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21 avril 2015 2 21 /04 /avril /2015 06:00

Talleyrand

Le prince immobile

Emmanuel de Waresquiel

Troisième édition en format poche cette fois, pour ce désormais classique, mais aussi édition augmentée et complétée (cf. les références et la bibliographie finale). Un 'must' pour tout amateur de cette période exceptionnelle que fut le passage du XVIIIe au XIXe siècle.

Auteur reconnu et excellent spécialiste de la période impériale au sens large, Emmanuel de Waresquiel nous livre ici non seulement une biographie du prince de Bénévent, mais une véritable chronique des régimes qu'il fit le choix de servir successivement, de l'Ancien régime à la Restauration en passant par les troubles révolutionnaires et l'épopée impériale. Au fil des pages, le personnage se dessine sous nos yeux et prend vie. Sans doute contrairement à ce que souhaite l'auteur, il ne s'avère pas être très sympathique (du moins à mon point de vue, même si je le trouve tout particulièrement passionnant). S'il a effectivement de hautes qualités, il est également plus qu'âpre au gain, toujours à court d'argent et avide de nouvelles ressources, méprisant pour ses contemporains qu'il utilise mais n'aime pas, sachant manipuler les hommes et peut-être surtout les femmes, nombreuses à servir ses objectifs, grand amateur de jeux de cartes et doté d'un sens exceptionnel de la répartie. On connaît la formule de l’empereur évoquant « le vice appuyé sur le bras du crime », et celle plus crue de « la merde dans un bas de soie ». Aucune ambiguïté : le vice ne peut être que Charles-Maurice de Talleyrand-Périgord, évêque d’Autun, prince de Bénévent. L’un des derniers représentants d’un monde en train de disparaître. Bien sûr, l’attrait de l’argent sert en quelque sorte de fil rouge à sa vie : entre dessous de table purs et simples, commissions confidentielles et « indemnités » diverses, l’homme brasse (et dépense, car son train de vie est exigeant) des sommes particulièrement considérables, et la question pourrait être récurrente tout au long de sa vie : totalement corrompu et traître prêt à se vendre au plus offrant, ou fin politique sachant simplement monnayer ses talents pour parvenir au résultat qu’il s’est fixé ? Cette belle biographie de plus de 1.000 pages permet d’aborder toutes les facettes du personnage au cours d’une existence qui connaît la disparition de l’Ancien régime dont il portait l’un des noms les plus éminents ; le processus révolutionnaire, de la Constitution civile du clergé aux séjours anglo-saxons et des manipulations financières à la manipulation des femmes ; le Consulat -dont il favorise l’instauration- et l’empire, puissant ministre des Affaires étrangères, évêque défroqué et marié, puis séparé, à la tête d’une immense fortune, élevé au rang de prince par Napoléon mais qui conserve ses entrées chez les ennemis de l’empereur. Il est au cœur des manœuvres qui organisent le retour des Bourbons, chef du gouvernement provisoire et « quasi-roi de France » ; avant d’être disgracié. Entre son immense propriété de Valençay, d’où il favorise le développement économique de l’Indre, et Paris, où il rejoint l’opposition libérale aux Ultras de la Restauration, il trouve encore le temps d’écrire et d’entretenir son réseau d’amitiés européennes. Il reste ainsi au courant, sinon au cœur, des principales tractations continentales, jusqu’à ce qu’il soit rappelé aux affaires, comme ambassadeur à Londres, où il représente la monarchie de Juillet (il resta d'ailleurs durant toute sa carrière très lié aux élites anglaises). Serviteur de tous les régimes, il a su vivre, mais sait aussi mourir. A l’abbé qui lui administre l’extrême-onction, il trouve la force de rappeler : « N’oubliez pas, monsieur l’abbé, que je suis évêque ».

Une biographie indispensable pour quiconque s’intéresse à cette époque de bascule entre deux monde, de la fin du XVIIIe et du début du XIXe siècle. Un petit volume à lire et à conserver.

'Texto', Tallendier, 2015, 1079 pages. 12,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0877-9.

Prince de Bénévent

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7 avril 2015 2 07 /04 /avril /2015 06:00

Winston Churchill

François Kersaudy

Auteur prolifique et bien connu, spécialiste de la période de la Seconde guerre mondiale à laquelle il a déjà consacré plusieurs ouvrages, François Kersaudy nous propose ici une nouvelle édition revue et augmentée de sa biographie de Winston Churchill publiée pour la première fois en 2000.

Même lorsque l'on connaît déjà bien les événements de ce long XXe siècle et la carrière de Churchill, on apprend beaucoup à la lecture de l'ouvrage, tant il est détaillé et aborde des facettes différentes du vieux lion britannique. Personnage totalement atypique, hors norme, héritier d'une ancienne dynastie de la haute noblesse anglaise (duc de Marlborough) qui se distingua aussi bien au service de l'Etat que dans des vies dissolues et alcolisées, Winston (Spencer) Churchill a profondément marqué l'histoire britannique, européenne, mondiale. Tour à tour et parfois alternativement officier, journaliste, parlementaire, membre du gouvernement, auteur, peintre, grand consommateur de cigares et buveur impénitent, esprit vif, perspicace et homme de toutes les idées (même les moins bonnes), il a le sens de la formule, y compris dans l'auto-dérision. On ne peut pas résumer en quelques lignes cette monumentale biographie, mais il est certain qu'elle fera date. De l'homme public (entré au Parlement à 26 ans en 1900, il quitte le gouvernement au milieu des années 1950) comme de l'homme privé, vous saurez tout, y compris dans sa conception de l'empire britannique dont il fut sans doute le dernier héros. La guerre des Boers, les Dardanelles, le ministre des Munitions, les traités de paix, l'entre-deux-guerres, les années 1939-1940 puis la résistance des îles britanniques au IIIe Reich, l'entrée en guerre des Etats-Unis et les relations ambigües avec l'allié soviétique, les grandes conférences internationales et le retour de la paix en Europe, le rideau de fer et le début du processus d'unification de l'Europe occidentale, la disparition des territoires ultramarins coloniaux, autant de sujets et de thèmes qui passionneront les amateurs français.

Un livre qui compte déjà dans la bibliographie en français.

Tallandier, Paris, 2015, 699 pages. 28,90 euros.
ISBN : 979-10-210-0840-3.

Le dernier lion britannique

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28 mars 2015 6 28 /03 /mars /2015 06:15

Franklin D. Roosevelt

Yves-Marie Péréon

Au cours des dernières années, plusieurs ouvrages importants ont été consacrés aux Etats-Unis de l'entre-deux-guerres, au président Roosevelt ou à sa femme. Parmi ceux-ci, le livre d'Yves-Marie Péréon, que nous chroniquions en novembre 2012 (ici) et que nous vous invitons à retrouver (et qui est à lire paralèllement à la biographie de son épouse Eleanor -ici-). Cette excellente biographie, qui s'appuie sur un très solide appareil de sources et références, à la fois dense et facile à lire, mérite d'être connue de tous ceux qui s'intéressent à la politique américaine et au rôle des Etats-Unis dans le monde, et veulent aller au-delà du discours commun sur le New Deal ou sur le début de la Seconde guerre mondiale. Un ouvrage de référence à petit prix.

'Texto', Tallandier, Paris, 2015, 651 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-1011-6.

Une histoire américaine

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23 mars 2015 1 23 /03 /mars /2015 06:00

Lincoln

L'homme qui sauva les Etats-Unis

Bernard Vincent

Le président américain de la guerre civile est entré dans la légende à la fois par sa décision d'abolir l'esclavage et par son assassinat à la fin du conflit, en avril 1865. Cette réédition de sa biographie en format poche mérite que l'on s'y arrête.

Rappelant en introduction qu'aux Etats-Unis, "le culte de Lincoln est presque une religion", Bernard Vincent s'efforce de retrouver l'homme, le politique et une vie particulièrement mouvementée derrière la légende. Globalement, la première moitié du livre traite de la vie de Lincoln avant son élection à la présidence. Il nous confirme la naissance dans une cabane de rondins, dans le Kentucky, et une jeunesse marquée par le travail ("bûcheron, laboureur, manoeuvre, gagnant un tiers de dollar par jour pour tuer des porcs, débiter des troncs d'arbre, construire des palissades ou des bacs"). Multipliant avec sa famille les déménagements, toujours pratiquant les petits boulots qui permettent de survivre, il se fait remarquer pour ses qualités intellectuelles, tate de la politique locale, se cultive (il est en grande partie autodidacte) : élu dans l'Illinois au début des années 1830, il est un parlementaire local assidu, considéré comme moderniste. L'auteur fait ici un sort à la soit-disant réputation d'homosexuel de Lincoln, et s'attarde sur la vie privée et sentimentale du futur président, puis sur ses premières relations avec la Franc-maçonnerie. Il entre alors dans un cabinet de justice et devient avocat itinérant, "et fut bientôt en mesure de rivaliser avec les meilleurs". Toujours élu dans l'Illinois, il se lance peu à peu dans la politique nationale en soutenant les candidats de son parti aux élections présidentielles, tandis que sa vie professionnelle et sa vie privée connaissent des hauts et des bas. Ses difficultés financières l'obligent d'ailleurs à s'éloigner un temps de la politique pour pouvoir faire vivre sa famille. Néanmoins, élu au Congrès en 1846, il adopte une position beaucoup plus nuancée que ses pairs et camarades à la fin de la guerre avec le Mexique, ce qui lui vaut nombre d'inimitiés, y compris dans son camp. La question de l'esclavage prend alors une importance croissante dans la vie politique américaine ("Au Congrès, c'était à qui brandirait le plus de pétitions en faveur d'une abolition générale"), mais sa carrière connait un nouvel arrêt et il lui faut reprendre provisoirement son activité d'avocat : "C'est la question de l'esclavage qui peu à peu ramena Lincoln vers la politique" en 1850-1854. Divisée entre douze Etats esclavagistes et douze Etats libres, la république américaine vit de compromis en compromis, situation qui ne peut durer éternellement. L'entrée du Kansas et du Nebraska dans l'Union menace de rompre les fragiles équilibres et Lincoln, réélu dans son Etat, doute de son parti comme d'une grande partie des appareils officiels. Il devient alors, en 1856, l'un des fondateurs du nouveau parti Républicain et participe activement à de longs et houleux débats sur la question de l'esclavage (affaire Dred Scott, controverse Lincoln-Douglas, affaire John Brown), dans un contexte très particulier : celui d'un pays fédéral en cours d'expansion, dont les différents niveaux de législations évoluent. Investi (difficilement) par son parti, alors que la menace d'une scission au sein de l'Union est régulièrement évoquée, il est élu président des Etats-Unis à la fin de l'année 1860, et Bernard Vincent raconte avec un luxe de détails tous les événements, tous les incidents de cette période qui précède son accession à la magistrature suprême. La deuxième moitié du livre est donc consacrée à la période la plus connue, la plus brève aussi, celle qui couvre le mandat de Lincoln et la guerre civile, à partir de l'attaque de fort Sumter par les Sudistes. Le livre se situe alors assez généralement et logiquement dans la sphère politico-militaire, qu'il s'agisse de la direction générale de la guerre et des nominations aux postes de commandement, ou du processus d'émancipation et de libération des esclaves. Mais il y a aussi le drame familial de la perte de son fils, Willie, et les conséquences qui furent les siennes pour le couple Lincoln. Ses rapports se détériorent avec le populaire général McClellan, finalement démis de ses fonctions et l'auteur donne de nombreux chiffres sur le caractère "total" de la guerre civile : "La guerre de Sécession fut une guerre du tout ou rien, une guerre absolue où tout était permis". Il revient également sur les principaux engagements militaires, mais aussi sur les "émeutes anticonscription et bientôt négrophobes" qui se développent dans les grandes villes du Nord et dont on parle généralement très peu. La durée du conflit a progressivement des effets sur la santé du président qui, en dépit de la résistance de la Confédération, est (difficilement) reconduit dans ses fonctions. Alors qu'il s'efforce de faire accepter envers les anciens adversaires une forme de pardon pour cicatriser au plus la déchirure qui a traversé le pays, la période de transition qui s'ouvre est marquée par d'innombrables excès, mais le président semble finalement plus détendu, presque heureux. Son dernier petit déjeuner avec son fils revenu de l'état-major de Grant, sa dernière journée de réunion en réunion, son assassinat au théâtre enfin.

Une biographie très complète, qui nous fait connaître dans le détail un homme complexe, self-made man, au parcours exceptionnel, sans jamais oublier de replacer ses pensées et ses actes dans le contexte régional et national du moment.

Editions Archipoche, Paris, 2015 (rééd.), 523 pages. 8,65 euros.

ISBN : 978-2-35287-730-1.

Mythe américain

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24 janvier 2015 6 24 /01 /janvier /2015 06:20

Pierre Laval vu par sa fille

D'après ses carnets intimes

Yves Pourcher

Resté dans la mémoire collective, depuis son exécution en 1945, comme le "salaud intégral", Pierre Laval a d'abord été l'un des très grands hommes politiques de la IIIe République, trois fois président du Conseil et quatorze fois ministre, auprès duquel se pressait alors une foule de courtisans, d'admirateurs, etc... Cette réédition (première parution en 2002) est donc tout-à-fait intéressante.

Dans ce récit qui s'étend des années 1920 à la mort de Josée de Chambrun, fille de Pierre Laval, en 1992, et même au-delà pour ce qui est des fins de trajectoire familiale. Au fur et à mesure du récit, qui intègre de très nombreuses citations d'autres témoins et acteurs de l'époque (on se reportera à la longue bibliographie en fin de volume), la personnalité de Laval apparaît de façon presque ambigüe, mais le portrait de sa (ravissante) fille est tout aussi complet, et finalement c'est presque cet aspect là qui domine. Pour résumer, sa fille l'adore, l'aime, le défend bec et ongles, tandis que la plupart des autres (surtout après 1945, mais des mots cruels ont été prononcés ou écrits parfois bien avant la guerre...) sont extrêmement critiques. Laval est surtout présenté sous trois angles : le politique habile, qui pense que tout peut se régler par la négociation ; le pacifiste absolu prêt à tout accepter pour éviter la guerre ; l'Auvergnat parti de peu qui a su constituer un patrimoine important et le gérer avec profit. Sa fille, Josée, quoique l'auteur puisse écrire, est très vite prise dans le tourbillon d'une vie typique de la (très) haute société où l'on croise quotidiennement, naturellement, pour les repas et les sorties, les plus grands noms politiques, industriels, journalistiques de France ; un fonctionnement entre soi et en réseau d'un monde qui sait parfaitement s'adapter à la défaite de juin 1940 pour continuer à vivre au mieux. Parmi les hommes célèbres du temps, Pétain appartient d'ailleurs au groupe de ceux qui, ponctuellement, déjeunent ou dînent avec le président Laval dès les années 1930. Pour la fille, qui accompagne son père dans ses déplacements internationaux, le tout-Paris se croise à Saint-Moritz comme il se retrouvera plus tard au Maxim's avec la fine fleur de l'armée allemande d'occupation, entre les "de X" ou "de Y", les Rothschild, les Schneider, les Citroën, quelques princesses, des diplomates et des patrons de presse. D'ailleurs, Josée nous le dit : "Au printemps 1934, la mode était si belle"... Et entre deux visites ou représentations pendant l'Occupation, "elle est à la collection Rochas et, les jours suivants, chez Lanvin, Schiaparelli, France Ohé". Alors, bien sûr, en 1944 et 1945, "la douleur", "les angoisses", "l'injustice"... On se dit aussi que la victoire du Front populaire en 1936 ne tient pas qu'à l'opposition des masses laborieuses aux régimes autoritaires et doit sans doute beaucoup aux conditions sociales du temps. Ainsi, le livre est intéressant en ce sens qu'il nous montre l'envers du décor, ou plutôt l'intérieur de la maison. Certes, Laval aime sa fille, adore ses chiens (tiens, lui aussi ?) et se retrouve avec plaisir dans sa propriété de campagne. Mais cela en fait-il pour autant un personnage sympathique ? Et que peut-on penser de la vie et du quotidien de cette famille qui a, à plusieurs reprises, tant d'influence sur le destin de la France ?

Gêne et trouble à la lecture de cet ouvrage, par ailleurs très utile pour connaître certains dessous de la politique des années 1930. Un livre absolument à connaître, sans être dupe de tout ce que peut écrire Josée Laval en matière d'autojustification familiale.

Coll. 'Texto', Tallandier, 2014, 741 pages. 12,50 euros.

ISBN : 979-10-210-0709-3.

Réhabilitation d'un homme complexe

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16 janvier 2015 5 16 /01 /janvier /2015 06:00

Benoît XV

Pape de la paix

Yves Chiron

Devenu pape aux premiers jours de septembre 1914, Benoît XV sera sévèrement critiqué pendant la Grande Guerre mais "salué par des éloges unanimes" à sa mort en 1922, avant de tomber dans un relatif oubli. Cette belle biographie fait justice de tels mouvements d'opinion.

Pour les Français (y compris de nombreux catholiques), il est resté celui que Clemenceau avait qualifié de "pape boche", en oubliant que dans le même temps en Allemagne il était pour Ludendorff le "französisch Papst" (le pape français) ! Né en 1854 dans une ancienne famille génoise, il grandit donc dans l'Italie des guerres de l'unité, de l'annexion des Etats pontificaux au jeune royaume et de la "question romaine". Etudiant en droit et militant dans les mouvements de jeunesse catholique, il commence des études de théologie en 1875 et est ordonné prêtre en 1878. Il entre alors dans l'administration pontificale (en particulier des Affaires étrangères), dont il va gravir en vingt-cinq ans tous les échelons jusqu'à sa nomination comme archevêque de Bologne, l'un des plus importants diocèses d'Italie, à la fin de l'année 1907, et il est fait cardinal au printemps 1914. Or, dès le 20 août, le pape Pie X décède, entraînant la réunion du Sacré collège. Elu au dixième tour de scrutin le 3 septembre, il prend le nom de Benoit XV, alors que la guerre fait rage et que les cardinaux des puissances centrales ne cachent pas avoir voté pour lui mais que dans le même temps la France catholique se félicite de son élection. Son premier message pour la paix est diffusé dès le 8 septembre, repris et développé dans une encyclique deux mois plus tard : pour Benoit XV, "ce conflit est un châtiment sinon voulu par Dieu, du moins permis par Dieu : il est 'flagellum iracundiae', 'le fouet de la colère de Dieu avec lequel il fait justice des péchés des peuples'. On remarque le pluriel : le pape renvoie dos à dos les deux camps, coupables chacun des mêmes fautes". Cette position de difficile équilibre entre les deux alliances en lutte, cette "volonté de ne pas s'engager en faveur d'un camp mais de se situer au-dessus d'eux en essayant de faire prévaloir la justice et la charité" sera fort mal compris. La création d'un service d'assistance aux prisonniers, la sollicitude marquée pour la Belgique occupée, les relations toujours ambigües avec l'Etat italien, les multiples entretiens officieux avec tel ou tel représentant (plus ou moins mandaté) des puissances en guerre comme des neutres, les questions polonaise et arménienne sont autant de sujets qui animent l'action pontificale. Mais Yves Chiron s'intéresse aussi au fonctionnement de l'Eglise en tant qu'institution et aux réformes progressivement mises en place par le Souverain pontife, qui retrouve une présence dans tous les journaux européens et américains avec son offre de paix d'août 1917 : "Les réactions des pays belligérants furent diverses, mais la tonalité générale était négative", lui valant même le surnom de "Pilate XV" de la part d'un auteur pourtant catholique. Etranger aux armistices, exclu de la conférence de la paix (sur la demande expresse de l'Italie), le Saint Père se préoccupe de l'Orient et de la Palestine, qui passe sous mandat britannique, et des territoires catholiques européens où émergent de nouvelles nations : "L'histoire sera bien obligée de reconnaître un jour que la nouvelle carte avait été dressée par un fou". Le chapitre 11 est consacré à la question des missions d'évangélisation (dont les Missions étrangères de Paris) et le chapitre 13 aux positions doctrinales du pape et à sa "politique intérieure" au sein du monde catholique. Le chapitre 14 enfin détaille les relations qui se nouent progressivement entre le Saint Siège et le gouvernement italien, et deviennent plus régulières à partir de 1917 et surtout de 1919, conversations qui vont s'accélérer durant les années 1920 jusqu'à la normalisation des rapports par le concordat de 1929 (signé par son successeur), tandis que le chapitre 15 s'intéresse plus particulièremnt aux rapports avec la France, toujours agitée par la loi de séparation des Eglises et de l'Etat, où la figure de Jeanne d'Arc est mise en avant mais dont le gouvernement hésite à ouvrir une ambassade au Vatican. Benoit XV meurt rapidement, en 1922.

Un bilan finalement "globalement positif" pour ces sept années de pontificat et une biographie équilibrée qui doit être connue par tous ceux qui s'intéressent à l'histoire européenne du début du XXe siècle.

Perrin, Paris, 2014, 381 pages. 22,90 euros.

ISBN : 978-2-262-03702-4.

Pape du temps de guerre

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29 décembre 2014 1 29 /12 /décembre /2014 06:20

Gambetta

Le commis-voyageur de la République

Jean-Philippe Dumas

L'importance de la personnalité de Gambetta dans la vie politique française de la deuxième moitié du XIXe siècle justifiait pleinement la parution de cette (petite mais utile) biographie.

Celui qui, à trente ans, a battu aux élections législatives le vénérable Adolphe Thiers et le très célèbre Ferdinand de Lesseps, celui qui fut l'animateur du gouvernement de la Défense nationale et qui devait mourrir à 44 ans alors qu'il envisageait "un ambitieux programme de réforme des institutions" gagne à être connu. Cette biographie destinée au grand public est donc d'autant plus bienvenue que l'on refait aujourd'hui, ici ou là, référence à Gambetta. L'opposant au Second empire, qui pendant "l'année terrible" cumule à Tours les postes de ministre de l'Intérieur et de ministre de la Guerre, connait certes de nombreux échecs (dont militaires), mais est aussi celui qui propose une nouvelle voie politique réaliste, restée dans l'histoire sous le nom "d'opportunisme". Orateur hors pair, il "sent" littéralement les évolutions de l'esprit public et défend l'idée d'une république d'ordre, à la fois soucieuse des questions sociales mais qui évite aussi les excès anti-religieux. Chef du gouvernement en 1881, il inspire une longue lignée d'hommes politiques, tant à gauche qu'à droite de l'arc parlementaire et mérite donc d'être redécouvert.

Un volume facile à lire, maniable. Une bonne synthèse à conserver sur l'étagère "IIIe République" de sa bibliothèque. 

Belin, Paris, 2014, 169 pages, 20 euros.

ISBN : 978-2-7011-5241-7.

Naissance de la IIIe République

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17 décembre 2014 3 17 /12 /décembre /2014 06:33

Montgomery

Daniel Feldmann et Cédric Mas

Personnage très controversé, mais acteur majeur de l'histoire militaire britannique et européenne de la première moitié du XXe s., Montgomery méritait bien cette biographie que l'on doit aux auteurs d'un récent Rommel (ici).

En résumant très rapidement le parcours deleur héros dans la brève introduction, Daniel Feldmann et Cédric Mas observent que "la réflexion militaire de Montgomery ne se concentre pas vers un type d'arme ou une tactique, mais vers le commandement en lui-même, l'organisation de l'armée, l'entraînemùent, la planification, la sélection des hommes et leur moral". Entré à Sandhurst en 1907, il connait une scolarité un peu cahotique et rejoint les Indes dès décembre 1908. A partir de là, sa carrière est décrite avec précision (autant que le format du livre le permette) au cours de la Grande Guerre (chap. 2 et 3), durant l'entre-deux-guerres (chap. 4) et bien sûr au long de la Seconde guerre mondiale (chap. 5 à 11) puis dans l'immédiat après-guerre (chap. 12). Tout au long du texte, les anecdotes sont nombreuses, des chiffres fréquemment fournies, de nombreuses citations reprises. Le style est sobre et vif et les quelques cartes claires et lisibles (progrès confirmé donc chez Economica) l'accompagnent bien. En privilégiant les aspects strictement "militaires" de la vie de Montgomery, les deux auteurs s'éloignent de la biographie classique mais nous donnent aussi à mieux comprendre certaines décisions prises durant la Seconde guerre moniale. Quant à l'homme lui-même (par ailleurs très probablement fort peu agréable au plan humain, pour ses pairs comme pour ses chefs), c'est sans doute dans ses indiscutables qualités d'organisation et de planification en amont qu'il faut chercher la clef de ses succès et de sa réussite. 

Après la réédition récente des mémoires du maréchal britannique et la parution d'une autre biographie assez différente sous la signature d'Antoine Capet, voici un nouvel ouvrage qui complète utilement notre connaissance du personnage et plus largement de l'armée britannique sur la première moitié du XXe siècle. Un livre agréable à lire, riche d'informations et que tous les amateurs de la Seconde guerre mondiale se doivent de lire.

Economica, Paris, 2014, 183 pages, 19 euros.

ISBN : 978-2-7178-6699-5.

Monty

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24 octobre 2014 5 24 /10 /octobre /2014 06:00

La vraie vie du capitaine Dreyfus

Laurent Greilsamer

Chacun connait le nom du capitaine Dreyfus, mais qui est capable de raconter sa vie et de décrire sa carrière, en amont et en aval de "l'affaire" ? Ce livre donne de la chair à ce qui n'est pour la plupart qu'un nom.

Construit de façon strictement chronologique sur la forme de paragraphes parfois fort courts, choix rédactionnel de l'auteur : "un récit brut, chronologique, qui permet de mesurer ce que furent la solitude, les épreuves et le courage d'un militaire injustement accusé de trahison". Nous commençons dont notre périple à Mulhouse dans la deuxième moitié du XIXe siècle, "qui vibre aux accents de La Marseillaise mais parle allemand", puis suivons le jeune Alfred à Polytechnique, où il fait le choix de l'artillerie. Les pages suivantes résument sa carrière jusqu'au début de "l'affaire", avec une inclinaison de l'auteur à vouloir à toute force nous prouver que Dreyfus était appelé à "une carrière brillante, au plus haut niveau", ce qui tend certes les ressorts dramatiques de la suite de la biographie mais relève en partie de l'uchronie et ne repose que sur quelques déductions (il faut décrypter les feuilles de notes  annuelles au-delà du simple emploi de tel ou tel terme). Le récit suit ensuite le détail des procédures au cours des longues années pendant lesquelles Dreyfus est au coeur d'une tourmente politico-médiatico-judiciaire et militaire et l'auteur s'appuie fréquemment sur des lettres personnelles de Dreyfus. Les scènes sont décrites avec force (la dégradation, la vie quotidienne sur l'île du Diable) et l'on a vraiment le sentiment de comprendre le capitaine, de suivre pas à pas, presque au jour le jour, ses évolutions et tourments intellectuels, physiques et psychologiques, sa descente aux enfers. Le retour en France à la prison de Rennes, le procès public, les mensonges des uns et les faiblesses des autres, la seconde condamnation en septembre 1899, la grâce présidentielle qui lui permet de retrouver la liberté et de poursuivre son combat en réhabilitation, le refuge vauclusien et un repos qui permet de se reconstituer, les visites d'amis et de partisans de son innocence, puis le retour à Paris et enfin la préparation de son procès et le jugement de 1906 : le déroulement chronologique des faits est bien connu, mais Laurent Greilsamer nous les fait ici revivre à partir du regard de Dreyfus lui-même. C'est alors la cérémonie de réintégration dans l'armée comme commandant. Tout est-il fini ? Non, car il se bat encore pour faire admettre l'injustice d'une carrière brisée, doit se remettre d'un tentative d'assassinat (dont le responsable est acquitté dans une ambiance surchauffée). Plus grave au plan personnel peut-être, ses anciens soutiens et partisans semblent l'oublier et en viennent à lui reprocher de ne pas avoir transformé son cas personnell en machine politique : "Le destin lui commandait de refuser la grâce ; le destin exigeait qu'il se sacrifie sur l'autel de la cause ; le destin voulait qu'il meure pour le bien de la République". Que c'est facile à dire, ou à écrire, de la part d'un tribun ou d'un publiciste qui n'a été que spectateur du drame personnel. Enfin, survient la Grande Guerre, et Dreyfus est affecté comme officier de réserve sous les ordres de Gallieni pour la défense du camp retranché de Paris dont il commande l'artillerie de la zone nord. A sa demande (répétée), il est sur le front en 1917 et est promu lieutenant-colonel de réserve en 1918, avant de retourner discrètement à la vie civile à la fin de la guerre et de s'éteindre doucement (en dépit de la haine que certains continuent à lui porter) en 1935, son enterrement survenant presque symboliquement le 14 juillet.

Un livre qui se lit comme un roman, une vie de combat et de souffrances, décrite au niveau de l'homme lui-même.  

Tallandier, Paris, 2014, 216 pages. 18,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0134-3.

Au-delà d'un nom

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19 octobre 2014 7 19 /10 /octobre /2014 06:20

Gabriele D'Annunzio

ou le roman de la Belle Epoque

Dominique Lormier

Après une longue série d'ouvrages consacrés aux soldats français de la Seconde guerre mondiale, Dominique Lormier se lance ici dans le roman historique autour de la personnalité extraordinaire de Gabriele D'Annunzio. Son dernier ouvrage paru, consacré à La bravoure méconnue des soldats italiens, 1914-1918, 1939-1945 (non lu à ce jour), aurait pu nous pré-alerter, d'autant qu'il a déjà travaillé sur les années que passa le poète à Arcachon avant la Grande Guerre.

Ecrivant à la première personne du singulier, Dominique Lormier fait donc parler D'Annunzio, dont ce serait ici en quelque sorte l'expression des souvenirs personnels. Il raconte ainsi ses innombrables souvenirs littéraires et amoureux, agrémentant son discours de citations disant le plus grand bien de lui... La méthode est pour le moins curieuse, sauf à vouloir mettre en relief une auto-satisfaction hors norme. Le procédé se comprend si l'on considère que les grands esprits peuvent aussi être les plus excessifs, et les plus égocentriques. Il n'hésite pas d'ailleurs à se qualifer lui-même de "l'un des plus fins esprits des Lettres de l'époque". Un seul exemple : "Méprisant l'argent et courant sans cesse après lui, couvert de dettes autant que de femmes, je suis l'inventeur d'un style de vie qui fera fureur en Europe". Nous passons ainsi de Florence à Rome et  à Venise, nous avons droit à la description de ses romans et nouvelles, et à celle de son engagement en politique en 1897 : "Je me considère comme le descendant d'une lignée d'artistes et de mages, où je place Dante, Léonard de Vinci, Michel-Ange, Byron, Shelley, Saint-François d'Assise, Victor Hugo et Nietzsche. Je suis parvenu à accomplir l'union intime de l'art et de la vie" ! Rien de moins... Criblé de dettes et poursuivi par les créanciers, il s'installe en 1910 à Rome, puis à Paris, et nous présente en quelques pages un tableau (parfois acerbe) des élites du temps, tout en citant à nouveau les appréciations les plus élogieuses portées sur lui. Pour fuir une nouvelle fois ses créanciers (et une maîtresse intrusive), il trouve refuge à Arcachon, et nous avons alors droit une nouvelle fois au récit de ses escapades amoureuses, entre deux périodes de rédaction d'un nouvel ouvrage ou d'une nouvelle pièce ; nous le suivons à cheval, ou avec ses lévriers. Mise en scène garantie et spectacle quotidien. Un long chapitre (un peu soporifique) est ensuite consacré à ses visites et déplacements en Aquitaine et dans le Sud-ouest, sur fond de rencontres "magiques" et de recherches poétiques ("Espérant trouver la lumière de l'absolu par l'alchimie du verbe, je plie et presse tous les matériaux au service du mouvement essentiel, de l'emportement, de la libération, envol pur, épuisement jusqu'au brisement final") ; tandis que le suivant est organisé autour de la description d'une autre longue liste de maîtresses tour à tour séduites. Entre deux servantes, quelques bourgeoises et de vraies-fausses comtesses, nous croisons également quelques noms célèbres de la vie intellectuelle de l'époque. De retour à Paris en 1913 (pardon, "1912 + 1"), il poursuit sur le même ton et dans le même style. La Grande Guerre et les années qui suivent n'occupent finalement que les trente dernières pages et l'on reste ici sur sa fin, comme si l'essentiel de D'Annunzio avait été dans sa vie sentimentale... Il n'en oublie pas pour autant de rappeler qu'il a participé "aux opérations les plus périlleuses", dont il donne rapidement quelques exemples, et ne consacre que quelques pages rapides (et pourtant si atypique et lourde de conséquences) aventure de Fiume.

Au final, je n'en quitte pas l'ouvrage en appréciant davantage D'Annunzio, même en ayant le sentiment de mieux le connaître, et l'on peut se demander si le héros romantique en est grandi. Un livre sur la part d'ombre du héros ?  

Editions du Rocher, Monaco, 2014, 230 pages. 18,50 euros.

ISBN : 978-2-268-07617-1.

La présentation de son livre par l'auteur : ici.

Biographie romancée ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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