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28 mai 2015 4 28 /05 /mai /2015 05:50

Pensées d’un soldat

Général Hans von Seeckt

Il s'agit de la version française de Gedanken eines Soldaten, paru initialement à Berlin en 1929, synthèse de la réflexion du général von Seeck, qui a dirigé de 1920 à 1926 la Reichswehr, c'est-à-dire l'armée professionnelle réduite concédée à l'Allemagne vaincue. Traduit en anglais dès 1930, ce n'est qu'en 1932 que le livre, subdivisé en quatre chapitres d'inégale longueur (« Les formules toutes faites » ; « Symboles » ; « Problèmes » ; « La chose essentielle ») est publié dans une collection se proposant d'exposer au public « les mœurs et l'esprit des nations ». Il importe alors de connaître les réflexions de l'adversaire de demain, qui en l'espèce brille par ses talents oratoires. Les prises de positions publiques du général von Seeckt avaient provoqué un certain émoi en France à la fin de la décennie 1920. Comparée avec le texte allemand, la traduction française semble moins altérer la prose originale de l'auteur que les célèbres Souvenirs de guerre de Ludendorff, par exemple. Seeckt a un style classique, aéré, avec des phrases relativement courtes. Au-delà du recueil d'aphorismes, il tente de saisir l'essence de l'art de la conduite de la guerre. Non-signée, l'introduction, en forme d'hommage, est assez emblématique de ce qui a fait de Seeckt une sorte de caricature (admirée) de l'officier prussien. Ennemi de l'approximation, celui-ci affirme qu’"il existe trois choses contre lesquelles l'esprit humain lutte en vain : la bêtise, la bureaucratie, et les formules toutes faites" (p.11). Il insiste sur les spécificités du métier militaire, charpente de sa carrière comme de ses écrits. "Celui qui sait ce que c'est que la guerre, ses nécessités, ses exigences et ses conséquences, en un mot, un soldat, réfléchira beaucoup plus sérieusement sur les possibilités de guerre que l'homme politique ou l'homme d'affaires qui pèse froidement ses avantages et ses désavantages" (p.14). Il s'en prend successivement à la galerie des fétiches, attirants ou repoussants, qui façonnent l'opinion publique. "Le type du général qui fait sonner son sabre et crie aux armes une invention perfide de la politique sans scrupule, un type cher aux stupides journaux amusants, une formule personnifiée" (p.15). Il se méfie des ambivalences dont s'accompagnent les aspirations à la paix après la Grande Guerre. "Le concept de pacifisme va de l'amour naturel pour la paix de l'homme expérimenté, conscient de ses responsabilités, à la servile volonté de paix à tout prix ; c'est donc une formule toute faite, dont le sens n'est pas clair" (p.16). Il s'amuse à propos du concept d'impérialisme, lequel serait condamnable, mais à géométrie variable : "ce n'est que chez les Anglais que la notion d'empire est admise à refléter l'orgueil d'une puissance qui s'étend sur toute la terre ; chez tous les autres peuples, l'impérialisme n'est que trahison à l'égard de la paix mondiale" (p.17). En même temps, le militarisme, terme péjoratif, est systématiquement imputé aux Allemands, chez qui le Traité de Versailles entend déraciner cette tendance jugée mortifère. Cependant, par le biais de la conscription, "la France fait fièrement de son peuple une nation armée. N'est-ce pas là du militarisme ?" (p.19). Persuadé que l'obscurité du langage est une entrave, non seulement à la compréhension immédiate, mais au développement d'une saine pensée politico-militaire, il dénonce l'emploi de raccourcis qui dénaturent la pensée de Clausewitz, par exemple la célèbre formule "la guerre est la continuation de la politique par d'autres moyens". En réalité, le théoricien "a besoin de plusieurs pages pour exposer clairement ce qu'il entend par ces mots" (p.20). Seeckt ré-explore également le paradigme de la bataille de Cannes, supposant l'enveloppement des deux ailes de l'ennemi, qui a inspiré le plan Schlieffen de conquête de la France avant la Grande Guerre. Celle-ci occupe naturellement une place centrale dans sa réflexion. Même s'il refuse pour sa patrie le rôle de l'agresseur qui lui a été assigné après l'Armistice ("quiconque est d'avis que, pour prouver notre politique pacifique nous aurions dû attendre d'être attaqués, admet qu'il aurait préféré voir la guerre se dérouler sur son propre sol plutôt que sur celui de la France", écrit-il p.27), il raille la propension de la "jeune littérature militaire allemande" à refaire la guerre mondiale, à laquelle elle n'a, selon lui, rien compris. Il affirme d'autre part que "le but de guerre de la France n'était pas l'Alsace-Lorraine" uniquement, mais plutôt "la défaite et l'affaiblissement aussi durable que possible d'un voisin dangereux" (p.30). Il présente ensuite une galerie de grandes figures : Frédéric II (le parangon de la vertu militaire prussienne, évoqué comme s'il était encore vivant), Schlieffen, Hindeburg. La partie la plus importante, « Problèmes » aborde la question de la stabilité dans l'Europe d'après-guerre et la répartition des responsabilités entre l'homme d'État et le général en chef. Le sous-chapitre « La cavalerie moderne » montre que dans l'esprit du général von Seeckt, perçu par ses contemporains comme moderniste, chevaux et cavaliers restent au cœur du dispositif de défense nationale. « La motorisation de l'armée est une des questions les plus importantes de l'évolution militaire (...) Beaucoup de prophètes voient déjà (...) le remplacement des cavaliers par des soldats montés sur des tanks accompli. (…) Nous ne devons certainement pas fermer les yeux au développement du véhicule à moteur, et à son utilisation militaire ; nous nous créerons théoriquement, et, dans la mesure où cela nous sera possible, pratiquement, les bases nécessaires pour son emploi ; mais nous nous garderons de négliger ce qui est utilisable, éprouvé, existant, pour une possibilité à venir ». Dans « Le chef d'état-major » Seeckt transcrit son expérience personnelle, mais évoque surtout des personnalités qui ont marqué l'histoire ancienne ou récente, rapportant par exemple que Lord Kitchener lui aurait confié en 1908 : « nous n'avons pas en Angleterre un état-major dans le sens où vous l'entendez ; je suis en train d'en créer un pour l'armée des Indes, sur le modèle du vôtre » (p.154). Cette nostalgie de l'époque d'avant 1914 durant laquelle l'Allemagne était admirée imprègne les Pensées d'un soldat, ouvrage par ailleurs plutôt tendu vers l'avenir. "La chose essentielle", énonce en coda le général, "c'est l'action. Elle a trois moments : la décision née de la pensée, la préparation née de l'exécution ou le commandement, l'exécution elle-même. Dans les trois stades de l'action, c'est la volonté qui dirige" (p.169). La vision du passé proposée n'est en rien mythique, Seeckt reconnaît que la guerre est dévastation, même s'il dénonce la naïveté (éventuellement intéressée) des pacifistes. Il ne manifeste aucune volonté d'esthétisation du phénomène, pas plus que de fascination pour la technique en tant que telle. « Il est faux de fonder le mouvement pacifiste sur la peur des nouveaux procédés de guerre et sur l'extension qu'elle prend aujourd'hui. L'épée n'est pas plus humanitaire que l'obus explosif de 210 (…) Contre de nouveaux moyens techniques d'attaque, la technique a toujours trouvé de nouveaux moyens de défense » (p.70). Élégantes bien que parcourues d'un certain pessimisme anthropologique, ces Pensées présentent un intérêt qui dépasse leur statut de document historique, Seekt se plaçant en quelque sorte dans la tradition du soldat-moraliste à la Vauvenargues. Ce livre, reprenant des thèmes traités sous forme de conférence, rappelle lointainement le ton des écrits du premier De Gaulle. Personnage au même titre que Hindenburg ou Ludendorff, Seeckt suscite moins de réserve, il alors est considéré comme un honnête homme même s'il n'attire pas forcément la sympathie. La quintessence de ses réflexions ayant nourri la résurgence militaire de l'Allemagne offre cependant, en 1932, aux Français un miroir déjà quelque peu inexact de la réalité d'outre-Rhin.

Candice Menat

Paris, Cavalier, 1932, 179 p. (15 €)

Souvenirs et enseignements

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13 mai 2015 3 13 /05 /mai /2015 06:00

La haine et la honte

Journal d'un aristocrate allemand, 1936-1944

Friedrich Reck-Malleczewen

Paru en traduction française en 1968 mais semble-t-il non réédité depuis, ce journal d'un fils d'une vieille famille de Junkers prussiens constitue une critique sans faille, au quotidien, du régime nazi, dans sa réalité comme dans ses représentations, en temps de paix comme en temps de guerre.

Devenu romancier à succès dans l'entre-deux-guerres, Friedrich Reck-Malleczewen met ses idées et pensées sur le papier à des échéances variables : quelques jours, quelques semaines, voire quelques mois entre deux brefs chapitres. Si les mots sont parfois terribles, le tableau des nombreuses situations personnelles ou ponctuelles racontées porte aussi la marque d'un profond mépris pour le "vulgaire". Dans sa présentation, Pierre-Emmanuel Dauzat observe avec Walter Laqueur que l'original de ce livre n'a sans doute pas reçu en Allemagne lors de sa parution l'accueil qu'il aurait mérité car, "pour les critiques de gauche, Reck-Malleczewen a eu le tort de s'opposer au nazisme pour les mauvaises raisons. Autrement dit, il était ostensiblement royaliste quand la seule critique 'légitime' était de gauche". Pourtant, ce conservateur traditionnaliste en vient à souhaiter très tôt la défaite complète de son pays, "une Allemagne qui ne méritait plus son nom". Un rappel intéressant sur la diversité des opinions de ceux qui, peu ou prou, résistèrent à Hitler. Chaque chapitre prend appui sur un événement particulier, récent (de la mort de Spengler en mai 19136, à l'arrestation de l'auteur en octobre 1944),à partir duquel il revient systématiquement à une critique de plus en plus rude du système nazi en tant que tel, mais aussi des hommes qui en assurent la direction, passant du dégoût à la haine et la honte, qui donnent son titre au livre.

Les citations pourraient être multipliées, évitons celles qui l'illustrent trop l'horreur et ne reprenons que des propos plus sobres ou les plus légers, mais qui n'en sont pas moins significatifs d'abord d'un état d'esprit. Le mépris pour les hiérarques nazis d'abord : lorsque la princesse Friedrich Léopold, belle-soeur de l'ancien empereur d'Allemagne, rend visite à Goering, celui-ci "lui a fait faire antichambre pendant deux heures au milieu des dactylos assises de-ci de-là et des voyous SS" et le "capitaine en retraite de l'armée impériale" n'est plus présenté que comme un bourgeois cupide et mal élevé. Sur les exigences et les évolutions du régime en mai 1937 : "L'Allemagne est laide, stupide et l'épicentre de tous les séismes politiques qui se succèdent par cycles de vingt-cinq ans". En octobre 1940 après les victoires remportées à l'ouest : "Je revois tout un peuple enivré des succès des brigandages politiques, la populace de cinéma braillant de joie devant les actualités sanguinaires, applaudissant lorsque des hommes transformés en torches sautent de tanks incendiés". Le même mois, évoquant le particularisme bavarois au sein de la "nouvelle" Allemagne : "Les nazis, qui se sont voués corps et âme à leurs stupides objectifs technocratiques ne viendront jamais à bout de la Bavière, même si leur occupation devait se prolonger dix ans encore. Même s'ils devaient être victorieux, deux choses les mèneraient à leur perte : le manque d'âme et, bien plus encore, l'absence totale d'un humour que ces ennemis du rire craignent plus qu'une nouvelle déclaration de guerre". Vanité, arrivisme, ridicule, absence de culture aussi bien que de morale, Friedrich Reck-Malleczewen taille aux dirigeants nazis, sur fond de dégoût pour la masse qui les suit, un costume qui mérite d'être connu. D'autres chapitres abordent des questions plus dramatiques (la guerre et son coût, le sort des prisonniers russes, etc.), avec des mots parfois très forts, adaptés au caractère terrible ou monstrueux des situations.

Un livre original, sans doute aussi parce que le personnage n'était peut-être pas lui-même toujours très sympathique. Il n'a pas la fraicheur ou l'enthousiasme (ni l'engagement direct d'ailleurs) des jeunes du réseau de la Rose blanche. Mais sa critique féroce du quotidien des responsables nazis régionaux (et parfois nationaux), comme de la politique mise en oeuvre, mérite indiscutablement d'être connue.  

Vuibert, Paris, 2015, 286 pages. 19,90 euros.

ISBN : 978-2-311-10085-3

Réquisitoire

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8 avril 2015 3 08 /04 /avril /2015 06:00

Portraits de nazis

Werner Best

Ouvrage étonnant que celui-ci, qui veut nous présenter de l'intérieur, à partir du témoignage d'un haut dignitaire, quelques uns des principaux dirigeants nationaux-socialistes.

L'introduction rappelle utilement les conditions de rédaction du texte original : en prison au Danemark à la fin des années 1940, par un homme qui a été le n° 2 de l'Office central de sécurité du Reich (RHSA), adjoint d'Himmler et de Heydrich (il fut très proche des deux) avant d'être le représentant nazi en poste à Copenhague. Pour contextualiser le texte, il est rappelé que cet homme, Werner Best, est d'une part dans une situation psychologique fragile et qu'il organise sa propre défense d'autre part. Cette même introduction retrace le parcours personnel de Best à partir de la Grande Guerre, ses fonctions de juge en Hesse, son engagement contre les Français en Rhénanie, son entrée au parti nazi, son parcours administratif et politique exemplaire au sein de l'appareil d'Etat jusqu'à son arrivée à Copenhague en 1942 après une affectation en France. Le portrait qu'il fait des principaux dirigeants nazis qu'il a connu (Ribbentrop, Hitler, Göring, Canaris, Himmler, Heydrich) est rarement flatteur, et celui de Ribbentrop commence par exemple par le rappel de l'accusation d'homosexualité porté contre celui qui n'est pas encore ministre des Affaires étrangères du Reich. Même si Ribbentrop est décrit comme "habile et aimable", il est aussi "très nerveux et souffreteux", supporte mal ses responsabilités ministérielles et se trouve par rapport à Hitler "dans un état de soumission, nourri par la suggestion et la peur". Le Führer lui-même, que Best rencontre assez régulièrement à partir de la fin de l'année 1931, est décrit comme le "prophète prosélyte ... dans un état quasi-maladif d'extrême excitation et de dépression", mais aussi "vieilli et crispé" dès 1937, et plus tard "absent et apathique" lors des réunions de travail. Pour autant, Best ne renie rien de son engagement passé, même si à partir de l'été 1944 Hitler est devenu "le prohpète fou furieux". Göring, en dépit des défauts et excès bien connus du personnage, est sans doute celui qui laisse l'impression la plus sympathique. S'il n'est spécialiste de rien, au moins est-il capable d'humour et l'auteur lui attribue un bon sens solidement ancré, faisant de lui un président (du conseil des ministres de Prusse) "adéquat, mesuré et juste". Il n'échappe toutefois pas à la critique : "L'échec de l'armée de l'air allemande est incontestablement lié au fait que les officiers du ministère de l'Aviation n'étaient que des receveurs d'ordres purement administratifs et que Göring, vingt ou vingt-cinq ans après avoir fait ses preuves comme pilote de chasse, n'était tout simplement pas le spécialiste technique et organisationnel qui convenait à une armée de l'air moderne". Au passage, Göring était trop peu "idolâtre" pour être réellement un disciple d'Hitler, et l'extraordinaire collection d'oeuvres d'art volées à travers l'Europe est supposée devoir "revenir non pas à sa fille Etta, mais au Reich". Le portrait qui est fait de Canaris, "le Levantin", est également très intéressant, globalement favorable, nous précise de nombreux points sur l'articulation interne des relations entre les services de renseignement au sein du Reich et aborde indirectement la question de la fidélité ou de la résistance de Canaris à Hitler : "J'ai l'impression que Canaris s'est comporté de manière passive des deux côtés : il a laissé faire ses collaborateurs, mais lui-même n'y a pas pris part. Je m'explique son comportement par son pessimisme". Himmler et Heydrich clôturent le volume, avec des relations oscillant au fil du temps du meilleur à la froideur (en fonction des ambitions des uns et des autres et des fidélités réciproques). Il développe ici ses réticences, puis oppositions, à la politique du Reich au Danemark (n'oublions pas qu'il y alors est prisonnier) et l'on a là (p. 198-199) quelques éléments sur les premiers contacts entre Himmler et les Alliés. Et en 1945, à la veille de la capitulation, on rencontre au passage Degrelle en fuite... Les appréciations portées sur Himmler en particulier (comparé à Robespierre : "Tout comme le doctrinaire d'Arras, le sanglant 'maître d'école' de la Révolution française, le sanglant 'maître d'école' à la cape noire de la SS peut simplement être compris comme un enseignant intransigeant"...) confirmen que, finalement, l'auteur ne regrette rien et cherche à se défendre sans renier les bases idéologiques de son engagement passé.

Replacé dans son contexte, le livre est tout particulièrement intéressant, tout en le considérant pour ce qu'il est : un témoignage rédigé par un "général" de l'administration SS au parcours atypique, prisonnier après 1945...

Perrin, Paris, 2015, 249 pages, 19,- euros.

ISBN : 978-2-262-04087-1.

Dirigeants nazis

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3 avril 2015 5 03 /04 /avril /2015 06:00

Petite garnison

Roman de moeurs militaires

Lieutenant Bilse

Pour une fois, nous nous intéressons non pas à un livre d'histoire stricto sensu, mais à un roman. Toutefois, un roman bien particulier, puisque son auteur, lieutenant de l'armée impériale allemande, sera à l'issue de la première publication du livre chassé de l'armée et que l'empereur Guillaume II se fera remettre un rapport sur la réalité des faits racontés.

Après une introduction qui présente la genèse du roman et le contexte de sa publication, puis le récit du procès du lieutenant Bilse devant le conseil de guerre de Metz en 1903, s'ouvre le récit proprement dit. Nous oscillons alors entre Courteline, Feydeau, et quelques autres auteurs de romans de moeurs de la fin du XIXe siècle à la "mode" allemande. Dans une société en apparence bridée par des règles strictes de savoir-vivre et de morale "officielle", une (grande ?) partie du corps des officiers connait non seulement une vie oisive, mais encore faite de jeux (donc de dettes) et de libertinage ou d'amours interdits. L'ensemble du texte se lit avec aisance et apporte un éclairage parfois cru sur la vie sociale au sein et autour du régiment. On ne retiendra pas le détail de telle ou telle conversation ou de telle ou telle anecdote, qui relèvent bien du roman, et du roman de moeurs. Mais l'ambiance, l'atmosphère générale, le style, le mode vie, paraissent directement décalqués de la réalité. Et à ce titre, le livre trouve sa place dans toute bibliothèque d'historien : la génération d'officiers qui y est décrite est celle que l'on retrouve, quelques années plus tard, sur les champs de bataille de la Grande Guerre.

A lire sans hésitation pour s'immerger dans ce monde particulier des (jeunes) officiers allemands, où les représentants d'une ancienne noblesse tiennent une place particulière avant la Première Guerre mondiale, sans lui accorder pour autant la valeur d'un témoignage absolu.

Editions des Paraiges - éditions Le Polémarque, Metz-Nancy, 2015, 223 pages, 18 euros.
ISBN : 979-10-90185-71-5.

L'armée allemande vue de l'intérieur

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11 mars 2015 3 11 /03 /mars /2015 06:00

De Weimar à Vichy

Les Juifs d'Allemagne en république

1918 - 1940 / 1944

Dorothea Bohnekamp

Comment les Juifs allemands ont-ils vécu les années d'entre-deux-guerres (et ont-ils pu s'illusionner sur leur intégration) au sein de la nouvelle république de Weimar avant d'être "broyés par la roue d'une histoire qui les entraîne irrésistiblement vers l'abîme", tel est le thème de cet ouvrage de recherche.

Partant du constat que la république de Weimar constitue pour les Juifs allemands "l'aboutissement d'un processus d'émancipation" et d'intégration à la vie publique nationale (du moins est-ce comme cela qu'elle est perçue par les intéressés), l'auteure suit leur parcours collectif de la fin de la Première Guerre mondiale à l'exil de milliers d'entre eux en France dans la deuxième moitié des années 1930, puis à leur livraison au Reich par le régime de Vichy à partir de 1941. Poursuivis dès la fin de la Grande Guerre dans certains milieux par l'image de "l'embusqué", les Juifs sont "conscients que les autorités militaires et l'opinion publique auraient besoin d'un bouc émissaire", au point qu'il devient nécessaire dès le début des années 1920 d'organiser des groupes d'auto-défense. Quelques grands noms de la politique allemande viennent alors de la communauté juive (comme Walther Rathenau, et l'on sait comment il finit), et Dorothea Bohnekamp observe que, s'ils sont effectivement relativement nombreux dans les premières années, "la proportion des Juifs commença à diminuer au milieu des années 1920", dans la magistrature comme à l'université. Le fossé se creuse au début des années 1930, avec l'anti-parlementarisme croissant de franges plus larges de la population, puis la crise économique qui "sapait les bases de la jeune et encore fragile démocratie allemande". La défense de la république devient synonyme de la défense des citoyens juifs : seuls les mouvements sociaux-démocrates conservent irréductiblement cette orientation, pourtant il existe aussi des mouvements juifs plus "nationaux" ou "conservateurs" qui sont longtemps proches des thèmes de la droite allemande. La situation est d'ailleurs compliquée par l'arrivée de très nombreux Juifs réfugiés d'Europe orientale, socialement fragiles et très souvent mal intégrés par rapport aux communautés plus anciennes, qui ne se distinguent plus, même sur le plan vestimentaire, de la population allemande "de souche". L'antisémitisme traditionnel fait alors un retour en force dans de nombreux milieux sociaux (alors que le parti national-socialiste reste encore minoritaire). Les succès électoraux régionaux et nationaux du NSDAP à partir de 1931-1932 sont suivis par une multiplication des actes antisémites violents, et les parlements des Etats fédérés deviennent autant de tribunes pour les nazis et leurs alliés. Le chapitre 5 tente d'établir un bilan de "l'influence" juive sur la culture et la vie publique allemandes, puis le suivant suit leur parcours d'exil en direction de la France, dont la représentation idéalisée se heurte parfois à la réalité de l'accueil, à une législation contraignante et à des conditions de vie difficiles. Pour une grande partie d'entre eux, ils ne font d'ailleurs que transiter par la France, avant de poursuivre vers d'autres destinations. Le dernier chapitre revient sur le rôle de l'Etat français dans l'emprisonnement (dans des conditions peu honorables) des Juifs allemands réfugiés sur le sol français, et leur livraison aux services nazis pendant l'occupation. 

Un livre intéressant, dans la mesure où il creuse la question de la situation des Juifs allemands dans leur pays avant l'accession au pouvoir du parti nazi, dont la démonstration est soutenue par de très nombreuses citations et s'appuie sur de multiples références. On a toutefois par moment le sentiment que l'auteure force un peu le trait pour faire coller tous les faits à ses idées, la communauté juive étant très vraisemblablement, plus que les autres sans doute (et elle le montre elle-même à plusieurs reprises), fragmentée, divisée, et la société allemande étant tout à la fois traumatisée et inquiète. Il n'est pas certain qu'il y avait là une sorte de fatalité générale et inéluctable. Toutefois, Dorothea Bohnekamp identifie très justement des traces anciennes, qui permettent de recontextualiser bien des évolutions de l'Allemagne de l'entre-deux-guerres.

Fayard, Paris, 2015, 298 pages, 22,- euros.

ISBN : 978-2-2136-4286-4.

Identité et migrations

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1 février 2015 7 01 /02 /février /2015 06:00

Regard sur les armées allemandes

(Coll.)

Voici les actes d'une journée d'études qui s'est tenue en 2011, en particulier sur le thème de l'histoire et des évolutions au XXe siècle des armées allemandes.

Le livre se divise en fait en deux grandes parties. La première est effectivement constituée par quatre comunications qui survolent l'histoire militaire allemande depuis la fin de la Première Guerre mondiale, tandis que la seconde regroupe cinq articles très différents en "varia". Dans la première partie, Jean-Jacques Langendorf présente la Reichswehr de l'entre-deux-guerres, petite armée de professionnels, dans ses structures, ses équipements, à travers quelques personnalités importantes et en prenant en compte le rôle de la Commission interallée de contrôle ; puis Philippe Richardot s'intéresse à la Wehrmacht de 1939-1945 et en particulier à son équipement en matériels divers, à sa répartition sur les différents théâtres, et consacre un chapitre à la SS en armes ; Jonas Flöter (le texte est hélas pour le lecteur francophone uniquement en allemand) nous parle de la NVA, l'armée de la république populaire, en insistant sur les liens qui l'unissait au système du parti unique ; et Klaus Wittmann traite enfin de la Bundeswehr (le texte ici aussi n'est publié qu'en allemand), dont les dernières évolutions sont assez mal connues en France, une communication essentiellement descriptive et peu critique. La seconde partie nous propose des sujets très différents : une comparaison entre la Phalange macédonienne et la légion romaine (Julien Renggli), un point de situation sur le siège et la prise d'Alésia par César lors de la guerre des Gaules (Nicolas Gex), une présentation de l'entrée en service (tardive : années 1950 et 1960) d'engins blindés dans l'armée suisse avec ses conséquences en terme de manoeuvre sur un territoire à la topographie particulière (François Villard), une interrogation sur les forces d'autodéfense japonaises, armée qui ne dit pas son nom et dont l'influence sur la société nippone reste à déterminer alors que la Chine revient à l'hégémonie régionale (Laurent Schang), et une étude (semi-ironique) sur les travaux suisses liés à la Grande Guerre dans le pays (Christophe Vuilleumier).

Un petit volume qui sur de nombreux points complète utilement les publications françaises dans un certain nombre de thèmes.

Centre d'histoire et de prospective militaires, Pully (CH), 2014, 156 pages.

ISBN : 978-2-8280-0013-4.

Pour commander directement, le site du CHPM : ici.

Survol du XXe siècle

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12 juin 2014 4 12 /06 /juin /2014 05:20

Le kaiser Guillaume II

Dernier empereur d'Allemagne

Henry Bogdan

Spécialiste de l'Europe orientale, Henry Bogdan s'intéresse depuis plusieurs années à la maison des Hohenzollern et nous livre aujourd'hui une biographie nuancée du dernier empereur du IIe Reich.

De la naissance difficile (il conservera un bras gauche handicapé) à l'exil hollandais de 23 ans au cours duquel il se tient à l'écart du régime national-socialiste, la vie, les décisions, les réalisations de Guillaume II témoignent de la complexité de sa personnalité. Contrairement à la légende entretenue par les polémistes français dès avant la Grande Guerre et, bien sûr, aux mensonges quotidiennement distillés entre 1914 et 1918, l'homme possède de solides qualités foncières et son règne, lorsqu'il monte sur le trône à l'âge de 29 ans, commence sous d'assez heureux auspices : "Par sa solide culture générale et ses connaissances acquises à l'université de Bonn, (il) disposait de la plupart des qualités requises pour les hautes qualités qui l'attendaient ... Guillaume II apparut comme un homme courtois, doué d'un certain pouvoir de séduction, ouvert, spontané -trop sans doute, car au grand dam de son entourage et de ses diplomates, son langage direct risquait de heurter". Qualifié "d'homme moderne, ouvert à la culture et aux odées de son temps", il règne sur un empire en plein développement, puissance financière et industrielle, dont la croissance démographique, les progrès sociaux et l'expansion économique peuvent justifier de nouvelles ambitions. Les chapitres 4 à 5 détaillent ses relations avec Bismarck et avec son entourage, familial, ses amis et conseillers : "Le comte Zedlitz-Trützschler, chambellan de la Cour, témoigna que l'entourage de Guillaume II n'avait jamais pu l'influencer de façon permanente, même ses amis les plus proches". Il ne faut jamais oublier que Guillaume II est d'abord roi de Prusse et que l'empire est une confédération d'Etats princiers et de villes libres qui conservent, au moins en partie, leurs propres institutions. Un chapitre complet est donc consacré à "La gouvernance de l'Allemagne", et l'on voit l'empereur s'intéresser de plus en plus aux "domaines réservés" que sont les questions diplomatiques et militaires, mais aussi à la marine : "A la veille de la Première Guerre mondiale, l'empereur demeure, comme en 1890, le premier responsable de la politique, même si les chanceliers sont parvenus non sans mal à limiter son pouvoir personnel". Le chapitre 7 nous montre Guillaume II "au quotidien", dans ses différentes résidences au fil de ses déplacements, en Allemagne comme à l'étranger. Il fit ainsi pas moins de 14 séjours en Alsace-Lorraine entre 1893 et 1913, et utilisait chaque année à plusieurs reprises son "yacht" Hohenzollern ("Puissant navire long de 116 mètres et large de 24, avec une jauge de près de 4.300 tonneaux, atteignant une vitesse de 21,5 noeuds, équipé de quinze canons") pour se rendre en Europe du Nord, en Angleterre ou en Méditerranée.

L'ouvrage s'intéresse ensuite à plusieurs aspects thématiques (l'économie, la société, la politique mondiale, la puissance navale), avant d'en arriver à la Grande Guerre elle-même : "Dans ce contexte, qu'on a qualifié de 'paix armée', le comportement de Guillaume II n'était pas sans rappeler celui de son lointain ancêtre, le 'roi-sergent' Frédéric-Guillaume Ier, qui tout en ménageant son armée ne l'utilisa qu'exceptionnellement et privilégia toujours les solutions négociées pour régler les conflits". L'auteur s'efforce de donner au Kaiser un rôle relativement plus positif pendant la crise de juillet, que celui que la mémoire collective lui accorde. Si, dans l'ensemble, la démonstration est assez convaincante, ses efforts télégraphiques en direction de Nicky (Nicolas II) semblent néanmoins présentés de façon très positive. La présentation de la chronologie des entrées en guerre, de la même façon, parait plutôt exonérer le Reich, ce qui n'est qu'en partie crédible. Henri Bogdan rend bien compte du rôle de l'empereur durant la guerre. Certes, il était comme souverain le chef constitutionnel des armées, mais comme la plupart de ses pairs il délègue ces fonctions aux chefs d'état-major généraux quis se succèdent à la tête de l'OHL. Ses activités sont essentiellement celles d'un chef d'Etat : visites, conférences officielles, remises de décorations, revues des troupes, actions caritatives, etc. L'auteur s'intéresse donnc aux questions politiques et diplomatiques du point de vue allemand durant la guerre, thème rarement abordé dans les études francophones, y compris dans les oppositions entre le souverain et le binôme Hindenburg/Ludendorff. L'abdication (sous la pression du haut commandement), le passage en Hollande, les exigences des vainqueurs et les années d'exil font l'objet des derniers chapitres.

Sans être à proprement parler une réhabilitation, le livre présente le dernier empereur d'Allemagne sous un jour sensiblement différent de l'image que la propagande alliée et française en a laissé dans la mémoire collective. Sur certains points, le point de vue d'Henry Bogdan peut être nuancé, mais cet ouvrage bien référencé apporte un utile contre-point aux idées reçues. A lire avec le plus grand intérêt.

Tallandier, Paris, 2014, 303 pages. 20,90 euros.

ISBN : 979-10-210-0517-4.

Le dernier empereur

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19 avril 2014 6 19 /04 /avril /2014 06:20

Avez-vous vu Hitler ?

Walter Kempowski

Commencé presque par hasard dans les années 1970, la quête de Walter Kempowski a finalement donné naissance à un livre en Allemagne, pour la première fois traduit en français.

Le principe en est en fait très simple : l'auteur pose cette seule question ("Avez-vous vu Hitler ?") à des centaines de personnes et nous livre leurs réponses, parfois très courtes (une ou deux lignes). Ces réponses sont classées par ordre chronologique de la période concernée (de la Grande Guerre à 1945). Beaucoup de réponses négatives, du fait du hasard, de la situation géographique ou parfois par l'effet de la volonté propre de la personne interrogée. Mais aussi les réponses les plus diverses, dans de grands rassemblements comme en le croisant par hasard au restaurant ou en train de jouer aux cartes dans une brasserie de Bayreuth. Une très grande majorité de réponses banales, et des Allemands qui semblent hésiter à condamner l'homme et son régime (avant 1938-1939, l'ordre et la sécurité régnaient...). L'une lui trouve de "belles mains", l'autre le trouve laid, l'un le tein gris, l'autre la peau rose, l'un lui voit un regard maléfique, l'autre le trouve ordinaire et indifférent, celui-ci pensait à l'époque qu'Hitler avait raison mais "aujourd'hui je suis d'un autre avis", cette dernière se souvient quand même que "tous étaient enthousiastes".  Peu de choses finalement, la vie ordinaire d'une Allemagne moyenne où, ponctuellement, un nombre plus ou moins important de citoyens peuvent entre-apercevoir rapidement le chef de l'Etat lorsd'un rapide déplacement. Peut-être l'important est-il finalement dans le non-dit ?, même si la tonalité générale des témoignages est nettement plus hostile (en majorité, mais parfois presque avec regret) à partir de 1942-1943.

Un livre étonnant, tant par sa construction que dans son contenu. On regrette que ces réponses soient livrées brutes, sans le moindre mot d'analyse ou de commentaire, et que les interlocuteurs ne soient jamais identifiés. Mais dans leur apparente banalité même, elles constituent un ensemble banalement surprenant.

Nouveau Monde Editions, Paris, 2014, 239 pages, 17 euros.

ISBN : 978-2-36583-902-0.

Rencontres avec Hitler

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25 mars 2014 2 25 /03 /mars /2014 06:20

Jeunesses hitlériennes

D.-C. Luytens

Une histoire de l'organisation de jeunesse du parti nazi. Une histoire présentée de façon "hâchée", et l'on cherche souvent la cohérence d'ensemble d'un livre essentiellement descriptif.

Descriptif, oui, mais sans fil conducteur, avec des paragraphes qui arrivent de façon aléatoire et dont la description comporte paradoxalement plus de trous qu'un morceau de gruyère. Ainsi, les citations sont multipliées (certaines pages ne comportent que cela) mais jamais référencées. Aucune indication de source(s ?). Pas de notes infrapaginales, et une bibliographie sommaire de quelques titres parmi lesquels Jean Mabire, François Duprat, Baldur von Schirach et "différents articles de presse" (?). Au passage, l'auteur souligne l'importance du sport (original pour une organisation de jeunesse !), la défense rapide de Benoit XVI ("Le pontife a adhéré aux Jeunesses contre sa volonté") ; l'amour de la nature ("Les Jeunesses Hitlériennes, eux aussi, se doivent d'aimer les animaux") ; des éléments biographiques sur Baldur von Schirach en deux chapitres différents (?) ; et un dernier chapitre avec quelques témoignages d'anciens supposés des J. H. identifiés par leurs seules initiales...

Deux solutions s'offrent à vous : oublier rapidement ce livre, ou ne l'utiliser qu'en complément d'études sérieuses et après avoir scrupuleusement croisé cette accumulation d'extraits et de citations tronquées d'origine inconnues.

Editions Jourdan, Waterloo, 2014, 200 pages. 16,90 euros.

ISBN : 978-2-87466-255-3.

Jeunesse fanatisée

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7 mars 2014 5 07 /03 /mars /2014 06:30

La catastrophe allemande

1914-1945

Nicolas Patin

L'ouvrage de Nicolas Patin s'intéresse à l'histoire de l'Allemagne entre 1914 et 1945. Il n'est pas le seul dans ce cas et la notion de "guerre de trente ans" a été popularisée depuis de nombreuses années. Mais son originalité réside d'abord dans le choix de son angle d'approche : il travaille et raisonne à partir du destin des 1.674 parlementaires que le pays compte durant cette période.

Divisé en trois grandes parties scandées par les fractures de la défaite et de la prise du pouvoir national-socialiste, symboliquement marquée par l'incendie du Reichstag ("Dans les orages d'acier", "Weimar, ou la crise permanente", et "Les parlementaires et la victoire national-socialiste"), les quelques 250 pages de texte courant nous proposent une vision quasi-complète de la vie parlementaire et politique allemande, non seulement à travers les actions de quelques grands noms, mais grâce à l'exploitation de centaines de fonds privés, de milliers de pages de comptes rendus et débats, etc. Il décrypte la composition sociale de chaque parti, la réalité et l'évolution de sa représentation, les failles et fractures qui les traversent. Nicolas Patin s'intéresse également, en "fil rouge", à l'empreinte laissée par la guerre dans la vie politique et les parcours des parlementaires, jusqu'aux années de l'immédiat avant-deuxième guerre mondiale, du fait en particulier d'un quasi rapt des idées de camaraderie du front et de sacrifice pour la patrie par le NSDAP. Et au fil des pages des éclairages parfois ahurissants, comme la démonstration de l'utilité d'une élection au parlement pour le parti nazi : le nouveau député dispose désormais d'une carte permanente de circulation gratuite dans tous les transports, ce qui lui permet de conduire sa propagande jusque dans les plus petits villages... Et de prouver sa démonstration avec les correspondances des nouveaux élus eux-mêmes !

Le livre étant tiré d'une thèse de doctorat, on apprécie la qualité des références archivistiques et de la bibliographie. En résumé, une étude originale, à la fois très précise et transverse, qui aide à mieux connaître, et comprendre, l'évolution politique générale de l'Allemagne dans la première moitié du XXe siècle.

Fayard, Paris, 2014, 330 pages, 22 euros.

ISBN : 978-2-213-66817-8.

La guerre de trente ans

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  • : Guerres et conflits XIXe-XXIe s. se fixe pour objectif d’être à la fois (sans prétendre à une exhaustivité matériellement impossible) un carrefour, un miroir, un espace de discussions. Sans être jamais esclave de la « dictature des commémorations », nous nous efforcerons de traiter le plus largement possible de toutes les campagnes, de tous les théâtres, souvent dans une perspective comparatiste. C’est donc à une approche globale de l’histoire militaire que nous vous invitons.
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Cafés historiques de La Chouette

Prochaine séance : pour la rentrée de septembre. Le programme complet sera très prochainement mis en ligne.

Publications personnelles

Livres

 

doumenc-copie-1.jpgLa Direction des Services automobiles des armées et la motorisation des armées françaises (1914-1918), vues à travers l’action du commandant Doumenc

Lavauzelle, Panazol, 2004.

A partir de ma thèse de doctorat, la première étude d’ensemble sur la motorisation des armées pendant la Première Guerre mondiale, sous l’angle du service automobile du GQG, dans les domaines de l’organisation, de la gestion et de l’emploi, des ‘Taxis de la Marne’ aux offensives de l’automne 1918, en passant par la ‘Voie sacrée’ et la Somme.

 

La mobilisation industrielle, ‘premier front’ de la Grande Guerre ? mobil indus

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2005 (préface du professeur Jean-Jacques Becker).

En 302 pages (+ 42 pages d’annexes et de bibliographie), toute l’évolution industrielle de l’intérieur pendant la Première Guerre mondiale. Afin de produire toujours davantage pour les armées en campagne, l’organisation complète de la nation, dans tous les secteurs économiques et industriels. Accompagné de nombreux tableaux de synthèse.

 

colonies-allemandes.jpgLa conquête des colonies allemandes. Naissance et mort d’un rêve impérial

14/18 Editions, Saint-Cloud, 2006 (préface du professeur Jacques Frémeaux).

Au début de la Grande Guerre, l’empire colonial allemand est de création récente. Sans continuité territoriale, les différents territoires ultramarins du Reich sont difficilement défendables. De sa constitution à la fin du XIXe siècle à sa dévolution après le traité de Versailles, toutes les étapes de sa conquête entre 1914 et 1918 (388 pages, + 11 pages d’annexes, 15 pages de bibliographie, index et cartes).

 

 caire damasDu Caire à Damas. Français et Anglais au Proche-Orient (1914-1919)

 14/18 Editions, Saint-Cloud, 2008 (préface du professeur Jean-Charles Jauffret).

Du premier au dernier jour de la Grande Guerre, bien que la priorité soit accordée au front de France, Paris entretient en Orient plusieurs missions qui participent, avec les nombreux contingents britanniques, aux opérations du Sinaï, d’Arabie, de Palestine et de Syrie. Mais, dans ce cadre géographique, les oppositions diplomatiques entre ‘alliés’ sont au moins aussi importantes que les campagnes militaires elles-mêmes.

 

hte silesieHaute-Silésie (1920-1922). Laboratoire des ‘leçons oubliées’ de l’armée française et perceptions nationales

‘Etudes académiques », Riveneuve Editions, Paris, 2009.

Première étude d’ensemble en français sur la question, à partir du volume de mon habilitation à diriger des recherches. Le récit détaillé de la première opération civilo-militaire moderne d’interposition entre des factions en lutte (Allemands et Polonais) conduite par une coalition internationale (France, Grande-Bretagne, Italie), à partir des archives françaises et étrangères et de la presse de l’époque (381 pages + 53 pages d’annexes, index et bibliographie).

 

cdt armee allde Le commandement suprême de l’armée allemande 1914-1916, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général von Falkenhayn 

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Le texte original de l’édition française de 1921 des mémoires de l’ancien chef d’état-major général allemand, accompagné d’un dispositif complet de notes infrapaginales permettant de situer les lieux, de rappeler la carrière des personnages cités et surtout de comparer ses affirmations avec les documents d’archives et les témoignages des autres acteurs (339 pages + 34 pages d’annexes, cartes et index).

 

chrono commChronologie commentée de la Première Guerre mondiale

Perrin, Paris, 2011.

La Grande Guerre au jour le jour entre juin 1914 et juin 1919, dans tous les domaines (militaire, mais aussi politique, diplomatique, économique, financier, social, culturel) et sur tous les fronts. Environ 15.000 événements sur 607 pages (+ 36 pages de bibliographie et d’index).

 

 Les secrets de la Grande Guerrecouverture secrets

Librairie Vuibert, Paris, 2012.

Un volume grand public permettant, à partir d’une vingtaine de situations personnelles ou d’exemples concrets, de remettre en lumière quelques épisodes peu connus de la Première Guerre mondiale, de la question du « pantalon rouge » en août 1914 à l’acceptation de l’armistice par von Lettow-Vorbeck en Afrique orientale, après la fin des hostilités sur le théâtre ouest-européen.

 

Couverture de l'ouvrage 'Mon commandement en Orient'Mon commandement en Orient, édition annotée et commentée des souvenirs de guerre du général Sarrail

14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2012

Le texte intégral de l'édition originale, passé au crible des archives publiques, des fonds privés et des témoignages des acteurs. Le récit fait par Sarrail de son temps de commandement à Salonique (1915-1917) apparaît véritablement comme un exemple presque caricatural de mémoires d'autojustification a posteriori

 

 

Coordination et direction d’ouvrages

 

Destins d’exception. Les parrains de promotion de l’Ecole Spéciale Militaire de Saint-Cyr

SHAT, Vincennes, 2002.

Présentation (très largement illustrée, 139 pages) des 58 parrains qui ont donné leur nom à des promotions de Saint-Cyr, entre la promotion « du Prince Impérial » (1857-1858) et la promotion « chef d’escadrons Raffalli » (1998-2001).

 

fflLa France Libre. L’épopée des Français Libres au combat, 1940-1945

SHAT, Vincennes et LBM, Paris, 2004.

Album illustré présentant en 191 pages l’histoire et les parcours (individuels et collectifs) des volontaires de la France Libre pendant la Seconde guerre mondiale.

 

marque courageLa marque du courage

SHD, Vincennes et LBM, Paris, 2005.

Album illustré présentant en 189 pages l’histoire des Croix de Guerre et de la Valeur Militaire, à travers une succession de portraits, de la Première Guerre mondiale à la Bosnie en 1995. L’album comporte en annexe une étude sur la symbolique, les fourragères et la liste des unités d’active décorées.

 

  90e anniversaire de la Croix de guerre90-ANS-CROIX-DE-GUERRE.jpg

SHD, Vincennes, 2006.

Actes de la journée d’études tenue au Musée de l’Armée le 16 novembre 2005. Douze contributions d’officiers historiens et d’universitaires, français et étrangers, de la naissance de la Croix de guerre à sa perception dans la société française, en passant les décorations alliées similaires et ses évolutions ultérieures.

 

france grèceLes relations militaires franco-grecques. De la Restauration à la Seconde guerre mondiale 

SHD,Vincennes, 2007.

Durant cette période, les relations militaires franco-grecques ont été particulièrement intenses, portées à la fois par les sentiments philhellènes qui se développent dans l’hexagone (la France est l’une des ‘Puissances protectrices’ dès la renaissance du pays) et par la volonté de ne pas céder d’influence aux Anglais, aux Allemands ou aux Italiens. La campagne de Morée en 1828, l’intervention en Crète en 1897, les opérations en Russie du Sud  en 1919 constituent quelques uns des onze chapitres de ce volume, complété par un inventaire exhaustif des fonds conservés à Vincennes.

 

verdunLes 300 jours de Verdun

Editions Italiques, Triel-sur-Seine, 2006 (Jean-Pierre Turbergue, Dir.).

Exceptionnel album de 550 pages, très richement illustré, réalisé en partenariat entre les éditions Italiques et le Service historique de la Défense. Toutes les opérations sur le front de Verdun en 1916 au jour le jour.

 

DICO-14-18.jpgDictionnaire de la Grande Guerre

(avec François Cochet), 'Bouquins', R. Laffont, 2008.

Une cinquantaine de contributeurs parmi les meilleurs spécialistes de la Grande Guerre, 1.100 pages, 2.500 entrées : toute la Première Guerre mondiale de A à Z, les hommes, les lieux, les matériels, les opérations, les règlements, les doctrines, etc.

 

fochFerdinand Foch (1851-1929). Apprenez à penser

(avec François Cochet), 14/18 Editions - SOTECA, Saint-Cloud, 2010.

Actes du colloque international tenu à l’Ecole militaire les 6 et 7 novembre 2008. Vingt-quatre communications balayant tous les aspects de la carrière du maréchal Foch, de sa formation à son héritage dans les armées alliées par des historiens, civils et militaires, de neuf nations (461 pages + 16 pages de bibliographie).

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