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15 avril 2016 5 15 /04 /avril /2016 06:00

Pacification en Algérie

David Galula

Disponible depuis longtemps sur internet mais uniquement en anglais, ce volume trop oublié du lieutenant-colonel (r) Galula méritait absolument d'être publié en français depuis que son auteur a connu une célébrité mondiale après avoir été sorti de l'oubli par le général Petraeus qui en a fait "le Clausewitz de la contre-insurrection".

Galula précise à la fin de son introduction : "Je me fie à ma mémoire, puisque je n'ai tenu aucun journal de bord", élément à prendre en compte dans l'analyse de certains passages. Le livre est divisé en quatre parties d'ampleur variable. La première, sur une cinquantaine de pages, pose le cadre, en procédant par coup de zoom progressif de l'insurrection algérienne en général à la Kabylie, puis Tigzirt, pour terminer par le sous-quartier dont le capitaine Galula a la responsabilité. La seconde, sur quatre-vingt-dix pages, traite de la question de la population comme coeur et cible des combats et dans cette partie Galula présente à la fois sa théorie personnelle et la mise en oeuvre qui est la sienne au quotidien. S'il s'efforce de "rapprocher la compagnie de la population", il ne s'interdit pas l'emploi de la force armée, au contraire. Aucune démagogie ici, mais du réalisme. La troisième partie, sur quatre-vingt pages environ, complète la précédente et porte sur "La lutte pour le soutien de la population", ce qui nous place bien au coeur des problématiques de contre-insurrection, jusqu'au projet de créer un nouveau parti politique, processus commencé mais qui se solde rapidement par un échec dès son départ. Enfin, la dernière partie d'une vingtaine de pages, nous montre Galula promu commandant et commandant en second du 2e bataillon du 9e RIC à l'ouest de Tizi Ouzou, et à ce nouveau poste il lui faut (presque) tout reprendre à zéro, tant au plan militaire que de l'action en direction des populations. On a là quelques belles pages sur la compréhension générale du phénomène, sur le terrorisme dans le secteur et sur l'attitude des Européens, en particulier après le 13 mai, avec en dépit des espoirs suscités cette question récurrente de la fidélité réelle ou feinte des Musulmans ralliés.

En conclusion, Galula tire immédiatement quelques enseignements de principe de son engagement dans la guerre d'Algérie, enseignements qui à bien des égards conservent leur pertinence sous d'autres cieux. Un livre pratique, basé sur une expérience réelle et qui fourmille d'exemples concrets. A lire et à réfléchir. 

Les Belles Lettres, Paris, 2016, 361 pages. 23,90 euros.

ISBN : 978-2-251-31017-6.

Expérience algérienne
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12 avril 2016 2 12 /04 /avril /2016 06:00

La mission, les hommes et moi

Pete Blaber

Ce livre se veut un témoignage sur la Delta Force, son style, ses missions, ses méthodes, mais l'auteur prend la peine d'expliquer en introduction les limites (en particulier de confidentialité) qu'il pose à son récit, et les témoignages "extérieurs" qu'il ajoute à ses observations personnelles, tout en précisant : "Le combat est à l'image de la vie ; deux personnes ne verront jamais ou ne vivront jamais la même chose de la même manière. Ce récit restitue ma vision de ce qui s'est passé". Une phrase qu'un historien ne peut pas renier.

Des zones de crises de la fin des années 1980 à l'Afghanistan du début des années 2000, Pete Blaber nous fait revivre son parcours personnel, entre formation, missions et "leçons apprises" (sous une forme réaliste, au point que l'on ne peut s'empêcher parfois de trouver l'histoire "arrangée", mais peut-être suis-je trop rationnel ?) sur tous les points chauds, des Balkans au Moyen-Orient et en Asie centrale pour les derniers chapitres qui traitent du détail de l'opération Anaconda dans la vallée de Shahi Khot en Afghanistan. Il est ainsi parmi les premiers à s'installer sur "une lointaine île déserte du golfe Persique afin de préparer les opérations militaires" contre les Taliban, dans les semaines qui suivent le 11 septembre. A partir de là, ce qui n'était qu'une sorte de fil rouge devient régulièrement plus présent : l'oppostion décrite entre les hommes de terrain et les décideurs situés sur le sol américain. Notons au passage que la nécessité d'être présent de façon rustique sur le terrain n'interdit pas l'utilisation de la visioconférence ou des planches "power point". Quelques affirmations intéressantes (que d'autres exemples historiques corroborent mais qui conduisent parfois aussi à des désastres), comme la notion "d'opportunités opérationnelles : ces moments surviennent souvent durant les phases initiales d'une bataille ou d'une mission, ou lors d'événements imprévus tels que des attaques surprises ou des accidents. C'est au cours de telles opportunités opérationnelles que l'esprit guerrier perçoit le moment de chaos comme une chance et qu'il parvient à se libérer du carcan et des plans de sa hiérarchie". Les constats ont souvent l'allure du "bon sens" pour l'offficier ou le sous-officier de terrain mais sont aussi réducteurs et c'est peut-être dans les lignes de ce type que se trouve tout l'intérêt de ce type de volume : faire réflechir sur des situations réelles (ou réalistes) à la pertinence effective de ces remarques "de bon sens" et permettre ainsi de mûrir son sens de l'initiative. A partir de cas concrets en quelque sorte.

Un volume intermédiaire entre le roman d'aventures (quand même) et le témoignage de terrain sur les réalités opérationnelles pour un détachement de forces spéciales. A prendre comme tel, et à lire avec intérêt.

Editions Nimrod, Paris, 2016, 299 pages, 21,- euros.

ISBN : 978-915243-65-9.

Opérations spéciales
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1 février 2016 1 01 /02 /février /2016 06:00

Dans le piège de la guerre insurrectionnelle

Marc Lemaire

Ce volumineux essai donne le sentiment d'avoir été rédigé par un praticien ayant longuement observé et réfléchi sur ces questions. Le raisonnement est méthodique et la présentation des différents paramètres du dossier presque "chirurgicale".

Marc Lemaire organise son livre en trois grandes parties fortement cohérentes : "Le modèle insurrectionnel et son évolution", "La menace islamiste", et "Vers une stratégie de défense adaptée". Le propos est pédagogique et la démonstration visiblement soucieuse de progresser pas à pas. Le chapitre "L'asymétrie des forces" dans la première partie se décline ainsi en "L'usage de la force armée", "La légalité dans l'action", "La puissance de la cause", "La dynamique du nombre", "Le pouvoir de l'imagination" et "L'intérêt de la légitimité morale". De même, chaque chapitre se termine par une utile conclusion partielle qui permet de synthétiser les idées de l'auteur et de faire la transition avec la suite. Globalement, l'auteur démarre historiquement avec la révolution bolchevique d'octobre 1917, traite assez longuement du cas particulier de la guerre d'Indochine, beaucoup plus brièvement de la guerre d'Algérie puis s'intéresse au djihad moderne, de la naissance d'Al-Qaida aux combats du Califat irako-syrien en 2015. Son analyse de la stratégie de défense face à l'islamisme est intéressante, car il n'hésite pas à souligner les difficultés qu'il y a pour l'Occident à répondre, y compris dans les erreurs américaines depuis les attentats du 11 septembre. Ses propositions finales abordent tous les domaines (guerre psychologique, subversive, secrète, les opérations spéciales, les forces classiques, etc.), sans oublier de rappeler que l'outil militaire n'est qu'un parmi d'autres (politique, diplomatique, économique, financier, etc.).

Le projet est ambitieux ? Certes. Il paraîtra même peut-être un peu idéal, voire irréaliste face aux contraintes du quotidien. Mais l'ensemble offre l'immense intérêt de dresser un large tableau, aussi complet que possible, de la thématique et d'ouvrir de multiples pistes. A lire et à connaître. 

L'Harmattan, Paris, 2016, 293 pages, 29,- euros.

ISBN : 978-2-343-08149-6.

Synthèse globale
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27 août 2015 4 27 /08 /août /2015 06:00

L’interculturalité dans les opérations militaires

Le cas américain en Irak et en Afghanistan

Nathalie Ruffié

Affirmer que la guerre se déroule aujourd’hui au cœur des populations est devenu un truisme (mais finalement n’était-ce pas aussi le cas auparavant ?), toutefois, une fois que la déclaration de principe est posée, qu’en est-il ?

Dans sa préface, le général (2S) Chauvancy rappelle que trop souvent dans les conflits récents la « dimension humaine avait été largement oubliée au profit de la domination technologique », alors que « l’homme est le principal acteur des conflits avec ou sans moyens », d’où l’importance des facteurs sociaux-culturels et des perceptions. En s’appuyant presque exclusivement sur les exemples américains d’Irak et d’Afghanistan, l’auteure, sur la base (semble-t-il) d’un mémoire universitaire, souhaite dans une première partie faire prendre conscience de l’intérêt que les sciences sociales représentent pour les opérations militaires et, dans une seconde partie en présenter l’évolution récente au sein des armées américaines. Des concepts comme « les dynamiques humaines, la culture et le terrain humain au sein des opérations » (dont la définition reste imparfaite par nature même) peuvent constituer autant d’obstacles à l’action, ou « d’armes » entre les mains d’un chef de terrain habile. Nous sommes ici dans les opérations d’influence, dans ce monde aux frontières imprécises quelque part entre la compréhension de l’Autre, le renseignement et l’engagement des forces. Les croyances et les valeurs, les rites et les normes sociales, l’organisation et la force des liens entre les individus comme entre les familles élargies, le rapport au temps même constituent autant de paramètres d’autant plus difficiles à maîtriser qu’ils peuvent être différents d’une tribu ou d’un clan à l’autre sur un même territoire, et même dans une zone restreinte en fonction du rang social des interlocuteurs. C’est bien toute la complexité de « l’action au cœur des populations », ou (autre formule) pour les contingents occidentaux à « penser globalement » en fonction de l’effet final recherché mais à « agir localement » pour garantir la pérennité du résultat. Approche globale, actions civilo-militaires, opérations d’influence et soft power sont ainsi au centre du propos. Dans la seconde partie, Nathalie Ruffié s’intéresse particulièrement aux Provincial Reconstruction Team (PRT), Human Terrain System (HTS), Key Leader Engagement (KLE) et à leurs résultats effectifs. Elle s’interroge aussi sur la durée des séjours (« la rotation [du personnel] crée une faiblesse de conscience historique au sein d’une unité ou d’une coalition. De fait, les mêmes propositions reviennent en boucle malgré les échecs précédents et les interlocuteurs afghans -qui eux restent en place- peuvent utiliser les failles »), sur la mise en œuvre de cursus de préparation aux missions et, enfin, elle s’attarde longuement sur les interactions avec le milieu scientifique de la modélisation informatique (domaine dans lequel je reste très prudent, comme face à ce prototype MoodMiner dont un « algorithme mathématique détecte automatiquement les points de rupture selon l’humeur »). Vouloir tout modéliser est sans doute très américain, mais il n’est pas certain au vu des résultats qu’il suffise, pour préparer le personnel avant déploiement et éviter les erreurs grossières de comportement, d’établir une quelconque check list à partir des réponses à quatre ou cinq questions générales… Il y a une formule que je n’ai pas retrouvée dans ce livre et qui pourtant me paraît essentielle en sciences humaines : « la modestie de l’apprenant », celui qui va écouter, observer, travailler longtemps avant de pouvoir prétendre connaître. Humain, trop humain…

Les nombreuses références qui ponctuent le texte courant et la dense bibliographie finale (en grande partie en anglais) intéresseront les amateurs et les étudiants. On regrette (en particulier dans les annexes) les fautes et erreurs orthographiques, pénibles pour le lecteur (un manuscrit trop vite « bouclé » ?) et, s’agissant d’une publication destinée au grand public, il aurait sans doute été souhaitable pour le lecteur non anglophone de traduire toutes les citations. Au bilan, une contribution utile à notre réflexion, qui permet un point de situation sur les évolutions récentes outre-Atlantique dans ce domaine.

Editions du Cygne, Paris, 2015, 137 pages, 14,- euros.

ISBN : 978-2-84924-411-1

Guerres hybrides et COIN
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11 juin 2015 4 11 /06 /juin /2015 06:10

L'artillerie dans les guerres de contre-insurrection

Général Benoît Royal (Dir.)

Quand le général commandant l'école d'arme, également ancien communicant du SIRPA-T, prend l'initiative de diriger une telle publication dans une collection dont il a la responsabilité, on ne peut douter qu'il trouve à son arme toutes les qualités.

Pas de critique ou simplement de réserve donc, mais cela étant dit et pris en compte, le volume ne manque pour autant pas d'intérêt, loin de là. En effet, il s'organise autour de neuf chapitres thématiques qui correspondent à des missions, définies par des verbes : "Détruire", "Ratisser", "Dissuader", "Encercler, cloisonner, interdire", Détecter", "Coordonner et conseiller", "Protéger", Simuler" et "Ruser", et son contenu laisse une très large place à de nombreux, précis et souvent longs témoignages d'officiers de différents grades engagés dans des opérations extérieures récentes. Du Liban aux Balkans, d'Afghanistan en Afrique, nous disposons donc d'une large palette d'informations sur les possibilités et les effets de l'artillerie, dans des environnements géographiques et tactiques bien différents. En calquant les exemples sur les différents modes d'action souhaitables ou possibles en contre-insurrection, le livre permet également de "réviser" quelques fondamentaux de guerre asymétrique moderne (même si quelques cas font écho à des situations antérieures).

Alors, bien sûr, les autres armes ont également évolué dans le même temps et le progrès technologique n'est pas la prérogative des artilleurs. Mais de nombreux lecteurs apprendront sans doute beaucoup sur les capacités en matière de renseignement ou de coordination interarmes par exemple. On apprécie d'ailleurs les nombreuses références faites aux documents du Centre de doctrine d'emploi des forces, qui permettent de replacer le(s) rôle(s) particulier(s) de l'artillerie dans le cadre plus large d'une opération. A ces différents titres, l'ouvrage sera très certainement apprécié de tous les amateurs.

Economica, Paris, 2015, 141 pages, 15,- euros.

ISBN : 978-2-7178-6804-3.

Potentiel de l'artillerie
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4 septembre 2014 4 04 /09 /septembre /2014 06:00

 

La dernière guérilla du Che

Thierry Noël

L'image massivement utilisée dans des produits commerciaux de toutes sortes d'Ernesto Che Guevara reste néanmoins, paradoxalement, associée à un étonnant romantisme révolutionnaire qui fait de l'ancien camarade de Castro un héros tragique, presque shakespearien, de la révolte des petits et des pauvres contre le capitalisme... Le livre de Thierry Noël, spécialiste de l'armée bolivienne à laquelle il a consacré sa thèse, détaille pour nous les circonstances de sa fin en 1967.

Alors que la plupart des auteurs prennent pour argent comptant ce que le Che a lui-même écrit de sa brève aventure bolivienne, il travaille à partir de sources multiples et prend en compte le point de vue bolivien, en particulier grâce aux témoignages publiés localement et sur la base d'entretiens avec 70 officiers ayant servi dans les années 1960. En six chapitres, Thierry Noël nous entraîne de Cuba en Bolivie et présente dans les deux premières parties le contexte et le début de l'aventure. La troisième s'intéresse à la difficile implantation d'un maquis sur un territoire assez hostile et peu peuplé, à la recherche de soutiens extérieurs par le gouvernement bolivien, aux conditions du déclenchement de l'aide américaine (réservée) car l'armée bolivienne, très pauvrement équipée et mal instruite, connait rapidement quelques échecs. Replaçons les choses à leur niveau : les engagements concernent rarement plus de quelques dizaines d'hommes ("Le 17 avril, le Che prend donc une décision importante : la guérilla, composée de 47 membres, est scindée en deux groupes. Il garde avec lui l'avant-garde et le centre, soit une trentaine de combattants"). Pour lutter contre cette guérilla naissante, il faut créer des structures de formation adaptées et l'auteur sait dresser le portrait des jeunes officiers qui se portent volontaires. On y croise bien sûr Régis Debray (qui se manifeste semble-t-il surtout en voulant quitter la zone rebelle et la protection qui lui assure son statut de Français et sa famille). Poursuivis par les unités boliviennes, manquant de ravitaillement et de médicaments même si les paysans les accueillent favorablement (ils "apprécient le fait que les rebelles paient généreusement les biens qu'ils leur achètent") tout en restant insensibles aux discours sur la révolution internationale. Le gouvernement bolivien et l'armée mettent progressivement sur pied une organisation fiable de collecte du renseignement et des unités adaptée au harcèlement des guérilleros. Le Che parvient à s'échapper de la zone dans laquelle il était jusqu'à présent contenu et à jeter brièvement le trouble dans la région voisine,  où il est bientôt repéré et poursuivi : "L'armée continue à faire ,n'importe quoi, mais il y a des unités qui ont l'air d'être très combatives" écrit-il. De fait, en septembre, "les guérilleros ne sont plus qu'une vingtaine" et les paysans lui deviennent de plus en plus hostiles. Au début du mois d'octobre, localisés avec précision, les derniers fidèles du Che sont encerclés par les Rangers du capitaine Prado. Un ultime combat s'engage le 8 octobre : blessé, Guevara est fait prisonnier. Comme pour les événements antérieurs, "des centaines de choses ont été écrites, plus douteuses et romancées les unes que les autres" sur les dernières heures du révolutionnaire perdu au coeur de l'Amérique latine, tandis que les survivants pourchassés tentent de sortir du pays : trois Cubains pourront rentrer à La Havane plusieurs mois plus tard (via Paris).

"Echec sanglant annoncé dès les prémices de l'aventure", la mort transforme le Che en héros dont nul ne peut plus remettre en cause les choix et les décisions. Par ailleurs, quelques mois après les événements, "l'armée bolivienne se trouve totalement dépossédée de sa victoire, autant par les partisans du guévarisme naissant que par les Etats-Unis", armée bolivienne d'ailleurs traversée par des mouvements d'insatisfaction et même de révolte. L'auteur souligne aussi que la place des services américains n'a pas été, en réalité, ce que l'on a pu écrire par la suite. L'épisode mal connu de la guérilla "néo-guévariste" de Teoponte en 1970-1971 cloture ce livre atypique qui passionnera les amateurs.

Vendémiaire, Paris, 2014, 188 pages, 18 euros.

ISBN : 978-2-36358-129-7.

Une vidéo de présentation par l'auteur : ici.

Héros de T-Shirts
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10 mars 2014 1 10 /03 /mars /2014 06:30

Dans la tête des insurgés

Hugues Esquerre

Nous avions immédiatement chroniqué le livre lors de sa sortie, mais il nous semble intéressant de revenir sur ce titre qui continue à faire parler de lui, à travers l'analyse d'un jeune étudiant.

Avec Dans la tête des insurgés, Hugues Esquerre, s’attarde sur la vision des insurgés dans leur guerre menée contre les forces légalistes. Il décrit ici avec précision les spécificités et les enjeux du mouvement insurrectionnel afin de mieux pouvoir le contourner.

Hugues Esquerre introduit son propos en définissant ce qu’est une insurrection. Il l’identifie en la différenciant de mouvements proches que sont la conjuration, la révolution populaire ou encore la guerre de partisan. L’insurrection est un acte préparé, organisé, qui a pour but de renverser un système établi par la violence, en détruisant ses structures. Le mouvement insurrectionnel ne s’arrête que lorsque le pouvoir est acquis par les rebelles. Hugues Esquerre explique ce concept pour nous faire comprendre comment pense et réagit un insurgé, et ainsi savoir ce qu’il est, pour mieux contrer sa menace. L’auteur nous explique en quoi ces « petites guerres » divergent des guerres de haute intensité. Dans le mouvement insurrectionnel, l’insurgé a une place primordiale, bien plus que la technologie ; d’autre part l’élément politique du mouvement, synonyme d’idéologie, pousse les rebels à utiliser des moyens coercitifs illégaux tel que le terrorisme. Cette idéologie est au cœur du mouvement insurrectionnel : elle est un système d’idées constituant le corps de la doctrine politique à la base du comportement des insurgés. L'auteur nous livre son point de vue en s’appuyant sur sept parties principales. Ces axes permettent d’explorer les spécificités du mouvement insurrectionnel pour mieux le comprendre et le combattre. Il analyse ainsi les idées de Karl Marx, les écrits de Lénine, Mao, Guevara, les actions des FARC, de l’ETA, d’Al-Qaida et bien d’autres.

Ces sept parties, qui sont aussi sept piliers nécessaires au développement et à la réussite d’une insurrection, sont les suivants : la stratégie du mouvement, son organisation, l’insurgé, l’action coercitive, l’action subversive, la population et enfin la logistique. Ces axes nous mènent au cœur de la volonté implacable de l’insurgé : renverser le pouvoir en place, par tous les moyens et sans aucune conciliation possible, afin d’imposer son idéologie. La victoire politique est l’objectif de tout mouvement insurrectionnel, plus important encore que la victoire militaire, même si les deux sont inséparables. Hugues Esquerre analyse alors trois phases successives nécessaires à la réussite, parties prenantes de la vision maoïste de l’insurrection. Il s’agit de pénétrer la population, mener des actions offensives de guérilla et de terrorisme, puis prendre le pouvoir via une armée conventionnelle une fois le gouvernement légaliste à bout de souffle. Pour l’auteur, une bonne organisation de l’insurrection se fonde sur quatre piliers distincts et autonomes. Tout d’abord l’organe politico-administratif, moteur du mouvement insurrectionnel et gardien de son crédo ; l’appareil militaire qui gère les unités de guérilla et le renseignement ; la branche terroriste, bien distincte et bénéficiant de ses propres capacités ; enfin le quatrième pilier, composé de vitrines légales telles qu’un parti politique ou des associations qui offrent à l’insurrection une tribune permanente, des représentants dans les médias, et un moyen de faire adhérer la population aux idées du mouvement. Ces quatre organes ne sont liés entre eux que par leurs chefs et par la tête du mouvement. Au sein de l’organisation, la discipline et l’unité sont la clé d’un bon fonctionnement. De même, la culture du secret et l’autonomie des unités sont essentielles.

Les insurgés, comme l’auteur le souligne, sont « le cœur de la lutte et l’instrument de la victoire » (p.102). L’activisme de ces hommes est décelé puis conforté par les membres de l’insurrection, les nouvelles recrues sont formées et affectées dans les unités où elles seront le plus utiles. Ce sont ces insurgés qui mèneront les actions de guérilla et de terrorisme indissociables de tout mouvement insurrectionnel. Hugues Esquerre souligne alors avec brio que ces actes - outre leur effet matériel sur les forces de sécurité du pouvoir légaliste - ont une portée psychologique extrêmement importante. En effet les actions coercitives imposent la peur et décrédibilisent le pouvoir légal. Les actes de violence sont relayés par l’action subversive, elle aussi vue comme une véritable arme insurrectionnelle. Il s’agit de la propagande et des actions politiques de l’insurrection, qui amènent des preuves de l’incapacité du gouvernement à protéger la population. L’auteur insiste sur ce point : acquérir le peuple à la cause est un élément indispensable. Ainsi l’insurrection doit savoir convaincre et impressionner la population afin d’obtenir son soutien ou au moins sa passivité. Hugues Esquerre termine par l’importance de la logistique dans le mouvement insurgé : financement, stock d’armes, soutien sanitaire, moyens de communication, ainsi que création de sanctuaires sont essentiels aux actions opérationnelles du mouvement. Seuls ces éléments peuvent permettre le bon déroulement des opérations de combat, sachant que les mouvements insurrectionnels se caractérisent déjà par une rusticité certaine.

Cet ouvrage nous ouvre les yeux sur la réalité méconnue des mouvements insurrectionnels. Hugues Esquerre nous offre un récit complet et n’hésite pas à revenir sur des thématiques importantes et à apporter des précisions au fil des axes qu’il développe. Peut-être aurait-il été bienvenu d’étayer ses propos avec quelques schémas et un sommaire en début d’ouvrage. Quoi qu’il en soit, il s’agit là d’un livre dont la lecture est tout aussi agréable qu’aisée et l’importance des connaissances apportées sur ce sujet peu exploité est indéniable.

Romain STOKOWSKI

Editions du Rocher, Monaco, 2013, 320 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-268-07566-2

 

Naissance et développement des rébellions
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6 février 2014 4 06 /02 /février /2014 06:05

Général Jacques Hogard

Stratège de la contre-insurrection

Mériadec Raffray

Depuis la fin de la guerre froide, les formes d’affrontement ont changé de visage. Les grandes batailles opposant des armées régulières, telles qu’on les imaginait dans la lignée de la Seconde Guerre mondiale, le recours redouté au feu nucléaire ont fait place aux opérations de maintien de la paix et/ou aux conflits de basse intensité marqués par la guerre subversive.

Cette dernière n’est toutefois pas nouvelle. Lors des conflits indochinois et algérien, les théoriciens militaires français ont été amenés à l’analyser dans le cadre de la guerre révolutionnaire à laquelle ils ont été confrontés. Les stratèges américains ont redécouvert ces dernières années l’école de pensée française, forgée durant ces guerres d'Indochine et d'Algérie. Mais ils ont oublié un théoricien majeur, le général Jacques Hogard. Le grand mérite de l’ouvrage de Mériadec Raffray, réalisé à partir d'une étude effectuée pour le bureau recherche du CDEF, réside dans le fait qu’il tire ce dernier de l’oubli et met à la disposition des lecteurs une analyse approfondie de la guerre subversive et des techniques susceptibles d’y répondre efficacement.

Saint-Cyrien, sous-lieutenant d’infanterie coloniale en 1940, cité pour sa conduite au feu, Jacques Hogard connaît cinq années de captivité, qu’il achève à Colditz, où sont regroupés les officiers coupables de tentatives d’évasion répétées. Il combat ensuite en Extrême-Orient de 1945 à 1953, au Cambodge et au Laos (passant quelques mois seulement en France en 1949-1950). C’est pour lui l’occasion de mettre au point un processus de reconquête territoriale face à la subversion communiste.

De retour en métropole, il est affecté au « Centre d’études asiatiques et africaines » sous les ordres d’un autre grand praticien des conflits révolutionnaires, le colonel Lacheroy. Admis à l’École de Guerre, il en sort major de promotion. Nanti du prestigieux diplôme, il rejoint ensuite l’Algérie où, commandant de secteur, il s’efforce de mettre en pratique les conceptions héritées de ses séjours en Indochine et mûries durant ses années parisiennes. L’efficacité de ses méthodes pour reconquérir la population est reconnue, mais sa sympathie affichée pour la cause de l’Algérie française freine son avancement jusqu’en 1968, où son action efficace au sein des armées lui vaut un retour en grâce. Après avoir commandé le 5e RIAOM (régiment interarmes d’outre-mer) à Djibouti, le général Hogard dirige le groupement d’instruction des troupes de marine, autrement dit la maison-mère de son arme, à Fréjus, avant d’achever sa carrière à Paris, à la tête de l’ESORSEM (école supérieure des officiers de réserve du service d’état-major).

Loin d’être une hagiographie, l’ouvrage constitue avant tout la présentation exhaustive et ordonnée d’une pensée militaire originale et profondément cohérente. Dans la guerre subversive, toute l’action et toutes les pratiques tactiques demeurent fondées sur une évidence : l’objectif est de gagner puis de conserver la confiance et l’appui de la population. Dès lors, le contrôle du territoire ne constitue pas la finalité mais la conséquence de cette adhésion, le bénéfice que l’on en tire. Jacques Hogard résume d’ailleurs cela en une phrase-clef : « Les opérations n’ont d’intérêt que dans la mesure où elles favorisent la pacification ».

Les analyses théoriques, mises en forme par M. Raffray, à partir des articles et des notes conservées par la famille du général, pointent très nettement les erreurs commises en Indochine, où l’on pratique (faute parfois de moyens suffisants ou de motivation idéologique) une approche plus « classique » du conflit. Surtout, techniques et tactiques de la guerre révolutionnaire sont parfaitement comprises, exposées et disséquées pour aboutir à une analyse systémique claire. Fort logiquement, ayant mis en lumière les techniques d’agression, de déstabilisation et de mise en condition de la population par les forces révolutionnaires, Jacques Hogard rédige un véritable petit manuel de contre-subversion. À l’origine du TTA 117, la fameuse « Instruction provisoire sur l’emploi de l’arme psychologique », publiée en 1957, il demeure à cet égard le véritable instigateur de l’école française de stratégie contre-insurrectionnelle.

À l’heure où la guerre idéologique prend le pas sur les conflits de forme plus classique, on ne peut que remercier M. Raffray d’avoir tiré de l’oubli un penseur, mais surtout une doctrine qui n’a pas fondamentalement vieilli. En dépit d’un vocabulaire nécessairement un peu désuet, les analyses conservent toute leur pertinence. Et c’est peut-être là le principal intérêt de l’ouvrage : on ne nous présente pas une histoire finie mais un manuel aux concepts pleinement opératoires, que l’on peut lire et méditer à loisir.

Jean-François Brun

Economica, Paris, 2014, 127 pages, 19 euros.

ISBN 978-2-717-86659-9.

 

Contre-subversion
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28 octobre 2013 1 28 /10 /octobre /2013 06:30

Dans la tête des insurgés

Hugues Esquerre

Dans cette étude originale (que l'on peut, comme souvent sur des sujets sensibles, discuter en de nombreux points, mais qui apporte une vraie contriobution au débat), Hugues Esquerre revient sur la notion de lutte contre-insurrectionnelle en essayant de se "mettre dans la tête" de l'insurgé lui-même.

Il part du constat initial que "malgré de nombreuses différences apparentes, les insurrections et les insurgés à travers l'histoire ne sont pas si dissemblables et partagent de nombreux points communs", ce qui est à la fois vrai pour les fondamentaux et erroné pour les formes prticulières nous semble-t-il, et il donne de l'insurrection cette définition : "Forme de guerre qui permet à une petite minorité hautement déterminée et intransigeante de s'emparer du pouvoir grâce au contrôle exercé sur la population d'un pays en ayant recours à la violence et à des moyens illégaux". Il en recherche donc les invariants dans l'histoire, sur tous les continents, depuis Spartacus jusqu'aux manifestations les plus récentes. L'ouvrage est organisé en grandes thématiques qui partent du général pour arriver au particulier : "La stratégie" (où et quand lancer l'insurrection), "L'organisation" (la structure, le secret, l'autonomie), "L'insurgé" (tentative de typologie, formation, sélection et rôle des chefs), "Le recours à la violence" (peut-on distinguer entre guérilla et terrorisme), "L'action psychologique" (avec un chapitre sur le renseignement), "La population" (qu'il faut à la fois convaincre et/ou intimider), et "La logistique" (avec la question du financement de la révolte et l'existence d'indispensables bases arrière sanctuarisées). Les exemples historiques sont très nombreux (et l'on ne peut s'empêcher d'en contester parfois quelques uns) mais le texte fluide a souvent tendance à emporter l'adhésion du lecteur. De nombreuses références aux écrits antérieurs (particulièrement XIXe - XXe siècles) ponctuent le discours et l'on a, à tout le moins, le sentiment d'un livre mûri par son auteur. En particulier, il met en relief le caractère fortement préparé, organisé, méthodique d'une rébellion qui rencontre le succès : l'enthousiasme populaire n'y est souvent en réalité que pour fort peu, et là réside une des ereurs assez classiques des élites légales en place. Pour en venir à bout, il s'en remet finalement peu ou prou à la formule bien connue de Templer : "Toute position considérant le travail normal  du gouvernement civil et l'action militaire d'urgence comme deux choses différentes doit être combattue pour le bien commun. Ces deux activités sont complètement et étroitement imbriquées". L'action globale en quelque sorte, notion mise en relief depuis plus d'une centaine d'années au moins par ceux qui ont été confrontés à ces situations. Mais condition, oh combien !, difficile à réaliser, comme le montre la plupart des expériences récentes.

Un bon ouvrage à la fois de réflexion et de synthèse qui complètera utilement votre bibliothèque sur le sujet.

Editions du Rocher, Monaco, 2013, 320 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-268-07566-2

Réflexions sur la COIN
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24 avril 2013 3 24 /04 /avril /2013 06:50

L'Irak, dix ans après

COIN-IRAK.jpg

Le site  War Studies Publications signale la mise en ligne par les éditions Routlege d'un ensemble de 40 articles sur la guerre d'Irak en 2003. Parmi les thèmes traités : 10 articles sur la contre-insurrection et 10 autres sur les questions de renseignement.

Accès gratuit au texte intégral : http://warstudiespublications.wordpress.com/2013/04/10/iraq-war-10-years-on/

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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