestées. C'est un peu l'histoire de l'homme qui a vu l'homme qui avait croisé le témoin, hélas aujourd'hui décédé.... Le conditionnel est systématiquement de rigueur, les « occasions perdues » succèdent aux « mises en scène étranges », aux « interprétations » et aux « polémiques ». Philippe Foro envisage toutes les « pistes » éventuelles : le réseau Gladio (mais « les brigadistes n’y ont vu que du feu »), les mafias (hypothèses « hasardeuse et insuffisamment étayée »), les services secrets italiens (« Le problème, comme bien souvent en pareil cas, est le manque de preuves »), russes (« Il semble difficile de considérer les services soviétiques comme un acteur majeur de l’affaire »), israéliens (« manque de données objectives clairement établies »), ou américains (qui donnent « la prime à la raison d’Etat »), la loge P2 de Gelli (« Il s’agit d’une grande exagération »), etc. Mais la réalité n’est pas mieux cernée pour autant, car sur un dossier aussi récent, aussi politique, aussi sensible, on ne dispose (pour l’instant encore au moins) d’aucune archive.

Un livre « à double face » donc : une enquête semble-t-il minutieuse, une restitution particulièrement plausible des faits, mais la persistance des doutes et des interrogations quant aux origines et aux (éventuelles) manipulations. Mais aussi un livre rare (et donc utile) dans la production en français, comme le confirme la bibliographie finale presque exclusivement composée d’ouvrages en italien.

 

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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