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7 février 2014 5 07 /02 /février /2014 06:30

Ernst Jünger

Dans les tempêtes du siècle

Julien Hervier

On connaît Jünger pour ses ouvrages qui relate son expérience de la Grande Guerre, Orages d’acier et Boqueteau 125 en particulier. On sait plus ou moins qu’il évolue ensuite, se tient dignement à l’écart du nazisme et acquiert dans l’Allemagne de l’après Seconde guerre mondiale une stature exceptionnelle et originale à la fois. Celui qui fut à 23 ans l’un des plus jeunes récipiendaires du prestigieux Ordre pour le mérite, et sans doute l’un des derniers titulaires encore en vie en 1998, méritait bien cette très dense biographie.

Suivant logiquement un canevas chronologique, Julien Hervier nous présente en sept grandes parties la vie de son héros, dont il est probablement aujourd’hui le meilleur spécialiste français. La première partie présente son milieu familial, sa jeunesse et sa (très brève) expérience légionnaire à la fin de l’année 1913. Le seconde est consacrée à la Première Guerre mondiale, l’engagement volontaire, les combats, les blessures, l’héroïsme, les comportements provocateurs ou décalés aussi, la terrible expérience de la Somme, les troupes de choc à partir de l’été 1917, les offensives du printemps 1918 : « Le désir irrésistible de tuer me mettait des ailes aux pieds. La rage m’arrachait des larmes amères. / L’immense volonté de destruction qui pesait sur ce champ de mort se concentrait dans les cerveaux, les plongeant dans une brume rouge. Sanglotant, balbutiant, nous nous lancions des phrases sans suite, et un spectateur non prévenu aurait peut-être imaginé que nous succombions sous l’effet du bonheur » ! Les troisième et quatrième parties, qui s’attardent sur l’évolution personnelle de Jünger durant l’entre-deux-guerres (« L’écrivain et le journaliste engagé » et « Vers un retrait politique et sous le IIIe Reich ») sont peut-être pour le lecteur français non spécialiste parmi les plus riches du livre. Ses activités littéraires, son départ de l’armée (en 1923), les versions successives d’Orages d’acier, son éphémère rapprochement avec le corps franc de Rossbach, ses débuts de journaliste politique et d’auteur nationaliste proche des anciens combattants du Stahlhelm. S’il écrit régulièrement dans le journal du parti national-socialiste et dans différents périodiques plus ou moins radicaux (articles que le livre présente et détaille), Jünger n’en perd pas pour autant une once de son indépendance intellectuelle. Il rencontre plus ou moins fréquemment les personnages les plus étonnants, publie des articles polémiques et des livres « alimentaires », entretient un solide réseau d’amis, mais son œuvre littéraire à proprement parler prend à partir de la fin des années 1920 le pas sur toute autre activité : « Il constitue, pour utiliser une image qui lui est chère, une sorte de mosaïque de souvenirs de jeunesse, de prises de position politique, d’essais sur des sujets de littérature ou de société, de récits de rêves qui se transforme à l’occasion en courtes nouvelles ». Il s’éloigne rapidement du nazisme au tournant des années 1920-1930, « se considère lui-même comme une sorte de chevalier solitaire », s’intéresse à l’expérience soviétique. Dès le printemps 1933, la rupture avec le régime nazi est consommé, mais Jünger, qui quelques années plus tôt provoquait la mort à la tête de sa troupe d’assaut, a mûri (vieilli ?) : il a désormais charge de famille et sait composer discrètement pour le public, éviter les provocations inutiles et les combats perdus d’avance. Mobilisé à près de 45 ans au début de la Seconde guerre mondiale, son séjour dans Paris occupé puis son difficile positionnement dans l’Allemagne occupée de l’immédiat après-guerre avant de devenir une quasi-icône couverte d’honneurs sont probablement mieux connus. Mais les précisions apportées par Julien Hervier sont tout aussi intéressantes et, finalement, l’image finale que l’on conserve du presque mythique auteur d’Orages d’acier n’a que peu à voir avec celle qui était la nôtre au début du livre. Un personnage exceptionnel, avec sa force et ses qualités, mais aussi ses choix plus pragmatiques voire ses faiblesses. Et peut-être, finalement, un tel souverain mépris pour les « élites » de ses vieux jours qu’il préférait en jouer …

Fayard, Paris, 2014, 538 pages, 26 euros.

ISBN : 978-2-213-64363-2.

Acteur et observateur critique

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21 décembre 2013 6 21 /12 /décembre /2013 06:30

Hitler, le pouvoir et l'argent

Gérard Chauvy

On sait depuis longtemps que le caractère « socialiste » du régime nazi était pour le moins contestable et que de nombreux grands industriels et financiers avaient apporté une aide significative à Hitler (tout en en retirant de substantiels bénéfices). Le tout, paarfois, sans la moindre considération idéologique, mais simplement dans une logique économique de "gagnant-gagnant".

Dans cette large synthèse qui traite essentiellement des années 1920 et 1930, Gérard Chauvy reconstitue, dans un cadre chronologique, le puzzle des réseaux économiques et financiers du parti national-socialiste puis du IIIe Reich. Après quelques pages d’introduction consacrées à la jeunesse assez misérable d’Hitler en Autriche-Hongrie et en Bavière, l'auteur traire de ses premiers mois d’après-guerre dans la ville de Munich agitée par les mouvements révolutionnaires, et enfin des débuts laborieux du futur Führer en politique jusqu’à son premier séjour à Berlin en 1920, qui lui ouvre quelques portes dans la bourgeoisie huppée. Au fil des années, quatre étapes principales se distinguent : « le temps de l’apprentissage » jusqu’au putsch manqué de 1923, les années 1924-1929 marquées par la rencontre avec Schacht, de la Reichsbank, la marche vers le pouvoir entre 1930 et 1933, avec les nouveaux « amis capitalistes » du parti et de son chef, le temps de la Chancellerie avec les liens désormais presque institutionnalisés et qui passent désormais par le « marchandage » des commandes d’Etat, sans oublier les nombreux soutiens étrangers, européens et américains, aussi bien dans le monde de la finance que dans celui de la grande industrie ou des matières premières, et parfois jusque fort tard dans la guerre. Un ultime chapitre revient sur le sort des ces appuis et soutiens après la fin de la guerre, et il se confirme qu’ils ne connurent que rarement la sanction, au contraire ; tandis que les dernières pages sont consacrées aux deux testaments successivement rédigés par Hitler (sans que l’on voit pour autant directement le lien avec le reste de l’ouvrage).

Un livre facile à lire, qui (en procédant par aller-retour et par présentation des parcours des différents interlocuteurs) ouvre également sur de nombreuses autres pistes. La bibliographie finale regroupe des titres d’intérêt variable, mais comporte les principaux ouvrages sur la question. Une étude qui éclaire d’un autre jour l’arrivée, puis le maintien au pouvoir, la préparation puis la conduite de la guerre, par le parti nazi et le IIIe Reich.

Ixelles Editions, Paris, 2013, 349 pages. 22, 90 euros.

ISBN : 978-2-87515-197-1.

Ach ! La misère, gross malheur !

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12 décembre 2013 4 12 /12 /décembre /2013 06:25

Guillaume II

Le dernier empereur allemand

Charles Zorgbibe

Si vous avez gardé de Guillaume II l'image que les caricaturistes français de la Grande Guerre en ont donné, voilà un ouvrage qu'il vous faut lire.

Tout en suivant la chronologie, le livre est divisé en cinq grandes parties : "Un Hohenzollern à demi-anglais", qui raconte sa jeunesse jusqu'au "simulacre de coup d'Etat" qui marque le premier jour de son règne le 15 juin 1888 ; "Notre jeune nouveau Kaiser", qui s'intéresse en particulier à l'évolution des relations avec Bismarck et aux hommes qui conseillent et entourent le souverain, dont les célèbres Holstein et Eulenburg, le plus proche ; "La course à la domination mondiale", où l'on parle tout à tour de politique navale et de Tirpitz, de colonisation en Asie, d'alliance avec Constantinople, u étonnant projet de création d'un Etat juif en Palestine sous protectorat allemand en 1898, la relation "d'amour déçu" avec la Grande-Bretagne et le bien oublié espoir de récupérer les Philippines lors de la guerre américano-espagnole ou l'interventionnisme actif au Venezuela entre 1898 et 1900. "La crainte de l'encerclement" nous renvoit à cette inquiétude souvent surévaluée dans l'Allemagne du début du XXe siècle d'un écrasement de l'empire dans un étau entre la France et la Russie, sur fond de guerre russo-japonaise et de crises du Maroc, pour se terminer sur "l'affaire du Daily Telegraph", avec l'entretien "vérité" accordé par Guillaume II au journal anglais en 1908 et dans lequel il "se dit blessé par l'incompréhension dont l'Angleterre fait montre à son égard". On peut s'étonner, au terme de ces deux parties qui évoquent les relations avec Londres que la question des guerres australes anglo-boers ne soit pas davantage prises en compte. La dernière partie enfin, "L'épreuve de force", reprend les éléments des crises bosniaque et marocaine antérieures à la Grande Guerre, le déroulement des événements de juillet 1914, le rôle de l'empereur pendant la guerre et finalement l'écroulement de l'empire à l'automne 1918, la renonciation aux couronnes impériale et royale de Prusse, l'exil hollandais et l'espoir (un peu fou) de retrouver nénamoins son trône, jusqu'à l'arrivée au pouvoir d'Hitler qu'il méprise. 

Une riche bibliographie et de nombreuses notes complètent cet ouvrage qui propose un portrait généralement plus nuancé de Guillaume II. On sait que les mémoires tardivement publiées par l'ancien Kaiser sont essentiellement auto-justificatrices. Ce livre, bien que parfois plutôt favorable à l'empereur déchu, apporte un regard plus équilibré et sans doute plus proche de la réalité. Un personnage important et à connaître avant le début des commémorations du centenaire.

Editions de Fallois, Paris, 2013, 398 pages, 24 euros.
ISBN : 978-2-87706-833-8.

Le dernier empereur

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27 novembre 2013 3 27 /11 /novembre /2013 06:25

Pouvoir civil, pouvoir militaire en Allemagne

Aspects politiques, sociaux et culturels

Corinne Defrance, François Knopper et Anne-Marie Saint-Gille (Dir.)

Il faut vraiment se tenir au courant de ce qui est publié par les différentes Presses universitaires, dont la qualité des nouveautés est souvent de premier ordre. Avec ce volume collectif, les Presses du Septentrion (Lille) nous en apportent une nouvelle preuve.

En treize articles organisés chronologiquement, les auteurs nous entrainent ainsi des relations entre "Pouvoir militaire et pouvoir civil dans les colonies allemandes entre 1884 et 1918" à la "Place du citoyen en uniforme" dans la nouvelle Allemagne réunifiée. Les angles d'approche choisis intègrent les notions de droit (constitutionnel), de sociologie, d'économie, d'analyse culturelle et, par l'originalité de nombreux sujets, apportent une véritable plus-value à la connaissance de cette thématique, souvent évoquée mais rarement argumentée.

Il ne faut pas s'attendre à une "histoire militaire allemande" stricto sensu, mais conformément au titre de l'ouvrage à des études sur les relations politico-militaires et à la place de l'armée (des armées) dans la société. Parmi les articles les plus originaux, on note celui d'Eckard Michels sur "Pouvoir militaire et pouvoir civil dans les colonies allemandes entre 1884 et 1918", celui de Horst Möller sur "Quel fut le rôle de la Reicswehr dans l'effondrement de la République de Weimar ?" et, pour une période plus récente celui d'Ulrich Pfeil sur "La militarisation de la société est-allemande après 1945", ou les différents textes (Ruth Lambertz, Florence Delporte et Reiner Marcowitz) qui étudient la question entre l'Etat oues-allemend et la Bundeswehr. On apprécie la qualité de toutes les références et la finesse de nombreuses observations, qui relativisent un certain nombre d'idées reçues. L'ouvrage se termine par quelques considérations sur la nouvelle armée "de métier" de l'Allemagne réunifiée, avec lesquelles nous ne pouvons pas être toujours d'accord car elles relèvent davantage de la "philosophie politique" que de la réalité des forces armées allemandes. Mais cette réserve finale n'enlève rien à la qualité d'un ouvrage qui, dans le temps long, analyse en profondeur une relation souvent ambigüe.

Un petit livre collectif à connaître et à réfléchir.

Presses universitaires du Septentrion, Villeneuve d'Ascq, 2013, 233 pages, 26 euros.
ISBN : 978-2-7574-0587-1

Analyse dans le temps long

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29 octobre 2013 2 29 /10 /octobre /2013 06:30

Willy Brandt

Hélène Miard-Delacroix

Voici à notre connaissance la première biographie en français de celui qui fut l'un des artisans durant les années 1960-1970 d'une évolution fondamentale des relations diplomatiques dans l'Europe divisée, chancelier fédéral SPD d'Allemagne de l'Ouest et l'un des hommes politiques les plus importants en Europe.

Très critiqué par la CSU (on le surnomme Willy Brandy à Munich en référence à son goût supposé prononcé pour l'alcool et les femmes), il est celui qui lance la politique d'ouverture à l'Est, qui lui vaudra le prix Nobel de la paix. Dans cette biographie, Hélène Miard-Delacroix spécialiste d'histoire de l'Allemagne à laquelle elle a déjà consacré plusieurs livres, ne cache rien des faiblesses et des failles de son sujet et, après une première partie consacrée à la jeunesse du socialiste Willy Brandt et à son long exil à partir de 1933, détaille les trois grandes périodes de sa vie d'après-guerre : Berlin, le gouvernement, la Chancellerie. Sur la première période, on est en particulier relativement surpris de la faiblesse insigne des réactions occidentales lors de la construction du mur de Berlin en 1961, le gouvernement de Bonn, les USA, le Royaume-Uni et la France laissant globalement Willy Brandt seul face à l'événement. En dehors de quelques discours, rien. La "démonstration de force" du général Clay, le 25 octobre, avec quelques chars est bien tardive et relève semble-t-il davantage de la recherche d'un effet médiatique. Paris, d'ailleurs, refuse que l'ONU soit saisie du dossier. Dans le chapitre 3, "De chef de parti à chef de la diplomatie", on assiste à la montée de Willy Brandt vers le pouvoir, avec méthode, détermination, habileté aussi. C'est l'époque du gouvernement de grande coalition, qui voit les éléments radicaux, à l'extrême droite et surtout à l'extrême gauche, se développer. Brandt joue un rôle de "conciliateur"  et "pose tranquillement les jalons de la politique des petits pas", cherche à "transformer le côté d'en face (RDA et URSS) en établissant la confiance et en cherchant la détente". Elu chancelier en 1969 (il sera réélu en 1972), Brandt met en oeuvre sa politique, qu'il résume dans son premier discours de politique générale : "Oser plus de démocratie et être un peuple de bons voisins". Ce sont les négociations interminables avec la RDA et l'URSS, le sentiment parfois d'incompréhension à l'ouest, le voyage symbolique à Varsovie , où il s'agenouille devant le mémorial aux victimes du ghetto. Mais au cours du deuxième mandat, c'est l'affaire Guillaume, cet espion au service de l'Est inséré jusqu'au coeur du cabinet du chancelier. Le scandale éclate, les rumeurs courent. Le 5 mai 1974, il rédige sa lettre de démission. Helmuth Schmidt lui succède. Pour l'auteure, "certes, Brandt démissionne à l'occasion de l'affaire Guillaume, mais aussi parce qu'il s'est trouvé au fil des mois de plus en plus isolé, attaqué, et qu'il a perdu le contrôle de la politique économique et financière". Les deux derniers chapitres ("Après le pouvoir" et "La fin de l'histoire ?") sont rapidement consacrés aux dernières années de la vie de Willy Brandt, qui conserve dans un premier temps la présidence du SPD. L'une des dernières pages le montre enfin, un matin de novembre 1989, devant ce mur ébranlé qu'il avait vu construire près de trente ans plus tôt. Berlin, et le symbole, ou le syndrome, d'une génération allemande ?

Une belle biographie sur un personnage très important mais complexe de l'histoire allemande (et européenne) de la seconde moitié du XXe siècle.

Fayard, Paris, 2013, 312 pages, 20 euros.
ISBN : 978-2-213-67250-2.

Willy Brandy

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31 mai 2013 5 31 /05 /mai /2013 07:00

L'opinion allemande sous le nazisme

Ian Kershaw

La première édition de ce volume a été publiée en 1983 (édition française 1995), mais elle reste absolument fondatrice.

A partir du cas particulier de la Bavière et sur la base d'une documentation exceptionnelle par sa richesse et sa diversité, Ian Kershaw "décortique" puis "recontruit" littérallement le corps social allemand des années 1930. Les différentes préfaces des éditions successives sont insérées en début de livre, ce qui permet de suivre l'évolution de la pensée de l'auteur, et l'ouvrage s'ouvre sur une longue introduction présentant le contexte bavarois lorsque le NSDAP accède au pouvoir. Ian Kershaw divise ensuite son étude en deux grandes parties chrono-thématiques (une très longue "Un sentiment d'unité sociale ? La communauté nationale, 1933-1945", qui constitue le coeur de l'ouvrage ; et une brève "L'unité sociale à travers la guerre ? La communauté de destin, 1939-1945", qui étudie les conséquences économiques et sociales de la guerre par groupe social). Chaque chapitre aborde un point particulier (par exemple "Opinion paysanne et économie dirigée", "Doléances et soumission de la petite bourgeoisie", "La désaffection des catholiques", etc.). L'ensemble est accompagné de nombreux tableaux extraits de la documentation officielle (statistiques économiques, financières, sociales) de l'époque ou d'études académiques ultérieures. Chaque chapitre est suivi par les notes et références correspondantes, ce qui permet d'aller immédiatement à la recherche du document complémentaire qui peut vous intéresser.

Au bilan, un volume particulièrement riche en informations rigoureusement chiffrées, qui permettent au lecteur de se faire une opinion très complète de la réalité de l'Allemagne des années 1933-1939, et donc de commencer à comprendre comment la très grande majorité d'un peuple a pu, non seulement suivre le régime national-socialiste, mais dans bien des cas et sous bien des aspects y adhérer. Un volume qu'il faut connaître. 

Coll. 'Biblis', CNRS Editions, 2013, 591 pages, 10 euros.

ISBN : 978-2-271-07749-3.

Sociologie politique de la Bavière

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17 janvier 2013 4 17 /01 /janvier /2013 07:03

Les chevaliers teutoniques

Sylvain Gouguenheim

teutoniques.jpg 

L'épopée de l'ordre presque mythique des chevaliers teutoniques suscite souvent légendes et fantasmes. Dans ce solide ouvrage de plus de 750 pages, Sylvain Gouguenheim nous en dresse, à partir des sources les plus diverses, toute l'histoire, depuis la "Maison de l'hôpital des Allemands de Sainte-Marie de Jérusalem", née en août 1189, jusqu'à sa disparition comme Etat face à la Prusse. Mais attention, "l'ordre ne peut s'identifier à sa branche prussienne, même si elle occupe à juste raison le devant de la scène".

La première partie de l'ouvrage est consacrée à l'ordre religieux militaire, subordonné à la Papauté et engagé dans les Croisades. La seconde traite de la conquête de la Prusse et à la progression vers l'Est, opération d'évangélisation des tribus païennes des marches nord-est de l'Europe. La troisième s'intéresse aux caractéristiques d'Etat souverain que l'ordre met en place sur ses nouvelles terres, pour la maîtrise (difficile) du territoire et le contrôle des populations. On remarque d'ailleurs que ses effectifs propres furent longtemps limités et que la conquête en Europe nord-orientale à proprement parler ne commence qu'avec quelques dizaines de frères-chevaliers. La quatrième partie (passionnante) revient sur l'Etat teutonique compris comme un acteur du dialogue entre puissances européennes, en particulier entre le Pape et l'empereur romain germanique. Le dernier chapitre enfin nous entraine à travers le temps, à partir du XVIe s., dans les survivances de l'ordre, en Livonie, dans les baillages allemands, mais aussi (et on l'ignore souvent) à travers les quelques commanderies établies en terre française. L'auteur n'oublie pas son action ultérieure au bénéfice des Habsbourg (souverains catholiques), après le passage à la Réforme du grand-maitre Albert de Brandebourg en 1525. Sait-on qu'il fonda son propre régiment (le Hoch und Deutschmeister Regiment), pour lutter en Hongrie contre les Turcs et qu'après 1918 les traditions de cette unité ont été reprises par l'armée régulière de la Première république autrichienne ?

Sylvain Gouguenheim, tout en reprenant point par point, élément par élément, date par date, l'histoire de l'ordre, n'oublie pas les débats historiographiques qui opposèrent longtemps (et parfois opposent toujours) historiens allemands et polonais, les Teutoniques ayant été (étant ?) considérés dans ce pays comme ceux qui volèrent une terre polonaise pour la faire allemande. Bref, un histoire complète, qui nous entraine de Palestine en Livonie, des marches de Prusse à la région de Nevers : un passionnant livre d'histoire politique, diplomatique, militaire, économique et religieuse. Un ouvrage excellent.

Coll. 'Texto', Tallandier, 2012, 768 pages, 12 euros.

ISBN : 979-10-210-0053-7.

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18 décembre 2012 2 18 /12 /décembre /2012 06:55

Histoire de l'empire des Habsbourg

Vol. 1, 1273-1665

Vol. 2, 1665-1918

Jean Béranger

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On ne dira jamais assez tout le bien qu'il faut penser des collections type "poche" ! Pour quelques euros, nous voici en possession d'une monumentale étude sur l'un des plus grands empires européens. Un véritable outil de travail, fort utile, par ailleurs rédigé d'une plume experte dans un style agréable. C'est l'apanage des grands auteurs.

Spécialisé depuis sa thèse sur l'empire austro-hongrois, le professeur Jean Béranger a initialement publié cette impressionnante synthèse chez Fayard en 1990. Vingt-deux ans plus tard, elle est heureusement à nouveau disponible. Rares sont les grandes maisons (les Bourbons, les Romanov, les Hohenzollern) dont on puisse dire qu'elles ont mis en oeuvre à travers les siècles une véritable vision dynastique du monde et de l'avenir. Celle des Habsbourg figure indiscutablement au premier rang, depuis le XIIIe siècle, et doit au premier chef intéresser les lecteurs français puisque l'opposition entre les deux pays est presque, jusqu'en 1918, une constante des deux histoires nationales. De plus, les deux volumes sont, naturellement, traversés par la question récurrente de la viabilité d'un Etat supra-national : la Double-Monarchie en est morte, au nom du "droit des peuples à disposer d'eux-mêmes", en dépit d'un héritage intellectuel et politique trop rapidement jeté par idéologie aux oubliettes de l'histoire.

Il ne peut pas être question de résumer ici en quelques lignes toute la richesse de ces deux volumes. Fruit de longues années de travail et de passion de l'auteur pour l'Europe centrale et danubienne, synthèse à bien des égards admirable, ces ouvrages trouveront naturellement leur (bonne) place dans toute bibliothèque bien tenue. Les amateurs apprécieront la qualité du style et la précision du vocabulaire, les jeunes chercheurs y trouveront, en particulier à travers de multiples notes, une impressionnante bibliographie.

Une référence absolument indispensable pour quiconque s'intéresse à l'histoire dans la longue durée, mais aussi à l'actualité du "coeur" de l'Europe.

Coll. 'Texto', Tallandier, 2012, vol 1, 606 pages, 12 euros ; vol. 2, 576 pages, 12 euros.

ISBN : 979-10-210-0050-6 et 979-1-02100-070-4.

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25 juillet 2012 3 25 /07 /juillet /2012 07:00

Louis II de Bavière

Le roi bâtisseur de rêves

Janine Decant

Louis-II-de-Baviere.jpg

Toujours dans l'esprit de nos recensions estivales, tournons aujourd'hui nos regards vers l'Allemagne du Sud. Le grand public a généralement de Louis II de Bavière une image totalement déformée, d’où émerge l’amitié avec Wagner et la construction de châteaux extravagants (Neuschwanstein, Linderhof et Herrenchiemsee), mais derrière cette présentation excentrique, voir fantasque ou fantasmée, que sait-on effectivement de lui ?

Né en 1845, il monte sur le trône en 1864, à l’âge de 19 ans, et est déposé en 1886 à la suite d’un véritable « coup d’Etat officiel », après avoir été déclaré malade mental sur la base de rapports médicaux de commande. Son règne correspond ainsi à la période de l’unité allemande autour de la Prusse (guerre de 1866, guerre de 1870-1871, proclamation de l’empire), période essentielle du XIXe siècle européen.

Il faut donc remercier Janine Decant pour cette « quasi-biographie » (en effet, le livre commence en 1864, couvre la période du règne et s’articule autour de nombreux retour en arrière à partir de l’enfermement de Louis II dans son château de Berg et sa mort mystérieuse dans le Stanberg See) qui trace une image renouvelée, à la fois plus complexe et plus réaliste de ce « roi fou » dont Verlaine a pu écrire qu’il était « le seul vrai roi de ce siècle ». Les arts, la musique et l’opéra tiennent bien sûr une place importante dans le récit, ses relations avec sa cousine l’impératrice d’Autriche (Sissi) et son amitié (parfois ambigüe) pour quelques uns de ses proches ne sont pas oubliées, mais le texte est également émaillé de régulières analyses de la situation politique du temps, sa perception de la Prusse, de Bismarck, de la France, etc., à travers en particulier des extraits de ses lettres à sa famille.

Le personnage est particulièrement attachant et l’auteur sait nous faire partager ses espoirs, ses craintes, ses succès (rares) et ses échecs (beaucoup plus nombreux). On apprécie l’analyse finale sur les conditions de sa déposition, de sa quasi-incarcération puis de sa mort, extrêmement suspecte, et l’on se prend à rêver (Louis II aurait-il donc finalement gagné ?), avec le petit peuple des Alpes bavaroises, à ce roi qui aimait tant son pays et fut contraint de concéder les amputations à son indépendance. On en vient également à mépriser (ou détester) ces bourgeois et banquiers munichois, ces « libéraux » si « modernes » qui n’hésitèrent devant aucun mensonge ni aucune conspiration pour abattre un monarque exceptionnel puis salir sa mémoire. Si Louis II était bien un bâtisseur de rêves, son œuvre n’est pas prête de s’éteindre.

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31 mai 2012 4 31 /05 /mai /2012 07:06

Réflexion militaire allemande

de-seeckt.jpg

Il nous a paru particulièrement intéressant de porter à la connaissance de nos lecteurs deux textes, rédigés dans l'instable Allemagne de Weimar des années 1920, que Jean-Gabriel Herbinet, qui en a effectué la traduction, a bien voulu nous transmettre.

Le premier, signé en septembre 1923 par le général von Seekt, appelle à "la conservation inconditionnelle et impitoyable de l'autorité de l'Etat" et fixe les grands principes de l'intervention proprement militaire des forces armées pour sauvegarder l'ordre public intérieur. Pour lire le document complet, cliquer ici.

Le second, plus long, est une étude réalisée par les Reichsarchiv en 1929-1930 relative à la "guerre populaire", phénomène historique important en Allemagne (cf. 1813), mais paradoxalement exclu des réflexions doctrinales depuis la seconde moitié du XIXe s. La question centrale qui sous-tend ce document justifie de le relire aujourd'hui. L'auteur présente en effet une synthèse de plusieurs formes d'insurrection et de levée en masse depuis la fin de l'époque moderne jusqu'à la Première Guerre mondiale, pour en déduire la capacité de l'Allemagne à employer éventuellement des méthodes irrégulières pour faire face à une agression française. Les facteurs dégagés par l'auteur dans cette synthèse et certaines considérations ont aujourd'hui perdu en pertinence ou peuvent surprendre (importance attribuée au facteur hiérarchique dans le succès d'une insurrection, qui serait plutôt infirmée dans les conflits actuels ; considérations sur la nature plus ou moins belliqueuse de certains peuples ; etc.). Ce seul aperçu retrospectif sur la capacité à tirer de mauvaises conclusions d'analyse historiques ne justifierait pas, quoique, de traduire ce texte. Il y a cependant un point important qui peut présenter un intérêt dans l'analyse des conflits contemporains : c'est la distinction entre deux formes d'insurrections, celle durant laquelle les insurgés se constituent en formations régulières de type "levée en masse", et celles où ils agissent de manière indépendante, autonome. Surtout, de manière sous-jacente, ce texte livre un aperçu de la logique qui peut conduire un adversaire à s'engager dans une lutte irrégulière et du succès relatif qu'il peut espérer. Pour lire le document complet, cliquer ici.

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Qui Suis-Je ?

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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