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19 avril 2013 5 19 /04 /avril /2013 07:01

Elevé à la dignité ...

Général Lucien Le Boudec, Mémoires, 1923-1954

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Les mémoires du général Le Boudec s’écartent avec bonheur des lois formelles du genre. L’auteur a choisi de laisser un témoignage de son parcours de vie en nous faisant partager sa correspondance avec sa mère. La conception de l’ouvrage s’avère en outre extrêmement agréable : chaque page de texte est en effet accompagnée de photographies, parfois de dessins ou de reproductions de documents. Le lecteur se trouve ainsi plongé visuellement dans l’ambiance des faits évoqués et peut, derrière les événements racontés, reconstituer, par petites touches, une époque désormais totalement révolue.

La pudeur dans les mots tout autant que l’humour ont pour vertu de dédramatiser la gravité de quelques situations. On devine là une tendresse filiale soucieuse de ne pas susciter trop d’inquiétude mais aussi une retenue élégante, inhérente aux valeurs du monde militaire dans ce qu’elles ont de meilleur. L’émotion le dispute toutefois à l’admiration face au parcours du général. Élevé par sa mère, confronté très tôt aux difficultés matérielles, Lucien le Boudec acquiert rapidement une grande maturité, étayée par des principes clairs et solides de droiture et d’honnêteté.

Son engagement dans les FFI, à vingt-et-un ans, suscite le premier des hasards destinés à orienter sa vie vers une carrière qu’il n’avait pas envisagée. Jeune sous-officier, il est admis à l’École militaire interarmes, fusionnée à l’époque à l’École spéciale militaire de Saint-Cyr. Élève-officier d’active de la première promotion d’après-guerre, il choisit, lors de l’amphi de sortie, les troupes coloniales (option cavalerie) et suit donc une année de spécialisation à Saumur. Il y découvre ce qui deviendra l’une de ses passions, l’équitation. Second hasard heureux, il a été breveté parachutiste, ce qui n’est pas encore le cas général dans les promotions, et peut donc rejoindre une unité aéroportée. Intronisé moniteur, il se lance dans la chute libre. Malheureusement, sa surdité d’une oreille l’empêche rapidement de pratiquer cette activité.

Mais Lucien Le Boudec est d’abord soldat dans l’âme. Volontaire pour l’Indochine, son premier séjour, de 1949 à 1951, lui vaut une blessure et trois citations. De retour en France, il fait la connaissance de son nouveau chef, le commandant Bigeard, qui instruit soigneusement son 6e bataillon colonial de commandos parachutistes. L’unité embarque ensuite en juillet 1952 pour l’Indochine. Les lettres du lieutenant Le Boudec permettent de suivre de l’intérieur ses combats et sa vie quotidienne, marquée par les efforts physiques et parfois les  ennuis de santé. Vient le fait d’arme de Tu Lê et la légendaire retraite qui amènent la célébrité au « bataillon Bigeard ». L’unité est désormais dédiée aux interventions majeures. Larguée en 1954 sur Diên Biên Phu, elle y est progressivement anéantie, comme le reste des troupes d’élite. Le Boudec, qui commande depuis peu une compagnie, est promu capitaine à titre exceptionnel et reçoit la croix d’officier de la Légion d’honneur dix-neuf mois à peine après celle de chevalier.

Si l’auteur demeure extrêmement discret sur ses actes de courage, maints témoignages extérieurs nous renseignent amplement à cet égard. En revanche, les fac-similés des plans du camp retranché, avec les zigzags des tranchées, laissent deviner, tout autant que les photos qu’ils complètent, l’âpreté des combats évoquée dans le texte.

Combattant exceptionnel, atteint de plusieurs blessures, Lucien Le Boudec connaît, après la reddition, les rigueurs de l’univers carcéral viet minh. Ses souvenirs constituent un témoignage de première main quant aux souffrances et aux sévices endurés. Mais ils sont aussi l’occasion, pour le lecteur, de voir un homme s’efforcer de survivre en conservant sa dignité, en refusant de pactiser avec l’ennemi et en pratiquant une étroite solidarité avec ses camarades, aidant notamment les moins valides à survivre. Le lavage de cerveau communiste ne parvient pas à le briser, ni à lui faire renier, ou simplement oublier, ses certitudes morales et ses convictions religieuses.

Les conditions de libération, le retour en métropole sont abordés aussi brièvement que simplement, même si l’on devine combien la défaite de Diên Biên Phu marque un tournant dans l’histoire militaire de la IVe République. L’ouvrage s’achève là, au grand regret du lecteur. Par-delà ce témoignage, qui ressemble à un roman d’aventures, se construit cependant, au fil des pages, le parcours d’un homme qui ne plie jamais devant l’adversité, préférant vivre ses valeurs et son état militaire avec toute sa conscience professionnelle et morale. Ainsi qu’il l’écrivait à sa mère, en septembre 1949 : « Devenir son propre juge et s’estimer soi-même, je crois que c’est la seule vérité ».

C’est également l’histoire d’un homme qui s’efforce par son travail de construire matériellement, pour lui et sa mère, un cadre d’existence stable et décent. Cela n’empêche nullement Lucien Le Boudec, toujours « calme et posé », d’exercer pour le plaisir son don de la caricature, d’approfondir sa culture littéraire et de s’intéresser à la civilisation indochinoise lors de ses séjours en Extrême-Orient.

On attend donc avec impatience la suite de ces mémoires. Mais, d’ores et déjà, en mesurant la volonté, l’humanité et la droiture qui émanent de ce premier tome, il paraît légitime et juste de dire, en rendant à l’expression tout son sens, qui excède la simple formule de politesse, « Mes respects, mon Général… ».

Jean-François Brun

Editions Lavauzelle, Panazol, 2013, 541 pages, 28 euros.

ISBN : 978-2-7025-1564-8.

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9 avril 2013 2 09 /04 /avril /2013 07:05

Hermann Goering

François Kersaudy

  Goering918.jpg

Excellent connaisseur des grandes personnalités politiques de la Seconde guerre mondiale, François Kersaudy signe ici (première édition en 2009) une remarquable biographie du maréchal de l'Air et "grand veneur du Reich" (mais oui !). Personnage fantasque, paradoxal, hors norme, Goering joue à la fois de 1922 à 1945 "un rôle déterminant dans l'ascension comme dans la chute de l'Allemagne nazie".

Le rapide portrait qu'en dresse l'auteur en introduction est significatif : "comploteur de taverne, putschiste improvisé, militant errant, chômeur morphinomane, homme d'afaires talentueux, dandy corpulent, orateur tonitruant, député mercenaire, président du Reichstag conquérant, ministre de l'Intérieur sans scrupule, président du Conseil arriviste, truand confirmé, criminel d'occasion, ministre de l'Air étincelant, parvenu millionnaire, diplomate officieux, chasseur d'élite, stratège de salon, économiste amateur, écologiste avant l'heure, collectionneur d'art compulsif, successeur désigné du Führer et complice de tous ses crimes". Au fil des diférents chapitres, de sa naissance au foyer d'un ancien ministre-résident de Guillaume II dans la colonie allemande du Sud-ouest Africain, à son suicide en 1946 après le jugement de Nuremberg, Hermann Goering a effectivement connu une existence totalement atypique, parfois héroïque (comme pilote pendant la Grande Guerre (on vend alors en Allemagne des cartes postales à son effigie), parfois mélodramatique (après le putsch manqué de Munich en 1923 à Munich, où il est blessé et commencera à prendre de la morphine pour lutter contre la douleur), flamboyante (entre son ministère, sa résidence berlinoise et sa propriété de Carinhall), ridicule ("par peur de manquer d'uniformes, il s'en invente sans cesse de nouveaux ... Il collectionnait les médailles comme d'autres collectionnent les timbres"). Après les succès de l'Anschluss, de la guerre d'Espagne, des campagnes de Pologne et de france, c'est l'échec cuisant et sanglant de la bataille d'Angleterre : il estime pourant alors "qu'il faudra quatre jours pour éliminer la chasse anglaise au sud d'une ligne Londres-Gloucester et quatre semaines pour écraser entièrement la RAF". Même vis-à-vis du Führer, qui lui conserve son amitié, son étoile pâlit. Opposé à titre personnel à l'attaque contre l'URSS en 1941 ("C'est une erreur économique, c'est une erreur politique, c'est une erreur militaire") : désormais, "les visites de Goering au QG d'Hitler sont plutôt rares, car il ne sintéresse que de loin aux opérations en cours". On apprécie dans cette partie la présentation qui est faite à la fois des relations hiérarchiques au sommet du ministère de l'Air et des relations entre commandants des forces terrestres et aériennes sur le terrain. Ce sont ensuite les retraites de l'armée allemande, à l'Ouest comme à l'Est, et il perd tout crédit : "Je souligne à l'attention du Führer que le peuple est unanimement opposé à Goering, dont la malchance, jointe à son incapacité et à sa propension aux illusions, a abouti aux échecs retentissants de la Lftwaffe", note Goebbels (non sans parti pris...). Ce sont alors les premiers contacts exploratoires avec les alliés occidentaux, la déchéance de toutes ses fonctions au terme d'un véritable psychodrame, à l'instigation de Bormann, à la veille de la capitulation allemande, et enfin la prison, le procès, la mort, dont les images de nombreux reportages d'époque sont bien connues. Avec le mystère final de l'origine des capsules de cyanure et ces quatre lettres d'explication : à son geôlier, à l'aumônier, à son épouse et au Conseil de contrôle interallié : "Je vous aurais laissés me fusiller sans difficultés ! Mais il est impossible de pendre un Reichsmarschall allemand ... J'ai donc choisi la mort du grand Hannibal" ! Rien de moins !

Une biographie de référence qui passionnera tous les amateurs de la Seconde guerre mondiale.

Coll. 'Tempus', Perrin, 2013, 958 pages, 12 euros.

ISBN : 978-2-262-04180-9.

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20 mars 2013 3 20 /03 /mars /2013 07:00

Staline, 1878-1953

Mensonges et mirages

Jean-Jacques Marie

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Agrégé de lettres classiques, diplômé de russe, spécialiste de l'Union soviétique et déjà auteur de plusieurs biographies de dirigeants communistes, Jean-Jacques Marie se propose dans cet ouvrage de dresser un portrait complet, précis et aussi objectif que possible de Joseph Vissarionovitch Djougachvili -dit Staline-, de sa naissance en 1878 à Gori, petite ville de Géorgie, jusqu’à sa mort en 1953 à la tête de ce qui est à l'époque la deuxième puissance mondiale. Ne se limitant pas à la seule « chronologie » de son personnage, l’auteur livre également une analyse de la "réhabilitation de Staline" impulsée dès Brejnev et qui culmine actuellement au travers de la politique nationaliste ambigüe du gouvernement de V. Poutine.

Intitulée Staline, mensonges et mirages, cette biographie richement documentée et illustrée se fait fort de rétablir la vérité historique sur certains aspects d'une existence sans cesse occultée, retouchée et falsifiée -au gré des besoins politiques du moment- une forme de vérité historique, sur celui qui fut pendant un peu plus de trente ans le maître absolu de l’Union soviétique. Acteur et metteur en scène de son propre culte, artisan minutieux de sa quasi-"déification" et correcteur attentif de ses biographies officielles, allant jusqu’à faire modifier sa date de naissance, « Koba », alias « Staline », alias « le Petit père des peuples », n’a jamais cessé d’être l’objet de rumeurs, de révélations plus ou moins orientées, voire de légendes auxquelles ont souvent été accordées un certain crédit historique (telle que celle de son activité supposée au sein de l’Okhrana, la police secrète du Tsar). Tout ceci fut d'autant plus facile que l’obsession du secret caractérise son action à la tête de l’URSS, ainsi que la solitude paranoïaque dans laquelle il se confine à partir des années 1940, sont autant d’éléments propices à l’élaboration d’une fantasmagorie exagérément élogieuse ou angoissée.

Jean-Jacques Marie choisit une structure à la fois chronologique et thématique, et nous livre tout au long de ses 19 chapitres un récit enlevé, détaillé et passionnant, alternant entre le mythe et la réalité de ce personnage incontournable du XXe siècle, acteur-clé de la Seconde Guerre mondiale et de la Guerre Froide mais dont de nombreuses facettes demeurent mal connues. Grâce à sa richesse documentaire et sa connaissance de la Russie de son histoire, l’auteur dresse un portrait renouvelé et sans complaisance de Staline, dont on apprend par exemple le ralliement tardif au bolchevisme, où il confirme l’insubordination lors de la campagne d’Ukraine de 1920, "l’embellissement" du récit de ses passages en prison ou le manque de discernement face aux Allemands qui, jusqu’à la veille de l’invasion de 1941, viennent en URSS effectuer des relevés topographiques du territoire sous couvert d’une recension des morts de la Première Guerre mondiale.

Une lumière nouvelle est également portée sur l’ascension « lente mais irrésistible » de Staline au sommet, sur ses étapes et ses protagonistes. Le fonctionnement de l’appareil politique et de ses rouages, les méthodes brutales de « l’homme de fer », sont décrites sans ambages, sans que le contexte ne soit pour autant négligé : l’auteur prend soin d’étayer son ouvrage de données précises sur les conditions sociales, économiques, politiques et militaires de la Russie de l’époque. Jean-Jacques Marie distille par ailleurs de nombreuses anecdotes, parfois drôles, absurdes par moments, le plus souvent tragiques : Staline fut tout autant capable de limoger son ministre du commerce extérieur pour des bananes qu’il ne trouvait pas à son goût, que de faire empoisonner son médecin pour un diagnostic déplaisant, ou fusiller un déserteur communiste de la Wehrmacht venu interrompre son banquet pour l’avertir du déclenchement imminent de l’opération Barbarossa.

Cette biographie se veut donc une synthèse –au besoin une rectification– des « documents incessants » qui continuent de paraître sur le "Petit père des peuples". On pourra toutefois regretter que l’auteur semble ne nous livrer son expertise (que l’on pressent extrêmement vaste) que pour appuyer un réquisitoire –certes objectif mais toujours à charge- contre Staline et l’ampleur de ses crimes, ainsi que contre l’admiration béate dont il fut et recommence à être l’objet. D’autres aspects auraient pourtant gagné à être développés et enrichis des connaissances de l’auteur, au premier rang desquels par exemple le détail et les évolutions de la politique étrangère menée sous le règne de Staline. De la même manière, l’étude de la réhabilitation du stalinisme annoncée par Jean-Jacques Marie, objet d’une douzaine de pages en fin d’ouvrage, laisse quelque peu le lecteur sur sa faim. Quelle en est vréellement l'ampleur ? La polémique sur l’interdiction de l’adoption d’enfants russes par des étrangers -dernière manifestation en date du nationalisme qui ressurgit en Russie depuis une dizaine d’années– rappelle pourtant l’actualité d’un point qu’il aurait été intéressant de voir approfondi.

Staline, mensonges et mirages n’en demeure pas moins une lecture à la fois instructive et plaisante, grâce à l'expertise d'un historien confirmé au style agréable. Jean-Jacques Marie signe ici une biographie particulièrement intéressante pour les passionnés de la période, qui apprécieront l’attachement à la réalité des faits et la large synthèse d’une aussi vaste et riche période.

Elliott Even

Editions Autrement, Paris, 2013, 283 pages, 21 euros.

ISBN : 978-2-7467-3342-8.

Nota : Jean-Jacques Marie présentait son livre le mercredi 13 mars dernier sur France Inter.

Pour écouter l'émission :

http://www.franceinter.fr/emission-downtown-staline-raconte-par-l-historien-jean-jacques-marie

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20 février 2013 3 20 /02 /février /2013 07:05

Le général Vauthier

Un officier visionnaire, un destin bouleversant

Max Schiavon

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Confessons tout d'abord deux hésitations à la lecture de cet ouvrage : d'une part, peut-on raisonablement effectuer une recension critique d'un livre dont on connait bien l'auteur et que celui-ci vous dédicace amicalement ? D'autre part, comment réagir avec un bandeau en couverture n'annonçant rien de moins qu'une étude sur le "général qui aurait pu faire gagner la France en 1940" ! Excuser du peu ! Et pourtant, allons-y !

Max Schiavon a eu parfaitement raison de saisir l'opportunité qui lui a été offerte par la famille du général Vauthier d'inventorier et d'analyser un fonds d'achives privées très important et pour l'essentiel inédit. Ces épisodes sont rares dans la carrière d'un historien et il est toujours important de porter à la connaissance du public des documents jusque là ignorés. Mais il convient aussi de garder avec son sujet une vraie distance critique, même si l'on ne peut se défaire d'une certaine sympathie : parler en introduction d'un "véritable génie dans l'acception la plus forme du terme" est bien sûr excessif et il suffit pour s'en convaincre de se reporter à d'autres carrières d'officiers généraux atypiques ou précurseurs (comme Pellé ou Armengaud par exemple). Polytechnicien, artilleur, parfaitement noté dès ses premières années de service, le futur général Vauthier sert essentiellement au front pendant la Grande Guerre, qu'il termine comme capitaine, deux fois cité et titulaire de la Légion d'honneur. Dès la guerre terminée, il se passionne pour la défense contre-avions, est breveté major de l'école de guerre, sert à l'état-major de l'armée, devient un véritable spécialiste des questions aériennes et la doctrine d'emploi de l'armée de l'air en gestation. il écrit de nombreux articles, enseigne, prononce des conférences. Traducteur de Douhet, il considère que "la défense aérienne est une oeuvre nationale, qui concerne le pays tout entier". A partir de l'avion, il s'intéresse à l'aérotransport des unités et donc aux troupes de choc déposées (ou larguées) sur les arrières de l'ennemi, mais aussi à la défense des populations (on sait que le thème de la guerre aérienne est très en vogue durant l'entre-deux-guerres). Remarqué, il rejoint en 1931 l'état-major de Pétain à l'Inspection générale de la défense aéreinne du territoire, rédige des rapports, continue à publier des articles, élargit sa réflexion à la question du commandement unique interarmées. Tout cela est fort bien, mais le bilan de Pétain (dont Vauthier devient chef d'état-major et restera le principal collaborateur entre 1936 et 1939) à la tête de cette inspection est loin d'être positif et la "DCA" (au sens large) est véritablement en déshérence au cours des années 1930, comme en témoignera la situation en août 1939. Alors ? Quelle influence ? Quel bilan ? Ici, nous restons sur notre faim et l'on a du mal à imaginer qu'un officier aussi "soutenu" et aussi "influent" ne puisse finalement présenter qu'un aussi maigre bilan concret ? Et pour relativiser son propos, l'auteur reconnait lui-même au détour d'une phrase : "De nombreux officiers ont vu clair durant ces années 1930" (p. 184). C'est vrai : pour "précurseurs" que soient les écrits du général Vauthier (et ils le sont), ils ne sont pas exclusifs de réflexions parallèles et convergentes de certains de ses camarades. Il y aurait donc une réflexion à poursuivre sur "la myopie", certains diraient "l'autisme", d'une génération de décideurs politiques et militaires... L'imposant dernier chapitre (chap. 6, pp. 187-261), "Dans la tourmente de la Seconde guerre mondiale", développe et détaille le rôle du général Vauthier pendant la Drôle de guerre et la campagne de France, puis sa captivité jusqu'en 1945.

Au bilan, cette biographie est tout-à-fait passionnante. Il convient toutefois d'une part de tempérer certains propos par trop élogieux (il n'est jamais souhaitable en histoire de multiplier les qualificatifs excessifs) et d'autre part de recontextualiser chaque épisode au-delà de la seule personne du général Vauthier (il appartient non seulement à un "réseau" mais à une génération et à une époque). Sous ces deux réserves, l'ouvrage de Max Schiavon doit impérativement être connu de toutes les personnes intéressées par l'évolution des armées entre les deux guerres mondiales. Le travail est accompagné de très nombreuses (parfois longues) et utiles citations, soulignées par des références précises. Il est complété par des notes de bas de page adaptées, par un belle bibliographie et un solide index. Comme il existe des "thèses sources", qui font connaître de nouveaux documents et ouvrent sur de nouvelles recherches, un livre qui permet indiscutablement de relativiser nombre d'idées reçues sur l'entre-deux-guerres et qui apporte beaucoup à la connaissance fine de la période.

Editions Pierre de taillac, Paris, 2013, 298 pages, 25 euros.

ISBN : 978-2-36445-017-2.

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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 06:55

Le général J.B.E Estienne  « père des chars »

Des chenilles et des ailes

Arlette Estienne Mondet

 Estienne-Mondet.jpeg

Rédigé dans un style enlevé, cet ouvrage sur l'héroïque créateur des blindés français comporte de nombreuses références précises et variées utiles au chercheur en histoire militaire. Il est intéressant d'aborder cette biographie après les classiques  des généraux Bourget (1956) et Ramspacher (1983). Elle est en effet accessible à un plus large public grâce à son ton plus moderne et dispose d'une assise documentaire plus large que les précédentes. La petite-fille d'Estienne, qui n'a pas connu directement son grand-père, s'appuie sur des témoignages, des archives et des publications, offrant une évocation assez vivante de la vie militaire de la IIIe République qui naît d'une guerre, traverse victorieusement la suivante et s'achève dans une autre.

S'enthousiasmant enfant pour la légende napoléonienne, il assiste à l'occupation de son village lorrain natal par les troupes allemandes en 1870, événement qui marque au fer rouge sa sensibilité et inspire son choix de la carrière d'artilleur.  Élève brillant même si indocile, éduqué tout spécialement dans la branche des mathématiques, il est en 1880  triplement admissible à l'École Normale Supérieure, à Saint-Cyr, et à Polytechnique, école qu'il choisit d'intégrer. Attiré par l'épistémologie comme par l'Antiquité classique, dispositions qui favoriseront son amitié avec Clemenceau, il développe une réflexion très personnelle sur la science et le machinisme, dont certaines pépites sont enchâssées dans le texte d'Estienne-Mondet. Il parvient peu à peu à imposer à son entourage une personnalité chaleureuse et charismatique, jugée initialement pas très militaire par ses supérieurs car peu conforme aux canons régissant tous les aspects de la vie de l'officier à l'époque de la Revanche. Estienne est initialement une étoile montante de l'artillerie, son ingéniosité s'exerce dans  les diverses composantes auxquelles cette arme s'articule, à commencer par l'aviation d'observation qui aide à régler les tirs. Si les "ailes" viennent chronologiquement avant les "chenilles", il embrasse au cours de sa trajectoire pour ainsi dire tous les aspects du combat terrestre. L'auteur fait la part belle, dans le récit, aux interventions de collaborateurs, de "compagnons de route" de J.B.E. Estienne, Malgré sa ténacité, il n'aurait pas pu œuvrer sans cette constellation de talents qui s'additionnent. Même si ses projets se heurtent souvent à la lourdeur de l'appareil administratif, voire à des mauvais vouloirs, il dispose d'un solide réseau capable de l'appuyer, ayant noué des amitiés par delà la sphère de la société militaire. Il n'hésite pas à emprunter des voies directes. Pour le char, d'abord désigné sous le vocable "Artillerie d'Assaut", innovation qui l'a fait passer à la postérité il n'hésite pas à court-circuiter la hiérarchie en s'adressant directement au général Joffre, commandant en chef, car « la logique des institutionnels ne répondait pas à l'urgence et la détresse du front » (p.100). Une illustration exemplaire est fournie par la mise en chantier des engins Saint-Chamond, projet concurrent des cuirassés terrestres Schneider conjointement conçus par le colonel Estienne et l'ingénieur Brillié, qui retarde l'engagement de ces derniers sur le champ de bataille, alors que les Britanniques utilisent déjà leurs Mark. L'aventure des chars et des tankistes durant les années 1917 et 1918 est évoquée de manière dynamique et détaillée.  Au sortir de la Grande Guerre, leur promoteur (promu général de brigade le 08 août 1916, puis de division le 23 avril 1918) rédige le prophétique Mémoire sur les missions des chars blindés en campagne du 25 mai 1919 resté malheureusement inédit. De même, s'il prononce deux conférences exposant ses vues d'avenir, au Conservatoire des Arts et Métiers le 12 février 1920, puis à Bruxelles devant le roi des Belges le 7 mai 1921, il s'agit presque de son chant du cygne, puisque son exigence d'emploi en masse des chars, qui constitueraient idéalement une arme autonome, n'est pas entendue, la doctrine française les rattachant à l'infanterie à laquelle ils sont étroitement subordonnés. Estienne est nommé Inspecteur des chars de combat, poste qu'il occupe jusqu'en 1923, et directeur des études techniques  fonction qu'il quitte en 1926, dix ans avant sa mort. S'il s'efforce toujours de penser les matériels de demain et leur action concrète dans la guerre moderne, son influence réelle est limitée, bien qu'il inspire la conception du B1, véhicule de combat plus solidement blindé que les Panzer qui lui seront finalement opposés. Il entretient durant toute sa vie d'officier d'active des relations complexes avec le général puis maréchal Pétain, qu'il avait soutenu par son talent d'artilleur durant l'éprouvante bataille de Verdun. Ce personnage, tout-puissant dans l'entre-deux-guerres, lui apporte un appui généralement conditionnel. Bien que son aîné, il prononcera son éloge funèbre.

Le dynamisme personnel d'Estienne est prolongé par ses fils, qui bénéficient dans leur entreprise de la réputation et de l'intelligence créatrice de leur père. Arlette Estienne-Mondet réserve une place importante à l'utilisation du moteur pour les liaisons continentales en Afrique, l'empire étant conçu comme un prolongement du territoire métropolitain, malgré de nombreuses turbulences au Maghreb. La compétition entre Renault et Citroën, les choix cornéliens à effectuer entre automobiles à roues ou à chenilles pour la traversée du Sahara sont dépeints de manière vivante. S'il a constamment cherché à anticiper, Estienne a relativement peu écrit après 1918, malgré un talent plutôt supérieur à celui de ses contemporains. C'est avant tout un homme d'action, qui a durablement marqué de son empreinte l'art de la guerre. Loin de l'insensibilité parfois reprochée aux officiers généraux de la Première Guerre mondiale, il conçoit le progrès technique comme un moyen d'emporter la décision et de limiter le sang versé dans les rangs de l'infanterie notamment. La devise personnelle de ce "père fondateur" de la future arme blindée cavalerie est « Réaliser, c'est se résoudre délibérément à faire œuvre imparfaite » (p.101). L'ouvrage de sa petite-fille se lit comme une sorte de Bildungsroman mettant en scène l'officier émergeant à la Belle Époque d'une famille non-militaire, intervenant de manière décisive au moyen d'une invention technique (somme toute modeste dans sa conception originale) dans le cours de la Première Guerre mondiale. Il formule pour l'avenir des vues d'ensemble visionnaires, que l'armée française, contrairement à ses voisins européens, échoue à concrétiser.

Candice Ménat

L'Harmattan, Paris, 2010, 54 pages, 27 euros.

ISBN : 978-2-296-13179-8.

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16 février 2013 6 16 /02 /février /2013 07:01

Jacques Seydoux, diplomate

1870-1929

Stanislas Jeannesson

Seydoux800.jpg

De la belle et solide biographie ! Un travail de qualité et de référence.

Né dans une famille de la bonne bourgeoisie (son grand-père est député, son père diplomate), Jacques Seydoux entre à son tour au Quai d’Orsay, après une scolarité en droit et en sciences politiques, au milieu des années 1890. Il ne sert dans des postes à l’étranger que quelques années, en début de carrière et, du fait en particulier d’une santé fragile, devient assez tôt l’un des « cadres » de l’administration centrale au sein de laquelle il va exercer des fonctions aussi discrètes qu’importantes, ce qui lui permet de nous en décrire, de l’intérieur, les évolutions, les forces et les faiblesses.

Le chapitre I du livre (pp. 15-41) s’intéresse tout naturellement aux origines familiales et à la jeunesse de Jacques Seydoux. Le second (pp. 43-86) nous présente la vie de l’intéressé pendant ses premières années de vie professionnelle jusqu’à la Grande Guerre (on y découvre en particulier « l’affaire de Mascate » entre Paris et Londres et l’on y trouve la confirmation de la politique très personnelle de Caillaux pendant la crise marocaine). Le chapitre III (pp. 87-119) est tout particulièrement intéressant, dans la mesure où Seydoux (nommé dès 1914 chef du service de guerre économique) devient l’un des acteurs français essentiels du blocus des empires centraux. On apprécie ici la description du long processus politique et interallié ainsi que les tableaux comparatifs de l’organisation du blocus en France et en Grande-Bretagne. Cette expérience interalliée marque profondément le diplomate qui prend la tête de la sous-direction des relations commerciales après la guerre (chap. IV, pp. 121-153, « Le tournant de l’après-guerre »), est directement impliqué dans les conférences internationales qui se succèdent sur l’irritante question des réparations sur fond de crises en Haute-Silésie et dans la Ruhr mais aussi de retour de la jeune URSS sur la scène internationale (chap. V, pp. 155-186, « La reconstruction de l’Europe » ; chap. VI, pp. 187-232, « De Gênes au plan Dawes » ; chap. VII, pp. 233-265, « Regards à l’Est »). Les deux derniers chapitres (chap. VIII, pp. 267-328, « L’heure de Locarno » et chap. IX, pp. 329-353, « La patience de vivre ») relatent les dernières années de carrière puis la retraite de Seydoux, qui rejoint le secteur bancaire et s’engage en faveur de la Société des Nations et de la réconciliation franco-allemande.

On le voit, l’homme traverse quelques unes des plus grandes crises et épreuves du début du XXe siècle. Son témoignage est d’autant plus intéressant que, personnage discret, il écrit beaucoup, comme les hommes cultivés de son temps. Ainsi, pendant la Grande Guerre, entre août 1914 et décembre 1918, il noircit de notes presque quotidiennes vingt-trois cahiers d’écoliers, totalisant 955 pages, intégralement conservés aux archives du MAEE. Stanislas Jeannesson explique : « Pour Seydoux, qui reste confiné dans les bureaux du Quai d’Orsay, la guerre est à la fois proche et lointaine ; elle est l’objet de constantes préoccupations, tant dans son travail que sa vie quotidienne, mais le front demeure un horizon toujours inaccessible ». Au passage, quelques brillantes figures sont égratignées, comme Berthelot (pas le général, l’autre) qui, au moment des combats de Verdun en avril 1916, « s’occupe de faire faire un tennis dans les jardins ». Tous les citoyens n’ont pas connu la même guerre …

En résumé, une superbe biographie, au ton et au style très académique, complétée par tout l’appareil de notes, la bibliographie, l’indication des sources, l’index, etc. Un livre de référence indispensable pour quiconque s’intéresse à l’histoire politique, diplomatique et même militaire de la France du tournant du XXe siècle à l’entre-deux-guerres, aussi bien qu’à la vie interne du Quai d’Orsay ou aux premiers temps de la « sécurité collective ».

Presses Universitaires de Paris Sorbonne, 2012, 409 pages, 23 euros.

ISBN : 978-2-84050-875-5.

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26 janvier 2013 6 26 /01 /janvier /2013 07:00

Pierre Messmer

Au croisement du militaire, du colonial et du politique

François Audigier, François Cochet, Bernard Lachaise et Maurice Vaïsse (Dir.)

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Paradoxalement, alors que Pierre Messmer a été, depuis la France Libre (Compagnon de la Libération dès 1941) jusqu'à son dernier poste ministériel (chef du gouvernement en 1972-1974 sous la présidence Pompidou), une figure essentielle du gaullisme et de la vie politique française, aucune grande étude scientifique ne lui avait été consacrée. La publication des actes de l'important colloque tenu du 7 au 9 avril 2011 au Conseil régional de Lorraine (qu'il présida en 1978-1979) est donc une excellente nouvelle.

Une brillante équipe d'universitaires et chercheurs (28 communications rassemblées) nous propose ainsi un portrait complet, parfois intimiste, toujours précis, de celui qui fut officier de Légion et combattant à Bir Hakeim, gouverneur de la France coloniale, adversaire déterminé des partisans de l'Algérie française par fidélité au général de Gaulle, acteur d'une profonde réorganisation des armées comme ministre alors qu'une partie de l'institution voit en lui (au moins au début) un adversaire, ministre des DOM-TOM alors que se posent de graves questions d'évolutions statutaires et de développement économique, Premier ministre enfin, deux fois reconduit dans ses fonctions par le président de la République. Au-delà du personnage public à l'échelon national, il y a l'élu local, enraciné en Lorraine et député-maire de Sarrebourg, mais aussi l'écrivain et hommes de lettres, élu à l'Académie des sciences morales et politiques en 1988 puis à l'Académie française en 1999, au fauteuil de Maurice Schumann. Il faudrait encore ajouter qu'il fut chancelier de l'ordre de la libération et président de la Fondation de la France Libre. "Personnage plus complexe qu'il n'y parait" , il fut un homme de fidélité, en particulier à ses idées, et un ardent défenseur du gaullisme (dans toutes ses manifestations et ses décisions). Un personnage dont Maurice Vaïsse dit, dans sa conclusion, qu'il fut un "homme d'autorité, il est toujours resté le soldat discipliné pour lequel le devoir c'est d'obéir, même en politique". Et l'on serait tenté d'ajouter : surtout aux niveaux de responsabilités qui furent les siens...

Un ouvrage absolument indispensable pour tous ceux qui souhaitent mieux comprendre et en connaître davantage sur la vie politique française des soixantes dernières années.

Riveneuve éditions, Paris, 2012, 509 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-36013-092-4.

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17 décembre 2012 1 17 /12 /décembre /2012 07:00

Lawrence d'Arabie

Michel Renouard

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Un de plus ! Et un de plus dans le même style que les précédents !

Si vous voulez rêver, si vous voulez vous laisser emporter par la puissance évocatrice, inspiratrice, d'une aventure humaine exceptionnelle, ou si plus simplement à l'approche des vacances vous souhaitez disposer d'un petit livre sympa, cette Nième "biographie" de Lawrence est pour vous. Le livre est bien écrit et agréable. Il nous entraine d'Oxford en Orient, de Damas à Londres et aux Indes, nous permet d'approcher un personnage complexe, certes, mais finalement rendu sympathique par ce mélange de fragilité intérieure et d'extraordinaire volonté. En moins épais (et moins cher), nous sommes dans le registre de la célèbre série de Benoist-Méchin, "Le rêve le plus long de l'histoire" (Lawrence d'Arabie, ou le rêve fracassé). Un plaisir de lecture hivernale, l'esprit vagabondant d'une page à l'autre et d'un espace à l'autre.

Pourtant, ce n'est pas un livre d'histoire. Loin de là. Et il semble presque impossible (par rapport au nombre de volumes publiés) de rédiger une biographie autre que d'auto-célébration du "roi secret d'Arabie". Pour la partie que nous connaissons le mieux, celle qui va de 1914 à 1919, les approximations sont innombrables et les présentations sont faussées par les références quasi exclusives aux écrits de Lawrence et de ses thuriféraires. Quelques exemples : "Divers conseillers ou instructeurs européens, le Français Brémond par exemple..." : Brémond n'est pas "conseiller", mais chef de la Mission militaire du Hedjaz, qui comptera jusqu'à près de 300 personnels et dont les détachements participent systématiquement à toutes les actions des colonnes hachémites. D'ailleurs, le livre du colonel Brémond, Le Hedjaz dans la guerre mondiale (Payot, 1931), ne figure pas en bibliographie... Il faut dire qu'il est très critique pour Lawrence. La prise d'Aqaba : "Les alliés veulent s'en emparer. La seule solution envisagée -c'est celle que préconise le colonel Brémond- est d'arriver par la mer Rouge, mais le risque est réel puisque la bourgade, entourée de montagnes, est protégées par des batteries turques tournées vers la mer". Mais les Franco-Britanniques ont déjà débarqué brièvement à plusieurs reprises pour détruire les pièces lourdes d'une garnison presque totalement isolée (donc non ravitaillée ou très mal) et la "bourgade" n'est plus défendue que par un petit bataillon turc démotivé. Le capitaine Pisani, "officier algérien" : la formule est systématiquement employée par les historiens britanniques, pour parler des officiers français du 19e corps (Algérie-Tunisie) et cette distinction volontaire n'est pas neutre. Les difficiles combats au sud de Maan et en direction de la vallée du Jourdain : ce sont les artilleurs et les mitrailleurs français qui "sauvent la mise" de Lawrence, ce qui n'est que marginalement abordé. En bref, la quasi-totalité des faits présentés pour la période de la Grande Guerre le sont dans la droite ligne des ré-écritures ultérieures par Lawrence lui-même ou ses admirateurs. D'ailleurs, regardez la bibliographie finale et listez les titres qui manquent...

Finalement, comme le dit l'auteur au bas de la page 171, en évoquant la rencontre entre Lawrence et le journaliste américain Lowell Thomas qui créera de toute pièce la légende du "roi non couronné d'Arabie" : "Peu importe les erreurs, les imprécisions, les exagérations et les fables. Le bruit médiatique ne s'embarasse pas de rigueur scientifique". C'est bien cela : une aventure sur fond de désert, une biographie romancée ou un roman historique, à prendre et à apprécier comme tel. Mais pas un livre d'histoire qui, à ce jour, sur ce personnage, reste à écrire.

Rémy PORTE

Folio Biographie, Paris, 2012, 312 pages. 8,60 euros.

ISBN : 978-2-07-044414-4.

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14 décembre 2012 5 14 /12 /décembre /2012 07:00

La faveur et la gloire

Le maréchal de Bassompierre mémorialiste (1579-1646)

Mathieu Lemoine

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Quelle vie ! Et quel prince !

En dépit des apparences, il ne s'agit pas ici, à proprement parler, d'une biographie, mais plutôt, en "prenant le prétexte" de la vie du maréchal de Bassompierre, d'une étude presque sociale sur la haute noblesse, sa formation, ses aptitudes, ses ambitions, ses combats et peut-être les causes de sa chute. Mathieu Lemoine nous propose, certes, un récit complet de la vie de François II de Bassompierre, maréchal de France, ami et fidèle d'Henri IV, de la reine mère pendant la Régence, puis du jeune Louis XIII, avant d'être disgrâcié et, au sens propre, embastillé par la volonté de Richelieu, mais il nous fait aussi approcher et comprendre tout son environnement d'une part, la profondeur et le sens des ses Mémoires d'autre part.

Présentons immédiatement une réserve. Pour notre part, aussi éminentes et réelles que soient les qualités d'historien du professeur Denis Crouzet, nous regrettons le caractère pour le moins "ampoulé" de la préface. Lorsqu'il devient nécessaire d'utiliser un dictionnaire à chaque ligne et de réfléchir au sens propre de chaque mot, le lecteur n'a qu'une envie : sauter la page ! Et, pour un auteur, ne pas se mettre "au niveau" du lecteur" est le meilleur moyen de ne pas faire passer ses idées et de rater une occasion pour diffuser une "Histoire" de qualité... Un exemple : "Cette histoire possible ... est remarquablement mise en valeur, dans une sorte de pari herméneutique qui relève d'une phénoménologie du discours envisagé comme mu et animé de l'intérieur par une structure paradoxique et devant en conséquence être analysée dans un dialogue constant entre les différentes potentialités sémantiques et interlocutives qui lui donneraient sa dynamique de sens" ! Ouf ! En clair, vous pouvez commencer votre lecture page 23, où débute le (beau et bon) texte de Mathieu Lemoine.

L'ouvrage est organisé en quatre grandes parties, qui ne suivent pas la chronologie. La première, "Vers les Mémoires", est centrée sur la fameuse "Journée des Dupes", qui se solde en particulier par la disgrâce de Bassompierre. La seconde, "Bassompierre et le roi", reprend plus largement la vie du héros du livre, de son arrivée à la cour de France en 1598 à sa disgrâce progressive au cours des années 1620. La troisième, "Bassompierre et l'identité nobiliaire", revient en détail sur ce qui fait la "grandeur" d'une lignée, sa famille et son héritage moral et intellectuel, ainsi que la traduction de ces valeurs dans les faits, pour la plus grande gloire du souverain et des siens. La dernière enfin, "Bassompierre au delà des Mémoires", nous présente une mise en perspective de ces Mémoires, décrit la bibliothèque du prince et son rôle social, l'importance de ce texte pour ériger un monument durable à une certaine forme d'idéal nobiliaire.

On apprécie que chaque partie fasse l'objet d'une introduction et d'une conclusion partielle, et que le livre se termine à la fois sur différentes annexes (chronologie, généalogie, etc.), un bel index et une abondante liste de sources et bibliographie. Parfaitement imprimé sur un beau papier, voici donc un ouvrage de grande qualité qui, bien au-delà d'une "simple" biographie (et cet exercice est déjà difficile), nous entraine dans un vaste voyage spatial, temporel et intellectuel. Un livre original, indispensable à tous les amateurs de l'histoire des XVIe et XVIIe siècles.

PUPS, Paris, 2012, 609 pages, 24 euros.

ISBN : 978-2-84050-771-0.

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7 décembre 2012 5 07 /12 /décembre /2012 07:00

Paul Painlevé

Science et politique de la Belle Époque aux années trente

Anne-Laure Anizan

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Issue d’une thèse soutenue brillamment à Sciences Po Paris en 2006, reconnue aussitôt par l’Assemblée nationale qui accordait à son auteur la mention spéciale du prix de thèse, la publication de l’ouvrage d’Anne-Laure Anizan était attendue à la fois par les chercheurs spécialistes d’histoire politique mais également pas ceux qui s’intéressent au fait militaire sans oublier les historiens de la technique. C’est dire si l’étude de la vie de Paul Painlevé (1863-1933), à la fois homme politique de premier plan et savant éminent, recouvre de nombreux domaines tout en montrant que, s’il est parfois utile et nécessaire de séparer les champs de recherche, l’analyse historique ne saurait se laisser séquencer à outrance sans perdre de sa valeur heuristique. C’est donc là tout l’intérêt des biographies qui, par l’objet même des recherches, obligent à croiser différents mondes, différents univers et à en montrer une complexité qui, pour être incarnée, n’en est pas moins celle du monde dans son ensemble. Loin de « l’illusion biographique » bourdieusienne, l’important travail de dépouillement d’archives privées et publiques effectué tend à prouver que « la biographie comme genre historique » doit pouvoir trouver toute sa place à l’université, l’auteur ayant contribué par son travail à lui redonner ses lettres de noblesse.

L’image d’un Janus constitue le fil rouge de l’analyse d’Anne-Laure Anizan car elle permet de saisir « l’ombre portée du savant sur la carrière de l’homme politique » et invite à se demander si cette dualité ne fut pas à l’origine d’un oubli relatif du personnage. Elle pose surtout la question de l’identité politique du personnage qui, par son engagement politique à gauche et son intérêt pour la chose militaire, va à l’encontre des classifications politiques communément admises.

La facture de l’ouvrage est classique mais efficace. Sur une base chronologique, Anne-Laure Anizan se propose de tracer le portrait d’un homme politique qui fut plusieurs fois ministre et président du Conseil en montrant les origines de sa vocation, sa formation scientifique puis ses premiers engagements politiques (à la faveur de l’affaire Dreyfus), son intérêt pionnier pour le domaine de l’aviation qui conditionnent l’un et l’autre son entrée en politique dans le camp des républicains socialistes. Les débuts du jeune député en politique (1910) sont particulièrement bien analysés. Anne-Laure Anizan montre clairement combien l’ancrage au centre gauche de Painlevé est peu affirmé en dehors d’une culture républicaine qui l’avait initialement projeté dans le camp de Dreyfus, et comment, tout en étant dreyfusard et « antitroisanniste », il se fait une spécialité de la chose militaire en s’affirmant à la Chambre au sein des Commissions de l’Armée, celle de la Marine, du Budget et du Suffrage universel. Painlevé devient ainsi, avant la guerre, un expert écouté de la chose militaire, reconnu particulièrement pour son intérêt pour les inventions. Tout naturellement donc, il commence la guerre au sein des commissions parlementaires davantage comme un technicien que comme un député, mais devient rapidement, en raison du bras de fer qui l’oppose au pouvoir exécutif, l’un des leaders du principe du contrôle parlementaire de la guerre. En novembre 1915, devenu ministre de l’Instruction publique et des Beaux-Arts dans le cabinet Briand, il obtient à sa demande l’ajout de la mention « et des Inventions intéressant la Défense nationale » à sa titulature ministérielle qui lui permet de donner toute la mesure de ses capacités. Grâce à des collaborations multiples, il intensifie la mobilisation scientifique du pays. Devenu ministre de la Guerre en mars 1917 dans le cabinet Ribot, il doit régler le lourd héritage de l’affaire du Chemin des Dames. Après avoir nommé Pétain à la tête des armées françaises, il entreprend de faire réprimer les mutineries tout en inaugurant de nouveaux choix stratégiques. Si son choix d’instituer des correspondants de guerre n’est pas à proprement parler une invention (ils apparaissent avec la campagne d’Italie), il sait au mieux utiliser les ressources médiatiques que la presse doit apporter en vue d’un maintien des alliances. Bien que relatifs, ses succès lui permettent d’être nommé président du Conseil en septembre 1917, mais l’expérience est de courte durée tant son autorité politique est faible.  Il est remplacé en novembre par Clemenceau. La dernière partie de l’ouvrage aborde la position de Painlevé au temps du Bloc national.  Mis en difficulté pour son action de 1917, il doit faire une campagne très dynamique pour se faire réélire aux législatives de 1919. À cette date, il se définit politiquement comme un homme à mi chemin entre les radicaux et les socialistes unifiés, cherchant le plus possible l’union des gauches ce qu’il échoue à faire, en définitive, avec la Ligue de la République. Il s’affirme pourtant comme l’un des trois grands leaders de la gauche après 1924, obtenant avec succès la présidence de la Chambre des députés, briguant en vain à la présidence de la République mais se voyant récompensé finalement par une présidence du Conseil au temps du Cartel. En tant que ministre de la Guerre, il doit à la fois réformer l’armée - réduction du service militaire et construction de la ligne Maginot - et réprimer les révoltes  - celle du Rif au Maroc et celle des Druses en Syrie - dont il ne saisit pas les origines nationalistes.  À l’image de « Painlevé-la-guerre » qui lui est alors accolée, il oppose un discours pacifiste, et bientôt antifasciste, caractéristique de la gauche républicaine de l’entre-deux-guerres.

Au final, le Painlevé d’Anne-Laure Anizan apparaît dans toute sa complexité. Il est à la fois savant et politique, un homme appartenant à la bourgeoisie intellectuelle et à la gauche, enfin un homme qui rêvait de paix mais a dû faire la guerre. Autant par les sources utilisées que par la bibliographie - on appréciera qu’elle ouvre la porte à toutes les écoles historiques sans exclusives -  ou par le style, fluide et agréable, l’ouvrage constitue une référence. Il est publié aux PUR, très belle maison d’édition de province qu’il faut féliciter pour la qualité de ses ouvrages et son dynamisme et qui achève là un cycle Painlevé initié en 2005 par des actes de colloques auxquels Anne-Laure Anizan avait d’ailleurs participé (Claudine Fontanon et Robert Frank, dir., Paul Painlevé (1868-1933). Un savant en politique).

Julie d’Andurain

Presses Universitaires de Rennes, 2012, 431 pages, 22 euros.

ISBN 978-2-7535-2080-6.

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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