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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 06:05

Général Jacques Hogard

Stratège de la contre-insurrection

Mériadec Raffray

Depuis la fin de la guerre froide, les formes d’affrontement ont changé de visage. Les grandes batailles opposant des armées régulières, telles qu’on les imaginait dans la lignée de la Seconde Guerre mondiale, le recours redouté au feu nucléaire ont fait place aux opérations de maintien de la paix et/ou aux conflits de basse intensité marqués par la guerre subversive.

Cette dernière n’est toutefois pas nouvelle. Lors des conflits indochinois et algérien, les théoriciens militaires français ont été amenés à l’analyser dans le cadre de la guerre révolutionnaire à laquelle ils ont été confrontés. Les stratèges américains ont redécouvert ces dernières années l’école de pensée française, forgée durant ces guerres d'Indochine et d'Algérie. Mais ils ont oublié un théoricien majeur, le général Jacques Hogard. Le grand mérite de l’ouvrage de Mériadec Raffray, réalisé à partir d'une étude effectuée pour le bureau recherche du CDEF, réside dans le fait qu’il tire ce dernier de l’oubli et met à la disposition des lecteurs une analyse approfondie de la guerre subversive et des techniques susceptibles d’y répondre efficacement.

Saint-Cyrien, sous-lieutenant d’infanterie coloniale en 1940, cité pour sa conduite au feu, Jacques Hogard connaît cinq années de captivité, qu’il achève à Colditz, où sont regroupés les officiers coupables de tentatives d’évasion répétées. Il combat ensuite en Extrême-Orient de 1945 à 1953, au Cambodge et au Laos (passant quelques mois seulement en France en 1949-1950). C’est pour lui l’occasion de mettre au point un processus de reconquête territoriale face à la subversion communiste.

De retour en métropole, il est affecté au « Centre d’études asiatiques et africaines » sous les ordres d’un autre grand praticien des conflits révolutionnaires, le colonel Lacheroy. Admis à l’École de Guerre, il en sort major de promotion. Nanti du prestigieux diplôme, il rejoint ensuite l’Algérie où, commandant de secteur, il s’efforce de mettre en pratique les conceptions héritées de ses séjours en Indochine et mûries durant ses années parisiennes. L’efficacité de ses méthodes pour reconquérir la population est reconnue, mais sa sympathie affichée pour la cause de l’Algérie française freine son avancement jusqu’en 1968, où son action efficace au sein des armées lui vaut un retour en grâce. Après avoir commandé le 5e RIAOM (régiment interarmes d’outre-mer) à Djibouti, le général Hogard dirige le groupement d’instruction des troupes de marine, autrement dit la maison-mère de son arme, à Fréjus, avant d’achever sa carrière à Paris, à la tête de l’ESORSEM (école supérieure des officiers de réserve du service d’état-major).

Loin d’être une hagiographie, l’ouvrage constitue avant tout la présentation exhaustive et ordonnée d’une pensée militaire originale et profondément cohérente. Dans la guerre subversive, toute l’action et toutes les pratiques tactiques demeurent fondées sur une évidence : l’objectif est de gagner puis de conserver la confiance et l’appui de la population. Dès lors, le contrôle du territoire ne constitue pas la finalité mais la conséquence de cette adhésion, le bénéfice que l’on en tire. Jacques Hogard résume d’ailleurs cela en une phrase-clef : « Les opérations n’ont d’intérêt que dans la mesure où elles favorisent la pacification ».

Les analyses théoriques, mises en forme par M. Raffray, à partir des articles et des notes conservées par la famille du général, pointent très nettement les erreurs commises en Indochine, où l’on pratique (faute parfois de moyens suffisants ou de motivation idéologique) une approche plus « classique » du conflit. Surtout, techniques et tactiques de la guerre révolutionnaire sont parfaitement comprises, exposées et disséquées pour aboutir à une analyse systémique claire. Fort logiquement, ayant mis en lumière les techniques d’agression, de déstabilisation et de mise en condition de la population par les forces révolutionnaires, Jacques Hogard rédige un véritable petit manuel de contre-subversion. À l’origine du TTA 117, la fameuse « Instruction provisoire sur l’emploi de l’arme psychologique », publiée en 1957, il demeure à cet égard le véritable instigateur de l’école française de stratégie contre-insurrectionnelle.

À l’heure où la guerre idéologique prend le pas sur les conflits de forme plus classique, on ne peut que remercier M. Raffray d’avoir tiré de l’oubli un penseur, mais surtout une doctrine qui n’a pas fondamentalement vieilli. En dépit d’un vocabulaire nécessairement un peu désuet, les analyses conservent toute leur pertinence. Et c’est peut-être là le principal intérêt de l’ouvrage : on ne nous présente pas une histoire finie mais un manuel aux concepts pleinement opératoires, que l’on peut lire et méditer à loisir.

Jean-François Brun

Economica, Paris, 2014, 127 pages, 19 euros.

ISBN 978-2-717-86659-9.

 

Contre-subversion

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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 06:30

Dans la tête des insurgés

Hugues Esquerre

Dans cette étude originale (que l'on peut, comme souvent sur des sujets sensibles, discuter en de nombreux points, mais qui apporte une vraie contriobution au débat), Hugues Esquerre revient sur la notion de lutte contre-insurrectionnelle en essayant de se "mettre dans la tête" de l'insurgé lui-même.

Il part du constat initial que "malgré de nombreuses différences apparentes, les insurrections et les insurgés à travers l'histoire ne sont pas si dissemblables et partagent de nombreux points communs", ce qui est à la fois vrai pour les fondamentaux et erroné pour les formes prticulières nous semble-t-il, et il donne de l'insurrection cette définition : "Forme de guerre qui permet à une petite minorité hautement déterminée et intransigeante de s'emparer du pouvoir grâce au contrôle exercé sur la population d'un pays en ayant recours à la violence et à des moyens illégaux". Il en recherche donc les invariants dans l'histoire, sur tous les continents, depuis Spartacus jusqu'aux manifestations les plus récentes. L'ouvrage est organisé en grandes thématiques qui partent du général pour arriver au particulier : "La stratégie" (où et quand lancer l'insurrection), "L'organisation" (la structure, le secret, l'autonomie), "L'insurgé" (tentative de typologie, formation, sélection et rôle des chefs), "Le recours à la violence" (peut-on distinguer entre guérilla et terrorisme), "L'action psychologique" (avec un chapitre sur le renseignement), "La population" (qu'il faut à la fois convaincre et/ou intimider), et "La logistique" (avec la question du financement de la révolte et l'existence d'indispensables bases arrière sanctuarisées). Les exemples historiques sont très nombreux (et l'on ne peut s'empêcher d'en contester parfois quelques uns) mais le texte fluide a souvent tendance à emporter l'adhésion du lecteur. De nombreuses références aux écrits antérieurs (particulièrement XIXe - XXe siècles) ponctuent le discours et l'on a, à tout le moins, le sentiment d'un livre mûri par son auteur. En particulier, il met en relief le caractère fortement préparé, organisé, méthodique d'une rébellion qui rencontre le succès : l'enthousiasme populaire n'y est souvent en réalité que pour fort peu, et là réside une des ereurs assez classiques des élites légales en place. Pour en venir à bout, il s'en remet finalement peu ou prou à la formule bien connue de Templer : "Toute position considérant le travail normal  du gouvernement civil et l'action militaire d'urgence comme deux choses différentes doit être combattue pour le bien commun. Ces deux activités sont complètement et étroitement imbriquées". L'action globale en quelque sorte, notion mise en relief depuis plus d'une centaine d'années au moins par ceux qui ont été confrontés à ces situations. Mais condition, oh combien !, difficile à réaliser, comme le montre la plupart des expériences récentes.

Un bon ouvrage à la fois de réflexion et de synthèse qui complètera utilement votre bibliothèque sur le sujet.

Editions du Rocher, Monaco, 2013, 320 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-268-07566-2

Réflexions sur la COIN

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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 06:50

L'Irak, dix ans après

COIN-IRAK.jpg

Le site  War Studies Publications signale la mise en ligne par les éditions Routlege d'un ensemble de 40 articles sur la guerre d'Irak en 2003. Parmi les thèmes traités : 10 articles sur la contre-insurrection et 10 autres sur les questions de renseignement.

Accès gratuit au texte intégral : http://warstudiespublications.wordpress.com/2013/04/10/iraq-war-10-years-on/

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10 janvier 2013 4 10 /01 /janvier /2013 06:55

La contre-insurrection comme solution stratégique ?

Chef d'escadrons Alexandre de Féligonde (Ecole de Guerre)

COIN-AFGHA.jpg

L'Ecole de Guerre va-t-elle retrouver la fonction qui était la sienne il y a de nombreuses années (non officiellement prévue par les textes, mais bien réelle du fait de la présence en son sein de cadres et de stagiaires de haut niveau) "d'agitateur d'idées" ?

Parmi les publications récentes, on remarque le document publié par l'IRIS (consultable ici), sous la signature d'Alexandre de Féligonde. Cet officier s'interroge, à partir de cas concrets vécus en Afghanistan, sur la pertinence d'une supposée "conception française" de la contre-insurrection. Dans ce texte de huit pages, la notion"d'approche globale" (à bien des égards simple reformulation d'une analyse ancienne) et la question complexe des relations directes avec la population locale sont en particulier étudiées. Or, l'armée de terre est naturellement au coeur de ces sujets. L'auteur en vient à conclure sur un avertissement : Que les forces terrestres ne paient pas, "pour de mauvaises raisons", l'effort principal des baisses d'effectifs, ce qui pourrait s'avérer "catastrophique à l'avenir en cas de surprise stratégique".

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20 février 2012 1 20 /02 /février /2012 09:00

La guerre irrégulière

sous la direction de Christian Malis, Hew Strachan et Didier Danet

Couverture-de-l-ouvrage--La-guerre-irreguliere-.jpg 

Faisant suite au colloque international tenu aux Ecoles de Saint-Cyr Coëtquidan du 12 au 14 mai 2009, ce livre, paru dans la collection "Bibliothèque stratégique", se veut un ouvrage de référence permettant de mieux comprendre les conflits contemporains. Fruit de la collaboration de plusieurs auteurs, il entend ainsi contribuer au renouvellement de la pensée stratégique au niveau national et international, et favoriser les échanges entre les différents acteurs de la Défense. Il aborde les différents enjeux et les questions posées par les conflits actuels aux militaires, aux politiques, aux chercheurs et aux enseignants, qui tentent aujourd'hui de remédier aux incertitudes stratégiques et de dégager des perspectives nouvlles en matière de concepts et de doctrine.

S'adressant plutôt à un public averti, il permet d'abord de revenir sur une définition de la guerre, régulière et irrégulière, et des différentes formes prises par les conflits dans l'histoire comme aujourd'hui. C'est une redéfinition aussi bien morale que juridique, éthique, historique et sociologique, dans un contexte de "crise de la guerre irrégulière".

Mais l'ouvrage s'attache à clarifier ce flou : il revient sur les grandes dates qui ont marqué l'histoire des combattants irréguliers, leur traitement par le droit, l'origine du concept, notamment avec la naissance de l'Etat-nation puis l'apparition et le développement du droit international des conflits armés, qui a "gelé la dichotomie entre réguliers et irréguliers". Il analyse aussi comment cette distinction a évolué du fait (et à la suite) des guerres coloniales, et la vision que certaines armées et chercheurs peuvent avoir d'elle aujourd'hui. Il tente d'évaluer ensuite les évolutions possibles.

Le phénomène de guerre irrégulière n'est bien sur pas nouveau, bien au contraire, et le droit international, qui a été créé et s'est développé pour répondre au défi de la protection des combattants réguliers, puis des populations civiles, enfin des combattants irréguliers, n'est pas devenu obsolète. Il a pu être adapté au cours du temps, il s'adaptera encore à de nouvelles situations. La réponse à apporter à la guerre irrégulière n'est pas complètement tranchée, mais il ressort que la seule "répression policière" n'est ni la voie la plus efficace, ni la plus conforme aux valeurs, ni le rôle des armées. Enfin, il convient, selon les auteurs, de s'interroger, dans le cadre d'une réflexion plus large sur la guerre, sur ce qui pourrait constituer une "légitimisation" des combattants irréguliers, afin d'en déduire le traîtement qui devrait être le leur.

Julie Guerendel

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30 janvier 2012 1 30 /01 /janvier /2012 16:25

 

Le Traité sur la guérilla

de l'empereur Nicéphore Phocas

  Traite-guerilla382.jpg

Discrètement publié l'année dernière en format "poche" par les éditions du CNRS, ce petit livre mérite que l'on s'y arrête. L'oeuvre originale a été rédigée quelques dizaines d'années avant l'an 1000, sous la dictée et d'après les notes de l'empereur byzantin Nicéphore Phocas. Ce dernier, brillant chef militaire, accède au trône en août 963 grâce au soutien de l'armée et poursuit comme souverain ses campagnes, en particulier sur les frontières sud et sud-est de l'empire.Sur la famille des empereurs de la dynastie des Phocas et la situation militaire de l'empire byzantin au Xe siècle, on lira également la communication d'Henri Grégoire, publiée en 1953 dans les comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles Lettres (voir sur Persée).

 

Mais là n'est pas directement notre sujet. Pourquoi, sur un site consacré aux campagnes des XIXe - XXIe s., s'intéresser à une traduction de ce texte plus que millénaire ? Tout simplement parce que l'empereur Nicéphore Phocas a rédigé un document "de synthèse" directement inspiré par son expérience personnelle de la "petite guerre".

 

La première partie du volume (pp. 19 à 99) correspond à la traduction du texte original Les chapitres se succèdent rapidement, abordent des questions concrètes traitées avec des phrases courtes. En fait, cette traduction se lit très facilement. Il n'est pas anodin de constater que les premiers chapitres sont consacrés par exemple aux "Postes de guet", à "La surveillance des routes", à "Des attaques surprises contre l'adversaire" ou "Autoriser les marchands à se rendre chez l'ennemi et à espionner". Au fil du volume, quelques pages sont consacrées à l'indispensable sûreté des colonnes, à l'organisation d'embuscades, aux attaques sur les flancs de l'ennemi ou comment venir au secours d'une place forte assiégée.

Traité guérilla2383La deuxième partie du livre (pp. 103 et suivantes) est consacrée aux commentaires que les auteurs (Gilbert Dragon et Haralambie Mihaescu) peuvent rédiger à partir du texte de base et de leur excellent connaissance des campagnes militaires de l'empire byzantin. On apprécie  la présence (pp. 191-206) de shémas explicatifs et l'on lira en particulier le chapitre 5 de ces commentaires, consacré à la "Tactique et stratégie de guérilla" : importance du terrain et des voies de communication, rôle des populations, "choix du point d'attaque pour qu'une petite armée puisse en neutraliser une plus grande, insertion en milieu rural, tendance à l'autofinancement de la guerre".

 

Tout n'est plus, bien sûr, "d'actualité". Comme toujours en histoire, il faut replacer les événements dans leur contexte spatial et temporel, humain et technique. Mais il apparait clairement que les principes demeurent. Pour une somme modique (une dizaine d'euros), ce petit livre permet de s'offrir un rafraichissant voyage dans le temps, tout en gardant un lien étroit avec des problématiques très proches.

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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